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"La lutte du pouvoir dans un couple est sans pitié" [ Rabastan ♥ ] TERMINE

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MessageSujet: "La lutte du pouvoir dans un couple est sans pitié" [ Rabastan ♥ ] TERMINE Ven 26 Aoû - 13:52


« La lutte du pouvoir dans un couple…est sans pitié »








La rentrée était passée depuis quelques jours déjà. Quelques jours qui furent plus que mouvementés, certes, mais j’avais été heureuse de retrouver mon petit royaume ainsi que ma sœur de cœur qui m’avait manqué. Encore aurait-il fallu qu’elle ne me ramène pas cette Ivana dès le premier soir arrivée à Poudlard… L’année scolaire allait être passionnante, je le sentais. Deux reines suffisaient à gouverner un royaume, pas besoin d’une autre qui n’était même pas d’ici ! Pourquoi avait-il fallu que les trois écoles de magie fassent un échange d’élèves. Dumbledore était décidemment un vieux fou. Je soupirai, me remaquillant en silence devant la grande glace de la salle de bains. La soirée était déjà bien entamée, et le couvre-feu était passé depuis longtemps. Le dîner de ce soir avait été intéressant, Cissy et Ivana avaient discutés, quant à moi j’avais écouté, sans vraiment prêter attention à la nouvelle. Elle avait l’allure d’une reine, certes, mais ici elle n’aurait pas de pouvoir, j’en faisais une affaire personnelle. La première semaine de cours avait été plutôt instructive elle aussi, je repérais quelques têtes connues parmi les nouveaux arrivants car après tout même un continent ne pouvait être un rempart à la popularité. Certains noms ne s’oubliaient pas. J’avais chargé mes « sous-fifres » de me faire des rapports complets sur chaque nouveau serpentards. Comme à chaque rentrée, sauf que cette fois-ci il y avait les élèves de Beauxbâtons et Durmstrang qui s’ajoutaient à l’équation. Mais peu importait. J’avais d’autres soucis en tête. En effet, j’avais récemment fait la connaissance de ce Leroy. Un nouvel élève avec un an de plus que moi, tout droit arrivé de France. Adonis Leroy, voilà la mémoire me revenait. Un beau garçon, assurément, et très amusant. Bien plus que je ne l’aurais pensé. Un Donjuan d’après ce que j’avais pu voir, déjà il avait tapé dans l’œil de la gente féminine, et son nom était revenu plusieurs fois dans les conversations de ma cour royale. Je n’y avais pas vraiment fait attention, mais lorsque nous nous étions croisés à Pré-au-lard une semaine après la rentrée, je ne pus l’oublier. Le français avait tenté une approche, dragueur et sûr de lui, chose qui m’avait amusé tout d’abord. Certes, je ne l’avais pas véritablement repoussé, mais je ne m’étais pas non plus laissé faire. Rabastan n’aurait pas apprécié, mais Leroy ne m’intéressait guère, il le savait. Tout ce que je voulais, c’était voir à quel point le nouveau était manipulateur. Cela pourrait se révéler intéressant…

Le seul problème de cette histoire, c’était les nerfs de mon petit-ami. Possessif, exclusif, et violent, Rab’ ne faisait pas de cadeau une fois que vous étiez dans son collimateur. Et hélas pour lui, Adonis était en plein dedans. J’avais tenté de faire comprendre à Rabastan que ce n’était qu’un petit jeu, mais la tâche se révélait impossible. Celui-ci n’aimait guère qu’on tourne autour de moi, à juste titre, mais j’aimais qu’il soit aussi jaloux. Il n’en était que plus attirant à mes yeux. Oui, on pouvait alors dire que tout cela m’avait amusé, distraite, jusqu’à ce que Rab’ ne réplique d’une façon inattendu. Quelle fut ma surprise lorsqu’une de mes informatrices m’avait rapporté qu’il avait flirté avec une autre serpentarde un peu plus jeune. Autant vous dire que mon teint avait viré au rouge vif, mes yeux avaient alors lancés des éclairs, et l’atmosphère était devenue soudain très électrique. Alors comme cela il voulait me dissuader de m’amuser de Leroy en draguant d’autres filles ouvertement… Je ne pouvais admettre ça ! Tout comme lui ne pouvait admettre que sa petite-amie fasse sa complaisante devant un français. Français plus âgé d’un an que Rabastan et qui en plus avait beaucoup de succès auprès des filles. Je savais qu’il aurait recourt à la violence d’ici peu, mais qu’il ne s’abaisserait pas à m’en toucher un mot. Il préférait que ce soit moi qui abdique directement. Depuis le début de notre relation, c’était ainsi. La lutte du pouvoir dans un couple était explosive. Mais c’est comme ça que tout a débuté entre nous, j’étais la seule à lui tenir tête, à ne pas être effrayée par son jeu de manipulateur, cruel et sans cœur. Quant à lui, sûrement était-ce ce côté sauvage chez moi, cette façon de la pousser à bout, de le défier qui lui avait plu ? Mais ce n’était pas la question. Notre lutte du pouvoir n’était pas terminée, et ni lui ni moi n’abandonnerait. La plupart du temps nous étions d’égal à égal, je lui laissais parfois avoir l’avantage car après tous les hommes aiment avoir le pouvoir, le contrôle, et Rab’ plus que d’autres. C’est ce qui rend les femmes plus subtiles, le fait de faire croire aux hommes qu’ils ont le pouvoir. Cependant, face à ce genre de problèmes, je ne pouvais laisser passer cela sans rien faire. Sinon, ça se finirait mal, très mal.

Lorsque je sortis de la salle de bains, les pensées en ébullition, j’étais décidée à trouver Rabastan. Habillée d’une robe noire, décolletée, moulante et courte, qui je le savais, serait convaincante. Quoi ? Moi ? Une allumeuse ? Quelle idée saugrenue ! Je m’étais en avant mes atouts, rien de plus. Je descendis les escaliers de la salle commune, à la recherche du serpentard, mais lorsque je fus arrivée en bas des escaliers, mon air calme et concentré disparu pour laisser place à un visage froid et un regard glacial. La tête haute, regardant de haut en bas la jeune fille qui était sous mes radars affutés, je crus que j’allais grogner tellement ma colère était puissante. Il était là, assis dans un fauteuil de la salle commune, mais il n’était pas seul. Une brunette plus jeune que moi que j’avais croisé à plusieurs reprises sans vraiment faire attention à elle, se trouvait assise sur l’accoudoir du fauteuil. Lorsqu’elle me vit, elle se leva immédiatement et son sourire disparut, elle joint ses mains et tritura ses doigts, nerveuse.

Je l’observais avec mépris, et lui dis aussitôt.

« Disparais ! » sifflai-je telle une vipère prête à attaquer.


Elle ne dit pas un mot, et je m’avançai pour la laisser passer pour qu’elle rejoigne les dortoirs. Je restais alors à fixer Rabastan, mon regard encré dans le sien, malgré la distance. Ainsi, il voulait jouer à ça ! Il venait de déclencher quelque chose qu’il ne métriserait pas : ma colère. Silencieuse, j'attendis qu'il prenne la parole.



Dernière édition par Gaël A. O. Dunkan le Lun 19 Déc - 10:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: "La lutte du pouvoir dans un couple est sans pitié" [ Rabastan ♥ ] TERMINE Ven 26 Aoû - 20:10

La petite brune souriait avec une naïveté surprenante pour la maison à laquelle elle appartenait. Mais des compliments bien choisis pouvaient avoir ce genre d'effets. Petite poupée encore trop fraîche pour se méfier de mots trop sucrés. Les compliments et la fausse complicité, celle qui consistait à vous dévoiler une faiblesse qui n'existait pas mais vous donnait un air plus accessible, vous donnait l'air de trouver votre auditrice particulière, valant une exception. Il était passé maître à ce jeu-là, l'adaptant aisément à son auditoire. La petite brune lui souriait, ses yeux se faisant velours sous de longs cils battus naïvement pour plaire. C'était parfait.
Soudain, la jeune fille se leva comme prise en défaut, et devinant la raison d'un tel changement, Rabastan ne put retenir un sourire en coin, rapidement estompé. Gaël était là. Une reine furieuse prête à prononcer une sentence mortelle. Elle était splendide. Sa robe autant que sa fureur lui allaient à merveille. Elle était vibrante. Puisqu'elle préférait le silence, il prit le temps de la contempler, sans moins de plaisir que s'il la découvrait. En retint à peine un sourire de délectation carnassière. Mais la situation ne s'y prêtait pas. Le jeune homme se redressa donc et quitta le fauteuil, se mordillant la lèvre et fronçant légèrement les sourcils, comme songeur.


- Tu es en colère ? J'ai dû mal à comprendre. Je pensais que ce n'était qu'un jeu, sans importance. Alors pourquoi ne pas essayer ?

Autant il ne niait pas la situation, autant son ton était faussement candide, comme ne percevant aucun problème, presque surpris de la fureur qu'il lisait dans les yeux de sa jolie Sorcière. Non, surpris il ne l'était pas du tout, parce que c'était précisément le résultat qu'il attendait, parce que c'était précisément la façon dont il aurait réagi aussi. Et candide... Eh bien candide il ne l'avait jamais été. D'ailleurs avec les meilleurs efforts du monde, ses prunelles restaient beaucoup trop... froides ou brûlantes, en tous cas sans innocence ni douceur. Gaël, elle, excellait à lui faire perdre sa maîtrise de lui-même, plus efficacement que si on avait soufflé sur des braises répandant un brasier à travers ses veines. Mais Rabastan n'était pas un débutant en la matière non plus. Tout cela n'avait que pour but de remettre les choses à niveau et de rétablir un équilibre qu'il jugeait en sa défaveur : pas de raison qu'il soit le seul énervé, le seul de l'affaire à ne pas y trouver son compte. Dans le fond, et en dépit du plaisir amusé qu'il avait eu à jouer avec elle, il se fichait royalement de la petite brune qui venait de quitter les lieux.
Les flirts, la drague, ça n'était pas dans les manières du cadet des Lestrange, à moins que cela ne serve ses desseins. Il usait alors de toutes les armes que la Nature et son éducation lui avaient fournies. C'était bien de notoriété publique qu'il était charmeur, et malgré les avertissements, on s'y laissait encore prendre. Mais ce n'était habituellement que des moyens, jamais des fins. Ce n'était pas sans plaisir d'ailleurs. C'était toutefois le même que celui qu'il éprouvait à faire pression, à effrayer, à flatter, à briser, à orienter... L'amusement de la manipulation. Ce plaisir caressait l'égo infiniment mieux que ce que pensaient les autres de vous, que votre cotte de popularité. Le jeune homme ne pouvait s'empêcher d'éprouver du dédain pour les garçons qui collectionnaient les jeunes filles comme d'autres comparaient la taille de leurs bijoux de famille. Qu'importe des quantités en ribambelle quand la qualité n'y est pas ? Aucun intérêt. S'il devait y avoir une aune à laquelle juger les gens, c'était celle qui régissait la Nature elle-même : la loi du plus fort. Et ils avaient des failles trop évidentes. Il était toujours facile de manipuler ce genre de lapins à taille humaine : il suffisait de trouver une jolie fille complaisante et ambitieuse et de la lui lancer dans les pattes. Des assujettis aux hormones. Pauvres types...
Non seulement celui-ci prétendait être capable de séduire Sa nana, ce qui aurait déjà suffi à lui mettre les nerfs à chaud tant il était exclusif, mais cela revenait aussi à un manque de respect insolent. Bien... Que le froggy continue de le prendre pour quantité négligeable – une erreur que faisaient peu de ceux qui connaissaient son patronus, ces manifestations sont toujours très instructives sur leurs sorciers -, sa chute n'en serait que plus douloureuse. Son imagination cruellement fertile et expérimentée allongeait chaque jour la liste des possibilités les plus douloureuses possibles, des plus frontales au plus tordues. Inutile de préciser lesquelles avaient sa préférence. S'il prenait son temps, c'était pour être sûr de frapper au bon moment, celui qui lui coûterait le moins en étant le plus efficace. Et cependant, la situation lui tapait assez sur le système pour qu'il ne fût pas tout à fait sûr de se lâcher la bride plus tôt que prévu. Plus que le simple comportement de Leroy, c'était aussi la complaisance de Gaël qui le hérissait violemment. Ce n'était qu'un jeu, peut-être. Et en partie voué à l'énerver. Il le savait sans que cela y change quoi que ce soit à son exaspération. Serait-ce vraiment un mal de toutes façons ? Même si cela avait des conséquences ? Et puis ce serait même faire d'une pierre deux coups : il n'était pas le seul garçon à grincer des dents à l'évocation d'Adonis et s'assurer que ce joli visage soit encore plus joliment amoché, lui attirerait certainement des sympathisants. Cela effraierait aussi les autres. Et plus tard, lorsque il ne serait plus sous la surveillance constante du personnel de Poudlard, lorsqu'il serait dissimulé par l'ombre bienveillante du Seigneur des Ténèbres, alors probablement règlerait-il définitivement son compte à Adonis Leroy. Parmi les nombreux défauts de Rabastan Lestrange, il y avait la rancune. Tenace et mauvaise, celle-ci ne s'apaisait jamais que dans la violence. Cela finirait probablement par le perdre.

