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Prendre de l'altitude ~ Faire face au vide [ Dray Garisson ]

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6ème année ϟ Durmstrang


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MessageSujet: Prendre de l'altitude ~ Faire face au vide [ Dray Garisson ] Mer 4 Juil - 14:10






Vladimir rêvait. Il rêvait des hivers rudes de sa Russie natale, il rêvait de la glace sur les lacs gelés, et de la neige qui recouvrait tout. Il revoyait son large domaine familial, entourant un manoir de la taille d'un château : grande bâtisse blanche aux multiples terrasses et aux pièces lumineuses. Et puis il y avait aussi ce ruisseau qui coulait juste à côté de leur jardin, et qui était séparé seulement par une petite clôture blanche. Un endroit de rêve, où tout était fleuri au printemps et en été, et où tout était blanc et immaculé en hiver. Magnifique. Pourtant, Vladimir revoyait ce trou dans la glace du lac à quelques pas du manoir. Ce trou béant où la petite fille était tombée.

- Nina'...souffla-t-il dans son sommeil.

C'était comme s'il revoyait la scène sans le son, au ralenti. Lui et Antonina, sur le lac à faire du patins à glace, et puis tout à coup...la chute, la fissure , et un craquement sonore. Puis, un cri. Celui de sa soeur. Il se vit courir vers elle, vers le trou dans la glace...attraper son bras et le sentir glisser entre ses mains. Il avait plongé, sans hésitation, et avait réussi à faire remonter la petite fille. Mais la peur lui tenaillait encore l'estomac, la peur de sentir sa petite fleur couler, jusqu'au fond du lac sans pouvoir la rattraper. Elle aurait pu mourir. Mais ce n'était pas ce jour-là qu'il l'avait perdu...

Vladimir se réveilla en sursautant, le front en sueur et le teint pâle. Il s'était assoupi sur le canapé vert de la salle commune des serpentards. Personne à cette heure-ci, le feu crépitait toujours dans la cheminée, et il enleva le journal qui était tombé sur son torse alors qu'il s'endormait. Il avait voulu lire les nouvelles du Monde Sorcier, et voilà le résultat. Il s'était endormis. C'est qu'il n'arrivait pas vraiment à dormir depuis quelques années. Ses nuits étaient sans cesse agiter, et il ne passait pas un jour sans qu'il manque de sommeil. Heureusement, il tenait la forme, mais en vérité Vladimir n'avait pas dormi pendant une nuit entière depuis... la mort de Nina'. Ce n'était pas tant la fait qu'il revoyait le visage de sa soeur à chaque fois qu'il s'endormait, mais surtout à cause des souvenirs, occasions manquées qu'il revoyaient sans arrêt. Tant de choses qu'il aurait pu faire, et qui aurait évité la mort précoce de sa petite fleur. Et ça ne s'arrangeait pas depuis qu'il était en Angleterre : la Russie lui manquait, ses parents, son manoir. Il ne s'habituait pas vraiment aux coutumes anglaises, préférait le froid de son pays, la langue, les gens... ici, tout était différent. Mais il ne manquait pas de distractions. Et puis, il y avait bon nombre de raisons à sa venue. Le Lord, Poudlard, Victoria... Il chasse cette dernière pensée. Autant l'oublier tout de suite : ce n'était pas ce soir qu'il allait trouver une solution à son problème.

Le jeune homme se leva, roula le journal en boule et le jeta dans une corbeille près d'une table. Un sourire étira ses lèvres lorsque la boulette de papier atterrit juste au bon endroit. Gagné! Il soupira cependant. L'ennui faisait surface. Il pensa un instant partir faire un tour dans les couloirs, mais une promenade ne répondait pas tellement à ses attentes. Il voulait du divertissement, se dégourdir les jambes, s'amuser. Seul hic dans l'histoire : Poudlard semblait désert. Et si on se fiait à l'heure - il était déjà 21h - ça n'allait pas s'arranger de ci-tôt. En errant dans la salle commune de sa maison, Vladimir finit par avoir une idée. Ah ! Il avait trouvé la personne idéale pour l'accompagner dans ses idées folles, et avec l'enthousiasme d'un gamin de cinq ans, le jeune homme trouva un morceau de parchemin et écrivit quelques mots à l'attention de Dray Garisson.

