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Disturbing Behaviour { Rabastan }

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MessageSujet: Disturbing Behaviour { Rabastan } Sam 24 Mar - 20:35




« Disturbing Behaviour »( clique sur le lien )






    Elle suppliait, pleurait, geignait comme une enfant de cinq ans. Les mots qui sortaient de sa bouche semblaient de longues et douloureuses plaintes. Du moins, douloureuses pour elle, car du haut de mes talons, juste en face de sa silhouette agenouillée, je me tenais droite, froide et complètement indifférente. Ah, l’indifférence ! Feinte, ou vraie, elle restait la meilleure des méthodes. Pour moi : la meilleure des armes. Je restai impassible, et regardai avec un malin plaisir la jeune fille à mes pieds. Elle était blonde, aux cheveux courts et trempés. A vrai dire, le haut de ses vêtements étaient trempés, et ses cheveux dégoulinaient sur son débardeur, tandis qu’à l’eau se mêlaient ses larmes. Amanda Brams était une troisième année, et avait osé me voler un objet personnel. Evidemment, cette gourde l’avait perdu, ou quelqu’un semblait lui avoir pris, ou plutôt repris. Elle était doublement coupable alors, déjà elle m’avait dérobé un bracelet avec des diamants auquel je tenais, et que mon père m’avait offert étant enfant. Il était hors de question qu’il soit perdu pour toujours, ou pire...qu’il profite à quelqu’un d’autre. J’étais donc dans l’obligation de le récupérer.

    « Allons Amanda, tu dois bien te souvenir du dernier endroit où tu l’as vu...n’est-ce pas ?» répétai-je pour la énième fois.

    La jeune serdaigle hocha négativement la tête, les lèvres tremblantes, et d’immondes larmes roulant sur ses joues rougies par l’angoisse et la honte. Je soupirai, lassé et agacé, puis tournai mon regard vers Cassya, une des filles de mon cercle privé - ma petite cour royale comme j’aimais l’appeler - et elle fit un sourire malicieux. Avec une autre fille, elles prirent à nouveau Amanda par les épaules, et la soulevèrent pour la mettre à la hauteur du lavabo rempli à rat bord. D’un seul coup, elles maintinrent sa tête sous l’eau, tandis que je leur laissai le passage, jouant avec mes boucles d’un air distrait et pensif. Je fis quelques pas, et observai la scène. Au bout d’une paire de secondes, je fis signe à Cassya de la lâcher. Amanda atterrit sur le sol mouillé, en pleurant d’autant plus, toussant et crachant de l’eau.

    « Pleurer ne sers strictement à rien ma chérie. Mieux vaut tout de suite me donner une information utile, vois-tu. Sinon, je serais dans l’obligation de continuer ce petit manège jusqu’à ce que tu t’évanouisses, et que je trouve une autre idée géniale pour délier ta langue.»
    lui dis-je, accroupie pour être à sa hauteur.

    La jeune fille releva son visage vers moi, tout boursouflé et humide. Je la regardai froidement.

    « Je...je...je suis tell...tellement désolé. Je ne voulais pas le prendre. J’ai...j’ai été stupide...je...je suis dés..déso...désolé...pitié...je ne sais pas où il est...» pleurnicha-t-elle.

    Déçue, et à présent davantage énervée, je me relevai, et lui jetai un regard noir.

    « Me voilà désapointé. Tu me voles, et ensuite tu perds ton butin. Regrettable, vraiment, dis-je, acide. Mais puisque tu sembles incapable de me rendre ce que tu m’as pris, je vais être obligée de faire peur à celui qui te l’as pris, peut-être alors rendra-t-il mon bien...tu pourras être la preuve vivante de ma clémence. Je te laisse en paix à partir de demain, et toi tu te chargeras de véhiculer le message que quelque soit la personne qui est en possession de cet objet, celle-ci sera pardonnée, tout comme je te pardonne toi. Tu peux te charger de faire ça j'imagine ? » demandai-je avec un sourire espiègle.

    Elle semblait perdue, et buvait mes paroles. Ses yeux brillants se posèrent sur moi avec appréhension.

    « Oui, bien sûr. Mais...ça veut dire que je suis...libre ? Je peux partir ?» demanda-t-elle avec espoir.

    Je ne pus retenir le rire qui sorti de ma gorge à cet instant. M’accroupissant pour être à sa hauteur à nouveau, je posai une main sur ma joue pour la tapoter avec moquerie.

    « Oh, ma chérie, j’ai dis que je te laisserais en paix demain, mais tu ne vas pas me refuser un divertissement de qualité ce soir, n’est-ce pas ? Et puis, tout ceci est ta faute ... n’apprenez-vous pas, vous les serdaigles, à toujours assumer les conséquences de vos actes ? Eh bien Amanda, voilà une très bonne façon de prouver tes véritables valeurs!» assénai-je.

    Je n’eus même pas besoin de regarder Cassya et les autres pour qu’elles comprennent. Elles avaient l’habitude. Elles prirent Amanda par la taille, et la traînèrent jusqu’au portes des toilettes. J’entendis Amanda se débattre et crier mais à cette heure-ci, les couloirs déserts ne lui offriraient aucun secours. La nuit avait enveloppée Poudlard, et dehors il n’y avait rien ni personne pour stopper mes divertissements. Le bruit de la chasse d’eau retentit, et je souris, appuyée contre la porte des toilettes, un genou replié, le talon contre le bois vert. Les filles se défoulaient sur Amanda, et j’entendis l’impact de la tête d’Amanda contre la cuvette, ses gémissements et ses plaintes, tandis que moi... profitant seulement du bruit qui m’était plus agréable encore qu’une quelconque image réelle, je me délectai de la scène qui se dessinait dans mon esprit. Oh pas la peine d’être devant elle pour m’imaginer le visage d’Amanda. Je savais très bien ce qui se passait, et j’adorais ça. J’écoutai, me délectai, et mon plaisir était quasiment à son paroxysme lorsque la porte des toilettes s’ouvrit sur une silhouette familière.
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MessageSujet: Re: Disturbing Behaviour { Rabastan } Sam 31 Mar - 15:59

    Toujours aussi belle. Et l'expression de délectation qu'elle arborait à l'écoute des gargouillements et des pleurs provenant des toilettes, accentuait cette impression. Comme souvent, il ne put s'empêcher de la détailler de bas en haut. De toutes manières il n'avait pas envie ni ne voyait l'intérêt de s'en empêcher. Le jeune homme eut un sourire appréciateur, en coin, malgré lui. A ses yeux, aucune des filles avec qui il avait flirté récemment ne lui arrivait à la cheville, mais il n'aurait pas été très stratégique de le souligner durant leur affrontement. Inutile de perdre du temps ou de la salive en salutations banales. Ils n'avaient pas besoin de ça. Les regards suffisaient.
    Il s'avança donc jusqu'à la provenance des cris qui l'avaient poussé à ouvrir la porte des toilettes des filles. La tête dans les cuvettes, se trouvait une petite Serdaigle, rouge, sanglotante, décoiffée : grotesque. Et ses bourreaux : l'habituel gang d'amazones qui entourait toujours Gaël, s'amusant visiblement beaucoup aux dépends de la gamine. Aucun doute au vu de ces sourires cruels sur ces gueules d'ange. L'union faisait la force et en l'occurrence, ce groupe de vipères savait se faire craindre aussi bien que des brutes deux fois plus larges et deux fois plus hautes.
    En temps normal, il n'aurait jamais interrompu la scène. Que ce fut un divertissement, ou une leçon qu'elle donnait peu importait. Il n'y avait pas de raison qu'il prive Gaël de cela. Mais cette nuit, c'était un peu particulier.


    -Dehors.

    Ca avait été dit sans animosité, mais sans aménité non plus. Ce n'était pas uniquement qu'elles n'avaient rien à faire là et qu'il était préfet. Autant qu'il était possible sans que cela fût trop criant, Rabastan favorisait naturellement sa maison, sans le moindre fairplay. Elles auraient bien pu noyer la Serdaigle, pour ce qu'il se sentait concerné, ça n'aurait pas fait une grande différence. Et ça n'aurait pas été la première fois qu'il aurait couvert leurs agissements sans l'ombre d'un scrupule, parfois partageant même leur amusement. Mais des oreilles discrètes lui avaient récemment rapporté un événement... pas troublant, mais pas loin. Et le Serpentard ne tenait pas à avoir la petite cour de Gaël autour lorsqu'il finirait par mettre le sujet sur le tapis. Autant pour lui que pour elle.
    En revanche, il ne faisait aucun doute qu'il entendait être obéi. D'ailleurs il s'était déjà tourné vers sa Sorcière comme si elles n'étaient déjà plus là. Et si elles commettaient l'erreur de croire qu'elles pouvaient le braver... Qu'elles soient à la botte de Gaël ou pas ne l'empêcherait pas de les rappeler à l'ordre à sa manière. Il n'aurait même pas de prétexte à donner, celui-ci était tout trouvé : elles n'avaient vraiment rien à faire là à une heure pareille. Il avait horreur de l'insubordination : quand la hiérarchie était claire, on s'y pliait. Ceux qui ne savaient pas respecter ces règles morflaient toujours et pour cause : les hiérarchies auxquelles il pensait, les seules qu'il reconnaissait, c'était les hiérarchies naturelles : la force, l'intelligence, le pouvoir, tout ce qui faisait qu'on pouvait imposer sa volonté. Ceux qui ne savaient pas rester à leur place pourraient regretter de ne pas subir un sort aussi doux que celui que la Serdaigle subissait alors
    La pauvre gamine, elle, avait dû boire trop la tasse et ne plus avoir les idées bien en place parce qu'elle cru visiblement qu'il était là pour la sortir de la situation misérable dans laquelle elle s'était mise seule. "Aide-moi.."implora-t-elle faiblement, les larmes lui coulant déjà des yeux et tendant une main. Oui elle avait probablement trop d'eau dans la tête parce qu'en temps normal, elle n'aurait sûrement jamais accroché la jambe de Rabastan Lestrange comme si cela avait une chance, même minime, de lui inspirer de la pitié. Il ne se donna même pas la peine de se dégager. Il se lassait si vite de ce genre de victimes quand l'une d'entre elles lui tombait entre les mains : cela cédait tout de suite, sans résistance, se révélait d'une mollesse inconsistante trop ennuyeuse. Quelque part, c'était une chance pour elles : il s'acharnait rarement dessus et bien peu de temps, tant le désintérêt lui venait vite. Son sourire s'était effacé.


    - C'est elle qui t'a volé ton bracelet ?


    Une question à laquelle il était déjà pratiquement sûr de connaître la réponse. Mais contrairement aux apparences, le terrain était loin d'être sûr et stable et dans ces cas-là mieux valait d'abord observer. D'abord il y avait la façon dont leur petite guerre s'était dénouée d'elle-même, alors que Leroy avait cessé ses provocations. Et Gaël était rancunière. Quant à lui il avait gagné la partie. La victoire le rendait aussi bon joueur que la défaite le rendait mauvais, et Rabastan était prêt à faire de nombreuses concessions à la jeune femme pour qu'elle estime avoir rétabli l'équilibre. Pour elle, il était capable de faire plus que son content d'efforts et de prendre sur lui. A présent que le jeu était fini, il n'avait pas la moindre envie de la perdre par trop d'orgueil, il l'avait trop dans la peau. C'était pour cela qu'en dépit du plaisir ô combien délectable d'avoir gagné, il ne s'était pas pavané, n'avait fait aucune provocation, n'avait pas souligné avoir remporté cette bataille. Il n'avait pas non plus cherché à la forcer à reconnaître la fin du jeu : ils partageaient cette espèce de caractère sauvage qui aurait pris comme une entrave d'être sermonné. Il était prêt à serrer les dents et à la laisser évacuer sa rancœur. Du moins l'aurait-il été sans cette petite information qu'on lui avait fait parvenir. Etant donné sa nature, le rapporteur en question n'avait pas eu l'air très à l'aise. Si c'était vrai... Et en même temps il imaginait mal que quelqu'un ose lui mentir sur un pareil sujet : les répercutions étaient beaucoup trop risquées, n'importe quel de ses proches le savait parfaitement. Regulus, il y avait toujours eu des doutes autour du jeune Black tant il laissait souvent percer des pointes de rébellion inexplicables. Mais elle...
    Lestrange n'était pas certain de ce que cela évoquait chez lui. Sans qu'il arrive à en identifier la nature, il sentait cependant que cela pourrait réveiller des réactions imprévisibles, même pour lui. Mais des réactions dangereuses.
    Et c'est pourquoi au lieu de l'attitude ouverte et patiente, à sa façon certes mais tout de même, qu'il avait prévue, il ne pouvait s'empêcher d'agir comme étant toujours face à un adversaire. A vrai dire sa méfiance était même plus forte encore que lorsqu'il ne s'agissait que du conflit qu'avait fait naître Leroy. En dépit de toute la retenue qu'il s'imposait, il doutait d'arriver à le dissimuler tout à fait à la Sorcière, doutait aussi d'en avoir réellement envie.
    Autant dire que le "s'il-te-plait" aussi suppliant qu'insistant de la Serdaigle n'atteint même pas ses oreilles.
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MessageSujet: Re: Disturbing Behaviour { Rabastan } Sam 14 Avr - 16:28

    Je ne m’étais pas attendue à le voir ici. J’avais pour ainsi dire, étais occupée toute la journée avec cette histoire de bracelet, et je n’avais pas vraiment accordé de temps à Rabastan, ni aux autres. Ce bracelet, c’était le dernier souvenir qu’il me restait de mon père, il représentait tellement de choses pour moi qu’il m’était insoutenable de le perdre, comme j’avais perdu mon père. Pour éviter les questions gênantes, les regards compréhensifs de mes proches, j’avais tenté de me concentrer sur la recherche de l’objet volé. Et j’avais réussi dans ma mission, rien ne m’avait détourné de mon but. Mais voilà, je n’avais toujours pas retrouvé le bracelet, et cette histoire me tapait autant sur les nerfs que celle de Leroy. Et en pensant à lui justement, voilà que Rabastan débarquait en plein règlement de compte. Dieu que je détestais qu’on m’interrompe! Mais je ne pouvais manifester ni plainte ni remarque, il était dans son droit, c’était le préfet, et j’étais obligée de me plier à sa volonté, à son autorité. Et en parlant d’autorité, il venait de porter un violant coup à la mienne. En intervenant, il m’avait coupé dans l’accomplissement de ma divine colère, et le châtiment n’avait même pas pu être opérer jusqu’au bout. Voilà de quoi me contrarier grandement.

    Sa voix fut tranchante comme une lame de rasoir, pire que la mienne, on y sentait une sorte d’impatience incontrôlable qui attira d’autant plus mon attention. Je n’avais dis mot depuis son arrivée dans les toilettes de Mimi Geignarde, d’ailleurs...celle-ci restait dans un coin bien sagement, baissant les yeux vers l’eau qui formait une flaque sur le sol, mêlée à un filet de sang. Pour une fois, elle ne pleurait pas, du moins elle ne geignait ni ne parlait. Rabastan avait simplement ouvert la porte des toilettes, et avait ordonné à mes accompagnatrices de sortir avec la serdaigle. Je croisai les bras sur ma poitrine, mon pied tournant de gauche à droite sur la pointe de mon talon, dans un signe d’impatience, mais également de mécontentement. Ne lui suffisait-il donc pas de m’avoir humilié en gagnant notre petit jeu ? Il venait en plus me gâcher le seul plaisir que ces derniers jours m’avaient apporté.

    J’étais définitivement une femme frustrée. Bien sûr, les filles ne tardèrent pas à sortir des toilettes, et elles me lancèrent un regard comme pour me demander ma permission, que je leur accordé sans rien dire. Elles auraient obéis à Rabastan sans aucun doute, mais le simple fait que ce ne soit pas moi qui leur ai donné l’ordre faisait qu’elles se sentaient obligées de s’en remettre en dernier recourt à mon avis. Simple marque de respect. Inutile lorsque Rabastan était dans la pièce. Comme s’il me volait l’autorité que je m’appliquais à instaurer. Autant dire, que je n’aimais jamais cela. Mais j’étais bien obligée de faire avec. Difficiles de gérer deux hautes autorités telles que les nôtres. Le partenariat était souvent de mise, même si ces temps-ci il avait été mis de côté. Rabastan cependant semblait avoir déjà fait abstraction de la présence des filles et la serdaigle, et il retourna son regard vers moi. La serdaigle eut l’espoir naïf que Rabastan l’aide, et elle n’hésita pas à le supplier, s’accrochant à sa jambe. Pitoyable. Elles quittèrent finalement la pièce. Nous, nous restâmes à nous regarder en chiens de faïence. J’étais sur le défensive.


    - C'est elle qui t'a volé ton bracelet ? demanda-t-il sans sourire.

    Je ne le quittai pas des yeux, ne cillai pas. Sa présence n’était pas anodine. Je le savais, et c’est ce qui m’inquiétait. J’adorais Rabastan, il était tout ce que j’aimais chez un homme, mais je savais comment il était, et connaissais parfaitement ses méthodes. Il y avait quelque chose qui clochait. Je soupçonnai aussitôt l’affaire Leroy de refaire surface, bien que je ne voyais aucune raison pour cela.


    - Quelle perspicacité...

    Ma voix fut comme un son linéaire. Elle ne trembla pas, et les mots furent prononcés avec une insensibilité et une impassibilité qui effaçait presque le caractère ironique de la réplique. Je restai froide, attendant sans surprise qu’il annonce la raison de sa venue. Mais comme cela ne venait pas, je ne pus m’empêcher de continuer.

    - Tu as interrompu un moment très....agréable. Presque convivial. J’espère cependant que ta petite interruption ne m’empêchera pas de récupérer mon bracelet, que cette petite idiote a perdu, ou s’est fait volé...


    Je l’avouais, je lui en voulais d’avoir gagné. J’étais très mauvaise joueuse, et il le savait. Oh, oui il le savait ! Comment pourrait-il l’ignorer ? Mais il avait été, certes, très bon gagnant, à l’inverse d’être mauvais perdant dans d’autres circonstances. Je n’avais subis aucune plaisanterie ou cri victorieux, même pas un sourire vainqueur ou une attitude trop fière. Mais je savais qu’il l’était. Fier. Il avait gagné. Il m’avait battu à mon propre jeu. Et cela, c’était pire que tout pour moi.

    - J’imagine que ce n’est pas une visite de courtoisie, dis-je. Peut-être es-tu venu voir si je me portais bien ? - je fis mine de réfléchir - Hm...non, ce n’est définitivement pas ça.

    Je marchai jusqu’au rebord de la grande fenêtre, et m’assis adroitement dessus, mes jambes pendant dans le vide, croisées. Je n’avais pas eu le temps de révêtir des vêtements plus confortables, ainsi je portais toujours ma chemise blanche - toujours entre-ouverte pour assurer un décolleté appréciable - et ma jupe noire. Seuls les talons restaient inchangés. L’administration n’avait jamais réussi à me faire porter leurs horribles chaussures plates. Les talons....j’étais sûrement née avec.
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MessageSujet: Re: Disturbing Behaviour { Rabastan } Mer 18 Avr - 17:52

    A en juger par la manière glaciale qu'elle eût de l'accueillir, elle lui en voulait encore. Ou bien elle prenait mal la façon abrupte qu'il avait utilisée pour mettre fin à "l'éducation" de la petite Serdaigle. Ou bien les deux. Cela l'aurait sûrement fait tiquer d'agacement en temps normal, mais il était trop pris dans ses réflexions pour cela. Il n'accorda pas un regard aux jeunes filles quittant la pièce. Un silence s'installa. Rabastan n'avait pas encore trouvé comment lui révéler ce qu'il avait appris, de manière satisfaisante. Mais Gaël poursuivait déjà, répondant à une question qu'il n'avait posée que se donner du temps. Alors comme ça la gamine avait perdu ce qu'elle avait volé : décidément aucun talent... Cette fille n'avait vraiment rien pour elle et finir la tête dans les toilettes semblaient effectivement un destin qui allait parfaitement.

    -Quelle petite gourde... Tu le retrouveras. Ton bracelet., souffla-t-il.

    Cela avait été prononcé d'un ton songeur, de celui qui pense à autre chose, mais il pensait réellement ces paroles. D'ailleurs si Gaël ne parvenait pas à retrouver ce bijou qui semblait lui tenir à ce point à cœur, il se chargerait lui de dénicher l'imbécile qui s'en était emparé. La Sorcière pouvait être capricieuse, il était bien placé pour le savoir. Mais il était aussi bien placé pour déceler quand quelque chose lui était important. Or si le jeune homme était capable d'aller loin pour lui-même, c'était deux fois plus vrai lorsqu'il s'agissait des quelques rares personnes qui comptaient réellement, et Gaël, qu'il ne pouvait autrefois pas encadrer tant elle réussissait à le rendre furieux quand et comme elle le voulait, avait finalement réussi à entrer dans ce palmarès. Il fallait croire que ses nombreux défauts prenaient tant d'ampleur, qu'il n'avait pas pu les cumuler tous : l'égoïsme était resté à la porte.

    Il la suivit des yeux, féline, alors qu'elle se perchait au bord de la fenêtre, sans réagir immédiatement à l'ironie avec laquelle elle faisait mine de deviner pourquoi il était là.


    -J'aimerais dire que tu te trompes... A vrai dire j'imaginais les choses différemment..

    Il faisait naturellement allusion à la fin de leur petit conflit. Le jeune homme avait effectivement imaginé une armistice – puisque leur relation n'avait jamais cessé d'être mouvementée - plus agréable. Et pourtant, là aussi son esprit était ailleurs, déjà loin du plaisir d'avoir gagné.
    Bras croisés, adossé à l'un des murs, Rabastan avait le regard dans le vide, songeur encore, frustré aussi, les sourcils froncés et se mordillant la lèvre. Ce n'était pas une situation simple. Le problème c'était que quelle que soit la façon dont il amènerait les choses, plus que sa réaction à elle, le Sorcier était parfaitement incapable de prédire quelle serait sa réaction à lui. Lui qui d'habitude, se connaissait sur le bout des doigts, se retrouvait dans une situation complètement trouble. Sans doute était-ce que pour la première fois, ses valeurs entraient en conflit les unes avec les autres, et ses émotions de même. Une première. Pour ne rien arranger, lui qui se connaissait si bien se savait aussi extrême. Ça ne posait pas de problème lorsqu'il savait déjà dans quel sens et jusqu'à quel point. Cela prenait une toute autre dimension lorsque ces deux paramètres lui étaient inconnus.

    Pourtant pas question de rester dans l'indécision. La réflexion ? Bien. Mais en fin de compte ça ne valait rien sans action.
    Sa décision prise, il releva les yeux, faillit parler mais son regard tombant sur le petit fantôme resté dans son coin, finit par lancer un "dégage !" sans appel. Fantôme ou pas, aucune créature au monde n'était insensible à la douleur. Dans l'art et les plaisirs de l'infliger, les moyens changeaient en fonction de la nature de la victime, de sa force et de son mental. Mais en l'occurrence, six années à chasser Peeves lui avait donné d'assez bonne idées en la matière de tourments ectoplasmiques. Il se fichait royalement des petits commérages de Mimi Geignarde, et si elle voulait aller se plaindre à quelqu'un, grand bien lui fasse. Cela pesait peu dans la balance : il ne voulait pas être dérangé ce soir-là. Si cela voulait dire lancer de méchants sortilèges au fantôme et payer une note plus ou moins salée plus tard, ça n'avait guère d'importance. De toute manière, l'esprit pleurnicheur avait eu plusieurs aperçus de la cruauté lestrangienne. Le jeune homme doutait fortement qu'elle cherche à le défier.
    Seuls, Rabastan retrouva le regard de Gaël. Toute trace de méditation, d'hésitation, envolée. Désormais il ne cillait plus.


    -Gael tu n'as pas de comptes à me rendre mais... Y a-t-il quelque chose que je doive savoir au sujet de Regulus ?

    Voilà : ça avait été à moitié vicelard, à moitié franc. Il n'attaquait pas, certes, mais laissait tout de même entendre qu'il l'aurait pu. Il ne révélait pas ce qu'on lui avait rapporté, mais le laissait supposer. Il ne la visait pas elle, directement, mais Regulus.
    Si ça manquait de diplomatie, si la question gardait quelque chose de dangereux, ce n'était pas volontaire et il ne s'en rendait pas vraiment compte. Mais Lestrange était ce qu'il était. Il aurait pu essayer avec la meilleure volonté du monde de se faire agneau, il n'aurait jamais eu l'air que d'un loup avec un manteau de laine. Il aurait pu essayer de se faire agneau, mais en toute bonne foi, cela aurait été un agneau mordant et violent, parce qu'en fin de compte, il était juste absolument incapable de concevoir le "bien" comme tout le monde, ou en tout cas un "bien" moldu, à la morale plus ou moins judéo-chrétienne. Après tout, lui avait été élevé avec des valeurs toutes différentes.
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MessageSujet: Re: Disturbing Behaviour { Rabastan } Mar 8 Mai - 16:15

Son attitude m'inquiétait. Il ne semblait pas vraiment énervé, ni sur le point de devenir colérique, mais pourtant je sentais une tension contenue dans les muscles de sa mâchoire, dans le froncement de ses sourcils, dans le regard sombre et intense qu'il me lançait, et puis je ne pouvais ignorer la patience dont il faisait preuve, et qui n'était nullement naturelle chez lui. Il tournait autour du pot, je le savais. Se demandait-il comment aborder le sujet qui l'avait mené jusqu'ici ? Car il était évident que ce n'était en rien sa tâche de préfet qui l'avait poussé à sortir à cette heure-ci, vérifiant dans les couloirs déserts de n'y voir aucun élève. Non, c'était tout autre chose, et cette autre chose m'inquiétait autant qu'elle me faisait peur. Et ma peur me fit prendre du recul, j'adoptais tout de suite une attitude revêche, sur mes gardes, me disant qu'il l'approprierait à ma défaite récente. Il me connaissait mauvaise joueuse, mais il savait certainement aussi à quel point je pouvais être bonne menteuse. A bien y réfléchir, non...il ne savait pas. Qui aurait pu deviner, du reste, que derrière mon masque et mon déguisement, se cachait une tout autre personne, broyée et coincée sous des couches et des couches de mensonges et de secrets, mais malgré tout, aussi résistante que la carapace que je m'étais forgée.

- Quelle petite gourde... Tu le retrouveras. Ton bracelet,
fit-il.

J'eus un reniflement dédaigneux en pensant à celle qui m'avait volé mon précieux bracelet.

- Evidemment,
dis-je.

Sa voix me paraissait lointaine, comme s'il était ailleurs. Assurément, il l'était. Son regard songeur en était la preuve. Mais il avait raison néanmoins. Je retrouverais mon bracelet, peu importait les méthodes utilisées. Tandis que je venais m'assoir sur le rebord de la fenêtre, ignorant la présence de Mimi Geignarde, et que je faisais mine de deviner la raison de sa venue, sans cacher l'ironie plus que présente dans mes paroles, Rabastan me suivit des yeux, avec une telle concentration que je savais que la conversation ne tarderait pas à se diriger vers un sujet qui impliquerait un ton plus élevé. Et Merlin savait à quel point le ton pouvait vite monter entre nous !

