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« Baby running after you is like chasing the clouds » ♥ SAPHYR

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MessageSujet: « Baby running after you is like chasing the clouds » ♥ SAPHYR Sam 9 Nov - 15:26

Sasha & Zéphyr  

© Ecstatic Ruby


La cape en velours rouge bordée d’hermine glissait dans les couloirs froids de Poudlard. Zéphyr titubait, sa coupe en or dans la main, presque vide à nouveau, mais il ne pourrait plus la remplir. Il était minuit passé, et il avait quitté la Salle sur Demande, laissant la fête des Maraudeurs et donc la moitié du château derrière lui. Il était content, il avait laissé le château entre de bonnes mains, d’excellentes mains, même. Les quatre Maraudeurs n’avaient fait aucune erreur, tout avait été parfait, Elijah et lui n’auraient pas fait mieux. A vrai dire, il était soulagé ; il se serait senti honteux d’avoir confié la garde de la maison des Lions à quatre idiots. Mais non, ce n’étaient pas quatre idiots ; ou peut-être qu’ils l’étaient, mais en tous cas ils géraient bien leur business. D’ailleurs, il faudrait qu’eux aussi, passent le flambeau. Ils n’étaient qu’en sixième année, mais Zéphyr s’en souvenait clairement, c’était à cette période-là qu’ils avaient commencé à y songer. L’heure de la fin approchait à grand pas, et tous comme eux s’étaient vu confier le poste par leurs prédécesseurs, Elijah et Zéphyr en avaient discuté. Et tout s’était déroulé à la fête post-ASPIC de leur septième année : évidemment, les Maraudeurs avaient été invités, et quand tout le monde était parfaitement bourré, ils avaient fait leur grande annonce : ils descendaient de leurs trônes, pour les laisser aux Maraudeurs. Il faudrait rajouter deux sièges vu qu’ils n’étaient pas deux comme Elijah et Zéphyr, mais quatre (James, Sirius, Remus et Peter, rappelons-le) ; mais vu que les trônes n’étaient pas exactement réels, ça ne posait pas vraiment problèmes. Bizarrement, tout le monde était sous l’emprise de l’alcool, mais tout le monde avait compris. Les rois abdiquaient pour laisser place à du sang frais, et surtout, tout le monde s’en souvenaient. De toute façon, ils n’avaient pas été choisis pour rien, tout le monde le savait, ils étaient faits pour ce rôle. Zéphyr, donc, ne regrettait pas. En plus, cette soirée lui avait prouvé qu’il n’avait pas non plus été oublié. Habillé en roi, les filles étaient tombées comme des mouches, les garçons bavaient de jalousie, bref il était toujours puissant, et ça lui avait plaisir de le savoir.

Mais Zéphyr avait quitté la fête. Il avait laissé son meilleur ami aux mains de multiples jeunes demoiselles (parce que bien sûr, on se souvenait de lui aussi), et sa meilleure amie aux mains de  … était-ce Sirius Black ? Zéphyr interrompit sa marche dans le couloir du septième étage : qui était donc la personne à côté de laquelle était Requiem quand il l’avait quittée ? Un garçon, pour sûr, aux cheveux bruns, peut-être un peu longs, comme ceux de Sirius. Sirius qui était, soit dit en passant, un animagi chien (et pas très beau, le chien, genre noirs à larges crocs, avec de la bave et des puces) qui était lors de la soirée déguisé en … était-ce en cerf ? A vrai dire, Zéphyr n’avait pas réellement compris, ni d’ailleurs cherché à comprendre pourquoi le Maraudeur avait choisi de se déguiser en son meilleur ami lors de leur fête. M’enfin, c’était eux les rois, maintenant, ils pouvaient faire ceux qu’ils voulaient sans que personne ne les contredise, c’était en tout cas comme ça que les choses fonctionnaient à leur époque. Zéphyr espérait qu’Elijah ne lui en voudrait pas, parce qu’ils étaient venus ensemble, mais Zéphyr était moins sûrs qu’ils repartiraient ensemble, et encore moins qu’ils passeraient la nuit ensemble. Mais il ne s’en faisait pas trop, Elijah n’était pas du genre asocial, il se trouverait bien quelqu’un avec qui finir la nuit – que ce soit dans un lit, dans la piscine, sur le billard ou dans un canapé.

Zéphyr passa devant le tableau de la grosse dame ; le cadre était vide. Ils étaient vraiment malins, c’était un sans-faute : pour pas que la gardienne de la Tour des Gryffondors ne remarque l’absence du trois quart des élèves et leurs constants vas-et-viens dans et hors de la salle, il l’avait envoyé autre part. Peut-être s’en sortiraient-ils sans même écoper de la moindre heure de colle, finalement. Où était-elle, alors, cette grosse Dame ? Zéphyr la trouva deux étages plus bas, dormant paisiblement aux côtés d’un lutin – ou d’un Leprechaun comme vous préférez – qui lui aussi ronflait tranquillement, apparemment alcoolisé. Il aurait voulu la réveiller, pour lui dire bonjour, mais c’était non seulement mauvais pour lui, mais aussi pour toutes les personnes invitées à la fête des Maraudeurs. Zéphyr passa donc son chemin. Il porta sa coupe en or à sa bouche une dernière fois, avalant la dernière gorgée de whisky pur-feu d’une traite. Mais il ne voulut pas jeter la coupe, d’abord pour la même raison que celle énoncée précédemment, mais aussi parce que c’était un beau souvenir. Zéphyr était un collectionneur, il avait un sac rempli de trucs qu’il n’avait juste pas envie de jeter parce qu’ils représentaient tous quelque chose, même s’ils n’étaient que pacotille.

Bref, bien que complètement bourrée, ou peut-être était-ce à cause de ça, d’ailleurs, Zéphyr avait une idée en tête. Ca faisait deux heures que ça lui trottait dans la tête (il préférait se dire que ça faisait deux heures plutôt que deux semaines) et vu qu’il n’arrivait pas à la noyer dans l’alcool, il se décida à la concrétiser. Il allait descendre jusqu’aux cachots et il allait chercher Sasha. Il n’avait pas exactement de plan, mais il allait le faire. Il y avait réfléchit toute la soirée, et ça ne pouvait pas se passer autrement, il fallait qu’il la voie. L’occasion était unique, rare, et ne se reproduirait pas : ils étaient dans le même château, et encore une fois, c’était complètement imprévu, ou du moins même s’il savait qu’il risquait de la croiser, il n’était pas allé à Poudlard pour elle. Encore un hasard, alors ; sauf qu’ils ne s’étaient pas croisés, et Zéphyr ressentait ce besoin de pousser le destin ; ce besoin de la voir. Elle l’obsédait, n’importe quand à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, il pouvait voir, sentir, entendre ou ressentir quelque chose qu’il lui ferait penser à elle. Ça le prenait, il ne pouvait rien faire pour le contrecarrer, il était forcé à subir cela. Il avait banni le chocolat de ses menus pour la simple et bonne raison que ça lui rappelait  toujours toutes les fois où il avait été avec elle. C’était insupportable, et il avait établi une théorie : il éprouvait un certain manque de Sasha Vladmirova, ainsi s’il la revoyait, ça s’apaiserait. Bien sûr, cette théorie était toute aussi débile que celle du drogué qui se dit qu’il a besoin d’une dose d’héroïne pour continuer son sevrage correctement, mais il ne pouvait s’en empêcher ; Sasha, justement, était comme une drogue. Une fois qu’il y avait goûté, il n’avait plus su s’en passer.

Requiem n’avait pas été contente d’apprendre qu’il avait posé un œil sur elle – et pas qu’un œil – et même s’il savait qu’elle avait raison, qu’il devrait fuir loin d’elle aussi loin que possible, il n’y arrivait pas. Bien sûr qu’elle avait raison, les meilleures amies avaient toujours raison. Mais elle ne comprenait pas ; d’ailleurs lui non plus ne comprenait pas, et ça l’énervait. Il devait la voir, lui parler, la toucher, et s’expliquer. Il arrivait aux cachots maintenant. Il ralentit le pas, sentant son cœur battre un peu plus rapidement qu’à la normale. Qu’est-ce qu’il fichait ?! Il pensait pouvoir rentrer comme ça dans la demeure des vipères ?! N’importe quoi, Ishak Zéphyr Aït-Malek, n’importe quoi, retourne dans la Salle sur Demande, ou retourne chez toi, mais ne t’aventure pas dans ce repaire pourri, d’où tu n’en ressortiras jamais.

Quelque chose bougea dans l’ombre. La première réflexion de Zéphyr fut de se demander s’il s’agissait d’un rat ; il n’était pas si loin, on final, c’était aussi un nuisible, mais d’une autre espèce. Un gosse d’à peine un mètre quarante, de la maison des verts et argents, se baladait dans les couloirs du château à minuit passé. Zéphyr qui s’était tapi dans l’ombre d’un pilier sourit de toutes ses dents. Il attendit que le petit passe près de lui pour lui sauter dessus, plaquant une main contre sa bouche. Rapidement, il porta sa main libre à son mollet, sous son pantalon, où était accroché un couteau assez ancien, type dague, qu’il saisit, laissant tomber la coupe en or au sol. Zéphyr se tenait derrière l’enfant, qui ne le voyait donc pas. Le pauvre, tout ce qu’il pouvait sentir c’était une main forte qui le tirait et le forçait à se taire, assortie d’une haleine digne du pire des ivrognes. Zéphyr porta son couteau sur la gorge du petit, l’enfonçant un peu sur la jugulaire. Bien sûr, il ne lui ferait rien, mais un peu de peur de faisait de mal à personne. Zéphyr colla son corps au gosse, posa sa tête sur son épaule, et murmura à son oreille :

« Ce n’est pas prudent de se balader dans les couloirs pendant la nuit, on ne te l’a pas déjà dit ? Je suis sûr que ton préfet ne serait pas très content … »

Le première année était mort de peur, en réalité. Il respirait fort, bavait sur la main de Zéphyr qui l’empêchait d’émettre le moindre son, et il tentait de ne pas bouger d’un millimètre, histoire que la lame d’argent ne lui rentre pas dans la jugulaire, vu qu’il ne devait pas tenir à se vider de son sang. A sa place, Zéphyr aussi aurait peur : si une personne bourrée et donc pas du tout maîtresse de ses moyens, complètement déséquilibrée et violente l’attaquait en plein milieu de la nuit dans un couloir où personne ne pouvait le retrouver … non, il ne serait définitivement pas rassuré. Mais ça ne l’empêchait pas de se délecter de ce moment.

« Mon petit, tu vas bien gentiment rentrer dans ta tanière sans parler à personne, sans te retourner, et tu vas trouver Sasha Vladmirova, et tu vas lui dire de monter au plus vite dans la tour d’Astronomie. Si tu ne le fais pas, ou même si tu ne la trouves pas … Oh, eh bien disons que moi … je te trouverai ! »

Zéphyr avait prononcé ces derniers mots d’un air méchant, presque machiavélique, et il avait surtout appuyé sur la lame contre la gorge du petit, histoire de marquer ses mots. Puis, il l’avait lâché, comme on lâche un taureau dans l’arène. L’enfant avança droit devant lui, en courant presque, et tourna dans le couloir voisin, celui qui amenait à la maison des verts et argents. Et bien voilà, sans avoir de plan prévu, Zéphyr était parvenu à ses fins. Bon, il n’était pas sûr qu’elle viendrai, mais il était certain que le petit allait délivrer le message. C’était un Serpentard, il était donc plus résistant qu’un Poufsouffle, c’est vrai, mais Zéphyr avait fait son petit effet, le petit irait à coup sûr trouver Sasha, et ferait même en sorte qu’on aille la chercher pour lui si elle était dans sa chambre, vu que les garçons n’avaient pas le droit d’entrer dans le dortoir des filles.

Zéphyr ramassa alors la coupe qu’il avait laissé tomber au sol, raccrocha sa dague à son mollet (il avait toujours une arme blanche et moldue sur lui, pour prendre par surprise, et oui, même à Poudlard, on ne sait jamais sur qui on peut tomber) grâce à une lanière en cuir, et il reprit sa route vers la Tour d’Astronomie, replaçant sa couronne correctement sur son crâne. Son regard se porta un instant sur sa main droite ; l’hirondelle qui y était tatouée n’aurait pu être plus calme. Pas de danger, donc. Zéphyr prit les escaliers magiques, qui lui donnèrent la nausée. Il dut en prendre trois différents, parce qu’ils étaient assez capricieux et n’amenaient jamais au bon endroit – Zéphyr l’avait presque oublié, et ça l’avait fait sourire de retrouver cet élément qui faisait du château Poudlard un endroit unique. Finalement, il parvint à la tour, passant silencieusement devant les appartements du professeur d’Astronomie monsieur Anderson. Pourquoi avait-il choisit cet emplacement comme lui de rendez-vous ? Certainement parce que Zéphyr ne connaissait pas d’endroit plus magnifique dans toute l’enceinte du château, et aussi parce qu’il connaissait Anderson, et qu’il se ferait certainement moins engueuler si on le trouvait là.

Zéphyr monta les escaliers en colimaçon qui menaient à la pièce principale, qui offrait une vue panoramique sur tout le parc, le lac, la forêt, mais aussi, si on levait la tête, sur les étoiles. Comme à chaque fois qu’il venait ici, Zéphyr était éblouit. Puis, un courant d’air traversa la pièce, le ramenant à la réalité, lui rappelant que tout était ouvert. Impossible, on était en Mars, il n’allait pas accueillir Sasha dans un endroit où il faisait si froid, lui ça ne le gênait pas il passait ses nuits dehors, mais la jeune fille, bien que biélorusse, était une princesse. Il attrapa sa baguette qui était accrochée à sa ceinture, et la tendit face à lui, et chercha dans sa mémoire un sort qui lui permettrait de bloquer l’air extérieur, de manière à créer comme une bulle de chaleur tout autour de la tour. Il trouva (Optimal en sortilèges, ça paye), et tendit la baguette face à lui ; il tenta une fois, deux fois, trois fois le sort, mais ça ne fonctionnait pas. Zéphyr avait la poitrine prise, la tête qui tournait, merci l’alcool. Il attrapa alors la coupe, la rempli d’eau (l’aguamenti était un sort beaucoup plus simple) et but de longues gorgées. Ça lui fit du bien, mais ça ne parut pas suffisant, il se sentait toujours pris, à la gorgée. Il frappa alors sa poitrine de son poing, et laissa échapper un rot. Mieux vaut dehors que dedans, et avant que Sasha arrive plutôt que quand elle était là. Il se sentit tout de suite mieux, et réussit son sort parfaitement. Puis, il décida aussi qu’il était mieux qu’on ne les entende pas, même s’ils ne feraient que parler ; il équipa alors la pièce d’un nouveau sort qui empêchait le moindre son d’en sortir.

Zéphyr n’avait plus rien à faire, maintenant, sauf attendre Sasha. Il s’accouda aux barrières de la tour, plantant son regard chocolat dans les étoiles. Vu de dos, on aurait dit une personne complètement différente.  Il avait sa longue cape en velours rouge, bordée d’hermine, ses petites talonnettes rouges, sa chemise a dentelles, sa couronne. Il avait laissé le sceptre quelque part dans la salle sur demande, comme offrande à qui le voulait. Mais si on le regardait de face, Zéphyr était toujours le même, avec les joues carrément rosies par l’alcool. Ses lèvres étaient gercées par les heures passées à dormir dans le froid, ses yeux étaient toujours aussi perçants, bien qu’embués – autre effet du whisky pur feu – et il était toujours aussi mal rasé. Ses cheveux étaient encore mouillés du saut qu’il avait fait avec Requiem dans la piscine, ils étaient donc presque aussi emmêlés que ses sourcils.

Qu’allait-il faire, une fois que Sasha serait arrivée, qu’avait-il prévu ? Absolument rien, il voulait juste la voir, éclaircir leur situation. La dernière fois qu’ils s’étaient vus, elle venait de perdre son frère. Ils s’étaient engueulés, il avait appris qu’elle était promise en mariage à Rabastan Lestrange, elle avait mis son t-shirt superman, tandis que lui portait son boxer Batman. S’étaient-ils même embrassés ? Zéphyr avait la mémoire floue, mais là, dans la tour d’astronomie, il se disait que non. Ils s’étaient sautés dessus dans les toilettes des trois Balais, ça il s’en souvenait, et ils s’étaient couchés côte à côte dans son lit soit disant deux places, s’endormant dans les bras l’un de l’autre, avant qu’elle ne le quitte, alors que lui dormait profondément. Elle lui avait laissé un petit mot, lui disant de l’oublier, comme si c’était simple. Comment est-ce qu’il était censé oublier une nana qui avait débarqué dans sa vie bousculant tout sur son passage, et est-ce que elle, elle y était parvenue ? L’avait-elle oublié ? Zéphyr commençait à stresser, maintenant. Sa jambe droite tremblait frénétiquement, il avait terriblement envie de s’allumer une cigarette. Malheureusement pour lui, il n’avait rien amené, ni tabac ni herbe, ni même briquet, de peur de se faire voler. Et Sasha ne fumait pas, il n’allait pas encombrer la pièce d’air impur si elle ne le supportait pas. Et si elle ne venait pas ? Après tout, pourquoi sortirait-elle de son lit pour un rendez-vous mystère ? Pourquoi obéirait-elle à un gamin de onze ans ? Le garçon se sentait idiot de penser à tout cela, mais il ne pouvait s’en empêcher. Il essaya un instant de songer à autre chose, comme à la beauté des étoiles qu’il avait sous les yeux, mais ça ne fit que lui rappeler la beauté de Sasha, c’était donc peine perdue.

Zéphyr fut interrompu dans ses pensées par des bruits de pas dans les escaliers. Comme n’importe quel adolescent en chaleur, il sentit son cœur s’accélérer dans sa poitrine. Evidemment, l’hirondelle sur sa main se mit à battre des ailes, mais elle paraissait lassée : elle faisait cela pour rien, Zéphyr n’aurait pas peur, pas de Sasha, en tous cas. Il ne songea pas un instant que les bruits puissent être ceux d’une autre personne que la biélorusse : c’était elle, c’était forcément elle. En effet, elle débarqua dans la pièce quelques instants plus tard, dans toute sa splendeur. Ses vêtements n’avaient rien à voir avec ceux qu’il avait admiré la dernière fois qu’il l’avait vue : elle n’était plus en robe chic mais en jean avec un pull ; néanmoins, ça lui allait tout aussi bien. Ses longs cheveux roux étaient attachés dans une haute queue de cheval, dégageant les traits de son visage, et ses yeux gris-verts brillaient dans le noir. Retenant un soupir de soulagement, Zéphyr s’était retourné nonchalamment vers elle, avait passé la langue sur ses lèvres, et avait fini par dire :

« Surprise. »

______________________

« LA DIFFICULTÉ N'EST PAS DE GAGNER DE L'ARGENT. LA DIFFICULTÉ EST DE LE GAGNER EN FAISANT QUELQUE CHOSE QUI EN VAILLE LA PEINE »
♘  .ReedNight & L'Ombre du Vent ♥
   
Ishak Zéphyr Aït-Malek


Dernière édition par I. Zéphyr Aït-Malek le Lun 23 Déc - 21:27, édité 1 fois
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7ème année ϟ Durmstrang


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MessageSujet: Re: « Baby running after you is like chasing the clouds » ♥ SAPHYR Sam 9 Nov - 22:12


j ‘ a i m e    p a s    l e s   s u r p r i s e s .