Mais le cas Adonis serait réglé plus tard. Rabastan avait présentement d'autres chats à fouetter. Ou plutôt, en l'occurrence, une tigresse. Belle mais dangereuse. Mais l'aurait-il aimée autrement ? C'était au tour du jeune homme de rester silencieux, un sourcil interrogateur levé, mais le regard fixe et déterminé de qui est prêt à un affrontement qu'il se gardait bien de sous-estimer.
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MessageSujet: Re: "La lutte du pouvoir dans un couple est sans pitié" [ Rabastan ♥ ] TERMINE Sam 27 Aoû - 8:56

Une fois la pimbêche brune partie, je me retrouvai en face de Rabastan, le fixant en attendant qu’il ouvre la bouche. Je savais que rien de bon n’en sortirais, mais je ne voulais pas être la première à attaquer. Il avait flirté avec cette petite naïve qui demain en subirait les conséquences, assurément. Elle avait osé croire pouvoir me piquer mon petit-ami, c’était digne de la plus grande offense qui soit. En pensant cela, je me dis que Leroy faisait exactement la même chose avec moi. La réaction de Rabastan était donc légitime, je le savais, mais pourquoi ne pas me faire confiance ? Ce n’était qu’un jeu. Alors que lui, lui, charmait d’autres filles juste pour le plaisir de m’énerver et de ne faire capituler, abandonner notre petit manège à moi et Leroy. Il était rancunier, je savais qu’il ne pourrait jamais oublier le français à partir de maintenant, mais moi je n’oublierais jamais pas non plus s’il faisait une incartade à sa fidélité. La seule raison pour laquelle je m’étais mise en couple avec lui, c’était parce que je savais qu’il ne me poignarderait pas dans le dos avec autre. Oui, sinon je me serais contenté d’en faire un amant. J’avais pris le risque de lui accorder ma confiance, chose qui arrivait rarement, et ce soir en les voyant tous les deux j’avais sentis le couteau s’approcher de mon dos dangereusement. Hors de question ! Cependant, j’avais bien compris ses intentions, et je savais qu’il ne voulait en aucun me trahir, seulement remettre les pendules à l’heure. Tout cela parce qu’un français me tournait autour et que je ne lui lançais pas des doloris pour le punir ! Je voulais savoir de quoi il était capable, et puis j’aimais qu’on me courtise. Ça ne voulait pas dire que je répondais à ses avances. Non. Evidemment. J’étais fidèle moi aussi. Mais qui pouvait dire qu’il n’aimait pas être regardé, adoré ? Il était stupide de nier. Je n’avais jamais envisagé de mettre un seul orteil dans le lit de Leroy, mais il m’amusait grandement avec ses manières de Donjuan « professionnel ». J’avais entendu dire qu’il avait brisé bien des couples, et je voulais lui montrer que le mien ne casserait pas. Si Rabastan réagissait si mal, cela pourrait compromettre le jeu, et personne ne saurait qui aurait gagné. Enfin si, Rab’. Mais ce n’était pas vraiment un joueur. Disons plutôt l’arbitre, qui siffle à chaque fois que nous allions trop loin. Toutes les deux secondes, c’est-à-dire. Pourquoi ne me laissait-il pas jouer ? Son égo serait-il blessé ? Il devrait être flatté que les autres hommes me regardent avec envie. Cela ne confirmerait que plus son choix et ses bons goûts.

Bien qu’il disparût très vite, je ne pus m’empêcher de remarquer le petit sourire en coin du serpentard. Evidemment, cela l’amusait. C’était exactement ce qu’il voulait obtenir. Déclencher ma colère. Bingo ! Il avait touché le gros lot. En plus d’être énervée, je voulais à présent l’énerver également lui aussi, à tel point qu’on ne saurait plus qui cri le plus fort. Il ne parla pas tout de suite, prenant le temps de me contempler. J’eus un frisson en sentant son regard sur moi. En d’autres situations j’aurais adoré le voir me dévorer des yeux ainsi, mais ce n’était pas le moment. Oh, non là ce n’était pas le moment d’être douce et agréable. Au contraire, il allait falloir sortir les griffes. Il finit par se lever du fauteuil, l’air songeur, se mordillant la lèvre inférieur d’une manière que j’aurais pu trouver craquante un autre jour. Là, c’était comme s’il me moquait ouvertement de moi.

« Tu es en colère ? J'ai dû mal à comprendre. Je pensais que ce n'était qu'un jeu, sans importance. Alors pourquoi ne pas essayer ? » dit-il.

Oh ! Bien sûr, il faisait l’innocent. Ce n’était pas du tout le résultat qu’il voulait obtenir ! Non ! Pas du tout ! Qu’elle idée stupide ! Ça ne devait même pas lui avoir traversé l’esprit…Oh, pitié. Il avait voulu déclencher ma rage, et à présent il allait devoir récolter les fruits de son travail. Sauf que voilà…c’était des fruits empoisonnés. J’eus un petit sourire, mais quand mes lèvres s’étirèrent cela ressembla d’avantage à un rictus partagé entre amusement et colère. Je fis quelques pas dans la pièce, passant tout à côté d’un meuble sur lequel des bibelots très fragiles étaient posés. Je fis glisser mon doigt le long du bois, ne lui accordant aucun regard.

« Oh, moi ? Énervée ? Quelle idée… ! »


Ma voix mielleuse n’aurait pu prévoir le geste qui suivit. Je poussais du doigt un vase qui se brisa par terre en un fracas sonore, tandis que mes yeux se plantèrent dans les siens. Fureur et rage dansaient dans mes prunelles comme les flammes d’un feu ardant qui ne pourraient pas s’apaiser ce soir. La fin de ma phrase fut empreinte de l’irritation qui m’habitait. Et Merlin savait que lorsque j’étais irritée je pouvais devenir aussi violente de lui. Encore un point commun qui nous unissait. Je n’avais cependant pas autant recours à la violence que lui. Moi, je préférais faire plier mes victimes autrement, utilisant ruse et manipulation, les torturer mentalement était bien plus plaisant. Comme une araignée, je les remontais sur ma toile, et ne les mangeaient que lorsque l’envie était là. Mon esprit était concentré sur les gestes et les traits de Rabastan, cherchant dans son regard, sur son visage quelque chose qui pourrait me donner l’avantage. Je voyais bien sa détermination, ses traits fermes. Il me regardait avec un sourcil interrogateur.

« Mais tu as raison. Ce n’est qu’un jeu. Tu n’étais cependant pas invité à y participer… C’est une affaire entre moi et Leroy, une simple distraction. » finis-je par dire en m’approchant de lui.

Je le fixais toujours d’un regard ferme, ma volonté à l’énerver était bien là. Et j’eus alors un sourire moqueur, à présent tout près de lui, lui faisant face. Lui, beaucoup plus grand que moi, plus fort certes, mais j’avais également des avantages. Je savais qu’il ne me frapperait pas. De toute façon, il n’avait pas intérêt. Cependant, je me gardais bien de le sous-estimer. Ah, quand le roi et la reine s’affrontait ! Ça faisait des étincelles ! Mais je n’avais pas dit mon dernier mot, loin de là.

« Pourquoi ne peux-tu pas lâcher prise quelques instants ? Ce n’est pas comme si je l’avais embrassé, ou si j’avais couché avec lui…Ce n’est qu’un jeu, alors que toi. Toi tu t’amuses à me punir en flirtant avec des gamines…mais tu sais, si tu commences à jouer ça, il se pourrait bien que le jeu prenne des envergures moins innocentes… »


J’avais murmuré ces paroles d’un ton mielleux. J’étais calme, trop calme…et lorsque j’étais ainsi, ça ne présageait rien de bon. Je savais que mes paroles l’énerveraient, c’était le but. Après tout, j’étais très douée pour ça. Pourquoi ne pas se servir de ce talent ? Cela me faisait penser au tout début. L’année dernière, alors que nous n’étions pas encore un couple, et que nous nous jetions des paroles assassines à chaque couloir. Chaque cours. Chaque occasion que nous avions était bonne pour mettre l’autre dans un état de fureur évident. J’adorais ça.
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MessageSujet: Re: "La lutte du pouvoir dans un couple est sans pitié" [ Rabastan ♥ ] TERMINE Dim 28 Aoû - 10:13

    Elle fit tomber l'un des bibelots qui explosa au sol. Rabastan observa avec indifférence les éclats épars répandus au sol. Du travail en plus pour les Elfes, ils allaient être ravis. Lui était ravi de l'état de fureur que ce geste révélait. Il se garda bien cependant de crier victoire et de baisser en attention : ça n'avait été que le coup d'envoi. Déjà elle se faisait aussi venimeuse qu'une de ces passionnantes plantes carnivores, usant de la proximité comme des accents moqueurs de son sourire : volontairement. Elle savait parfaitement ce qu'elle faisait et elle le faisait bien. Rabastan serra les dents.

    Un jeu auquel il ne devait pas participer ? S'était-il jamais immiscer entre elle et ses courtisans ? Non. Il s'était contenté de lancer ses propres distractions. Et si elles n'étaient pas au goût de Gaël, alors c'était à la Sorcière de se demander si oui ou non elles étaient de mises. Non il ne lui demandait ni ne lui demanderait jamais de comptes. A dire vrai, ce qu'elle appelait de simples jeux n'irritaient pas autant Rabastan habituellement, qui préférait mépriser – un autre défaut à ajouter à la longue liste – les pauvres mouches qui s'étaient laissées prendre à la toile artistiquement tissée. Ce qui ne l'empêchait pas de garder un œil attentif sur les avancées des prétendants. Le problème tenait en partie à la personnalité du frenchy, que Gaël confirmait dans ses prétentions. Cela n'était pas loin de revenir à ce que lui se mette à courtiser une de ses rivales, Ivana par exemple. Leroy n'était pas un concurrent en soi, ils ne jouaient pas sur les mêmes terrains, n'avaient pas les mêmes buts à atteindre. Mais la personnalité du jeune homme lui tapait sur le système, notamment son insolence naïve, et que ce soit rationnel ou non n'avait pas la moindre importance pour quelqu'un comme Lestrange. Or plus le temps passait et plus il voulait faire mal d'abord, en s'en prenant à sa famille par exemple. En voilà une idée, et une qui bien menée empêcherait qu'on remonte jusqu'à lui. Il avait les contacts extérieurs pour. Quelques insinuations suffiraient pour que le Français sache qui était à l'origine d'une... curieuse maladie de sa mère disons. Rien de mortel, un simple avertissement. Pour commencer. Voilà ce qu'il allait faire. A défaut de pouvoir se défouler frontalement ce qui le mettrait hors circuit pour les prochaines années, des années si cruciales. Plus que jamais Poudlard lui pesait, avec son avalanche de règles à contourner le plus savamment possible, les apparences à maintenir parce qu'il y avait trop de témoins et parce que les risques plus gros n'en valaient pas encore la peine, ses plaisirs cruels qui lui étaient difficiles d'obtenir. L'École lui semblait parfois un bagne sucré. Il se sentait comme un prédateur affamé tirant sur la laisse, alors que de sales petits roquets le narguaient. Et elle qui les encourageait. Voilà quel était, dans toute son arrogance et son agressivité débordantes, le point de vue de Rabastan. Ce qu'il se garda de rétorquer, par orgueil autant que parce qu'il devinait ce que provoquerait l'évocation d'Adzovic. La jeune Serbe était un atout pour leur camp en plus de faire honneur à la gente féminine par de nombreux charmes, et il appréciait sa compagnie. Seulement cela aurait été l'équivalent d'un coup dans le dos à l'encontre de Gaël, alors que la loyauté, en revanche, était l'une des quelques qualités du jeune homme. Encore qu'elle fut rarement accordée à qui que ce soit. En tous cas selon lui, rien n'excusait jamais une traîtrise. Naturellement manipuler, charmer puis abattre un ennemi, ou même un individu lambda, cela n'avait rien à voir.

