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Je cherche de la drogue, pas de la pitié. - Ado' -

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MessageSujet: Je cherche de la drogue, pas de la pitié. - Ado' - Sam 1 Oct - 20:53

  • Elle va tomber, c'est sûr. Ses pas chancelants l'amènent difficilement à la bibliothèque. Elle vacille, se rattrape de justesse au mur. Un groupe d'élèves sort d'une salle toute proche. Elle se redresse et tente de paraître " en bonne santé ". Un Première Année s'approche.

    - Tu as besoin d'aide, Lula ?

    Elle passe une main dans ses cheveux abimés et étire ses lèvres en un sourire affreux. Elle est tellement célèbre, à Poudlard. Lula le scrute puis finit par déclarer, d'une voix lente :

    - Par Merlin. Tu as une horrible tête.

    Le garçon la fixe. Ses traits ne sont plus animés par la bonté mais par le mépris. Monsieur ne veut plus être gentil maintenant qu'elle l'a insulté ? Tss. De toute façon, elle n'aurait rien accepté de lui. À part quelques cigarettes et un peu de whisky. Il ne doit pas avoir ça sur lui. Il plisse les yeux, lâche un dédaigneux " Camée " et s'en va.

    Connard.

    Elle continue à marcher. Lula s'arrête, pendant une poignée de secondes. Elle fouille dans les poches de sa cape. Elle trouve enfin ce qu'elle cherche. La potion. Elle enlève le bouchon, avale le liquide d'un coup sec et jette le flacon contre un mur. Il se brise en mille morceaux, qui scintillent d'une lueur hypnotisante au soleil. Lula, captivée, reste figée.

    Puis, elle se bouge enfin. Grâce à la potion - envoyée par Maman Bell, évidemment -, elle se sent mieux. Sa démarche se fait assurée. Sa peau redevient saine, ses pupilles ne sont plus dilatées, sa bouche, déchirée et ensanglantée, retrouve sa douceur et sa fermeté. Lula ne pense pas au prix que peut couter une telle potion, ni au temps qu'elle gaspille. Se droguer, être faible, prendre la potion, être mieux, se droguer. Un cercle infernal qui la hante et la détruit un peu plus chaque jour.

    Elle pénètre dans la Bibliothèque.

    Les regards se tournent automatiquement vers elle. Lula entend quelques bribes de conversation. " Elle n'a pas l'air si mal aujourd'hui. Enfin, façon de parler. " " Tiens, elle s'est coiffée ? " " Je parie que c'est grâce à Narcissa qu'elle est habillée. " " La pauvre. " Elle ignore tout ça, un rictus amusé aux lèvres. Dans le tas, entre ceux qui la prennent en pitié et ceux qui l'insultent, une bonne moitié ira la voir, plus tard, pour qu'elle leur vende une ou deux pilules. Ils ont l'air propre sur eux, à ne rien toucher. Mensonges. Ils la jalousent, ils l'envient. Sa destruction les attire, et ça, personne ne pourra dire que c'est faux.

    Lula se glisse entre deux rayons.

    Ses doigts parcourent les titres, effleurent les couvertures, caressent les pages. La blonde a toujours aimé les livres. Plus que tout au monde. À cet instant précis, elle se sent redevenir la Lula d'il y a quatre ans, curieuse et vive. Elle se rappelle bien vite pourquoi elle est là : Trouver la " recette " d'euphorie. Au lieu de prendre un peu de poudre, une potion sans risques fera très bien l'affaire.

    C'est alors qu'elle entend une voix, à l'accent clairement français, l'interpeller.

    Qu'est-ce qu'il me veut ?


Dernière édition par Lula E. Bell le Sam 8 Oct - 10:42, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Je cherche de la drogue, pas de la pitié. - Ado' - Ven 7 Oct - 21:10


Lula E. Bell et Adonis Leroy
Je veux de la Drogue, pas de la pitié



Adonis était quelqu'un de très curieux. Deux semaines après la rentrée, il s'attaquait à la visite de la bibliothèque. Le meilleur endroit pour en apprendre un peu plus sur son entourage. Rumeurs, vraies ou pas, histoires, légendes ''Poudlariennes'', tout était bon à prendre. Il fallait qu'il en sache le plus possible, ou sa soif de savoir ne serait jamais étanche. Que ce soit des livres, ou des paroles. Tout. S'il pouvait, il irait trouver le Diadème mythique et perdu de Serdaigle pour apprendre plus vite. Mais … Il était perdu ! Alors le voilà, qui se baladait entre les rayons.

Il entendait plusieurs histoires. Madame Pince en grande conversation avec MacGonagall, la professeur de Métamorphose sur LE sujet du moment : Le plus grand Mage noir de tout les temps. Fallait-il s'inquiéter ? Sûrement. Il avait choisi la meilleure place possible. Une table, seul pour que personne ne puisse venir le déranger, tout près d'une autre, ronde, qui accueillait un groupe de 5 troisième ou quatrième année de toutes les maisons. Les ragots fusaient dans tous les sens. Certain, et il en fut heureux, parlaient de lui. « Le Français à avoir dans son lit » alors ? Mais ce n'est pas vous qui aurez Adonis mesdemoiselles ! C'est lui qui vous aura ! Ça parlait aussi beaucoup du groupe phare, les ''Maraudeurs''. Celui qui lui plaisait le plus, rien qu'à entendre parler de lui était Sirius. Séducteur, beau, un peu arrogant. Tout lui ! Les filles avaient aussi évoqué le nom de son amie, Cissy, et ça disait notamment que son image de Reine intraitable finirait par passer si elle continuait de s'occuper d'une certaine Lula. Quel nom étrange ! Mais enfin, jamais, jamais Narcissa ne se laisserait détrôner. Elle était bien trop fière pour ça. Et de toutes façons bien trop puissante …

Il y avait beaucoup de va-et-vient dans la bibliothèque, mais elle restait globalement silencieuse. Jusqu'à ce qu'Elle arrive. Là, le silence était presque de mort, avant que les chuchotis ne recommencent.

Qui était-elle ? Adonis ne le savait pas encore, mais à peine la vit-il qu'il fut comme hypnotisé. Elle était d'une maigreur folle. Démente. Son allure était paradoxale. Son teint ne s'accordait pas bien avec le reste de son corps. Il était coloré, alors qu'il aurait dû paraître grisâtre avec sa maigreur … Ses cheveux étaient rêches, ternes, mais coiffés, ses ongles étaient rongé jusqu'aux sang. On pouvait distinguer, compter même chacun des os de ses phalanges. Comme les pattes d'une araignée, agile. Elle avait une allure bizarrement vive. Où se dirigeait-elle ? Dans un recoins sombre de la bibliothèque.

« Oh ben tiens, Lula ! Elle n'a pas l'air si mal aujourd'hui ! » Disait une petite. Alors c'était elle. Adonis se leva. Il attrapa son sac d'une main, et la suivit discrètement. Elle ressemblait tellement à Cornélia. Adonis se stoppa. Oh non. Elle ressemble à Cornélia. Elle va mourir alors ? Se suicider lentement ? Comme son ex l'avait fait ? Mourir d'amour pour quelqu'un, Adonis savait que c'était possible maintenant. Il ne pouvait pas. Il ne pouvait pas la laisser comme ça. C'était contre lui. Il se remit à marcher. Il passa une grille : RESERVE. Que cherchait-elle ? De la drogue. Que cherchait-il ? Un moyen de se racheter.

« Il n'y a rien de bien intéressant par ici Cornélia. »

Mince. Trop tard. Pas le bon prénom.

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Dernière édition par Adonis Leroy le Lun 21 Mai - 17:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Je cherche de la drogue, pas de la pitié. - Ado' - Dim 9 Oct - 14:06

  • « Il n'y a rien de bien intéressant par ici Cornélia. »

    Lula se retourne vivement. Un Français. Même pas capable de se rappeler son prénom. Elle le vrille de son regard clair. Ses paupières sont lourdes de maquillage - sombre, évidemment - et ses cils, allongés à l'infini, forment comme un écrin pour ses prunelles bleues. Ses pommettes saillantes lui donnent un air noble et mettent, d'une manière étrange, ses yeux en valeur.

    Alors, elle est là, ne disant rien, en train de le fixer. Le silence s'étire, s'étiole, se déchire. Dans l'obscurité oppressante de la Réserve, tout semble décuplé. Le malaise ambiant, la maigreur de Lula, la beauté d'Adonis. Le jeu des ombres et lumières la fait paraître plus grande, encore plus décharnée. Un cadavre parmi les livres. L'atmosphère est lourde, tapissée d'élégance et de décadence.

    Elle finit enfin par esquisser un sourire - horriblement joyeux - et s'approche de lui. Une odeur de sucré, de feu et de cigarettes l'enveloppe. Ça donne un peu mal à la tête, un peu mal au coeur. Serait-ce l'odeur du désespoir, de la finalité, de la lucidité de sa mort prochaine ?

    - Cornélia ? Raté.

    Sa voix cassée est amusée et son sourire s'élargit. Elle se recule, lui tourne le dos. Lula effleure encore quelques ouvrages, parcourt les titres. " Cabrioles et Potions : Source d'amusement pour tous vos amis ! ".

    - Avant de donner des ordres, la politesse est de connaître le prénom de son interlocuteur. Et... De connaître l'endroit où on se trouve. Si je ne m'abuse, tu n'es qu'un Français en voyage scolaire, non ? En quoi peux-tu prétendre savoir s'il y a des choses intéressantes ici ou non ? demande-t-elle.

    La jeune fille est restée calme et son ton, léger et posé, ne parvient pas à masquer la brutalité de ses propos. Le mot " Français " a été dit comme une insulte. Une injure, emballée dans un joli papier soyeux d'amabilité. Elle lui fait de nouveau face. Ses traits sont encore plus durs, plus creusés.

    Lula craque ses doigts, dans un horrible son. On a l'impression que ses os viennent de se casser, brisés en mille morceaux.

    - À moins que tu ne sois ici pour me vendre des produits ? Dans ce cas-là, tu es pardonné.
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MessageSujet: Re: Je cherche de la drogue, pas de la pitié. - Ado' - Dim 9 Oct - 20:48

HÉSITATIONS

Adonis n'était pas vraiment un gaffeur. Surtout pas avec les filles. Pourquoi, mais alors POURQUOI l'avait-il appelé ''Cornélia'' ?! Au fond de lui, il le savait. Elle lui ressemblait comme deux gouttes d'eau. Vraiment. Adonis ne doutait pas une seconde que avant d'être comme ça, presque aussi maigre qu'un squelette, tout comme son ex éplorée, elle devait être belle.

Qu'est ce qui l'avait rendu comme ça ? Adonis était curieux de nature, mais là, à cet instant, sa curiosité était si grande que ça en devenait presque malsain. Il était comme … Hypnotisé par son allure décharnée. Il voulait en connaître les raisons. Sans réellement vouloir l'aider à s'en sortir, il voulait essayer d'apporter un peu de joie dans son regard si vide, comme il aurait du le faire pour Cornélia.

Lula n'avait par contre pas du tout l'air intéressée par le jeune homme. Elle cherchait quelque chose, et lui … Il y faisait obstacle. Elle parla d'un ton froid, souriant tellement que ça en devenait triste. Adonis ne savait pas quoi dire, et ça, c'était très très rare. Surtout avec une fille.