- J'aimerais dire que tu te trompes... A vrai dire j'imaginais les choses différemment..

Qu'est-ce qu'il imaginait différemment ? Cette fois-ci, je ne pus dissimuler ma curiosité. Mon regard se fit interrogateur, et je dus me faire violence pour ne pas poser tout de suite de questions. J'avais comme l'impression que l'impatience ne me serait pas une alliée à cet instant. Mieux valait le laisser venir doucement vers ce qui lui tracassait l'esprit. Soudain, je me demandais s'il ne parlait pas de notre récent petit jeu, que j'avais malheureusement et pour son plus grand plaisir, perdu. Mais j'avais l'intention de me rattraper très bientôt. Ici, pas de place à la faiblesse, il me fallait retrouver mon pouvoir. Si je laissais cette défaite passer, Rabastan ne verrait aucun inconvénient à me battre une nouvelle fois. Si il prenait confiance en ma faiblesse, ça irait de pire en pire, et il était hors de question que cela arrive. Je descendis du rebord de la fenêtre, intriguée, et m'avançai vers lui. Mon regard se fondit dans le sien, qui me paraissait étrange. Et je me postai devant lui, plus petite, mais pas moins impressionnante pour autant. Je le dardai de mon regard intense, les bras croisés sur ma poitrine.

Je crus qu'il allait parler en relevant les yeux, et en ouvrant la bouche, mais son attention se porta sur le fantôme de Mimi Geignarde. Il lui lança un "Dégage!" qui m'aurait fait sursauté si je ne le connaissais pas si bien. Il avait une attitude qu'il n'avait jamais eu avec moi. Et je ne croyais pas l'avoir vu faire la même chose avec d'autres personnes. Il paraissait vouloir me dire quelque chose, mais étrangement il faisait preuve de patience, songeant à amener son problème comme s'il marchait sur des oeufs. Finalement, il cracha le morceau.

-Gael tu n'as pas de comptes à me rendre mais... Y a-t-il quelque chose que je doive savoir au sujet de Regulus ? dit-il.

Je fus littéralement divisée en deux à cet instant. La partie la plus tordue félicitait la subtilité et la diplomatie de Rabastan, le fait qu'il pose la question en visant Regulus et non moi directement, sachant très bien que je comprendrais le sous-entendu, et puis cette manière de parler sans pour autant être agressif, alors que je savais parfaitement à quel point il devait être sur les nerfs, prêt à bondir comme un léopard sur sa proie. Et puis, le rappel que j'étais libre de mes actes, que je n'étais pas à suivre ses règles à lui, écrasé pourtant sous sa volonté de me remémorer que même si j'étais maitresse de mes choix, ceux-ci ne devaient en aucun cas empiéter sur son terrain et encore moins enfreindre les limites. Mais l'autre partie de moi...celle qui se taisait, disparaissait et se faisait si discrète que je l'oubliais même...elle..cette partie là trembla de peur, se mordit les doigts, aurait sans doute voulu s'enfuir loin du danger que représentait Rabastan en cet instant. Je n'aurais jamais du avoir un moment de faiblesse avec Regulus, mais je n'avais pu m'en empêcher complètement. Je me maudis moi-même pour avoir fait cette terrible erreur.

Mais je fus assez maligne pour ne rien laisser paraître. Pendant une demi-seconde, j'eus le temps de connecter mon esprit stratégique pour trouver une échappatoire. Je savais quoi faire, du reste, je savais généralement toujours quoi faire. L'improvisation était quelque chose de naturel chez moi. Et j'en jouais...un peu trop d'ailleurs. Sûrement aurais-je du être plus prudente avec mes mots au bord du lac, avec Regulus. Mais comment ne pas prendre pitié de cet être torturé, et qui ressemblait tellement à une part de moi bien cachée. Et c'était parti pour le spectacle !

Je lançai un regard plus interrogateur encore à Rabastan, avant de décroiser mes bras et de m'avancer encore plus vers lui, mon visage près du sien.

- Et si tu étais plus clair Rab' ? proposai-je tranquillement. Pourquoi ne pas tout de suite me demander si j'ai encouragé Regulus à s'enfuir et trahïr les siens ? Mais ce ne serait certainement pas très malin de ta part, n'est-ce pas ? Pas très diplomatique. Alors, je vais faire comme si tu ne me soupçonnais pas directement de trahison.

Mon ton se faisait dur, et ma colère était visible. Quoi de plus normal vu les soupçons dont j'étais la cible ? Je me demandais qui avait bien pu dire ces choses à Rabastan, mais j'étais certaine que cette personne avait de la valeur aux yeux du serpentard. Pourquoi y aurait-il cru sinon ? Pourquoi accorder du crédit à cette histoire, si la personne n'était pas de confiance ? Ainsi, je devais être plus maligne, plus souple. Je devais me justifier sans avoir l'air d'en avoir besoin, et pourtant je devais éviter de dénigrer sa source ou de lui donner tort. Pas question de nier.

Je m'éloignai de Rabastan, et allais vers les lavabos pour laver mes ongles où le sang de la voleuse s'était coincé à l'intérieur. J'actionnai le robinet, et dans le miroir au dessus, continuai de regarder Rabastan. Je lavai mes mains et continuai à parler.

- Bien que je juge que je n'ai pas à me justifier, étant donné que je suis assez grande et capable de me débrouiller pour gérer mes affaires seules, je vais tout de même te donner ma version des faits. Quoique tu ais entendu, saches que Regulus a eu des doutes pendant quelques instants, et ne voyant pas l'intérêt de le dissuader avec de vaines paroles, je lui ai clairement fait comprendre qu'il ferait mieux de garder ses envies d'évasion pour lui seul. Pourquoi m'aurait-il écouté franchement ? Alors, je n'ai trouvé d'autres solutions que de l'encourager à me faire confiance. S'il a envie de fuir, il fera appel à moi, croyant trouver mon aide. Un bon moyen de savoir quand il voudra passer aux travers des filets.

Je fermai le robinet, et pris la veste de la voleuse qui était restée là, je m'essuyais les mains avec, et la jetai sur le sol sans scrupules. J'avançai vers Rabastan, froide, glaciale, et plantai mon regard dans le sien.

- Qui a-t-il ? Aurais-je du le menacer de le tuer et de lui arracher les membres s'il continuait à penser ainsi ? Cissy n'aurait sans doute pas apprécier, et ma façon de faire me convient mieux que la tienne. Regulus n'est pas un mauvais garçon, il est jeune, et je l'empêcherais de commettre une grave erreur. Te le dire en aurait été une, connaissant très bien tes méthodes concernant les traitres ou les futurs traitres...

Mon regard se fit encore plus sombre, et ma main alla attraper la cravate de son uniforme qu'il n'avait toujours pas enlevé depuis la fin des cours, sûrement occupé à autre chose qu'à se détendre. Je ne la tirai pas, mais exerçai une certaine pression dessus, rapprochant ainsi son corps de moi, un sourire froid sur mon visage.

- Alors Rabastan, qu'est-ce que ça va être ? Tu m'attaches à une chaise pour être sûr que je dis la vérité ? Ou encore tu me menaces ? Oh, non je sais, tu m'arraches chacun de mes ongles jusqu'à ce que tu sois sûr que je ne sois pas une menteuse ! Non ? - mon ton montait petit à petit - Tu es sûr de ne pas vouloir vérifier ? Car après tout, autant croire sur paroles ce que t'as révélé ta source, n'est-ce pas ? Pas la peine de douter ! Après tout ce n'est pas comme si je t'avais été loyale envers toi depuis le début ! - mon ton sarcastique se fit rageur - Comment as-tu pu ne serait-ce que penser à cela venant de moi ? Qu'est-ce que tu t'imaginais hein ? Que je m’enfuirais avec Regulus ? C'est ça ?crachai-je presque

.
Ma colère était plus que visible, et c'était le résultat de ses soupçons stupides. La vexation était là, et elle ne s'en irait pas. Je lachai sa cravate, et lui tournais le dos pour saisir la veste par terre, et sortant ma baguette je jetai un sort de nettoyage pour laver le sol où il y avait encore un peu de sang. Je ne voulais même plus croiser son regard tant la rage coulait dans mes veines.
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MessageSujet: Re: Disturbing Behaviour { Rabastan } Mar 8 Mai - 20:50

    Au début il se sentit tout sauf à l'aise. Il n'avait pas aimé avoir des doutes à son sujet, ça ne collait pas du tout avec ses principes, et il n'aimait pas plus qu'elle souligne à quel point c'était insultant. Mais il s'efforça de ne pas ciller. Ce n'était pas parce que c'était désagréable que ça ne devait pas être dit. Il était important de clarifier. Et si elle n'avait vraiment rien à se reprocher, il s'excuserait d'autant plus, trouverait un moyen d'effacer l'insulte qu'il lui avait faite en l'accusant même à mots couverts. Au début.
    Mais vint l'explication, et rapidement Rabastan perdit complètement de vue la raison première qui l'avait poussé à l'interroger, stupéfié parce qu'il entendait tant cela semblait loin de l'image qu'il se faisait d'elle, puis écœuré. Quoi c'était ça ? C'était dans ce but qu'elle avait prononcé ces mots à l'oreille de Regulus ?!
    L’écœurement s'amplifia avec les accusations dont elle l'abreuva, comme si elle avait été certaine qu'il se serait jeté sur le jeune Black pour le torturer si elle lui avait parlé de cet incident, comme si elle avait si peu confiance en lui qu'elle l'imaginait prêt à la trahir, les reproches, comme si elle le pensait capable de lui faire à elle le moindre mal. Lui arracher les ongles ? Voilà en quelle estime elle le tenait ?! S'il avait voulu lui faire du mal, elle serait déjà en train de gémir ! Mais présentement ce n'était pas l'envie qui lui manquait de la gifler, la main lui démangeant violemment. Et pourtant, même cette fois il se retint. Ses prunelles bouillonnant d'autant plus de toute la hargne qu'il ne pouvait exprimer autrement. De toutes manières, le pire n'était pas l'image que Gaël lui renvoyait, c'était bien le tour qu'elle comptait jouer à Regulus.


    - C'est ta solution... ? Tu comptes le trahir, en fin de compte. Plutôt que de le pousser à affronter la réalité, tu le laisses s'envaser dans sa faiblesse. Tu l'encourages à mentir. Et. Tu le trahiras quand il commettras l'irréparable. Parce que tu crois qu'il prendra ça comment ? Que tu finisses par l'empêcher de partir après ce que tu lui as dit ? Tu vas l'empêcher de s'enfuir, bien. Mais on ne pourra plus jamais rien en faire. Il ne nous fera plus jamais confiance et il aura raison. Tu devrais t'arracher les ongles toi-même, pour avoir une telle mentalité. Penser cela de toi ?..., ironisa-t-il avec plus de bile que d'amusement dans la voix. Tsss...

    Il se détourna comme prêt à partir mais la flamme de rage qu'elle venait d'allumer prit soudain trop d'ampleur, et le jeune homme se retourna violemment vers elle avant d'atteindre la porte, le ton venimeux :


    -C'est intéressant cela dit. Parce que je suppose que c'est ce qu'il s'imagine aussi, lui, que je lui arracherais les ailes si jamais il pleurnichait à propos de son frère devant moi. Comme si je ne le savais pas déjà.... Vous me prenez pour un imbécile ?

    Bien sûr qu'il savait. Il connaissait Regulus depuis qu'ils étaient gamins. Il avait été le meilleur ami de Sirius et Sirius son meilleur ami... Avant... Regulus n'avait pas le monopole de l'abandon loin de là, encore que Rabastan considérait les choses d'une manière bien différente. Mais il n'avait jamais cessé de garder un œil sur le jeune Black, comme il n'avait jamais cessé de veiller sur Cissy même si elle n'était sa cadette que d'un an. Et Regulus était loin d'être le meilleur menteur qu'il ait rencontré, préférant d'ailleurs dissimuler ses scrupules derrière une solitude revêche plutôt que d'affronter ses doutes ou les soupçons des autres. Cela pouvait marcher avec beaucoup de gens, mais pas avec lui. Et si Rabastan n'en parlait pas à d'autres, c'est parce qu'il n'avait, lui, rien d'un traître.

    - Ca doit l'arranger. Ca doit être beaucoup plus simple de se poser en victime, j'imagine. Tu ne comprends rien, pas vrai ? Il est obsédé par son frère ! Il s'imagine que c'est sa seule famille et il crache sur l'affection de sa mère, son père et même s'il apprécie sa cousine... Tt ! Alors qu'il est aimé, ils veulent tous l'aider et moi aussi ! Je serai quoi, quelle sale petite ordure si je le laissais devenir un pauvre type aussi médiocre que les Sang-de-bourbe ? Si je laissais nos familles se dissoudre sans rien faire ? Pourquoi tu crois que je ne l'ai pas déjà secoué ? Je sais comment il pense ! C'est lui qui se cherche des raisons de foutre le camp sans avoir l'impression de trahir son sang ! Alors qu'il rêve juste une utopie égoïste et stupide : rejoindre Sirius. Comme si l'autre traître l'accueillerait à bras ouverts. Il saurait pas quoi foutre de son frère, maintenant qu'il s'en est trouvés d'autres tellement plus cools avec la bande de Potter. Pour "ça !" il serait prêt à trahir ses parents, Cissy aussi et je ne parle même pas de tout ce que ses ancêtres ont difficilement construit. Tu crois qu'ils se contenteront tous de le voir partir en le maudissant ? Ils auront mal. Mal parce que c'est le propre d'une trahison. Mais qu'est-ce que ça pourrait bien lui faire puisqu'il les prend pour des monstres, pas vrai ? Si ce n'est pas encore le cas pour tout le monde il suffira qu'on fasse un seul faux pas. Ah non ! Je ne lui donnerais pas l'une de ces foutues raisons ! Et je devrais te féliciter pour l'encourager dans ce sens ?!

    Il y eut un bruit de bris de glace et Rabastan ne se rendit compte qu'à ce moment qu'il venait de briser un miroir de son poing et s'était mis à crier. Mais ça ne changeait rien. Il était furibard, comme jamais elle n'avait réussi à le faire flamber. Mais on touchait là à ce qu'il y avait de plus épineux. Il était furieux. Furieux contre Regulus, tellement obsédé par son petit malheur nombriliste qu'il était prêt à fendre le cœur de sa famille, de Narcissa, de jeter l'opprobre sur une famille si noble, les Black, malgré les efforts de Bellatrix pour faire oublier Sirius. Lestrange ne supportait pas les traîtres et plus encore ceux qui trahissaient ceux qui leur étaient les plus proches. Et pourtant il était prêt à se retenir, à ne pas le menacer et à faire tout ce qu'il pouvait, œuvre de patience même, pour tenter d'insuffler au jeune homme de la force et un peu de réalisme. Il était furieux contre Gaël, qui couvait le gamin en le confortant dans ces idées dangereuses au lieu de le pousser à faire face. Furieux contre elle qui prétendait l'aider alors qu'elle ne ferait que le trahir. Même si c'était pour l'empêcher de fuir, ce serait quand même une trahison si Regulus lui avait fait confiance. Ca n'avait aucune importance s'il s'agissait de Sang-de-bourbe, ces gens n'étaient pas vraiment de la même race qu'eux. Ils ne méritaient aucun respect, aucune confiance, aucun effort. Mais là il s'agissait de leur camp, leurs sangs, tous liés qu'ils étaient, leur avenir à tous pour ces mêmes raisons. D'où croyait-elle qu'ils tenaient leur force ?! On ne trahissait pas quelqu'un de son propre camp ! On réglait ses problèmes entre soi, certes, et violemment s'il le fallait, mais on veillait à ce que jamais, jamais, cela ne puisse profiter à des ennemis.
    Tout faible qu'il s'avérait, Regulus était un Black ! Las ! On ne trahissait pas un Black.
    Deux trahisons successives, voilà ce qu'il entendait dans ce qu'elle avait dit. La seule chose qui aurait pu le rendre plus fou encore, ça aurait été qu'elle le trahisse lui de facto.
    Si son ton baissa ce n'était pas qu'il s'était calmé. La colère de Rabastan s'était juste d'ardente faite de glace.

    -J'en parlerai, à Cissy. Je ne lui dirai pas que ça vient de toi, mais je le lui dirai. Et nous essaierons de le raisonner et de l'aider. Pour de vrai, même si ça ne sera pas douillet pour lui. C'est à lui de grandir ! Fuir ne lui rendra pas le monde plus doux ! Tu peux dire ce que tu veux : ce que tu as fait, ou plutôt ce que tu comptais faire, oui c'est pousser Regulus à nous trahir. Et s'il le fait, alors effectivement il ferait mieux de prier pour que je ne mette pas la main sur lui sans témoin parce que je le lui ferai payer, et tu devrais prier aussi puisque ça a l'air de tant te choquer. Corbac ! Si c'est ta façon de voir les choses, Gaël : ne m'aide pas. Jamais !

    Narcissa avait bien grandi, elle ! Pourtant elle avait été si fragile. Seulement aujourd'hui qui aurait prétendu qu'elle était faible ? Il n'avait pas toujours été tendre. Bellatrix avant lui, non plus. Il n'était toujours pas d'une chaleur exceptionnelle. Néanmoins il avait tout fait pour la tirer par le haut, et de toutes évidences, cela avait marché. S'il en était fier, il était encore moins question de laisser qui que ce soit lui faire du mal après tout cela. Et la trahison de Regulus ne pourrait que la blesser. Il fallait donc que Regulus ne trahisse pas. Et pour ça il fallait marcher sur des œufs ! C'était déjà suffisamment pénible sans qu'on vienne réduire des efforts pareils à néant. Et si malgré tout le petit Black le faisait.... Oh il ne le menacerait jamais directement, cela reviendrait à lui ouvrir la porte, cependant, s'il le faisait... Un traitre-à-son-sang devait subir pire encore qu'un Sang-de-bourbe.
    Rabastan était si empli de violence, qu'il en crépitait littéralement. Toutes petites étincelles noires qui lui piquaient les bras, le dos, le crâne. Il inspira profondément : c'était comme de renoncer à la magie noire après s'en être enivré. Elles disparurent. Il n'osa pas, pourtant, toucher à sa baguette, ne sachant trop ce qu'il en ferait tant il n'était pas en contrôle. Il en avait mal au crâne : tout son être lui hurlait destruction et cruauté alors qu'il devait se retenir. En temps normal il aurait jeté sort sur sort, avec un instinct mauvais obtenu par toutes ces années de maléficence, depuis qu'il était petit. Mais il ne pouvait rien en faire. Par égard pour elle ? Vu ce qu'elle venait de lui cracher au visage... Main sur le front, ses doigts massant son crâne comme pour en chasser la tension, respirant profondément sans que cela ne le calme franchement, les pupilles étrécies au maximum, il n'était même pas capable de sortir.
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MessageSujet: Re: Disturbing Behaviour { Rabastan } Mer 9 Mai - 15:23






Je l'avais laissé m'enfoncer et me couvrir de ses paroles hargneuses. J'avais laissé sa rage s'exprimer, son ton monter, ses yeux me fusiller, sa colère m'insulter et son regard être écoeuré de mes méthodes, de ce que j'avais fait. Mais que croyait-il ?! Pensait-il que j'avais fait cela pour encourager Regulus sur la voie de la trahison ! Sottises ! J'étais la seule à savoir ce qu'il en était dans le coeur de ce gamin perdu et seul. J'étais la seule à connaître les tourments qu'il subissait, pourtant notre relation n'était pas aussi développée qu'elle l'était entre eux. C'était le cousin de ma meilleure amie, bien sûr que je voulais son bien, bien sûr que je voulais l'aider, mais ce n'était pas le couvrant de leçons sur les races, sur le soutien entre familles de pro-sang-pur qui allait l'aider ! Et encore moins le raisonner, et faire disparaître ses doutes, ses angoisses, sa douleur. Il était différent, différent car il ne pensait pas comme nous, il n'était pas comme nous ! Mais bien sûr il aurait été tellement peu naturel pour Rabastan et Narcissa de penser cela, de même l'envisager ! Pour eux, c'était évident qu'il devait partager nos convictions, évident qu'il soit fort, dur, et qu'il devienne ce pourquoi ses parents l'avaient mis au monde. Or, et malgré leurs idéaux, ça ne fonctionnait pas ainsi. On ne naissait pas bon ou mauvais, on ne naissait pas avec des idées sur la supériorité de notre sang comme si déjà elles étaient en nous, coulant dans nos veines grâce à notre lignée, à nos ancêtres. Regulus avait eu une éducation comme la mienne, comme celle que nous avions tous eu. Dur, stricte, où personne n'a le droit à l'erreur. Et s'il ne voulait tout simplement pas devenir ainsi, et si son seul souhait était de faire comme son frère, de se rebeller, et d'être à ses côtés, autant pour l'amour qu'il lui portait que par le courage pour lequel il l'admirait. Sirius, lui , avait défendu ses idées, avait réussi à imposer ses volontés dans une famille célèbre. Il avait décidé de son Destin, il avait ré-écrit son histoire, c'était forgé un nouveau chemin. Et quand bien même tous le méprisaient, il avait l'audace, le courage de se démarquer ! Alors pourquoi pas Regulus, pourquoi ne serait-il pas différent également ? Mais c'était trop écoeurant pour eux. Ils préféraient croire qu'ils pourraient le faire changer, manipuler sa nature bonne et fragile, pour en faire un monstre...comme nous tous.

Mon implication dans cette histoire me mettait en danger, et je savais que Rabastan était plus qu'en colère. Sa rage était contenue autant qu'il le pouvait, mais je connaissais la lueur au fond de son regard, ses prunelles ne me disaient qu'une seule chose : à quel point il pouvait se retenir de me corriger, à quel point je le décevais, et pire le rendais malade tant mon attitude était celle d'une traitresse à ses yeux. J'étais seulement plus lucide qu'eux : Regulus ne changerait pas, et que ce soit maintenant, ou plus tard, il nous trahira, il s'en ira, tentera d'échapper à l'étau de fer qui peu à peu se referme sur lui. Je ne voulais qu'une chose : lui sauver la vie, à défaut de la convaincre de ne pas faire de bêtises. J'avais foi en ses doutes, et je savais que toutes les bonnes paroles du monde ne changeraient rien à ses convictions. Il ne voulait pas de cette vie, et ce n'était pas nous qui lui changerait l'esprit. Il était fait ainsi.

Lorsque Rabastan eût finit, car je n'avais dit mot pendant qu'il me déversait tous les maux de l'univers, je daignai enfin ouvrir la bouche. Et il n'aurait pu savoir - surement la colère l'aveuglait-il trop en cet instant - à quel point ses paroles m'atteignaient, et me ronger l'âme, attaquaient mon coeur, et l'enserraient comme un anaconda autour de sa victime. Il n'aurait pu savoir à quel point j'avais peur de perdre tout ce que j'avais construit pour faire disparaître la part de mon être qui était faible et trop sensible. Mais la violence avec laquelle il me jetai ses mots à la figure - comme s'il les utilisaient pour me frapper - me touchait, me brûlait, et j'aurais été folle de le montrer. Aussi, ce fut une étrange envie de vomir qui était au bord de mes lèvres. Je n'avais jamais ressenti d'émotions si fortes auparavant et j'étais à présent sûr que c'était notre pire dispute depuis le premier jour où nous nous étions rencontrés. Mon regard le suivit tandis qu'il se massait les tempes, qu'il tentait de calmer sa rage.

" Je ne prétends pas le connaître mieux que toi. Je ne prétends pas non plus que vos méthodes sont inutiles. Mais tandis que vous lui bourrez le crâne avec des convictions qu'il ne partage pas, je préfère largement assurer sa survie et quand bien même j'aurais trahi sa confiance, je suis au moins assurée de pouvoir l'arrêter avant qu'il ne commette l'irréparable. Il n'y a là rien de honteux à vouloir lui sauver la vie et le protéger, et je ne l'encouragerais jamais à croire le contraire de ce que ses ancêtres pensaient, mais je n'attendrais pas une mauvaise surprise Rabastan ! Il est différent, tu ne peux le nier, tu le sais, Narcissa le sais, et Bella aussi. Tout le monde le sait autour de lui, et si vous voulez vous bander les yeux, et vous boucher les oreilles, grand bien vous fasse, moi j'écoutes et je vois ! Et sur son visage je vois la souffrance qu'il éprouve, pour son frère c'est vrai, mais pas seulement, et plus vite vous comprendrez cela, plus vite vous vous ferez à l'idée qu'il ne sera jamais complètement comme nous ! "

Je ne m'en étais pas rendu compte, mais mon ton calme et froid, tandis que mon coeur se brisait de subir le poids de son regard écoeuré, était monté, jusqu'à ce qu'enfin je finisse par déverser avec la meme rage que lui la fin de ma diatribe. Et comme si je ne pouvais plus maitriser mes paroles, je poursuivis avec la même force, et je n'étais pas sûr que c'était tant de la rage, mais plutôt de la douleur, de la peur tout au fond, là où il ne pourrait le voir, et ce besoin d'évacuer ce tourbillon d'émotions et l'adrénaline qui circulait dans mes veines.

" Mais qu'est-ce que tu crois ?! Comment veux-tu que je ne m'inquiètes pas de tes réactions ! Lorsque l'on parle de trahison tu es imprevisible et plus dangereux qu'à n'importe quel moment ! Tu pourrais ne pas t'en rendre compte, que quand bien même tu frapperais et punirais ! Tu es aveuglé par ta colère et ta rage, et tu ne vois rien d'autre que ce que tu veux bien voir ! La trahison ? Tu la sens, tu la vois pousser n'importe où autour de toi, même lorsque ça n'en ai pas ! Même lorsqu'elle est juste, et menée pour le bien de quelqu'un ! Et comment peux-tu penser que je ne veuilles pas son bien, et seulement le pousser à nous trahir de la façon la plus horrible qu'il puisse être possible d'être ! Comment peux-tu me prêter de telles intentions alors que je suis la plus lucide dans cette histoire ! Comment peux-tu me regarder avec tant de dégoût, sans chercher à comprendre vraiment ma démarche ! A ça y est ! Je t'ai donné une raison de t'énerver, de fulminer sur moi et Regulus et une occasion plus belle encore de voir des trahisons partout ! Et tu la saisis ! A pleines mains et avec plaisir ! Mais je t'en prie, ne te retiens pas ! Confonds donc tes ennemis avec tes amis ! Prends moi donc pour une traitresse et met moi dans le même sac que ceux qui tournent le dos à leur proches par égoïsme ! Je n'aurais pas eu à te cacher cela si tu étais enclin à discuter calmement, mais il faut toujours que menace et que tu prouve que te défier mène directement à la mort ! Tu fais tout pour qu'on te craigne ! Et bien voilà ! Tu as gagné ! BRAVO ! "

Mon ton montait dans les aigus tant la colère contrôlait et mon esprit et ma bouche, et ma respiration se coupa sur les derniers mots. Je ne m'en étais pas apperçu, mais je m'étais rapprochée de Rabastan, j'étais à quelques centimètres de lui, et soudain notre proximité me parut de mauvaise augure. Mon coeur battait à tout rompre, et la rage raisonnait en moi autant que mon pouls à mes oreilles. Ma cage thoracique se soulevait un peu trop violemment, et soudain je me sentis si petite face à lui, face au danger qui transperçait sa peau, ses muscles, son regard, sa voix. Je plantai mes yeux dans les siens, levant mon visage vers lui, et je sentis une drôle de sensation. Quelque chose d'humide vint couler sur mes joues. Des larmes. De rage, de colère, des larmes nerveuses. Si j'avais réussi à dissimuler la douleur que j'avais éprouvé, mon corps n'était semblait-il pas de cet avis. Je détournai le regard. Chose qui me paraissait tellement peu naturelle pour moi, car j'avais toujours regardé Rabastan dans les yeux, en affrontant son regard directement, mais ce que j'y voyais me blessait tellement profondément qu'il m'étais insupportable de le voir.