Citation :
Ramène tes fesses aux pieds de la tour de serdaigle. Je m'ennui. Dépèches-toi bouffondor.

Vladimir.

Satisfait de son mot, le jeune sorcier plia le parchemin et à l'aide d'un sort, le fit disparaître pour l'envoyer directement jusqu'à son destinataire. Vladimir rangea sa baguette, prit sa veste, et sortit discrètement de la salle commune. Personne en vue. Heureusement d'ailleurs, il avait assez croisé les préfets ces temps-ci. Pas la peine de s'attirer d'autres ennuis avec "l'Autorité" de Poudlard. Enfin, si on pouvait l'appeler ainsi, car à part Lestrange, ils n'avaient vraiment d'autorité sur les autres élèves - exception faite des faibles et des trouillards - . Mais Vladimir s'était déjà fait remarquer à cause de certaines bagarres, c'est qu'il n'aimait pas qu'on lui dise de "rentrer dans son pays" ou ne serait-ce qu'un manque de respect du à un regard trop insistant. C'est-à-dire que le jeune russe avait le sang chaud, et sa nature n'était pas vraiment ... diplomate. Comment résister à une bagarre bien méritée ? Aucune chance de reporter ces occasions à plus tard. Les professeurs se méfiaient déjà de lui, et pourtant il ne leur manquait pas de respect, son éducation était impeccable en cours, mais son attitude avec les autres élèves semblait manquer de ... finesse ? Oui. Ca....c'était sûr.





Ce fut quelques minutes plus tard que Vladimir arriva aux pieds de la tour de serdaigle. Il avait emprunté un passage secret qu'il avait découvert il y a peu, pour sortir de l'enceinte du château. Il avait failli se faire prendre par le concierge, mais fort heureusement pour lui, la Salle sur Demande l'avait sauvé d'une punition bien méritée. Il ne connaissait pas l'existence de cette salle auparavant, mais elle lui avait été vraiment utile. Aussi, il en avait profité pour prendre quelques accessoires pour le projet qu'il comptait bien mettre au point avec Dray. Leur entente - surprenante, certes - sur les folles idées telles que celle qui suivrait ce soir-là, leur permettait de partager leur goût du danger, de l'interdit et leur prédisposition aux cascades en tous genres. Là, encore ils s'entendaient. Sur les questions idéologiques, comprenant les valeurs de chacun.... oh, et bien mieux valait tout simplement laisser les sujets qui fâchent... au placard ! Au moins, ils aimaient tous les deux se défier, et faire des jeux insensés et dangereux... toujours aller plus loin, plus fort, relever des défis, repousser ses limites, .. ses peurs ? Il ne lui semblait pas qu'il en avait beaucoup, des peurs ... De quoi pouvait-il bien avoir peur ? A part son épouvantard, qui était assez explicite, il ne trouvait rien qui lui faille trembler les mains, ou déclencher une chair de poule. La peur , non . Ça ne lui était pas habituel. La douleur par contre, elle était continuelle et inchangeable. Elle l'habitait, depuis ce drame auquel il pensait sans cesse. Mais il avait surpassé cette douleur, avait continué à vivre... alors, il lui semblait que plus rien ne pourrait le mettre à terre. Etait-il conscient d'être prétentieux ? Non. Ou seulement à demi. Ca ne le gênait en rien. On dit souvent qu'on ignore ses peurs, avant de s'y retrouver confronter. Sûrement s'en rendrait-il compte un jour... peut-être, si seulement son arrogance et sa confiance en lui le quittait pendant quelques minutes. Autant dire que l'affaire était difficile.