- Cornélia ? Raté. Avant de donner des ordres, la politesse est de connaître le prénom de son interlocuteur. Et... De connaître l'endroit où on se trouve. Si je ne m'abuse, tu n'es qu'un Français en voyage scolaire, non ? En quoi peux-tu prétendre savoir s'il y a des choses intéressantes ici ou non ?

Il regarda ses pieds. Qu'est ce qu'il devait lui répondre ? Elle avait raison après tout ? De quoi se mêlait-il ? Ce n'était pas ses affaires, et sa remarque était complètement idiote ! Il la regarda alors effleurer les dos des livres, en retirer un de l'étagère, et finit par tourner les talons et commencer à partir, se maudissant intérieurement. Jusqu'à ce qu'elle dise :

- À moins que tu ne sois ici pour me vendre des produits ? Dans ce cas-là, tu es pardonné.

Elle avait accompagné ces paroles d'un claquement de doigts. Comme si elle l'appelait, comme un chien. Il hésita un instant. Comment devrait-il réagir ? Il ne savait pas. Mais il se retourna, il fit face à la jeune fille. Planta ses yeux dans les siens, entourés de maquillage, dernière partie de son corps qui était restée belle. Magnifique même. Il dit, d'une voix douce et mal assurée, tellement différente de son habituelle suave, grave et empreinte de confiance …

« Tu me fais terriblement penser à une … ancienne amie à moi, qui s'appelle Cornélia. J'ai la mauvaise manie de vouloir la protéger, et cet endroit ne me paraît pas très sûr-Bon, c'était un mensonge. Il ne l'avait justement pas assez protégée, pas du tout même. Mais il le regrettait tellement que c'était tout comme. Désolé de t'avoir appelé comme ça. C'est quoi alors, ton prénom ? Oh et non, désolé encore, j'ai rien sur moi, juste quelque cigarettes moldues. On peut aller en griller une si tu veux ?

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Je cherche de la drogue, pas de la pitié. - Ado' - Lun 10 Oct - 18:16

  • Le Français la fixe, plante ses yeux presque miels dans les siens, bleu clair. Il ne s'en rend peut-être pas compte mais c'est tout un combat qui s'engage. Un combat de titans, disputé par deux paires de prunelles éclatantes. Lula tente de faire passer une multitude d'émotions, que la plupart des gens englobe sous le mot " colère ". Frustration, hargne, haine, énervement, agacement, rejet. Une réaction sauvage, anti-sociale. Juste pour qu'il comprenne qu'elle n'est pas là pour devenir son amie ou subir sa désobligeante pitié.

    Elle cesse quand il se remet à lui parler.

    « Tu me fais terriblement penser à une … ancienne amie à moi, qui s'appelle Cornélia. J'ai la mauvaise manie de vouloir la protéger, et cet endroit ne me paraît pas très sûr. Désolé de t'avoir appelé comme ça. C'est quoi alors, ton prénom ? Oh et non, désolé encore, j'ai rien sur moi, juste quelque cigarettes moldues. On peut aller en griller une si tu veux ? »

    Quel comportement étrange ! Ce garçon est le modèle même de l'assurance, de la confiance en soi, de l'arrogance, avec ses cheveux parfaitement coiffé et sa moue savamment étudiée. Et là, il lui parle d'une voix douce, presque inaudible. Une voix de gamin peureux, d'enfant qui s'excuse. Une voix de Première Année. Elle se retient de pouffer - parce que oui, Lula est un peu garce parfois - et s'avance. Elle clame, haut et fort, fière de son identité :

    - Lula.

    Le prénom reste suspendu dans l'air, pendant un moment. Lula. Lula. Lula. Un prénom prédestiné, non ? On n'a pas l'impression que les Lula ont des vies heureuses, sans problèmes, un mari, deux gosses, une maison et un crédit. Lula, c'est du mal-être, de la souffrance, du désespoir à en crever. Lula, c'est un peu d'alcool, un peu de drogue, un peu de cigarette.

    Elle passe une main dans ses cheveux abîmés et soupire. Quelle fatigue soudain qui s'abat sur ses frêles épaules ! Une lassitude mentale qui l'envahit, petit à petit. Il lui faut un truc, une pilule, de la poudre, que sais-je !, pour la remettre d'aplomb. Lula ferme les yeux.

    - Pourquoi pas ? répond-elle. Mais...

    Elle entrouvre un oeil et fait une grimace mutine.

    - On la fume ici, dans ce rayon. Maintenant.

    Elle se mord la lèvre. Cornélia ? Elle a cette fugace impression que la phrase du Français s'accorderait mieux au passé. Bah, elle s'en fout. Lula sourit largement.

    - Alors ?
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MessageSujet: Re: Je cherche de la drogue, pas de la pitié. - Ado' - Mar 11 Oct - 14:03

AFFREUX

Adonis avait souvent vu des squelettes dans sa vie. Son oncle était un chirurgien magique renommé, sa maison en était remplie, et puis en cours de Défense contre les Forces du Mal, de Métamorphose ou de sortilèges, il en avait aussi vu des tas. Mais là, Lula, son corps… C'était pire que celui d'un squelette. Il était ... bien plus effrayant … Il était affreux. Pourquoi ? Certainement car c'était un squelette vivant...

Le jeune homme se demandait réellement comment elle pouvait tenir sur ses jambes, presque aussi frêles que les pattes d'une araignée. Il se demandait comment elle arrivait encore à porter un livre dans ses bras, si maigres. C'était forcément impossible. C'était de la Magie. Oui, ça devait être ça, réellement, forcément. Une sorte de Potion devait lui permettre de garder la forme sans manger, en buvant uniquement de l'alcool et en se droguant. Affreux.

Lula.

Lula.Lula.Lula.Lula … Ce mot résonnait dans sa tête. On ne portait pas ce prénom à 40 ans. Aucun octogénaire ne le portait. C'était pour les ados, pour les enfants ! Pas pour les adultes. Son nom lui était prédestiné. A ce rythme de décadence là, effectivement, jamais, jamais elle ne deviendrait adulte avec ce prénom là. Et même s'il ne la connaissait pas, Adonis en avait presque envie de pleurer. Quelle tristesse ! Ne jamais connaître les bonheurs de la majorité, de la trentaine, de la quarantaine etc ! Affreux...

Pourquoi pas ? Mais... On la fume ici, dans ce rayon. Maintenant.

Elle était complètement désespérée. Elle paraissait prête à tout pour réussir à … éprouver quelque chose. Adonis savait qu'il risquait sa place si on le surprenait en train de fumer. Il le savait. Mais qu'est ce qu'il ne ferait pas pour Cornélia ? Mais oui. Ce n'était pas Cornélia, Adonis le savait. Il avait tellement, tellement de culpabilité en lui, de l'avoir laissée s'enfoncer toute seule dans son cauchemar. En un an à peine, elle était morte, partie. Adonis se sentait affreusement coupable. Il fallait qu'il fasse quelque chose pour … Lula. Il avait même du mal à prononcer son nom en pensée.
Lula justement, s'impatientait :

« Alors ? »

Alors, alors … ? Que faire ? Il n'arriverait pas à la convaincre de sortir pour fumer. Ce qu'elle voulait, elle et ses grands yeux bleus plantés dans les siens, c'était d'éprouver quelque chose. Et ce n'était pas dehors qu'elle allait y arriver. Il devait la laisser. Il baissa le regard. Il devait, mais il n'y arriverait pas. Il plongea alors sa main dans sa poche arrière, en sorti son paquet. Il tourna la tête, jeta un œil, presque inquiet, à l'extérieur de la réserve. Personne. Il ouvrit donc la boîte, s'approcha de … Lula, et la lui présenta, pour qu'elle en prenne une. Pendant ce temps, il sortait de sa poche un des uniques cadeaux de son père, son Zippo argenté. Il alluma la cigarette que Lula avait déjà au bec. Puis la sienne. Puis le tout retourna dans sa poche.

« Qu'est ce que tu cherches alors, ici ? Et … On risque de se faire prendre ? »

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MessageSujet: Re: Je cherche de la drogue, pas de la pitié. - Ado' - Dim 16 Oct - 11:33

  • Adonis baisse le regard et Lula savoure. Soumission face à sa décadence, soumission face à son désespoir. Soumission face à Lula, ses grands yeux bleu et son corps décharné. Le garçon plonge donc sa main dans sa poche et en sort un paquet. Il lui présente, gentiment, et elle prend un cigarette. Avec délice, elle la fait tourner dans ses mains, elle s'amuse, joue avec le bâton blanc, synonyme de détente et de joie.

    Elle la glisse entre ses lèvres pâles et attend que le Français l'allume. Une poignée de secondes plus tard, c'est fait, et elle inspire une longue bouffée. Quel bonheur. Sentir la fumée âcre passée dans sa gorge, intoxiquer ses poumons puis remonter. Elle pourrait faire ça toute sa vie.

    « Qu'est ce que tu cherches alors, ici ? Et … On risque de se faire prendre ? »

    La fumée l'enveloppe et lui donne cette aura lourde, pleine de sens. Encore. Chaque instant avec Lula semble éternel, indolent et vertigineux. Chacun de ses gestes, chacune de ses paroles la rend encore plus mythique, plus surnaturelle, incompréhensible et toujours d'une laideur magnifique, dérangeante. Lula est un ange déchu, une déesse brisée, une enfant maudite.

    Mais, au fond, Lula, c'est une juste une sale gosse égoïste, au sourire affreux et au regard perdu.

    - Je cherche... Une potion d'euphorie, dit-elle de sa voix rauque. Et... Oui, on risque de se faire prendre. Mais, le truc, c'est que moi je n'aurais rien et que toi, tu auras deux heures de colle.

    Elle rit. Un son clair, cristallin, qui se brise dans l'obscurité. Elle tapote sa cigarette. De la cendre tombe au sol et elle reprend une inspiration, avide de nicotine.

    - Tu sais, la cigarette... Je me suis toujours dis que c'était un peu comme un suicide. Un suicide à long terme, qui dure et dure.

    Elle s'approche de lui. Elle baisse d'un ton et c'est presque en murmurant qu'elle fait :

    - Alors qu'il serait si facile de mettre fin à tout ce bazar... La cigarette, c'est pour les lâches et les inconscients. N'est-ce pas ?

    Lula se recule, s'appuie contre l'étagère. Elle sent comme une bosse dans poche. Prise d'une intuition fugace, elle fouille dedans. Oh oh oh ! Elle a senti quelque chose. Elle ressort sa main et l'ouvre. Dans sa paume, trois pilules colorées. Jaune, rouge, vert. Elle se demande vaguement comment elle les a eues et ce que c'est. Bah, tant pis. La politesse - et surtout la curiosité - la pousse à proposer à Adonis :

    - T'en veux une, Français ?
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MessageSujet: Re: Je cherche de la drogue, pas de la pitié. - Ado' - Lun 17 Oct - 21:28

LIKE THE WAY YOU HURT
Ambiance ici


Adonis n'est pas quelqu'un de pathétique, loin de là. Il l'espère en tous cas.

« - Je cherche... Une potion d'euphorie »

Adonis arqua un sourcil. Une potion d'euphorie ? Mais quel interêt ?