" Si pour toi mon aide est de trop. Alors soit, je n'en fournirais plus aucune. Mais quand vos belles paroles et vos méthodes auront échoué auprès de Regulus, et qu'il prendra la fuite, et qu'il viendra me voir, je prendrais soin de lui, et sans rien dire à personne - et surtout pas à toi puisque je ne suis pas mieux qu'une traitresse à tes yeux - je lui rappellerais qui est sa vraie famille, et pourquoi il pourra toujours compter sur moi. Je ne lui farcirais pas la tête de ce qu'il a déjà entendu maintes fois, je lui dirais juste à quel point on l'aime, chose que tu serais incapable de faire, toi, si fier de ne pas montrer tes sentiments même à ceux qui ne s'en servirait pas contre toi. Je sais prendre soin de ceux que j'aime, et s'il avait fallu le faire pour toi, et te sauver la vie en prenant le risque que tu me détestes, je l'aurais fait. "

Je ne voulais même plus le regarder. Je ne voulais pas non plus l'entendre parler car je sentais que chaque mot de plus de sa part serait un couteau enfoncé en moi. Je ne m'en étais pas rendu compte, sûrement lui non plus, mais il y avait dans mes paroles un reproche qu'il lui était directement adressé. De la rancoeur, voilà ce que c'était. De la rancoeur car même si moi et Rabastan étions un couple - unique certes par nos personnalités - il n'avait jamais été question d'amour entre nous. Pas que ce n'était pas le cas, que sais-je ? Je ne savais pas ce qu'il en était de son côté. Et c'était bien cela le problème. Où cela mènerait-il à la fin? C'était l'histoire d'un partenariat jusqu'à l'annonce de nos fiançailles respectives. La jalousie, l'exclusivité, c'étaient des choses que nous connaissions. L'Amour ? C'était pour les faibles. Et c'est pourquoi il n'en avait jamais été question entre nous et par là je voulais dire que ni lui ni moi n'avions jamais dit le mot "aimer". Il ne montrait pas ses sentiments, je ne montrais pas les miens. On étaient fait ainsi, et puis notre environnement ne nous permettait pas d'être autrement, mais une part de moi voulait pouvoir se nourrir d'une once d'amour dans cette grande fosse. Je savais que je pouvais compter sur lui, oui, mais notre couple n'était que provisoire, jusqu'aux fiançailles surprises. Et j'espérais qu'il n'ai jamais compris, qu'il n'ai pas saisi mon reproche implicite. Tout comme lui avant, je l'avais dirigé vers une autre personne, et non directement vers sa source.
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MessageSujet: Re: Disturbing Behaviour { Rabastan } Mer 9 Mai - 19:35

    - Tu penses comme lui...

    Rabastan n'arrivait à revenir de ce qu'il entendait. Que ce fut elle, surtout, qui lui lançait de telles incongruités.
    Le sous-entendu, lui, se perdit dans les torrents d'énervement qui l'agitait. A ce moment-là, il était incapable de saisir de telles subtilités, trop en rage et frustré pour ça, comme un fauve en cage. Et un fauve qui se serait enfermé lui-même : à s'en taper la tête contre les barreaux. Pourquoi fallait-il qu'elle pleure en plus de ça ?! Cela le rendait plus fou encore, parce que c'était le signe qu'il ne se retenait pas assez, alors même qu'il était déjà dans un état de tension dangereux. Mais cela, en tous cas, il ne le lui reprochait pas. Gaël n'était pas l'une de ces gamines qui vous versaient des torrents de larmes à la moindre contrariété. Combien qu'il rêvait de lui hurler d'arrêter de pleurer immédiatement, il n'en fit rien, puisque c'était sa faute à lui. Mais Corbac ! Cela le privait encore plus de champ de paroles comme d'actions. Et il ne pouvait pas non plus en rester là.
    Rabastan était en ébullition. Mais sous couvercle.


    - Qu'est-ce que tu veux que je foute d'être sauvé, hein ? Je préfère crever plutôt que d'être sauvé de cette façon comme tu dis ! Y reste quoi après ce genre de sauvetage ? Ca vaut pas l'coup ! Et je préfère crever aussi que trahir ! Vous êtes tous tellement obsédés par l'idée de sauver votre vie... Et vous en faites quoi ? L'important c'est pas quand on meurt, c'est ce qu'on fait avant. Morgane ! Pourquoi j'me fais chier à m'expliquer ?! Je te faisais confiance et tu me sors que tu préférerais... Nt ! Et c'est moi qui te prends pour une traîtresse ?!

    D'autant qu'elle avait l'air d'estimer connaître la solution. Lestrange ne savait pas vraiment si elle avait des chances ou non d'aboutir, le fait était qu'il n'aurait, lui, jamais pensé de lui-même à cajoler Regulus de mots doux, tout manipulateur qu'il était. Peut-être parce qu'il s'agissait déjà de quelqu'un de trop proche, tout énervant et exaspérant – désespérant ! - que le petit Black pouvait être.
    Non ça n'était pas non plus un réflexe apparemment pour Narcissa de couvrir son cousin de déclarations d'amour. Et alors ? Les actes valaient mieux que les mots non ? Il suffisait de voir un Leroy pour comprendre ça. N'importe quel Serpentard utilisait cet état de fait d'ailleurs, que ce soit conscient ou pas. Comment pouvait-on courir après des mots ? Mais d'après ce qu'elle disait c'était peut-être ce qui manquait à Regulus. Eh bien si c'était vraiment ce qu'il fallait pour lui éviter de faire la plus grosse bêtise de sa vie...


    - Si tu penses vraiment ce que tu dis, alors tu aurais dû aller voir Narcissa, et lui demander, la convaincre, d'aller dire à Regulus qu'elle aimait son cousin. Parce que c'est vrai ! S'il suffit de ça, alors tant mieux, pourquoi attendre qu'il se barre pour ça ?! Mais non. Tu as juste l'air de croire qu'elle lui aurait craché au visage. Regarde-moi !

    Ca le rendait malade : cette réalisation qui se faisait jour peu à peu dans les paroles qu'il lui lançait. Se trompait-il ? Prenait-il simplement les choses mal sous le coup de l'énervement comme elle l'avait dit ? Non. Il ne croyait pas. Il y avait du dégoût dans la façon dont elle parlait de lui et de Narcissa. Du dégoût bien enrobé de diplomatie, mais du dégoût quand même. Définitivement : il semblait qu'elle pensât vraiment plus à la manière de Regulus qu'il ne l'aurait jamais imaginé.
    De ses doigts Rabastan lui releva fermement le menton, sans lui faire mal mais sans douceur non plus. Il y avait de la peur dans ces yeux-là. Comment aurait-il pu ne pas la voir alors qu'il l'attendait avec tant d'impatience.. dans tant d'autres regards. Cette fois-là cependant cela ne lui tira aucun plaisir.


    - Tu as peur de moi.

    Ce n'était pas une question.

    - Je suis ce que je suis Gaël. Je ne fais pas de cadeau à mes ennemis et je m'arrange pour que personne ne veuille en faire partie. Et j'aime ça. J'aime la violence, c'est vrai. J'en vis même ! Cela dit je ne t'ai jamais fait de mal. Mais tu as peur. A me demander à quoi ça a servi de faire des efforts. Et pourtant j'en ferai encore. Alors épargne moi tes leçons sur la façon de juger les autres. Tu vaux pas mieux.

    Il la lâcha, désormais aussi écœuré qu'énervé. Il lui fallait passer ses nerfs sur quelque chose mais il n'y avait rien de valable à portée Il se contenta donc de s'appuyer des deux mains sur un lavabo, pressurant l'émail comme s'il avait voulu le briser, frémissant d'une fureur malade. Le fait est qu'après tout ce qu'elle avait dit, il aurait dû partir, la planter là, en profiter pour mettre un terme à la relation en dents de scie qui avait été la leur et s'efforcer de réfléchir à la façon dont il pourrait essayer de régler la situation au mieux avec Regulus. Voilà à quoi cela menait de retenir ses coups d'ailleurs : le gosse ne rêvait que de partir ! Quand même ! Oh comme il avait horreur de cette espèce de personnes qui se morfondaient en complaisance ! Sauf qu'habituellement elles ne s'appelaient pas Black, et il pouvait alors leur apprendre ce que c'était que de souffrir pour de vrai !
    Le Serpentard aurait dû. Mais il ne pouvait pas. Et il savait parfaitement pourquoi. Moins encore que la meilleure amie de Gaël, il était expansif. Pourtant croire que Rabastan se racontait des histoires aurait été une erreur. S'il ne pouvait pas lui faire fermer sa bouche une bonne fois pour toute, c'était parce qu'il l'avait dans la peau cette maudite sorcière. Mais ça n'avait rien d'un scoop, ce n'était pas pour rien qu'il s'était défini des limites dans leurs affrontements au sujet du Français, même s'ils n'en étaient pas arrivés là en fin de compte, les choses s'étant réglées simplement. Simplement tout comme il n'aurait jamais pensé à câliner Regulus de belles paroles, il ne lui était pas naturel de parler spontanément de ce genre de choses. Outre que cela lui paraissait assez évident pour ne pas avoir besoin d'être dit, ce n'était pas non plus le genre de choses qu'on lui avait appris à exprimer sans pudeur. Ca lui tapait sur les nerfs d'autant plus qu'elle en profite, surtout sans s'en rendre compte. Ca le faisait d'autant plus bouillonner de lui découvrir et des idées complètement tordues, et l'opinion qu'elle avait l'air de se faire d'eux tous. Il était à deux doigts, une once, de l'envoyer au Diable voir s'il était plus tendre, et il lui fallait tout le self-control qui lui restait pour ne pas laisser la rage lui faire commettre cette erreur. Tant de mots qui lui brûlaient les lèvres et de gestes qui lui chatouillaient les doigts, plus violents les uns que les autres. Mais il avait déjà vu ses larmes, et ne pouvait s'empêcher de s'en vouloir alors même qu'il se savait dans son droit. Et ce paradoxe empirait de nouveau les choses. La pression l'agitait dangereusement. Oui il était violent : pas par choix, mais par nature. Ce qui avait des avantages. Et de sacrés inconvénients aussi.
    Mais Morgane ! Elle était vraiment prête à trahir Regulus...


    - Tu ferais mieux de retourner à la Salle commune, finit-il par émettre entre ses dents serrées. Retrouver Regulus et ses pleurnicheries. Tu...

    Le jeune homme retint les paroles qu'il s'était apprêté à dire en se mordant la lèvre.
    Encore un peu et il exploserait... Ce qu'il redoutait depuis le début, parce qu'il n'aurait plus aucun contrôle.
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MessageSujet: Re: Disturbing Behaviour { Rabastan } Mer 9 Mai - 21:23

J'étais allée trop loin cette fois-ci. Elle était là, la limite, juste là au bout de mes doigts. Et j'avais le choix. Je pouvais la prendre avec les mains, la saisir violemment, et la secouer dans tous les sens, la brutaliser, la mordre, lui dire des insanités, et la faire exploser, et mourir dans l'explosion, souffrir. Ou je pouvais faire tout le contraire,faire une chose que je n'avais jamais fait de toute ma vie : reculer. Faire un pas en arrière, m'éloigner de cette dangereuse limite et m'en tenir là. Ne plus faire un bruit, un pas, silence radio...et attendre, attendre que la limite, tendue comme un fil cesse de vibrer et de gronder comme le tonerre. Je pouvais attendre, je pouvais calmer le jeu, ou je pouvais périr en gagnant, mais en gagnant mal un jeu horriblement dangereux. Lorsque nous nous étions connus, moi et Rabastan, mon envie de le pousser dans ses retranchements, de tester ses limites, de savoir jusqu'où il pouvait aller avait été tellement forte que par tous les moyens je l'avais énervé, fait gronder, grogner, hurler de colère, mais...mais jamais ainsi. Jamais avec une telle gravité. Jamais auparavant il n'y avait eu une telle colère, une telle rancoeur, un dégoût si présent et dans ses paroles, et dans son regard. Je ne voulais pas gagner ce jeu, celui où j'atteignais la limite ultime. Je ne voulais pas gagner, et pour moi, c'était un comble. C'était MA limite. Qui aurait pu croire, depuis tout ce temps, que Sa limite, était MA limite ?

J'avais entendu tant de sarcasmes, de répliques ironiques sur notre couple, certain était sceptique en pensant que Rabastan était celui menait la barque, qui "portait la culotte" comme on dit si vulgairement. Ils doutaient, car ils connaissaient mon caractère, mais ils ne savaient sans doute pas que le mien n'était qu'un quart du sien. C'était lui le dominant, le vrai, et je savais qu'il n'en fallait qu'un seul dans un couple, mais que voulez-vous ? Pourquoi ne pas se battre, se hisser jusqu'à sa hauteur ? Je m'étais obstinée à tirer les rènes vers moi, et lui il les tiraient vers lui, car chacun ne pouvait se laisser faire, et se laisser commander, mais ce soir...celui-là même, alors que nous étions seuls dans la pièce, et que personne ne nous regardait, je me sentis retomber...Quand je dis "retomber" c'est que c'était vraiment le cas. Le perdais peu à peu de mon pouvoir depuis le début de cette conversation, et je ramais, je me débattais, je m'accrochais à tout ce qui pouvait me servir de bouée de sauvetage, mais son torrent de colère et de reproches m'avalaient littéralement entre ses vagues.

- Tu penses comme lui...
fit-il.

J'étais au bord du gouffre, de la falaise, et je pouvais décider de sauter, de courir à ma perte, ou de choisir l'option peut-être risquée de dire, pour une fois, la vérité. Ou en parti du moins. J'avais ouvert de grands yeux lorsqu'il avait prononcé ces paroles. Pas pour avouer quoique ce soit, non, mais parce qu'il m'avait surpris en disant cela. C'était la surprise, l'étonnement. J'étais à deux doigts de tout perdre. Et j'avais peur, oui, pour une fois, j'avais peur.

- Je me met à sa place, dis-je aussitôt.

La suite de ses paroles se heurtèrent durement à mon esprit. Il aurait préféré mourir ?! Quel sot ! N'avait-il aucune considération pour sa propre vie ? Ne tenait-il pas à vivre ? Ses convictions étaient clairement plus importantes que sa propre vie, et je savais que la chose la plus importante pour lui c'était l'avenir qu'il s'était tracé : servir le Seigneur des Ténèbres. Ca, ça passait avant tout le reste. Avant sa famille ? Ses amis ? Avant...moi ? Certainement. Fort heureusement, le Lord ne lui demanderait pas de trahir ses proches. Il n'aurait jamais à faire ce choix. Mais ses paroles...j'eus l'impression que c'étaient celles de quelqu'un qui n'avait jamais perdu personne ! Bon sang ! N'avait-il donc rien ressenti à la mort de son père ?! Ne ressentirait-il rien de plus que l'envie de vengeance si l'un de ses amis mourraient ?! Que lui fallait-il pour le toucher, là, dans cette partie du buste où le coeur bat si fort, si ardemment, qu'il est impossible de le stopper ! N'avait-il pas de sentiments ? Il ne pouvait pas vivre que de violence, d'actes barbares, de principes...! Si. Il pouvait. C'est ce qu'il faisait. Et il en était fier. Il le savait. Et à bien m'y regarder...j'étais en bonne voie pour finir ainsi aussi. Tout à coup, alors que j'avais détourné les yeux de lui, mon reflet sur le miroir plus loin, au dessus du lavabo me parut répugnant.

Mais il me força bientôt à le regarder, dans ces prunelles sombres qui me fixaient avec dégoût et rage. Il releva mon menton, et je fus heureuse que les larmes aient cessé. "Tu as peur de moi." avait-il dit. Ce n'était pas une question. Déjà, car le ton de sa voix n'était pas interrogatif, mais pire : c'était la vérité. Il avait raison, j'avais peur de lui. Mais pour tellement de raisons différentes...La suite de sa diatribe, je l'écoutais à moitié, perdu dans son regard, et ce que j'y lisais. Il paraissait encore plus écoeuré à présent. Mais il avait raison, je ne pouvais le juger, je n'étais pas mieux, pas plus noble que lui. J'étais orgueilleuse, vaniteuse, égoïste, et trop impulsive. J'aimais qu'on me craigne aussi, j'aimais la peur dans le regard de mes ennemis, j'aimais cela oui...mais ça n'avait jamais été testé qu'à l'intérieur de Poudlard. Poudlard était autant mon refuge - pour me préserver de l'extérieur - que ma tombe ... à tout instant, je pouvais tomber et je savais que ma chute pouvais être vertigineuse tant j'étais montée haut.

Il me lâcha enfin, et son dégoût pour moi me fit réagir. J'aurais voulu parler, mais il me tourna le dos, s'appuya contre le rebord du lavabo, la tête baissée, les poings serrés contre le rebord blanc, et rien qu'au mouvements de sa respiration qui faisait se soulever les muscles de son dos, je savais qu'il tentait de calmer ses nerfs, de se contenir de faire une bêtise. De me faire payer et mes paroles, et mes actes.

- Tu ferais mieux de retourner à la Salle commune, finit-il par émettre entre ses dents serrées. Retrouver Regulus et ses pleurnicheries. Tu...

Je m'étais apprêtée à parler, mais ses paroles me prirent de court. J'en fus encore plus blessée. Et puis "je..." quoi ?! Pourquoi avait-il laissé sa phrase ainsi en suspens ? Ce n'était pas son habitude, il finissait toujours ses phrases, allait au bout de ses idées. Mais j'avais l'impression que ce soir, rien n'était comme d'habitude. Je me dirigeai vers la porte de sortie, furieuse, blessée, mais une fois ma main sur la poignée, je ne pus la faire tourner. Je ne pouvais pas partir. Non, ce serait lui donner raison, ce serait arrêter cette conversation là, et ce n'était définitivement pas envisageable. Alors, je tournai la clé dans la porte, et fermai à double tour. Je mis la clé dans ma poche, mais ne me retournai pas vers lui. Le front appuyé contre le bois sombre de la porte, mes mains appuyées chacune d'un côté, s'en m'en rendre compte mon poign s'abatti sur le bois, sans trop de force car j'avais l'impression qu'il ne m'en restait presque plus. Toutefois, assez pour capituler. J'avais choisi la meilleur option : dire la vérité. Lui donner l'honnêteté qu'il méritait quoiqu'il en soit. Me retournant, la tête et le dos appuyés contre la porte, mes yeux se posèrent une nouvelle fois sur Rabastan.

" Bien. D'accord. Tu mérites de savoir la vérité. Mais laisse-moi parler, ne dis rien, et ...écoutes. Après, tu n'auras qu'un mot à dire et je franchirais cette porte et tout sera terminé. - je fis une pause, le regard sombre, les larmes venant mordre mes cils discrètement - J'ai voulu aider Regulus, certes, je l'admet, pas de la bonne manière, et stupidement, mais c'est parce que je le comprends. Et pas parce que je partage ses opinions, ou que sais-je de contraire à nos idéaux !, mais parce que il y a longtemps, quand j'étais plus jeune que lui, je ne voulais pas croire toutes ces choses, je ne voulais pas devenir ce qu'on me forçait à devenir, et puis avec la mort de mon père...tout a changé. Et j'ai ouvert les yeux, j'ai compris Rab'. J'ai compris plus de choses que tu ne peux l'imaginer, et j'ai changé de mon propre grès. Pas par obligation, pas parce que ma mère le voulait, mais parce que je ne voulais pas échouer là où mon père l'avait fait, je ne voulais pas être faible comme il l'avait été, je voulais être la plus forte, la plus horrible, le plus cruelle, je voulais éradiquer les moldus, les né-moldus, tout ce qui était impur à nos yeux. Mais avant d'avoir ce déclic, cette révélation, j'ai été bourré de leçons de morales, de punitions, de reproches, d'insultes - mes mains allèrent d'elles-mêmes trouver mes oreilles pour les boucher l'espace d'une seconde tant les souvenirs remontaient à la surface - . Ma mère m'a détesté, a eu honte de moi, elle était autant dégoutée par moi que toi maintenant. Et je ne veux pas que Regulus ait les mêmes souvenirs, vivent les mêmes choses, je voulais éviter de lui bourrer le crâne avec toutes les obligations familiales, parce qu'il est trop jeune pour en saisir le sens. Alors, à défaut d'utiliser cette méthode, je me suis dit ... pourquoi pas ? Je me suis dit pendant une seconde que ça allait marcher. Je sais que ça a l'air d'une trahison, mais je voulais le protéger, parce que pour moi...personne ne l'a fait."

Je me mordis la lèvre. J'étais honnête, pas tout à fait sur les évènements de mon passé, mais en gros, c'était cela. Le changement, ma mère, tout était vrai, j'avais simplement remplacé mes motivations par d'autres que je me donnais. Mais il était si facile de se persuader soi-même de ses paroles. En tout cas, je ne pouvais pas être plus honnête, et je savais que Rabastan ne pourrait pas me le reprocher.

" Quant au fait que j'ai peur de toi...c'est vrai. J'ai peur de toi, mais pas parce que je pense que tu pourrais me faire du mal, ou à cause de tes colères noires, non...j'ai peur parce que...- je me mordis la lèvre - ...regarde...regarde tout ce qui vient de se passer Rab'. Tu as une tolérance zéro pour tous ceux qui te déçoivent, même si ce n'est qu'une petite erreur de parcours. Et c'est de commettre une de ces erreurs qui me fait peur, de perdre à jamais ton respect et ta confiance, et de ne plus jamais les retrouver. Avec toi, tout est tellement définitif...tout comme avec moi, mais tu ne commets jamais d'erreur, tu ne faiblis pas, tu restes droit malgré le vent et la tempête, tu es fort, plus fort qu'un roc, et pourtant face à toi même avec mes armes..."

Je n'osais pas poursuivre. Je ne pouvais pas prononcer ces mots, lui dire ouvertement que j'étais plus faible que lui. Je ne voulais pas commettre une autre erreur. Persuadée que la situation ne pourrait plus qu'empirer, et attendant que le verdict tombe...je ne m'étais même pas rendu compte que j'avais fermé les yeux, préférant ne même pas voir à quel point il était en train d'être déçu.


Dernière édition par Gaël A. O. Dunkan le Jeu 10 Mai - 18:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Disturbing Behaviour { Rabastan } Jeu 10 Mai - 18:26

    Il releva soudainement les yeux dans la glace quand il entendit le poing s'abattre sur la porte, le regard brutal, écho à la violence du bruit et du geste. Il la vit se retourner et s'appuyer contre le montant comme pour lui barrer le passage et Lestrange se crispa encore, un dogue acculé. Mais bon sang ! Qu'est-ce qu'elle cherchait à le pousser si loin ?!
    Les mots qu'elle prononça le prirent de court. La vérité ? S'il fallait se taire alors autant ne pas la regarder, surtout si ça promettait d'être désagréable. Ses yeux retournèrent à l'évacuation d'eau du robinet, s'y perdant sans même vraiment le voir. Et il faisait bien. Ce qu'il entendait ne lui plaisait pas du tout.
    Il savait pour son père, il avait toujours su. Même ce qu'elle ne disait pas. Son oncle avait toujours mis un point d'honneur à ce que Rabastan sache qui étaient les traîtres, ceux qui se mettaient en travers du chemin du Seigneur des Ténèbres, lesquels étaient morts, lesquels il fallait encore abattre. D'ailleurs le même oncle n'avait pas été particulièrement enthousiaste à la recevoir l'été dernier, encore qu'il avait fait l'effort du minimum syndical quand son neveu lui fait valoir sèchement qu'on n'était pas nécessairement les copies de ses parents : et qu'en l'occurrence ils n'avaient pu que s'en réjouir pour l'honneur de leur propre famille. C'est qu'il était bien placé pour savoir comme on pouvait être différent de ses géniteurs, Gaël ne lui apprenait rien en parlant de Regulus, de toute manière le problème du jeune Black ne se trouvait pas là. Mais lui-même et Rodolphus n'étaient-ils pas les exemples parfaits ? Pouvait-on être plus dissemblable qu'eux et leur père ? Si Rabastan mettait les gens dans des cases, il n'en restait pas moins qu'il le faisait individuellement. Le Sang ! Sa pureté.. Cela n'avait rien à voir avec le fait de naître parfait : c'était plutôt l'obligation d'y tendre et de se servir de toutes les armes que vos ancêtres avaient laissées pour vous pour parvenir, préparer le terrain pour la génération suivante. Magic is might : alors il fallait aller toujours plus loin, plus haut ou plus profond. La source de sa haine se trouvait dans la menace que faisaient peser ces Faibles, impurs, sur cet édifice si difficilement construit. Il n'était pas question de leur laisser une miette de leur héritage séculaire alors qu'ils prétendaient tous leur imposer leurs valeurs molduennes écœurantes à grand coup de morale. Lequel d'entre eux marquait la moindre humilité à être reçu dans
    leur monde ? Bénéficier de leur éducation, leurs savoirs ? Et comment alors éprouver la moindre miséricorde à l'égard de ceux qui étaient coupables d'un crime plus grave encore : trahir les leurs ?
    Alors c'était ce qu'elle avait pensé autrefois. Ce n'était pas parce qu'elle utilisait le passé qu'il ne bougeait pas et maintenait rageusement ses mâchoires fermées. C'était parce qu'elle le lui révélait d'elle-même.
    Les mots se bousculaient dans ses oreilles, évoluant, laissant toujours plus apparente une vulnérabilité que Gaël avait toujours maquillée, mais qui le prenait maintenant, lui, aux tripes. Ecoeuré et malade de rage de nouveau, mais cette fois c'était de sentir un sentiment... d'impuissance ? Rah ! Ca ! Ca c'était pour les autres ! Trop plein de violence : il frappa la première chose qu'il trouva et un carreau d'émail s'en trouva fêlé. Il ne sentait pas, lui la douleur dans ses phalanges, passagères et si bénignes comparées à.. Et non il n'écoutait plus que d'une oreille ce qu'elle disait. Son attention, toute sa concentration n'allait désormais qu'à cette question : quelle solution ?