    Puis ce fut le tour des provocations. Il s'y attendait, il la connaissait. Elles furent aussi habilement choisies que ce à quoi elle l'avait habitué. Des menaces ?! Et qui frappaient directement où le bât blessait : l'orgueil. Les prunelles du jeune homme en flamboyèrent violemment. Mais très bien. Puisqu'elle voulait jouer ce jeu-là, elle, il allait falloir qu'elle assume ses insinuations parce qu'il ne comptait pas lui offrir de porte de sortie. Même s'il était toujours dangereux de pousser un fauve dans ses retranchements.


    -Des menaces, tiens..., répondit-il d'un ton tout aussi faussement calme et doucereux. Mais sois plus explicite. Entre dans les détails. Qu'est-ce que tu vas faire ? Embrasser un imbécile en public ? T'offrir au pire connard venu peut-être ? En comptant que je te supplie d'arrêter ? Ou que je m'envoie autant de gourdes que Leroy pour... quoi ? Te punir, c'est ça ? Vas-y ose pour voir. Tu vas être surprise.

    Et comme pour assoir physiquement l'assurance qu'il jetait dans ces mots, Rabastan se rassit dans le fauteuil qu'il avait quitté quelques moments plus tôt. Accessoirement, cette position le calmait un peu en l'obligeant à l'immobilité, car la fureur frémissante qu'elle avait réussi à instiller dans ses veines l'incitait plutôt à la mobilité. Pour un œil observateur la crispation de ses mâchoires était un signe révélateur de toute cette tension. Mais il aurait fallu un œil averti pour déceler l'étincelle au fond de ses prunelles, l'infime accentuation des commissures de ses lèvres indiquant comme il se nourrissait avec délice de sa propre colère, savourait l'affrontement.
    D'où venait ce goût de la violence, des risques pour les autres comme pour lui-même? Il avait toujours été là semblait-il. L'influence du frère, de la mère, de l'oncle et de la tante ? Autre chose ? Ses adversaires auraient sûrement mis en cause la consanguinité du milieu des Sang-pur. Cela n'avait pas beaucoup d'importance. Cruauté, adrénaline, certains pouvaient y voir de la folie, pour lui c'était naturel, délicieux et nécessaire. Et encore qu'il ne souhaitait pas passer son temps à affronter Gaël, goûtant trop les moments de fusion, ce qu'il ressentait pour elle tenait aussi beaucoup du fait qu'elle n'avait rien d'une poupée fragile, brisée au moindre souffle. Il n'avait besoin ni de retenir ses coups ni de jouer les princes charmants.
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MessageSujet: Re: "La lutte du pouvoir dans un couple est sans pitié" [ Rabastan ♥ ] TERMINE Mar 30 Aoû - 21:32

C’était comme voir deux fauves dans la même cage, les griffes sorties, et les babines retroussées sur leurs dents acérées. Nous nous tournions autour, jouant chacun à notre manière, mais avec une force égale à celle de l’autre. Je le connaissais. Il ne me demanderait jamais de cesser mon petit jeu avec Leroy, non, il ne s’abaisserait pas à cela, car ce serait comme s’incliner devant moi en me suppliant de lui accorder une faveur. Chose qui n’était même pas envisageable. Ce que j’aimais particulièrement chez lui, c’était sa manière de toujours trouver un moyen de faire flancher les autres, par la violence, les menaces implicites ou non, il parvenait toujours à ses fins. Mais comment ne pourrait-il pas en être autrement ? Lui, grand, fort, menaçant, et puis il possédait cette bestialité, ce côté dangereux qui me faisait frémir et qui m’attirait comme un papillon pour la lumière. Il était étrange de voir que dans cette image, Rabastan avait le rôle de la lumière, lui, qui incarnait pourtant si bien le côté sombre de Poudlard, les ténèbres, et la violence. Il ne broncha même pas lorsque je poussais brusquement le vase qui se brisa en milliers d’éclats sur le sol. C’était le début des hostilités ! Le top départ était lancé. A présent, nous pouvions débuter ! Il s’était tout d’abord levé, faisant comme si de rien était, feignant l’innocence et l’incompréhension. Dommage, ça ne lui allait pas du tout. J’avais envie de lui dire « Essais encore ! ». A la place, je m’étais rapprochée de lui, utilisant l’ironie pour témoigner de ma rage. Mais lorsqu’il fit allusion au jeu que nous avions commencé avec le Donjuan français, j’attaquais directement en lui disant qu’il n’était pas invité à y participer. Oh, bien sûr je ne parlais d’une quelconque altercation entre lui et Leroy, non, puisque Rabastan s’était tenu en retrait pour l’instant…Mais je parlais implicitement de son petit plan qui consistait à stopper notre jeu en me le faisant payer avec des pimbêches qui ne lui correspondaient même pas ! Il ne s’intéressait pas à elles, mais rien que le fait de le voir être charmeur et plaisant avec une autre me donnait des envies de meurtre. Il n’avait pas le droit de courtiser d’autres filles ! Moi, je ne courtisais pas, je me laissais courtiser, c’était différent…n’est-ce pas ?

Cependant, j’avais envie de me venger de son attitude puérile. Je comptais le pousser dans ses retranchements, faire monter sa colère à son summum. Le voir exploser de rage était un spectacle particulièrement amusant pour moi. Je ne m’en lassais pas, et puis il l’avait bien cherché. Au final, n’était-ce pas lui le plus coupable ? De nombreuses oreilles affutées m’avaient rapporté des informations très précieuses pour cette rentrée. Rabastan connaissait donc Ivana. Rien qu’ils se soient déjà rencontrés me donnais des tendances sadiques. Elle était belle. Magnifique. Et aussi manipulatrice que moi, tout aussi cruelle, et intelligente. Rusée. Une autre Reine. Je devais bien l’avouer. Alors pourquoi ne serait-il pas attiré par elle ? Pourquoi n’en profiterait-il pas ? Elle représentait la nouveauté, le changement, un charme venu d’ailleurs. Je la maudissais pour ça. Encore une raison pour l’évincer rapidement. Vite fait bien fait. Proche de lui, totalement face à face, mes yeux plongés dans ses prunelles qui à présent reflétaient sa colère et la violence qu’il retenait en lui en cet instant, je lui assénais un autre coup en le provoquant, énonçant ce qui pourrait se passer avec Leroy…de façon implicite, certes mais les menaces étaient bien là. Ce qu’il comprit très bien.

« Des menaces, tiens..., répondit-il d'un ton tout aussi faussement calme et doucereux. Mais sois plus explicite. Entre dans les détails. Qu'est-ce que tu vas faire ? Embrasser un imbécile en public ? T'offrir au pire connard venu peut-être ? En comptant que je te supplie d'arrêter ? Ou que je m'envoie autant de gourdes que Leroy pour... quoi ? Te punir, c'est ça ? Vas-y ose pour voir. Tu vas être surprise. »

Je grinçai des dents. Et mes yeux se rétrécirent à l’écoute de ses dires. Il tentait de me pousser à assumer mes insinuations. Très bien, il serrait servit. Il se rassit alors comme un prince noir, dans le fauteuil d’où il s’était levé quelques instants plus tôt lorsque j’étais arrivée. Le regard luisant d’une lueur que je ne connaissais que trop bien. Le défi. Il me mettait au défi. Allais-je le relever ? Evidemment. Pour qui me prenez-vous ? Il se réjouissait de tout ceci, trouvant la situation à son goût. Oui, il adorait ça. La tension qu’il y avait dans l’air était palpable, nous étions tous les deux sur nos gardes, prêts à attaquer, prêts à répliquer en cas de besoin, préparant nos armes, les affutant et cherchant ce qui pourrait blesser l’autre, le faire capituler, sortir de ses gonds, lui faire perdre ses moyens…

Je fis un sourire mielleux, et m’approchai de lui, prédatrice, fondant sur ma proie comme un jaguar sur une gazelle. Je mis une jambe de chaque côté de sa taille, et m’assis sur ses genoux, posant mes mains sur le dos du fauteuil juste derrière sa tête. Nos têtes à quelques centimètres l’une de l’autre. Un sourire malicieux étira mes lèvres.

« Eh bien si tu insistes…pourquoi ne pas te montrer ? – je fis courir une main sur son torse – Je me vois déjà m’assoir ainsi sur lui, sentir ses mains sur ma taille, faire courir les miennes sur lui…- j’effleurai ses lèvres avec délectation – faire ça aussi…- j’embrassai sa mâchoire – et ça… »

J’éloignai mon visage du sien, affichant un air provocateur, je levai un sourcil interrogateur.

« Tu veux plus de détails ou cela te suffit pour pouvoir imaginer la scène ? » fis-je, d’un ton détaché.

Il me mettait au défi, et bien il n’allait pas être au bout de ses surprises ! Mon humeur séductrice et mielleuse disparut une demi seconde après ma tirade, pour laisser place à un froid glacial, électrique, sadique et rageur. Je pris sa mâchoire entre deux doigts, mon autre main posée sur sa cuisse, et serrai avec deux doigts les deux côtés de son visage, mes yeux plantés dans les siens.

« Ne me prends pas pour une de tes pimbêches stupides Rabastan. Je t’ai fais confiance jusque là, ne gâches pas tout avec pour seule excuse mon petit jeu avec Leroy…surtout si tu projetes d’utiliser Ivana. Saches que je te pardonnerais pas si tu l’approches, la charme, ou la regarde avec trop d’insistance. Tu croyais que je n’étais pas au courant que vous vous connaissiez déjà ? Saches que toutes les pierres de ce château sont mes yeux et mes oreilles, chaque coin sombre, chaque classe et chaque mètre d’herbe est à moi…A moi. C’est mon école. Cissy et moi sommes les seuls Reines, et en prendre une troisième n’a jamais été une option alors peut importe ce qui te lie à elle, ou ce qui te plait chez elle, mais je te conseil de ne plus l’approcher, ne serait-ce que pour la saluer. Que tu flirtes avec des mignonnes plus jeunes que toi, c’est une chose mais que tu me poignardes dans le dos avec cette blonde Serbe, s’en est une autre. Mon jeu avec Leroy est simplement destiné à savoir ce qu’il vaut et s’il peut être utile…Mets toi ça dans le crâne ! »

Je m'étais laissée dominer par ma rage, et je relâchai son visage avant de m'apprêter à quitter le fauteuil. Assurément, il n'allais pas du tout apprécier, et c'était exactement le but recherché...