« -Et... Oui, on risque de se faire prendre. Mais, le truc, c'est que moi je n'aurais rien et que toi, tu auras deux heures de colle. »

Elle, elle est pathétique. Elle se prend pour une Reine. Elle pense que tout le monde est à ses pieds, même si tout le monde la déteste. Même si tout le monde a peur d'elle. C'est certainement vrai, mais ça n'en est pas moins pathétique, car c'est pour les mauvaises raisons. Adonis n'aimait pas ça. Ce squelette attisait autant sa pitié que son respect. Paradoxal.

« Pourquoi ? Tu es une privilégiée ? »

Il tira sur sa cigarette, profondément, tandis qu'elle se remettait de son rire rauque. Un rire faux. Mais au moins elle riait. Cornélia, elle, ne riait plus. Adonis devait faire en sorte qu'elle rie encore pour longtemps. Absolument.

« Tu sais, la cigarette... Je me suis toujours dis que c'était un peu comme un suicide. Un suicide à long terme, qui dure et dure. Alors qu'il serait si facile de mettre fin à tout ce bazar... La cigarette, c'est pour les lâches et les inconscients. N'est-ce pas ?  »

Adonis craignait que ce sujet n'arrive. Vraiment, il n'aimait pas ça. Il détestait parler de la mort. Il avait peur de la mort. Il était persuadé qu'un jour, il finirait fantôme, comme un lâche. Pff.

« Non. Le suicide c'est pour les lâches et les inconscients. Le suicide c'est pour les égocentriques. Le suicide, c'est pour les personnes nombrilistes qui ne pensent qu'à leur petit bonheur, sans se préoccuper de l'influence qu'aura leur mort s'il décident de vraiment se tuer. Le suicide, c'est pour les personnes qui pensent que personne ne les aime, le suicide, c'est pour les lâches, qui pensent que la mort apaisera leur maux. Mais ces personnes, elles ne pensent qu'à elles. Elles sont injustes. Elles laissent leur famille dans le désarroi le plus complet, elles laissent leur entourage dans un sentiment d'impuissance et de culpabilisation, qui ruinera leur vie. Alors que se soit en fumant, en se droguant, en arrêtant de manger, en avalant une potion ou en se tirant une balle dans la tête, le suicide reste toujours une action pour les faibles et les inconscients. »

Adonis avait débité son flot de parole en ne quittant pas une seule seconde Lula des yeux. Son ton était emprunt de tristesse, de mélancolie, mais surtout, par dessus tout de rancœur. Il en voulait tellement, tellement à Cornélia de s'être suicidée. Tellement. A cause d'elle, toute sa vie, toute sa vie il sera rempli d'un sentiment de culpabilité. A cause d'elle il n'aurait plus jamais une relation normale avec une fille. Fuck.

S'il avait dit cela, ce n'était pas contre Lula. Après tout, il ne la connaissait pas, si ça se trouve, elle ne cherchait pas à ruiner sa vie, juste à se rendre intéressante en prenant comme prétexte que la drogue c'est agréable. Il ne fallait pas qu'elle pense comme ça. Elle ne devait pas penser que la drogue apaiserait quoi que ce soit …

Elle avait appuyé son maigre arrière train constitué uniquement d'os sur l'étagère, et quelque chose l'avait gêné. Elle plongea sa main dans sa poche arrière, et en sorti trois petites pilules. Oh non. Adonis tira sur sa cigarette, emplissant ses poumons de cet air si mauvais. Pathétique.

« - T'en veux une, Français ? »

Et voilà. Il ne pouvait pas refuser. Malgré tout ce qu'il avait dit sur le suicide. Malgré ses principes. Elle allait en prendre une de toutes façons, et tant qu'à faire … En vrai, Adonis aimait ça, s'intéresser à Lula. Il avait le sentiment qu'elle finirait par réussir à effacer tout son sentiment de culpabilité. Elle lui faisait faire des conneries. Elle lui faisait risquer des colles. Et même plus grave. Mais il avait peur pour elle. Il avait peur qu'elle reste seule.

« C'est des moldues ? Parce qu'il faut leur accorder ça, ils sont vraiment très doués dans ce qui est bon vin et drogues. Mais, tu vas en prendre une ? Tu as le ventre vide, tu ne sentiras rien à par un sentiment de vide … C'est bête. C'est bien plus agréable le ventre rempli, et en plus moins dangereux »

Tandis qu'il disait cela, il prenait une pilule dans les mains glacées de la jeune fille. Avant de la mettre dans bouche, il attendait la réponse de la jeune fille, en tirait une des dernières bouffées de sa cigarette.

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MessageSujet: Re: Je cherche de la drogue, pas de la pitié. - Ado' - Mar 27 Déc - 23:17

  • « Pourquoi ? Tu es une privilégiée ? »

    Lula a un sourire acide. Mais bien sûr qu'elle est une privilégiée ! Sinon, que ferait-elle encore ici ? Elle perçoit l'insinuation du Français. Il la croit arrogante et vantarde. Tout faux.

    Elle sait ce qu'elle vaut. Lula n'est pas une Reine, ni même une princesse. Malgré son aura de fragilité et de décadence, malgré la fascination qu'elle provoque, malgré sa maigreur hypnotisante, Lula n'a rien de digne. Elle n'a pas de prestance. Si un jour elle montait sur le trône, n'importe qui pourrait l'en déloger et facilement, en plus. Sous l'emprise de drogues, elle n'est plus rien qu'un pathétique cadavre, qui rit ou pleure sans aucune raison. Une Reine se doit d'être parfaite et inaccessible.

    Lula tire sur sa cigarette. Son existence pitoyable ne la remplit pas de honte. Plutôt de lassitude. Elle ne répond pas à sa question, se contenant de darder sur lui un regard neutre. La conversation continue. Elle parle de suicide. Et, tout d'un coup, le Français s'enflamme :

    « Non. Le suicide c'est pour les lâches et les inconscients. Le suicide c'est pour les égocentriques. Le suicide, c'est pour les personnes nombrilistes qui ne pensent qu'à leur petit bonheur, sans se préoccuper de l'influence qu'aura leur mort s'il décident de vraiment se tuer. Le suicide, c'est pour les personnes qui pensent que personne ne les aime, le suicide, c'est pour les lâches, qui pensent que la mort apaisera leur maux. Mais ces personnes, elles ne pensent qu'à elles. Elles sont injustes. Elles laissent leur famille dans le désarroi le plus complet, elles laissent leur entourage dans un sentiment d'impuissance et de culpabilisation, qui ruinera leur vie. Alors que se soit en fumant, en se droguant, en arrêtant de manger, en avalant une potion ou en se tirant une balle dans la tête, le suicide reste toujours une action pour les faibles et les inconscients. »

    Quelle passion ! Encore une fois, l'étrange tableau qu'ils forment tous les deux prend une dimension onirique et élégante. Lui, s'énervant, triste, mélancolique, rageur et elle, impassible, drapée dans un silence lourd et cassant. Deux êtres qui s'affrontent, chacun d'une façon différente. Tout cela baigne dans une aura de richesse et de luxe. Ils ne peuvent pas se départir de leurs origines, c'est fou. Adonis, quoiqu'il fasse, a cette noblesse qui le fait tenir droit, qui rend ses gestes amples et puissants. Lula a un parfum d'aristocrate. Parfois, elle fronce du nez de la manière des grandes dames de la société, elle a des caprices, des envies qui ne peuvent provenir que d'un passé d'enfant gâté, d'héritière.

    Adossée à l'étagère remplie de bouquins, ses longues jambes croisées, sa clope à la main, Lula semble être une statue. Ses cheveux encadrent son visage de manière sauvage et pour une fois, au lieu de renforcer la dureté de ses traits, ils les adoucissent. Ses joues semblent plus rondes, ses lèvres plus douces. Ses yeux immenses scintillent étrangement dans l'obscurité.

    Elle ne répond rien à son monologue. Elle prend une inspiration. Puis, elle trouve des pilules, lui en propose.

    « C'est des moldues ? Parce qu'il faut leur accorder ça, ils sont vraiment très doués dans ce qui est bon vin et drogues. Mais, tu vas en prendre une ? Tu as le ventre vide, tu ne sentiras rien à par un sentiment de vide … C'est bête. C'est bien plus agréable le ventre rempli, et en plus moins dangereux. »

    Elle lève les yeux au ciel, et ce geste enfantin et agacé, détend sensiblement l'atmosphère.

    - Non mais tu te moques de moi ? Français, de quel droit tu me dis ça ? Je suis pas une de tes amies, hein, dit-elle. Ses mots sont durs mais son ton, amusé et léger, ne laisse aucun doute sur la façon dont Adonis doit le prendre. Et, si tu veux tout savoir, ces pilules sont d'origine sorcières.

    En fait, elle n'en sait rien. Vu comment il a réagi précédemment, lui annoncer qu'elle n'a aucune idée de l'endroit d'où viennent ses pilules ne fera que l'énerver. Elle n'a pas envie de recevoir encore une leçon. Elle jette son mégot par terre et l'écrase du talon. Sans un regard pour Adonis, Lula met les deux pilules entre ses lèvres. Un sourire joyeux étire sa bouche. Elle ajoute, négligemment :

    - Ton avis sur le suicide me semble... Je ne suis pas d'accord. Se suicider est un acte dur. S'ôter la vie, c'est quelque chose d'horrible. Il faut être arrivé à un tel niveau dans la souffrance que c'est juste... Insupportable de continuer. Les proches vont pleurer, le suicide va avoir des répercussions mais... Quand t'es au plus mal, tu t'en fous de ta famille. Ils ne subissent pas ce que toi tu subis. Ils peuvent juste compatir et t'inonder de leur dérangeante pitié. Ils ne comprennent pas. Mettre fin à tout ça est facile. Douloureux mais facile. Il suffit de puiser dans son désespoir le courage nécessaire. Le courage d'appuyer sur la détente, d'avaler ce énième médicament, de nouer la corde. Le courage d'oublier ce qu'il y a de plus beau dans la vie pour ne plus supporter le pire.

    Sa voix s'éteint. Lula a perdu son assurance. Les pilules glissent dans sa gorge. Elle ferme ses paupières. Le pire, c'est qu'elle ne parle même pas pour elle. Une fille qu'elle connaissait s'est suicidée. Les raisons de cet acte étaient limpides. Et tout le monde a pensé que c'était mieux que cela finisse ainsi.

    Lula ne pourrait jamais se suicider. Si elle devait mourir, ce serait accidentel. Overdose, peut-être. Coma éthylique, sinon. Ou cancer ?

    Ce qu'elle se doute, au fond d'elle, c'est qu'elle ne dépassera pas les trente ans. La cause de sa mort importe peu.


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MessageSujet: Re: Je cherche de la drogue, pas de la pitié. - Ado' - Sam 31 Déc - 17:39

LA DROGUE


Adonis avait du mal à cerner Lula. Sous sa maigreur infâme il y avait une sorte de … noblesse dans ses gestes, de classe dans sa façon de se tenir, de snobisme dans sa façon de parler. Et puis, elle était amie avec une grande, elle était amie avec Narcissa Black. Elle était sur toutes les bouches, elle était parfois le centre des attentions. Cornélia n'avait jamais été Reine, et encore moins riche. A partir du moment où elle avait commencé à maigrir, tout le monde l'avait oublié, comme si elle était déjà morte. Lula elle, on la voyait toujours. Peut-être que c'était son moyen à elle d'exister aux yeux du Monde, d'être maigre et droguée. Pour certain c'était leur argent, d'autres leur courage, d'autre encore leur intelligence, pour Lula, c'était sa maigreur. Peut-être que si elle grossissait, tout le monde l'oublierait. Peut-être qu'elle ne voulait pas qu'on l'oublie. Adonis cligna des paupières et chassa toutes ses hypothèses stupides de sa tête. Lula était malade, un point, c'est tout. On n'arrête pas de manger quand on va bien. On ne va pas bien quand on se trouve tellement grosse qu'on en attrape le dégout de la bouffe. On ne va pas bien quand on a besoin de fumer dans la réserve d'une Bibliothèque ou avaler deux trois pilules pour se sentir vivant. Lula, Lula n'allait pas bien.