    Un moment il laissa aller son front contre la surface fraiche du miroir. De nouveau il lui fallait décider de la meilleure chose à faire, loin d'être une mince affaire avec cette fureur qui lui courrait l'échine, même calmée par l'honnêteté qui avait succédé aux reproches. Regulus lui paierait ça, l'avoir poussé jusque là, à le mettre dans une situation aussi difficile, même s'il allait falloir sacrément se creuser les méninges pour que ça n'ait pas de conséquences regrettables. Bon sang ! Il en avait presque été réduit à devoir faire un choix, quasiment réduit au dilemme ! Et encore, rien n'était gagné. Ces réflexions achevèrent de le décider. La décision prise, comme quelques instants plus tôt, il ne perdit pas une seconde à la remettre en cause, agissant immédiatement : avec la rapidité vipérine de celui qui a plus d'une fois manqué de se faire prendre en flagrant délit "Mobilicorpus" : elle décolla du sol.
    Faire léviter un corps et le faire se mouvoir dans une direction ou une autre, nécessitait sans doute une certaine concentration. Mais qu'importait, le but n'avait jamais été que de mener la Sorcière à lui : il gardait encore beaucoup trop d'énervement dans ses veines pour pouvoir faire le moindre mouvement vers elle. C'était une solution.. presque consensuelle. Ou selon sa conception très particulière du consensus.


    -Je ne vous comprendrai jamais. Ni toi ni lui.

    Un pléonasme. Il n'y avait pas qu'eux d'ailleurs. Car ne serait-ce que songer à comprendre ce que ressentaient la majorité des gens et pourquoi, ne lui arrivait jamais. Il n'y avait même pas besoin de ça pour manipuler, forcer, faire chanter et encore moins pour se faire craindre ou faire mal. Il suffisait de voir les failles et savoir comment les exploiter, ce dont il s'était fait un art. Savoir pourquoi elles se trouvaient là, il n'y avait jamais vu le moindre intérêt. La chose était un peu différente cette fois : il s'agissait de "vraies personnes", selon sa conception des choses. Sauf que se poser cette fois la question de comprendre ou non ne menait qu'au constat qu'avec tous les efforts du monde, il n'y parviendrait pas. Qu'est-ce qui était le plus frustrant là-dedans ? Savoir qu'il n'y avait aucune chance de comprendre, ou se dire qu'en fin de compte il n'avait pas non plus envie de savoir ? Mais là encore, ça n'avait pas beaucoup d'importance. Simplement au lieu d'exploser les failles, il fallait les colmater, en adoucir les arêtes ou les transformer en armes plutôt qu'en points faibles. Là il était loin d'être un maître, mais ce genre d'efforts là, cela valait peut-être le coup d'être tenté.
    Pas pour Regulus, cela dit, il laissait ce soin à d'autres qu'il s'efforcerait de convaincre. Parce que cela aurait impliqué de mentir. Oui il se souciait du jeune Black mais non il n'éprouvait aucune affection pour lui, l'adolescent lui tapant beaucoup trop sur les nerfs. Cela aurait été une aberration de prétendre le contraire. De toutes manières il doutait que ce soit crédible : cela pouvait marcher sans trop de difficulté avec tous ceux qui n'avaient jamais vu que les apparences qu'il donnaient, même si elles n'étaient pas toutes blanches. Mais Regulus le connaissait beaucoup trop pour que l'illusion tienne ne serait-ce qu'une seconde. A Narcissa cette corvée. Et si même ça ça ne marchait pas... Le gosse était définitivement un ingrat complet. A en espérer presque qu'il fasse le faux pas qui permettrait de mettre fin à ces jérémiades.
    Il la cueillit comme elle se trouvait désormais à sa hauteur. Le sort cessa de faire effet et toute légère qu'elle était, il fallut resserrer son étreinte pour ne pas la laisser tomber. Comme s'il y avait là de quoi se plaindre. Morgane ! Ce que ça avait pu lui manquer ! Tandis qu'elle jouait toutes ses cartes, elle n'avait pas réalisé à quel point il l'avait eue. Contrairement à ce qu'elle croyait, Rabastan n'avait pas joué son jeu, s'amuser de flirts n'étaient qu'un écran de fumée. Il avait mis fin au jeu en mettant Leroy à genou, il avait gagné sur son propre terrain, refusant d'aller au bout de l'autre jeu. Quelle qu'aurait été la fin, la bataille aurait duré beaucoup trop longtemps, les pertes auraient été plus graves. En connaisseur de conflits, Lestrange avait su qu'il fallait savoir se ménager et écourter certaines guerres, sacrifier les gloires et les victoires éclatantes pour gagner à coup sûr, surtout quand on ne se sentait pas en terrain favorable.


    -Mais s'il faut ça..., il s'en mordit de nouveau la lèvre, secouant la tête les sourcils vaguement froncés. Telle qu'il l'avait reçue, elle le dominait d'une bonne tête, mais l'image que cela pouvait sous-entendre était le cadet de ses soucis.
    S'il fallait ça, alors autant mettre pudeur et fierté dans un trou et les y oublier un moment, il était un Serpent pas un Lion : la souplesse, la fin justifiant les moyens. S'il fallait ça pour qu'elle arrête de faire des conneries. S'il fallait ça pour qu'elle arrête de pleurer.

    -Je t'aime, là ! C'est ça que tu avais besoin d'entendre ?

    Cela aurait certainement pu être dit de meilleure grâce. Mais au moins ça avait la qualité d'être honnête. Il n'y avait pas beaucoup de personnes qui comptaient, mais à quoi bon dire qu'elles comptaient si on était pas capable à se tenir à quelques principes avec elles : ni trahison, ni mensonge qui ne soit vénal, ni abandon. C'était comme ça ! Et c'était ce qui faisait la différence avec toutes les loques qui ne savaient pas se donner des priorités, avec tous les égotistes qui prétendaient faire tourner le monde autour d'eux. Qu'ils l'appellent "monstre" si ça leur chantait : il les boufferait pour le plaisir de le leur confirmer ! Il n'avait rien à leur envier.
    Rabastan ne voyait toujours pas ce que cela changeait de l'avoir dit, ce que cela gagnait à être dit. Avait-il jamais ressenti le besoin qu'on le lui dise ? Non ! Qu'en ferait-il ? Il savait déjà à quel point il pourrait toujours compter sur son frère. Il préférait la fierté de son oncle et sa tante à leur affection. Il espérait servir le Seigneur des Ténèbres sans rêve de récompense. Il aimait mieux être le dernier recourt que l'épaule sur laquelle on s'épanche sans cesse.
    Tentante si près de lui, il baisa brièvement la naissance de la poitrine de la jeune fille. C'était bien Morgane qu'il fallait invoquer dans un moment pareil...


    -Tu arrêtes de pleurer et de dire des conneries maintenant ?
    Ce n'était pas dit méchamment, d'ailleurs c'était une vraie question. Qui gardait une certaine rugosité, une vraie méfiance quant au poids et à l'effet que pouvaient avoir les mots qu'il avait prononcés. Les "conneries" dont il parlait, ce n'était naturellement pas à ses aveux qu'elles faisaient allusion. Une fois encore cela allait de soi, allait littéralement sans dire. Il évoquait tout le venin que Gaël lui avait crié quelques minutes plus tôt, tout comme le raisonnement tordu qui l'avait poussée à croire que cela aiderait quiconque d'assurer à Regulus qu'elle le recueillerait s'il fuyait. Quant aux larmes... Autant il les aimait bien chez les autres, en savourait tout le sel, autant celles-là il espérait ne plus les revoir avant longtemps.





HRP : 3615 je suis un ours, bonjour ! ^^
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MessageSujet: Re: Disturbing Behaviour { Rabastan } Jeu 10 Mai - 22:10

    Le changement était une valeur sûr. Tout le monde savait qu'une situation, aussi confortable soit-elle, ne pouvait restée la même bien longtemps. L'éternité n'existait pas, nous ne pouvions profiter du même plaisir éternellement. Les bonnes choses avaient toujours une fin, et chaque histoire devait avoir la sienne également. C'était un fait, qui l'ignorait ? Mais même si la chance pouvait tourner à tout moment, et que tous alors nous y étions préparés, il était effarant de voir, de constater avec quelle surprise le changement pouvait survenir. Il procédait toujours différemment, mais de ce que j'en avait vu, il y avait deux scénarios communs : soit, comme un coup de théâtre, tapant un grand coup sur la table, et renversant tout sur son passage, il vous tombait dessus sans prévenir, dévastateur et bruyant ; soit, avec la plus grande subtilité, et douceur, sans même que vous ne puissiez vous en rendre compte, il s'insinuait entre vous, et vos alliés, vos ennemis, et qu sais-je encore ?, il venait se répandre en silence, et aussi dévastateur que meurtrier, il avait parfois les mêmes effets qu'un poison. Des deux solutions, je ne savais laquelle me plaisait le plus. Le changement pouvait être bon ou mauvais, il n'empêche qu'il faisait toujours de sacré dégâts, irrémédiables ou non, peu importait. Je n'étais pas prête à subir un changement. Pourtant, c'était bien son goût, son odeur que je sentais autour de moi. Il y avait quelque chose d'étrange à penser, à suspecter la présence du Changement, tant il était discret dans ses méthodes, si bien que je me donnais l'impression d'être paranoïaque. Mais je savais, et il aurait été stupide de ne pas le penser, que cette soirée, cette dispute aussi violente que douloureuse pour nous deux, engendrerait des problèmes qui prendraient vite d'autres ampleurs. A présent, il ne restait plus qu'à prier pour un Dieu qui n'existait pas, ou à croiser les doigts en essayant de se dire que tout ceci...n'était que dans notre esprit.

    Pourtant, j'avais vu, dans son regard empli de dégoût, dans le son de sa voix dure et froide, et plus encore dans le sens même de ses paroles la déception évident que j'avais provoqué. Mon honnêteté avait sauvé la situation, à bout de bras, du bout des doigts plutôt, mais je savais ou du moins j'avais l'impression d'avoir comme perdu de la valeur aux yeux de Rabastan. Etait-ce le cas ? Avais-je déçu l'image jusqu'à ce soir intacte qu'il avait de moi ? Cette figure sûr, maîtresse de ses émotions, froide, cruelle, et fidèle que j'avais été, était-elle différente pour lui à cet instant ? Il y avait quelque chose de définitif dans le fait de perdre de la valeur, comme si j'avais perdu son estime, son respect, et sa confiance. Je ne savais lequel était le pire, mais son écoeurement, son dégoût de moi m'avait assuré d'avoir laissé des plumes dans cette nouvelle et folle altercation. Plus fort qu'une altercation : un affrontement, pur et dur, et pourtant personne n'avait frappé personne...en apparence. Au fond, nous nous étions maltraité l'un l'autre, par nos mots et nos regards.
    Les yeux à moitié clos, comme si j'attendais qu'une épée vienne fendre mon crâne, m'arracher les ailes d'une poigne ferme, et m'assassiner comme l'on tue un chien d'une balle de fusil autant pour la rapidité et l'efficacité de la démarche, autant pour l'exemple que cela en faisait...j'ouvris les yeux finalement peu à peu. Ne voyant rien se passer, et prononçant mes dernières paroles.

    A l'instant où je l'avais regardé, Rabastan m'avait pris de court. Il s'était tourné vers moi, redressé de toute sa hauteur et sortant sa baguette aussi vif et agile qu'un cobra, il me jeta un "Mobilicorpus". La surprise s'empara de moi, et je n'osais trop faire de mouvements. Au début, je fus furieuse, mais ne dis mot. Il n'aurait pas été malin de protester, de toute manière je n'avais aucune manière d'arranger tout cela en maugréant et rageant encore après lui. Aussi, il capta mon attention par ses paroles. "Je ne vous comprendrai jamais. Ni toi ni lui." Ca je voulais bien le croire. Du reste, il ne voulait comprendre personne, et il se fichait que les autres le comprennent, tant qu'ils lui obéissaient. Rabastan n'était pas de ceux qui passent leur temps à vouloir savoir ce qu'il y avait dans la tête des autres, si cela n'avait pas un but précis et exceptionnel. Mais qu'est-ce qui lui paraissait si étranger pour lui ? Etre humain : ressentir, avoir besoin d'autre chose que de violence et de haine ? Ou était le fait d'avoir un jour douter de nos convictions ? Je ne saurais dire. Mais je savais que ce n'était pas la dernière fois que j'en entendais parler. Assurément, Rabastan se chargerait de l'affaire Regulus à sa manière. Mais je n'eus pas le temps de m'inquiéter. Une fois arrivée jusqu'à lui, le sort se dissipa, et j'atterri dans ses bras. Ma bouche s'était ouverte sous le choc, mais aucun son n'était sorti. Crier aurait été inutile, à part pour dévoiler une quelconque peur. La peur : il fallait la controler. Chose que j'avais été incapable de faire face à ses accusations récentes. Heureusement, l'atmosphère se détendait peu à peu. A peine. Nous étions toujours trop près de la limite à mon goût.

    Emprisonnée dans ses bras puissants, mes pieds ne touchant pas le sol, je le dépassai d'une tête au moins, et mes yeux se baissaient pour voir son visage. Son étreinte, forte, ferme sur moi me donna l'impression d'être enfermée dans l'étau rassurant que j'aimais. Rassurant ? Prenez-moi pour une folle, je vous direz simplement qu'il n'y a rien de plus grisant que d'être dans les bras même de ce que dont vous avez peur. En l'occurence, la peur, le désir, la violence et ce qu'on pouvait appeler de l'amour et qui était si dur à dire, se mélangeaient étrangement lorsque j'étais près de lui. Mes mains trouvèrent ses épaules sans problème, et mes ongles se plantèrent dans la peau de ses omoplates, sans même que je ne m'en rende compte, et plus par habitude, par désir de m'accrocher à lui, comme pour m'en remettre à sa volonté, que par vengeance. Je ne lui faisais pas mal, du reste, Rabastan n'avait jamais mal, là était sa force tant il était insensible à tout.

    - Mais s'il faut ça...- il mordit sa lèvre, les sourcils froncés, secouant la tête comme s'il désapprouvait ses propres actes, ses paroles...il poursuivit - Je t'aime, là ! C'est ça que tu avais besoin d'entendre ?

    Son regard, sa voix, j'avais la sensation grisante qu'ils me brûlaient sans pourtant atteindre ma peau. Mais ses mots résonnaient en moi, son regard se plongeait dans le mien, et mes pupilles durent se dilater sous l'effet car je me sentis devenir étrange. Le fait même qu'il prononce ces mots, ces mots que jamais, ô grand jamais !, je n'aurais attendu qu'il les disent, était complètement et indéniablement inédit. Surprenant. Je ne su que dire, que faire, mais ses lèvres se posèrent légèrement dans mon décolleté, à la naissance de mes seins, et un soupir d'aise s'échappa de mes lèvres discrètement. Pas assez discrètement, car assurément il l'avait entendu. Ce qu'il avait pu me manquer, lui, et ses bras autour de moi, possessifs, exclusifs, ses yeux noirs, profonds, ce désir animal qui semblait monter, et ressurgir de toute cette période de conflit et de tension avec Leroy. Mais je contins ma surprise, je contins mes émotions. Mais bon sang ! Comment avais-je donc réussi à lui faire dire une chose pareille ? L'avais-je poussé si loin, si profondément dans ses retranchements, dans sa colère, qu'alors cette seule solution lui était apparut ? S'il le faisait, c'est qu'il n'avait pas le choix. Mais où était donc passé son orgueil de mâle dominant, sa fierté,

    - Tu arrêtes de pleurer et de dire des conneries maintenant ? demanda-t-il.

    Son était déjà plus posé. Rien à voir avec les affirmations déguisées en question, ou les questions déguisées en affirmations, bref, c'était une question. Une vraie, pour une fois depuis quelques minutes. Une de mes mains alla se perdre dans sa nuque, mes ongles griffant son cuir cheveulu sans le blesser, et mon autre main posée sur son épaule. J'acquiesçai, mes lèvres pulpeuses, rouge sang, à quelques centimètres de lui, mais plus en hauteur.

    - Permets moi de le promettren si toutefois tu as toujours confiance en moi, dis-je en ne le quittant pas des yeux, et dans cette demande en résidait une autre, me faisait-il toujours confiance ?

    Car il ne servait à rien de promettre s'il ne me croyait pas. Sa réponse serait probablement décisive pour moi. Un sourire malicieux étira mes lèvres doucement, tandis que mes doigts s'amusaient à lui griffer les épaules. Assurément, il savait ce que ça signifiait. Je savais que sa colère était toujours là, mais je savais aussi comment lui permettre de s'en aller, de s'évacuer, à défaut de se défouler sur quelqu'un d'autre. Il y avait dans la rage, dans la colère quelque chose de tellement excitant. Ma bouche se rapprochait dangereusement de la sienne, mes dents mordant mes lèvres avec un air gourmand, comme si je n'allais faire qu'une bouchée de lui, je lui soufflai ces quelques mots.

    - Je suis à toi Rabastan.

    Et ces mots valaient plus qu'un "je t'aime" pour lui, à n'en pas douter. Oh, il savait déjà que j'étais à lui, mais c'était comme pour moi le fait de penser, de "savoir" sans preuve et seulement avec des observations qu'il m'aimait ; là, dans cet aveu je lui donnais raison, j'admettais enfin que je lui appartenais, et je connaissais assez son caractère possessif et exclusif, comme un besoin animal de me savoir acquise, pour savoir qu'il dégusterait ces paroles. Un sourire étira une fois de plus mes lèvres, et mes larmes n'étaient plus qu'un lointain souvenir. J'avais promis après tout. Et si la tempête était passée, elles n'avaient plus de besoin de revenir. Enfin, je ne pu m'empêcher de celer nos lèvres, mais pas sagement ou prudement comme l'aurait fait une fille bien, mais dans la violence et l'animosité du désir lui-même.
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MessageSujet: Re: Disturbing Behaviour { Rabastan } Ven 11 Mai - 20:48

    Morgane ! Il la préférait comme ça, elle et ses tentations, ses "oui si..", son culot qui lui permettait d'aller plus loin que les autres, et sa façon de toujours lui fouetter les sangs, d'une manière ou d'une autre, ne serait-ce que d'un regard. Reine sombre, côté face cachée de la Lune. Est-ce qu'il avait toujours confiance en elle, il n'eut pas l'opportunité de se pencher sur la question ni d'y répondre qu'elle s'offrait à lui par les mots.
    Instinctivement il releva le menton comme si on l'avait défié, comme si le simple fait qu'il faille dire qu'elle lui appartenait était un signe de faiblesse. Comme si quelqu'un pouvait lui disputer qu'elle était à lui. Il leur briserait les jambes à tous ceux qui voudraient tenter la chose et leur ferait mordre la poussière à plaisir. Il danserait sur leur tombe. Et dans exactement le même temps, le fait que ce soit elle qui le dise : l'allumette avait été craquée, le feu lâché. Ils eurent le même mouvement l'un vers l'autre, aimant pulsionnel et il ne fut plus conscient que de son corps à elle, qui lui avait tant manqué, générosité des courbes et douceur des chairs qu'il refusait de partager avec quiconque. Il la plaqua au mur pour se soulager d'une partie de son poids et être plus libre de ses gestes, assouvir tout le désir qu'elle lui inspirait.

    Désir flambant de manière exponentielle, la suite se passe de mots. Le temps était aux gestes où, pour une fois, personne ne se plaindrait de la violence ou l'intensité extrême des sensations.



    Sa question en forme de"si" il n'y avait pas répondu. Pas oubliée, simplement submergée par un besoin primal de la retrouver pour de bon. La réponse était là mais elle avait attendu patiemment dans un coin de sa cervelle que la tempête passe, que les corps arrivent à leur satiété de jouissance, que les neurones se remettent doucement à turbiner après l'intensité du plaisir dans lequel il s'était plongé tout entier, attendu même que la respiration se ralentisse, que la température baisse, un peu. Mais il tenait encore la jeune fille dans ses bras quand la réponse trouva finalement son chemin jusqu'à ses lèvres :


    -Je te fais confiance.

    Presque contradictoire, son regard s'assombrit brièvement. Un reste de l'orage qui les avait affrontés. Il en embrassa de nouveau son cou et ses lèvres comme pour le dissoudre définitivement.
    Mais en fin de compte, il ne voyait pas non plus là rien qui ait besoin d'être dit, au point que si ça n'avait pas eu l'air si important aux yeux de la jeune fille, il ne se serait pas donné la peine de confirmer. Confiance ou pas ? Il l'avait décidé quand il l'avait attirée à lui plutôt que de porter pour la première fois la main sur elle. Qui savait jusqu'où il serait allé s'il avait ouvert ces vannes-là ? Et dans la conception des choses de Rabastan, il n'y avait pas de place pour les doutes. Ou vous faisiez confiance à quelqu'un, ou non. Si vous aviez des doutes, c'est que vous n'aviez pas confiance, et autant l'assumer, ça évitait de commettre des erreurs ou de faire face à des dilemmes, ceux-là n'étant jamais qu'une perte de temps débilisante. Le tout étant de choisir qui était fiable, qui ne l'était pas.
    Elle, il avait décidé qu'elle avait.. fait une erreur.
    Oh bien sûr il n'y avait là rien d'objectif. Le jugement avait été biaisé dès le départ justement à cause de ce qu'aurait impliqué l'autre possibilité. Parce que de deux désirs puissants, deux pulsions aussi violentes, l'une avait profité de la faiblesse passagère de l'autre. De cela le jeune homme n'en était conscient qu'à demi. Mais ce demi ne lui posait guère de problème pour autant. C'est que cela relevait finalement du principe fondateur de tout son être, ce pour quoi il était comme était, et ce pourquoi il avait tous les autres principes : si tu es assez fort ou assez futé pour prendre quelque chose, alors cette chose est à toi. La perdre malgré soi, c'était faire preuve de faiblesse ou de sottise. La contradiction ? C'était la même chose. Si vous n'arriviez pas à concilier ou hiérarchiser vos différents désirs, c'est que vous n'étiez pas assez bon, pas que ce n'était pas possible. Faire des cadeaux aux autres uniquement parce que c'était "bien" était littéralement abstrait pour lui. Raison pour laquelle il accumulait les paradoxes et affinait sa mentalité et ses idéaux à mesure. Lui ne faisait de cadeaux que s'il en éprouvait l'envie ou qu'il s'agissait, une fois encore, que d'un moyen d'obtenir autre chose. Et s'il haïssait les traîtres, ce n'était toujours pas par morale, c'était qu'ils étaient juste l'une des plus dangereuses menaces pesant sur ses propres projets, ses propres espoirs. Ce genre de façon de pensées n'empêchait guère d'aspirer à un idéal. Il ne dirait jamais ces choses là à haute voix. Pour ça il aurait fallu qu'il en soit tout à fait conscient pour commencer, mais il avait grandi dans un monde où l'on se devait de respecter quelques principes au moins, quels qu'ils soient, pour pouvoir naviguer en société, et la nécessité il l'avait intégrée naturellement. Il s'était adapté. Les premières motivations il n'y pensait même plus, et ça n'était d'ailleurs pas nécessaire pour les contenter. Raison pour laquelle il était si absolu sur ses principes : ils étaient ses raisons d'exister déguisés. Raison pour laquelle il servirait ce Maître sans condition : en fin de compte, si Lui n'arrivait pas à ses fins....

    Pour l'heure Rabastan se trouvait loin de ces considérations. Ou plutôt elles se contentaient de ronronner en arrière-pensées.
    Il l'avait finalement relâchée, puis rajusté négligemment ses propres vêtements. La sueur lui poissait le front, les cheveux, l'échine, mais il en aimait la sensation, comme celle du sang fourmillant si vite encore dans chacune de ses veines. Plus assez fortes les sensations : les pensées et les réflexions revenaient presque trop vite. Encore que, désormais, il n'y avait plus d'émotions fortes pour les parasiter. Il y avait de quoi réfléchir. Ne serait-ce que la portée qu'avait eu visiblement le "je t'aime" prononcé. Bien sûr il ne comptait pas l'utiliser contre elle. En revanche c'était une nouvelle donnée dans le casse-tête qu'était Regulus. Qui pouvait s'avérer extrêmement efficace. S'ébauchait lentement les lignes d'un piège sans violence. Et d'ailleurs sans doute cette arme pouvait-elle être efficace avec d'autres aussi. Lestrange venait de prendre conscience du poids de l'affectif, une arme qui lui paraissait moins intéressante que la peur ou la souffrance, mais savait-on jamais, cela valait la peine d'expérimenter. Une arme qu'il devait à la Sorcière, et il lui en était reconnaissant Cette réflexion, cependant, il la garda pour lui. Gaël était capable de se montrer cruelle et impitoyable, mais ce soir l'avait fixé définitivement sur ce qu'il soupçonnait déjà avant : ce ne serait pas avec elle qu'il partagerait ce genre de plaisirs. Aucune importance d'ailleurs. Il y en avait beaucoup d'autres sortes à partager.


    -Alors.. Qu'est-ce que tu vas faire ? Pour Regulus.. ?, fit-il au bout d'un moment en glissant ses mains dans ses poches.

    C'était loin d'un tact diplomatique irréprochable, et voilà pourquoi il s'était éloigné même si seulement de deux pas. Hey, mais il n'était pas un romantique, tant s'en fallait. Et il était plutôt de ceux qui ne perdaient jamais longtemps de vue leur cible, tenace. Et elle était du même acabit, pas le moindre doute là-dessus, leurs précédents jeux ne l'avaient jamais vue abandonner aucune partie, quelques soient les difficultés. Elle avait toujours su s'inventer ses propres moyens, le surprenant parfois, souvent, par son inventivité, le retors de ses contre-attaques.
    De toutes manières, il fallait régler ce problème maintenant, ou bien il ressurgirait plus tard, peut-être sous une forme pire que la précédente. Pire, en l'occurrence cela voulait dire quelque chose qui ne disait rien qui vaille. Ce n'était même pas "peut-être", c'était plutôt "certainement". Il se connaissait assez, lui comme elle, pour savoir qu'il n'y aurait pas deux fois la même échappatoire. Sûrement, elle le savait elle aussi ? Il avait dit qu'il lui faisait confiance, mais ça, ça n'était que des mots : l'application, c'était de la laisser proposer sa solution. .. En espérant que ce ne soit pas la même qu'un peu plus tôt.