Trois mois, dans trois miséreux mois c’était la fin de l’année, le début des ASPICS et l’ouverture ou non sur la vie d’adulte, sur les études plus longues. Sur le métier de médicomage. Mais pour pouvoir prétendre à cela il faut avoir des notes Optimal, des résultats exceptionnels et pour y arriver le talent ne suffit pas, d’accord, quand on est surdouée ça aide un peu, avoir une faculté à comprendre et à retenir les choses rapidement est un atout non négligeable, mais encore une fois sans travailler, on a rien. Cela, Sasha le savait, et si depuis trois jours elle ne dormait quasiment pas de la nuit ce n’était pas pour rien, ces dernières semaines elle n’avait pas eut la tête à travailler, pas l’envie de réviser des choses qu’elle connaissait pour la plupart déjà. Répéter encore et encore des sortilèges qu’elle maîtrisait à Durmstrang ça en devenait lassant, mais tant pis, il fallait le faire et donc elle s’y collait, elle n’avait plus le choix. Elle empruntait aussi les livres de la réserve, demandait à avoir accès aux cours du mois suivant en faisant les yeux doux aux professeurs.. Plus, encore et toujours plus. C’était presque une obsession chez la jolie rousse cernée depuis quarante huit heures, il fallait qu’elle réussisse avec les meilleures résultats, c’était une condition pour entrer chez les médicomages, et aussi mais surtout pour que son père l’autorise à les rejoindre. Donc jusqu’en juin ce serait comme ça, elle en apprendrait plus et réviserait inlassablement ce qu’elle connaissait déjà, au point de pouvoir énoncer des composants de potions délicates en dormant et d’être capable de réussir des sortilèges pas accessibles aux élèves, en théorie. Perfectionniste ? Exigeante ? Et encore, ce n’est que la partie immergée de l’iceberg biélorusse, sa soif d’apprendre se trouvait être très certainement intarissable. C’était pour cela qu’elle se trouvait seule dans son dortoir, assise sur son lit baldaquin aux couleurs vertes et argents à écrire, lire, prendre des notes, relire encore, essayer des sortilèges dans le vent, répéter encore.. Alors que la plupart des serpents se trouvaient dans la salle commune à faire leurs soirées. Car c’était cette nuit que les quatre abrutis bouffondors donnaient la fête de l’année, là bas devait se retrouver tous les idiots du château, tous les petits inutiles qui se trouvaient drôles à boire et à chanter faux. Pitoyable, surtout aux yeux de tous les serpentards, qui évidemment n’avaient pas reçu d’invitation. Sasha avait entendu parler d’une damoiselle aux cheveux sombres et aux couleurs argentés qui pourtant devait s’y trouver, mais bon, elle s’en fichait en fait. La fête ne l’intéressait certainement pas. Le travail, vous vous souvenez ?

Petite pause, oui tout de même, être une acharnée ce n’est pas bon non plus. Même si au fond elle l’était, il fallait bien s’accorder des petits moments de répits, elle enfila donc un jeans – puisqu’elle ne portait qu’un débardeur blanc et un boxer pourpre – et descendit dans la salle commune pour voir ce qu’il s’y passait, il était vingt trois heures et presque tous les cinquième années et plus étaient là. Les plus jeunes avaient été purement et simplement jetés dans leurs dortoirs, certains avaient dû se sauver dans les couloirs pour la nuit, seulement les plus courageux. A savoir qu’ils ne sont pas nombreux à posséder cette qualité chez les verts et argents.

« Luz ! Enfin ! Il faut vraiment que tu lâches tes livres, tiens prend un verre ça te feras du bien. »

Pas le temps de dire non, celle qui était l’une des meilleures amies de la rouquine depuis déjà pas mal d’années agrippa la bosseuse par les hanches et l’entraîna avec elle dans un coin tranquille de la salle commune, là où seul l’Elite – composée de pas mal de russes – avait le droit d’aller. Sasha offrit quelques sourires à ses amis et à ceux de sa famille qui étaient présents – non ils ne sont pas TOUS consanguins – puis prit le shooter que lui tendait la jolie brune, pas le choix de toute façon. Puis elle n’avait pas envie de se battre, ni de refuser finalement, elle travaillait sans s’arrêter depuis près de trois heures, elle pouvait s’offrir vingt minutes de plaisir, non ? Elle critiquait le comportement des rouges et des autres pour ensuite faire pareil, mais ça restait différent puisqu’elle recommencerait à travailler juste après. Pas d’histoire, elle avala le contenu de son verre d’une traite, de la vodka, de la  vrai de chez elle, pas une pâle copie anglaise imbuvable. Leur whisky pur feu c’était du jus d’orange à côté de la vodka du monde magique russe. Et ça montait vite, surtout lorsqu’on n’avait pas beaucoup mangé, Sasha sentit sa gorge la brûler mais elle n’était pas au bout de ses peines, déjà la brunette remplissait à nouveau son shooter.

« Nasta ça suffit, je retourne étudier après. »

La brune, un tantinet alcoolisé, fit un regard pas content à son amie, fronçant les sourcils avec exagération car elle n’en était sûrement pas à son premier verre de vodka elle, puis après ses mimiques plutôt amusantes elle prit la parole pour littéralement engueuler Louvka.

« Oh ça suffit miss j’ai toujours besoin de travailler, tu vas les avoir tes ASPICS et avec sûrement les meilleurs résultats de la promo alors maintenant ça suffit, tu te tais et tu bois ! »

Cette fille était la seule à avoir l’autorisation de parler comme ça à la demoiselle Vladmirova – important de le préciser – à la limite les cousins de Sasha aussi peut être, mais ça restait un privilège accordé à très très peu de personnes. La biélorusse sourit d’ailleurs, puis soupira et vida docilement son godet, ce qui rendit le sourire à la septième année toujours accroché à son bras. Non définitivement elle ne voulait plus la laisser s’enfuir, Luz décida de se laisser faire du coup.. L’ambiance devait être bien plus dépravée dans la salle sur demande – le lieu n’était pas vraiment un secret – ici il fallait se montrer un minimum digne, du moins face aux autres groupes, l’Elite justement se montrait calme, puis une partie n’était pas là, égarée dans le château à faire peur à quelques perdus, ou dans leurs dortoirs à prévoir des plans machiavéliques et autres. Vraiment chaleureux les verts et argents. Les quelques jeunes qui tentaient d’approcher les plus vieux se faisaient renvoyer plus loin, un petit groupe de pimbêches se trémoussait dans l’espoir d’attirer quelques descendant d’une grande famille.. Pauvres petites choses aux noms pas assez célèbres, vouées à rien. Sasha, assise dans un confortable fauteuil n’écoutait plus les discussions de ses amis, elle regardait ces âmes avec mépris comme elle devait le faire, le port digne malgré une tenue décontractée, une once de tristesse au fond de ses prunelles. Elle changeait et se radoucissait, elle en avait parfaitement conscience, pour ressentir une telle empathie envers des gourdes qui en tant normal ne l’intéressait pas un seul instant, c’était qu’il y avait un sérieux problème. Et pas des moindres en plus. Elle se surprenait à ressentir de la compassion pour son entourage, à réaliser que le monde de vipère dans lequel elle vivait était froid et cruel, avant ça ne la choquait pas, pas tant, et elle aimait en faire partie. C’était un jeu très amusant où elle était persuadée de gagner, elle y avait sa place et personne ne pouvait la lui prendre, c’était un fait, mais ça ne la rendait plus si heureuse. Etait-ce à cause de la mort récente de son petit frère ? Peut être, peut être pas. En raison de l’annonce de ses fiançailles avec l’un de ses amis d’enfance ? Peut être, peut être pas. Parce qu’elle tombait amoureuse d’un petit bâtard alors que ça lui était interdit ? Peut être, peut être pas.. C’était un peu tout, un peu rien. La belle apprenait à voir au-delà de son petit monde, la princesse regardait par-dessus les murs de la forteresse et rencontrait le vrai monde, la vrai vie. Alors oui maintenant qu’elle y avait gouté elle en voulait plus, beaucoup plus. Elle le voulait lui. Stop ! Pas lui, pas maintenant et surtout plus jamais. Sasha vida son verre et ferma les yeux, elle ne devait pas penser à lui, c’était proscrit. Vivre lui était interdit.

Après un tour de passe-passe elle pût enfin quitter les griffes de son amie, elle l’abandonnait dans les bras d’un beau serpent qui tentait d’apprendre quelques mots russes, son accent anglais le rendait charmant, sa meilleure amie finirait la nuit avec. Ce soir elle devrait penser à lancer un sortilège autour de son lit, à moins qu’ils aillent ailleurs, elle verrait bien de toute façon. Ces deux là s’autorisaient des damoiseaux dans la chambre trois nuits par semaine, pas plus, et l’autre devait faire l’effort de se rendre sourde, aveugle, ou de partir. Ca marchait comme ça déjà à Durmstrang. Bien qu’ici la rouquine ce soit très nettement calmée, son amie elle, continuait de briser des cœurs, encore et encore, pauvres petits mortels entre ses mains habiles, ils étaient fragiles et manipulés, même là alors qu’elle était alcoolisée, elle contrôlait encore la situation avec l’anglais à l’accent chantant. Nastajia était un phénomène en puissance, une sang pure maligne qui irait loin, c’était certain. Rieuse et la tête un tantinet tournante à cause des quelques verres de vodka avalés, la biélorusse alla retrouva son lit et son travail, elle se couvra les cuisses avec la couette après avoir enlevé son jeans et continua d'étudier, avec moins d’efficacité certes, mais toujours autant d’ardeur.


***


« Lu..z.. Un.. gosse te de..mande dans.. la salle.. comm…mmh oui.. ça à l’air important.. vas y.. »

La porte s’était ouvrerte à la volée pour laisser passer deux corps plus ou moins collés et imbriqués, il y avait sa meilleure amie dans le lot. Du Nasta tout craché, trop occupée à mettre sa langue dans la bouche du damoiseau, elle avait fait passer le message à son amie par intermittence, avec des petits commentaires qui n’avaient pas leurs places, cela fit rire Sasha, qui ne pensa pas tout de suite au fait que c’était bizarre qu’un gosse la demande à minuit passé. Elle rangea rapidement ses livres, enfila un jeans et un pull car elle avait froid et se dirigea vers la porte en chaussette.

« Merci pour les interférences Nas’, j’ai compris l’idée quand même. »

Rapidement elle fut en bas et balaya la salle pour trouver le fameux gamin, que lui voulait-il au juste ? Elle se posait seulement la question, léger temps de retard, par contre elle fût réactive pour le repérer, une toute petite pièce de viande au milieu des grands méchants loups, il longeait un mur au ralentit et avait les yeux grands ouverts, il n'avait définitivement pas l'air à l'aise mais passons. La biélorusse alla à sa rencontre et lui parla sans ménagement, sans la moindre douceur.

« C’est toi l’insecte qui me cherche ? »

Pauvre enfant, elle ignorait qu’il venait d’être menacé juste avant, mais elle s’en douta très vite. Elle était observatrice ne l’oubliez pas, le petit chou était blanc comme un linge, plus pâle que Lev – à croire que oui c’était possible – et il avait une marque rouge dans le cou, comme si on avait appuyé quelque chose. Avec lenteur elle se rapprocha de lui et se pencha à quelques centimètres de son visage, il avait arrêté de respirer et ressemblait à une proie qui se fait détailler par le félin qui pourrait attaquer à tout moment.

« Qui t’as menacé ? »

Il n’avait toujours pas eut le temps d’en placer une, de délivrer son message ou quoi que ce soit. Il semblait prêt à pleurer et sa lèvre trembla, c’était encore plus sérieux qu’elle ne le pensait, le petit faillit l’émouvoir tant il avait l’air mal, elle en eut un frisson imperceptible. Le gamin finit par ouvrir enfin la bouche, mais il n’avait pas l’air de vouloir parler de son bourreau.

« Je.. Je.. Je ne l’ai pas vu. Il vous demande d’aller à la Tour d’Astronomie. Pitié vous devez y aller, si..sinon il.. »

Un coup il parlait en accéléré, il débitait plus qu’autre chose, pour ensuite hésiter et bégayer, affligeant, il fallait vraiment que la nouvelle génération apprenne à garder son sang froid car là c’était ridicule. Mais Sasha ne prit pas tant plaisir à se moquer finalement, il était apeuré, pourquoi ? A cause de qui ? Dans un sens elle voulait savoir et en même temps elle restait méfiante – normal – ce qui la fit trancher, ce fut finalement les larmes qui commencèrent à couler sur la joue du premier ou deuxième année, elle devait savoir qui en était responsable. Sasha soupira et se força à lui offrir un petit sourire agrémenté d’un clin d’œil, ensuite elle lui fit signe de partir, il retrouva des couleurs et sécha sa joue tout en partant en courant en direction de son dortoir, pauvre petite chose vraiment. Un drôle de sentiment naquit chez la rousse qui n’aurait jamais crut ressentir cela, elle voulait aller voir la personne responsable de ça pour l’engueuler et défendre le petit homme tout secoué. Oui, Sasha Vladmirova se découvrait une âme chevaleresque, un côté justicière improbable, à croire que le monde ne tournait plus rond. En tout cas elle était motivée et bien décidée, elle remonta donc dans son dortoir à vive allure et tâcha d’ignorer son amie qui prenait son pieds avec l’anglais, prit à la volée des chaussures et sa baguette, puis repartit aussi vite qu’elle était rentrée. Les deux amants ne l’a remarquèrent même pas. Sans un regard pour ceux encore présent dans la salle, elle enfila ses bottines sans talons, couleurs chocolat au lait et aux rayures briques et blanches, tout en marchant et en glissant sa baguette dans la poche arrière de son jeans délavé.
Pendant du trajet qui était quand même un peu long car la tour était juste à l’opposée par rapport au cachot – oui logique – elle déplia ses manches qui lui arrivèrent aussitôt à la moitié des mains, le pull en laine de style péruvien était trop grand pour elle mais au moins elle y était bien au chaud. Fin mars il ne faisait pas encore bien chaud en Angleterre et le château n’était certainement pas chauffé, pas les couloirs tout du moins, c’était trop grand. En grimpant les nombreuses marches, elle prit un élastique sur son poignet et noua ses cheveux tout ondulés en une haute queue de cheval, quelques mèches jouèrent les rebelles mais si elle devait se battre elle ne serait pas gêné par ses cheveux roux. Oui elle s’imaginait déjà affronter celui qui l’avait réclamé tout en haut de la Tour d’Astronomie à une heure si tardive. Qui ça pouvait bien être ? Pas un seul instant elle ne pensa à Zéphyr, d’abord parce qu’elle essayait tant bien que mal de l’oublier, mais aussi parce que ce n’était pas logique de penser qu’il pouvait être à Poudlard.

« Surprise. »

Pire qu’une surprise, Sasha s’était figée. Elle avait vu une silhouette se tourner, pivoter doucement pour s’arrêter face à elle, elle l’avait reconnu tout de suite. Malgré la nuit, la fatigue, le déguisement.. C’était lui, ça ne pouvait être que lui. L’odeur, il y avait de l’alcool, de la transpiration, du chlore de piscine, de tout et de rien, mais aussi son odeur, la sienne. Son parfum, la pièce en était imbibée. Et sa voix, ce regard et cette langue, c’était trop. C’était lui. Zéphyr, l’impossible était là tout sourire, tout content de sa surprise comme il venait de l’appeler. Il était fou, que faisait-il ici déjà ? Bon en fait logique, il était l’ancien roi des guignols roses et jaunes donc il avait dût être invité à LA soirée et être tout fier de se montrer et de pavaner, déguiser en roi en plus, la totale. Une fois son côté médisante rassasiée, elle se mit à réfléchir sérieusement, pourquoi avait-il fait ça ? Pourquoi lui avoir fait passer le message pour qu’elle le rejoigne ici à cette heure ? C’était du délire, dangereux et stupide, puis sans intérêt, le mot n’avait pas été assez clair la dernière fois ? Il fallait s’oublier, l’oublier. Sans s’en rendre compte elle avança pour s’arrêter à deux mètres de lui, tout au plus, parce qu’il fallait qu’elle voit mieux son visage pour vérifier, être sûre et certaine que c’était bien lui là en face d’elle. Ca semblait si peu réel, pourtant en effet il s’agissait bien de l’anglo-pakistanais dont elle tombait amoureuse. Oups pardon, dont très clairement elle était déjà amoureuse en fait. Régulièrement en révisant elle s’était surprise à faire des cœurs à la plume, des cœurs comme les gamines, et à carrément rêver de lui, puis à cauchemarder qu’il couchait avec la Rubi merdeuse là. Vraiment c’était grave. Il était là tout le temps, sous ses paupières lorsqu’elle les fermaient, dans son cœur qui s’était emballée à l’instant même où elle avait posé son regard sur lui, il la hantait, la suivait.
Sasha fronça les sourcils et secoua doucement la tête de gauche à droit.

« C’est une blague.. »

Son murmure se perdit dans la nuit, dans le vent qui aurait dût être froid en haut de cette Tour à la vue magnifique, il avait lancé un sort certainement pour bloquer de l’air chaud autour d’eux, malin. Mais vraiment pas intéressant, pourtant elle se mit à chercher tous les sortilèges possible pour faire cela, ridicule comme technique pour s’éloigner de la réalité, surtout qu’en attendant elle restait là debout face à lui, avec des cernes sous les yeux et la bouche entrouverte à cause de la surprise. Qui décidément n’était pas passée.

« Tu devrais retourner à la fête roi Zéphyr, ta place est là bas, pas ici. »

Les mots lui brulèrent les lèvres, elle tenta de les dire froidement, méchamment presque, mais elle n’était pas vraiment crédible, au fond elle n’avait qu’une envie, se blottir contre lui et sentir son corps chaud contre le sien. Luz rêvait certaine nuit de ce qu’elle pourrait lui faire si elle avait l’occasion d’en passer une avec lui, et voilà que l’occasion se présentait, c’était trop beau, trop beau mais parfaitement interdit. Alors tant pis. Elle devait se frustrer, encore, souffrir pour lui, pour sa sécurité, et pour la sienne également. Sans plus de cérémonie, elle tourna les talons et se dirigea d’un pas ferme et décidée vers la porte, pour lancer à la volée, sans se retourner.

« Trouve toi une autre idiote pour passer la nuit, tu devrais y arriver sans trop de difficultés. »

Déjà elle sortait de la Tour, juste après sa réflexion de rageuse. Regrettant d’être venue, elle avait complètement oublié le gamin apeuré et préférait encore écouter sa meilleure amie se taper un mec dans le lit d’à côté plutôt que d'être ici. Rester avec lui était trop dure, trop bon. Elle devait fuir avant de se perdre, avant de tomber encore plus bêtement amoureuse de ce bâtard au charme fou.