« - Non mais tu te moques de moi ? Français, de quel droit tu me dis ça ? Je suis pas une de tes amies, hein ! Et, si tu veux tout savoir, ces pilules sont d'origine sorcières.»

Adonis tira la dernière bouffée de sa cigarette. Pas trop grosse, il ne faut pas fumer le filtre, c'est mauvais pour les poumons disent-ils (les moldus). Lula n'avait pas aimé que le français, comme elle aimait l'appeler, la traite en enfant. Elle ne voulait pas être conseillée, et encore moins protégée. Mais elle avait parler d'une voix rieuse. Ses mots étaient dur, son ton, amical. Bizarrement. Difficile à cerner, comme tout ce que faisait Lula. Depuis une dizaine de minutes, le cerveau d'Adonis marchait à 100 à l'heure. Il marchait sur des œufs dont a coquille serait extrêmement fine. Pour toute réponse, il haussa les épaules. Il ne s'en fichait absolument pas, mais c'était du pareil au même, de toutes façons il était coincé là, dans une réserve sombre, avec une fille maigre à faire peur qui le fascinait. Dans le même mouvement qu'elle, il lâcha son mégot, et l'écrasa sous son talon. Adonis sourit. Cette fille a été élevée ''à la même école'' que lui. Ils ont les mêmes manières. Elle mit deux pilules dans sa bouches, et Adonis fit de même. Il la sentait qui fondait sous sa langue. Ces drogues là sont plus fortes que ce qu'il prend d'habitude, mais lui n'a pas besoin de drogues fortes pour s'amuser. Quoi que... C'est étrange, comme quoi les drogues correspondent aux personnes qui les prennent … Le Cannabis rime avec jeunesse, envie de s'amuser, de liberté, et vous brûlent quelques neurones au passage. Dès que vous passez un cran au dessus -MDMA par exemple, la drogue prend une autre dimension. Les effets des petites pilules sont sur le moment, excitation, meilleure perception des couleurs, et la fatigue n'existe plus. Les effets à long terme sont pires : dépression. Puis après, vous passez aux drogues dures, qui là, une goutte dans votre sang, développent une dépendance. Sans elles, vous mourrez. Avec elles, vous mourrez. La drogue, c'est fabuleux. Fabuleusement dangereux, fabuleusement excitant.

«  Ton avis sur le suicide me semble... Je ne suis pas d'accord. Se suicider est un acte dur. S'ôter la vie, c'est quelque chose d'horrible. Il faut être arrivé à un tel niveau dans la souffrance que c'est juste... Insupportable de continuer. Les proches vont pleurer, le suicide va avoir des répercussions mais... Quand t'es au plus mal, tu t'en fous de ta famille. Ils ne subissent pas ce que toi tu subis. Ils peuvent juste compatir et t'inonder de leur dérangeante pitié. Ils ne comprennent pas. Mettre fin à tout ça est facile. Douloureux mais facile. Il suffit de puiser dans son désespoir le courage nécessaire. Le courage d'appuyer sur la détente, d'avaler ce énième médicament, de nouer la corde. Le courage d'oublier ce qu'il y a de plus beau dans la vie pour ne plus supporter le pire.  »

Adonis se laissa glisser le long de la bibliothèque. Il était désormais assis par terre, à essayer de bien comprendre ce qu'avait dit Lula. Elle s'était tue, éteinte. On aurait dit quelle parlait d'elle. Le regard du jeune homme se porta sur les maigres poignets de Lula. Aucune trace de mutilation, si elle avait essayer de se suicider, ce n'était en tous cas pas en se taillant les veines. Il la regarda, au dessus d'elle, et se rappela ce qu'elle avait dit. Il sortait peut-être la phrase de son contexte, mais ne pouvait s'en empêcher. Leurs yeux s'affrontaient une nouvelle fois :

« ''Mettre fin à tout ça est facile'', c'est exactement ce que je dis. Vouloir mettre fin à ses jours, c'est penser ne pas avoir le courage de faire face à la vie. Se suicider, c'est penser que plus rien ne pourra vous faire avoir des étoiles dans les yeux, penser que plus rien ne fera battre votre coeur meurtri. Ce qui est complètement stupide. Quelqu'un ou quelque chose sera toujours là. Suffit de savoir chercher. Un tout petit peu de volonté et beaucoup de courage. C'est terriblement lâche de se suicider, de ne pas se battre, pour vous en premier, pour les autres ensuite. Ce n'est que mon point de vue, qui changera peut-être un jour, mais pas pour l'instant. Pour l'instant j'ai trop de rancœur et de culpabilité pour penser qu'elle s'est fait du bien à elle nous faisant du mal. »

Il ne savait pas pourquoi il lui disait ça. Il baissa les yeux, pour ne plus fixer que les jointures de ses doigts. Par pitié, il fallait que cette foutue drogue agisse vite, pour qu'il puisse oublier rien qu'un instant que c'était de sa faute si Cornélia était morte. Un instant. Pendant quelques instant, tout était extrêmement silencieux. De loin, on entendait les quelques murmures des élèves qui lisaient à la Bibliothèque. Lula ne parlait pas. Il détestait ce silence. Quelqu'un avait dit un jour que quand un silence n'était pas gênant, c'était quand on était en présence de ses amis. C'était complètement vrai. Il sorti alors à nouveau son briquet de sa poche, et le fit craquer, une fois, deux fois, trois fois, jusqu'à avoir le pouce brûlant, et certainement brûlé. Il fallait qu'il parte, et que personne ne le trouve dans cette réserve, et qu'il le fasse maintenant, avant d'avoir complètement oublié toute notion de règlement. Il se sentait déjà plus éveillé, et il était sûr que s'il relevait la tête pour fixer Lula, ses yeux lui paraîtraient plus bleu que jamais. Il fallait qu'il parte, avec ou sans Lula. Mais il ne pouvait pas. Il était fixé à elle.

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MessageSujet: Re: Je cherche de la drogue, pas de la pitié. - Ado' - Ven 20 Jan - 22:13

  • « ''Mettre fin à tout ça est facile'', c'est exactement ce que je dis. Vouloir mettre fin à ses jours, c'est penser ne pas avoir le courage de faire face à la vie. Se suicider, c'est penser que plus rien ne pourra vous faire avoir des étoiles dans les yeux, penser que plus rien ne fera battre votre coeur meurtri. Ce qui est complètement stupide. Quelqu'un ou quelque chose sera toujours là. Suffit de savoir chercher. Un tout petit peu de volonté et beaucoup de courage. C'est terriblement lâche de se suicider, de ne pas se battre, pour vous en premier, pour les autres ensuite. Ce n'est que mon point de vue, qui changera peut-être un jour, mais pas pour l'instant. Pour l'instant j'ai trop de rancœur et de culpabilité pour penser qu'elle s'est fait du bien à elle nous faisant du mal. »

    Lula secoue la tête, soupire, sourit. Les pilules se diffusent doucement dans son organisme. Pour la Serdaigle, elles sont à peine fortes. Elle sait déjà les effets qu'elle va ressentir. Émotions extrêmes au début puis bonheur intense, qui ne durera qu'une heure. Après, plus rien de joyeux. Elle sera somnolente et angoissée. Ce sont des pilules de Phito', aucun doute là-dessus. Une drogue sorcière, inventée il y a peu.

    Comme le Français, elle se laisse glisser le long de la bibliothèque. Les élèves passent entre les rayons et les voient, tous les deux. Adonis, beau. Lula, maigre. Voilà à quoi ils se résument, elle le sait. Elle ouvre ses paupières lorsqu'elle entend des chuchotements. Deux Troisième Année se tiennent à quelques mètres d'eux. Ils murmurent. Pas assez bas pour que Lula ne puisse pas entendre. Des bribes de conversation lui parviennent. Elle s'est trouvée un nouveau compagnon de jeu. C'est un drogué, lui aussi ? Il a l'air canon. Il va surtout avoir l'air défoncé, bientôt. Tu crois qu'il la trouve belle ? Tu rigoles ! Non, il doit juste avoir besoin d'un peu de drogue, il s'adresse à elle, c'est tout. T'es sûr ? Ouais. Il demande à la junkie de Poudlard, à la dealeuse...

    Elle leur jette un regard qui les fige de surprise. Tant de mépris dans ses prunelles claires, c'est fou. Ils se sentent honteux, puis coupables. Elle les contrôle. Et ils n'ont qu'une envie : échapper à ça le plus vite possible.

    Lula est tellement classe ! On peut rire d'elle, on peut pleurer pour elle mais qui niera qu'elle est noble, qu'elle est riche ? C'est une putain d'aristocrate. Et eux, c'est quoi ? Des enfants de libraires, de glaciers, de fonctionnaires. Ils vivent dans des appartements, des minuscules maisons. Elle, son manoir l'attend, à Bristol. Une villa en France, un hôtel particulier en Italie et à New York. Franchement. Du haut de leur treize ans, ils s'imaginent pouvoir la juger ? Elle retient un ricanement acide et une furieuse envie de les frapper.

    Effet de la drogue. Lula se sent en colère. Elle n'essaye pas de se lever, ni même de paraître imposante. Voyons. Peut-être que Lula est une droguée pathétique mais c'est aussi une Bell et ça, il ne vaut mieux pas l'oublier.

    - Vous dégagez d'ici.

    Sa voix est sans appel. Son ton est tellement froid que les deux élèves sont aussitôt pris de frissons. Ils partent rapidement. Lula se tourne vers Adonis, un sourire écartant ses lèvres abîmés.

    - Donc... Nous parlions suicide ?

    Elle referme ses paupières.

    - Ou nous parlions d'une certaine amie à toi qui est suicidée et qui porte le nom de Cornélia ?

    Lula est une Serdaigle. Observatrice, intelligente. Elle a vite fait le rapprochement et elle a assez d'éléments pour savoir pourquoi Adonis est venu lui parler. Il est pétri de culpabilité.
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MessageSujet: Re: Je cherche de la drogue, pas de la pitié. - Ado' - Sam 28 Jan - 21:30

EFFETS

« Vous dégagez d'ici. »

Lula n'avait rien répondu à son petit discours sur le suicide, et Adonis aimait mieux ça. Il n'aimait pas parler de la mort, et encore moins penser à Cornélia. Parce que tout se rapportait à cela. C'était comme si, en Lula, une petite part de Cornélia revivait. Une petite part parce qu'elles n'avaient rien à voir, à part leur physique décharné. Cornélia n'était qu'une petite née moldue insignifiante, même pas belle, juste jolie, pas maline, observatrice, juste intelligente, pas charismatique, juste amicale, pas douée, juste sorcière. Lula était la classe incarnée, elle était chez les Serdaigle, et au vu de la réaction des jeunes élèves quand elle leur avait demandé de déguerpir, elle était plus que charismatique, elle faisait parti de ce genre de nanas auxquelles on se doit d'obéir, à ses risques et périls. Les gamins étaient donc parti en courant, et Adonis releva enfin la tête. La peau de son pouce était brûlée à cause du frottement avec le briquet, mais ça ne lui faisait pas mal. Ses yeux croisèrent ceux de Lula, qui au lieu d'être bleus étaient … électriques. Ses cheveux, au lieu d'être blonds délavés étaient aussi brillants que le soleil aurait pu l'être en un jour d'été. Le français sourit, la drogue faisait son effet. Il allait pouvoir s'amuser un peu, et oublier. Ou pas.