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MessageSujet: Re: Disturbing Behaviour { Rabastan } Sam 12 Mai - 17:27

    Mission "calmer un ours à tête de dragon et au venin de serpent était terminée" ! Le problème ? Pour le moment réglé. La méthode ? Avouer une faute pour en cacher une plus grosse : définitivement efficace. Qui a osé dire que la vérité était inutile face au mensonge ? Le plus ironique c'est que cette fois-ci : la vérité m'avait permis de cacher bien des choses dont Rabastan ne soupçonnait pas l'existence. Et pour cause : elles étaient bien enfouies en moi, sous plusieurs couches et derrière une barrière infranchissable. Est-ce que j'étais fière de lui avoir "menti" ? J'étais soulagée d'avoir désamorcé la bombe sans tout faire exploser, mais la crainte d'effleurer encore une fois la limite ultime était toujours là. Mission accomplie, maintenant il fallait pouvoir continuer sans déclencher un autre ouragan. Sans me vanter, je m'en étais sortie presque indemne. Sans trop de dégâts en surface. Mais il me faudrait toute ma vigilence pour ne pas faire une nouvelle erreur : Rabastan ne pardonnait pas facilement, voir jamais, et s'il l'avait fait ce soir, c'était parce que c'était moi. A coup sûr, il ne pardonnerait pas une deuxième fois. Aussi, je m'étais appliquée à endormir le volcan, calmer sa colère, qui comme les braises ardentes d'un feu continuerait à crépiter doucement, le feu éteint, mais prêt à reprendre de l'ampleur. C'était Rabastan tout craché. Parfaite image de son caractère. La colère l'animait, la violence le faisait vivre, et la douleur le nourrissait. Le sadisme pur et dur, sous une couche de respect et de politesse vrais ou faux, cela dépendait. J'étais étonnée alors de le voir si souple avec moi, bien que ce n'était en rien un secret qu'il m'accordait bien plus de libertés qu'avec les autres. Il prenait sur lui, respirait, et essayait de contenir la colère et la rage : autant vous dire que cet exercice n'était pas simple pour lui. Un vrai défi. Qu'il relevait à chaque fois avec brio. Pas une seule fois il n'avait levé la main sur moi : aussi, je m'en voulus d'avoir douté de son affection à mon égard. Je le savais pudique pour ce genre de choses : Rabastan ne montrait ni ses faiblesses, ni ses sentiments, ce qui pour lui, se résumait à la même chose. Etais-je une faiblesse pour lui ? Sûrement, car il était toujours si rude, si prêt à tout pour se faire craindre, et empêcher les trahisons de se répandre. Même si je ne considérais pas vraiment, au fond, ce que j'avais fait comme une trahison. Mais dire le contraire m'aurait valu bien plus qu'une dispute. Mieux valait ne pas le contrarier à ce sujet, gare à moi si mes idées s'éloignaient des siennes. C'est en cela que mon talent résidait. Ce que les autres pouvaient prendre pour de l'hypocrisie, moi je l'appelais la diplomatie. Nous pouvions adhérer à une idée, une idéologie, sans pour autant être en accord avec tout : c'était mon cas. Pour moi, Rabastan était le cas le plus extrême, il ne vivait que pour défendre ses convictions, et servir son modèle, le Seigneur des Ténèbres, rendre fiers sa famille, être à la hauteur des espérances, être...tout ce qui le caractérisait. Oh, il réussissait à merveille dans ses plans ! Il était la plus parfaite représentation de ses valeurs : à n'en pas douter, Rabastan causerait beaucoup de dégâts une fois libéré des murs de Poudlard.

    Sous la surface, sous la vision que pouvaient se faire les autres de nous deux, derrière le masque, derrière le personnage que j'étais, nous étions deux opposés. Complètement différents, et pourtant, malgré cette évidence que seule moi connaissait, il y avait dans mon esprit, pire encore : dans chacune des pores de ma peau, dans mon corps tout entier, une force puissante qui me conduisait dans les bras de mon potentiel futur bourreau. S'il savait..s'il connaissait les plus profonds recoins de mon âme...Merlin ! Quelle torture ! Quelle mort affreuse me réserverait-il ! Si toutefois il était assez clément pour me tuer : non, je l'imaginais plus me garder des semaines pour me torturer et l'esprit et le corps, pour se venger de l'avoir trahi, de lui avoir menti, d'avoir jouer avec lui. Rabastan pouvait être mon avenir, ma fin, ma mort, ou la force qu'il me fallait pour continuer à jouer dans le théatre que je m'étais construit. J'étais un personnage, créé par mon esprit dérangé, et j'étais coincée : impossible de changer, d'évoluer ou sinon pire que maintenant, de m'enfuir, d'échapper à mon Destin. Rien ne pouvait me sauver : pas d'échappatoire. Si toutefois, j'en voulais vraiment une. Imaginez-vous écrivain, créant un personnage ignoble, cruel, et sans coeur, et imaginez que vous vous retrouviez par le plus grand malheur dans ce corps, cet esprit que vous avez créé : coincé à jamais. Et alors, tandis que vous luttez pour vous sortir de là, votre esprit, votre âme vous joue un tour, comme si votre esprit se fondait dans celui de votre personnage et qu'alors tous deux ne formaient plus qu'un. Un cauchemar, sauf que vous étiez réveillé en permanence. Mon masque me collait à la peau, si bien que je ne pouvais plus l'enlever. Mieux valait soit dit en passant : je confondais mes profondes convictions avec celle de la Gael froide et cruelle que j'étais devenue. Et le personnage prenait le dessus sur la personne : il n'existait plus qu'un esprit, qu'une âme, qu'un coeur. Ca arriverait, je le savais. En cela, Rabastan allait m'aider : il me sauverait de moi-même, de ma vraie personnalité qui était ma seule véritable ennemie. A petit feu, sans le savoir ou même le concevoir, il tuait avec mon aide l'ancienne Gael et faisait évoluer la nouvelle. Ce n'était qu'une question de temps pour que je devienne ce que je devais devenir : à la hauteur de mon modèle.

    Mais là n'était plus la question. Du reste, je n'y pensais plus, mon esprit ne fonctionnait plus, ou seulement pas des images sans paroles, tandis que l'explosion, la tempête faisait rage entre nos deux corps serrés, mon dos appuyé contre la porte. Il m'avait plaqué contre celle-ci, avec force, violence, sans se retenir dans son ardeur : et j'aimais ça. Ce fut alors une avalanche de sensations, plus fortes de minutes en minutes, tandis que mon propre corps se consumait : entre ses mains j'étais définitivement perdue. Je ne pensais plus, ou seulement à lui, au manque qui nous avait frustré tous les deux pendant notre période de "conflits", mais si de telles retrouvailles résultaient de ces problèmes, alors c'était tant mieux. Tension, frustration, et colère étaient partis lorsque la jouissance nous emporta tous les deux. Le feu s'était consumé, et il s'éteignait lentement.

    Toujours dans ses bras, je sentis ses lèvres sur ma bouche, et son souffle sur la peau de mon visage, alors que je reprenais un rythme cardique normal. " Je te fais confiance" me dit-il. Une onde de soulagement m'inonda, sans que je n'en laisse rien paraître. L'impassibilité : je savais y faire quand je voulais ! Je fis un sourire fier : comme si j'avais gagné une guerre. Il baisa mon cou, mes lèvres.

    - Je crois que j'avais compris, le taquinai-je en faisant allusion à notre galipette récente.

    Mon humour taquin et mes sourires moqueurs avaient refait leur grand retour, comme pour mettre un point final à notre dispute, mais une fois qu'il m'eut relaché, rajusté ses vêtements, tandis que je retrouvai les miens par terre éparpillés aux alentours, sûrement projetés au moment où la passion nous consumait. Je récupérai ma jupe, mon chemisier, et en l'enfilant je remarquai que mon soutif n'était plus au rendez vous. Fronçant les sourcils, et regardant autour de moi, tandis que Rab' réajustait ses vêtements, il reprit la parole.

    - Alors.. Qu'est-ce que tu vas faire ? Pour Regulus.. ? demanda-t-il.

    Je tournai mon regard vers lui.

    - Ca parait évident Rab'. J'irais parler à Narcissa, discuter avec elle de la marche à suivre, c'est son cousin, à elle de gérer. Je sais maintenant que je n'aurais pas du m'impliquer. Pas comme ça du moins, corrigeai-je. Après, tout dépendra de ce que diras Narcissa, s'il le faut, j'irais réparer mes erreurs auprès de Regulus lui-même. J'aviserais.

    Détournant mon regard à la recherche du dernier vêtement manquant, je le vis accrocher au lustre près de la porte. Les mains sur les hanches, jetant un regard amusé à Rabastan, faussement choquée, je m'écriais :

    - Comment as-tu pu le projeter jusque-là ?! m'étonnai-je, puis avec un sourire taquin je déclarais : Tu es un ours, tu sais.

    Et c'était reparti ! Les taquineries, les moqueries, ma malice naturelle, et la légèreté avec laquelle je pouvais aborder certains sujets. Je préférais cette atmosphère que la précédente...Ainsi, j'espérais l'avoir déridé, plus encore avoir passé son dernier test...pour qui me prenait-il ? Je connaissais sa façon de fonctionner ! J'avais commis une erreur : une autre était décidément impensable !
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MessageSujet: Re: Disturbing Behaviour { Rabastan } Jeu 17 Mai - 15:06

    Le jeune homme acquiesça silencieusement à ce qu'elle lui disait, ne se rendant compte qu'à ce moment que la tension ne le quittait pour de bon qu'à cet instant-là, qu'il avait encore été prêt à réagir au quart de tour quelques secondes plus tôt, tant le terrain ne lui paraissait pas sûr. Il sentait ses muscles tout juste se décontracter vraiment et éprouva le besoin de faire brièvement rouler ses épaules pour se débarrasser du reste de tension qui les habitait.
    Bien sûr, il y avait un côté presque scolaire, dans la façon dont Gaël lui expliquait ce qu'elle comptait faire, comme si elle récitait une leçon. Il avait l'impression de s'entendre mentir à son père quelques années plus tôt. Cependant il ne pouvait rêver plus, sans cesser d'être réaliste. Inutile de se voiler la face : il lui avait imposé son point de vue. Qu'elle plie ou qu'elle se brise, voilà le choix qu'il lui avait finalement laissé. Certes l'extrémité à laquelle il s'était rendue était plus due à la fureur qu'à une volonté quelconque d'efficacité, il avait été loin de maîtriser ni ses gestes, ni ses paroles, mais le fait était là. Tout ce qu'il pouvait espérer c'était qu'à la force, le gré succèderait, et qu'elle finirait par comprendre réellement qu'il avait raison. Le plus important restait qu'elle ne s'entête pas dans ses projets premiers. Mais Rabastan ne pouvait s'empêcher de souhaiter que ce ne serait pas de trop mauvaise grâce. Il faudrait qu'elle soit la plus convaincue possible pour convaincre aussi Narcissa, pour que celle-ci convainque à son tour son cousin.

    Techniquement d'ailleurs, c'était aussi le cousin de Bellatrix. Mais si c'était la méthode douce qui semblait devoir être privilégiée, il était peu stratégique de faire appel à elle. Comme il n'aurait sans doute pas été malin qu'il y participe lui-même. Et cependant, il en parlerait à sa future belle-sœur. Non pas pour décider de la marche à suivre pour cet essai, mais de ce qu'il vaudrait mieux faire s'il échouait. Il ne comptait pas citer Gaël, mais il était normal que Bella aussi soit au courant du désir toujours plus fort de Regulus de s'enfuir. Et de la dangerosité qu'il y avait à lui faire si peur que l'on risquait de ne pas voir les signes avant-coureurs. Ca ne lui plairait pas plus qu'à lui, mais autant se montrer pragmatiques. Les Black ne pouvait se permettre une deuxième trahison, une deuxième honte.

    Il haussa les épaules à la plaisanterie qu'elle lui adressa, levant les yeux vers le lustre en question. Un ours ? Hmmpf, il avait dans le dos des griffures qui n'étaient certainement pas le fait d'un petit chaton non plus, tant s'en fallait. Et tant mieux. Quant à savoir comment le sous-vêtement s'était retrouvé là-haut, il ne s'en souvenait pas clairement et ça n'avait pas franchement de conséquences si ce n'est de lui titiller de nouveau les veines aux souvenirs tous frais – ou tous chauds selon le point de vue – que cela ne manquait pas d'évoquer.

    -Je suppose qu'il avait résisté..., finit-il par lâcher, un sourire à peine retenu en coin de lèvres. Accio, et de lui rendre son soutien-gorge du bout de la baguette avec quelque chose qui ressemblait presque à du regret dans le fond de ses prunelles. Il semblait qu'il ne manquerait jamais d'appétit pour elle, ne serait-ce qu'à la regarder d'ailleurs, même si cela se serait vite avéré insuffisant.

    Plus par habitude d'effacer les traces de ses méfaits, par besoin de se refroidir la cervelle aussi, que par souci de bien faire, se baguette se mut de nouveau, cette fois pour réparer le miroir et le carreau qu'il avait brisé et fêlé. Tant qu'il y était, il en profita pour évacuer les dernières traces du sang de la petite Serdaigle dans la cuve où elle avait échoué à apprendre à respirer de l'eau. Le tout partit en direction des égouts sans une pensée pour la gamine. Lorsqu'il était lui-même l'auteur de quelques tourments, il prenait toujours le temps de lancer quelques sorts bénins et inoffensifs après s'être assuré de ne laisser aucun indice malvenu derrière lui. C'était une précaution qu'il avait pris le pli de prendre après une altercation assez violente avec son oncle. Il avait beau en partager les opinions et respecter l'homme bien plus que son propre père, comme dans toutes familles, les sujets de désaccord existaient aussi, de même que les occasions de désobéir. Et Decius s'avérait bien plus retors que son frère à acculer son neveu : il avait suffi d'un Prior Incantato pour que le joli mensonge de Rabastan s'écroule complètement. Il n'était bien sûr pas question de jamais se refaire prendre d'une manière aussi stupide. Et encore moins par des personnes bien moins respectables que son oncle.
    Inutile pour cette fois : les sorts étaient trop banals pour rien vouloir dire.

    Ce devait être le temps de quitter les lieux sûrement. Pourtant, il restait encore quelque chose, comme un goût d'inachevé. Force était de reconnaître pour Rabastan que Gaël avait été d'une franchise surprenante quelques instants plus tôt. Une franchise qui lui avait fait prendre de sacrés risques. Elle le savait, elle le connaissait suffisamment pour savoir la menace que représentaient les aveux qu'elle lui avait faits. Il le savait lui-même, que trop bien. Il avait été si prêt d'ailleurs d'exécuter ces menaces tacites... Le regrettait-il ? Non. Mais il lui semblait qu'il lui devait quelque chose en échange. Et Lestrange était bien le dernier à vouloir se soustraire à ce qu'il reconnaissait personnellement comme des devoirs. Alors plutôt que de rejoindre la porte, il s'appuya à moitié sur l'un des lavabos, bras croisés et chercha le regard azuré de la jeune fille. Était-ce franchement malin, après que toute la tension accumulée se soit enfin dissipée ? Certainement pas. Mais si ce genre de considérations devait entrer en compte pour le Serpentard, cela n'aurait pas changer grand chose. De toute manière, il aimait mieux la tension à la paix, de loin, c'était son élément. Encore que cette fois ce fut un peu différent.


    -Je savais déjà pour ton père., commença-t-il alors, d'une voix posée, mais la tranquillité intérieure déjà enfuie – et qu'elle aille au Diable pour ce qu'il en avait à faire. Comment il est mort. Et qui l'a tué.

    Le savait-elle, elle-même d'ailleurs ? Comment, c'était probable. Peut-être pas dans les détails, mais ce qu'elle lui avait dit confirmait qu'elle connaissait au moins les grandes lignes. Mais qu'elle sache qui, il en doutait. Et parce qu'il n'était définitivement pas un ange, et que si dieux il y avait, celui qui l'avait créé était définitivement un mauvais esprit, mauvais et avec un goût certain pour la violence, Rabastan ne ressentait pas que la sensation de rendre à Gaël son dû, un aveu pour un aveu. Il y avait aussi tout au fond de lui, cette curiosité maligne qui se demandait comme la jeune fille prendrait de telles informations ; cette curiosité maligne qui expliquait qu'il n'avait pas donné de noms ni de détails, pour pouvoir percevoir chacune des réactions à venir. Et voilà une des différences que l'on pouvait noter entre lui et un gentil garçon : tout ce qu'il ressentait pour Gaël n'atténuait que dans une certaine mesure ses instincts fauves. Et elle n'était pas la seule à aimer mettre le feu aux poudres. Lui aussi aimait fort la voir flamber. Cela ne faisait qu'un défaut de plus à ajouter à une liste bien pourvue en morceaux plus graves et dangereux.
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MessageSujet: Re: Disturbing Behaviour { Rabastan } Dim 20 Mai - 6:47

Le jeu fonctionnait toujours de la même manière : les règles ne changeaient guère, ou seulement étaient-elles à peine modifiées par le rythme de la partie. Mais au final, c'était toujours la même chose. Vous savez comment jouer à ce jeu, aussi terrible soit-il ? Rien de plus simple. Il vous faut une allumette, un peu de magie pour l'enflammer, et bien sûr une quantité suffisante d'huile pour assurer la continuité du jeu. Une fois l'allumette craquée, et le feu débuté, versez directement l'huile, et patientez. Vous verrez, ça marche tout seul ! Mais ce qui est, de loin, le plus amusant c'est de souffler sur les flammes pour attiser, faire grandir le feu encore tout naissant. Une fois la taille satisfaisante, jetez un grand seau d'eau dessus. Et inhalez bien la fumée qui en ressort!

Je sais, il n'y a rien de plus risqué et de dangereux que de se tenir près d'un feu pareil à celui-là, mais on ne peut décemment pas passer à côté d'une occasion comme celle-ci de participer à un jeu si excitant, prenant, exaltant. Le but étant d'aller le plus loin possible, le plus proche de ses propres limites, ainsi que de celles des autres. Mais il était intéressant de constater, particulièrement dans mon cas, que mes limites s'arrêtaient précisément à celles de mon adversaire. Adversaire, partenaire, peu importait, tout revenait au même pour moi. Nous étions tous en compétition, sans le savoir, ou même en étant conscients. Notre milieu exigeait de nous le meilleur, mais voilà : il n'y avait pas trente six mille gagnants, par contre il pouvait y avoir plusieurs perdants. Pour faire partit des plus grands, il fallait automatiquement écraser les plus faibles. Déplaisant, au premier abord, sûrement dans un soucis de morale évident. Mais terriblement surprenant, la manière dont on oubliait vite la morale pour la remplacer par des principes moins contraignants.
Il me rendit mon soutient-gorge avec l'aide d'un sort, et je récupérai le sous-vêtement au bout de sa baguette, un sourire provocateur sur les lèvres. Il me dit qu'il avait sûrement résisté. Oh, oui sûrement ! Et au fond de ses prunelles, lorsqu'il me le rendit, je vis une étincelle encore présente de son appétit pour moi. Il y avait décidément du feu en nous, et nous marchions toujours à la provocation, aux tensions qui augmentait irrémédiablement notre motivation. Avec une moue de petite fille espiègle, je répondis " Le vilain..." en faisant allusion au sous-vêtement. Puis, une fois habillée correctement, je remis un peu d'ordre dans mes cheveux, tandis que Rabastan nettoyait les traces du passage de ma dernière distraction pleurnicharde, et répara le miroir qu'il avait cassé plus tôt.

Mais alors que la tempête, l'ouragan, le tsunami, le tonnerre et la foudre étaient passés, je crus bon d'éprouver ce sentiment de plénitude, et de soulagement qui...ne dura pas vraiment. Autant dire que le moment de calme et de légèreté était bien vite passé. Aussitôt, Rabastan nous ramena, tous les deux, à la réalité. Triste et contraignante réalité, qui me hérissa les poils du dos. Si j'arrivais à le faire changer d'humeur en un claquement de doigt, lui, n'hésitait pas non plus à s'amuser de mes sautes d'humeur. De malicieuse et joueuse, séductrice et taquine, j'étais passée à méfiante. Versatile, je changeais déjà souvent d'attitude, au naturel, alors lorsqu'il s'amusait avec mes nerfs, ce n'était définitivement pas une bonne chose, autant pour lui que pour moi. Je détestais qu'on me fasse redescendre si brutalement de ma bonne humeur. J'étais toujours à prendre avec des pincettes, tout comme lui,...il fallait faire attention à ne pas marcher sur un piège.

-Je savais déjà pour ton père. Comment il est mort. Et qui l'a tué
, dit-il.

Je me retournai vers lui, un sourcil levé. Comme par réflexe, mon menton se releva légèrement. Je le fixai de mes yeux clairs, et de légère et taquine mon humeur se noircie jusqu'à devenir noire, profondément mauvaise. S'il y avait bien un sujet à ne jamais aborder, c'était celui-ci, et j'avais commis l'erreur de croire qu'il n'irait pas jusque là. Il l'avait fait. Mais puisqu'il attaquait sur ce front là...soit ! Je m'avançai jusqu'à lui, un léger sourire en coin.

- Tiens donc, soufflai-je, acide. Ton cher oncle t'aurait-il murmurer la délicieuse histoire ? Oh, à moins que ce ne soit ta charmante mère ? - continuai-je en faisant mine de m'interroger, posant un doigt sur mes lèvres - Oh non, j'ai mieux ! Rodolphus a écouté aux portes. J'ai juste ?

Je faisais mine de prendre cela comme un jeu amusant. Oh, j'aurais pu me mettre en colère qu'il soit au courant, j'aurais sans doute pu être froide, glaciale, mais il était étrange de voir que lorsqu'on était touché au plus profond de soit par quelque chose, un élément du passé, nos réactions se faisaient toutes autres.

- Peu importe de toute façon, tu ne connais qu'une partie de l'histoire. Pas tout. Et tu ne sauras jamais le reste car ça ne regarde que moi et ma famille ! lançai-je, agressive.

Il savait pourtant à quel point ma famille était un sujet délicat, plus spécialement mon père. Il ignorait cependant les vraies raisons. Mon père avait été le seul à m'aimer véritablement... personne ne pourrait m'enlever ça et le simple fait que Rabastan puisse connaitre les circonstances de sa mort me rendait malade. Comme si sa mémoire était souillée, salie par le mépris que Rabastan aurait pour lui.
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MessageSujet: Re: Disturbing Behaviour { Rabastan } Dim 20 Mai - 19:03

    Sujet sensible...
    S'il avait pu en douter, la réaction qu'elle eut ne fit que l'affirmer. Pourquoi le prendre si mal ? Pour une franchise désagréable qu'elle lui avait avouée, il lui en rendait une autre. Mais Rabastan avait beau être d'une mauvaise foi étonnante par moment, cette fois-ci il n'était pas dupe. Visiblement elle le prenait comme une attaque, il suffisait d'entendre l'ironie venimeuse qu'elle mettait dans ses mots. Il connaissait Gaël : l'acidité était une défense. Quand elle voulait attaquer, le ton n'était pas le même. Et c'est précisément pour cette raison qu'il ne prit pas mal la façon qu'elle eut de parler de sa famille. Il était en position de force, inutile de donner la moindre prise. Oh bien sûr cette réflexion n'aurait pas dû exister : ce n'était pas un affrontement. Oui mais naturellement, instinctivement, elle lui venait des tréfonds de son être, plus animale que stratégique.
    Le reste des assertions de la jolie brune ne fit que lui faire lever un sourcil curieux. Comme elle disait : ce qui appartenait à une Famille appartenait à une Famille. Seulement la sienne n'avait pas été tout à fait irréprochable et avait perdu ce droit pour au moins une génération. Ce n'était que bon sens. Là n'était pas la question cependant et s'il restait curieux de ce qu'il pourrait éventuellement ignorer, il avait mieux à faire qu'à chercher de le découvrir.


    -Bonne pioche. La première personne à m'en avoir parlé était mon oncle. Ma mère n'en a jamais parlé que lorsque ses propres invités avaient choisi ce sujet de conversation. Quant à mon frère... S'il sait écouter aux portes, il n'en a pas eu besoin, en l'occurrence.

    Comprendrait-elle le sous-entendu d'ailleurs ? Elle avait listé ces possibilités comme si ce n'était rien. Pourtant Gaël avait évolué l'été dernier dans un nid de vipères qui l'auraient volontiers mordue de se montrer si proche et familière, s'il ne s'était pas porté garant. Sa famille était déjà en guerre, quoi que puissent être les apparences et quoi que puissent faire les autres familles. Depuis des siècles déjà, la famille de Rabastan vivait sur deux plans : celle qu'ils offraient au monde, et l'autre, la vraie. La frontière avait pu paraître infime à l'époque de son propre père, mais cela avait cessé d'être le cas lorsqu'il était mort. Et elle était la fille d'un traître, quoi que sa mère et son frère se soient toujours révélés partisans des mêmes idéaux que les Lestrange, quoi qu'elle-même se soit révélée une Serpentarde dans l'âme, héritière spirituelle de Salazar. Cela suffisait pour ne pas laisser impunément une personne s'immiscer dans la vie familiale. En tous cas pas aussi doucement que cela s'était passé.
    Il ne préciserait rien à ce sujet. Le jeune homme ne tenait nullement à révéler ce que cachait la façade qu'offrait sa famille, au-delà de ce qu'elle aurait déjà deviné. Même en lui faisant confiance, il y avait certaines choses qui n'appartenaient qu'au Sang.

    -A l'époque, je me suis demandé comment tu réagirais.

    Et bien plus. Naturellement il s'était purement et simplement pourléché du meurtre et de ses conséquences, autant qu'il lui était possible sans être ni l'instigateur ni l'acteur. Elle n'était alors rien pour lui qu'une gamine de plus à Poudlard, une qui y avait sa place de par son sang mais ni plus ni moins. De plus, il avait longtemps gardé cet atout dans sa manche, pour le cas où, un jour, la Gaël d'autrefois, celle qui ne perdait pas une occasion de le mettre sur les nerfs, aurait fait un faux pas. Si elle était allée un tout petit peu trop loin. Au fil du temps, il s'était pris à croire qu'il ne s'en servirait jamais. Et voilà que ce soir... Encore qu'il ne l'utilisait pas comme l'arme à laquelle il avait songée de prime abord. Non ce qu'il était en train de faire, outre un retour d'honnêteté, c'était bien semer quelques vents dans l'espérance d'une tempête. Ne lui rendait-il pas service d'ailleurs ? C'est elle qui l'avait dit : elle se voulait plus cruelle. Elle ne voulait pas être aussi faible que son père. Il y avait un moyen pour ça. Un moyen de passer le stade auquel restaient relégués la majorité des sorciers, fussent-ils de sang-pur. En tous cas c'était la façon de voir de Lestrange.