Dernière édition par L. Sasha Vladmirova le Dim 8 Déc - 19:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Baby running after you is like chasing the clouds » ♥ SAPHYR Dim 10 Nov - 13:05

Sasha & Zéphyr  

© Ecstatic Ruby


Depuis la dernière fois que Sasha et Zéphyr s’était vus, le garçon avait un nouveau tatouage. Sur son torse, au niveau de ses côtes, il s’était fait écrire par la plume magique de Jangor dans un style un peu gothique : « a pirate’s life for me ». Zéphyr avait eu, comme tout enfant certainement, cette passion pour les pirates quand il avait six ou sept ans. C’étaient des hommes puissants qui vivaient dans un univers complètement différent du sien, celui de la mer (et Zéphyr ne savait pas nager, ça les rendait ainsi à ses yeux encore plus forts) qui étaient riches et qui effrayaient tout le monde. Ils avaient des armes, personne ne leur dictait ce qu’ils devaient faire – c’était bien le but d’être pirate et pas corsaire – et ils vivaient des folles aventures tous les jours. Ça faisait longtemps que Zéphyr songeait à se faire tatouer quelque chose en leur honneur, et il s’était décidé la nuit où Sasha l’avait laissé seul dans sa chambre d’hôtel. Enervé, il était allé voir Jangor, exigeant un dédommagement pour ce qu’à cause de lui, il vivait – parce que c’était bien plus facile de rejeter la faute sur son ami plutôt que de se dire que c’était peut-être la conséquence de ses actes à lui. Jangor avait néanmoins refusé de mettre la moindre magie dans ce tatouage, pas sans quelques gallions en retour. Zéphyr avait donc opté pour un tatouage simple, mais lourd en signification. La vie qu’il menait n’était en effet pas très éloignée de celle des pirates de son enfance : il voguait dans un monde de vols et de magouilles, n’obéissait pas à une seule personne, il se contentait de recevoir de l’argent de plusieurs hommes d’affaires pas très nets, et il buvait beaucoup. Et comme chaque pirate, il avait toutes les femmes qu’il voulait.

Il avait fallu une trentaine de minutes à Jangor pour finir le tatouage, et il était trois heures du matin. Zéphyr avait enchaîné cigarette sur cigarette, bien que ça soit complètement contraire au règlement du salon de tatouages, et il avait usé de son temps avec InkCrow pour tout lui raconter, tout ce qui s’était passé entre Sasha et lui, et il avait fini son monologue par : « Alors tu vois Jang’, j’adore ta femme, mais la prochaine fois qu’elle a des prémonitions sur mon futur, fait en sorte qu’elle les garde pour elle, je suis vraiment dans la merde maintenant » ; là encore, il rejetait la faute sur son couple d’amis, parce que se dire qu’il aurait de toutes façons pu recroiser un jour ou l’autre Sasha même sans leur intervention était bien trop difficile à supporter. Mais Jangor avait acquiescé, pour une fois il s’était rangé du côté de Zéphyr, et il avait même ajouté : « Tu ne dois plus la voir, Zéphyr. Elle ne pourra t’apporter que des mauvaises choses ». Pas besoin de lui dire, il le savait déjà. Mais Sasha lui faisait aussi ressentir quelque chose qu’il n’avait jamais ressenti, et il avait l’impression que personne d’autre qu’elle ne pourrait jamais lui apporter ce sentiment. C’était comme si depuis qu’elle avait débarqué dans sa vie, toutes les autres filles avaient disparues, pour lui laisser la place entière dans son cœur. Vous connaissez ce sentiment ? Zéphyr, lui, n’avait pas envie de le connaître, pas tout de suite en tous cas, pas si vite. Il avait dix-neuf ans, il avait toute la vie pour tomber amoureux, et il avait fallu que ça tombe maintenant, et de cette nana.

De toute façon, personne n’était pour le fait que les deux continuent à se voir. Le clan Vladmirova était prêt à tuer  pour ne pas que ça se reproduise, Zéphyr était persuadé que Jangor avait un sortilège vaudou en stock pour virer Sasha de sa mémoire, et d’ailleurs ni Sasha ni Zéphyr ne voulaient continuer. Et pourtant, ça continuaient. Ils se voyaient, encore et encore, et le garçon ne savait pas comment il pourrait arrêter cela un jour. A peine avait-elle débarqué dans la Tour d’Astronomie que son cœur s’était mis à battre à tout rompre, comme s’il avait été éteint depuis deux semaines, quand Sasha l’avait quitté, débranchant le courant. Hallucinant l’effet que lui faisait cette fille.

« C’est une blague.. »

Apparemment, Sasha n’était pas une grande fan des surprises, et d’après la tête qu’elle avait faite en voyant Zéphyr dans la Tour, elle ne s’était pas doutée une seconde que ça pouvait être lui qui lui avait ordonné de sortir de sa tanière pour le rejoindre là-haut. Elle avait fait vite, ça faisait à peine quinze minutes qu’il était dans la salle d’Astronomie et elle était déjà arrivée. Zéphyr se demandait qui elle avait pensé que c’était, à part lui. Qui aurait pu lui donner rendez-vous dans un lieu si étrange du château alors que le trois-quarts des gens était dans la salle sur demande, et l’autre quart enfermé à geindre dans la salle commune des verts et argents ?  Sasha avait-elle tant de personnes dans sa vie susceptibles de lui donner un rendez-vous nocturne tel que celui-ci ? Lui, il en avait beaucoup, mais c’était parce que sa vie se passait souvent la nuit. Rendez-vous avec des maîtres du mal, des tatoueurs vaudous ou des moldus dealers, ça pouvait lui arriver à toute heure de la nuit. Sasha n’avait que ses multiples amants à  voir une fois la nuit tombée, alors évidemment qu’elle s’attendait à tous sauf à lui. Pourquoi aurait-il été là, dans le château, c’était certainement le dernier endroit où elle s’attendait à le voir. Et pourtant il était là, pas son stupide français, pas son futur mari, mais bien lui, le bâtard déguisé en roi.
Zéphyr avait esquissé un sourire en l’entendant parler à nouveau, s’attendant à ce qu’elle s’avance vers lui, ce qu’elle ne fit pas, ce qui effaça immédiatement la moindre trace de gaité sur son visage. Qu’avait-elle ? Comptait-elle vraiment faire semblant qu’il ne se passait rien, entre eux ? Ou alors, était-elle parvenue à l’oublier, comme elle avait prévu de le faire, était-il le seul à ressentir ce qu’il ressentait ? Non, impossible, il ne s’était pas imaginé tout cela tout seul, elle devait forcément éprouver quelque chose pour lui aussi, sinon c’était horrible, il serait tout seul dans ce bateau de la misère. Et pourtant, à son comportement, et à ses dires, elle n’en n’avait rien à faire de lui. Déjà, elle s’éloignait de lui, et disait :

« Tu devrais retourner à la fête roi Zéphyr, ta place est là-bas, pas ici. »

Elle avait employé son fameux ton froid, supérieur, de sang-pur. Zéphyr détestait ce ton de princesse qui se croyait supérieure à tout le monde. Comment pouvait-elle mieux savoir que lui où était sa place ? Il n’avait plus envie d’être à la fête des Maraudeurs, il voulait être avec elle, sinon il n’aurait pas fait tout cela pour qu’elle vienne à lui. Elle était méprisante, hautaine, arrogante, tout ce que Zéphyr haïssait. Et pourtant, il n’arrivait pas à la détester. Ou alors il la détestait tellement que ce n’était plus de la haine, et à un pas de la haine il y avait … l’amour. Déjà, elle se retournait, repartait vers les tréfonds du château de Poudlard, laissant un Zéphyr énervé derrière elle.


« Trouve toi une autre idiote pour passer la nuit, tu devrais y arriver sans trop de difficultés. »

Merlin, n’avait-elle pas d’autres insultes que celle d’homme à femmes à lui proposer, ça commençait réellement à tourner en rond et à l’énerver – et énerver un homme bourré n’était vraiment pas une bonne idée. S’il voulait une autre idiote il serait resté dans cette fameuse salle sur demande, il y en avait plein qui ne demandaient que son corps, et vous savez quoi, en bonus il y avait même des chambres. Mais c’était elle qu’il voulait, et c’était elle l’idiote qui faisait l’autruche à ne pas vouloir voir ce qu’il se passait. Merlin, ce qu’il détestait les Serpentards qui ne faisaient jamais face à leurs responsabilités. Les serpents fuyaient, et Zéphyr avait eu le culot de penser que Sasha aurait pu être un peu différente, sous prétexte certainement qu’elle était russe, ou biélorusse, ou ce que vous voulez. Mais pas du tout, elle était la même que n’importe quelle vipère à s’éloigner du danger dès qu’elle le voyait s’approcher. Il roula des yeux, souffla en la voyant passer la porte, hésita quelques instants, et agi comme n’importe quel Gryffondor : il suivit son instinct. A peine avait-elle passé la porte que de nouveau qu’il avait senti son cœur ralentir, et il le préférait vivant, battant à tout rompre, alors il l’avait suivi, sentant sa colère monter à toujours devoir aller la chercher sans jamais qu’elle vienne à lui, Dame Fuyante. Il avança à pas vifs vers la porte, sa cape traînant derrière lui, l’ouvrit, et vit Sasha s’éloigner au fond du couloir. En quelques foulées il l’avait rattrapée, de toutes façons il l’aurait poursuivie dans tout le château s’il avait fallu. Il l’attrapa par le bras, la forçant à lui faire face. Il fit, d’une voix qui se voulait murmurante, mais visiblement énervée :

« Ça sert à quoi que j’équipe la tour d’un sortilège pour que personne ne puisse nous entendre si tu m’obliges à te gueuler dessus ici ?! T’es chiante putain ! »

On aurait pu croire qu’il rigolait, quand il disait ça, mais ce n’était pas le cas du tout, il était on ne peut plus sérieux. Sa couronne glissa sur le côté, il la redressa et profita de cette micro seconde pour se reconcentrer. L’alcool faisait ressortir son côté gosse de rue un peu trop violent, et il ne fallait pas qu’il laisse échapper cela. Et pourtant, il n’avait qu’une envie c’était de  la prendre par le bras de de la tirer dans la tour. Il n’avait pas exactement envie qu’on les remarque ici, vu qu’il brisait mille et une lois du règlement de Poudlard en étant dans l’enceinte du château, et il n’avait plus l’âge de se faire engueuler par des professeurs ou de faire des heures de colles. Et il n’avait pas non plus envie d’infliger cela à l’élève parfaite qu’était sûrement Sasha, qui avait dû se prendre plus ou moins zéro heure de colle depuis le début de sa scolarité – le nombre de retenues que Zéphyr avait reçue était devenu incomptable. Mais elle ne faisait rien pour lui faciliter la tâche, et Zéphyr ne comptait pas lâcher des yeux son but, il était comme un chien avec son os, il ne rendait pas. Il voulait éclaircir la situation. Et puis il voulait aussi la serrer dans ses bras, plonger sa tête dans le creux de son cou, s’imprégner de son odeur, détacher sa queue de cheval et passer sa main dans ses longs cheveux, l’embrasser et lui faire l’amour, mais ça c’était une autre histoire. Elle lui faisait tourner la tête, et il voulait savoir si lui aussi lui faisait cet effet-là. Mais quelque chose lui disait qu’elle n’était pas prête à le suivre, qu’elle voulait quand même partir se réfugier dans les cachots, et si elle faisait ça, il allait péter un plomb, il l’avait, au moins pour une nuit, et il ne la laisserait pas s’échapper. Alors il prit sa main – c’est déjà mieux que son bras, et il la tira avec force vers la tour.

« S’il te plaît Sasha, fait pas ta princesse capricieuse, ne fuit pas, je veux te parler. »

Ils passèrent à nouveau la porte, pénétrant à nouveau dans l’antre du silence. Mais cette fois, il ne la laisserait pas partir : il la poussa à rentrer avant lui dans la salle, de sorte à passer après elle, et à bloquer la porte pour ne pas qu’elle sorte : il s’y adossa, et fut tenté une seconde de casser la poignée, mais il se dit qu’il faudrait quand même qu’il la rouvre, un jour, cette porte. Et de toutes façons quelque chose disait à Zéphyr qu’elle ne tenterait pas de sauter, vu son vertige (et la centaine de mètres qui la séparait du sol).
Zéphyr se décida ensuite à parler, parce que ce que disait Sasha, à part « je veux partir », n’avait pas grand intérêt pour faire avancer le dialogue. Plantant ses yeux chocolat dans les siens, il fit :

« Tu m’écoutes parler, maintenant ! Arrête de faire ta gamine à toujours fuir en permanence comme ça, tu fais face à tes responsabilités, parfois ? Putain mais tu me fais chier quand tu fais ça Sasha ! Tu crois que je suis complètement inconscient ? J’ai pris des tonnes de risques ce soir, et pas qu’en venant te voir. J’ai fait la fête avec mes meilleurs amis, c’était génial, et je me suis pas dit ‘tient, si j’allais voir Sasha, ça pourrait être marrant !’, je n’ai pas fait ça sans penser aux conséquences. Je risque beaucoup plus que toi en étant ici, et pourtant je suis là, c’est qu’il doit bien y avoir une raison, c’est sûrement que je n’ai pas envie de rester dans la salle sur demande, où, c’est vrai, des tas de nanas attendent le roi Zéphyr ! »

A nouveau, comme la dernière fois, qu’ils s’étaient vus, il gueulait. Il avait l’impression qu’elle avait une image de lui complètement différente de la réalité, et ça ne lui plaisait pas. Toujours adossé à sa porte, il continua :

« Aux dernières nouvelles, je suis majeur, j’ai le droit de choisir ce que je fais ou non. Alors déjà que ma mère a du mal à m’ordonner quoi que ce soit, ce n’est certainement pas toi qui va m’obliger à t’oublier si je n’en ai pas envie. Je sais, putain, je sais, que c’est dangereux, tout le monde me le répète en permanence, mais tu sais quoi, j’ai quand même besoin de te parler. Je veux savoir si je suis seul là-dedans. Apparemment oui, tu me parles comme si j’étais la dernière des merdes, comme si tu m’étais supérieure et je déteste ça Sasha, je ne suis pas un de tes sous-fifres, et j’espère que tu ne t’es pas servie de moi en me baisant, sinon je te jure que tu vas me le payer. »

Zéphyr ne plaisantait pas. Il n’était plus un Gryffondor de pacotille, maintenant. S’il s’était lancé dans des études, et s’il était devenu barman aux trois balais pour payer ses études, là il aurait été impuissant face à Sasha. Mais Zéphyr avait plongé dans la noirceur de certaines rues de Londres, beaucoup de personnes lui devaient des services, et s’il voulait commencer à lui ruiner la vie, il pouvait.  Personne ne se servait de lui, il avait un égo trop puissant pour l’accepter, seul l’inverse était possible. Et puis n’oublions pas que quand il disait cela, Zéphyr avait beaucoup trop d’alcool dans le sang, ce qui le faisait se sentir légèrement surpuissant. Zéphyr fit claquer sa langue, énervé, et fit, rapidement, fixant cette fois le plafond, pour éviter de l’incendier avec ses yeux.

« Alors pour une fois dans ta vie agis comme une personne courageuse et parle-moi plutôt que m’écrire des petits trucs sur des petits bouts de papiers. Arrête de fuir, ça me rend dingue. »

Dingue de toi Sasha. Encore plus. Encore plus dingue de toi, comme si c’était possible.


______________________

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MessageSujet: Re: « Baby running after you is like chasing the clouds » ♥ SAPHYR Dim 10 Nov - 15:18


j ‘ a i m e    p a s    l e s   s u r p r i s e s  ( p u t a i n s ) !




Deux par deux, elle dévalait les marches, il fallait mettre le plus de distance possible entre leurs deux corps, ce ne serait pas possible sinon. Elle passait ses nuits et ses jours à TOUT faire pour ne pas penser à lui, sans succès certes mais c’est l’intention qui compte, elle ne voulait pas abandonner, elle devait l’oublier. Et voilà qu’il se pointait comme une fleur dans le château, qu’il lui ordonnait carrément de venir dans la Tour d’Astronomie. Il s’attendait à quoi ? Qu’elle soit ravie et lui saute dans les bras ? Ce n’était pas possible, trop dangereux, trop ceci et trop cela. Trop merde ! Puis il était déjà trop près d’ailleurs, il l’avait rattrapé terriblement vite, à croire que l’alcool donne des ailes. Zéphyr lui agrippa le bras avec fermeté et l’obligea à se retourner, décidemment ce soir tout le monde voulait contrôler ses faits et gestes, ça ne lui plaisait pas. Mais là elle oublia de s’énerver, le contact, juste le fait qu’il pose sa main sur sa peau la fit frissonner, même si c’était brusque et maladroit, même si elle aurait dût lui crier dessus et le forcer à la lâcher..

« Ça sert à quoi que j’équipe la tour d’un sortilège pour que personne ne puisse nous entendre si tu m’obliges à te gueuler dessus ici ?! T’es chiante putain !   - entre temps il lâcha son bras pour lui prendre la main, plus sympa - S’il te plaît Sasha, fait pas ta princesse capricieuse, ne fuit pas, je veux te parler. »

Quand ses doigts se retrouvèrent prisonnier des siens elle frissonna un peu plus, sentant son pauvre cœur de princesse lui échapper, il battait si vite.. Et c’était pour lui, parce qu’il était là. Bon il était aussi en train de l’obliger à remonter les escaliers, et étrangement elle le suivit sans faire la moindre histoire, sans se débattre, comme une poupée bien docile. En fait, elle pourrait le suivre comme ça jusqu’au bout du monde, c’était ridicule, mais bien vrai, il aurait pût la tirer dans des escaliers beaucoup plus grands, menant bien plus haut. Elle serait restée. Parce qu’elle n’avait pas la force de fuir  une deuxième fois, il devait la trouver bien lâche à courir comme ça loin de lui, pourtant c’était plus dure, beaucoup plus douloureux de se sauver que de rester. Sasha tentait de faire un acte courageux, de se battre contre ses propres sentiments et il réduisait tout à néant. En arrivant en haut elle tenta une dernière fois de tirer en arrière, de le faire lâcher prise pour qu’elle court, court si vite cette fois qu’il ne pourrait la rattraper, ce fut un échec. Il l’a poussa directement dans la pièce et referma la porte pour ensuite se caler devant, techniquement elle ne sortirait donc pas par là, et jamais elle n’irait s’aventurer trop près de la fenêtre. D’accord elle était coincée, ça l’arrangeait en fait, mais bien sûr, elle n’allait pas l’avouer. La petite princesse biélorusse ne pouvait se résoudre à lui dire qu’elle était heureuse de le voir, qu’il lui avait tant manqué, qu’elle regrettait d’être parti dans la nuit la dernière fois, qu’il hantait toutes ses pensées.. Elle ne pouvait pas, ne devait pas. Lui voulait parler, très bien qu’il le fasse, mais ensuite qu’il l’a laisse partir, qu’il ne la touche plus et ne la retienne pas, elle ne résisterait sinon, elle devrait l’embrasser.

« Tu m’écoutes parler, maintenant ! Arrête de faire ta gamine à toujours fuir en permanence comme ça, tu fais face à tes responsabilités, parfois ? Putain mais tu me fais chier quand tu fais ça Sasha ! Tu crois que je suis complètement inconscient ? J’ai pris des tonnes de risques ce soir, et pas qu’en venant te voir. J’ai fait la fête avec mes meilleurs amis, c’était génial, et je me suis pas dit ‘tient, si j’allais voir Sasha, ça pourrait être marrant !’, je n’ai pas fait ça sans penser aux conséquences. Je risque beaucoup plus que toi en étant ici, et pourtant je suis là, c’est qu’il doit bien y avoir une raison, c’est sûrement que je n’ai pas envie de rester dans la salle sur demande, où, c’est vrai, des tas de nanas attendent le roi Zéphyr ! »

Il gueulait, enfin il lui criait dessus plus précisément. Sympa vraiment, à croire que ça allait devenir une habitude entre eux de se prendre la tête, un vieux couple déjà ? Un beau damoiseau pas content, appuyé contre une porte pour empêcher sa douce de fuir la réalité, et l’homme est alcoolisé dans l’histoire, il ne faut pas l’oublier. La princesse aussi, un peu, mais si peu en comparaison. Mais pour ses réactions à elle – possiblement démesurées – nous mettrons cela sur le dos de la fatigue.