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MessageSujet: Re: "La lutte du pouvoir dans un couple est sans pitié" [ Rabastan ♥ ] TERMINE Mar 6 Sep - 17:28

    Cela n'avait vraiment rien de facile de s'efforcer à l'immobilité lorsque la fureur vous fouettait les veines. Lorsque le désir s'en mêlait... Rabastan avait raffermi d'instinct sa prise sur les accoudoirs dès qu'il avait compris quel manège Gaël comptait jouer. Il connaissait pourtant cet atout extraordinaire qu'elle avait dans son jeu, ces nombreux charmes que la Nature avait généreusement voulu lui accorder, il les avait goûtés avec délice sans s'en lasser ; et cependant, les connaître rendait la résistance à peine plus facile lorsque de séducteurs ces atouts se faisaient armes. Et de prétendre en plus qu'elle allait en faire l'expérience sur un autre : il s'en fallait de peu qu'il ne se mette à gronder comme un dogue voyant les limites de son territoire bafouées, les yeux furibards, orageux. Mais lorsque sa jolie Sorcière, ultime provocation, lui proposa des détails en plus, Rabastan ne réagit qu'en levant le menton en signe de défi, le venin au bord des lèvres.

    Elle ne lui laissa guère le temps de s'exprimer cependant, se saisissant de son visage d'une manière... Pour n'importe qui d'autre, cela aurait marqué la dernière limite à ne pas franchir, si les précédentes n'avaient pas suffi : on ne pouvait répondre à ce genre de gestes que par la violence, physique ou magique, à l'instinct. Celui-ci est toujours très efficace. Avec elle, Rabastan acceptait de prendre sur lui. Un peu plus qu'avec les autres. Ça ne voulait pas dire accepter la situation. Le jeune homme recula sa tête, rétif, et leva une main pour se débarrasser de l'entrave qu'elle maintenait sur sa mâchoire. Mais c'est alors que Gaël rouvrit la bouche, son ton changé et il s'immobilisa, la main en suspens retrouvant lentement le chemin de l'accoudoir. On percevait de la rage dans ces mots-là, dont les accents semblaient toujours mélodieux aux oreilles lestrangiennes. Elle lui reprochait d'être exclusif pour se montrer jalouse ensuite. Que de mauvaise foi... Décidément il adorait cette nana ! Pourtant elle n'était pas dépourvue de faiblesse : par ses doutes surtout, dits et non-dits. Comment pouvait-elle sérieusement imaginer, ne serait-ce qu'une seconde, qu'il soit déloyal au point de la trahir pour sa plus grande rivale ? Certes, Ivana ne manquait pas de qualités, les jeux dont les sang-de-bourbe faisaient les frais comme le pari qu'ils s'étaient lancé ne manquaient ni d'intérêt ni de plaisir. Mais aurait-elle été la plus extraordinaire sorcière qui soit, ça n'aurait rien changé au fait qu'il refusait obstinément d'être déloyal. En contrepartie, et pour éviter les cas de conscience comme les situations délicates, il n'accordait jamais cette loyauté qu'exceptionnellement, et quasiment certain déjà qu'il ne trouverait personne de surpassant. Efficace, il restait un Serpentard dans l'âme. De toutes manières si un territoire pouvait se voir déchirer par mille souverains, un homme n'a jamais qu'une seule véritable reine.
    Étrangement sa mauvaise foi, son affirmation de ce qu'elle estimait sien, jusqu'à ses tentatives de lui imposer ses règles, cela eut un effet calmant sur les nerfs du jeune homme qui n'y voyait qu'une des facettes familières qu'il aimait tant, appréciant des défauts qu'il estimait, lui, valoir plus que leurs qualités opposées. L'assurance surpassant l'humilité, l'ambition surpassant la mesure, l'exigence raide surpassant la tolérance. C'était une infection moldue, inoculée par leurs enfants, que cette morale judéo-chrétienne qui touchait maintenant bon nombre de Sorciers, recherchant une perfection par définition inaccessible, mais surtout sans le moindre charme. La preuve, même avec le déni le plus absolu, aucun n'était vraiment "bon" selon leur propre définition pourtant.
    Son calme précaire vola en éclat avec le retour sur le tapis du jeu qu'elle jouait avec Leroy et l'exigence avec laquelle elle lui ordonnait de ne pas se mêler d'une histoire où il avait pris justement soin jusqu'alors de ne pas interpréter ni un arbitre ni un troisième joueur. Bien entendu, c'était plus le fruit de son orgueil, de sa fierté, que d'une réelle volonté de faire preuve de tact. Non Rabastan ne ferait jamais partie de ces garçons qui mettaient genou en terre, déballaient leurs émotions et sentiments les plus intimes en imaginant cela poétique, soupirant après les regards de leur dulcinée, rampant pour un sourire... Des chiens de manchon ! Aucun amour-propre à espérer de ceux-là. Il n'était pas non plus de ceux qui faisait une galerie des portraits de leurs conquêtes, ne couraient qu'après le plaisir et la flatterie. Ceux-là c'est là dignité et la noblesse qui leur manquaient selon Lestrange. Mais qu'importe. A quoi s'attendait-elle vraiment ? A ce qu'il lui demande le soir où en étaient ses "expériences" avec Leroy sur le ton de la conversation amicale ? Ah ! Qu'elle rêve !

    Alors qu'elle se redressait, Rabastan entrava le mouvement de ses chevilles d'un mouvement qui équivalait à un croque-en-jambe, tandis qu'il se propulsait en avant de tout son poids pour rendre la chute plus inévitable encore. Et lui avec elle. Nouveau signe qu'elle n'était pas n'importe qui, il avait placé ses mains de telle sorte qu'elles amortissaient la dureté de l'impact de la tête de la jeune fille avec le sol. Cela dit la chute avait probablement été douloureuse tout de même, car même lui avait ressenti le choc remonter de ses coudes jusque dans ses épaules, de ses genoux jusqu'en haut de sa colonne vertébrale. Balayant ces sensations, dédaignant les protestations du corps, le jeune homme s'était déjà placé afin d'empêcher toute échappatoire de la part de sa belle, les mains encadrant ce joli visage d'une prise sans violence mais ferme. C'est ce qui s'appelait joindre l'utile à l'agréable, oh oui..
    Eh elle n'avait pas le monopole de la provocation, et cela n'avait rien d'innocent si, approchant à son tour son visage de celui de Gaël, autant pour la tenter elle que se tenter lui-même, il profitait de cette position dominante pour commencer par reparler d'Adzovic.

    -C'est une alliée. Ivana. Les pierres ne racontent pas tout d'ailleurs, parce que sinon tu aurais su que je la connais depuis longtemps : nos familles se côtoient depuis des années. La haute noblesse. Tu sais, vous seriez bien plus fortes ensemble. … Mais je ne vais pas te forcer la main et je ne te trahirai pas non plus. Pour qui tu me prends ? Cela dit, je ne vais pas non plus me plier à tes règles ma belle. Il ne me semble pas t'en avoir jamais données, si ? Je ne veux pas d'un joli petit caniche obéissant comme nana, mais si tu comptes m'imposer tes conditions, tu aurais mieux fait de te choisir un elfe ! C'est bien, ces bêtes-là sont obéissantes comme tu aimes, en plus elles te regardent avec adoration et se font mal quand tu n'es pas satisfaite. Sans compter qu'elles ne te demandent jamais de compte, t'accordent que tu as toujours raison. De vraies victimes. C'est ça dont tu rêves, non ? Continue ton... petit jeu avec ce type, si ça te chante. Et je continuerai les miens. Et je m'amuserai aussi avec lui, à Ma manière.

    Et si cela ne lui plaisait pas, il faudrait bien qu'elle arrête de donner des idées à cet imbécile de Français, car ce serait la raison sine qua non pour que Rabastan cessât ses propres divertissements avec la gente féminine. Si elle s'obstinait à continuer, eh bien... Eh bien ils continueraient tous les deux à se faire enrager l'un l'autre, avec tous les dommages collatéraux que cela engendrerait inévitablement. En revanche, pour ce qui était de ses projets à l'encontre d'Adonis, il n'y avait probablement déjà plus moyen de l'en détourner. Encore moins depuis qu'elle lui avait fait la démonstration des charmes qu'elle pourrait éventuellement lui offrir. Cela n'avait été que de la provocation, mais... Vraiment ? Au souvenir de cette menace, le regard du Serpentard s'assombrit, les sourcils froncés.
    -Cela dit... Ne t'avise pas, toi, de me trahir, Gaël. Je commencerai par le tuer lui, je te jure que je le ferai. Mais ensuite tu me le paierais aussi.

    Et qu'il énonce cette menace-là, c'était dire si elle avait réussi à le pousser à bout, car pour Rabastan, cela ressemblait beaucoup à un ultimatum rageux, une façon d'admettre avec répugnance une faiblesse non assumée. Autant il abhorrait l'idée de trahir, autant celle d'être lui-même trahi étant proprement écœurante. Faiblesse et crainte aussitôt colmatées par ce dont il avait à revendre : la violence. Car oui il pensait chacun des mots qu'il venait de prononcer, comptait absolument s'y tenir, quand bien même cela signifierait l'expulsion de l'École, quand bien même cela signifierait la prison même. Qu'importe que cela paraisse démesuré à d'autres yeux, mieux valait croupir à Azkaban que de laisser croire une seule seconde, et même au moindre de ses ennemis, qu'on pouvait lui échapper lorsqu'il vous avait inscrit à son tableau de chasse. Mieux valait croupir à Azkaban que de se trahir soi-même à ce point.
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MessageSujet: Re: "La lutte du pouvoir dans un couple est sans pitié" [ Rabastan ♥ ] TERMINE Mer 28 Sep - 16:18

Je ne m'étais pas attendus à cela. Évidemment, je savais que sa réaction ne tarderait pas, et qu'il prendrait aussitôt le contrôle, pour me faire ravaler mes paroles, mais je fus surprise de sentir ses jambes coincer les miennes. J’étouffai un cri de surprise alors que je tombai au sol, lui sur moi. Il bloquait mon corps, et m'immobilisait totalement. Ses yeux pétillants de colère s'accrochèrent aux miens, et je soutins son regard comme pour affirmer mon pouvoir. Je n'étais pas une de ses petites naïves faibles dont le seul but est d'obéir à leur homme, oh que non ! Pour moi, tout était dans la lutte du pouvoir. C'était ça le plus amusant, le plus...excitant. Nous essayions tous les deux d'avoir une emprise sur l'autre, sans pour autant détruire cette précieuse barrière qu'il y avait entre nous. Une barrière destinée à nous laisser libre de nos actes, libre de nos choix. Je n'interférais pas dans ses affaires, et lui n'interférait pas dans les miennes. Seulement voilà, dans des cas comme celui-ci, c'était différent. Leroy avait franchi trop de limites pour Rabastan, quant à moi je ne voulais pas sans cesse regarder au dessus de mon épaule pour surveiller que le serpentard ne me poignarde dans le dos avec cette Ivana. Je n'arrivais pas à faire confiance à cette blonde serbe, je la savais manipulatrice. Assez pour manipuler Rabastan ? Non. Sûrement pas. Mais elle avait un certaine valeur, qui n'avait pas échappé à mes yeux observateurs et qui n'avait probablement pas échappé à Rab' également. Meilleure que moi ? Impossible ! Impensable ! Je ne pouvais y croire, mais lui, y croyait-il ? Je détestais cette peur constante que j'éprouvais. La peur d'être détrônée, dans tous les sens du terme. Ne plus être la reine de Poudlard, mais surtout, ne plus être la seule reine pour le serpentard. Il était fidèle oui, car lui-même avait horreur de la trahison, mais si jamais Ivana venait à inventer une histoire capable de me discréditer auprès de lui...il ne se gènerait plus, c'était clair. Les scénarios catastrophe défilaient dans ma tête. J'évaluais les risques, les pertes, car la méfiance que j'éprouvais pour mon ennemi m'y poussait. Ivana était mon ennemie. Autant qu'elle aurait pu être mon alliée, mais mon orgueil n'admettait pas de la compter parmi mes amis. Dans cette fosse aux serpents, on avait toujours peur d'être surpassé par quelqu'un. Le problème, c'est qu'il y avait toujours mieux, toujours plus. Le danger, c'était de l'ignorer.