« Donc... Nous parlions suicide ? »  -Elle ferma ses paupières. « Ou nous parlions d'une certaine amie à toi qui est suicidée et qui porte le nom de Cornélia ? » 

Perspicace. Trop perspicace. Ça énerva Adonis, d'avoir été lu comme un livre ouvert. Il ne parlait de ça avec personne. Il jouait la carte de l'indifférence avec tous ses amis, même Alex, même Nina, personne n'avait su combienil avait souffert de cette mort. Qu'elle soit décédée … D'accord, mais qu'elle se soit suicidée à cause de lui … Cette idée lui était insupportable (quoi de plus normal ?). Bien sûr, ses amis savaient que ça l'avaient touché, mais tous pensaient qu'il avait oublié. Mais il n'oublierai jamais. Et cette Lula avait deviné. Et à cause de cette foutue drogue, sa langue était complètement déliée.

« Elle est morte d'amour pour moi. Littéralement. Après deux, trois, quatre tentatives pour sortir avec moi, elle a commencé à fumer pour se rendre intéressante. Puis elle a commencer à maigrir, pour être plus belle. Elle m'envoyait des tonnes de lettres pour me raconter ses progrès. Je n'ai comme un con prévenu personne. Puis elle m'a dit qu'elle avait, à 15 ans, goûté aux drogues un peu plus dure que de l'herbe. Des petites pilules. Puis ce fut l'alcool. Parce que j'avais un an de plus et que je buvais du Whisky aux fêtes. Et puis ça a très vite mal tourné. Les lettres ont arrêtées de me parvenir, mais son état empirait. Elle était coincé dans son cercle vicieux. Ses parents sont intervenus, mais c'était trop tard. On l'a retrouvé dans les chiottes des filles le premier mai une aiguille plantée dans le bras. »

Il se leva d'un bond. Il y avait tous ces livres autour de lui, et ça l'énervait. Il fit glisser son index le long de chaque tranche, jusqu'à ce qu'il arrive à un titre qui disait « Potions pour fêtes réussies ». Il le prit, et puis fit tomber celui d'à côté. Puis celui au dessus. Puis celui à droite. Bientôt, 10 livres étaient écrasés ouverts par terre, et Adonis dit :

« On peut parler d'autre chose ? J'ai peut-être trouvé le livre que tu cherchais. »

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MessageSujet: Re: Je cherche de la drogue, pas de la pitié. - Ado' - Lun 30 Jan - 20:44

  • La question de Lula énerve le Français. Plus qu'elle ne devrait. La drogue se diffuse dans leur organisme, lentement... Partout. Ses mains lui piquent, ses jambes sont flageolantes. Sa tête lui tourne un peu. Mais, ce qu'elle sent surtout, c'est cette immense colère. Qui la bouffe, l'incendie, l'allume. Lula n'est pas d'un naturel très calme, à l'origine. Or, là, toutes ses émotions sont décuplées. Mauvais.

    Elle a envie de mettre feu à cette putain de bibliothèque, à ce putain d'Adonis et surtout, à son putain de corps. Elle se retient, se contient. Lula se contente d'enfoncer ses ongles dans son bras. Elle ne se calme que lorsque la douleur pulse, lorsque le sang coule. Merlin. Qu'ils ont l'air stupides, étouffés par une rage factice. Adonis n'est pas mieux qu'elle. Étrangement, ça la rassure.

    « Elle est morte d'amour pour moi. Littéralement. Après deux, trois, quatre tentatives pour sortir avec moi, elle a commencé à fumer pour se rendre intéressante. Puis elle a commencer à maigrir, pour être plus belle. Elle m'envoyait des tonnes de lettres pour me raconter ses progrès. Je n'ai comme un con prévenu personne. Puis elle m'a dit qu'elle avait, à 15 ans, goûté aux drogues un peu plus dure que de l'herbe. Des petites pilules. Puis ce fut l'alcool. Parce que j'avais un an de plus et que je buvais du Whisky aux fêtes. Et puis ça a très vite mal tourné. Les lettres ont arrêtées de me parvenir, mais son état empirait. Elle était coincé dans son cercle vicieux. Ses parents sont intervenus, mais c'était trop tard. On l'a retrouvé dans les chiottes des filles le premier mai une aiguille plantée dans le bras. »

    Il ne lui laisse pas le temps de se répondre et se lève d'un bond. Lula observe d'un nouvel oeil Adonis. Beau, évidemment. Mais il est plus que ça. Derrière ce physique attirant se cache des plaies, des gouffres de culpabilité et de souffrance... Il lui fait penser à ces héros de tragédie, éternels dans leur malheur.

    Elle se redresse, vacille. Elle se rattrape à une étagère et, d'un mouvement brusque, fait tomber quelques livres. Ils s'écrasent au sol dans un bruit mat. Des élèves se tournent vers eux. Lula esquisse un sourire, qui se transforme presque en gloussement. Adonis, lui, s'amuse à les laisser tomber au sol.

    Deux gamins, indolents et égoïstes. Est-ce leur éducation, leur richesse, leur physique ? Ou est-ce ancré au plus profond d'eux ? Se foutre de tout, ne se soucier que d'eux, pourquoi est-ce si naturel... ?

    « On peut parler d'autre chose ? J'ai peut-être trouvé le livre que tu cherchais. »

    Lula s'approche de lui. A quelques millimètres de son visage, elle susurre :

    - J'en ai plus rien à foutre, maintenant.

    Elle s'éloigne, un sourire - causé par la drogue - sur ses lèvres. Son parfum - de sucre, de cigarette, de feu - embaume l'air, s'infiltre partout. Odeur de mort ? Peut-être. Soudain, la finalité paraît proche...

    Un rayon de soleil illumine sa chevelure blonde, électrise ses yeux. La silhouette de Lula disparaît presque entre les bouquins, son corps fin masqué par les jeux d'ombres. Un peu plus et elle disparaîtrait complètement... Heureusement, les nuages bougent, le soleil reprend sa place. Toute la réserve est éclairée. Lula n'est plus invisible, bien au contraire.

    - A moins que... Français, promets-tu de faire la fête avec moi, bientôt ? J'en ai marre de voir des anciennes têtes... Les nouveaux ont de bonnes histoires à raconter.
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MessageSujet: Re: Je cherche de la drogue, pas de la pitié. - Ado' - Lun 6 Fév - 0:02

EFFETS²

Adonis préférait mille fois l'alcool à la drogue. Petit joueur dites-vous ? Peut-être, mais même. Les effets de la drogue sont bien trop imprévisibles pour les non-habitués. Sauf que pour s'habituer à la drogue, il faut passer par l'étape dépendance, et le français n'avait pas vraiment envie d'y arriver. Alors il restait sur son Whisky-Pur-Feu. Il préférait. L'alcool, même au dessus de 30%, il gérait. Les petites pilules, beaucoup moins. D'ailleurs, il appréhendait un peu les effets que celle que Lula lui avait fournit allait lui faire. Qui sait ? Peut-être allait-il se jeter par la fenêtre car il pensera qu'il avait des ailes. Mais non. N'importe quoi, Leroy !

En tous cas, lui avait l'air bien plus en forme que Lula. Lui était énergique et parfaitement équilibrée, elle vacillait sur ses jambes osseuses. Elle n'avait rien répondu au monologue du garçon. Encore une fois, fort heureusement, il n'aurait pas supporté en parler plus longtemps. Il s'amusa à faire tomber les livres par terre. C'est vrai, ça l'amusait. Un sourire hagard étira son beau visage. Le garçon finit par retirer normalement un livre de la bibliothèque, qui avait l'air intéressant pour les soirées arrosées. Il le proposa à Lula, qui répondit :

« J'en ai plus rien à foutre, maintenant. »

Elle s'était approchée très (trop) près de son visage pour prononcer ces mots. Il aurait pu se délecter de son odeur, si seulement elle avait été bonne. Non pas qu'elle ne pue, bien sûr … Mais elle ne portait pas ce genre d'odeur qui vous attirait, qu'elle soit naturelle ou artificielle. Elle portait l'odeur de ce qu'elle faisait. Et qu'est ce qu'elle faisait ? Elle fumait. Alors elle sentait la cigarette. En dessous de ça ? Rien. Une fille sans odeur qui cachait ça avec le parfum de la cigarette.

Elle recula et se plaça au milieu de la réserve éclairée. Ça l'a rendait bizarrement belle. Ou plutôt, disons que ça aidait à l'imaginer avant qu'elle ne soit aussi maigre. La peau moins translucide, les cheveux moins ternes, l'air moins triste. Une idée sembla lui traverser l'esprit, tandis que Adonis se demandait pourquoi la poussière qui flottait dans l'air avait des airs de minuscule diamants.

«  A moins que... Français, promets-tu de faire la fête avec moi, bientôt ? J'en ai marre de voir des anciennes têtes... Les nouveaux ont de bonnes histoires à raconter. »

Un sourire s'étira sur la bouche du garçon, qui ne savait d'ailleurs même pas pourquoi il souriait. Ironie de la situation, sûrement ? Oui, ça devait être ça. Cette fille était curieuse et manipulatrice. Mais Adonis ne put pas s'en empêcher.

« Je te le … promet. »

Il entendit un bruit qui s'approchait de la réserve. Des talons qui martelaient le sol et frottaient le parquet. Si c'était la bibliothécaire, ils étaient dans le pétrin. Ou plutôt, lui seul l'était. Elle était intouchable. La pile de livre qu'il avait fait tombé était dans l'ombre. Il se plaqua alors contre la bibliothèque, en espérant qu'on ne le voyait pas non plus puis plaça ses mains devant ses paupières, comme le ferait un enfant qui se voudrait introuvable et invisible. Il pouffa entre ses paumes, et attendait le moment où il entendrait la voix cristalline de la bibliothécaire qui les leur ordonnerai de virer du lieu avec un bon coup de talon à l'arrière train. Ce moment n'arriva pas. Il rit encore plus, et fit tomber ses mains le long de son corps. Quelle honte ... Pour qui Lula allait-elle le prendre ? Un peureux ? Certainement, et elle allait aussi se moquer de lui. Il sortit le paquet de cigarette de sa poche, une nouvelle fois, et attendit la réaction de la jeune fille.

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MessageSujet: Re: Je cherche de la drogue, pas de la pitié. - Ado' - Mar 14 Fév - 18:39

  • « Je te le … promet. »

    Elle esquisse un sourire vainqueur et s'apprête à lui répondre. Mais, le garçon se crispe soudain. Il paraît paniqué. Lula hausse un sourcil. Monsieur réagirait-il bizarrement à la drogue ? Elle le voit alors qui se plaque dans la bibliothèque, à l'ombre. La blonde tend l'oreille, curieuse de savoir ce qui se passe, ce qui lui a fait autant peur. Mais, elle n'entend que les murmures des élèves et de légers craquements sur le parquet.