Il attendit quelques minutes, assis sur un rocher aux pieds de la tour, fumant sa cigarette habituelle. Vladimir avait cette vilaine manie de fumer - ses parents n'en sachant rien, pourquoi arrêter ? - . Et puis, ce n'était certainement pas ce qui allait le tuer. Il s'en fichait pas mal lui. Il prenait plaisir à fumer ces jolies petites choses, semblait admiratif en voyant la fumée sortir de sa bouche , et s'en aller vers le ciel... comme de longs rubans blancs légèrement transparents, qui s'enroulaient sur eux-mêmes. Le sac dans lequel il avait pris les fameux accessoires reposait par terre, sur l'herbe. Le dos appuyé contre les pierres de la tour, Vladimir avait allongé ses jambes le long du rocher, et attendait. Enfin, il entendit un bruit. Il eut un sourire en coin, amusé. Enlevant la cigarette d'entre ses lèvres, il lança à voix haute sans encore apercevoir le jeune gryffon. En fait, il ne regardait pas dans la direction d'où le bruit lui était parvenu. Il savait que c'était lui.

- On dit que la patience est une vertu... Je ne dois pas avoir celle-ci.


Ceux qui faisaient parti de ce que Vladimir considérait comme des "proches" ou même seulement des "relations", savaient parfaitement comment il fonctionnait. Il ne s'éternisait généralement pas sur les mots, utilisait des termes précis, et parfois rudes. Il faisait en tout cas, bien passer ses idées. Toujours une petite note d'humour, de moquerie, mais lorsqu'il plaisantait, ça se voyait tout de suite. A l'inverse, quand il était sérieux.... mieux valait ne pas la ramener. Il n'était pas bon de provoquer un dragon - Vladimir y ressemblait en tout point. Revêche, il paraissait ... autoritaire, cassant, et sec. Il tranchait avec de simples mots, c'était ça qui marquait chez Vladimir. Il parlait peu, mais il parlait bien. C'était toujours utile, toujours bien orienté, et il était toujours honnête. Oh, parfois ça avait ses inconvénients. Il pouvait blesser facilement, sans s'en rendre compte souvent. C'était comme un réflexe, surtout avec ceux qu'il apprécie... il parlait comme il pensait. Ca venait tout seul. Ca le desservait beaucoup avec les filles, mais elles s'accommodaient souvent d'une parole désagréable si le sourire craquant suivait. Sa façon de s'excuser, sûrement. Puisque de toute façon, les mots " je suis désolé" n'étaient jamais sortis des lèvres du jeune russe. C'était humiliant, pour lui, de s'excuser. Et puis, pourquoi le faire ? Il avait, généralement et selon son avis, toujours raison.

Il n'en demeurait pas moins que le ton qu'il employait pouvait souvent être mal interpréter, alors que c'était tout bonnement sa façon de s'exprimer. Il n'avait jamais appris à être doux - ou sinon, il avait oublié cette leçon dans son éducation. Tant pis. Tant mieux. C'était ainsi, on ne le changerait pas. Mais Vladimir, cette fois-ci, n'était nullement énervé. Il le taquinait, comme toujours, voulait juste l'énerver et se moquer. Il n'y avait là rien d'agressif. Mais il savait Dray susceptible, et adorait lui faire perdre son sang froid. Quelle joie de discourir avec un partenaire comme celui-ci... !

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MessageSujet: Re: Prendre de l'altitude ~ Faire face au vide [ Dray Garisson ] Mar 17 Juil - 8:39

    Dray s'ennuyait, étalé sur l'un des confortables canapés rouges de la salle commune de Gryffondor. Juste à quelques mètres devant lui brûlait lentement un feu, ronflant dans la cheminée, dispensant une agréable chaleur qui se rependait dans toute la pièce. Il somnolait presque, en fait, bercé par celle-ci et par le calme qui régnait dans la pièce -une fois n'est pas coutume. Et par l'ennui. Le jeune homme détestait s'ennuyer, et aujourd'hui et la journée et la soirée avaient été particulièrement longues et barbantes. Comme si strictement rien ne s'était passé. Ce qui était un peu le cas, en un sens, parce que malgré les cours, rien d'intéressant n'avait eu lieu, ni n'avait été abordé. L'anglo-coréen cligna des yeux, fixant un moment les flammes qui dansaient doucement dans l'âtre, plongé dans ses pensées, avant qu'il ne tombe sur les deux autres Gryffons assis sur l'épais tapis entre la cheminé et le canapé où il était installé, jouant aux échecs -version sorciers, évidemment. Il regarda l'une des pièces noires détruire une pièce blanche adverse, envoyant voler des petits morceaux sur tout le plateau bicolore, avant de se mettre à bailler longuement. Il y avait joué un moment, plus tôt dans la soirée, mais le jeu l'avait trop rapidement lassé, en plein milieu de partie, et il avait décrété qu'il arrêtait de jouer pour envoyer ses pièces au carnage et les observer se faire démolir avec attention. Ce qui avait duré approximativement cinq minutes avant qu'il n'y en ai plus et qu'il s'ennuie à nouveau. Désespérant.