Je regardai intensément Rabastan. Il était incroyablement beau lorsqu'il s'énervait. J'adorais ça, depuis toujours. Depuis la première altercation que nous avions eus. Au tout début alors que nous nous détestions. L'énerver, le pousser à bouts, l'enguirlander, le rendre frémissant de rage me comblait. Ce n'était pas pour lui faire du mal, non, c'était ainsi que l'on fonctionnait, chacun poussait l'autre dans ses retranchements car c'était excitant. L'adrénaline circulait si vite dans mes veines dans ces moments là que s'en était grisant. Ma chute me fit serrer les dents, et ma respiration se fit irrégulière bien que j'essayais de la contrôler, à l'instar de mes émotions. Rab' avait placé ses mains en dessous de ma tête, de telle sorte que je ne me fasse pas vraiment mal. Il ne rechigna pas une seule seconde. Rien d'étonnant en somme, Rabastan ne se plaignait jamais, comme si rien ne pouvait l'atteindre ou le blesser - physiquement - . C'était un bloc de glace. Fort. Puissant. C'est ce qui m'avait attiré chez lui. C'est qui m'attirait toujours chez lui. La sécurité. Oui, car même s'il était d'une nature très violente et colérique, la loyauté qu'il m'accordait me donnait envie de lui faire confiance au delà des limites habituelles. Je savais que je pouvais compter sur lui, qu'il me protégeait...à sa manière.

Ses mains tinrent ma tête fermement, ne me laissant aucunement le choix de bouger, et son visage se trouvait seulement à quelques centimètres du miens, sa bouche tout près de la mienne. Il me tentait, me provoquait, tout comme moi un instant plus tôt.

- C'est une alliée. Ivana. Les pierres ne racontent pas tout d'ailleurs, parce que sinon tu aurais su que je la connais depuis longtemps : nos familles se côtoient depuis des années. La haute noblesse. Tu sais, vous seriez bien plus fortes ensemble. … Mais je ne vais pas te forcer la main et je ne te trahirai pas non plus. Pour qui tu me prends ? Cela dit, je ne vais pas non plus me plier à tes règles ma belle. Il ne me semble pas t'en avoir jamais données, si ? Je ne veux pas d'un joli petit caniche obéissant comme nana, mais si tu comptes m'imposer tes conditions, tu aurais mieux fait de te choisir un elfe ! C'est bien, ces bêtes-là sont obéissantes comme tu aimes, en plus elles te regardent avec adoration et se font mal quand tu n'es pas satisfaite. Sans compter qu'elles ne te demandent jamais de compte, t'accordent que tu as toujours raison. De vraies victimes. C'est ça dont tu rêves, non ? Continue ton... petit jeu avec ce type, si ça te chante. Et je continuerai les miens. Et je m'amuserai aussi avec lui, à Ma manière.

Mes yeux lui lancèrent des éclairs, ah si les regards pouvaient tuer ! Il connaissait depuis plus longtemps que je ne le pensais cette Ivana... ce qui eu le don de me rassurer, car s'il l'avait rencontré avant de me connaître moi, alors il n'y avait plus de raison de douter. Il n'empêche que je surveillerais de près leurs entrevues. Que faire ? Arrêter le jeu avec Leroy ? Non. Cela venait à peine de commencer. Mais Rabastan ne me le permettrait pas. Il continuerait à me faire enrager en flirtant avec ces filles... A la pensée de la jeune serpentarde qui s'était trouvé dans cette pièce, je bouillonnai d'autant plus. Quant à lui, ses prunelles semblaient prendre une lueur malfaisante alors qu'il reprenait.

- Cela dit... Ne t'avise pas, toi, de me trahir, Gaël. Je commencerai par le tuer lui, je te jure que je le ferai. Mais ensuite tu me le paierais aussi.

Mon regard s'assombrit à ces paroles. Jusqu'à maintenant immobile, je fis remonter mes jambes autour de la taille de Rabastan, coinçant mes talons derrière ses cuisses, et un sourire mi-carnassier, mi-diabolique étira mes lèvres. Mes cheveux étalés atour de ma tête, mes lèvres rouge sang, et mes yeux clairs et envoûtants, oui on aurait sans doute pu m'associer à une quelconque réincarnation du diable en cet instant. A côté de nous, le feu crépitait dans la cheminée et je plantai mes ongles dans les épaules du serpentard, si profondément qu'à coup sûr il en aurait la marque encore demain.

- Vraiment ? dis-je d'un ton mielleux. Serais-tu prêt à me tuer également ? Ou est-ce seulement réservé à Leroy ? Attention Rabastan, je n'oublierais pas cette réponse, alors réponds-y bien, et réponds vite. Parce que ton silence sera interprété comme un oui, - j'entrouvris les lèvres et effleurai les siennes, mes yeux plongés dans ses deux orbes étourdissantes - . Pourquoi ne veux-tu pas me faire confiance ? T'ais-je déjà donné une raison de douter de ma loyauté ? Je veux bien t'accorder ma confiance mais il me faut la tienne en retour. Donnant...donnant. L'idée est simplement de d'humilier Leroy, de le prendre à son propre jeu, quand il se rendra compte que ses belles paroles de Donjuan ne marchent pas avec moi il sera obligé de reconnaître qu'il a été prétentieux. Ne serait-ce pas jouissif de le voir abandonner, admettre qu'il a perdu, tu pourrais être là, tu pourrais admirer ça...? Ne dis pas que tu n'aimerais pas...


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MessageSujet: Re: "La lutte du pouvoir dans un couple est sans pitié" [ Rabastan ♥ ] TERMINE Sam 8 Oct - 9:45

    S'il avait été un peu moins fier, un peu plus enclin aux confessions, sans doute Rabastan aurait-il admis que le problème n'était pas tant qu'elle s'amuse aux dépens d'autres garçons, mais bien qu'elle encourageait un jeune coq français à parader sur ce qu'il considérait comme son territoire. Il aurait pu même lui montrer en quoi cela aurait pu être comparable à certains niveaux à ce qu'elle aurait ressenti si lui, Lestrange, s'était mis à jouer ostensiblement avec Ivana.
    Mais il n'était pas ainsi. Et qu'elle tentât par tous les moyens de lui imposer son jeu avec Leroy, ne faisait que faire enrager et entêter plus violemment encore Rabastan.

    De nouveau tentatrice. Il ne put que répondre par un sourire provocateur à la menace d'une réponse qui ne lui plairait pas. Oui ou non la tuerait-il si elle le trahissait. Et volontairement de lever le menton et de laisser le silence planer. Un silence qui la lui rendait en même temps plus palpable que jamais, ses jambes, ses ongles, tout son corps qui l'attirait tant qu'il lui brouillait les idées.


    -Je te briserai si tu me trahis, rétorqua-t-il finalement et sans mentir. Et lui, je le veux humilié maintenant, lui casser ses pattes de coq ridicule, lui couper la crête, et voir s'il chante encore après. Si tu ne le fais pas toi-même, je m'en chargerai.

    Il frémissait, tremblait de violence et de désir mêlés. Dans les deux cas, c'était du plaisir promis pas encore atteint. C'était caractéristique de Gaël de lui faire flamber les veines avec une rapidité et une facilité déroutantes.

    -Tu es à moi.

    Il était furieux au point d'avoir dépasser le stade de la conscience. Au point de ne plus savoir s'il appréciait le fait ou pas.
    Elle était à lui. C'était évident parce qu'autrement il n'aurait pas été envisageable qu'elle lui fasse autant d'effet. Cela entraînait inévitablement l'exclusivité. Ce n'était pas une question de confiance, pour Rabastan les choses étaient plus simples encore que ce concept-là. Il était trop extrême pour une notion aussi nuancée que la confiance : il y avait ceux qui étaient fiables et ceux qui ne l'étaient pas, et une fois que chacun était défini, aucune question ne se posait. Si un doute naissait, cela ne faisait que faire basculer la personne d'une catégorie à une autre, pas de place pour la moindre hésitation. Si le doute disparaissait c'était l'inverse. Naturellement la première catégorie était très peu remplie.
    Gaël était Gaël, et il n'était pas concevable dans l'esprit du jeune Lestrange qu'elle puisse être faible au point de se montrer corruptible, donc déloyale. Puisqu'il associait la trahison à la faiblesse, la fidélité à la force. Et c'était précisément pourquoi l'idée qu'elle puisse démentir la force qu'il lui prêtait était aussi écœurante et le rendait aussi agressif.
    Mais ce marché qu'elle lui proposait le déstabilisait par le fait-même qu'elle insinuait, elle, ne pas lui faire confiance. Le jeu qu'il jouait avec ces filles, n'avait jamais été qu'une tension de nerfs dans l'esprit du jeune homme. Ce qu'elle insinuait l'insultait autant qu'elle le rendait vulnérable, autant pour la possibilité de la perdre que de se laisser lui aller aux bras d'une autre. Ils pouvaient bien agir comme traitant les donzelles comme de naïves petites dindes, ceux qui agissaient ainsi cédaient quand même. Faibles... Ce qualificatif appliqué à lui-même, lui donnait envie de vomir, mais c'est ce qu'elle venait de faire et de manière plus efficace que si elle le lui avait dit directement, parce qu'il concevait brutalement cette possibilité. A côté de cela c'est tout juste s'il avait perçu la tentation du plaisir de voir Leroy renoncer. Juste assez pour répondre, pas assez pour imaginer vraiment la scène, l'esprit obnubilé par d'autres choses.

    La chaleur de l'âtre ajoutait à la confusion. Les flammes transcendaient la beauté de la jeune femme. Il brûlait de l'embrasser, lâcher son visage pour redécouvrir des courbes délicieuses. Ce qui lui restait de contrôle lui échappait complètement et cela, il ne pouvait se le permettre. Se laisser aller aux voluptés maintenant aurait été comme de rendre les armes à Gaël. Or Rabastan était d'une fierté et d'un entêtement surdimensionnés.
    Il se redressa donc, avec une mauvaise grâce évidente même dans la façon de se défaire de la prise douloureuse qu'elle maintenait sur ses épaules, et s'assit sur ses talons, le regard s'attardant sur ce à quoi il ne renonçait que très passagèrement. Ce n'était pas forcément la meilleure des choses à faire pour se garder des tentations, mais il les aimaient trop pour ne pas jouer avec. Ce qu'il n'admettrait jamais bien sûr.


    -N'essaie pas de me passer une corde autour du cou Gaël. Je ne serai jamais l'un de tes petits suiveurs. Ca c'est ce que toi tu devrais te mettre dans le crâne. Et si ça ne te plaît pas...

    Il laissa la phrase en suspens plutôt que d'avoir à expliciter les possibilités impliquées. Il y en avait probablement trop qui lui déplaisaient, même à lui. Paradoxalement, il admirait silencieusement la jeune femme pour savoir le pousser aussi souvent à agir à l'encontre de ses manières habituelles, l'admirait pour oser elle-même se mettre en danger, y trouvait une nouvelle raison de refuser d'avoir à la partager avec qui que ce soit. De là où il se trouvait à vrai dire, en surplomb, il l'admirait tout court.
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MessageSujet: Re: "La lutte du pouvoir dans un couple est sans pitié" [ Rabastan ♥ ] TERMINE Jeu 20 Oct - 10:44

    Un sourire provocateur étira ses lèvres, mais je lisais sur ses traits tout autre chose. Son regard, brillant, pénétrant, traversait chaque parcelle de ma peau tant il était puissant. J'aimais qu'il me regarde ainsi, une sensation étrange s'emparait de moi. Excitant. Grisant. Et pourtant, ni le moment, ni la conversation ne se prêtait à ce genre de chose. Je le défiais, l'énervais, un peu plus à chaque réplique, et fière de mon effet, je continuais, encore et encore, réveillant ses sens, ses envies avec une profonde satisfaction. Je lisais son désir, mais ce n'était pas un désir amoureux, doux, tendre, non il n'y avait rien de toute cela dans ses prunelles. La violence. Voilà ce que je voyais. La violence de son désir, un mélange de colère, de rage, de rancœur, mais en même temps de plaisir. Des tas d'ingrédients mélangés ensemble pour finalement devenir un cocktail explosif. Coincée sous son corps fort et puissant, j'avais tout de même réussis à passer mes jambes fines autour de sa taille, nous collant un peu plus, essayant de réduire ses capacités à réfléchir. Hélas, mon plan n'était pas à la hauteur de l'entêtement de Rabastan. Je connaissais son caractère buté, et je savais pertinemment que tant qu'il n'aurait pas obtenu satisfaction, la situation ne ferait qu'empirer. J'avais la solution entre les mains, encore fallait-il que je veuille m'en servir.