« Aux dernières nouvelles, je suis majeur, j’ai le droit de choisir ce que je fais ou non. Alors déjà que ma mère a du mal à m’ordonner quoi que ce soit, ce n’est certainement pas toi qui va m’obliger à t’oublier si je n’en ai pas envie. Je sais, putain, je sais, que c’est dangereux, tout le monde me le répète en permanence, mais tu sais quoi, j’ai quand même besoin de te parler. Je veux savoir si je suis seul là-dedans. Apparemment oui, tu me parles comme si j’étais la dernière des merdes, comme si tu m’étais supérieure et je déteste ça Sasha, je ne suis pas un de tes sous-fifres, et j’espère que tu ne t’es pas servie de moi en me baisant, sinon je te jure que tu vas me le payer. »

Dommage ça aurait pût passer sans soucis, elle était prête à reconnaître que oui elle aussi perdait pieds à ses côtes, simplement qu’elle tombait amoureuse, ils auraient finit par s’embrasser, se sauter dessus et ensuite ils se seraient endormis l’un contre l’autre. Mais il l’avait menacé. Pourquoi avait-il fait ça ? Ah oui son égo surdimensionné, on parle toujours des verts et argents et de leur côté hautain, prétentieux.. Mais la fierté franchement pénible des gryffondors on oublie très souvent de la mentionner, et de la condamner. Zéphyr était fier, ça Sasha l’avait très vite comprit, puis l’alcool devait lui donner des ailes, et ses petites combines avec des mages noirs également. Elle ne le sous-estimait pas, il pouvait s’avérer un adversaire dangereux et très malin, c’était évident, rien qu’à repenser à la tête apeurée du mioche elle devinait qu’il n’avait pas dût être tendre. Les gryffons se la jouaient tous gentils par devant mais au fond, ils étaient tout aussi capable du pire que les serpents, ce n’était un secret pour personnes, néanmoins ce n’était pas leur élément, pas celui dans lequel ils étaient le plus à l’aise.
La biélorusse savait qu’il fallait prendre au sérieux la menace du beau brun, ce dernier semblait avoir oublié qui il menaçait justement. Pas besoin de son père, son frère ou de ses amis, elle savait très bien se défendre seule et pouvait le lui prouver si vraiment il y tenait. Qu’il tente de la blesser, il s’en mordrait les doigts. S’il était plongé dans le monde des mages noirs depuis un an, elle, elle baignait dedans depuis sa naissance, il ne fallait donc pas inverser les rôles, le véritable monstre, c’était elle.

« Alors pour une fois dans ta vie agis comme une personne courageuse et parle-moi plutôt que m’écrire des petits trucs sur des petits bouts de papiers. Arrête de fuir, ça me rend dingue. »

Très bien, il avait terminé ? Sasha était toujours à quelques mètres de lui, les bras croisés, elle l’avait écouté sans broncher, sans le couper, et si au départ elle n’avait fait attention qu’au fait que lui aussi semblait ressentir de vrais sentiments pour elle, maintenant c’était derrière. La rouquine était bloqué sur le fait qu’il l’avait menacé et qu’il pensait qu’elle s’était moquée de lui. Merde, elle lui avait dit à Pré-au-Lard qu’il comptait et que non elle ne lui avait pas mentit, elle n’avait pas cherché à le manipuler, au contraire. Donc là qu’il lui ressorte ça c’était trop. Elle prit une grande inspiration et ferma les yeux un court instant, ne pas céder à la colère, ou au moins essayer.

« Tu me parle de responsabilités et me traite de lâche, mais sais-tu ce que ça fait de voir tous ses idéaux voler en éclat à cause d’un putain de mec que le destin s’acharne à foutre sur son chemin ?! Tu crois que c’est facile ? Que j’ai le droit de tomber amoureuse de qui je veux hein ?! Et bien pour ton information non ! »

Pour ce qui était de garder son calme c’était fichu. Sasha avait décroisé ses bras et fit deux pas vers le beau brun, son regard s’assombrissait à vu d’oeil. Elle ne criait pas mais parlait fort, de plus en fort, la tension montait très clairement et ne semblait pas prête à redescendre, pas maintenant.

« Oui tu es majeur, tu es un grand garçon qui n’en fait qu’à sa tête et qui fou sa vie en danger ! Tout le monde te dit de rester loin de moi mais non bien sûr, tu dois justement faire l’inverse de ce qui est censé ! Tu es stupide Zéphyr. »

La fin ne fut pas un crie, mais c’était tout aussi violent. Elle l’engueulait et s’était rapprochée en parlant. Chose rare, ses yeux étaient entièrement rouge, couleur pourpre comme le sang, en temps normal ils se contentaient d’en être cerclés, mais là plus rien n’était logique de toute façon. Ses traits étaient tirés, les cernes sous ses yeux étaient encore plus sombres et ses cheveux semblaient plus clairs, comme si elle avait vieillit en quelques instants. Le sang de vélane qui coulait dans ses veines était en ébullition. Tout bouillonnait en elle, son envie de l’embrasser sauvagement, de lui arracher ses vêtements, tout comme celle de lui mettre une baffe pour ce qu’il venait de dire. Trop d’émotions contradictoire, enfin pas tant finalement, après tout de la haine à l’amour la distance n’est pas si grande, une trentaine de centimètre tout au plus, c’est ce qui séparait les deux corps amoureux.

« Tu aimerais que je te dise quoi..? Que c’est possible ? Je devrais regarder mon père droit dans les yeux et lui dire de ne pas s’en faire, que sa fille tombe juste amoureuse d’un bâtard élevé par une moldue ?! N’importe quoi..  – elle marqua une toute petite pause pour reprendre son souffle. - Et ne me menace pas Zéphyr, tu penses pouvoir me blesser ? Me briser ? Mais tu veux une nouvelle qui va te plaire ? C’est déjà fait ! Depuis que tu es entré dans ma vie plus rien ne tourne rond, tu influes sur tout, tu es là dans mes pensées, tout le temps ! Tu es comme une mauvaise herbe que je n’arrive pas à éradiquer, tu me suis, me hante.. C’est à en devenir complètement dingue. »

En parlant elle s’était cette fois éloignée du damoiseau, parce que sinon elle allait craquer – on ne sait pas dans quel sens mais craquer en tout cas – elle leva les bras au ciel une fois, regarda vers la fenêtre, puis vers lui, posa aussi une main sur sa poitrine.. Elle semblait essoufflée, presque épuisée. C’était dur de lui avouer cela, de balancer la vérité, mais ça faisait du bien, Merlin que ça soulageait. Sasha regarda vers le plafond et poussa un crie, de colère et de frustration, les poings serrés elle marchait dans la pièce comme un lion en cage, allant à gauche, à droite, elle devait mettre de la distance entre leurs corps, leurs âmes. Mais elle en était bien trop imprégnée, c’était trop tard. Ses pas finirent par l’amener contre un mur à l’autre bout, loin de la porte, elle s’y appuya et ferma les yeux, tentant de se calmer ce qui n’était vraiment pas une chose aisée. Une toute petite minute dût s’écouler, le dos collé au mur et la tête penchée en arrière – elle aussi contre la paroi donc – la jolie rousse retrouvait des couleurs, son visage était moins blafard et sous ses paupières, ses yeux retrouvaient leur teinte habituelle.

« Tu ne peux pas comprendre de toute façon, tu es libre, alors tu ne peux pas savoir.. »

La voix était un murmure maintenant, mais il l’entendait elle le savait. Doucement elle se redressa et ouvrit les yeux, elle le fixait avec beaucoup plus de douceur qu’auparavant mais elle restait froide, comme si elle voulait mettre encore plus de distance entre eux que les quelques mètres de la pièce. Mais bon elle allait devoir se rapprocher pour pouvoir sortir, car la porte était toujours dans son dos à lui.

« Ca suffit, tu as parlé comme tu le voulais et je t’ai répondu, fin de l’histoire. »

Cette phrase fût beaucoup plus froide que la précédente, comme résignée, la discussion était terminée – du moins c’était ce qu’elle espérait. Sasha s’approcha du beau brun avec une certaine crainte, elle n’était pas à l’aise contrairement à ce qu’elle voulait laisser croire, elle ne croyait pas en ce qu’elle disait tout simplement. Puis en se rapprochant elle s’ouvrait à un autre danger, celui de la proximité. A chaque pas son cœur battait plus vite et ses joues rougissaient, des papillons dansaient la macarena au creux de ses hanches et elle devait se faire violence pour ne pas courir en arrière, il fallait l’affronter et lui montrer qu’elle était bien décidée ! Oui on y croit tous. Donc tant pis, elle ne fixait que la porte, lui elle ne le regardait pas, surtout pas. Et quand enfin elle s’arrêta à un mètre environ de son corps, il fallut prendre la parole pour lui demander gentiment de bouger, puisqu’il était toujours adossé à la porte.

« Je dois partir. »

Voix mal assurée, regard fuyant.. Tu ne vas pas y croire Zéphyr ?
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MessageSujet: Re: « Baby running after you is like chasing the clouds » ♥ SAPHYR Dim 10 Nov - 18:56

Sasha & Zéphyr  

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Zéphyr se doutait qu'il ne devait pas être le seul énervé. Si elle avait réussi à le faire sortir de ses gonds – avec l'aide de l'alcool – il avait bien dû y arriver aussi. Il commençait à bien la connaître, maintenant, et il savait que certain sujets étaient tabous. Et il savait aussi qu'elle était comme lui : tel un chien de garde, elle détestait qu'on la menace, et elle sortait les crocs rapidement si on le faisait. Mais le garçon avait justement besoin de lui délier un peu la langue. Il préférait qu'elle lui gueule dessus plutôt que devoir supporter son silence, beaucoup trop fréquent en ce moment. Évidemment, ça ne manqua pas : il haussa la voix, et elle haussa la sienne en retour. Comme, un vieux couple, Sasha et Zéphyr se disputaient ; mais Zéphyr préférait les voir comme un couple passionné plutôt que comme un vieux couple. Mais était-ce vraiment mieux ? Le mot "passion" venait du grec "pathos", la maladie. Le couple serait-il donc affecté d'une pathologie ? Horrible à penser, n'est-ce pas ? Et d'ailleurs, Sasha et Zéphyr étaient-ils même un couple ? Il s'étaient vu en tout et pour tout à quatre moments différents de leur vie, cinq avec ce soir-là. Alors d'accord, leurs rencontres avaient parfois duré plusieurs heures, mais en soit il n'avaient partagé que peu de temps ensemble. Et pourtant, Zéphyr avait l'impression qu'il la connaissait par cœur et qu'il ne se lasserait tout même jamais d'elle. Elle faisait partie de sa vie, et avait, en l'espace de quatre rencontres, dépassé un bon paquet de personnes dans le classement de toutes ses connaissances. Comment ? La magie de Sasha et de l'effet qu'elle lui faisait, certainement. Mais bref, Zéphyr s'était énervé, et en réponse, il eut évidemment droit à une Sasha énervée, qui faisait ressortir son côté Vélane avec force. Ses yeux s'assombrirent, ses traits se durcirent, et elle dit  d'un ton qu'elle voulait calme, mais qui ne faisait que montrer la puissance de sa colère :

« Tu me parle de responsabilités et me traite de lâche, mais sais-tu ce que ça fait de voir tous ses idéaux voler en éclat à cause d’un putain de mec que le destin s’acharne à foutre sur son chemin ?! Tu crois que c’est facile ? Que j’ai le droit de tomber amoureuse de qui je veux hein ?! Et bien pour ton information non ! »

De nouveau, le cœur de Zéphyr s'arrêta. Si un un stade de supporters lors de la finale de la coupe du monde de Quidditch avait hurlé à côté de lui, il ne l'aurait probablement pas entendu. Toute son attention était focalisée sur la rousse et sur ce qu'elle venait de dire. Sa phrase se répétait dans sa tête, comme si elle n'avait rien dit d'autre que “Tu crois sur j'ai le droit de tomber amoureuse de qui je veux ?”. C'était ce mot, le mot tabou qu'il ne voulait pas prononcer à haute voix, qu'il hésitait même à penser parce qu'il ferait basculer tout son monde, il le savait. Mais Sasha l'avait dit, et ça avait eu pour simple effet de retourner le cœur de l'anglo pakistanais.
Sasha avait les yeux rouge sang, maintenant, et entièrement. Zéphyr le savait, ce n'était pas supposé arrivé ; Elijah avait lui aussi du sang de Velane qui courrait dans ses veines, et Zéphyr ne l'avait jamais vu comme ça, pas contre lui, en tous cas. Il l'avait vraiment touchée alors ? Tant mieux, c'était le but de sa venue ici. Il voulait l'ébranler, la faire réagir, lui faire comprendre que de toutes façons, quoi qu'ils fassent, qu'ils parviennent à s'oublier ou non, leurs actions auraient des conséquences. Il se félicitait d'y être parvenu, quel que soit l'état d'énervement de Sasha. Elle, il pouvait la gérer. Il pouvait recevoir ses insultes et ses menaces. Ce qu'il ne parvenait pas à accepter, c'étaient les sentiments.  

« Oui tu es majeur, tu es un grand garçon qui n’en fait qu’à sa tête et qui fou sa vie en danger ! Tout le monde te dit de rester loin de moi mais non bien sûr, tu dois justement faire l’inverse de ce qui est censé ! Tu es stupide Zéphyr. »

Bon, et bien ça c'était fait. Ce n'était pas la première fois qu'on lui disait, et le fait que ça sorte de la bouche de Sasha rendait ces mots beaucoup plus difficile à entendre, mais il était prêt à recevoir des coups, s'il le fallait. Il serra des dents et des poings, laissant passer l'insulte comme si elle n'était jamais arrivée. Et il le savait, elle n'avait pas entièrement tord. S'il avait été une personne normale, intelligente, il se serait enfui. Mais il préférait agir stupidement plutôt que de s'éloigner de Sasha, c'était contre son gré, et même s'il y mettait toute ses forces, il avait compris qu'il n'y arriverait pas. Il avait essayé de se débarrasser d'elle, pendant deux semaines interminables il avait tenté de l'oublier, mais il n'y était pas parvenu, pas du tout même, ça avait même empiré au fil des heures. Alors il avait arrêté d'essayer, il s'épuisait à le faire alors que ça ne servait à rien  c'était clair.

« Tu aimerais que je te dise quoi..? Que c’est possible ? Je devrais regarder mon père droit dans les yeux et lui dire de ne pas s’en faire, que sa fille tombe juste amoureuse d’un bâtard élevé par une moldue ?! N’importe quoi.. Et ne me menace pas Zéphyr, tu penses pouvoir me blesser ? Me briser ? Mais tu veux une nouvelle qui va te plaire ? C’est déjà fait ! Depuis que tu es entré dans ma vie plus rien ne tourne rond, tu influes sur tout, tu es là dans mes pensées, tout le temps ! Tu es comme une mauvaise herbe que je n’arrive pas à éradiquer, tu me suis, me hante.. C’est à en devenir complètement dingue. »

Alors, c'est qui qui a raison ? C'est Fifi bien sur. Évidemment qu'elle allait mentionner la menace, évidemment que c'était certainement la seule chose qu'elle avait retenu de son discours. Mais elle tourna sa réponse de la manière la plus inattendue qu'il soit : elle ne le menaça pas à son tour (en même temps son regard le faisait pour elle), elle se contenta de lui dire qu'il l'avait brisée. Alors ce fut au tour du cœur de Zéphyr de se briser. Peut-être qu'elle avait raison, au final, peut-être avaient-ils tous raison, peut-être qu'ils ne devaient vraiment plus se voir. Mais pas pour les raisons que tout le monde évoquait, pas parce qu'on risquait de leur faire du mal, mais parce qu'ils risquaient de se faire du mal entre eux. Et quel sorte de couple fait ça ? Quel amour crée autant de dommages sur son passage ? S'il y réfléchissait, Zéphyr sacrifiait toute sa vie s'il se mettait avec Sasha, mais ce n'était pas tout : elle était contraire à tout ce qu'il avait toujours aimé. Jamais rien de ce qu'il avait aimé ne ressemblait à Sasha, elle était son inverse, son opposée, et d'après une pure logique mathématique, il devait être la même chose pour elle. Pas étonnant qu'il la détruise, en réalité, c'était comme si on mélangeait de l'eau et du feu, ça ne pouvait pas fonctionner. Et si Zéphyr arrêtait de masquer la réalité, elle le détruisait aussi. Et si ça pouvait être une situation très agréable, c'était aussi mauvais, terriblement mauvais.
Zéphyr sentit sa gorge se serrer tandis qu'il répétait les mots de Sasha dans sa tête. Elle l'aimait, il la détruisait. Il l'aimait, elle le détruisait. Vraiment ? Était-ce ça ? Était-ce possible, est-ce que l'amour destructeur dont on parlait tant dans les livres existait vraiment ? Étaient-ils destinés à un sort tel que celui de Romeo et Juliette ? Mais non, justement, ce genre d'histoire n'arrive que dans les livres, pas en vrai. N'est-ce pas ?

« Tu ne peux pas comprendre de toute façon, tu es libre, alors tu ne peux pas savoir.. Ca suffit, tu as parlé comme tu le voulais et je t’ai répondu, fin de l’histoire. »

Ça, c'était un autre débat. Sasha s'était tue et éloignée de lui, le laissant ruminer sa réflexion shakespirienne avant de prononcer cette phrase. Évidemment, il eut immédiatement envie de rétorquer qu'elle avait tord, que lui non plus n'était pas libre, que tout était une question de point de vue. Mais il n'avait pas envie de se battre. Ses épaules s'affaissèrent, comme s'il portait tout le poids du monde sur ses épaules – Zéphyr était parfois un peu trop mélodramatique, c'est vrai – et il se contenta de suivre la jeune fille des yeux alors qu'elle se rapprochait dangereusement de lui. Elle s'était calmée, avait repris son ton froid, mais Zéphyr ne bougeait toujours pas, comme figé.

« Je dois partir. »

Zéphyr roula des yeux, haussa les épaules. Elle n'avait pas tord : ils avaient tous les deux dit ce qu'ils avaient à dire, et même si ça ne s'était pas du tout passé comme Zéphyr avait pensé que ça se passerait, c'était le deal, il était supposé la laisser partir, maintenant. Tout son corps le poussait à attraper son visage blanc entre ses paumes et à l'embrasser comme jamais il ne l'avait embrasser, à la garder prisonnière de cette tour toute la nuit, mais il n'y parvint pas. Alors il fit, toujours adossé à la porte.