    Expression d'une folie violente pour ce qui était d'une partie de ses motivations. Mais une autre, plus intrinsèque, considérait que ce n'était pas qu'un service qu'elle pourrait prendre là-dedans, si tant était que tempête il y aurait. Il se pouvait que le résultat fut catastrophique. Mais il se pouvait aussi qu'elle s'offrît là la meilleure protection qu'elle pouvait. Elle avait eu peur. Rabastan était certain qu'elle n'avait pas tout à fait dit la vérité quant aux raisons ; il semblait tellement naturel pour le Serpentard d'être craint, que même si cela le décevait, il pensait deviner que les craintes de Gaël ne concernait pas que le fait qu'il soit si.... "définitif". Et elle n'avait pas tort. Même si ce n'était pas de lui qu'elle aurait dû avoir peur, ou plus maintenant. Puisqu'il avait décidé de lui faire confiance. En revanche ce n'était pas le cas de beaucoup d'autres, dont son oncle, son frère... Autant de personnes qui avaient gardé un œil sur la famille Dunkan,via Rabastan pour ce qui concernait la benjamine quelques années plus tôt. Il savait que quelques années, non quelques mois plus tôt, la façon dont elle avait parlé de son propre père et de sa famille à lui, aurait suffi pour qu'il rejette toute idée de se rapprocher d'elle, aurait suffi pour qu'il l'estampille du sceau "d'ennemi" même s'il se serait gardé de le révéler trop vite. Les traitres-à-leur-sang ne méritaient même pas une déclaration de guerre, seulement le sang et les larmes. Savait-elle à quel point elle était passée près de cela ? Savait-elle à quel point elle était près de risquer de se retrouver sur la mauvaise liste pour les mauvaises personnes ?


    -Tu n'as jamais eu envie de tuer celui qui t'as pris ton père ?...Tu gardes ta "première fois" pour lui peut-être ?

    N'importe quel être sain d'esprit se serait rendu compte de la perversité de ces questions, à quel point elles n'avaient pas lieu d'être après une telle dispute et une telle réconciliation. A peine quelques minutes plus tard. Et pas avec n'importe quel sujet : la mort d'un père, rien que ça. Fallait-il être tordu pour remuer le couteau dans la plaie ?
    Mais pour Rabastan il ne s'agissait pas de ça. Malgré sa cruauté, il ne pensait pas être en train de lui faire du mal, au contraire. De toutes façons pour lui le tact n'était qu'un outil qui s'utilisait en société. Ceux qu'il estimait, devaient être suffisamment forts pour ne pas en avoir besoin, cela paraissait évident. Elle, devait être suffisamment forte. Elle l'était. La question ne se posait pas. Il était un peu comme ces fauves qui n'attaquent pas pour de bon ceux qu'ils s'imaginent être de même force et de leur même clan, mais qui pouvait devenir des monstres sitôt une faiblesse révélée. La question qui se posait en revanche, ce serait le choix qu'elle ferait, la réponse qu'elle voudrait bien donner.
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MessageSujet: Re: Disturbing Behaviour { Rabastan } Mer 23 Mai - 11:35

Vivre ou mourir. Gagner ou perdre. Jouer ou rester sage. Etre méchant ou être gentil. Aimer ou haïr. Ne rien faire ou agir. Pardonner ou ne pas pardonner. Continuer ou arrêter. Mentir ou dire la vérité. Etre soi-même ou être quelqu'un d'autre. Survivre ou périr. Faire des choix...ou...ou quoi ? Rien. La vie est faite de choix, terribles pour certains, mais pourtant nécessaires. Ceux qui choisissaient de ne pas en faire étaient des lâches. De faibles natures qui reculaient devant la difficulté. C'était ça la vie, il fallait trancher, entre une solution et une autre, le premier ou le second chemin...il fallait choisir. Libre à nous de faire le bon choix, si tant est qu'il y en ait un, ou le mauvais. Le mauvais, peut-être l'appelait-on ainsi car il créait de multiples conséquences, sur nous, et sur notre entourage, sur notre vie et celles des autres. Mais il était toujours audacieux, définitif. Tous nos choix l'étaient, en partant du principe qu'on ne puisse rien oublier de nos actes passés. Pas de remontée dans le temps, pas de modification, nous inscrivions nos choix, et les chemins que nous prenions, comme de l’indélébile sur une feuille de parchemin. On ne pouvait pas l'enlever, c'était comme gravé dans du marbre, du bois, ou que sais-je ? Peut-être tout simplement inscrit à jamais dans notre mémoire, notre âme, ou notre coeur ? Mais qu'est-ce qu'une âme ? Rien de plus qu'une illusion, une fantasmagorie de l'esprit. Le coeur ? Un organe palpitant qui faisait fonctionner notre corps. Un élément de notre organisme. Rien de plus. On associait sans arrêt les sentiments au coeur, le mal ou la bonté à l'âme, mais en réalité...seul notre esprit était maître de ces choses-là. Et un esprit..pouvait aisément les contrôler. C'était lui qui choisissait. Il pouvait décider de ne plus ressentir, d'oublier, de haïr, d'aimer, de changer...Il pouvait décider d'abandonner également. Abandonner ? Quel est ce mot étrange ? Qu'en sais-je ? Il ne fait pas parti de mon vocabulaire : je n'abandonne jamais. L'abandon est une chose idiote, dangereuse, que nous les humains aimions parfois faire. Oh ! il y avait plusieurs sortes d'abandon. Nous pouvions abandonner une partie d'un jeu excitant, abandonner quelqu'un derrière soit, s'abandonner soi-même comme je l'avais fait dans les bras de Rabastan...preuve en était que l'abandon n'était jamais porteur de bonne chose.

De séductrice, je m'étais faites venimeuse, comme un serpent qui se servirait de son venin pour se défendre, en signe de protection, et non d'attaque. Je ne l'attaquais pas, il aurait été stupide de le faire, car déjà la tempête précédente n'était pas oubliée - loin de là - et il était mal aisé d'en déclencher une autre. Pas très diplomatique. Du reste, il me connaissait assez, pour l'avoir souvent expérimenter, que lorsque j'attaquais...ce n'était pas ainsi. Là, j'étais venimeuse, acide, sarcastique, c'était la première étape. Ensuite, je commençais à m'énerver, à menacer, puis...venait le moment où les menaces ne faisaient plus effets et où il fallait bien les mettre en pratique. Aussi, je m'appliquais souvent à torturer mon ennemi, qui devenait bien vite une victime, à ma façon. Si Rabastan préférait la torture physique, moi, j'aimais mieux la torture psychologique. Beaucoup plus parlant pour moi. Faire souffrir de l'intérieur...c'était tellement plus douloureux selon moi, car un esprit assez fort peut se soustraire à la douleur physique...mais la douleur qui vous ronge de l'intérieur chaque pore de la peau, chaque organe, chaque parcelle de votre esprit comme si vous étiez brûlé à l'acide, à ça...il ne pouvait y avoir d'échappatoire. On ne pouvait se soustraire à une douleur telle que celle-ci. Enfermer quelqu'un pendant des jours, des heures, à écouter la même chanson...ça pouvait rendre fou! Attacher quelqu'un et faire couler une goutte d'eau sur son front pour une durée indéterminée...argh, incroyablement amusant! Et puis, il y avait comme l'avait fait expérimenter Leroy...la perte d'un être cher qui faisait mal...plus mal encore que n'importe quoi. En théorie. Ces choses...j'avais l'impression de les avoir apprises au fil du temps sans m'en rendre compte, comme si elles avaient toujours fait parties de moi, au fond...tout au fond, dans un coin noir de ma personnalité.


- Bonne pioche, la première personne a m'en avoir parlé était mon oncle. Ma mère n'en a jamais parlé que lorsque ses propres invités avaient choisi ce sujet de conversation. Quant à mon frère...s'il sait écouter aux portes il n'en a pas eu besoin en l'occurrence.

Mon visage demeura neutre, sans expression sinon de la contrariété, mélangée à une profonde concentration, comme si j'analysais ces paroles. Mais à l'intérieur, je brûlai, je rageai, je bouillais littéralement d'une rage sagement dissimulée. Je les imaginais, tous autant qu'ils étaient, ricanant, grognant dans un fou rire incontrôlable face à l'hilarité de la situation...ah ! Un traitre de moins sur cette planète ! C'était sans doute ce qu'ils se disaient, entre deux gloussements, et des paroles méprisantes. Ah ! comme cela avait du être jouissif, comme ils avaient du s'amuser et se réjouir de sa mort...mon père...mon pauvre père qui avait cru faire le bon choix. Et voilà encore un choix qui avait causé de nombreuses conséquences...ce qui était effrayant surtout, dans le simple fait de choisir une solution plutôt qu'une autre, c'était les regrets, les répercutions auxquelles nous n'aurions pas pensé. En l’occurrence, mon père n'avait pas pensé à cela...

Dans ce qu'il disait, Rabastan me faisait clairement savoir que la traitrise de mon père n'était pas un secret. Pourquoi n'en avait-il pas parlé avant...? Je me le demandais. Du reste, je ne dis rien. J'eus une pensée pour son oncle...cet homme froid, et horrible. Je me demandais alors si un jour, plus tard dans l'avenir, Rabastan serait ce même homme...si tant est qu'il ne le fut pas déjà.


- A l'époque, je me suis demandé comment tu réagirais, poursuivit-il.

Savait-il depuis longtemps ? Je levai un sourcil et croisai les bras. Je voulais savoir pourquoi ce sujet faisait surface seulement aujourd'hui...

- Pourquoi maintenant ? Qu'est-ce que ça t'apporte ? demandai-je calmement.

Il était étrange qu'il ait attendu tout ce temps, à part s'il voulait d'en servir contre moi. Le voulait-il ? Ou plutôt...l'avait-il voulu, jadis ? S'il en parlait, c'était une raison précise, et je doutais qu'il n'y ait là qu'un sentiment d'honnêteté envers moi suite à notre dispute. Je ne pouvais imaginer qu'il n'y ait pas derrière quelque chose de moins honorable...Il y avait toujours une raison précise, et généralement mauvaise qui motivait Rabastan. Il était dur d'imaginer qu'au fond, il y avait un bon sentiment, une bonne intention...elles se limitaient souvent à ses instincts primaires, un côté bestial de sa personnalité que j'aimais autant que je craignais. Qui ne l'aurait pas fait, du reste...


- Tu n'as jamais eu envie de tuer celui qui t'as pris ton père ? Tu gardes ta première fois pour lui peut être ? fit-il.

Je restai silencieuse un moment. Le fixant sans ciller, la bouche close, le regard sombre comme si le bleu de mes prunelles s'était voilé. Les bras croisés sur ma poitrine, mes cheveux retombant de chaque côté de mon visage, légèrement désordonnés à cause de la courte réconciliation, me donnant un air sauvage étrange. Pourtant, mon silence avait refroidi la pièce en un quart de seconde, ou plutôt...était-ce sa question qui avait rendu l'atmosphère si glaciale. Tout d'un coup, nous avions embarqué pour le Pole Nord. Je n'aurais pas été étonnée de voir un pingouin passer devant nous...Image assez déconcertante et absurde en cet instant, mais j'étais si déstabilisée que mon esprit tentait de trouver une échappatoire. Comme si il voulait s'enfuir,s 'enfuir loin devant les gros nuages qui pointaient leur nez...menaçants. C'était Rabastan. Il amenait un problème, une question que je m'étais souvent posée, et que j'avais gardé dans un coin de ma tête, en attendant le jour où je serais prête à y répondre. Je craignais que ce jour soit arrivé...trop vite à mon goût. La question était mesquine...le piège était là, sous mes yeux, comme un gigantesque trou noir près de mes pieds, prêt à me voir y tomber dedans, mais je ne bougeai pas. J’attendrai qu'il y ait quelque chose en moi qui se décide. Qui prenne une décision. Il était temps. Temps de trancher la question. Temps de changer. De choisir. De vivre ou de périr. De devenir ce pourquoi j'étais née. D'être une vraie sang-pur. Alors je pris cette décision. Je la pris plus facilement que je ne l'aurais imaginé, étrangement, et cela me perturba, me dégoûta au fond de moi, car j'entendais mourir quelque chose de précieux dans mes entrailles lorsque je m'avançai d'un pas vers lui, et que je prononçai ces paroles...


- Ma "première fois" aurait du être pour mon père, crachai-je. J'aurais du tuer ce traitre de mes mains mais ma jeunesse m'en a empêché, mon ignorance aussi. Le jour où mes mains prendront définitivement la vie de quelqu'un, je veux que ce soit celle d'un traitre comme mon père l'a été. Je veux pouvoir me féliciter de nous avoir débarrassé d'un faible parmi les forts, comme j'aurais du féliciter ceux qui ont éradiqué mon père jadis, si seulement j'avais connu leur véritable identité. Je veux pouvoir profiter de chaque instant de cette première fois, de chaque regard et gémissement, mais seulement quand, et pour qui, je l'aurais décidé. Ce sont mes décisions, et ni toi, ni personne ne me pousseront à les prendre trop tôt : je tuerais qui je veux, de la façon dont je veux, au moment où je voudrais. Ca n'arrive qu'une fois Rabastan, la première fois où l'on voit s'éteindre la vie de quelqu'un et où l'on peut déguster ce moment...je ne veux surtout pas rater cet évènement en agissant trop hâtivement. Je veux que ce soit mémorable. Et ce sera...mémorable, concluai-je avec une excitation non-dissimulée.

Ah ! Ce moment-là ! Je le croquerai à pleine dents ! Je le repasserais dans ma tête des millions de fois après cela, je savourerais chaque instant, gravés à jamais dans ma mémoire. Je voulais que ce soit spécial, inoubliable pour qu'encore on s'en rappelle une fois ma mort passée. J'avais dans l'idée une scène si abominable, qu'elle n'en était que plus délicieuse à mes yeux, mon esprit se réjouissait déjà de ces projets à venir...Et ce fut un large sourire indéfinissable qui étira mes lèvres rosées en cet instant, un sourire que sûrement personne n'avait encore jamais vu apparaître...

- Mais sûrement seras-tu là, derrière, à observer ce spectacle, n'est-ce pas Rabastan ? Pour veiller à ce que je sois digne des espérances de chacun. Tu pourras profiter, toi aussi. Non ? Me voir passer à l'action, comme tu l'as toujours voulu finalement. Etrange d'ailleurs que tu me poses cette question...je ne t'ai jamais interrogé sur ce genre de choses, moi. N'est-ce pas ? Mais peut-être notre confiance n'est-elle pas la même...- mon sourire s'élargit, mes mains se croisèrent dans mon dos, et mon visage se releva vers le sien, proche - Alors, pas d'autres questions ? D'interrogations profondes à propos de mon implication dans la lutte contre les débris de ce monde ? - je faisais allusion aux sangs-impurs évidemment - Pas de doutes à me lancer en pleine figure ? Tu as fini ? Non, parce que tu pourrais continuer des heures à me tester, tu ne trouverais rien à te mettre sous la dent...ou plutôt celle de ton oncle, non ?

Je ne pensais plus vraiment en cet instant. J'étais concentrée sur son visage, et je souriais comme une enfant, les bras croisés dans le dos, le menton relevé vers lui...et puis cet air...ce visage enfantin, malsain que je ne me connaissais même pas moi-même. Je me fis peur. C'était la fin. Et dans mes paroles, je lui disais clairement que j'avais compris. Compris qu'il doutait de moi, qui me testait en quelque sorte, et qu'il payerait d'avoir douté. Vexée, je l'étais. Car il disait avoir confiance, et pourtant avec cette question il avait voulu me mettre en danger, me tester, me jauger. J'aurais voulu qu'il n'ait pas à me poser cette question, qu'il ait assez confiance pour ne pas le faire. Mais j'avais trop espéré de lui. J'eus un rire moqueur, autant pour se moquer de moi que de sa question. Puis, je me détournai, sortis la clé de ma poche, et la mis dans la serrure, déverrouillai la porte. Il était libre de partir. Tout comme moi. En me retournant, je n'avais pas abandonné mon sourire amusé.

- Mais qui sait ! Peut-être vais-je finalement craquer en tuant une des charmantes connaissances que tu t'es fait durant notre ...petit conflit. Tu remercieras Lucius au passage, quel entremetteur ! A ta place, je n'hésiterais pas longtemps avant de lui demander d'avantage de contacts, on sait jamais si...- mon sourire moqueur s'élargit - ta traitresse de petite-amie se mettait soudain à devenir gentille et à renier sa famille ! Non ?

Il ne devait pas s'y attendre. Oh, ça non ! Mais mes yeux et mes oreilles trainaient partout...surtout pendant les périodes de grandes disputes entre moi et lui. Je le surveillai plus qu'il ne le pensait, et on m'avait rapporté ces flirts avec des jeunes femmes que Lucius avait dans ses petits papiers... Elles payeraient..chacune d'elle. Lentement, douloureusement. Et lui aussi. Moi, mes flirts, il les connaissaient, je m'étais mise sous son nez pour l'énerver. Mais lui...il l'avait fait dans l'ombre...avec Lucius, que je considérais comme l'incarnation de l'infidélité. Si lui doutait de ma capacité à tuer, moi je pouvais bien douter de sa fidélité. Un affront, pour un affront. Et le pire, c'est qu'il n'y avait ni mensonge ni exagération dans aucune de mes paroles. J'avais choisi. Comme un dernier cri d'agonie, la chose coincée dans mes entrailles hurla, puis...le silence se fit. Enfin.
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MessageSujet: Re: Disturbing Behaviour { Rabastan } Ven 25 Mai - 18:49

    Au fil des paroles que lui assenait Gaël, la sérénité du Serpentard fondait comme du miel, et les commissures de ses lèvres se crispaient pour s'éviter de sourire trop ouvertement. Et ce n'était pas tant de ses paroles – encore une fois les mots restaient des mots – mais de son attitude, tous feux allumés derrière un comportement de fausse petite fille. Provocante bien sûr. Mais Gaël était toujours provocante, à sa manière. En revanche, il l'avait rarement sentie aussi dangereuse, alors même qu'elle gardait les griffes sous le velours. Et il savourait, dévorant le spectacle de toutes ses oreilles comme de ses yeux, comme s'il sentait presque l'odeur du sang. Aurait-il été un chat, il aurait pu en ronronner de plaisir. L'orage de leur dispute précédente aurait pu tout aussi bien n'avoir jamais eu lieu.
    Et qu'est-ce qui avait provoqué cela ? Un quiproquo ! Car de toutes évidences :


    -T'as cru que je te testais, Gaël ?! Tu mets en doute ma parole... J'pourrais me vexer tu sais ?

    Matois il l'était devenu complètement, ayant décroisé ses bras pour s'appuyer nonchalamment au lavabo – alors même qu'il restait sur ses gardes, comme prêt à la voir sortir les griffes, sans que cela n'affecte son plaisir -, jouant l’ambiguïté dans ses paroles comme dans son attitude. Les flammes allaient si bien à Gaël, il n'allait certainement pas les calmer si vite. C'était lui qui les avait allumées. Même s'il n'avait pas prévu celles-ci, même s'il y avait eu malentendu : mais tant mieux ! Car non la question vicelarde que Rabastan avait posée un peu plus tôt ne visait nullement à déterminer s'il pouvait ou non faire confiance à la jeune femme. Il était beaucoup trop définitif – mais n'aurait-elle pas dû le savoir, elle qui le lui avait reproché un peu plus tôt – pour remettre en cause sa propre décision, et sa propre confiance sans aucun motif valable.

    -Je conçois parfaitement que tu veuilles... féliciter celui qui a achevé un traître, qui qu'il soit. Mais pour ma part, tu vois, j'aurais du mal à avaler que, qui que ce soit en dehors de ma famille, tue quelqu'un de Ma Famille. Pour n'importe quelle raison.

    S'il y avait eu un traître – idée qui seule suffisait à lui faire un instant flamboyer les prunelles -, ça aurait été à lui de s'en charger, ou son frère, à personne d'autres. Cela permettait de garder intact l'honneur d'un nom. Ça allait même au-delà : personne n'avait le droit de toucher à son Sang, ou plutôt personne n'aurait pu s'estimer en sécurité après cela ; il ne supportait pas, viscéralement, que l'on puisse s'en prendre à ça et s'en tirer indemne. A l'exception du Lord. Ça ne relevait pas de ses principes, n'avait rien de traditionnel pour le coup, ou alors de la tradition familiale, du genre qui viendrait du fin fond du Moyen-Âge et qui avait sauté des générations par-ci par-là. Dans ces circonstances, il aurait fallu que le frère de Gaël fasse ce qu'il avait à faire, avant que les Mangemorts ne s'en chargent. Le paradoxe, c'est qu'il comprenait aussi parfaitement qu'on ne demanda pas à chaque fois à d'autres membres d'une famille de purger leurs rangs. Ou plutôt, il était conscient que cela relevait de sa façon propre de fonctionner, qu'il ne fallait pas tant en demander aux autres, du moins la majorité – Bellatrix tuerait Sirius, le moment venu. La tolérance version Lestrange... Cela n'entrait même pas en conflit avec ses principes. Simplement...

    -Si par.. un malheureux hasard, un allié devait tuer l'un d'eux, ..pour de bonnes raisons je veux dire, je le tuerai en duel. Pas dans le dos. Si c'est pour de mauvaises raisons, par contre, tous les coups seraient permis bien sûr.

    Cette fois-ci pour le coup ses prunelles étaient bien allumées, et dans tous les sens du terme, tandis qu'il souriait de toutes ses dents, une langue gourmande passant brièvement entre elles: explicite volontairement, un sourire de requin. Volontairement il laissa encore un bref silence passé avant de se résoudre enfin à révéler le fond de sa pensée, le pourquoi de la question.

    -Tu vois ? Je me demandais simplement ce que tu ferais si je te donnais le nom. Des fleurs ? Ou du sang ?

    Comme si ça aurait dû être évident.... Eh bien, ça l'était selon lui. Mais qu'elle ne l'ait pas perçu, Rabastan ne le regrettait pas, étant donné la réaction que cela avait engendré.
    Son sourire s'était fait moins large, plus malicieux, plus ambigu, mais n'en restait pas moins bien accroché à ses lèvres comme à son regard.

    -Tu comprends ? Ou ma traîtresse de petite amie va-t-elle préférer croire que je cherche à protéger l'une de mes.. comment t'as dis ? Charmantes connaissances...

    A ces paroles son ton s'était fait sensiblement plus dangereux, doucereux d'une menace voilée. Mais ce n'était que par jeu. A des lieues des pensées qui agitaient Gaël, Rabastan n'imaginait pas que sa Sorcière puisse mettre sa loyauté en doute une seule seconde. Qu'elle devienne furieuse pour les jeux qui lui avaient servis contre elle, oui. Qu'elle s'imagine qu'il ait été plus loin, non. C'était ce qui lui avait évité de se sentir vexé un peu plus tôt, de prendre le sous-entendu comme une attaque en bluff. Parce que pour le coup cela avait réellement tenu d'une preuve : il y avait eu des tentations, et plutôt deux fois qu'une. Et plus qu'il n'aurait cru, plus que ça ne lui plaisait. Ce qu'il n'irait sûrement pas raconter à qui que ce soit d'ailleurs, il aimait trop peu l'idée que résister ait pu être un tant soit peu difficile. Mais autant par principe que par son naturel entêtement borné, il pouvait désormais s’enorgueillir de ne pas être de ceux qui cédaient.
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MessageSujet: Re: Disturbing Behaviour { Rabastan } Sam 26 Mai - 15:55

    Je n'avais aucune idée de la manière dont il s'y prenait, mais il était évident que cela fonctionnait à merveilles lorsqu'il s'agissait de me mettre les nerfs à vifs. Préparait-il tout un plan à l'avance, ou utilisait-il seulement l'instant présent, les armes que je lui donnais en faisant des erreurs ? J'avais une petite idée tout de même ; Rabastan me connaissait bien, trop bien même, et c'était son avantage sur moi. J'étais devenue trop prévisible pour lui, il connaissait mes humeurs, pouvait les tâter, les palper quand il voulait, tant il savait les déclencher, et où appuyer. J'entretenais une part de mystère, mais je voyais alors les limites de cette face cachée rétrécir. Il me fallait être plus maligne, et l'affaire n'était pas aisée. Très difficile, car à l'inverse, je n'avais pas une si grande connaissance de Rabastan. Oh, je savais comment l'énerver, certes, mais il m'était impossible pour ne pas dire surréaliste, de prévoir à l'avance ses réactions. Il y avait un côté animal, bestial en lui, qui me semblait incontrôlable. Que dis-je ? Il l'était. Totalement incontrôlable. Le serpentard était un de ces prédateurs sournois, vicieux qui prenait son plaisir dans la souffrance, et il n'y avait chez lui de respectable - si l'on pouvait dire cela - que des principes, que je jugeais rigides et tordus, bien que certains soient en accord avec les miens. Je ne les méprisais pas, mais les savais inconvertibles. Néanmoins, ces défauts pour moi, alimenter mon affection à son égard, car j'étais faite de la même matière que lui. Une prédatrice, qui ne cessait d'apprendre et de se développer pour atteindre des techniques plus fines et efficaces. Une araignée, un serpent, j'étais entre les deux. J'aimais tisser des toiles pour piéger mes ennemis, les manipuler et leur donner espoir, et puis à la toute fin, les détruire, et les presser entre mes mains, leur cracher mon venin, et les voir mourir. Alors, pour des gens tels que nous, il n'était pas étonnant que l'on trouve du plaisir dans le malheur, dans la souffrance d'autrui ; dans les jeux, les affrontements dangereux ; dans la violence, des mots et des gestes ; dans ce qui est dit, et non-dit ; mais au delà de ces plaisirs bien à nous, que personne de censé ne pourrait comprendre et entreprendre, les défauts prenaient la place des qualités, et les qualités se transformaient en défauts. Et si nos confrontations déclenchaient nos sourires, ce n'était pas sans raison. Pour avoir souvent expérimenter cela avec Rabastan, je savais ô combien il était délicieux de se confronter, de se battre à notre manière et surtout...de gagner. Mais lorsque le jeu prenait une tournure plus glissante, et qu'il dérivait vers des sujets plus sensibles, il m'était difficile de ne pas perdre l'équilibre.

    - Oh, pourquoi ferais-je une chose pareille mon amour ? Ta parole est d'or. Je n'ai pas à m'en plaindre. Mais ta question me laisse sans voix. Quel intérêt pour toi, de savoir cela ?


    Mon attitude était mielleuse, mais mes mots me laissaient un goût étrange sur mes lèvres rouges. La sensation du mot "amour" sur la peau tendre et pulpeuse de ma bouche déclencha mon sourire ; et il n'y avait rien d'innocent dans ce mot : il était le rappel orgueilleux de ses précédents dires. Mes yeux traduisirent d'eux-mêmes l'ironie que j'aimais tant, et ma bouche alluma mon sourire évident. Je voulais ma question noble : comme la voix d'une enfant qui voulait satisfaire une curiosité grandissante, et sans le quitter des yeux, comme pour plonger dans son corps et en tirer de mes mains son âme palpitante, je souris largement.. Mes yeux et mes lèvres me brûlaient, et ma voix s'arrachait à ma gorge comme un liquide cuisant, remontant du plus profond de mon être, là où le volcan encore bouillant se reposait, et écoutait d'une oreille attentive l'alarme qui le ferait sortir. Les mains dans le dos, j'étais tranquille, prête à lâcher le monstre, à le laisser sortir et se montrer. Lui, nonchalamment appuyé contre le lavabo, il semblait prendre plaisir à me voir ainsi. Et je n'en fus pas surprise, ni déçue.