    Leroy était un bon objet d'étude, j'aimais jouer avec lui, réduire sa prétention de Donjuan français en milles morceaux, mais pour cela il me fallait du temps, et surtout l'assurance que Rabastan ne mettrait pas fin au jeu en faisant soudainement disparaître Adonis. Mais ce n'était pas possible. Jamais, ô grand jamais, le serpentard ne laisserait passer une telle attitude. Leroy payerait cher, un jour ou l'autre, et un pincement au coeur vint alors m'étreindre le coeur. De la culpabilité ? Il fallait bien avouer que c'était ma faute, du moins en partie. J'intimais à ma petite voix intérieur de se taire, et de disparaître. Je ne devais éprouver de la culpabilité. C'était un sentiment trop...humain. Pas du tout approprié à ma condition. A l'image que je donnais de moi. Il m'arrivait souvent de réfléchir à ça. Et si un jour, tous ceux qui m'entouraient, découvraient la supercherie ? Si jamais l'un d'eux prenait conscience que je n'étais pas vraiment ce que je faisais semblant d'être ? La Reine Noire avait un secret, un secret imprononçable, un secret qui ne devait pas être révélé. La voilà la triste vérité. J'étais coincée, bloquée, dans la vie de celle que j'avais fabriqué, et rien ni personne ne pourrait me délivrer. C'était trop tard. J'avais les mains liées, les pieds en pleins dedans ! Coincée ! Coincée ! Coincée ! Tout comme en cet instant, entre les bras de Rabastan, comme une panthère en cage. Capturée.

    - Je te briserai si tu me trahis, rétorqua-t-il. Et lui, je le veux humilié maintenant, lui casser ses pattes de coq ridicule, lui couper la crête, et voir s'il chante encore après. Si tu ne le fais pas toi-même, je m'en chargerai.

    Mon sourire provocateur et malicieux s'estompa, faisant place à un sérieux et une intensité peu commune. Je fixai Rab' sans ciller. Aucune peur ne se lisait sur mon visage. Aucune émotion. Rien. J'avais mis, dès ses premières paroles, un mur entre nous. Lui faisant comprendre qu'il ne saurait pas, qu'il était impossible pour lui de connaître l'envergure de mes pensées en cet instant. En réalité, tout au fond de moi, j'avais peur. Peur de ne pas être à la hauteur, plus tard ou maintenant. Qu'adviendrait-il de moi si Rabastan s'apercevait que la Gael qu'il connaissait n'existait pas vraiment, ou seulement car je l'avais créé ? Penser à l'avenir me fit paniquer. Chose à laquelle je n'étais pas habituée. Plus, du moins. A qui ma mère me fiancera ? Avec qui devrais-je partager un grand manoir plus tard, faire des petits héritiers, et être la parfaite femme mangemort que chaque serpentard rêve d'avoir ? Un profond dégoût m'habita. Je devrais tenir ce rôle pour toujours, à chaque minute, à chaque seconde je devrais porter ce masque... sans jamais pouvoir l'enlever.
    Je ne répondis pas à la réplique de Rabastan, et pour cause, j'étais trop concentrée sur mes pensées et mes démons intérieurs pour pouvoir formuler une phrase complète. Aussi, je sentis la respiration du serpentard devenir irrégulière. Il tremblait, de colère, de rage, de désir, il frémissait, et je plantai un peu plus mes ongles dans ses bras, une brusque envie de lui faire mal m'envahissant.

    - Tu es à moi, dit-il, fermement.


    Mon regard s'assombrit. Ses paroles résonnèrent en moi pendant une seconde, et je fus soudainement partagée. Une partie de moi voulait fuir, courir à toute vitesse pour échapper à l'emprise de Rab' sur moi. Partir pour ne plus jamais revenir. Mais l'autre Gael frémissait de plaisir, de désir, et aurait voulus qu'il répète ces mots encore une fois tant son aveu était surprenant. Je me rendis alors compte que cette fois-ci, la limite avait été franchie. Je l'avais fait sortir de ses gonds, mis dans une rage qu'il tentait de dissimuler, mais sa dernière réplique était bien trop révélatrice. Il me considérait comme sienne, et bien que je tentais de dissimuler ma satisfaction, il était ardu de ne rien laisser paraître. Finalement, un sourire étira mes lèvres. Un sourire malicieux, provocateur.

    - Je ne serais jamais vraiment à toi Rabastan. Pas tant que nos parents ne l'auront pas décidé. Imagines qu'ils nous fiancent à d'autres personnes. Aussitôt marié, tu serais alors veuf...

    Il savait de quoi je parlais. Dans nos familles respectives, comme tout bon sang-pur, c'était les parents qui prenaient la décision de nous marier à telle ou telle personne. Il était alors inconcevable qu'ils décident ne me promettre à quelqu'un d'autre que Rabastan. Dans un tel cas, ni moi ni lui ne pourrait y faire quoique ce soit, mais il était clair pour moi que la promise du serpentard ne ferait pas long feu sur cette terre...Je ne pourrais supporter l'idée qu'il soit avec une autre. Impressionnante était l'exclusivité de notre couple, tant de mon côté que du sien, nous étions possessifs, et égoïstes. En cela, nous nous ressemblions. Mes paroles résonnaient plus comme une promesse que comme un avertissement. Je tuerais celle qui serait à son bras, peu importe les conséquences. Si je ne pouvais l'avoir, alors personne d'autre ne le pourrait. Mon égoïsme était à la hauteur de la violence de Rab'. Incontrôlable.

    Avec difficulté, le serpentard se défit de mon emprise sur ses épaules et sur sa taille, et se releva quelque peu, s'appuyant sur ses jambes, me regardant avec une lueur incandescente dans son regard. Je me redressai, posant mes mains sur ses genoux, les griffant légèrement, et fixait ses prunelles intenses.

    -N'essaie pas de me passer une corde autour du cou Gaël. Je ne serai jamais l'un de tes petits suiveurs. Ca c'est ce que toi tu devrais te mettre dans le crâne. Et si ça ne te plaît pas...

    Je levai un sourcil surprit.

    - Ais-je dit cela ? T'ais-je demandé de te mettre à ramper derrière moi comme un elfe de maison, comme tu le dis si bien ? Je ne crois pas non. Je te demande juste une faveur, qui est de me laisser humilier Leroy moi-même. A ma manière. Est-ce si difficile pour toi ?




[ Désolé vraiment pas terrible...:/ ]
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MessageSujet: Re: "La lutte du pouvoir dans un couple est sans pitié" [ Rabastan ♥ ] TERMINE Sam 26 Nov - 13:24

    Il ne pensa même pas une seconde à dissimuler l'étincelle malicieuse et mauvaise qui anima brièvement ses yeux. Elle avait succédé à un tout aussi bref assombrissement suite à l'assertion de la jeune femme qui lui assurait son indépendance, le rappel des prérogatives parentales. Bien sûr qu'il se plierait aux décisions de ses propres parents, mais comme le soulignait Gaël, rien n'interdisait dans leurs valeurs d'empêcher l'aboutissement des projets de ceux des autres. L'idée de la voir commettre un meurtre en soit, était alléchante, mais dans ces conditions cela prenait un tour encore plus attirant. Inutile de préciser que lui ne la laisserait pas longtemps "profiter des joies" du mariage non plus si elle était fiancée à un autre. Pour dire le vrai, et maintenant que l'idée était lancée, c'est tout juste si Rabastan ne souhaitait pas voir cette situation advenir, pour le plaisir de rivaliser avec Gaël sur la rapidité et l'ingéniosité avec laquelle ils se débarrasseraient de leurs conjoints respectifs.
    Des veines, il semblait bien qu'elle lui soit finalement bel et bien montée à la tête définitivement.

    Mais une fois de plus, ce qui aurait pu servir de prétexte à lâcher de la vapeur et éviter les terrains traîtres fut balayé par le retour du sujet Leroy. Ah ! Ce mec allait définitivement payer cher..
    La jolie brune était d'une finesse beaucoup plus grande que ne le laissait entendre sa manière habituelle de s'imposer aux autres élèves de Poudlard. Pour preuve, la manière qu'elle eut soudainement de présenter le problème comme une faveur. Naturellement cela allait bien plus dans le sens de Rabastan. Peut-être même cela aurait-il suffi si l'argument avait été utilisé dès le départ. D'ailleurs cela ne manqua pas de la faire hésiter un instant. Un instant passé à scruter le bleu profond de ces yeux splendides. Elle n'avait rien d'un livre ouvert et ne le serait jamais. Tant mieux, Lestrange n'avait aucun goût pour la clarté et les choses nettes, la simplicité et l'explicite. Rien n'avait plus de charme qu'une femme et ses mystères, surtout si on les sentait empoisonnés, paradoxaux. A quoi bon chercher à lever ces sorts-là ?
    Enfin.. C'était sans compter sur l'essence de Rabastan, qui tenait sur bien des points du dogue : tenace, à ne jamais lâcher une prise. Et là, sa prise, c'était le Français. Trop de limites avaient été franchies, des limites tacites que ne bafouaient pas habituellement les autres élèves de Poudlard. Il y avait peut-être aussi un peu du requin chez le jeune Serpentard : l'odeur du sang l'attirait irrémédiablement, et l'idée de le faire couler de même. Il avait déjà beaucoup trop remâché ses envies malveillantes pour pouvoir y renoncer désormais. Il y aurait fallu l'autorité de son frère sans doute, pour le faire en démordre. Était-ce une qualité ou l'un de ses nombreux défauts, mais Lestrange était un être entier et sans concession.

    Aussi se saisit-il des poignets de la jeune femme pour l'empêcher de garder une prise sur lui.


    - Il ne me semble pas t'avoir mis de bâton dans les roues jusque là, si ? Continue de faire ce que bon te semble, et laisse-moi faire ce dont j'ai envie.

    D'énervé, il venait de passer à de mauvaise humeur. Parce que ce dont il avait envie, les circonstances l'en empêchaient à ce moment. Question d'égo. De plus, ils étaient plus ou moins revenus à la case départ, sans qu'aucun n'ait clairement pris l'avantage, ce qui ajoutait à la frustration. Il avait besoin d'action, de mouvement, pour chasser cette morosité. Lâchant les poignets de Gaël, il se releva pour de bon, fit jouer les muscles de ses épaules comme pour se préparer à un effort physique. De fait, il ne comptait nullement rejoindre son dortoir de si tôt. Impossible de dormir avec une humeur pareille. Sortir dans les couloirs pour chasser les élèves bravant le couvre-feu, en revanche, cela pourrait être une bonne alternative. Un des avantages à porter le badge de préfet. Même un imbécile aurait pu aisément deviner ses ruminations aller bon train derrière un regard sombre et songeur.
    Jusqu'à ce que regard retombât sur la jeune sorcière. Comment pouvait-elle simplement se sentir ne serait-ce que menacée par les autres femmes ? Ah, il n'allait pas s'en plaindre, cela lui permettait de remettre les choses à niveau, après tout. Ca n'aurait pas été juste qu'elle soit la seule à réussir à le mettre hors de lui, n'est-ce-pas ? Et un sourire sibyllin – avec un soupçon d'affection dissimulée peut-être ? - d'apparaître.