« Comment tu fais Sasha ? Je veux dire, comment tu peux vouloir sortir d'ici après tout ce que tu viens de me dire ? Et comment tu songes y parvenir ? Et comment ça se fait que ça tombe sur nous, Sasha ? Pourquoi est-ce qu'il a fallu que ce soit nous les amants maudis ? »

Le ton de voix de Zéphyr avait radicalement changé. Sasha et lui étaient séparés d'une trentaine de centimètres, et d'un coup, toute la colère était retombée, aussi rapidement qu'elle était montée. Il respirait doucement, laissant la pièce profiter du calme qu'on lui offrait. Il sentait son cœur frapper sa poitrine, comme si, puisque Sasha était prêt de lui, il fallait qu'il se fasse entendre. Tu l'entends, Sasha, son cœur qui bat fort et vite, rien que pour toi ? Parce que lui, il n'entend que ça, son cœur et le tien, qui sont faits pour battre à l'unisson, il en est certain. Il tendit le bras, et posa doucement sa main sur la joue de la jeune fille. Il caressa son visage de son pouce, observant chacun de ses traits comme si c'était la dernière fois qu'il les voyait. C'était d'ailleurs peut-être la dernière fois : s'il s'écartait de cette porte, il laissait la tigresse sortir de sa cage, pour ne plus jamais revenir.
Et ce fut au tour de Zéphyr de s'avancer, de s'éloigner de cette fameuse porte, car il ne pouvait la forcer à rien, elle était libre de ses faits et gestes. Mais il n'enleva pas sa main tout de suite, profitant de ce moment de tendresse rare et inespéré. Son regard s'était noyé dans le sien, ses lèvres étaient pendues au siennes, attendant qu'elle fasse quelque chose. Elle était si belle. Il  murmura alors, comme si le sortilège de silence avait été rompu :

 « Pourquoi est-ce que je ne peux pas t'aimer sans te briser, Sasha ? »


______________________

« LA DIFFICULTÉ N'EST PAS DE GAGNER DE L'ARGENT. LA DIFFICULTÉ EST DE LE GAGNER EN FAISANT QUELQUE CHOSE QUI EN VAILLE LA PEINE »
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j e   t e   v e u x .




« Comment tu fais Sasha ? Je veux dire, comment tu peux vouloir sortir d'ici après tout ce que tu viens de me dire ? Et comment tu songes y parvenir ? Et comment ça se fait que ça tombe sur nous, Sasha ? Pourquoi est-ce qu'il a fallu que ce soit nous les amants maudis ? »

Et pourquoi ses mots sonnaient si juste ? Elle ne pouvait pas, elle ne voulait pas fuir cette splendide Tour et son occupait mais il le fallait, elle se devait d’apporter un peu de raison à cette relation illogique et vouée à l’échec. Enfin, en théorie. Le courage n’était définitivement pas sa première qualité, sinon elle serait déjà loin, elle aurait eut la force de partir et de dire stop à tout ça. Mais comment y parvenir ? Il restait là à la regarder avec cette expression qui ne lui donnait envie que de se glisser dans ses bras, certainement pas de fuir pour rejoindre les cachots glauques des verts et argents. Quoi que si, avaler une bonne rasade de vodka lui ferait le plus grand bien. Se bourrer la gueule, être ivre, vomir, vomir dans l’espoir que tout cet amour disparaisse après avoir tiré la chasse.. C’est beau de rêver. Et c’est triste de noyer du bonheur dans l’alcool. Car il était cela, du bonheur, la promesse de moments magiques et pas seulement sexuellement parlant, il l’a faisait rire, sourire, elle ne portait pas de masques à ses côtés. C’était cela le plus beau, mais aussi le plus inquiétant pour elle. Comment un presque inconnu pouvait la détendre aussi facilement ? Pourquoi ne pouvait-elle pas tenir son rôle de parfaite sang pure face à lui ? Hein pourquoi ?

Il bougea et vint perturber le fil des pensées de la rouquine, voilà qu’il tendait son bras, doucement, il allait la toucher, non il ne fallait pas. Recule Sasha, recule, sauve toi, ne le laisse pas te prendre toute entière, ne perds pas pieds..

« Pourquoi est-ce que je ne peux pas t'aimer sans te briser, Sasha ? »

Aimer, un verbe si facile à conjuguer, en théorie, sur papier. A vivre c’était si différent, si bon mais si douloureux. Pourquoi n’était-il pas un parfait sang pur ? Un fils de grand sorcier qu’elle pourrait peut être vendre à son père comme un bon époux. Mais au fond s’il était tout cela, l’aimerait-elle ? Zéphyr ne serait pas Zéphyr sans son grain de folie, sans son passé et son présent de garçon des rues, sans ses deux perles et sa mère moldue.. Non, il ne devait pas changer pour elle, en revanche elle, elle pouvait bien faire un petit effort pour lui, non ?

« Tu le peux.. »

Son souffle se perdit contre les lèvres du damoiseau, car quelques courts instants après qu’il ait prit la parole, la jolie rousse décida d’enfin agir et prendre ses responsabilités. Agir et assumer ses dires. Donc, elle fit disparaître le vide entre leurs deux corps, elle vint le combler et se coller tout contre lui pour lui capturer les lèvres. Elle noua ses bras autour de son cou, avec tendresse et ardeur, parce qu’elle ne voulait pas qu’il ait le temps de reculer ou de la repousser, il n’avait pas le choix. A venir lui caresser la joue comme ça, il croyait quoi ? Qu’elle resterait de marbre ? C’était impossible, elle avait envie de lui, de ses bras, de sa bouche, de son corps tout entier depuis qu’elle était entrée dans la Tour. Et évidemment qu’elle avait entendu leurs deux cœurs battre à l’unisson, cela ne l’avait que conforté. Bon en fait pas du tout puisqu’elle lui avait sauté dessus sans vraiment réfléchir, sans penser aux conséquences. Pendant dix minutes elle avait tenu un discours pour démontrer par A + B qu’il ne fallait pas qu’ils restent ensemble, que leur relation était vouée à rien, pour finalement l’embrasser, et avec fougue autant le préciser. Tout à fait logique.  
Enfin elle le laissa respirer, mais resta sur la pointe des pieds, une main dans ses cheveux et l’autre autour de son cou, son regard pétillant perdu dans le sien. D’ailleurs elle fit tomber la couronne du roi, à force de lui caresser la nuque et de se perdre dans ses cheveux sombres. Sasha se décrocha donc de son petit roi et ramassa la belle couronne, les joues roses de désir et le souffle court. Son amant maudit sentait le chlore, et l’alcool, il avait dût passer une très bonne soirée lors de cette fête et s’il était partit pour la rejoindre c’était en effet pour une bonne raison, il lui avait dit, mais elle n’y croyait pas vraiment. C’était plus facile de mettre ça sous le coup de la pulsion, sexuel ou pas, boire peut vous faire faire de vrais conneries, la preuve, il l’avait invité dans la Tour d’Astronomie alors que c’était dangereux et stupide, merci le whisky pur feu.

« Hum, désolée..  – elle marqua une pause le temps de remettre la couronne sur la tête du jeune roi - Tu es libre pour la nuit ? »

Non mais sérieusement, elle était vraiment en train de lui demander si elle pouvait passer la nuit avec lui là ? Après tout ce cirque pour se sauver voilà qu’elle changeait d’avis, comme ça, qu’elle princesse pénible et indécise. Mais elle venait de goutter à ses lèvres, on ne pouvait donc lui en vouloir d’avoir envie de plus. Puis au départ c’était lui qui avait cherché, il l’avait fait venir ici, lui avait avoué ressentir quelque chose et ensuite il lui avait caressé la joue, c’était trop, elle ne pouvait rester glacial face à tout ça. Sasha avait tenu longtemps, plus qu’elle ne l’aurait crut, mais résister à ce sang mêlé était plus difficile qu’elle le pensait.

« Je sais ce que j’ai dis, que c’était dangereux et impossible.. Mais je vais rester dormir ici et.. »

Sasha était parti pour se contredire une nouvelle fois, s’il était de la mauvaise herbe pourquoi s’y accrocher un peu plus ? Elle l’avait dans la peau et passer du temps à ses côtés n’était certainement pas une bonne idée si elle souhaitait que ça change, mais au fond, voulait-elle vraiment l’oublier ? C’était ce qu’elle prétendait depuis qu’elle avait mit un pied dans la Tour d’Astronomie, mais évidemment, elle avait mentit. Et là enfin elle assumait ce qu’elle ressentait. Il lui avait demandé d’arrêter de fuir, c’était chose faite.

« J’aimerais que tu restes. »

Bon elle ne précisa pas que sa meilleure amie et partenaire de chambre était en train de s’envoyer en l’air, et qu’elle n’avait pas envie d’être à côté, en temps normal elle s’en fichait, partir le temps qu’ils finissent leur affaire n’était pas non plus un problème. Mais là elle ne pouvait pas, pas faire semblant en rentrant et aller retrouver tout naturellement son lit avec le sourire. Ni entendre un couple à côté d’elle. Puis trainer dans la salle commune signifiait rencontrer de l’alcool et ses amis sangs purs, là encore ce serait délicat de porter un masque, puis si elle buvait  c’était perdu d’avance.. Donc dormir ici c’était une bonne idée non ? Il faisait chaud grâce au sortilège que le beau brun avait utilisé, il ne lui restait plus qu’à faire apparaître des matelas moelleux, une couette bien chaude et des coussins de plumes, le tour serait joué. Et comme un silence gênant s’installait, c’était le bon moment pour entreprendre cette mission, donc, sans plus de cérémonie, elle s’éloigna de lui et sortit sa baguette afin de dessiner dans les airs quelques arabesques tout en murmurant une formule magique. L’effet fut immédiat. Un grand et gros matelas se matérialisa sur le sol suivit pas une multitude de coussins et oreillers moelleux, enfin, une couette tout aussi disproportionnée que le reste vint recouvrir le tout. C’était douillet, dans des teintes chaudes encore une fois, le rouge était prédominant car il s’agissait de sa couleur à Durmstrang, les uniformes étaient rouges et noirs ne l’oubliez pas, et bien que le vert lui aille à ravir, elle préférait très nettement la tenue de son école à celle de Poudlard. Voilà pourquoi son lit improvisé était dans ces couleurs. Mais en fait on s’en fou de tout ça, de savoir pourquoi elle avait fait apparaître des coussins rouges plutôt que verts, ce qui comptait c’était la réponse qu’allait donner Zéphyr, rien d’autre.

« Voilà, ça fera l’affaire. »

De nouveau elle se tourna vers lui, un petit sourire gêné aux lèvres, il devait hésiter non ? Et s’il lui disait qu’il voulait partir ? Que ça n’en valait pas la peine ? Si c’était lui le raisonnable maintenant ? Elle ferait quoi ? Elle ne pourrait le retenir, ou peut être sur si ? Le tirer par le bras comme il l’avait fait ? Après tout elle méritait d’être rejetée, il pouvait très bien se venger maintenant non ? Utiliser tout ce qu’elle avait dit précédemment pour la faire souffrir, pour lui dire qu’elle avait raison après tout, qu’il valait mieux s’oublier ? Non, enfin elle ouvrait les yeux, ce n’était pas pour que lui les ferment..

« Puis vu comme tu es alcoolisé ce n’est peut être pas une bonne idée que tu partes maintenant, sans te reposer.. ? »

Excuse bidon, vraiment. Mais bon, il fallait bien trouver quelque pour le faire rester, au cas ou. D’accord elle le traitait presque d’alcoolique, clairement elle lui faisait comprendre qu’il était grillé, que ça se voyait de loin – et se sentait mais passons – qu’il avait trop bu. Il était sûrement capable de rentrer chez lui, mais autant ne pas prendre de risques, dormir quelques heures lui ferait du bien. Bien sûr Sasha, tant d’altruisme de ta part, que c’est beau.
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MessageSujet: Re: « Baby running after you is like chasing the clouds » ♥ SAPHYR Lun 11 Nov - 21:30

Sasha & Zéphyr  
« Baby let me be your last first kiss »
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« Tu le peux.. »

Enfin, leurs lèvres se rejoignaient. Avec douceur autant qu’avec ardeur, Sasha et Zéphyr s’embrassaient comme s’ils se découvraient pour la première fois. Ils s’enlaçaient comme s’ils ne devaient plus jamais se lâcher, plus jamais. Sasha avait glissé sa main sur la nuque du garçon, rapprochant encore plus son visage du sien, comme si c’était encore possible, et l’autre se perdait dans ses cheveux, faisant tomber au sol sa couronne de Roi des Gryffondors – ou roi des cons, au choix. Zéphyr avait quant à lui « simplement » laissé ses mains glisser jusqu’au bas du dos de la jeune fille. Il fermait les yeux, et sentait tous ses sentiments pour elle exprimés lors de ce seul baiser, alors il en souriait, pendant les micro-secondes où leurs lèvres se séparaient. Il était certain que si le château manquait de chauffage, les faire s’embrasser était une très bonne solution : la chaleur qui se dégageait de leurs corps (qui étaient encore séparés par des tas de couches de vêtements) était sans pareille. Zéphyr n’avait jamais vécu ça, et c’était tellement bon que quiconque qui vivait la même chose devait forcément comprendre pourquoi il ne voulait pas être séparé d’elle. C’était trop rare, trop unique, pour vouloir l’abandonner, l’oublier, le laisser de côté. Et pourtant, il le savait, c’était ce qu’il devait faire, pour le bien de tout le monde. Il risquait de mourir, entraînant ses sœurs et sa mère dans sa chute, tout simplement. Mais c’était injuste : pourquoi d’autres avaient le droit de vivre ça, et pas eux ?
Sasha faisait preuve d’un illogisme fou en l’embrassant – parce que c’était elle qui l’avait embrassé, pas l’inverse – et malgré ça, Zéphyr ne pouvait que la comprendre. Néanmoins, si elle avait pris la porte, là il aurait été étonné, par contre : elle tombait amoureuse de lui, elle l’avait clairement dit, et elle le laissait. Là, Sasha aurait fait preuve de courage, même en fuyant. Du génie, n’est-ce pas ? Elle ne l’avait pas fait. C’était donc au tour de Zéphyr de se demander ce qu’il devait faire. Devait-il agir comme le gryffondor qu’il clamait être, ou juste rester avec elle, parce que c’était dans ses bras qu’il se sentait le mieux ? Trop de dilemmes, trop de paradoxes pour sa pauvre petite tête qu’elle arriver à envoyer dans les étoiles en un baiser.
Enfin, elle le laissa lui échapper. Elle s’excusa – il ne comprit pas bien de quoi – et elle ramassa sa couronne, pour lui replacer sur son crâne, bien droite. Le fixant, elle lui demanda ensuite s’il était libre pour la nuit. Zéphyr sourit doucement, sa respiration toujours un peu saccadée par leur baiser. Elle le lui laissa pas vraiment le temps de répondre, puisqu’elle ajoutait déjà :

« Je sais ce que j’ai dis, que c’était dangereux et impossible.. Mais je vais rester dormir ici et.. J’aimerais que tu restes. »

Au moins, elle admettait le manque de logique total de leur situation. Mais encore une fois, si on grattait un peu, le fait que Sasha et Zéphyr ne puissent se séparer n’était que logique. Ils se connaissaient à peine, certes, mais ils s’aimaient. Comment lutter contre cela, contre cet amour naissant ? Pour Zéphyr, c’était impossible. Il avait lutté pendant quinze jours contre ces sentiments, et pourtant ils étaient toujours là, plus passionnés que jamais.
Il ne savait pas quoi lui répondre. Bien sûr qu’il voulait rester avec elle, partager une nuit de plus avec elle, même si c’était secret et interdit, mais elle le lui avait très clairement exposé ce soir : ils n’étaient pas faits pour être ensemble. Il se déplaça alors vers les rambardes, et se pencha vers l’avant, tandis que Sasha faisait apparaître derrière lui un matelas, des coussins et une couette, tous d’une grandeur démesurés, digne de la petite princesse qu’elle était. Il profita du fait qu’elle soit occupée pour faire sortir sa tête de la bulle de chaleur qu’il avait créé – il savait qu’elle avait le vertige, ce ne serait donc pas un spectacle agréable à voir pour elle – en se penchant sur la rambarde. Il adora la sensation que lui procura le fait de passer sa tête à travers la bulle magique, comme s’il passait un voile transparent et doux. L’air frais sur ses joues lui fit du bien. Ça lui remit les idées en place, l’aidant peut-être à débourrer un peu. Puis il se recula, restant quand même là, à observer le parc grâce à son tatouage qui l’aidait à voir dans le noir. C’était un tatouage ying et yang, et ce soir, il apparaissait très clairement dans sa tête comme la représentation tatouée de son « couple ».  Comme Sasha et lui, ils étaient opposés, mais ils s’attiraient tout de même.

Zéphyr le savait pour avoir passé sept ans dans ce château, il y avait pas très loin les vestiaires du stade de Quidditch, et dans ces vestiaires il y avait un placard, et dans ce placard il y avait des balais. Zéphyr avait la capacité magique de faire venir un de ces balais vers lui. Un accio, et deux trois minutes plus tard il pouvait s’envoler de cette pièce et rentrer chez lui par la voie royale, celle du ciel. Enfin, « chez lui » étaient de bien grands mots pour désigner la chambre miteuse des Trois Balais qu’il occupait en attendant de trouver mieux, mais là où il dormait, loin de Sasha et de toute l'influence qu'elle avait sur sa vie.
Il décrocha alors sa baguette noire de sa ceinture, se demande sérieusement ce qu'il fallait qu'il fasse. Rester ou partir, le choix n'impliquait aucun peut-être, c'était l'un ou l'autre, oui ou non. Oui, je pars et je laisse Sasha derrière moi, espérant qu'elle puisse m'oublier, et que je parvienne moi aussi à la laisser derrière, gardant comme dernier souvenir partagé ce magnifique baiser. Ou alors Non, je reste avec elle, nous faisons l'amour toute la nuit comme nous savons si bien le faire, et je ne la lâche plus jamais, parce que c'est cela que ça signifie : si je ne pars pas maintenant, je ne partirai jamais. Sasha interrompit le garçon dans ses pensées, lui trouvant une énième excuse pour rester près d'elle : il avait trop bu, et rentrer dans cet état n'était peut-être pas la meilleure des solutions. Comme si Zéphyr avait le moindre problème pour voler sur un balai. Il pouvait le faire en dormant, s'il voulait.
En réalité, Zéphyr s'était déjà retrouvé face à ce dilemme, il y a un mois maintenant, quand il avait été attiré par la jeune fille dans sa chambre d'hôtel (ou plutôt dans sa suite, pardon) et qu'ils avaient couché ensemble pour la première fois. Elle était partie se doucher, il s'était donc retrouvé seul face à son choix : il pouvait la rejoindre, ou partir. Et cette fois-là, il avait choisi de rester. Ferait-il le même choix à nouveau ? Jusqu'à présent, il ne l'avait pas regretté. D’ailleurs, s’il l’avait regretté, il ne serait absolument pas en train d’hésiter, il se casserait de cette foutue tour sans en reparler. Peut-être était-ce ça le problème – encore un. Bon sang, Zéphyr, tu peux pas regretter, pour une fois, quelque chose que tu as fait ? Non, pas ça en tous cas, il n’y arrivait pas. Alors sa décision fut prise. Il planta sa baguette sur ses chaussures qui se volatilisèrent pour aller se ranger dans un coin de la tour – les talonettes commençaient à devenir pesantes, il raccrocha ensuite la baguette à sa ceinture, et décrocha la chaine en or qui tenait sa cape, qu’il laissa tomber par terre. Merlin, ça pesait une tonne les rideaux de velours rouges bordés d’hermine. Sasha était dos à lui, fixant son œuvre. Un très beau lit qui arborait beaucoup de rouge (mais quelque chose lui disait que ce n’était pas pour commémorer les Gryffondors), beaucoup de coussins et beaucoup de place.
Arrivé à sa hauteur, il l’enlaça, collant son torse à son dos, posant sa tête sur son épaule. Il murmura à son oreille :

« Pas besoin de me trouver des excuses, Sash’. Je reste. J’obéirai à tes moindres désirs, tant que tu ne me demandes pas de t’oublier ; je peux te décrocher la Lune, mais je ne peux plus t’effacer de ma vie. Par contre, je n’ai pas très envie de me reposer, pas tout de suite, en tous cas … »

Bon, il n’allait pas non plus l’épouser ou lui faire un enfant, même si elle le voulait. Pas tout de suite, du moins. Merlin, Zéphyr, des enfants, c’est à ça que tu songes alors que tu l’embrasses dans le cou ? Arrête ça. Zéphyr se retourna alors, face à elle, prit son visage entre ses mains, et l’embrassa à nouveau. Il ne s’en lasserait jamais. Mais il interrompit le baiser, un grand sourire aux lèvres, parce qu’il venait de penser à quelque chose d’assez drôle.