    Le Français serait-il devenu fou ? Ah, ça lui apprendra à proposer ses produits à n'importe qui. Ça lui fait penser à un autre garçon... Lula s'était retrouvée coincée dans les escaliers avec un gamin de onze, douze ans. Elle lui avait gentiment donné une pilule d'amphétamine. Les effets avaient commencé à agir sur le gosse une heure plus tard, pendant un cours. Cela avait été désastreux. Et, en plus, il s'était mis à vomir partout. Heureusement, le petit ne l'avait pas dénoncée et elle s'était jurée de ne plus rien offrir aux personnes de moins de quinze ans.

    Il faudra qu'elle revoit ses critères, apparemment.

    Il plaque ses mains sur ses yeux, comme un enfant apeuré. Mince... Lula espère qu'il ne lui fait pas de crises, ni rien. Inquiète, elle s'approche de lui. Il se met à pouffer. Puis, il retire ses mains et les laisse tomber le long de son corps. Il a l'air autant amusé que honteux.

    Lula soupire de soulagement. Tout va bien. Elle n'a pas un malade sur les bras, il n'est pas fou. Son corps se détend.

    - Tu m'as fait peur, Français.

    Ah, toujours ce Français. Comme si Lula était décidée à ne surtout pas employer son prénom. Ça lui permet de garder de la distance avec lui. De ne pas le faire entrer dans sa vie, même un minimum.

    - Merlin. C'est seulement toi ou les français sont tous des lâches ? Je comprends pourquoi t'es pas à Gryffondor.

    Elle affiche un sourire moqueur. Lula se colle au rayon opposé. Face à face, elle le regarde droit dans les yeux, une lueur amusée au fond de ses prunelles claires. Elle est dans l'ombre. Un peu plus et elle disparaîtrait presque entre les livres, ses cheveux dorés comme seule trace de son passage... La Serdaigle tape du pied sur le sol et fait :

    - Oh ! Quelqu'un arrive !

    Puis, elle éclate de rire.

    - Ah. Je sais pas si c'est une bonne idée que tu viennes faire la fête avec moi.
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MessageSujet: Re: Je cherche de la drogue, pas de la pitié. - Ado' - Lun 20 Fév - 10:25

« Tu m'as fait peur, Français ! »

Le français, comme elle l'appelait si bien, s'était ridiculisé. Un paranoïaque caché sous un super-héros. La bonne blague. Où était passé le chevalier servant ? Il avait dû s'enfuir en même temps que la petite pilule bleue avait glissé dans son gosier. En même temps, si ça avait réellement été la Bibliothécaire, il aurait été bien heureux d'avoir eu ce … réflexe de survie. Mais bon à ce moment là, il ne l'était pas, et d'ailleurs il avait l'impression de ne rien être du tout. Comme s'il ne ressentait rien, comme si la drogue l'avait privé de ses émotions. Il savait que ce qu'il venait de faire était honteux. Oh oui, il le savait. Mais il n'était pas gêné, ou en colère contre lui-même. Il avait autant envie de rire que de pleurer, de crier que de chuchoter. Et ça l'amusait beaucoup. En même temps que ça lui faisait pitié.

« Merlin. C'est seulement toi ou les français sont tous des lâches ? Je comprends pourquoi t'es pas à Gryffondor »

Aurait-il dû se sentir blessé ? Oui. L'était-il ? Pas pour l'instant. Sûrement le soir, quant-il serait dans son lit, les effets de la drogue passés, il ruminerai, tournerai mille fois sur lui-même et terminerai par relire une n-ième fois Bel-Ami, pour se calmer. Ou peut-être Au temps en Emporte le Vent. Bref. Pour l'instant, bien qu'il ne sache que lui répondre, il n'était pas blessé.

Il sortit une nouvelle cigarette de son paquet, la planta dans son bec, l'alluma, et remit le paquet dans sa poche. Il recracha sans l'avaler la première bouffée, mais se délecta de la seconde. Merlin que c'était bon. Le moldus étaient des génies, parfois. Il ferma les yeux, et bim, un coup de talon sur le sol, fort, appuyé. Il ouvrit à nouveau les yeux, calmement, et les posa sur Lula, qui avait l'air satisfaite, et moqueuse.

«  Oh ! Quelqu'un arrive ! »  

Elle rit, presque démoniaque, puis dit, tandis que Adonis tirait à nouveau sur sa cigarette :

« Ah. Je sais pas si c'est une bonne idée que tu viennes faire la fête avec moi. »

Le cœur du français donna un grand coup contre sa poitrine, et il souffla la fumée. A nouveau, plus d'émotions. Ou plutôt un milliers. Il aurait pu pleurer, à ce moment là. Mais ses yeux restaient secs. Il aurait pu rire, mais ses lèvres restaient scellées au son. Bien étrange.

Un son justement vint souffler à son oreille. Une petite musique. Douce, puissante. Il se décolla de la bibliothèque, et écouta. Devenait-il fou ? Avait-il des hallucinations ? Oui.
La cigarette entre l'index et le majeur, il secoua la main au rythme de la mélodie. La fumée formait des volutes grises, c'était beau. Il avait les yeux plantés sur le plafond, à l'écoute, concentré. Il se mit à chantonner le Lac des Cygnes. Il était allé voir ce ballet, une fois, à Paris, avec sa mère. Elle avait pleuré tout du long. Lui aussi.

Il s'approcha de Lula, laissa tomber sa cigarette à moitié entamée par terre, l'écrasa du bout du pied. Il sourit à la jeune fille, attrapa sa hanche osseuse d'une main, et sa main arachnéenne de l'autre. Il l'entraîna doucement au centre de l'allée, toujours chantonnant, l'oeil levé, comme inspiré. Il dit :

« Lula. Lula. On se reverra, hein ? Dans une fête, dans un couloir, dans ... le futur ? »

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MessageSujet: Re: Je cherche de la drogue, pas de la pitié. - Ado' - Lun 9 Avr - 12:33

  • Adonis ne répond à aucune de ses provocations. Il reste là, silencieux. Il a cette putain d'étincelle dans les yeux qui rend Lula un peu folle, un peu haineuse. Elle ne sait même pas ce qu'il lui arrive. Elle a peur, froid, chaud, elle a envie de pleurer, de rire, de se trancher les veines, d'aller manger un gâteau au chocolat. Le bonheur qu'elle attendait tant de sa drogue en vient pas. Bordel, pourquoi elle est pas joyeuse et futile ?

    Ses lèvres tremblent et la blonde se sent vaciller. Mais soudain, le Français pose une de ses mains sur sa hanche, enlace ses doigts. Il l'entraîne vers le milieu de l'allée. Lentement, ils ondulent ensemble.

    « Lula. Lula. On se reverra, hein ? Dans une fête, dans un couloir, dans ... le futur ? »

    Un jour, elle était tellement en manque qu'elle est allée dans un coin pourri de Londres. Elle avait pris le bus. Elle est arrivée dans une rue, remplie de drogués comme elle. On l'a saluée, comme si elle était connue. Elle fait partie de ce monde, après tout. Enfin. Y'avait plein d'aiguilles par terre. Du vomi, des bouteilles vides, des paquets de cigarettes. Elle est allée voir un mec, qui avait une gueule de dealer. Elle l'a assommé, a pris toute la came qu'elle a pu trouver sur lui et elle s'est enfuie. Elle s'est réfugiée dans des toilettes publiques et s'est piquée.

    Lula secoue la tête et tâche d'oublier ce désagréable souvenir, qui revient. Elle a fait tellement de chose pitoyables. Un frisson traverse son corps maigre. Elle lâche la main d'Adonis et se réfugie dans ses bras, sans un mot. La jeune fille le serre fort. Très fort. Elle est fatiguée. De Poudlard, des hommes, des femmes.

    - On se reverra. Je me souviendrai peut-être plus de toi. Mais on se reverra.

    Elle ne sait même pas pourquoi elle fait ça. Pourquoi elle est dans cette position, pourquoi elle dit ça. Sa vie lui semble ne pas avoir de sens, de but, de fin. Lula a un sourire plaqué sur sa bouche, qui dévoile ses dents étincelantes. Ses cheveux caressent ses épaules. Et ses yeux, ses grands yeux qui bouffent son visage, semblent si vides... Fenêtres de l'âme, hein ? Et quand on a plus rien dans sa tête, quand on est trop défoncé pour se rendre compte qu'on ne vaut rien, qu'on est rien, on fait quoi ? On continue. Pilules, aiguilles, alcools, joints. On sniffe, on se pique, on avale et on recommence. Cycle infernal. Qu'elle adore et qu'elle déteste. Putain de paradoxe.

    - Ce qu'on a pris tous les deux... D'abord, émotions décuplées.

    Lula chuchote à l'oreille du garçon.

    - Ensuite, bonheur intense. Et après, angoisse. Crise.

    Sa voix n'est qu'un filet. Tentante et hypnotisante. Elle se détache de lui.

    - Dès que tu te sens mal, trouve quelqu'un et reste avec lui. T'auras sans doute des hallucinations. T'entendras des trucs bizarres. Ne reste pas près d'objets coupants, de fenêtres, enfin dans ce genre de choses.

    Elle ne va pas partir tout de suite mais Lula se sent obligée de le prévenir maintenant.

    Qui sait, ça a peut-être déjà commencé.
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MessageSujet: Re: Je cherche de la drogue, pas de la pitié. - Ado' - Sam 28 Avr - 9:54

SAUVER

« On se reverra. Je me souviendrai peut-être plus de toi. Mais on se reverra. »

Lula s'était lovée entre les bras du française, sans qu'il comprenne bien pourquoi. Il pouvait presque sentir chacune des côtes de la jeune fille contre son torse, ainsi que les os de son bras le serrer aussi fort qu'elle le puisse, sans que la pression soit plus forte que celle d'une souris sur une baleine. La mélodie continuait de résonner au fond de son crâne, lente et douloureuse. La musique dans la peau, dans la tête. Pourquoi fallait-il que ça soit celle-ci ? Celle écrite au dix-neuvième siècle par un Tchaïkovski apparemment déprimé, qui donne une vision soit noire, soit blanche, bien que toujours mauvaise de l'Amour. Brr. Ca lui faisait un peu peur, en fait. Il aurait voulut lui aussi serrer Lula dans ses bras. Mais il avait peur de la casser, tellement elle était maigre. Et ces pilules lui avaient donné cette sensation de surpuissance inouïe, si bien qu'il avait l'impression qu'il pourrait même la … Broyer, s'il le voulait. Le français opina du chef rapidement, et de multiples fois. Très bien. Ils se reverraient. De toutes façons, il voulait pas qu'il en soit autrement. Il l'avait rencontré, alors maintenant, il ne la lâcherait plus. Pour elle, pour lui, pour Cornélia, il devait l'aider. Même si avaler des pilules n'étaient peut-être pas la plus brillante des idées. Quoi que, s'il les avait refusé, elle se serait braquée, et il aurait perdu tout espoir. Là, il avait déjà plus de chance d'avoir sa confiance.