    - Je conçois parfaitement que tu veuilles... féliciter celui qui a achevé un traître, qui qu'il soit. Mais pour ma part, tu vois, j'aurais du mal à avaler que, qui que ce soit en dehors de ma famille, tue quelqu'un de Ma Famille. Pour n'importe quelle raison.

    Je ne cillai pas. Neutre, ma respiration calme et douce, je me contentai de le regarder, amusée. Je comprenais son point de vue ; mais j'en avais un autre.


    - Il est difficile de contester les décisions qui viennent de bien plus haut ; ce n'était définitivement plus une affaire familiale, Rabastan. J'étais jeune, mon frère stupide, et ma mère aveugle. Lorsqu'on ne peut corriger les erreurs soit-même, pourquoi priver quelqu'un d'autre de cette mission dans ces conditions ? Il fallait bien que quelqu'un s'en charge non ?


    En général, j'aurais d'accord avec lui, mais il y avait quelque chose de spécial chez ma famille. Nous nous haïssions plus ou moins tous. Ma mère me détestait, et n'avais jamais été fière de moi ; mon frère m'avait jalousé pendant des années et se réjouissait d'être le meilleur de nous deux aux yeux de ma mère ; quant à mon oncle...nous nous ressemblions trop pour nous supporter, mais malgré cela il restait mon allié. Une traitrise impunie était bien pire qu'une intrusion dans les affaires familiales. Et puis, ça ne relevait même pas de nous, le Lord avait ordonné l’exécution de mon père, et exécution il y avait eu. Peu importait qui était le bras, la tête pensante était hors d'atteinte, et il ne m'était jamais venu à l'esprit de remettre sa décision en question. Cela aurait été une trahison bien pire. Mais Rabastan ne pouvait pas comprendre ceci ; sa famille était différente de la mienne et leurs valeurs plus strictes. Il n'y avait rien de commun chez les Lestrange comparé aux autres sangs-purs.


    - Si par.. un malheureux hasard, un allié devait tuer l'un d'eux, ..pour de bonnes raisons je veux dire, je le tuerai en duel. Pas dans le dos. Si c'est pour de mauvaises raisons, par contre, tous les coups seraient permis bien sûr.

    Je souris, comme en réponse à celui de Rabastan, vicieux, et sa langue passa entre ses dents comme un prédateur. Il ne pouvait pas être plus beau qu'en cet instant. Ce que j'aimais quand il était ainsi! Je profitai de son silence pour répondre.

    - Cela est vrai, en général. Mais la situation de ma famille n'était commune à aucune autre, et donc ton charmant programme, bien que je l'approuve, n'était pas en mesure d'être appliquée. Et ne le sera pas,
    concluai-je d'une voix ferme et implacable.

    Enfin, il décida de mettre fin à ma curiosité assoiffée. Après son petit silence, laissant planer une atmosphère étrange, et qu'il avait bien voulu créer et alimenter, il fit un sourire de requin.

    - Tu vois ? Je me demandais simplement ce que tu ferais si je te donnais le nom. Des fleurs ? Ou du sang ? dit-il.

    Mon sourire s'élargit, et je m'avançai vers lui. Mes hanches roulèrent, ma démarche se fit féline, et je me tins devant lui sagement, passant même une main sur sa joue en souriant mielleusement.


    - Eh bien maintenant que j'ai répondu à ta question. Saches une chose : qui que ce soit, et quoi qu'il représente à mes yeux ou ceux des autres, je ne saurais le punir pour ce qu'on lui a commandé de faire, mais ne point agir ne veut pas dire pardonner. Oh, je le remercierai certainement! Après tout, il a accompli parfaitement la tâche qui lui a été incombé, mais ça ne m'empêchera pas de le haïr. Heureusement, ce n'est sûrement pas quelqu'un que je fréquente.., ajoutai-je avec un large sourire.

    Je voulais voir sa réaction, à ses mots, je voulais entendre sa réponse, et le jauger. Déduire, deviner. Il savait, et il m'aurait été trop facile de le lui demander. J'étais trop fière pour lui poser la question, mais d'un côté, le fait de ne pas savoir, comme d'être à deux doigts de la vérité déclenchait en moi un amusement non dissimulé.


    - Tu comprends ? Ou ma traîtresse de petite amie va-t-elle préférer croire que je cherche à protéger l'une de mes.. comment t'as dis ? Charmantes connaissances...

    Mes yeux se firent plus durs. Je lui lançai un regard noir, et mes prunelles devinrent obscures. Comme si une mini-tempête faisait rage à l'intérieur de celles-ci. Oh, ce que ma main me démangeait de le gifler en cet instant, là tout contre la peau de sa joue gauche. Rien que le fait qu'il ose parler d'elles en reprenant mes termes me hérissait les poils du dos, me faisait bouillir de colère. Mes ongles se plantèrent derrière sa nuque, à défaut de la gifler, ma main s'était crispée d'elle-même dans un réflexe.


    - Rassures-toi, j'ai très bien compris, et je n'aurais osé imaginer que tu veuilles les protéger. De toute façon pour elles, il est trop tard. Mais c'est intéressant que toi, tu y ai pensé, sifflai-je, amusée, un sourire moqueur sur les lèvres. Il n'empêche - je fis une moue boudeuse, et ma main se desserra, descendis jusqu'à l'emplacement de son coeur palpitant et y traçant des cercles imaginaires tandis que reprenais - ... je ne peux te reprocher de me l'avoir caché, moi-même je ne t'ai pas tout dit. Mieux vaut pas d'ailleurs...soufflai-je.

    Je relevai la tête pour lui sourire, malicieuse. Qui avait dit que j'étais jalouse et rancunière ? Pf...n'importe quoi !
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MessageSujet: Re: Disturbing Behaviour { Rabastan } Lun 28 Mai - 19:53

    Il avait haussé des sourcils faussement innocents et ignorants à la question déguisée : "est-ce quelqu'un que je connais ?". Si elle voulait savoir, elle devrait poser la question. L'expression qu'il s'était donnée ne la tromperait pas une seconde, mais il la savait justement tellement peu crédible qu'elle n'informerait ni dans un sens ni dans l'autre. Avec un peu de chance, cela attiserait même un peu sa rage. Après tout, c'était presque justice, du dent pour dent. Elle l'avait poussé si loin ce soir, cela semblait bien naturel de pouvoir la voir brûler à son tour.

    Mais ce fut une autre réflexion, au sujet de ces fameuses "charmantes connaissances" qui sembla y réussir. Comme l'indiqua la douleur sourde et passagère que provoquèrent les ongles plantés dans son cou, douleur si ridicule, qu'il ne lui accorda ni attention ni peine de réagir. Pas plus qu'il n'accorda ne serait-ce qu'une seule seconde de pitié, ou de culpabilité, pour le sort que sa sorcière faire comptait faire aux jeunes filles dont il était question.

    Ah Gaël était un comble, un paradoxe à elle toutes seule ! Pas que cela donne la moindre envie de fuir, bien au contraire. Ou peut-être n'était-ce en fait qu'un attribut bien féminin, un qu'on retrouvait chez chaque femme, mais qui était particulièrement développé chez la jolie brune. Se vexer pour une remise en doutes qu'il n'avait jamais faite, pour ensuite tenter vicieusement de le faire douter d'une autre manière.... Dans quel but ? Le prendre en faute ou le pousser à s'énerver autant qu'elle l'était elle-même ? Les femmes garderaient probablement toujours leur pouvoir de créer l'incompréhension chez les représentants de l'autre gent. Cependant, ce ne fut aucune de ces deux réactions que la réflexion de Gaël provoqua chez le Serpentard, dont les yeux luisaient du plaisir qu'il avait à relever un défi.

    Le léger temps qu'il mit à répondre, la tête un peu penchée sur le côté, sourire en coin, c'était uniquement pour choisir l'arme avec laquelle il répondrait.


    -Tu veux vraiment jouer à ça ?..., demanda-t-il. Mais ce n'était qu'une question rhétorique, et il haussait déjà les épaules sans attendre de réponse. Des choses à cacher, hein... ? Ne dis rien, laisse-moi deviner... Le petit coq de Griffondor t'a pourri une après-midi à te vanter ses indescriptibles talents de joueurs de Quidditch ? Ah ou bien je me trompe et tu n'as pas pu t'empêcher d'admirer pendant des heures l'extraordinaire lueur d'intelligence qui brillait dans ses yeux... Peut-être que tu en rêves la nuit ? Ou alors c'était le binoclard ? Une nuit de folie à parler des copulations de Cornitrucs... ? Excitant... Non attends, tu parles de Goodill ? Il paraît que toutes les filles adorent ses poèmes... Ou bien est-ce sa jolie gueule d'ange ? Non pitié ne me dis pas que tu as versé une larme lorsqu'il t'a récité sa déclaration d'amour ! Je ne m'en remettrai jamais...

    Et il ne put s'empêcher de rire. Rabastan riait rarement pour de bon, la majorité du temps ce n'était qu'un rire silencieux. Et sans doute y avait-il une raison à cela : il était de ceux qui avaient un rire invariablement cruel. Cela aurait brisé le plus joli masque qu'il se serait inventé si cela s'était entendu. Mais quoi ? Elle l'avait cherché. Le jeune homme n'avait pas compté revenir sur le jeu qu'il avait gagné, mais puisqu'elle voulait jouer de provocations, il ne serait pas en reste. Dangereuse et vénéneuse comme elle l'était à ce moment là, il s'en mordrait sûrement les doigts. Il l'avait sentie à deux doigts de le gifler, et dans la proximité qu'ils partageaient s'attendait à ce qu'elle ne résiste probablement pas une deuxième fois. Ce qui lui passait par-dessus la tête. Pour craindre un tel geste, il ne fallait pas être bien résistant. D'autant que le jeu en valait la chandelle : ce n'était pas pour rien qu'il soufflait sur les braises encore et encore. Il lui semblait presque la voir se transformer, l'azur de ses prunelles s'assombrissant. Il n'était certainement pas le seul de l'école de Sorcellerie à lui prêter un physique de déesse, mais présentement cela aurait été une déesse cruelle, une déesse guerrière, de chaos et de sang. Une de celle qui ne se satisfaisait pas d'offrandes de fumée ou de sacrifice de poulets. A en regretter presque d'avoir fait partir la petite chouineuse de Serdaigle: comme cela aurait été beau de la voir passer ses nerfs sur la gamine...

    Et puis même lorsque ça avait des proportions différentes, ça n'était jamais qu'un prétexte. Ce n'était que des jeux, quoi que des regards extérieurs auraient pu en penser. Mais des jeux qui les rendaient meilleurs lorsqu'il s'agissait d'affronter des adversaires réels. Ils fourbissaient leurs armes entre eux, s'aiguisaient les griffes, s'enduraient les défenses, amélioraient les poisons, affinaient leurs stratégies. Alors bien sûr parfois, souvent, ils pouvaient y perdre. Mais ce n'était rien en comparaison de ce qui était gagné sur absolument tous les plans.

    Le fait était qu'il n'était pas jaloux. Possessif : oui, exclusif : plus encore. Mais pas jaloux. Tant qu'il n'y avait pas de risque, il n'y avait pas lieu de s'énerver ni de se mêler d'affaires qui ne vous regardaient pas. Tous ces garçons dont il parlait, et même d'autres qui valaient nettement mieux, n'avaient tout simplement aucune chance. Il en était sûr, sans une trace de doute, qu'il s'agisse de se fier à la loyauté de Gaël ou bien à la crainte plus ou moins forte qu'il inspirait lui. Ce qui ne l'empêcherait pas de s'amuser avec ceux qui s'étaient montrés les plus entreprenants : mais il s'agirait plus d'un prétexte à se faire plaisir. A lui faire plaisir à elle aussi d'ailleurs, sa jolie Sorcière avait un égo du genre à apprécier qu'on souffre ou fasse souffrir pour elle. Adonis Leroy avait été un cas différent : le Français avait été d'une insolence insupportable, et elle n'avait fait que l'encourager dans cette voie.
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MessageSujet: Re: Disturbing Behaviour { Rabastan } Mer 30 Mai - 12:46

C'était officiel : Rabastan pouvait déclencher en moi des émotions si contradictoires que j'en perdais une certaine cohérence. Cela ne m'étonnait pas, à vrai dire, mais il m'étais toujours surprenant de ressentir autant d'admiration que de colère, de rancune que d'affection, de rage que de plaisir, lorsque j'étais face à lui. Nous avions toujours été volcaniques, ensemble, peut être plus qu'avec les autres. Toujours à l'affut d'un moindre prétexte de dispute, de confrontation ; toujours à chercher la petite bête pour rendre l'autre fou de rage, ou de jalousie. Excitant, toujours. J'adorais le pousser à bouts, et j'étais toujours très créative pour ça, mais Rabastan, lui, savait vraiment où appuyer. Sa connaissance de mon sale caractère m'étonnait toujours, et je me maudissais de ne pas faire plus attention à chaque fois. Comme si j'oubliais qu'il connaissait chacun de mes défauts, de mes "qualités", de mes méthodes, de tout ce qui me concernait et sûrement plus... tout comme je savais ce qui pouvait l'énerver, le mettre à bout, les limites à ne pas franchir - cette soirée avait été instructive - mais c'était différent...nous n'étions pas pareils, et donc il était normal qu'il lui fût plus facile de me connaître d'avantage. Rabastan était tellement imprévisible, bien que je connaisse ses traits de caractère, et ses principes rigides dignes de sa famille. Ah, les traditions...c'était une chose tellement développée chez lui que je n'avais jamais réussi à comprendre. Un héritage familial, d'après moi, mais qui dépassait celui des autres familles. Mais après tout, les Lestrange était une vieille famille, tout comme les Black. Plus vieille que les Dunkan sûrement, ou d'autres familles de sangs-purs moins connues.
Cependant, et grâce aux diverses expériences auxquelles j'avais soumis Rabastan depuis le premier jour de notre relation, j'avais pu savoir exactement ce qui lui déplaisait. Il me considérait comme sienne, et je l'étais...Alors, dès que monsieur sentait que je m'éloignais un peu trop loin avec des personnes à la hauteur de ses convictions - ou les cas particuliers comme Adonis -, l'alarme était déclenchée et le processus d'"éliminationrapideetdiscrètedel'ennemi" était lancée. Ah, ce que j'adorais cela ! Le faire péter les plombs....surtout si c'était sur quelqu'un d'autre ! Je ne m'en cachais pas, du reste. Il le savait, et c'était encore plus amusant d'y parvenir alors que lui-même savait dans quel but j'agissais ainsi. Il ne pouvait tout simplement pas s'en empêcher, comme avec Adonis, d'intervenir au moment où il jugeait que cela allait trop loin. Et bien que j'avais toujours été contre ses interventions - encore dans un but de pure provocation - je profitais toujours du spectacle, de la sortie du monstre jaloux et colérique qu'il était, le voyant sortir ses crocs et insérer son venin dans la peau fragile de son ennemi. Jouïssif !

Mais ce fut bientôt le retour des taquineries, pics, et autres provocations destinées à me faire flamber les nerfs, les frotter entre eux jusqu'à ce que je ne puisse plus me retenir. Je le voyais dans la simple lueur délectatrice de ses yeux, il voulait me pousser à bouts, comme je l'avais fait avec lui tant de fois auparavant. Comment en étions-nous arrivés à ce renversement de rôles...je me le demandais ! Même si ce n'était pas vraiment nouveau que Rabastan me fasse perdre mon sang froid juste pour le plaisir de la confrontation. Mais cette fois-ci, c'était différent...je le ressentais d'autant plus, cette envie bestiale de me voir sortir de mes gonds, jusqu'à ce que je ne puisse plus me contrôler. Il voulait voir ça. Il serait déçu, et j'avais trouvé un nouveau moyen de l'énerver : la frustration. A coup sûr, ne me voyant pas perdre mon sang froid, il serait terriblement frustré. Je m'en réjouissais d'avance!

Rabastan eut tout de même le culot de se moquer ouvertement de moi, provoquant à l'intérieur de mes entrailles une brusque envie de le gifler, plus forte encore que précédemment, ce qui ne lui avait sans doute pas échappé. Cela devait se lire sur mon visage, se sentir dans l'air électrique, dans le bouts de mes doigts sur sa nuque. Tant mieux. Et je dus retenir ma main pour qu'elle ne s'écrase pas violemment sur sa joue : aucun intérêt, cela lui ferait trop plaisir. Il rit. Je ris avec lui, franchement. Ce n'était pas un rire faux, ou forcé, le type de sourire que l'on sert pour faire bonne figure ou participer à une hilarité générale pour ne pas être impolit, non. C'était un vrai rire, le premier depuis un certain moment. Je ne rirais pas beaucoup, tout comme lui. Le rire était pour moi un étrange concept que j'associais au bonheur. Le bonheur étant une idée si peu familière que je ne m'étais même jamais posée la question : étais-je heureuse, ou non ? Tout ce que je savais, c'est que je prenais mon pied à être...moi ! Là, tout de suite, maintenant...cette réalité me frappa. Riant tous les deux, je coupai mon rire en même temps que le sien...


- J'avais oublié à quel point tu pouvais être amusant,
fis-je, sarcastique.

Puis, je le contournai, faisant glisser un doigt sur son torse, son épaule et son dos, au fur et à mesure que je venais derrière lui. Enfin, mes mains vinrent sur son dos dont je voyais les muscles se dessiner sous sa chemise, mes doigts allèrent se poser sur ses épaules, et ma bouche murmurer à son oreille.


- Mais je ne faisais pas allusion à cela Rab'...Non, je parlais de tout autre chose moi - je fis une pause mordillant son oreille, et continuant à susurrer - Mon petit doigt m'a dit que tu connaissais Azraël ? - je souris en prononçant son nom et il aurait pu certainement le voir s'il avait tourné la tête vers la glace au dessus des lavabos - C'est drôle...je me demandais comment tu allais réagir face à lui...t'accopiner avec, déclencher les hostilités, et jouer la carte de la rivalité, parce que soyons lucides...Azraël est un adversaire de taille, c'est un sang-pur d'exception, aux capacités plus qu'honorables lorsqu'il s'agit de Magie Noire, sans parler de son éducation à la hauteur de la nôtre...et puis, c'est un homme charmant, séduisant, cruel et ambitieux...

Je n'en rajoutais pas, et je savais que le respect et l'admiration se faisait lourdement sentir dans mes paroles, et c'était la véracité avec laquelle j'énonçais ses qualités qui suffirait, je l'espérais, à le titiller assez pour qu'il réagisse à la suite.


- Et si je te disais que ton cher nouvel allié et toi avez bien plus en commun que ce que tu penses ? Si je te disais, que lui et toi avez eu les mêmes privilèges...avez partagé les mêmes instants de plaisirs...Et qu'il connait, aussi bien que toi, les moindres recoins de mon corps ; Si je te disais que lui et moi avions couché ensemble des centaines de fois...qu'il m'a donné autant de plaisir que toi...peut-être même plus...soufflai-je effrontément à son oreille.

Et il n'y avait rien d'innocent en cet instant à sourire comme je le faisais, comme un Diable enveloppant de ses bras - longues langues de feu brûlantes qui semblaient vouloir l'attirer vers des lieux plus volcaniques - , et susurrant à son oreille des paroles destinées à allumer en lui le même feu que le mien : sournoise, je me glissai sur son dos, me collai à lui comme pour me fondre dans son corps, et le faire flancher...Un coup d'oeil dans le miroir réussit à me faire peur...était-ce moi, avec ces yeux luisants de malice, de cruauté et de plaisir mêlés ; avec ce sourire démoniaque, formé par des lèvres plus rouges que d'habitude, des dents plus blanches ; avec ce visage si effrayant, peu naturel...nouveau. Le reflet que me renvoyait le miroir me plu, et j'en tombais presque totalement sous son charme. Ca y était : le monstre était là, envoûtant ce qui me restait de conscience, de bienséance, de bon...il prenait le contrôle, dominait mes peurs, mes angoisses, et mes actes. Il me consumait, me brûlait la peau dans un délice qui me fit frissonner, et tout en me regardant dans le miroir, me posai ma joue dans le creux de sa nuque...et fis une moue boudeuse, enfantine, et pourtant loin d'être innocente...


- Bouhou...fis-je comme si je pleurnichai. Le vilain Azraël t'aurait-il épargné les détails de nos folles nuits d'amour, plongés dans des draps en profitant l'un de l'autre ? Je me demande comment votre nouvelle amitié va-t-elle s'accommoder de cela...hm ?

Un dernier sourire acheva ma diatribe, et un rire moqueur sortit de ma gorge. Je le regardais par le miroir, et ne cessai d'être provocante, autant dans mes gestes, et mes caresses, que par mes mots et mes sourires.
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MessageSujet: Re: Disturbing Behaviour { Rabastan } Jeu 31 Mai - 18:05

    La vipère venait de le mordre, et il n'avait absolument pas prévu qu'elle le fasse de cette manière. Trop tard pour esquiver, le poison opérait déjà.
    Oh bien sûr qu'il savait qu'elle avait eu ses propres histoires avant celle qu'ils partageaient. Mais qu'elle lui en serve les détails de cette manière, c'était autre chose. Qu'elle le touche tout en les lui susurrant l’écœurait violemment. Tout extrême qu'il était, parce qu'il l'estimait sienne, et de manière absolue, il refusait de douter qu'elle fasse une allusion à quelque chose qui s'accorderait au présent. D'ailleurs ça avait bien été le passé qu'elle avait utilisé.
    Ca n'y changeait rien cependant : ces paroles qu'elle lui jetait, étaient humiliantes. Elles étaient faites pour ça, il ne se faisait pas d'illusion. Rabastan avait d'ailleurs déjà totalement oublié les propres moqueries qu'il avait lui-même proférées. De toutes manières, sa façon à lui d'essuyer les insultes n'avait jamais été de les prendre avec philosophie : il faisait toujours payer au prix fort. La loi du Talion paraissait trop gentille encore à ses yeux : une mâchoire pour une dent et un crâne pour un œil, voilà quelle était son aune à lui. Et s'il avait passé beaucoup de choses à sa Sorcière, cette fois cela allait trop loin selon lui.
    Avait-il, lui, jamais fait la moindre allusion à Ivana ? Pourtant il aurait pu. Il lui aurait été facile, et il y avait songé plus d'une fois, de faire exploser Gaël en énumérant les qualités de la jeune Serbe. Mais il savait comme elle considérait ce sujet-là : un couteau dans le dos, même s'il ne lui lançait que des mots. Cela dit, lui, le couteau dans le dos il ne l'évitait que parce qu'elle parlait au passé mais ce fut suffisant pour qu'un instant, il en sente la pointe, qu'il la haïsse violemment. Un instant durant lequel il se retourna brutalement, lui saisit les poignets tout aussi soudainement pour les plaquer de part et d'autre du miroir où elle s'était admirée, sans tenir compte du lavabo qui devait lui rentrer dans les reins. Tant pis pour elle s'il lui avait fait mal cette fois-ci. Non en fait  tant mieux : elle avait passé une frontière invisible, quelque chose de tacite. Il rétablissait l'équilibre en violant une autre. Encore que, comme toujours, il estimât, lui, être franchement souple. Inutile de se demander ce qu'en aurait pensé son oncle...


    -Oh non... Tu n'étais pas vierge alors ?... Et moi qui t'avais mise sur un tel piédestal..., ironisa-t-il, venimeux et faussement déçu.

    Mais il ne garda pas longtemps le masque, reprenant son sérieux la seconde qui suivit, l'œil mauvais et le ton qui ne l'était pas moins :

    -Tu es d'une naïveté surprenante parfois...

    Ce qui n'était jamais qu'un sous-entendu : quoi tu croyais que je t'imaginais innocente avant ? Mais cela signifierait que tu me pensais vierge de mes propres histoires alors... ? Quelle ingénue... Le Serpentard ne se gêna pas pour afficher le léger dédain qu'il ressentait pour toutes les personnes qui faisaient preuves de tant d'angélisme.
    A quoi ne succéda qu'un silence durant lequel il ne cilla pas. Il ne dirait rien, lui. Certainement pas ! Il ne s'abaisserait pas à ça, jamais. Mais qu'elle voie dans ses prunelles qu'elle n'avait pas le monopole des secrets, et des secrets d'alcôve surtout, voilà ce qu'il voulait. Il ne bluffait pas et elle le saurait. Ce n'était pas difficile : ce à quoi il pensait ne le mettait pas à l'aise du tout, et ça n'avait pourtant rien à voir avec le fait de ne l'avoir jamais dit à Gaël. D'ailleurs c'était bien parce qu'elle l'avait mis d'un coup sur les nerfs qu'il faisait allusion à ça, l'intimité qu'il avait eu avec
    elle. Et ça n'irait jamais au-delà des regards d'ailleurs, Rabastan ne comptait nullement donner de nom. Qu'elle l'apprenne un jour ou non, en tous cas ce ne serait pas de lui. Mais il n'était pas question de baisser les yeux pour autant, ça non !

    Et seulement quand il fut sûr que le message était bien passé, il la lâcha et se fendit de nouveau d'un sourire, tandis qu'il reculait pour briser toute intimité, tant celle-ci l'insupportait après les paroles qu'il avait entendues.


    -Ne te fais pas d'idée ma biche ! Je parle juste du fait que j'imagine mal qui que ce soit me lancer ce genre de choses à la face, même Azraël. Mais puisque toi tu oses... Je te répondrai demain. Je suis sûr que tu apprécieras... et peut-être d'autres aussi ? M'en veux pas de te faire patienter : je veux juste être sûr que ça te plaise...

    Cette fois il ne simulait nullement la dangerosité qui teintait ses mots. C'était l'amusement qui n'était qu'une façade, un accent qu'il ne cherchait même pas à rendre crédible. Il allait lui faire payer, qu'est-ce qu'elle croyait ? Et pas gentiment. Comme toujours lorsqu'il s'agissait de faire mal, sa cervelle lui fournissait spontanément plusieurs scénarii parmi lesquels il ne restait plus qu'à choisir. Et tant mieux qu'il y en aient plusieurs, cela lui offrait une jolie marge si elle décidait de répondre. Oh non il n'était pas près d'oublier l'insulte qu'elle venait de lui faire. N'était-ce pas ce qu'elle lui avait reproché un peu plus tôt ? Qu'il suffise de chuchoter "trahison" pour qu'il devienne tout crocs et griffes. Ce chuchotement-là il avait eu l'impression de l'avoir entendu. Et ce n'était pas la première fois de la soirée. Alors encore que cela n'entra pas en jeu dans sa conscience des choses, ses nerfs, eux s'en souvenaient fort bien. Et il était beaucoup trop animal pour prendre les choses avec la hauteur dédaigneuse qu'elles méritaient.
    Ca n'avait été qu'une trêve en fin de compte. Peut-être qu'un élan pour repartir encore plus fort ? Comme cela semblait s'illustrer par sa manière de reculer vers la porte, comme s'il s'apprêtait à prendre de l'élan plutôt qu'à sortir comme il comptait le faire. Dommage, tant pis, tant mieux et
    ut inpraelio chaos, comme ses ancêtres l'avaient dit longtemps avant lui. Paradoxe un jour, paradoxe toujours.