« T’imagines, si tu avais été invitée à cette fête ? Juste imagine, même si on sait tous les deux que mes petits princes ne t’auraient jamais invitée, juste imagine. Toi et moi, gardant un masque de fer, prétendant qu’on ne se connait pas. Ah ouais, d’ailleurs … Je te déconseille de t’approcher de Requiem Ainsworth … C’est ma meilleure amie, je lui ai un peu … raconté, et disons qu’elle a le coup de poing facile. »

Beaucoup d’informations en quelques mots, une question, une affirmation, une mise en garde. Bien sûr, par « petits princes », Zéphyr entendait les Maraudeurs (comme s’il était toujours le roi des Gryffondors). Si elle était maligne, elle comprendrait, si elle ne l’était pas, tant pis pour elle. Et Requiem … Peut-être était-ce Requiem qui devrait avoir peur de Sasha, et pas l’inverse, m’enfin valait mieux prévenir que guérir, non ? M’enfin, les deux savaient très bien se défendre, il disait juste cela pour avoir l’air d’avoir prévenu, quoi, après elles se démerdaient, il ne tenait pas particulièrement à se mettre au milieu de deux nanas hystériques (il avait déjà sa mère et ses sœurs à la maison, c’était amplement suffisant).
Bref, Zéphyr laissa répondre sa sorcière – hommage à Rabastan qui n’aura jamais l’honneur d’appeler Sasha comme ça – et fit :

« Comment t’as su que j’étais bourré, d’ailleurs ? Je pue tant que ça ? Je pensais que l’odeur de la piscine et des filles auraient masqué ça… »

Ouups, un effet de l’alcool, là encore. Si il n’avait pas eu plus de 0.8 grammes d’alcool dans le sang, peut-être n’aurait-il pas mentionné les nanas qui lui avaient sauté dessus toute la soirée (il n’en avait embrassé aucune, ou pas volontairement en tous cas, et à ce moment-là voir Sasha ne faisait pas partie de ses plans, pas clairement du moins – bon, d’accord, il n’avait pas vraiment d’excuse, il aimait provoquer, et c’était tout)… Il sortit en guise d’excuse un grand sourire qui commença – comme chacun de ses grands sourires – par sa langue venant se glisser sur ses lèvres. Et d’ailleurs, même s’il ne lui avait pas fait remarqué parce que ça n’aurait pas été très poli de sa part, Sasha sentait légèrement l’acool, elle aussi. Mais ça faisait partie de son exotisme, quelque chose disait d’ailleurs au garçon que c’était de la vodka, qu’elle avait bu, pas du Whisky pur Feu. Peut-être que ces pauvres Serpentards s’étaient organisés une anti-soirée pour espérer s’amuser un peu pendant que le reste du château occupait la Salle sur Demande.
En attendant, tout était comme si rien ne s’était passé. Zéphyr plaisantait et racontait n’importe quoi, Sasha était comme à son habitude complètement irrésistible, tout était comme s’ils ne s’étaient pas disputés, comme si aucun des deux n’avaient voulu mettre fin à leur relation. Et pourtant c’était arrivé, et une petite voix dans l’arrière du crâne de Zéphyr lui disait que ce ne serait pas la dernière fois que ça se produirait, que même s’ils avaient gueulé, la situation n’avait pas changé. Il était toujours assis dans le caniveau tandis qu’elle était dans la plus haute tour du château. Et parfois, il arrivait à l’y rejoindre, comme ce soir. Mais ça ne durerait pas. Au lever du soleil, ou même avant, il devrait partir, retourner  à sa rue, tandis qu’elle resterait dans son or …

______________________

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MessageSujet: Re: « Baby running after you is like chasing the clouds » ♥ SAPHYR Dim 8 Déc - 20:18


y a    p o l u b i l a    t i e b i a * .



Le temps s’arrête lorsqu’on s’embrasse, mais ensuite il doit rattraper son retard. Trop vite il s’était éloigné vers la fenêtre, penché sur ce vide trop profond, à cette balustrade trop haute.. Qu’elle idée d’avoir choisi la Tour d’Astronomie quand même ? Il connaissait sa peur de vide, et il lui avait délibérément donné rendez vous ici, était-ce voulu ? Ainsi elle ne pouvait pas se sauver au moins, enfin, pas par les airs, et si en temps normal elle transplanait à tout va et fuyait facilement grâce à ce permis gagner trop facilement, à Poudlard, elle était coincée puisqu’ un sort l’empêchait d’user de ce pouvoir. Mais ce n’était pas si désagréable d’être prisonnière de cette tour finalement, pas en si charmante compagnie, enfin, s’il restait. Elle fit mine de ne rien voir, de ne pas avoir envie de le rattraper lorsqu’il sortit sa baguette et regarda devant lui, chacun de ses gestes guidaient le cœur de la rouquine qui s’était arrêté, ne battant que lorsqu’il levait le bras, ou le redescendait. C’était cela aimer alors ? Être complètement dépendant et désarmé face à un regard, un sourire, une main.. Pour elle, se sentir si faible était dérangeant, mais en même temps si bon. S’abandonner, vivre au travers d’un autre, des notions abstraites, ou mal vu peut être, car obéir à un homme et n’être que sa chose, son bijou, n’était-ce pas cela le plus malsain ? La conception de l’amour chez les mangemorts était bien différente de la réalité, il devait être inexistant , bon dans les livres et les contes de fées, comme si seules les sirènes devaient être réelles..

Encore une fois il s’écoulait trop vite, le temps. Car Sasha perdu dans ses pensées ne le vit pas filer, elle s’était détournée de son roi, trop loin et trop près du ciel, elle ne pouvait le retenir et le forcer, qu’il saute et s’envole pour un monde meilleur, tant pis. Elle aurait pleuré.

« Pas besoin de me trouver des excuses, Sash’. Je reste. J’obéirai à tes moindres désirs, tant que tu ne me demandes pas de t’oublier ; je peux te décrocher la Lune, mais je ne peux plus t’effacer de ma vie. Par contre, je n’ai pas très envie de me reposer, pas tout de suite, en tous cas… »

Quel fou pour un roi, il aurait dû sauter vraiment. Mais non, il était revenu, il avait noué ses bras autour d’elle pour mieux la tuer, l’étouffer avec amour. Le bisou qu’il lui fit dans le cou lui arracha un frisson alors qu’il faisait bon dans la bulle de chaleur, et que sa simple présence suffisait à lui réchauffer le cœur - et le corps aussi. Sasha n’osa pas bouger lorsqu’il se tourna, allait-il finalement se sauver ? Ne soit pas si méfiante pauvre petite amoureuse, le beau brun ne veut que t’embrasser à nouveau. Zéphyr captura ses lèvres tout autant que son visage, ses mains étaient chaudes et sa langue toujours aussi agréable à titiller, Merlin que c’était bon. Mais encore une fois trop court, le temps vous vous rappelez ? Toujours à jouer, à fuir, s’arrêter pour repartir plus vite, toujours plus vite.

« T’imagines, si tu avais été invitée à cette fête ? Juste imagine, même si on sait tous les deux que mes petits princes ne t’auraient jamais invitée, juste imagine. Toi et moi, gardant un masque de fer, prétendant qu’on ne se connait pas. Ah ouais, d’ailleurs … Je te déconseille de t’approcher de Requiem Ainsworth … C’est ma meilleure amie, je lui ai un peu … raconté, et disons qu’elle a le coup de poing facile. »

C’était dingue, quelques minutes avant ils s’engueulaient et maintenant il plaisantait, il souriait en riant à moitié en imaginant la rouquine perdu au milieu du bas peuple de Poudlard à « la » soirée de l’année. L’anglo-pakistanais s’imaginait une chose impossible et il le savait, mais c’était drôle. La situation aurait pût être amusante vraiment, les deux amoureux obligés de jouer un jeu, de porter un masque pour cacher la vérité et leurs putains de sentiments respectifs. Le faire au quotidien sans se voir était facile, mais si elle avait eut là, à quelques mètres, entourés de nanas stupides en maillot de bain, se tenir tranquille aurait été beaucoup plus compliqué. Voir carrément impossible.
Ce qui éveilla principalement l’esprit de la jolie rousse néanmoins ne fut pas de s’imaginer avec Zéphyr à une soirée où elle ne pouvait l’approcher, mais le prénom de cette fille, cette Requiem qui était donc sa meilleure amie. Oui elle savait qui elle était, une blondasse des blaireaux, une chercheuse d’histoire qui provoquait principalement les verts et argents. Pour sa part pas encore de vrais accrochages, et puis elle était à Lev. Le beau blond en avait fait sa victime attitrée, à moins que ce soit l’inverse, ils se cherchaient et s’était même déjà battu, Sasha ne s’en était pas mêlée. Fierté oblige, elle était son problème à lui, néanmoins les deux damoiselles s’étaient déjà lancés une ou deux piques, mais rien de très transcendant. Mais maintenant, la rouquine ferait plus attention à la blonde, et ce serait sûrement valable dans les deux sens, que cette sang impur ne vienne pas la déranger et tenter de détruire quelque chose entre les deux amants interdits. Bon il n’y avait pas grand-chose à contrecarrer puisque leur histoire ne rimait à rien, mais pour le principe, ça ne passerait pas.

«Comment t’as su que j’étais bourré, d’ailleurs ? Je pue tant que ça ? Je pensais que l’odeur de la piscine et des filles auraient masqué ça… »

C’est ça, provoque donc ! La réaction de Sasha fut rapide, pas la peine de sortir la langue pour être encore plus canon, la belle fit siffler sa langue entre ses dents en signe de mécontentement et détourna le regard, qu’il était énervant. Pas besoin de préciser qu’autour de la piscine les filles lui avaient sauté dessus hein !  

«Ces filles m’ont aidé justement, la trace de gloss là – elle essuya froidement la joue du sorcier - car en principe lorsqu’un jeune homme donne rendez-vous à une damoiselle il fait attention à ce genre de détails. Sans parler de la tâche d’alcool sur ton col, de ta voix cassé et de tes yeux brillants. Puis tu sens le parfum de femmes bon marché, tu aurais dû t’en rendre compte de ça aussi. »

Lorsque la jalousie nous prend et nous emporte on dit n’importe quoi c’est connut et reconnut. Là, Sasha s’était perdu en chemin, ses explications tenaient presque la route mais le ton agressif et la mine agacé l’empêchait d’être convaincante. Néanmoins c’était la vérité, toutes ces petites choses l’avaient amené à deviner le taux d’alcoolémie du beau brun, enfin, surtout ses yeux et l’intonation de sa voix en fait. Car il n’y avait aucune trace de rouge à lèvre sur sa peau halé.

« Donc facile de deviner que c’était une très bonne soirée, bien arrosé. »

Jalouse, mais qu’elle jalouse. Ton hargneux alors qu’elle faisait claquer sa langue contre son palet, puis elle se détourna et se dirige vers la rambarde, oui le vide elle l’oublia et s’accouda même, décidemment elle était énervée. La belle piétina, elle laissa ses doigts blancs en contact avec le métal froid quelques instants et finalement revint en arrière, vers le beau brun, qu’elle contourna pour atteindre le lit de fortune – plutôt très confortable pour une simple improvisation – et finalement s’arrêter, dos à lui.

« Tu es sûr que tu ne dois pas en rejoindre une autre ? – elle se retourna tout en parlant - Je ne voudrais pas te retenir et laisser une pauvre gourde te pleurer toute la nuit. »

Mauvaise foi quand tu nous tiens, elle regretta rapidement ses paroles et fronça tout de suite les sourcils, non en fait, si une autre l’attendait et bien tant pis pour elle. Sasha finit donc pas revenir tout contre le damoiseau et lui agrippa la chemise, le tirant vers elle pour ensuite le faire pivoter, il n’avait rien à dire, rien à faire, juste se laisser guider par le félin qui avait ses griffes bien plantés dans le tissu blanc. L’anglo-pakistanais s’était retrouvé en un court instant dos aux épais matelas, à quelques pas de sa place initiale, trainé par une sorcière bien décidée à le prendre en otage toute la nuit. Cette dernière le poussa ensuite sans plus de délicatesse pour qu’il tombe sur le fameux lit magique et moelleux, ce qu’il fit – il n’avait pas le choix le pauvre – et la rouquine se mit carrément au dessus de lui, voilà, il était coincé.

« En fait je m’en fou, elles peuvent bien toutes t’attendre, je ne compte pas te laisser les rejoindre. »

La jeune et jolie Vladmirova se pencha pour capturer les lèvres de l’ancien rouge or, des mèches de ses cheveux roux vinrent chatouiller le visage du damoiseau sur lequel elle posa l’une de ses mains, se tenant au dessus de lui avec l’autre. Non elle ne voulait pas l’écraser, pas tout de suite, une jambe placé sur son entrejambe à lui, l’autre contre ses hanches, elle sentait justement une certaine chaleur venir tout particulièrement de cette zone, et cela là fit sourire. Profitant d’être au dessus de lui pour l’allumer, et parce qu’il faisait chaud, elle détacha ses cheveux et dans la foulée retira son pull pour se retrouver simplement avec un débardeur blanc qui moulait bien plus ses formes que le gros pull péruvien, elle se repencha rapidement pour approcher sa bouche de celle du sorcier, sans l’embrasser évidemment. Il fallait jouer un peu, se venger car il venait tout juste de la provoquer tout de même, donc, elle vint déposer de petits baisers sur sa peau, dans son cou, pour remonter sur sa joue, près de ses lèvres.. Et s’en éloigner l’instant d’après afin d’à nouveau glisser vers son torse visible à cause des premiers boutons de la chemise déjà défaits.

« Tu sembles avoir un peu chaud.. »

Le souffle de la sang pure se perdit contre la peau sombre du damoiseau, qu’elle dévoila un peu plus en tirant sur les deux boutons suivant de la chemise blanche. Elle dévorait chaque parcelle de son cou et du haut de son torse, tout en le chatouillant de ses cheveux couleur de feu et avec la pointe de ses seins. Puis à nouveau, elle permit un rapprochement de leurs lèvres. Sasha remonta et captura entre ses dents la lèvre inférieure du beau brun, elle l’a mordilla, la suça quelques secondes puis la relâcha pour cette fois, embrasser avec fougue l’anglo-pakistanais. Zéphyr l’a rendait folle, elle sentait son corps bouillir, sa peau la brûlait et elle se sentait de plus en plus fiévreuse, comment était-ce possible ? Elle avait le dessus, elle était sur lui et sûre d’elle, en principe. Il avait un tel pouvoir d’attraction que ça en devenait inquiétant, en un tout petit bout de nuit il l’avait énervé, perturbée, rendu heureuse, puis de nouveau énervée, et maintenant il éveillait de nombreux fantasmes et une sérieuse envie. Imprévisible, voilà ce qu’il était. En fait, il était tout un tas de choses et à ce rythme là, il allait le devenir plus encore. Le beau brun en tout cas n’était pas assez près d’elle, donc, elle se cambra, afin de coller son bassin un peu plus au sien, pour qu’il entende son cœur battre dans tout son corps et principalement au creux de ses hanches. Oui elle avait envie de lui, mais pas seulement pour une nuit, elle n’avait pas répondu à la déclaration qu’il avait osé murmurer, elle n’avait pas été capable d’avouer qu’elle aussi, elle irait décrocher la lune sans difficulté juste pour ses beaux yeux. Mais qu’elle ne pouvait pas l’oublier.

« Ya polubila tiebia Zéphyr.. »

La biélorusse s’était détachée de ses lèvres le temps d’un murmure, afin que chacun reprenne son souffle alors que le rouge lui montait de plus en plus aux joues. Il l’avait entendu, mais il ne pouvait comprendre et ça l’arrangeait grandement. Pas de grands mots, pas de je t’aime pour ceux qui l’auraient crut, simplement  un aveux qu’elle lui avait déjà fait sous le coup de la colère, mais jamais de cette façon.



* Je suis tombée amoureuse de toi.
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MessageSujet: Re: « Baby running after you is like chasing the clouds » ♥ SAPHYR Lun 9 Déc - 0:05

Sasha & Zéphyr  
« So lets be sinners to be saints
And lets be winners by mistake
The world may disapprove
But my world is only you
And if we're sinners then it feels like heaven to me »

© Ecstatic Ruby


Sasha réveillait des choses chez Zéphyr que jamais il n’aurait même osé imaginer. Il avait beaucoup lu, vu, il avait souvent cru être amoureux, parfois il pensait même avoir tout vécu, surtout le pire, mais aussi le meilleur. Et pourtant, tout avec Sasha semblait nouveau, tout juste découvert, prêt à vivre pleinement. Il se retrouvait à nouveau enfant, apprenant au gré de la vie de nouvelles émotions, des nouvelles saveurs, c’était incroyable. C’était comme si, à ses côtés, il avait en permanence les yeux écarquillés. Evidemment il n’arborait pas des yeux de merlans fris dès qu’il la voyait, ou en tous cas il tentait de s’en empêcher, car sinon elle l’aurait probablement pris pour un fou. Mais c’était l’effet qu’elle lui produisait, et il en était sûr, jamais il n’avait été comme ça. Même avec Eleanor, avec qui il était pourtant sorti plus ou moins une année scolaire, il n’avait pas senti son cœur battre aussi vite au moindre regard accordé. Tout était précieux dès que ça concernait Sasha Vladmirova, et particulièrement le Temps, cet ennemi de tous. Pas que la mort l’inquiétât particulièrement, il avait encore des décennies pour y réfléchir, mais il sentait les heures s’écouler comme des secondes, et ça ne lui plaisait pas. S’il ne se lassait jamais d’elle, si elle lui manquait toujours, comment allait-il pouvoir vivre sans elle ? D’un coup, son monde tournait autour d’une nouvelle personne, comme s’il avait ce bénéfice à accorder à quelqu’un d’autre qu’à lui-même et sa famille nucléaire.
Il l’avait embrassé, elle l’avait embrassé en retour, il l’avait senti se rapprocher inexorablement de lui, comme un aimant. C’était terriblement plaisant de savoir qu’il n’était pas seul, qu’elle aussi semblait ressentir la même chose que lui. Il était complètement perdu, mais au moins il n’était pas seul ; Sasha était accrochée à lui dans cette immense, dense et touffue forêt qu’était l’amour. Ils la traverseraient ensemble, ou peut-être resteraient-ils même là, juste tous les deux dans cette jungle, ne se préoccupant que d’eux, oubliant les singes, les tigres et les hommes qui ne pouvaient plus les atteindre, les déranger. Just the two of us.

Zéphyr l’avait provoquée, parce que c’était ce qu’il faisait de mieux, et il y était parfaitement parvenu. Une seconde, il voulut regretter ses paroles, parce qu’il vit l’éclair de jalousie traverser les iris de Sasha dans lesquels il était plongé, mais il n’y parvint pas, trop content de sa réaction.