    - Tu vas finir par réussir à me faire faire des conneries, tu sais...

    Sa baguette était sortie. D'un mouvement il fit s'envoler jusqu'à lui son ample manteau noir d'étudiant, posé jusqu'alors sur le dossier d'un fauteuil un peu plus loin.

    -Je sors, annonça-t-il laconiquement.


[Désolé pour le retard, vraiment. ><]
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MessageSujet: Re: "La lutte du pouvoir dans un couple est sans pitié" [ Rabastan ♥ ] TERMINE Dim 4 Déc - 21:22

A en juger par sa réaction, le fait d'être promis à d'autres personnes ne le dégoûtait nullement en soit. Plus encore, tel que je le connaissais, la simple idée de devoir évincer un futur mari potentiel l'enchantait, tout autant que de me voir me creuser les méninges pour me débarrasser de sa future épouse. Je nous imaginais déjà jouer à celui-qui-trouve-la-meilleure-idée-pour-tuer-le/la-fiancé(e)-de-l'autre, avec talent et pragmatisme, abusant de nos charmes, de nos ruses et de notre esprit destructeur pour parvenir à nos fins. Magnifique tableau, mais il existait cependant une ombre, une tâche, impossible à enlever, pourtant dissimulée par diverses couches étalées avec efficacité. Cette tâche, c'était moi. Celui qui cache sa vraie nature par un masque ne peut avoir qu'une seule véritable ennemie : sa vraie nature. Comme on dit : chassez le naturel, il revient au galop. Et ce naturel, la vraie nature de mon être tout entier, me mettait en danger. Dans un danger d'autant plus grave et effrayant qu'il me mènerait tout droit dans la gueule du loup. Ou plutôt, dans celle, vicieuse et traitre, des serpents. Je m'étais jointe à eux, je m'étais fondu dans la masse, j'étais une des leur, pire encore, j'étais en tête des serpents les plus respectés et craints du château. Monter ainsi jusqu'au sommet ne promettait qu'une seule chose : une chute vertigineuse. Si je m'étais laissée aller à la peur, elle aurait irradié tout mon corps, en circulant sournoisement dans mes veines, venant déclencher frissons et sueurs froides.

Mais dans ce cercle infernal, qui ne me permettait nullement l'échec ou la trahison, il y avait Rabastan. Probablement jouais-je avec le feu en étant aussi proche de lui, en ayant gagné sa confiance, puisque qu'un jour, c'était évident, le masque tomberait, et alors..qu'adviendrait-il de moi ? De cette confiance qu'il m’accorde depuis le début de notre relation ? Assurément, elle serait réduite à néant. Tout comme moi. Il préférerait me briser de ses mains : je le savais, je le sentais... Comme il était pourtant délicieux de jouer avec le feu...d'être dans les bras de celui qui dans l'avenir peut-être serait ma perte. Mais ce qui était encore plus délicieux, c'était la manière dont j'arrivais à mettre les nerfs de Rabastan à vifs... comme si j'avais jeté de l'huile sur un feu endormi, et que j'avais dansé tout autour pour faire monter les flammes. Ah quelle belle image ! Il n'y avait rien de plus délectable que de le voir perdre patience - ce qui n'était pas vraiment difficile étant donné son caractère -, ou encore de faire naître dans ses prunelles sombres la lueur si effrayante, que je lui connaissais bien. Mais lorsqu'il commençait à appuyer ses dires sur des gestes fermes destinés à affirmer son autorité, sa colère, je ne pouvais que me réjouir d'avoir moi-même déclencher une telle situation. Ce n'était pas tant le fait de l'énerver qui me plaisait, c'était surtout les conséquences qui m'apparaissaient délicieuses.

Alors qu'il se relevait, je m'accrochai à ses genoux, maintenant une prise sur lui, mais ses deux étaux de fer enfermèrent brusquement mes poignets, répondant à mes provocations. Mon regard flamboyant plongé dans le sien, un mince sourire apparut sur mes lèvres en constatant l'état dans lequel il se trouvait. Enervé. Cependant, ce sourire disparut tout aussi rapidement lorsqu'il commença à parler. Cette fois-ci, mes yeux se rétrécirent et je serrai les poings alors qu'il tenait mes poignets. Il me dominait, de part sa position, de part ses propos.Chose assez irritante lorsqu'on était autant habituée que moi à avoir le pouvoir.

- Il ne me semble pas t'avoir mis de bâton dans les roues jusque là, si ? Continue de faire ce que bon te semble, et laisse-moi faire ce dont j'ai envie, dit-il.

Si les regards pouvaient tuer, le mien l'aurait assassiné, découpé en petits morceaux, haché menu, autrement dit : il ne serait déjà plus de ce monde. Mes lèvres frémirent, et si j'avais été un animal,, elles se seraient retroussées sur une rangée de dents pointues, accompagnées d'un grognement assez explicite. Ce qu'il voulait ? Ce qu'il voulait ?! Parfait! Il aurait ce qu'il voulait ! Il ferait ce que bon lui semblerait ! Ah ça oui ! Il relâcha par la suite mes poignets, et je me relevai aussi rapide qu'un félin. De glaciale mon humeur se fit mielleuse, et je lui servis un de ces sourires qui pour tout autre aurait parut amicale, sauf que voilà...Rabastan connaissait ce genre de sourire, c'était ceux qui pouvaient dire " Profites de cet instant de répit, car je vais te pourir la vie", ou encore " On verra bien qui de nous deux aura raison, et qui craquera le premier". Et le dernier, et pas des moindres " Je te souris pour faire bonne mesure, mais en réalité je prépare déjà une vengeance qui ne te plaira assurément pas".

- Oh, mais qui suis-je pour t'empêcher de faire ce que tu veux ? Débarrasses-toi de Leroy, ou alors laisses-moi régler ça. Continue à flirter avec qui bon te semble, ou retiens-toi. Qui suis-je pour choisir à ta place, n'est-ce pas ? Alors, fais tout ce dont tu as envie...mais attention Rabastan, pour chacune de ces choses, moi j'en ferai une. Tu flirte, je flirte, tu tues quelqu'un, je tue quelqu'un, tu fais disparaître mes distractions, et j'en trouverais d'autres, et encore d'autres... Et si ce plan ne marche pas, alors je passerais au plan B, et au plan C, et au plan D...oh, mais tu sais comment fonctionne l'alphabet ! - je marquai une pause, lui souriant avec malice et défi - Sur ce, passe une bonne soirée et une bonne nuit, la mienne va être mémorable. Tu te rends compte ? Je vais devoir rattraper tous tes flirts ! Mince, dommage je n'ai pas fait le compte, ... oh, je ferais à peu près le même nombre que toi ! A vue d'oeil !

Après un dernier regard provocateur, je me détournai de lui, et contournai sa silhouette masculine, pour me diriger vers les escaliers qui menaient au dortoirs. Lui, fit s'envoler sa veste et l'enfila.

- Tu vas finir par réussir à me faire faire des conneries, tu sais...fit-il, et je perçus une sorte d'affection ? dans son regard, dans sa façon de prononcer ces mots.

Je souris, un pied sur la première marche, prête à les monter, et me retournant, je lui fis un clin d'oeil.

- Flash-info chéri : c'est déjà le cas..., rétorquai-je avec une certaine dose d'affection également.

Bien que dissimulé, je lui portais une affection assez...unique. Peu de personnes appréciaient quelqu'un de cette manière. Rabastan c'était...la seule personne avec qui je me voyais être. Etrange, paradoxal dans le sens où il représentait en réalité tout ce qui me dégoutait, et pourtant il satisfaisait mon masque, ma double personnalité si cruelle et avide de souffrances. Il nourrissait ce côté de moi-même, le faisait grandir... aussi dangereux soit-il.

Il annonça qu'il partait, et je murmurai un "je suis presée d'être à demain" alors que je commençais à monter les escaliers. Je ne su pas s'il avait entendu, mais peu importait...il était tout aussi impatient que moi....
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MessageSujet: Re: "La lutte du pouvoir dans un couple est sans pitié" [ Rabastan ♥ ] TERMINE Dim 11 Déc - 12:43

    Bon sang de femme qui ne savait pas s'arrêter ! Rabastan avait senti la diatribe, le défi venir rien qu'au sourire qu'elle lui avait adressé. Il semblait bien qu'il ait lui aussi réussi à lui taper sur les nerfs suffisamment pour la faire perdre de sa maîtrise. Oh qu'elle flirte, si cela lui chantait : ce ne serait pas la première fois et habituellement le Serpentard n'en faisait pas grand cas. Leroy était une exception en raison de son arrogance. Ce qui fouettait les sangs dans ce qu'elle disait c'était le défi et l'assurance qu'elle se donnait d'être prête à toute extrémité pour lui imposer sa manière de faire à elle. Bon sang de femme... Et encore qu'il essaya vainement de le retenir quand il le sentit naître sur ses lèvres, Rabastan fut bien incapable d'atténuer le sourire appréciateur, gourmand, carnassier, paradoxalement défiant et admiratif qui n'était que le reflet de ce qu'elle lui évoquait à ce moment-là.
    Il avait été un temps où le garçon avait tenté de nouvelles voies de manipulation à base de costumes de de gentil gamin qui ne ferait pas de mal à une mouche -pourtant nombre d'entre elles auraient pu témoigner des massacres perpétrés par Lestrange lors de sa petite enfance - rafistolés de patchs d'adultes responsables et plein de bonnes intentions. Cela avait échoué lamentablement. Pourquoi, s'était-il demandé, un peu exaspéré par ces échecs répétés. Pour y répondre, il aurait probablement fallu lui tendre un miroir : un vrai sourire de requin, de crocodile, de croque-mitaines. Tentez de vous faire passer pour un agneau avec un sourire pareil... Et plus il s'efforçait de se donner bonne figure moins cela semblait efficace. Alors il avait abandonné et tenté des voies plus subtiles et de toutes évidences plus compatibles avec ce qu'il était. Contrairement à Gaël, dont il ignorait l'ampleur du dilemme, Rabastan ne cachait sa personnalité que ponctuellement et toujours dans le but de frapper au plus près de sa cible au meilleur moment ou pour s'éviter l'agressivité des trop gros morceaux en voilant sa manière de voir les choses juste ce qu'il fallait. Et bien sûr par jeu. Dans le fond ce n'était même pas vraiment de la dissimulation, une simple tactique de chasse parfaitement intégrée à sa nature malveillante et joueuse. La vie était bien trop courte pour perdre son temps à faire semblant de vivre celle d'un autre. De toute façon, glaciale ou brûlante, sa personnalité était beaucoup trop extrême pour que cela ne soit pas sensible d'une manière ou d'une autre.

    Tiens... Une fois son défi lancé, elle lui tournait le dos. Quelle drôle d'erreur venant de quelqu'un qui le connaissait pourtant si bien.


    - Petrificus totalus.

    Elle lui en voudrait. Il s'en doutait mais ça ne l'avait pas empêché de lancer ce sort. Après tout, que le tableau lui ait finalement tiré un tel sourire, elle l'avait tout de même provoqué. Plus encore, c'est elle qui avait ouvert les hostilités : Gaël aurait dû savoir ce que cela signifiait. D'ailleurs, tout autre qu'elle aurait récolté nettement pire qu'un simple sort de saucissonnage. Sauf qu'à elle Lestrange n'avait pas envie de faire de mal, c'était aussi simple que ça. D'un autre côté, il n'avait rien du prince charmant, ni d'un de ces Moldus fanas de ce qu'ils appelaient la galanterie, comme si les femmes n'étaient que de pauvres et faibles choses fragiles. Ca aussi elle aurait dû le savoir. En quelques pas il l'avait rejointe.

    - C'que tu peux être sexy, quand tu t'enflammes comme ça, susurra-t-il à son oreille en écartant une soyeuse mèche ébène. Si je tue quelqu'un, tu tues aussi ? … Tu l'as déjà fait Gaël ? Ou ce sera une première ?, demanda-t-il, s'amusant de ce que ce genre de questions se posait habituellement pour un tout autre type d'expériences, bien qu'aussi délicieux.