    Et Azrael ? Oh il savait parfaitement comme cela ferait plaisir à Gaël qu'il fasse payer à l'élève de Durmstrang des actes pourtant passés. Mais ce n'était pas pour donner tort à la jeune femme qu'il ne comptait nullement s'en prendre à l'Anglo-Russe, cet argument-là, bien que très attractif, était aussi souvent très insuffisant. C'était simplement parfaitement logique dans sa façon de voir les choses, dans l'application de ses fameux principes. Naturellement, son regard changerait, serait dix fois plus attentif au moindre faux pas de son nouvel allié. Mais allié, il l'était désormais. Et si Gaël s'imaginait qu'il l'attaquerait comme il attaquerait n'importe qui d'autre qui aurait été un tout petit peu trop proche de ce qui lui appartenait, elle se trompait lourdement et n'avait rien compris. Même si... à alliance récente, période d'essai... Et sa conscience se satisferait fort bien d'un prétexte pour la briser. Si prétexte il y aurait jamais. Ce qu'il avait pu voir de Fever avait de quoi faire douter à ce sujet.
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MessageSujet: Re: Disturbing Behaviour { Rabastan } Sam 2 Juin - 18:39

    Sa réaction ne me déçut pas. Une mauvaise lueur avait habité ses prunelles et il ne tarda pas à s'énerver. Gagné ! Comme c'était jouissif de le pousser à bouts comme il l'avait fait avec moi, quelques instants plus tôt. Oh, bien sûr cela n'avait été qu'une réplique à ma propre initiative, au départ, mais après tout le jeu continuait encore et toujours, et il était le premier à me l'avoir rappelé. Il pouvait y avoir des pauses, un cessez-le-feu, mais au final les choses sérieuses reprenaient le dessus, la réalité nous rattrapait, et le jeu revenait petit à petit : n'était-ce pas lui qui avait remis le sujet "Regulus" sur le tapis, quelques secondes suivant nos retrouvailles ? Il avait voulu qu'on en reparle, il avait tendu la perche, soufflé sur les braises, écorché mes nerfs, poussé à bouts : et voilà ce qu'il récoltait. Je voulais lui rappeler qu'il n'avait pas, à lui seul, le pouvoir de punir. Je pouvais le faire, tout aussi bien que lui. Je pouvais me venger, de ce que je voulais, quand je le voulais et de la manière dont je le souhaitais. J'étais fière, et orgueilleuse, pire encore vaniteuse, autant que lui pouvait être extrême, possessif et exclusif . A chacun ses défauts, mais il connaissait les miens. Il avait été prévenu, il le savait en se liant à moi de la sorte : je pouvais être véritablement rancunière. Et ma mémoire décuplait ce défaut : je n'oubliais jamais rien, quand bien même je pouvais pardonner. Ce n'était pas tant le fait qu'il ait flirté avec d'autres femmes - j'avais bien moi-même usé de mes charmes sur d'autres hommes - mais il avait visé, exprès, des jeunes femmes qui n'étaient pas moins dignes de lui. Moi, j'avais choisi minutieusement mes flirts, faisant attention à ne pas choisir quelqu'un de trop élevé dans l'estime générale : aucun danger dans le lot de mes prétendants. Et Rabastan le savait. J'avais fait attention, en excluant Adonis Leroy, mais lui, était purement une exception : un cas unique. Rabastan, lui, avait demandé à Lucius de lui choisir des filles...et donc pas des sangs de bourbes, pas des vermines...des filles de bonnes familles même. Ah ! Ce manque de délicatesse ! Et en plus, il m'envoyait en pleine figure le rappel de mes flirts sans effet, et nullement menaçants pour lui...il me rappelait, qu'à son inverse, je n'avais pas mis ma fidélité en danger. Lui, aurait tout aussi bien pu flancher : je ne l'aurais pas su, je ne l'aurais pas vu ni entendu, mais ses principes l'avaient sauvé. Ses principes ! Pas moi ! Pas les sentiments qu'il pouvait avoir à mon égard ! Non, ses principes ! Ses foutus principes ! Et je lui en voulais, sans pour autant remettre sa fidélité en doute, je savais qu'il ne m'avait pas trompé, mais c'était bien les raisons dont je me méfiais. Et pas parce que je méprisaient ses principes, mais parce qu'ils passaient avant...avant moi, avant tout probablement et il y avait cette envie dévorante en moi, étouffante, et pourtant si bien cachée et non-dite d'être la seule chose qui puisse compter et importer à ses yeux, d'être le centre de gravité...Oh comme cela aurait été bon pour mon égo ! Comme mon orgueil aurait été flatté, cajolé par cette délicieuse réalité ! Mais ce n'en était pas une : tout juste un rêve. Et cela le resterait. Voilà l'intérêt des prétendants, voilà le côté jouissif et plaisant d'être vue et admirée de tous : être le centre du monde , avoir l'attention des gens pour moi toute seule. Sentiment fort égoïste, pervers même car dans un sens je rejetais tout ce qui pouvait être plus important que moi : le Seigneur des Ténèbres, les valeurs traditionnelles, tout ! Oh, comme j'aurais aimé qu'on soit prêt à tout pour moi . Mes petites informatrices, mon groupe privé, mes admirateurs et admiratrices, l'image de déesse que l'on se faisait de moi : ce que j'aimais cela ! Voilà pourquoi le rang de "Reine" me convenait : ce mot-là était ancré dans mes veines, dans chaque pore de ma peau...J'aurais voulu être la seule chose au monde que les autres regardent...admirent.

    Quant à Rabastan, il sortait du lot. Plus que pour les autres : je voulais son attention. Cela expliquait pourquoi je détestais l'idée qu'il puisse s'allier à Ivana, et si je n'avais pas tant confiance en Narcissa, je l'aurais crains aussi..Ivana - tout comme d'autres descendantes de familles de sangs purs - représentait un danger à mes yeux. Trouver un prétexte pour m'évincer, se débarrasser de moi, et me remplacer par Ivana n'aurait pas été dur... Elle était aussi belle, intelligente, cruelle que moi. Elle avait tout pour plaire, et cette crainte qui revenait sans cesse me rendait furieuse. Je sentais le sol trembler, je sentais le changement arriver, et me dépasser...je ne pouvais me permettre de perdre pied, de perdre le pouvoir que j'avais eu tant de mal à posséder. Et il n'y avait rien d'innocent dans le fait d'énerver Rabastan...pour garder un homme, ne fallait-il pas toujours le surprendre ? Il aimait la confrontation autant que moi, n'aimait pas le calme et la tranquillité, la routine...quel choix avais-je donc d'entretenir le jeu, jusqu'à la toute fin ? C'est ce qui nous différenciait, lui et moi, il me considérait comme acquise...comme sienne...mais pour moi, rien n'était moins sûr. Jamais, ô grand jamais, je n'oserais affirmer qu'il est à moi : il était fidèle, oui, mais si jamais j'en venais à le décevoir...à ne plus être à la hauteur...qu'adviendrait-il ? Je me devais de toujours le pousser plus loin, en prenant garde à ne pas aller trop loin...Et voilà le problème : à trop pousser, on finissait par déclencher quelque chose d'inattendu. Comme ce soir, comme maintenant. Et je voulais le blesser, l'inquiéter, lui prouver que même si j'étais sienne, il ne devait pas cesser de se battre pour me garder auprès de lui. Moi je me battais...pourquoi en serait-il autrement pour lui? Rien n'était jamais acquis...je le savais parfaitement. Tout pouvait changer, être bousculé. Mais cela...il ne le voyait pas. Il ne le craignait pas. Moi seule le faisait. J'en étais furieuse, d'où mon envie de lui faire payer d'une manière ou d'une autre, injustement. Mais après tout, il n'y avait pas grand chose de juste, ou de rationnel dans ma façon de penser.

    Pour le coup, j'avais sous estimé le pouvoir que pouvait avoir Azraël. Ou plutôt, la colère que j'avais pu susciter chez Rabastan. Il s'était retourné d'un seul mouvement, vif comme un serpent, et avait saisi mes poignets brusquement. Et sans se soucier de me faire mal, ou plutôt pour, et me plaqua contre le miroir que j'avais regardé quelques secondes auparavant. Aussitôt, je grimaçai : le rebord du lavabo avait tapé violemment contre mes reins, et une vive douleur se diffusa sans attendre. On y était !


    - Oh non... Tu n'étais pas vierge alors ?... Et moi qui t'avais mise sur un tel piédestal...fit-il, à la fois acide et ironique.

    Sa fausse déception me fit légèrement rire, et j'entre-ouvris la bouche sans avoir l'intention de parler, juste pour claquer ma langue entre mes dents. Son mauvais air repris vite le dessus, et plus venimeux que jamais, il poursuivit.


    - Tu es d'une naïveté surprenante parfois...

    Le venin me vint à la bouche, et je tentai de m'avancer vers lui pour me dégager, comme dans un pur réflexe mais la gifle qu'il méritait avait été retenue par sa poigne de fer sur mes poignets. Naïve ?! Naïve ! Sale...! Raaaaah ! Avançant au maximum mon visage du sien, je répondis :

    - Je n'ai jamais cru avoir été la seule sur ton tableau de chasse, détrompes-toi ! Alors mesures tes paroles ! Du reste, ton piédestal est également un peu bancale ces temps-ci... Je te pensais plus noble pour t'énerver pour si peu Rabastan...après tout, le passé appartient au passé non ? - fis-je en levant un sourcil provocateur -... Mais pas d'inquiétudes Rabastan, je saurais me souvenir de ça ! crachai-je finalement en tentant une nouvelle fois de me dégager de sa poigne, le visage déformé par la rage.

    Mais pas moyen de s'en défaire, Rabastan maintenait fermement et efficacement son emprise sur moi : dans tous les sens du terme. Et comme il était humiliant de se débattre ainsi sans rien pouvoir faire, comme pour tirer sur des chaines incassables. J'en rageai...Et il le savait, et il en profitait. J'avais, semblait-il dépassé une limite, il en avait dépassé une autre. Dent pour dent, oeil pour oeil. Et il allait appliquer cette technique encore une fois...Car j'avais très bien compris son sous-entendu. Il avait, lui aussi, des secrets dans son placard. Et s'il faisait durer le suspense, ce n'était sûrement pas pour rien...La colère me brûla la peau, autant à l'endroit où il retenait mes poignets, que partout ailleurs. Il finit par le lâcher, ses lèvres s'étirant peu à peu en un sourire. Je m'éloignai aussitôt des lavabos, mon dos à présent douloureux, et mes poignets gardant en mémoire son contact cuisant. Je lui jetai un regard noir. Il s'était reculé.


    - Ne te fais pas d'idée ma biche ! Je parle juste du fait que j'imagine mal qui que ce soit me lancer ce genre de choses à la face, même Azraël. Mais puisque toi tu oses... Je te répondrai demain. Je suis sûr que tu apprécieras... et peut-être d'autres aussi ? M'en veux pas de te faire patienter : je veux juste être sûr que ça te plaise...

    Je plissai les yeux, comme deux fentes sournoises. Et mes lèvres se retroussèrent presque sur mes dents, comme si j'allais mordre. J'aurais bien voulu, mais si j'attaquai encore une fois, il répliquerai, et ce n'était certainement pas une issue concevable. Là, en cet instant, je le haïssais. Mais il n'existait qu'une fine barrière entre l'amour et la haine, le plaisir et la douleur...encore une fois, je me surpris à trouver un plaisir malsain à me confronter à lui. Plaisir dissimulé sous la colère et la violence des mots. Et au delà des siens, il y avait la menace d'une vérité qui ne tarderait pas à éclater, et qui ne me ferait certainement pas plaisir : pas du tout même.

    - Soit ! déclarai-je, sèchement. J'attends de pied ferme ta précieuse révélation.

    Je rangeai ma baguette, tombée par terre, dans ma poche, et me dirigeai vers la porte, mes talons claquant violemment sur le carrelage. Je pris la poignet sans douceur, ouvrit la porte et alors que je m'apprêtai à sortir, je me tournai lentement vers lui, silencieuse. Oh, mais comme il était bon de sourire ainsi..Mes lèvres s'étirèrent, malignes, moqueuses, et avec une voix douce et mielleuse, comme pour le caresser et le piquer en même temps comme une vile guèpe, je ne pus m'empêcher de dire...

    - Aurais-je touché un point sensible ? C'est fou...je ne pensais pas que tu avais ce genre de faiblesses...

    Ma voix avait été pure et douce, comme une sorte d'interrogation qui ne méritait aucune réponse. Juste pour le narguer, juste pour lui asséner une dernière pique... Et dans une dernière révérence moqueuse, je pris congé :

    - Au plaisir Monsieur Lestrange! lançai-je.

    Et un dernière sourire mis un point d'honneur à ma diatribe.
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MessageSujet: Re: Disturbing Behaviour { Rabastan } Dim 3 Juin - 16:11

    Autant il aimait la confrontation, autant il avait horreur que certaines règles soient brisées. Et c'était ce qui c'était passé selon lui lorsqu'elle avait cru bon de l'insulter. Sans compter le sous-entendu qu'il avait compris dans ces mots, qu'il avait pris comme une plaisanterie remettant en cause ses prétentions sur elle. Humour qu'il n'avait pas du tout goûté en l'occurrence. Les images associées aux évocations qu'elle avait faites lui venaient beaucoup trop facilement à l'esprit, fouettant ses nerfs. Il s'était rarement senti aussi mauvais. C'est-à-dire qu'il en était au point où même lui réalisait ce que cela pouvait avoir de malsain. Pour ce que ça changeait... Il voulait lui faire payer, non pas à la hauteur de l'insulte, mais à la hauteur de ce qu'elle lui inspirait, or il n 'avait pas menti une seule fois depuis qu'il était entré dans la pièce : alors bien sûr que c'était malsain, le principe même. Mais c'était l'unique voie. Parce qu'il n'était pas question de lui répondre par les mêmes moyens qu'elle, pas question de lui servir les moindres des détails de ce qu'il avait pu vivre de son côté. Il ne pouvait pas non plus la briser comme il l'aurait fait avec le premier imbécile venu qui aurait commis l'erreur de le provoquer en pleine nuit et loin de tout témoin. Non, il ne restait vraiment qu'une voie.
    De la faiblesse ! Elle faisait bien d'en parler ! Il aurait mieux fait de la laisser pleurer tout à l'heure ! La laisser, elle, réaliser toute seule les bêtises qu'elle faisait par orgueil. Que cela lui arrive encore, il ne ferait pas deux fois la même erreur ! Et si elle venait à pleurer de ce qui viendrait, il ne faudrait pas qu'elle s'en plaigne ! Cherchez à faire plaisir aux autres en les caressant de paroles de miel, et des paroles sincères, ils vous répondront toujours en s'imaginant que vous leur avez donné le droit de vous marcher sur le pied ! Autant les traits du jeune homme restaient lisses, malgré la crispation caractéristique des mâchoires, autant intérieurement il rugissait, feulait de rage inépuisable, torrentielle.
    Comme quoi c'était définitif : le pouvoir des mots n'était jamais que passager. Et il ne croyait déjà plus à cette solution pour Regulus. Il n'y avait que la force. Qu'elle soit physique, magique ou mentale, peu importait. C'était la force qui l'emportait, pas la rhétorique. C'était assurer les autres qu'ils n'avaient rien à gagner et tout à perdre à vous confronter qui fonctionnait. Les mots ne pouvaient être que des armes, et des armes passagères.
    La diplomatie ? La tempérance ? L'essai de compréhension de l'autre ? L'empathie ? Nada, ces mots-là tenaient de l'abstrait pour Rabastan. Il n'y comprenait vraiment rien dès lors qu'il n'y avait rien de stratégique en jeu.

    Il ne réagit pas à la nouvelle pique : il était déjà beaucoup trop furieux pour qu'une petite provocation de cette sorte ait le moindre effet. Mais son regard s'assombrit quand il la vit lui donner son congé. Oh non, pas si vite. Quelques petites choses devaient être mises au point avant. D'un geste brutal, il avait refermé la porte avant qu'elle ne sorte, les pupilles étrécies au maximum et le regard animé de cette fièvre qui le prenait chaque fois que la violence lui courrait les veines.

    -Pas de révélation Gaël. Ce n'est pas de ça dont je parlais.. Même si d'un certain point de vue.. Peu importe ! Tu déclares la guerre ? Bien. Sauf que cette fois, il n'y a pas de troisième, pas d'arbitre. Tu sais ce que ça veut dire, pas vrai ?

    S'énerver pour si peu ?! La garce ! Elle avait parfaitement su ce qu'elle faisait, il n'avait de doute sur le sujet. Non pas qu'il lui en voulut d'être comme elle était, c'était tout l'inverse. Simplement là, elle avait retourné ses épines les plus venimeuses contre lui comme s'il était n'importe qui. Elle aurait si bien pu insulter sa famille en public, l'effet aurait été le même. Elle l'humiliait et semblait s'attendre à ce qu'il se contente de bouder. Elle le prenait pour un gentil garçon bien dressé peut-être ? Eh bien qu'elle assume les résultats désormais ! Lui en tous cas était incapable de prendre le moindre recul. Loin de se calmer, chaque seconde qui passait, il entendait encore les mots qu'elle lui avait jetés, et plus il devenait orageux. Le Serpentard avait un besoin viscéral, irraisonnable et incontrôlable de faire payer avec les intérêts, ou bien il ne se déferait jamais de l’écœurement et de la haine que Gaël avait allumés. Ça c'était sain par contre, non ? Vouloir se débarrasser de ça. Ca l'était de son point de vue en tous cas.

    -Ne t'attends pas à ce que je te fasse de cadeau cette fois-ci., précisa-t-il. Aucun. J'espère que c'est clair.

    Rabastan était prêt à parier une chance sur deux qu'elle lui réponde encore par une ironie moqueuse. Il était prêt à parier trois sur quatre qu'elle ne se rendait pas compte de ce que tout cela impliquait. Il était prêt à parier cent pour cent qu'elle ne changerait pas d'avis qu'il l'avertisse ou non. Et tout cela, ces réactions qu'il prévoyait, il s'en contrefichait. Il voulait juste qu'on ne puisse pas lui reprocher plus tard, d'avoir outrepassé les limites : il aurait prévenu. Qu'elle le prenne avec légèreté ou au sérieux, c'était secondaire, comme toujours lorsqu'un allié passait au statut d'adversaire. Et c'était d'ailleurs bien pour ça qu'il prévenait. Les ennemis naturels, il n'y avait aucune raison de les prévenir qu'on allait passer à l'attaque, encore moins de les inciter à pourvoir leurs flancs comme leur dos.
    Ou du moins, il aurait dû ne pas s'en soucier. Et il était trop énervé pour se rendre compte que ce n'était pas tout à fait vrai. Qu'en réalité une part de cet fureur surdimensionnée était due au fait que ce soit elle qui les mettent dans cette situation. Avec une mauvaise foi tenace, il lui reprochait de ne pas être capable d'avoir su s'arrêter à la limite. Il était beaucoup trop certain qu'elle avait su ce qu'elle faisait pour remettre cette opinion en doute. Parce qu'autrement, cela aurait fait d'elle quelqu'un de vraiment naïf. Il y avait une différence entre la compétition, les affrontements, les conflits ou même les petites guerres stimulantes d'un côté, et de l'autre une guerre vraie. L'important c'était le jeu pour les premiers. Pour la seconde en revanche, l'important c'était la victoire. Et la fin justifiait les moyens. Toujours. Cela il n'avait jamais envie d'entrer dedans avec qui que ce soit qu'il estimait, c'était du gâchis, et encore moins avec elle, dont il n'était toujours pas sûr des faiblesses. Il l'avait dans la peau, et tout désaxé qu'on aurait pu lui reprocher d'être, il n'était pas de ceux qui souffraient de tendances autodestructrices. Seulement aimer quelqu'un n'avait jamais signifier lui être asservi. Et elle était sienne ! Comme s'il aurait pu avoir envie de détruire ce qui lui appartenait. Mais elle ne lui laissait pas vraiment le choix : il allait falloir prendre le risque. Un risque qui le rendait plus furibard encore. Il l'en aurait secouée pour qu'elle réalise ! Or il n'était pas question de lui faire le plaisir d'essayer de lui faire réaliser l'erreur qu'elle avait faite et encore moins de lui demander des comptes. Il ne s'y était jamais abaissé et ne s'y abaisserait jamais. Encore moins après ce soir, où visiblement les efforts qu'il avait pu faire s'étaient soldés de cette façon.
    Il rouvrit la porte.

    -Dépêche-toi de rentrer maintenant., intima-t-il sans chaleur ni sourire. Si tu te fais prendre, tu n'as pas vraiment d'excuse pour être dehors à une heure pareille, et encore moins d'alibi si quelqu'un dit t'avoir surprise à faire quelque chose de répréhensible...

    Au moins de cette manière, il était clair que les hostilités, les vraies, étaient bel et bien ouvertes...
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MessageSujet: Re: Disturbing Behaviour { Rabastan } Dim 3 Juin - 20:53

J'aurais du me douter qu'il ne me laisserait pas partir aussi facilement, et mes paroles avaient eu raison de lui. D'un coup ferme et brutal, il referma la porte qui claqua violemment dans son encadrement, tandis que je l'évitais de peu, surprise. Et je me plaquai contre elle, Rabastan tout proche de moi, et nous nous affrontions autant dans les mots que par la position de nos deux corps, face à face, les yeux dans les yeux, et le venin au bord des lèvres. Du moins, pour moi, car son venin, à lui, il le déversa sans plus attendre. Dans ses prunelles obscures, je pu voir à quel point je l'avais poussé à bout : rien de nouveau encore, j'étais allée trop loin. Et même si c'était de mauvaise foi, je ne pouvais penser autrement que c'était lui qui avait commencé...il avait attaqué le premier, en venant me voir pour remettre ma parole en doute, bien que ses doutes justement étaient fondés. Peu importait : si j'avais entendu quelque chose comme ceci, je ne l'aurais pas cru, tout simplement, n'aurais même pas cherché à comprendre et aurait fait confiance à Rabastan tant l'idée qu'il puisse être remis en question m'était impensable. Mais lui, lui, il était venu jusqu'à moi pour me tester, pour savoir s'il devait douter de moi. En cela déjà, je lui en voulais.

S'en était suivis une succession de venimeuses paroles déclenchées par mon mécontentement d'être ainsi mise sur la sellette; sans doute avais-je été trop loin dans mes paroles, et mes reproches mais mon caractère ne laissait pas la place au calme et à la sérénité. J'étais impulsive, alors dès que je sentais le danger, l'irrespect, l'insulte pointer le bout de son nez...j'attaquais, et je pouvais être méchante. Très méchante, même avec les personnes que j'aimais...en réalité, c'était avec elles que j'étais la pire sûrement. Lorsque je sentais que l'équilibre de mes relations était bancale...la peur me prenait au tripes, l'angoisse d'être poignardée dans le dos, d'être écartée, discréditée, et alors les griffes sortaient, le dard piquait, et le poison se diffusait comme une maladie. Rage inépuisable, et incontrôlable. Tenace, comme la rancune. Oh ! Ce que je pouvais être rancunière! Je ne pardonnais jamais vraiment, ou plutôt n'oubliais jamais rien. C'était ce qui nous différenciait avec Rabastan : il avait décidé de me faire confiance, de croire en mon honnêteté. Il ne changerait pas d'avis à moins d'avoir un élément qui le fasse faire "demi-tour", mais moi...tout me restait en mémoire aussi vivement que sur l'instant, et si j'avais été si venimeuse, si provocatrice c'était pour le punir, lui rappeler que je ne pardonnais pas facilement, et que les vieux dossiers pouvaient remonter à la surface : en l'occurrence, ses charmants flirts dont j'avais tout ignoré jusqu'à quelques jours auparavant. Oh et puis pourquoi me trouver des raisons si précises ! Il m'avait énervé, autant que je l'avais poussé à bouts ! Il l'avait cherché lui aussi ! Je n'étais pas la seule fautive !


- Il faut être deux pour déclarer une guerre Rabastan, ne l'oublie pas. Mais fais donc ce que tu veux pour te venger. Tu es bien placé pour savoir que je ne suis pas une poupée en porcelaine, j'encaisserai bien tes coups.

Oh il pouvait bien ne pas me faire de cadeau ! Bien ! Parfait ! Comme il voulait ! Je ne lui en ferais pas non plus ! Du reste, ce soir je ne lui en avais pas vraiment fait non plus ! J'avais sauvé ma peau, pris de grandes décisions. Et sa menace ne me faisait pas peur : il pouvait bien m'attaquer de la façon dont il voulait, rien ne serait plus terrible que ma rancune après cela. Il me prevenait, à moi de le prévenir : je ne pardonnerais rien qui dépasse certaines limites; et il allait les dépasser, j'en étais certaine. Si je n'avais pas peur d'encaisser ses prochaines attaques, j'avais peur d'une seule chose : l'irréparable. Un acte qui ne puisse ni être oublié, pardonné ou effacé par une trève. Je me connaissais assez pour cela : j'étais une grande rancunière. Trop. A l'excès. Tout comme lui était violent. Chacun ses défauts et qualités. Je ne saurais où placer cela de toute manière. Mon orgueil, ma fierté, mon impulsivité me poussait toujours à répliquer, encore et encore, jusqu'à ce qu'on me donne ce que je voulais : une capitulation. Et je savais, qu'hélas, avec lui il n'y en aurait pas. Jamais.

- Je suis prévenue maintenant, poursuivis-je. Laisse-moi alors te prévenir à mon tour Rabastan : mon pardon est dur à obtenir, et là où toi tu es vicieux et brutal, je suis venimeuse et rancunière. Avec autant de force et de ténacité. Je n'oublie jamais rien qui puisse me blesser : gardes cela en tête.

Il s'éloigna de moi, ouvrit la porte, me laissant le passage libre pour que je puisse sortir. Sans aucune expression chaleureuse, ou même un sourire moqueur. Il déclara les hostilités ouvertes en quelques mots. Je relevai le menton, et à l'intérieur autant qu'à l'extérieur le feu s''était fait glace, le volcan avait été éteint par le souffle glacial de la guerre à venir. Autant se blinder dès maintenant, les réjouissances n'allaient pas être de tout repos.

- Ais-je une tête à recevoir des ordres de toi ? Je ne crois pas. Bonne soirée sur ce, n'oublie pas d'appeler tes charmantes amies pour te tenir compagnie, assénai-je.

De glace, je ne lui adressai aucun dernier regard avant de partir, m'éloignant dans le couloir. Demain, tout commencerait. Après notre conflit avec Leroy, nos engueulades fréquentes, nos conflits diverses, cette guerre serait la pire. Aucune règles. Tous les coups étaient permis. Ca se jouait entre lui et moi ; aucune pitié dans nos yeux, et un feu ardent dans nos coeurs. Un instant, nous laissions notre affection de côté, nos sentiments au placard et laissions parler notre rage.



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Disturbing Behaviour { Rabastan }

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