« Ces filles m’ont aidé justement, la trace de gloss là, car en principe lorsqu’un jeune homme donne rendez-vous à une damoiselle il fait attention à ce genre de détails. Sans parler de la tâche d’alcool sur ton col, de ta voix cassé et de tes yeux brillants. Puis tu sens le parfum de femmes bon marché, tu aurais dû t’en rendre compte de ça aussi. Donc facile de deviner que c’était une très bonne soirée, bien arrosé »

Elle vint lui toucher la joue, électrisant tout sur son passage, lui effaçant la trace de maquillage qu’il y avait apparemment là. Qui lui avait faite ? Il n’en avait aucune idée, et il ne cherchait pas particulièrement à s’en souvenir. Elle n’était pas importante, juste une fille parmi tant d’autres. Sasha, elle, était importante, et le sourire vexé et énervé qu’elle lui lança le fit fondre. Elle était jalouse, et s’en allait à la balustrade, le laissant planté là, comme un idiot, près du matelas où il n’avait définitivement pas envie de s’endormir seul. Il passa sa main sur sa joue, tentant de sentir à nouveau le contact de Sasha sur sa peau. Tout ce qu’il sentit fut sa barbe qu’il devait définitivement raser. Ses sœurs se plaignaient souvent : « Fifi, tu piques ! », voilà ce qu’elles lui servaient la plupart du temps en guise de bonjour. Cette affaire de rouge à lèvres n’était pas nette, m’enfin, l’alcool avait certainement aidé à effacer certain souvenirs gênants, n’est-ce pas ? Pas une seconde l’anglo-pakistanais ne douta de l’intégrité de Sasha, évidemment.

« Tu es sûr que tu ne dois pas en rejoindre une autre ? Je ne voudrais pas te retenir et laisser une pauvre gourde te pleurer toute la nuit. »

Même si elle ne pouvait pas le voir, Zéphyr passa sa langue sur ses lèvres. Sasha jalouse ? Merlin, son désir décuplait, si du moins c’était encore possible. Elle lui faisait dos, roulant ses hanches vers le bord de la tour. Il regrettait qu’elle ait tant de vêtement, l’empêchant de voir parfaitement les courbes de son corps. Ce pull était bien trop long, c’était une honte de cacher ainsi son corps de rêve ! Quoi que, peut-être était-ce mieux ainsi ? Au moins, les autres hommes ne pouvaient pas fantasmer sur elle, pas sans user de leur imagination en tous cas. Lui, il suffisait qu’il se rapproche d’elle et il pouvait lui enlever toutes ces couches en trop. Pas besoin d’imagination, tout était entre ses mains, pour son plus grand bonheur. Bon, en l’occurrence, il fallait peut-être d’abord qu’il lui réponde avant de songer à lui arracher tous ses vêtements. Il secoua imperceptiblement la tête, comme pour se remettre les idées en place, fermant les yeux une demi-seconde, et réfléchit à sa réponse. Qu’est-ce qu’elle voulait entendre ? « Mais non, il n’y a que toi, toujours toi, à jamais toi » ? Merlin, le jour où vous entendrez Zéphyr prononcer cela, sonnez les cloches, que tout le monde en profite. Quoi que, peut-être Sasha parviendrait-elle à lui faire dire cela, à le rendre niais au possible, juste par amour. Parce que c’était bien de cela dont il était question : aimer à la folie une seule personne, pour toujours. M’enfin, c’était peut-être un peu prématuré. En guise de réponse, Zéphyr sortit juste un sourire, arrogant et parfaitement irrésistible. De toute façon elle revenait déjà vers lui ; sans qu’il ait eu le temps de dire quoi que ce soit, elle s’éloignait de la chute de huit cent mètres qui l’attendait pour se rapprocher de lui.

« En fait je m’en fou, elles peuvent bien toutes t’attendre, je ne compte pas te laisser les rejoindre. »

Merlin, voilà comment il aimait les femmes. Sasha était une tigresse, prête à se battre pour l’avoir pour elle toute seule. Parce que Zéphyr était comme ça : possessif au possible, rien que l’idée d’imaginer Sasha dans les bras de quelqu’un d’autre lui donnait envie de vomir. Il s’était imaginé cela pendant le laps de temps où ils ne s’étaient ni vus, ni parlé, ni même écrit, ces quinze derniers jours. Ça c’était mal terminé pour sa langue, qu’il avait mordue tellement fort qu’elle avait saigné. L’image de Sasha rien que courtisée par un autre que lui l’énervait. Mais il ne pouvait pas lui dire, parce que c’était profondément injuste : s’il ne voulait pas qu’elle couche avec d’autres personnes que lui, il savait que lui ne pourrait jamais arrêter de coucher avec d’autres nanas qu’elle, pas pour le moment en tous cas, pour la simple et bonne raison que ces autres nanas lui offraient un toit. Il devait garder pour lui sa jalousie et sa possessivité ; il ne pouvait pas exiger d’elle ce qu’il ne pouvait lui-même lui donner.

M’enfin, Zéphyr ne pensait déjà plus à cela, trop obnubilé par les doigts de Sasha s’agrippant à sa chemise blanche pleine de froufrous. Il était ridicule, vivement qu’il enlève tous ces vêtements. Il songea au fait qu’il portait aussi un pantalon extrêmement bouffant au niveau des cuisses qui s’arrêtait au milieu de ses mollets, et qu’il avait aussi des chaussettes qui remontaient jusqu’à ses genoux. Vraiment Zéphyr, tu es sexy, tu as fait un effort ce soir. D’abord la barbe, puis la trace de rouge à lèvres, puis la chemise, le pantacourt, les bas … Et quel caleçon arborait-il ? Il ne parvenait pas vraiment à s’en souvenir, il espérait qu’il était neutre, noir ou bordeaux. Ou peut-être avait-il mit celui où il était écrit au niveau de son sexe « handle with care » ? Ou le superman ? Aucune idée. Il ne parvenait qu’à réfléchir au corps de Sasha qu’il tenait désormais entre ses mains, maintenant. Bon, pas vraiment pour longtemps, puisque Sasha le fit basculer, de manière à ce qu’il tombe sur le lit. Ça ne fut pas très compliqué, il se laissa largement faire et son équilibre était précaire.
Sasha se tenait au-dessus de sa proie. Elle le dévorait non seulement du regard, mais ses lèvres faisaient aussi pas mal du travail. Elle se frottait mesquinement à son entrejambe, le laissant tranquillement brûler de désir pour lui. Deux fois, ils avaient couché deux fois ensemble (plus ou moins, tout dépend ce que vous comptez), et elle savait déjà comment le rendre fou. Il espérait pouvoir se hisser à son niveau, sinon c’était honteux. En tous cas, il était content de sentir que l’alcool n’avait pas abîmé ses capacités sexuelles. Déjà il sentait son sexe durcir, ce qui était très bon signe. Manquait plus que ça : qu’il ne soit pas capable de faire l’amour avec la femme de ses rêves parce qu’il avait trop bu. C’était la pire chose qui pouvait arriver à un homme, n’est-ce pas ? Merlin. Zéphyr et son égo surdimensionné ne préféraient même pas imaginer ce qu’il se serait passé si le sang avait refusé d’affluer là où il le fallait.

Sasha, à défaut de l’embrasser sur les lèvres – elle avait décidé d’arrêter apparemment, préférant son torse ou encore ses joues – avait retiré son pull. Malheureusement, il y avait encore quelque chose en dessous, en plus de ses sous-vêtements. Faisait-il si froid, dans les cachots ? Parce que là, dans cette tour, il devait faire plus ou moins aussi chaud que dans un four, Zéphyr en était sûr, alors elle pouvait encore enlever des couches, la nudité ne le dérangeait absolument pas.

« Tu sembles avoir un peu chaud.. »

C’était le moins qu’on puisse dire, il mourrait de chaud. Et la sorcière comptait faire durer un peu plus son malheur, déboutonnant sa chemise bouton par bouton, alors qu’ils savaient tous les deux qu’elle était capable d’aller bien plus vite. Mais elle le faisait languir, et il ne s’en plaignait pas vraiment, tant c’était bon. Sa poitrine appuyée sur lui, ses lèvres parsemant sa peau de millions de baisers, tout cela le rendait fou de plaisir, de désir. Une des mains du garçon s’était accrochée aux fesses de la jeune fille, comme s’il ne comptait plus jamais les lâcher, tandis qu’il avait posé l’autre sur sa hanche gauche, la glissant sous son débardeur, ses doigts longeant sa colonne vertébrale.
Enfin, elle se décida à accorder de nouveau de l’attention aux lèvres du Gryffondor. Elle l’embrassait fiévreusement, se cambrant toujours plus au-dessus de lui. Puis, elle murmura quelque chose dans une langue qu’il ne comprenait pas :

« Ya polubila tiebia Zéphyr.. »

Il ne savait pas ce que ça voulait dire, et pourtant il priait pour que ça veuille dire la même chose que Mujge tumae mahabbat hai, l’ourdou pour « je t’aime ». Quelque chose lui disait que c’était quelque chose comme ça, mais à vrai dire il ne s’en préoccupa pas très longtemps : il fut trop occupé à faire basculer Sasha de sorte à se retrouver à son tour au-dessus d’elle. Attrapant dans la seconde qui suivit sa baguette, toujours accrochée à son pantalon, il envoya un de ses fameux sortilèges sur son pantalon et ses chaussettes. C’était peut-être trop rapide, mais c’était moins honteux pour lui. Et puis il lui restait sa chemise, à moitié boutonnée. Il fit alors tomber sa baguette sur le côté du lit, se doutant qu’il n’en trouverait plus l’utilité avant un moment.

« J’ai supposé que ça voulait dire que c’était à mon tour de te torturer. En tous cas, je me mets au russe dès la semaine prochaine, ça ne peut pas être mauvais pour mes affaires de toutes façons. »

Zéphyr prononçait ces mots un sourire aux lèvres, déboutonnant ce qui lui restait de sa chemise, la lâchant au sol quelques instants plus tard. Il baissa un instant son regard sur son boxer, faisant semblant de ne pas remarquer la magnifique érection qu’il arborait pour Sasha, et fut en tous cas satisfait de son choix de sous-vêtements. Bordeaux, simple et efficace. Puis il plongea son visage vers celui de la jeune fille, l’embrassant à pleine bouche à nouveau, comme si ça faisait dix ans qu’ils ne s’étaient pas vus. Tant d’ardeur lui paraissait impossible, et pourtant… Ses lèvres glissèrent ensuite le long de son cou, et furent bloquées plus bas par la présence superflue du débardeur. Il souleva alors la jeune fille, lui retirant son vêtement, et dégrafant son soutient gorge dans la seconde qui suivit, ne prenant même pas le temps de le regarder. Il était trop pressé d’enfouir sa tête entre ses seins, de mieux s’enivrer de son odeur, ce qu’il fit sans tarder. Presque tendre, il caressa son corps tellement féminin pendant de longues minutes, embrassant ou glissant sa langue sur la moindre parcelle de peau qui se trouvait sur son chemin. Il marqua la peau de son sein gauche d’une marque violette ; là, personne ne la verrait, personne ne lui poserait de question, c’était ce qu’il espérait, du moins.

Zéphyr s’affaira aussi à retirer son pantalon à Sasha, avec son aide, puis il prit cette fois la peine d’admirer ses sous-vêtements. C'était une culotte rouge, pourpre même, et ça se voyait qu’elle avait coûté une blinde. Zéphyr soupira de plaisir, il voyait le moment fatidique arriver. Il plongea directement sa tête vers cet ultime vêtement, et s’appliqua à l’enlever avec ses dents. Ne croyez pas que c’était une tâche facile, il avait fallu des années d’entraînement pour qu’il y arrive. Il était déconcentré par des milliers de petites choses – les soupirs de Sasha ou les effluves qui s’échappaient de son corps bouillant par exemple – mais il parvint à retirer ce dernier vêtement, et dès lors, les choses sérieuses commencèrent.

***

Il n’y avait plus de draps sur le lit improvisé de la tour d’Astronomie, et ça suffisait certainement à résumer la dernière heure qui s’était écoulée. Zéphyr souriait, béat. Heureusement qu’il avait eu la merveilleuse idée d’insonoriser la pièce, voilà ce qu’il était en train de se dire. Une fine couche de sueur recouvrait la moindre parcelle de son corps nu. Sasha avait la tête posée sur son cœur, et il caressait son dos du bout des doigts, doucement, tendrement. Il observa les étoiles, au-dessus de lui ; c’était magnifique. Ses yeux fatigués se fermèrent progressivement. Le silence était complet, marqué simplement de la respiration des deux amants, de plus en plus calme.

Quelques minutes plus tard, alors que le sommeil emportait Zéphyr dans son antre pleine de rêves, il prononça quelques mots, ce qu’il espérait être la traduction de ce qu’avait plus tôt dit Sasha :

« Mujge tumae mahabbat hai. »

Il l’aimait. Il en était certain, aussi sûr que la Terre tournait autour du Soleil, c’était la seule réponse sensée à tout ce qu’il vivait en ce moment. Zéphyr amoureux. Zéphyr amoureux de Sasha. Zéphyr et Sasha, Sasha et Zéphyr.
Le jeune homme s’endormit en pensant à elle. Ce n’était pas la première fois, mais à partir de ce soir-là, ça se produisit toutes les nuits, sans exceptions. Zéphyr était damné à s’endormir en ne pensant à rien d’autre qu’à la femme qu’il aimait plus que tout.  

Spoiler:
 



______________________

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MessageSujet: Re: « Baby running after you is like chasing the clouds » ♥ SAPHYR Lun 9 Déc - 17:58


y a    p o l u b i l a    t i e b i a .




« J’ai supposé que ça voulait dire que c’était à mon tour de te torturer. En tous cas, je me mets au russe dès la semaine prochaine, ça ne peut pas être mauvais pour mes affaires de toutes façons. »


Un doux sourire naquit sur les lèvres de la rousse, elle lui donnerait des cours de russe. Et vraiment très bien supposé, c'était un peu plus romantique que cela en réalité mais bon, au final elle obtenait ce qu'elle voulait, et lui aussi. Car oui elle était tombée amoureuse de lui, c'était un fait impossible à nier, et oui se laisser torturer par ce beau brun ne la dérangeait absolument pas. Au contraire, elle resterait prisonnière de ses lèvres et de ses mains des jours entiers si elle le pouvait. Mais pour l'instant c'était impossible, autant profiter au maximum de ce moment dans ce cas là. D'autant plus que ça devenait de plus en plus sérieux, le beau brun avait envoyé valser son pantalon et ses chaussettes déjà, ainsi que sa chemise qui s'était retrouvée aux côtés du pull de la biélorusse, et cette dernière elle, se trouvait sous le corps brûlant de Zéphyr. Il semblait en avoir marre de languir et elle ne pouvait l'en blâmer, il passa directement aux choses sérieuses.
Sasha perdit dans la foulée son débardeur et son soutien gorge, Merlin il avait des mains expertes ou quoi ? Il était bien rare de voir des damoiseaux aussi doués dans l'art de défaire les petites attaches de ce sous vêtement, impressionnant. Mais elle ne se focalisa pas longtemps là dessus puisqu'il était déjà en train d'embrasser chaque parcelle de sa peau, elle en soupira de plaisir, plus particulièrement quand il se rapprocha de sa poitrine où il se permit d'ailleurs de laisser une petite marque. Marquait-il son territoire celui là ? C'était le premier qui pouvait se le permettre, mais aussi le seul qui n'en avait pas besoin, bien qu'elle ne soit pas prête à cesser de s'amuser, elle ne prendrait plus le même plaisir dans les bras d'un autre. Zéphyr l'avait laissé sa trace, indélébile, profonde, en plein dans le cœur de la biélorusse.

Un pantalon, un boxer, une culotte et deux coups de dents plus tard, le jeune couple se perdait totalement. Nus comme des vers, ils se redécouvraient tout en explorant les limites de la capacité d'insonorisation du sortilège de l'anglo-pakistanais, très efficace d'ailleurs..


***



« Mujge tumae mahabbat hai. »

Quoi ? Comment ? Trop tard il dormait déjà. Sasha avait les yeux fermés et la tête posée sur le cœur du damoiseau lorsqu'il souffla cette étrange phrase, dans une langue qu'elle ne maîtrisait pas. Pauvre petite surdouée incapable de comprendre quatre mots, frustrant, mais tant pis. Elle pouvait essayer de deviner ? Et s'il lui avait dit la même qu'elle un peu avant ? Avoué ses sentiments peut être ? Luz l'espérait vraiment, mais elle ne pourrait en avoir la certitude qu'au matin, quand il se réveillerait avec un beau mal de tête, elle l'obligerait à lui donner la traduction. Ce n'était plus l'heure pour discuter, le roi des rouges et ors dormait tout contre elle, la respiration calme et régulière qu'il arborait suffisait à le comprendre, et elle aussi, était véritablement épuisée. Elle avait prit son pieds et sentait encore son cœur battre au creux de ses hanches, des frissons parcourir certaine zone inconnue de son corps.. Il pouvait être fière de lui ce beau bâtard, l'alcool ne l'avait en rien desservit, â croire que
c'était facile de la rendre folle même en étant amoindrie, et pour lui, c'était le cas. C'est donc avec un sourire idiot qu'elle s'endormit, la tête toujours bien calée sur le torse du sorcier et le corps recroquevillé tout contre lui, totalement nue et encore perlante de sueur sous la lumière des étoiles.


***


Ce sont les rayons du soleil qui réveillèrent la sorcière au sang de vélane, ils vinrent lui chatouiller le nez et lui faire ouvrir doucement les yeux. Sasha s’étira comme un chat et réalisa que quelque chose lui entourait le ventre, un bras et une main. Dans la nuit ils avaient changés de position, la belle s’était tournée et collée un peu plus contre le beau brun qui lui, avait noué son bras autour d’elle et caché son visage dans les cheveux couleur de feu de Luz. La position de la cuillère en somme. Confortable et classique, et instinctive aussi certainement, nous tâcherons d’oublier le fait que les deux jeunes gens étaient nus, ni l’un, ni l’autre n’avait eut la force d’aller s’habiller après leurs ébats de la veille, ni même de se lever dans la nuit pour retrouver un peu de décence, et Sasha, nue comme un nouveau née, dormit aussi bien qu’un bébé. Mais ce fichu soleil l’a réveilla trop tôt, bon, lorsqu’elle se redressa doucement – après avoir décalé le bras du beau brun – elle dût reconnaître que la vue était superbe. La belle quitta donc le lit si confortable et enfila sa culotte pourpre ainsi que son débardeur blanc, juste pour se couvrir un minimum avant d’aller vers la rambarde, on ne sait jamais. Imaginez qu’un fan de quidditch matinale ait choisi de faire une balade en balai si tôt, et qu’il se soit approché de la tour pour voir une jolie rousse nue, ce serait dangereux, il n’aurait jamais pût gérer sa trajectoire et regarder son corps de rêve, donc il serait tombé, et elle aurait eu ça sur la conscience. Donc non, s’habiller était la meilleure solution.
Accoudée non loin du vide qu’elle prenait grand soin de ne pas regarder, elle ne ressentait pas la fraicheur matinale encore présente à cette saison, le sortilège du jeune homme, en plus d’être insonorisant, les avait protégés du froid dans une bulle de chaleur. La magie était vraiment pratique il fallait bien l’avouer, et elle allait l’être une nouvelle fois car Sasha comptait bien profiter du service d’étage, enfin se faire livrer le petit déjeuner si vous préférez. Elle revint donc près du lit et s’agenouilla pour trouver sa baguette dans son jeans, le morceau de bois noir aux gravures grisâtres fut rapidement dans ses mains claires et lorsqu’elle se concentra sur un souvenir agréable afin de faire apparaître son patronus, elle se surprit elle-même. Jusqu’ici, c’était son petit frère qui lui venait à l’esprit pour réussir ce sortilège, même si depuis le décès de ce dernier son patronus était un peu moins net, il n’en restait pas moins sa première source d’inspiration, mais là, c’est son présent qui lui servit. Elle posa son regard gris-vert sur le corps du damoiseau toujours endormi, un sourire béat aux lèvres et une intense sensation de bonheur qui vibrait dans tout son être, elle souffla deux mots magiques.