    Rabastan passa un bras autour de ce cou gracile, glissa ses doigts sur une gorge généreuse et un décolleté qui n'avait jamais cessé de le tenter ce soir.


    - J'ai hâte de voir ce qui viendra après le plan Z... Un dernier avant que je ne reconnaisse officiellement ta déclaration de guerre ?

    Ce qui était une fausse question puisqu'il n'attendait pas de réponse et l'embrassa avec la fougue qu'avait pu faire naître toute la frustration qui s'était précédemment accumulée. Que cela lui plaise ou non était, cette fois, secondaire. Quel pied que de s'emparer des armes d'un adversaire et de les retourner contre lui, surtout lorsqu'elles étaient de cette nature-là. Sans compter que s'il fallait se fier à leurs derniers échanges, la frustration risquait de devenir une sensation familière dans les temps à venir.
    Et surpassant tous ces arguments : diable ce que Gaël était désirable en elle-même...
    Cela n'avait rien de méchant cette façon de parler de guerre. Au contraire. Oh il était prêt à parier qu'elle l'avait fait bien involontairement, mais par ces derniers mots elle avait balayé toutes ses sombres humeurs en rallumant un autre feu bien familier pour les veines de Lestrange : l'excitation de l'affrontement, l'appétit de la bataille. Ce qui avait le don de le ravir sans une seule ombre au tableau : mais pouvait-on se sentir plus vivant que dans ces moments où le danger vous piquait les côtes ? Que le danger fût mortel ou le risque seulement piquant, cela ne faisait pas grande différence. La victoire c'était bon, mais ce n'était que la cerise sur le gâteau : la bataille voilà le plat principal. Il y avait même des compétitions ou perdre ne s'avérait pas si grave : comme celle qui l'opposait à Ivana.
    Jamais il ne l'aurait provoquée à ce point lui-même, pas elle, c'était une forme de respect de la part de Rabastan de se contenter d'escarmouches. Parce qu'au fond, il n'était pas sûr des limites de sa Sorcière, et n'avait pas envie de l'y pousser et de lui faire du tort de cette façon. Les connaissait-elle, elle-même d'ailleurs ? Il savait ce qu'il ne se permettrait pas de faire, les frontières qu'il ne franchirait pas, même si cela voulait dire baisser les armes. Même si l'idée en elle-même était désagréable d'avance. Cela faisait partie des avantages à ne s'être jamais arrêté aux règles des autres et d'avoir testé les siennes en propre. Mais Gaël ?
    Cela dit, si elle voulait vraiment un affrontement, alors... Il se contenterait de garder un œil attentif sur une éventuelle apparition de désespoir au fond des prunelles, le genre de regard qu'ont toutes les créatures qu'on finit par acculer, même celle qui refuseront jusqu'au bout d'admettre la défaite, même si cela les sauverait. Il savait reconnaître cette sorte de lueur noire au fond des yeux des autres parce qu'habituellement il s'en délectait, travaillait souvent à la faire naître. Pour cette fois, s'il la voyait apparaître cela vaudrait pour le sifflet de fin de partie. Naturellement Rabastan se garderait bien de spécifier cela à Gaël : avec son orgueil, pensait-il, elle était bien capable de mal le prendre. Critiquer l'égo des autres, un comble de sa part à lui. Bah, peut-être serait-ce parfaitement inutile et était-elle suffisamment maîtresse d'elle-même pour qu'il n'ait pas besoin de faire attention. Mais au cas où...

    Non toute cette situation n'avait rien de mauvais aux yeux de Lestrange : s'il s'était agi de défendre les intérêts des rares personnes auxquelles il tenait, et Gaël en faisait partie, alors les choses seraient réellement devenues sérieuses, ses actes définitivement dangereux même selon sa conception à lui et toute retenue se serait envolée.


    -Enervatum, lança-t-il finalement pour la libérer et reculant de quelques pas, la baguette cependant toujours prête.

    Il aurait pu ne lever le sort qu'avant de sortir, mais que Gaël puisse répondre au sort que Rabastan avait lancé si elle le souhaitait, c'était bien la moindre des choses après ce qu'il venait de se permettre.

    - Ut in praelio chaos, murmura-t-il presque pour lui-même.

    Ce qui était la moitié de la devise familiale : vivere ut in praelio chaos. Deux traductions possibles Vivre comme dans le chaos des batailles ou vivre comme le chaos lors des batailles: férocement, pour chaque moment, joyeusement, paradoxalement autant pour soi-même que pour son camp, diablement et cruellement vivant, sans consensus, à l'extrême, dans l'action, avec l’opiniâtreté de celui qui survit.
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MessageSujet: Re: "La lutte du pouvoir dans un couple est sans pitié" [ Rabastan ♥ ] TERMINE Sam 17 Déc - 16:43

    Probablement aurais-je du me montrer plus méfiante, moins tranquille quant à la réaction de Rabastan, mais hélas mon impertinence me valut des conséquences, qui même si mon visage ne pouvait l'afficher, déclenchaient en moi une colère noire à l'encontre du serpentard. Il avait profité de mon manque de prudence pour me jeter un "Petrificus Totalus" qui prit effet immédiatement. Figée, comme glacée sur place, tout mon corps sembla se contracter et alors je ne pouvais ni bouger, ni parler, ni pester directement à l'égard du jeune homme. Cela ne m'empêche cependant pas de le qualifier de tous les noms d'oiseaux que je fusses en mesure de connaître, et je me sentis partir en arrière comme un bloc de béton instable. L'impact fut douloureux, brusque, et cette impression de tomber dans le vide me retourna l'estomac. De loin c'était la sensation que je détestais le plus : tomber, sans ne serait-ce que pouvoir agir pour éviter la chute. Ce qui ne contribuait pas évidemment à faire disparaître ma peur du vide, car ayant rapidement le vertige, je n'étais pas de ceux qui se faisaient un malin plaisir à tester les joies du grand saut. Mes peurs alimentant bien sûr mes cauchemars, qui trop souvent hantaient mes nuits. Mon esprit semblait vouloir sortir de mon corps pour pouvoir arracher les yeux de Rabastan tellement la rage circulait dans mes veines, et les faisait boullir. Certes, je savais que c'était de "bonne guerre", comme l'on disait, et que moi-même je n'aurais pas laissé passer cette oportunité d'écorcher encore un peu les nerfs de Rabastan, mais il n'empêche que j'étais présentement coincée dans un corps immobile, et que, lui, sale serpentard fier de l'être, était en position de force. Ce n'était finalement pas tant le fait d'avoir été imprudente et quelque peu naïve, mais surtout la conséquence d'une telle attitude : j'étais complètement et irrémédiablement à sa merci. Chose que j'avais par ailleurs du mal à digérer.

    Il m'étais aussi fort déplaisant de le sentir si proche, presque comme me tenant entre ses mains telle une poupée de chiffon, dont les bras ballants n’émettent pas la moindre opposition. II était hors de question qu'il ait l'avantage sur moi. HORS DE QUESTION ! Lui faire croire qu'il a le pouvoir : oui. Feindre la faiblesse pour parvenir à mes fins : oui. Lui donner le pouvoir sur moi-même : NON ! Etre en position de faiblesse avec lui me donnait l'impression d'être une de ces petites cruches stupides, naïves et dépendantes que l'on pouvait trouver en masse à Poudlard. Pour être honnête, ce genre de situations me faisaient peur. Très peur. Car c'était le reflet de mes propres angoisses, pour la simple et bonne raison que j'étais plus faible que lui. Chose qu'il était impossible qu'il réalise. Par tous les moyens, il me fallait cacher cette douloureuse réalité. Rabastan était plus fort, plus dangereux car moins humain - son humanité se rapprochait beaucoup de celles des créatures dont les armes naturelles s'employaient pour tuer et se nourir -, en effet Rabastan s'appliquait à répandre la douleur, la souffrance, et la crainte, dans un seul et unique but : s'en délecter.

    - C'que tu peux être sexy, quand tu t'enflammes comme ça, susurra-t-il à mon oreille en écartant une mèche de mes cheveux. Si je tue quelqu'un, tu tues aussi ? … Tu l'as déjà fait Gaël ? Ou ce sera une première ?, demanda-t-il, amusé.

    Son amusement ne déclencha pas le mien. Il trouvait ça drôle, mais ce n’était très certainement pas mon cas. Je l’aurais bien frappé, mais hélas mon corps immobilisé ne m’en donnait pas la possibilité. Alors, je le vis se rapprocher encore plus de moi, passer un bras derrière ma nuque, et ses doigts glissèrent de celle-ci à mon décolleté. J’aurais pu frissonner, trembler sous son touché si j’en avais eu l’occasion, mais j’étais destinée à subir cela sans me défendre, sans répliquer ou le provoquer à mon avantage. Une véritable torture. En outre, je savais qu’il dégustait ce moment avec un plaisir infini. Tant mieux pour lui, parce que ma vengeance sera terrible.

    - J'ai hâte de voir ce qui viendra après le plan Z... Un dernier avant que je ne reconnaisse officiellement ta déclaration de guerre ? demanda-t-il.

    Mais ce n’était pas vraiment une demande, car aussitôt qu’il eut prononcé les derniers mots, il s’empressa de les mettre en pratique. Avec fougue, presque violemment, ses lèvres prirent possession des miennes. Il ne m’embrassa pas, non. Il tenta d’imposer son désir, et ainsi il affirmait ce qu’il avait dit un peu plus tôt : j’étais à lui. Du reste, il scella délicieusement le début des festivités. Cependant, mon esprit était resté bloqué sur ses dires. Moi...tuant quelqu’un. Pourquoi cela me paraissait si peu naturel ? La plupart des serpentards ayant bénéficié de la même éducation que moi, que Rabastan, que Narcissa même, n’était en rien répugné par cet acte interdit. Tuer quelqu’un, lui oter la vie définitivement...le regarder dans les yeux et le voir s’éteindre en se sachant en être le coupable... y arriverais-je ? Je le devais. A quoi bon avoir fournis tous les efforts du monde pour me fabriquer un masque, si celui-ci tombait en miette devant la moindre difficulté ? J’étais assez forte pour ça. Je le ferais, il le fallait. Pour lui prouver que j’étais aussi cruelle que lui, que j’étais à la hauteur.

    -Enervatum, lança-t-il dans ma direction.

    Il recula alors de quelques pas, mettant de la distance entre nous deux. Il valait mieux en effet car j’aurais sûrement été capable de le gifler. Geste que je n’avais jamais osé faire par respect pour lui, car Rabastan s’était toujours retenu avec moi, quand bien même dans des situations où je l’aurais mérité. Je me relevai, libérée de son emprise sur moi, et le regardai fixement, froide, tremblante de rage.

    - Tu n’aurais pas dû....lançai-je, acide.

    Je m’avançai vers lui, et posai une main sur son torse, les yeux plongés dans les siens.

    - Que le meilleur gagne, n’est- ce pas ? Mais je ne te souhaites pas bonne chance mon chéri - j’approchai mes lèvres des siennes en lui soufflant ses mots avec ironie, puis après les avoir imperceptiblement embrassées, je me reculai de quelques centimètres - ... nous savons tous les deux que la chance n’a rien à voir avec ça...

    Il murmura alors quelques mots que j’eus du mal à saisir.

    - Ut in praelio chaos, fit-il.

    Je savais que c’était la devise de sa famille, pour l’avoir souvent entendu sortir de sa bouche. Cependant, je n’en connaissais pas la signification. Peu importait, la guerre était déclarée, et je n’avais nullement l’intention de renoncer à la victoire. Reculant de quelques pas, je lui adressai un dernier regard et montai les escaliers. Au petit matin, la bataille pourrait commencer ...



FIN
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"La lutte du pouvoir dans un couple est sans pitié" [ Rabastan ♥ ] TERMINE

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