Mais avoir ces pensées faisaient tourner la tête du français, où tout se bousculait. Il y avait ces images de Cornélia, le sourire aux lèvres. Celles de son cercueil, qui avait semblé au français si petit. Il y avait aussi Lula. Non, ça ce n'était pas ses pensées, c'était la réalité. Elle s'était mystérieusement rapprochée de lui, et lui murmurait maintenant à l'oreille les effets des pilules qu'ils avaient ingéré. Peu à peu, elle se détache de lui, plus les effets qu'elle décrit sont graves. Adonis n'avait pas signé pour ça. Et pourtant, il s'y retrouvait complètement embarqué. Et la seule chose qu'il savait, dans ce tourbillon d'émotion, c'était qu'il ne voulait pas laisser Lula seule maintenant. Qu'elle aurait besoin de quelqu'un, et que ce quelqu'un, dans l'idéal, serait lui. Il voulait l'aider. Mais il n'était peut-être pas vraiment en état.

« Dès que tu te sens mal, trouve quelqu'un et reste avec lui. T'auras sans doute des hallucinations. T'entendras des trucs bizarres. Ne reste pas près d'objets coupants, de fenêtres, enfin dans ce genre de choses. »

Les corps des deux adolescents étaient désormais séparés. Adonis, qui auparavant avait froid, bouillonnait. La musique était toujours là, et finissait par l'exaspérer. Il jeta un regard circulaire autour de la rangée de livres dans laquelle ils étaient. Certains grimoires étaient attachés par des chaînes. D'autres étaient placés à l'envers dans l'étagère, de manière à ce qu'on ne puisse pas lire leur dos. Il y avait aussi par terre les livres que le français avait fait tomber. Les seules sources de lumière venaient soit d'une des nombreuses fenêtre de la Bibliothèque dont l'accès était autorisé à tous, soit celle d'un fenêtre ronde, d'une cinquantaine de centimètres de diamètre, qui trônait, seule, sur un des murs de la Réserve. Il pouvait entendre les murmures réguliers des élèves. Il jeta un œil à sa montre en argent. S'il avait bien lu l'heure, ce qui n'était pas vraiment sûr, il était 14 heures trente. Il ouvrit alors la bouche, et dit :

« Reste ici, avec moi, soit ma personne. Ce n'est pas très dangereux, ici, sauf si tu te fais bouffer par un de ces livres fous, et vu l'heure, de toute façons, quelqu'un t'entendra, et tu seras sauvée. Reste-là. »

Le côté pathétique de ces propos échappait aux français. Il s'en fichait. Il n'avait qu'un but, qui l'enhardissait comme jamais, c'était de la protéger. Peut-être aurait-il fallu l'amener à Narcissa, qui d'après les murmures, s'occupait d'elle ? Oui, sûrement, mais ce n'était pas ce dont il avait envie. Il voulait être le seul à s'occuper d'elle. Même si son état de nerfs empirait aussi, et même si la musique résonnait toujours. Il fallait que ça soit lui, qui la sauve. Lui, et rien que lui.

HRP:
 

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MessageSujet: Re: Je cherche de la drogue, pas de la pitié. - Ado' - Sam 16 Juin - 21:47

  • « Reste ici, avec moi, sois ma personne. Ce n'est pas très dangereux, ici, sauf si tu te fais bouffer par un de ces livres fous, et vu l'heure, de toute façon, quelqu'un t'entendra, et tu seras sauvée. Reste-là. »

    Sa voix est suppliante ; son visage grave. Lula ne se sent pas flattée, juste vaguement gênée. Il y a quelque chose de malsain dans ses paroles. Les mots choisis, la façon de les prononcer, les yeux tristes. Tout cela dépasse les effets de la drogue ou la peur d'être seul. Elle se mord les lèvres, qui se craquellent encore un peu plus. Un prénom flotte dans les airs, dans cette bibliothèque aux livres poussiéreux, entre deux rayons encombrés. Cornélia. Évidemment. L'explication tient dans ces trois syllabes.

    Lula a un pincement au coeur, qu'elle n'arrive pas à expliquer. Ce n'est pas de la jalousie, ni de la colère. Elle hausse les épaules. Elle a vu comment le français a réagit quand elle a découvert qui était Cornélia. Elle n'a pas vraiment envie de lui rappeler de mauvais souvenirs. La Serdaigle est sûre qu'il est déjà suffisamment hanté. Une étrange pensée lui traverse la tête. Il faut dire que cette douleur donne du relief à sa beauté. Une profondeur, un vécu. C'est charmant. Et dérangeant. À son âge, il ne devrait pas avoir cette gravité, cette aura d'héros de tragédies. Peut-être que les filles s'imaginent qu'elles vont pouvoir le sauver, l'aider et elles tombent dans le piège.

    La jeune fille se laisse glisser par terre dans un bruit doux. Elle croise ses fines jambes ; craque ses phalanges. Le son, sinistre et angoissant, résonne. Elle redresse la tête et plante ses prunelles claires dans celles d'Adonis. L'échange dure une poignée de secondes. Intense. Une photo serait parfaite à ce moment précis, tiens. L'atmosphère mystérieuse et lourde de sens qui plane autour d'eux. Adonis, droit, pas loin d'elle. Un peu mélancolique, un peu blessé. Il a cette classe de Sang Pur qui le rend irrésistible. On voit qu'il est riche. On sait qu'il a tout ce qu'il veut. Lula, assise. La nuque gracile, les cheveux fous. Sa crinière dorée scintille. Sa bouche est étirée dans un sourire paisible, qui creuse encore plus ses joues. L'arrondi de ses épaules est juste délicieux.

    Seul leur regard les lie. Elle tourne la tête, le lien est brisé. Ce serait presque triste.

    C'est d'un ton calme qu'elle finit par répondre :

    - Si tu veux, Français. Je suis obligée de t'avertir que je ne suis pas la personne la plus adaptée pour t'aider. Si tu te mets à croire que tu as des ailles, je serais plus tentée de t'ouvrir la fenêtre que de t'en éloigner.

    Lula a un sourire moqueur.

    - Prêt à prendre le risque ? Ne viens pas te plaindre si tu fais une chute du quatrième étage.
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MessageSujet: Re: Je cherche de la drogue, pas de la pitié. - Ado' - Ven 20 Juil - 10:11

PROTECTION
Adonis n’avait jamais vraiment pensé à protéger une nana. Ce n’était pas lui, il n’était pas comme ça. Oh bien sûr, il ne laisserait pas une fille, qu’il ait couché avec elle ou pas d’ailleurs, essuyer des coups gratuits par exemple, m’enfin, il n’essayerait jamais de la protéger des influences d’il ne savait quoi, simplement parce qu’il ne se préoccupait pas d’elle. Il ne se préoccupait de personne de toute façon, il était bien trop occupé à prendre soin de lui-même. Ses parents, s’ils ne l’avaient pas nommé Adonis, prénom mythologique qui lui saillait particulièrement bien, auraient tout aussi bien pu le nommer Narcisse, il aurait aussi très bien porté ce prénom.

Ceci étant dit, depuis qu’Adonis était à Poudlard, il semblait beaucoup se préoccuper du bonheur des autres, et surtout des filles, justement. D’abord Narcissa, qu’il voulait voir s’amuser un peu avant de devoir épouser ce fourbe de Malfoy, puis Kaylee, sa sex-friend à qui il voulait particulièrement trouver un amoureux fidèle, et puis maintenant Lula. Lula était certainement le cas le plus intéressant, parce que si Adonis tentait de l’aider et de la protéger, premièrement c’était complètement contre sa volonté profonde, il se sentait juste comme aimanté vers elle, et deuxièmement, il n’y arriverait certainement pas, et il le savait, mais c’était plus fort que lui, c’est comme si il se devait d’essayer.

Il enchaînait conneries sur conneries, qui pouvaient lui valoir une expulsion de Poudlard, simplement parce qu’il voulait rester près d’elle. Fumer dans une bibliothèque dont déjà l’accès est interdit, prendre des petites pilules qui font danser, voir dans toute les couleurs … C’était mal, c’était illégal, mais il le faisait quand même, pour rester auprès de Lula. Il ne savait pas combien de temps ça allait durer, autant l’effet de la pilule que son hypnose pour la jeune fille, et ne savait pas non plus s’il voulait que ça se termine rapidement ou qu’au contraire, ça dure à jamais.

« Si tu veux, Français. Je suis obligée de t'avertir que je ne suis pas la personne la plus adaptée pour t'aider. Si tu te mets à croire que tu as des ailes, je serais plus tentée de t'ouvrir la fenêtre que de t'en éloigner. »

Adonis sourit, rit presque, alors que ce qu’elle disait était loin d’être drôle. Effet de la drogue, sûrement. Il passa sa langue sur ses lèvres pour les humidifier, écarta une mèche rebelle qui cachait son beau regard miel, et écouta encore ce que la demoiselle avait à dire, les prunelles fixées sur son visage anguleux, arachnéen :

« Prêt à prendre le risque ? Ne viens pas te plaindre si tu fais une chute du quatrième étage. »

Elle se moquait de lui, elle n’avait absolument pas peur pour lui, alors que la plus grande crainte actuelle d’Adonis était qu’elle s’évanouisse au beau milieu de ce couloir, ou encore qu’elle tente de se poignarder avec le coupe-papier qui était derrière elle, ou encore que justement, elle saute par la fenêtre. Mais le français avec le sens des défis. Il jouait au Quidditch, et savait qu’un peu de provocation ne faisait que rendre le match un peu plus intéressant, tant qu’elle était maîtrisée. Il se sentait particulièrement heureux et sûr de lui, en ce moment précis, alors il fit quelque chose qu’il n’aurait certainement pas dû faire : quelque rangées de livre plus loin, il y avait une fenêtre, qu’on ne pouvait pas voir depuis la Bibliothèque normale et autorisée. Il lança un sort dessus, qui lui permis d’ouvrir la fenêtre sans bruit (les vieux objets de ce château millénaire avaient tendance à grincer, couiner, et Adonis ne pouvait pas se permettre d’être entendu), et il sourit, fier de lui. On était au sixième étage, celui entre autre de la Salle Commune des Aigle et de la Bibliothèque du Château, l’étage donc du savoir, mais aussi un des plus hauts de Poudlard. S’il tombait de cette fenêtre grande ouverte, il n’avait aucune chance de survie, à moins que ses pouvoirs ne le sauvent, et pour Lula, c’était la même chose, si ce n’est pire. Mais Adonis se sentait euphorique. La musique résonnaient toujours dans le fond de son crâne, mais le tempo s’était accéléré, il ne tenait plus sur place, croisait et décroisait les jambes pour s’empêchait de marcher et de courir dans les rayons, et il dit, d’une voix aussi maîtrisée et basse que possible au fantôme humain qui se tenait devant elle :

« Tu n’es peut-être pas ‘’adaptée‘’ à m’aider, mais moi, sois en sûre, je le suis à te protéger. Je crois que toi et tes 42 kilos ont plus besoin de moi pour t’éloigner de cette fenêtre que moi de toi. Je suis ta personne, tu es la mienne, ça marche dans les deux sens, et personne ne meurt ou tente de faire l’oiseau aujourd’hui, ça te va ? »

Sans vraiment faire attention à ce qu’il faisait, il attrapa la main de la jeune fille, la serra et la secoua doucement, avant de l’attirer tout entière contre lui, de la soulever de terre, de serrer son corps osseux contre lui quelques secondes, et de la reposer lentement, de manière à ce qu’elle ne perde pas l’équilibre.