« Expecto Patronum. »

Une vive lumière blanche baigna la pièce et cela venait de la baguette si sombre de Sasha, une créature se matérialisa devant elle et fit plusieurs fois le tour des lieux, la sorcière s’était beaucoup entraîné pour réussir à projeter un patronus corporel, et à chaque fois cela lui demandait de la concentration, mais là, c’était venu tout naturellement. Un instant, elle se demanda s’il avait changé, certains chocs émotionnels pouvaient transformer un patronus corporel en un autre, mais non, son requin marteau de quatre mètre était bien là, et il se dirigea rapidement vers la porte, direction les cuisines pour délivrer son message. En attendant, Sasha s’assit sur le matelas près du beau brun, en tailleur, et le contempla en train de dormir, ça faisait amoureux niais, mais tant pis. Il fronçait les sourcils à cause des rayons du soleil et commençait à s’agiter, il allait bientôt émerger. Regretterait-il cette nuit ? Allait-il lui dire que les effets de l’alcool lui ont fait faire n’importe ? Un instant elle s’inquiéta, et si soudain il redevenait raisonnable hein ? Non il n’avait pas le droit, pas après cette soirée, c’était trop tard maintenant. Elle avait tenté d’éviter tout ça en fuyant et il l’avait retenu, donc il fallait assumer jusqu’au bout, elle était amoureuse de lui, elle lui avait dit, en russe certes mais ça comptait malgré tout.  

« Bonjour bel endormi. »

Zéphyr ouvrit les yeux et se fit assaillir par le visage de Sasha qui ne lui laissa même pas le temps de bouger, elle lui captura les lèvres dans un doux baiser et tomba allongée à ses côtés le sourire aux lèvres. Oui elle se comportait comme s’ils étaient ensemble à l’embrasser comme ça au réveil, à l’appeler le bel endormi pour ensuite venir se blottir tout contre lui. Car après s’être laissée glisser dans le lit, elle se cala sous le drap et se colla au damoiseau, calant sa tête dans son cou sans lui demander son avis. Sasha s’était complètement recroquevillée, les yeux grands ouverts et pétillants de malice, elle était bien réveillée et de très bonne humeur, puis elle voulait le partager.

« Bien dormi ? Pas trop mal à la tête.. ? »

Un tantinet moqueuse la belle, elle souffla ces quelques mots d’un air rieur, après tout c’était justifié, il avait trop bu la veille donc il pouvait très bien avoir la gueule de bois ce matin. Mais pas le temps de le charrier plus car un plop se fit entendre, petit bruit signifiant que le patronus de la rouquine avait fait son boulot et les elfes du château également. Tout en se redressant – et en embarquant le drap avec elle - pour attraper le panier garnit, la rouquine se posa une question presque anodine pour un sorcier, quel était le patronus corporel de Zéphyr ? Il devait en avoir un c'était évident, mais quel animal ? Un lionceau pourquoi pas ? Ce serait amusant et ça lui irait bien, mais ça pouvait tout aussi bien être un raton laveur, un scarabée ou un rouge gorge. Elle lui poserait la question un jour. Alors qu'elle réfléchissait très sérieusement à la question du patronus de l'anglo-pakistanais, Sasha attrapa le plateau/panier et le posa sur la couverture, sur ses jambes. Il y avait tout, les parts de gâteaux au chocolat, les petites viennoiseries, le jus de fruit, les chocolats chauds et crémeux et les fruits. Bon elle avait pris la liberté de commander pour le damoiseau mais il fallait se lever plus tôt. Sur ses jambes elle commença à déballer le tout, elle découvrir un mécanisme et le panier devint un plateau avec des petits pieds sur lequel elle pût tout installer ; les deux chocolats fumant l’un à côté de l’autre et les gourmandises autours, les verres de jus de fruits frais.. Sasha souleva doucement le plateau – qui était pratique - et le rapprocha du beau brun, tout en se rapprochant de lui elle aussi, et elle installa le petit déjeuner entre eux d’eux.

« Tu es servi petit roi, j’espère que tu aimes le chocolat chaud. Et il y a des viennoiseries, du gâteau et des fruits. »

La jeune et jolie affamée prit une grosse part de gâteau et l’enfourna entre ses lèvres tout simplement elle croqua avec appétit dedans et se retint de rire l’instant d’après, réalisant qu’elle n’était pas du tout glamour en se goinfrant ainsi. Mais rire aurait été pire car elle aurait mis des miettes partout et là ça aurait été le pompon, mais bon elle n’allait pas s’empêcher d’être gourmande si ? Non évidemment. Donc elle se tut et avala juste derrière une longue gorgée du chocolat brûlant, puis mangea encore du gâteau au chocolat, tout sourire, heureuse, et aussi, amoureuse.
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MessageSujet: Re: « Baby running after you is like chasing the clouds » ♥ SAPHYR Lun 9 Déc - 21:52

Sasha & Zéphyr  
« So lets be sinners to be saints
And lets be winners by mistake
The world may disapprove
But my world is only you
And if we're sinners then it feels like heaven to me »

© Ecstatic Ruby


Zéphyr sentait la douce chaleur des rayons du soleil sur son dos nu. Etrange que ça lui arrive au mois de mars, et pourtant c’était bel et bien réel. L’ancien Gryffondor se réveillait dans la Tour d’Astronomie de Poudlard alors qu’il avait quitté l’établissement depuis déjà de longs mois, le soleil réchauffant sa peau alors qu’on était au mois de mars, et pourtant rien de cela ne lui paraissait irréel, pas plus en tous cas que la présence de Sasha à ses côtés. Il ne savait toujours pas pourquoi, comment, mais elle était là, près de lui. Elle n’était plus allongée contre lui, mais il sentait comme une présence près de son corps. Peut-être s’était-elle réveillée avant lui, et l’observait dormir. A cette idée, Zéphyr s’agita … et s’il avait un filet de bave qui dégoulinait le long de sa lèvre ? Et s’il avait adopté une position complètement ridicule ? Sasha devait voir en lui un prince charmant, pas un crapaud. Alors, le soleil plein la tête, il ouvrit les yeux. Une vision divine l’attendait : la jeune fille, à moitié Vélane, son visage illuminé par le soleil et entouré de sa crinière rousse et emmêlée, un doux sourire aux lèvres, murmurait quelques mots. Ça sonna aux oreilles du garçon comme un coup de marteau sur un mur vide, alors qu’elle avait eu l’air de murmurer. Merlin, rappelez lui pourquoi il avait bu, déjà, histoire qu’il ne le fasse plus jamais la même erreur. C’était un compliment, en plus, s’il avait bien compris : « Bel endormi ». Bon, ça va, tranquille alors, il ne devait pas être si laid que ça au réveil. Tant mieux, il aurait eu honte sinon, et sa mère et ses sœurs n’auraient pas été fier de lui. Pour elles, il était le plus beau, en permanence ; il devait être à la hauteur de ce rôle.

Zéphyr n’eut même pas le temps de maugréer un bonjour que déjà Sasha se penchait vers lui pour capturer ses lèvres à nouveau, comme elle savait si bien le faire. Ce n’était pas comme la nuit précédente, rempli de désir fiévreux, c’était beaucoup plus doux, tendre, et pourtant tout aussi bon. Quel meilleur réveil que celui-ci ? Zéphyr aurait pu faire ça tous les jours, se réveiller aux côtés de Sasha, l’embrassant sans fin, plutôt que de grelotter dans un abris-bus. Merlin, comme il aurait adoré pouvoir faire ça tous les matins, le rêve.
La jeune fille s’allongea à nouveau. La présence de vêtements sur son corps fit réaliser à Zéphyr que lui, au contraire, était parfaitement nu. Pas qu’il était gêné, il était parfaitement à l’aise face à Sasha, mais la possibilité que quelqu’un l’aperçoive n’était pas nulle. M’enfin, il n’en avait pas grand-chose à dire, à vrai dire, il était bien plus préoccupé par son observation des traits du visage de Sasha. Vélane ou pas vélane, elle était magnifique. Son meilleur ami aussi avait du sang de Vélane dans les veines, mais il n’était pas aussi beau – il était très beau mais pas à ce point. Ses yeux brillaient presque autant que sa peau laiteuse sous le soleil. Zéphyr ne se lassait pas de la regarder, mais malheureusement il dû fermer les yeux quand elle ouvrit à nouveau la bouche, tant sa voix lui donnait mal au crâne :

« Bien dormi ? Pas trop mal à la tête.. ? »

Comment avait-elle deviné ? Bon, il ne fallait pas être très intelligent pour déduire que deux et deux font quatre, m’enfin. Pour réponse, le garçon se contenta de lever sa main vers ses yeux pour se les frotter avec force, espérant peut-être que ça réveillerait sa vision floue, avant de masser ses tempes, espérant cette fois-ci réduire son mal de crâne qui ne faisait qu’augmenter quand Sasha parlait. Zéphyr n’eut pas non plus le temps de répondre puisqu’après un petit son, un requin marteau fait de lumière argentée débarqua dans la pièce. Le garçon equarquilla ses orbes avant de comprendre de quoi il s’agissait : le patronus de Sasha était tout simplement un requin. Marrant, quand on sait que celui de Zéphyr était un poisson rouge. Il souriait, regardant sa belle se diriger vers son animal, qui emportait avec lui un panier, qui semblait être d’ailleurs un panier de provisions. Son cœur se mit à battre plus vite tandis qu’il se redressait sur le matelas. Avait-elle vraiment commandé de la nourriture ? Aux Elfes ? Avec son patronus corporel ? Merlin, mais quelle sang-pure. Il secoua la tête de gauche à droite, histoire d’être sûr de bien être éveillé. Petit déjeuné au lit.

« Tu es servi petit roi, j’espère que tu aimes le chocolat chaud. Et il y a des viennoiseries, du gâteau et des fruits. »

Zéphyr se lécha littéralement les babines, avant d’attraper dans le panier que Sasha avait déposé sur le matelas un pomme, dans laquelle il croqua avec gourmandise. Il adorait les pommes. Sasha, elle, avalait un gâteau au chocolat que Zéphyr aussi ne tarderait pas à goûter. Il se penchait vers le chocolat chaud, fermant les yeux pour sentir l’odeur douce du cacao agrémenté de lait.

« Merlin, ça fait quinze ans que j’en n’ai pas bu. J’ai oublié combien c’était génial de vivre et manger à Poudlard … »

A Poudlard il avait été logé, nourri et blanchi. Aujourd’hui, il se contentait d’un café serré pour petit déjeuné, déposait une fois par semaine ses vêtements à la laverie, et logeait entre les trois balais, les appartements de différentes nanas et la rue. Mais il ne pouvait pas se plaindre. Ses sœurs vivaient quasiment ainsi depuis 10 ans, alors que lui était bien au chaud entre les murs du château. La dernière fois qu’il était allé les voir, elles lui avaient sauté dans les bras, le remerciant parce que grâce à lui, elles avaient eu du chauffage tout l’hiver. Il en avait eu les larmes aux yeux. S’il faisait tout ça, c’était pour elles, et il était plus qu’heureux de voir ses efforts payer. Bref, Zéphyr se goinfra, profitant de ce repas gratuit sans gêne, en même temps Sasha avait aussi l’air d’apprécier la nourriture. Le lit était recouvert de miettes et de bouts de viennoiseries, mais ce n’était pas grave, il était de toutes façons voué à disparaître. Entre sa part de gâteau et une nouvelle gorgée de chocolat chaud, Zéphyr prit le temps de s’étirer. Comme un chat, il tendit ses bras vers le ciel bleu, fermant les yeux quelques instants, profitant de ce moment où il sentit tous les muscles de ses bras et de son torse se détendre. Quand il les rouvrit, il les posa sur ceux de la jeune fille, et tendit son bras vers elle, et caressa sa joue pleine de nourriture d’un sourire amusé.

« Ça creuse, tout ce sport de chambre … »

Il lui fit un clin d’œil et retourna sur son brownie, amusé. Il se repassait en tête sa nuit, mémorable, encore une fois. Mieux que la première fois, parce qu’ils se connaissaient bien, alors que la première fois avait aussi été inoubliable. Est-ce que ça allait continuer comme ça, à n’être que mieux ? Ils allaient finir par atteindre un plafond, c’était impossible autrement.
Petit à petit, la réalité revenait à Zéphyr. Par chance, il s’était réveillé de très bonne heure, mais il fallait sans nul doute qu’il parte de là très bientôt. Il aurait bien aimé prendre une douche, en compagnie de la jeune fille si possible, mais ça devrait attendre le moment où il retournerait chez sa mère récupérer ses affaires. Elijah devait sûrement déjà être parti, il lui avait dit la veille de ne pas l’attendre, au cas où, et il avait bien fait. En tous cas, c’était certain, il devait partir, pour sa propre sécurité. Il ne tenait pas particulièrement à terminer à Azkaban simplement parce qu’il avait dormi un soir de trop dans le château, ç’aurait été vraiment débile. En plus il avait des livraisons à faire.

« Je suis désolé de dire ça, mais faut que je parte, maintenant, vraiment … Je finis mon chocolat, je m’habille et j’y vais … »

Une vague de tristesse passa sur le visage du garçon. C’était la première fois qu’il disait ça à une nana, certainement. Il avait passé une des meilleures nuits de sa vie, et pourtant il devait quand même quitter la nana qui l’avait rendue si géniale. Il attrapa sa tasse, noya son regard dedans, avant d’adresser un sourire triste à la jeune fille. Ils n’avaient même pas eu le temps de parler avec elle, juste de manger et de la regarder manger (ne vous méprenez pas, ça avait été une expérience très enrichissante – elle était exactement comme lui : Gourmande au possible). Bientôt, il se levait, nu comme un bébé, pour enfiler ses vêtements. Au passage il avait aussi attrapé sa baguette, et s’en servit pour rendre à ses vêtements une apparence normale. Le pantalon était toujours rouge, mais il n’était pas bouffant. Les dentelles de la chemise avaient disparues, et les chaussettes avaient repris une taille normale. Il s’habilla aux pieds du lit, évitant le regard de la jeune fille. Avec les autres, il partait sans le moindre remords. Là, il avait l’impression de déchirer son cœur en mille morceaux.
Avant d’enfiler ses chaussures à talonnettes, il se retourna vers Sasha, incapable de se retenir plus longtemps. Il l’embrassa à nouveau, coléreux. Il la reversa à nouveau sur le lit, une main posée sur son sein gauche, l’autre perdue entre sa joue et ses cheveux. Le baiser dura quelques minutes, peut-être moins, peut-être beaucoup plus, il ne s’en rendait jamais compte.

« Tu m’écris, Sasha, hein ? Promets-moi que tu m’écriras. Et ne m’oublie pas ! C’est les vacances, bientôt, non ? On pourra se voir, dit moi juste quand, et je m’arrangerai, d’accord ? »

Il prononça ces mots entre des dizaines de baisers qui ne semblaient être rien de mieux que des baisers d’adieu, comme si ils n’allaient jamais plus se voir. Peut-être allait-ce être le cas ? Peut-être ne se verraient-ils plus, peut-être Sasha l’oublierait-elle à peine aurait-il franchi la porte – ou la fenêtre, il comptait partir par les airs, en balai. Quand il arrêta de l’embrasser, il plongea ses yeux chocolat dans les siens, attendant clairement une réponse. Il était peut-être ridicule dans ses demandes, ne savait pas vraiment pourquoi il les formulait ainsi, au moment de partir, avec la gueule de bois du siècle, mais il s’en fichait. Il l’aimait, voilà ce qu’il savait. Et il avait besoin qu’elle lui écrive, pour être sûr qu’elle ne l’oubliait pas, elle. Parce que lui ne l’oublierait pas, jamais. On n’oublie pas les gens qu’on aime.
Merlin, si seulement il savait comment arrêter le temps, c’était maintenant qu’il lancerait le sortilège. La scène était parfaite, magistrale, et il aurait voulu la faire durer toujours. Malheureusement, il ne connaissait pas ce foutu sort, même s’il était sûr qu’il existait. Si Nicolas Flamel avait réussi à arrêter la Mort, quelqu’un avait bien dû réussir à arrêter le Temps.

Zéphyr lâcha sa proie, acciota ses chaussures qui vinrent presque immédiatement se placer sur ses pieds. Il récupéra aussi sa couronne, qu’il vissa à nouveau sur son crâne, et accrocha sa cape à son cou. Il était méconnaissable, ainsi habillé, et c’était pour le mieux. Il s’apprêtait à s’envoler du château le mieux protégé de tout Poudlard, au moins si quelqu’un le voyait, il ne se dirait pas immédiatement que Ishak Zéphyr Aït-Malek s’enfuyait de la Tour d’Astronomie. Juste qu’un malade avec une cape de roi semblait avoir quitté sa tour de bonheur pour rejoindre un monde beaucoup plus sombre. Puis, il se retrouva sur la balustrade, et acciota un balai. Il plongea une dernière fois ses yeux dans ceux de Sasha, l’air suppliant. « M’oublie pas, je t’en supplie », voilà ce que son regard exprimait. Il avait tellement peur. Peur de sortir cette chambre et de ne plus jamais ressentir ce qu’il ressentait, il ne pouvait plus se passer d’elle … Le balai lui arriva une ou deux minutes plus tard. Il grimpa sur la balustrade, debout en équilibre sur ce fin bout de bois. Il planta sa baguette vers la protection invisible, et fit disparaître les sorts qui les protégeaient du monde extérieur ; soudain, une bourrasque digne du meilleur mois de mars vint s’écraser en plein sur la figure du garçon. Déséquilibré, il se laissa simplement tomber dans le vide qui se tenait face à lui. Il se laissa tomber en silence pendant une seconde, peut-être une seconde et demie. Et puis il glissa son balai entre ses jambes et remonta en pic vers la tour, hurlant à plein poumon sa joie. Mille ans qu’il n’avait pas volé sur un balai, et il avait oublié combien la sensation était bonne. La cape devait certainement lui donner un effet à la Batman, ce qui n’était absolument pas déplaisant. Il remonta jusqu’au niveau de la jeune fille, qui avait un air effaré au visage. Il éclata de rire, et fit :

« A bientôt Sashimi ! »

Lui adressant un ultime regard, il se retourna, et fonça aussi vite que son balai d’une qualité médiocre lui permettait. Direction Sud, Pré-Au-Lard. L’air frais lui faisait du bien, il se sentait vide, perché tout là-haut sur son balai. Peut-être était-ce réellement le cas. Peut-être avait-il vraiment laissé un bout de lui avec Sasha, créant du même coup cette sensation de vide. Peut-être lui avait-il  laissé son cœur. Surement, même, et il était persuadé que c’était elle, qui lui avait volé.


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