Il ne savait pas ce qu’il faisait ni où il allait avec elle, mais en tous cas, il y fonçait…

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MessageSujet: Re: Je cherche de la drogue, pas de la pitié. - Ado' - Sam 6 Oct - 13:48

  • Il est fou. Complètement, stupidement, maladivement fou. Lula a le sourire tremblant et la rage au coeur. Se rend-il compte de ce qu'il fait ? Il doit être en train d'halluciner, de faire une crise. Ce n'est pas possible de prendre un risque aussi inconsidéré. Il vient d"ouvrir une fenêtre. En silence. Personne ne pourra donc les aider s'ils tombent. Lula n'est pas apte à se servir de sa baguette ; l'a-t-elle prise d'ailleurs ?

    Elle a une bouffée de colère qui lui serre l'estomac et en même temps, la blonde se sent attendrie, posée. Elle en a marre ! Les sentiments qu'elle éprouve se mélangent, s'entrecroisent ! Bon sang, rien n'est normal ! Elle ne devrait pas ressentir cela ! Elle connaît les effets des petites pilules colorées, pourquoi alors... ? Lula a eu les émotions décuplées. Mais, le bonheur intense ? L'euphorie futile, passagère ? Non. Et ça l'agace.

    Elle masse ses tempes du bout de ses doigts fins.

    « Tu n’es peut-être pas ‘’adaptée‘’ à m’aider, mais moi, sois en sûre, je le suis à te protéger. Je crois que toi et tes 42 kilos ont plus besoin de moi pour t’éloigner de cette fenêtre que moi de toi. Je suis ta personne, tu es la mienne, ça marche dans les deux sens, et personne ne meurt ou tente de faire l’oiseau aujourd’hui, ça te va ? »

    La Serdaigle se pince les lèvres et avant qu'elle n'ai pu répliquer - elle a la langue vipérine, en ce moment -, ce Français de pacotille attrape sa main. Un frisson la traverse, Lula a froid, un froid glacial. Il serre son corps contre le sien, comme elle l'a fait cinq minutes auparavant, ou il y a deux heures, enfin elle n'a pas une très bonne notion du temps mais elle est sûre qu'elle lui a fait un câlin. Son parfum embaume l'air, le souffle chaud d'Adonis caresse son cou. Cela ne dure que quelques secondes puis il la repose délicatement par terre.

    Elle vacille un peu, se rattrape. Ses grands yeux bleu gris sont vissés dans ceux d'Adonis et une étincelle de provocation y brille de mille feux. Quoi, il lui parle comme à une enfant, une stupide gamine, il la serre dans ses bras, il a pitié, il veut la protéger ? Lula est forte. Lula n'a besoin de rien, à part sa dose quotidienne. Elle n'est pas une fillette fragile, non, elle peut se débrouiller seule.

    Son maquillage a coulé, laissant une traînée de charbon sur ses paupières, ses cils ne sont plus aussi long, sa bouche est déchiquetée, elle n'est que déchéance et insolence. Il faut le dire : Lula est hypnotisante et immonde.

    - Tu ne peux pas me protéger. Tu ne pourras jamais. Comme tu n'as pas pu protéger Cornélia. Ouvre les yeux. Notre autodestruction ne regarde que nous ; tu n'es qu'un spectateur compatissant. Nous sommes des bombes à retardement et tu es un dommage collatéral, si tu n'as pas de chance.

    Lula soupire. Elle passe une main sur son visage, fait la moue, grimace. L'attachement qu'il a pour elle l'énerve. Elle n'est pas un moyen de rédemption, il faut qu'il le comprenne.

    - Trouve-toi une autre bonne cause. Les pauvres ou les moches, tu as le choix à Poudlard.

    Les gestes sont plus significatifs que les mots. Lula avance jusqu'à la fenêtre, elle effleure les couvertures de livres sur son chemin, évite quelques ouvrages par terre - elle a dû les faire tomber ou bien Adonis l'a fait -. Le vent s'engouffre dans la bibliothèque ; ses cheveux bougent follement, ses yeux la piquent. Elle est gelée mais c'est agréable comme sensation. Elle jette un dernier regard à Adonis, qui est toujours aussi beau et brisé.

    Lula monte sur le rebord de la fenêtre. Il a voulu jouer ? Ouvrir la fenêtre, rire ? Elle peut aller plus loin, beaucoup plus loin. Le vide est immense sous elle, elle s'accroche aux murs. Elle n'a pas le vertige, elle a juste envie de rire, rire à s'en étouffer. C'est beau, vu d'en haut. Si elle devait se suicider un jour, elle choisirait définitivement la chute. Ce serait magnifique. Lula, dans une belle robe blanche, allons jusqu'au bout du cliché, une belle robe de mariée, elle serait jolie et elle se jetterait dans le vide. En croisant les doigts pour que ses pouvoirs ne la sauvent pas. Elle se défoncerait avant, alors.

    - Je n'ai pas besoin de toi, très cher Français.

    Et elle reste debout sur ce rebord, un sourire fou aux lèvres. Lula ne tremble pas.
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MessageSujet: Re: Je cherche de la drogue, pas de la pitié. - Ado' - Mar 27 Nov - 18:38

PERSUASION
« Tu ne peux pas me protéger. Tu ne pourras jamais. Comme tu n'as pas pu protéger Cornélia. Ouvre les yeux. Notre autodestruction ne regarde que nous ; tu n'es qu'un spectateur compatissant. Nous sommes des bombes à retardement et tu es un dommage collatéral, si tu n'as pas de chance. »

Adonis hocha la tête de gauche à droite une fois, deux fois, trois fois, de plus en plus rapidement, jusqu’à ce que ce hochement ne devienne plus qu’une vibration crânienne qu’il n’arrivait pas à arrêter. Drogue, déni, fascination, hypnose, dégoût, voilà tout ce que ressentait Adonis. Le corps de Lula était dégueulasse, maigre, gris comme les cendres de sa seule vraie amie, la cigarette, il transpirait les litres d’eau et d’alcool qu’elle devait ingurgiter pour se convaincre que son estomac n’était pas en permanence vide, ou rempli de cachets. Le français avait comme des flash-back, qui clignotaient au fond de son crâne, de plus en plus réels. Leur directrice annonçant le décès de Cornelia. L’enterrement, auquel il avait été invité sans comprendre (avait-ce été une punition contre lui des parents de la jeune fille ?), le cercueil, aussi petit que l’aurait été celui d’un enfant, blanc, pur. Adonis n’avait pas réussi à pleurer, pas là, en face de toutes ces personnes qu’il ne connaissait pas. Mais petit à petit, il s’était convaincu qu’il fallait qu’il pleure, qu’il culpabilise, parce qu’au final, ce n’était pas un suicide, mais un meurtre. Il n’avait pas vu qu’elle allait mal, il n’avait pas compris qu’elle était folle amoureuse de lui. Il savait, qu’elle maigrissait de jour en jour, il le voyait. Mais comment réaliser que c’était si grave ? Il n’y était pas arrivé. Un long suicide d’une jeune fille blonde qu’il n’avait pas su assez aimer, à qui il n’avait pas porté assez d’attention. Etait-ce se croire le centre du monde que de penser que tout était de sa faute ? C’était en tous cas un des plus gros défauts d’Adonis, l’égocentrisme.

« Trouve-toi une autre bonne cause. Les pauvres ou les moches, tu as le choix à Poudlard. »

Le hochement de son crâne se fit plus lent, plus distinct, pour finir par s’arrêter. Qu’est-ce qu’il s’en fichait, des pauvres et des moches, ils n’avaient pas besoin de son aide ! Le garçon sentait que ses pupilles étaient étirées au maximum, comme si la Réserve était d’une noirceur impressionnante, alors que juste devant lui, se trouvait une grande et vieille fenêtre, qui s’ouvrait sur le Parc. Il tenta de fixer Lula, mais son image bougeait, flouté par un mouvement qui n’existait que dans son crâne, merci petite pilule.

« Les pauvres et les moches n’ont pas besoin de moi, ils ne vont pas mourir. Toi, oui. »

C’était comme si le garçon ne contrôlait plus son cerveau. Les mots étaient sortis de sa bouche sans qu’il s’en rende compte, dans un ordre parfait qui relevait du miracle. Peut-être son esprit n’était pas si embrumé, finalement ? Peut-être que ce n’était qu’un effet placebo, peut-être que ce n’était qu’une hallucination, Lula qui ouvrait la fenêtre, grimpait sur le rebord comme une araignée à son fil. En effet, ce n’était pas une hallucination. Elle souriait, même. Mais ça ne voulait pas dire que la drogue ne fait pas son effet. Ça le confirmai, même, une personne lucide n’aurait pas fait ça ; quoi que, Lula peut-être, après tout Adonis ne la connaissait pas vraiment. Il croyait la connaître, il l’assimilait à Cornélia, mais sûrement était-elle toute différente.

« Je n'ai pas besoin de toi, très cher Français. »

Ah non ? Pourquoi es-tu debout sur le rebord de cette fenêtre, si maigre que la moindre bourrasque pourrait te faire tomber ? Adonis avait envie de lui gueuler de descendre, de revenir avec lui, près de lui, là où il pourrait la protéger. S’il avait pu, il l’aurait gardé près de lui jusqu’à ce que ses joues grossissent, se remplissent à nouveau de graisse, comme ses cuisses, son ventre, il aurait vérifié que sa consommation d’alcool et de drogue redescende jusqu’à un taux normal pour une adolescente. Paraît qu’il ne fallait pas faire ça, avec les toxicos, il fallait les faire arrêter. Mh, rêve lointain. Adonis aurait tout fait pour elle, alors qu’il ne la connaissait que depuis 20 minutes, qu’il ne l’aimait pas, et qu’en retour elle ne l’aimait pas non plus, elle était trop provocatrice, ça l’énervait, il voulait seulement l’aider, pourquoi réagir ainsi ?

Le vent rafraîchissait son visage, lui remettait quelques-unes de ses idées en place. Le hochement de son crâne repris. Il avait peur, terriblement peur que Lula se jette, tombe, brise sa colonne vertébrale, meure à son tour. Il s’avança vers la fenêtre :

« Il faut que tu descendes, Lu … la »

Il posa ses mains sur les rebords de la fenêtre, à gauche et à droite. Quand il levait les yeux, il voyait la Serdaigle, dans toute sa grandeur, supérieure à lui, d’un mètre au moins, un sourire cruel aux lèvres.

« De toutes façons, si tu te jettes, tes pouvoirs te sauveront. Parce que tu ne veux pas vraiment mourir, pas encore. Tu t’amuses, Lula, tu trouves des moyens de rire, de te foutre de ma gueule, de la gueule du monde. »

Au début, il était incertain, les mots sortaient de sa bouche comme s’il voulait se persuader lui-même qu’il avait raison, qu’elle n’allait vraiment pas mourir, si elle tombait. Puis, il avait fini par y croire. Vas-y, Adonis, crois-y, c’est tout ce qu’il te reste.

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Georgiado
« They didn’t agree on much. In fact, they didn’t agree on anything. They fought all the time and challenged each other ever day. But despite their differences, they had one important thing in common. They were crazy about each other. »
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Je cherche de la drogue, pas de la pitié. - Ado' -

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