    Dray changea de position, décidant d'inspecter le haut plafond de la salle à la place. Il attrapa machinalement son paquet de clopes dans sa poche, le porta devant lui, l'ouvrit, avant de le refermer, se rappelant que même s'il s'ennuyait à mourir il n'était tout de même pas sensé fumé dans la salle commune. Il soupira, jouant mécaniquement avec le paquet au carton légèrement enfoncé par endroit. Le plafond qu'il fixait était quant à lui tout aussi inintéressant que le reste de la pièce. Un Quatrième année attira son attention, s'approchant un peu trop près de son canapé, apparemment dans l'optique de lui demander de se pousser un peu, mais qui fut coupé la bouche à peine ouverte par un regard noir du sixième année. On ne prenait pas son canapé quand il y était installé, non mais! Une fois le gêneur parti, -et un regard amusé de ses deux potes qui jouaient aux échecs, habitués à son sale caractère- il put recommencer tranquillement à ne rien faire et à râler mentalement sur le manque cruel de choses intéressantes à faire. Cependant, comme pour venir encore le déranger, un bout de parchemin apparut soudainement dans sa main, ce qui le surpris légèrement, sur le coup. Décidant de quand même voir ce que contenait le bout de parchemin qui n'était certainement pas arrivé tout seul ni par hasard dans sa main, il le leva jusqu'au niveau de ses yeux et le déplia sans se presser, lisant les quelques mots écrit à l'encre noire.

    Ramène tes fesses aux pieds de la tour de Serdaigle. Je m'ennuie. Dépèches-toi bouffondor.
    Vladimir.

    Tiens donc, il n'aurait même pas eu besoin de lire le nom de l'expéditeur pour savoir que c'était Vladimir. Rien que le vocabulaire, et l'étrange idée de le faire venir à la tour de Serdaigle de nuit en plein hiver, le couvre-feu passé. Quoique pour le couvre-feu, une bonne partie de Poudlard devait parfaitement savoir que c'était toujours la dernière de ses priorités, tant il n'en avait rien à faire. Pas de sa faute après tout, s'il avait des tendances insomniaque et préférait traîner la nuit que le jour... Il continua à fixer quelques instant le bout de papier, cherchant une éventuelle raison de ne pas y aller -autre que le froid et la flemme-, mais n'en trouva pas -ou plutôt, trouva des bonnes raisons pour y aller- et décida donc de se rendre à l'endroit indiqué. Il s'ennuyait à mourir et était certain que le russe avait une idée derrière la tête -il ne l'appelait pas sans raison après tout- qui lui permettrait de se défouler. Un peu d'action ne lui ferai pas de mal, au contraire!

    Le Gryffondor posa d'abord un pied au sol, puis le deuxième, avant de s'asseoir dans le canapé et de se lever en prenant tout son temps. Ce n'était pas parce qu'il lui avait dit de se dépêcher qu'il le ferait, non, il avait tout son temps. Esprit de contradiction? A peine! Mais c'était plutôt pour embêter le Serpentard qu'il savait pas toujours très patient. D'ailleurs, on aurait put trouvé assez étrange qu'un Serpent et qu'un Gryffon -surtout avec leur caractère respectifs- puisse s'entendre suffisamment pour aller faire les casse-cous ensemble, mais c'était néanmoins le cas. Leur goût du danger un peu trop prononcé en commun, certainement, même si ça ne les empêchait pas -jamais- de continuer à se vanner plus ou moins méchamment. Dray parti chercher sa cape, jetée négligemment sur son lit, dans son dortoir, fourrant le paquet de cigarettes qu'il tenait toujours en main dans sa poche, en même temps que le bout de parchemin. Brian, installé sur son lit de l'autre côté de la pièce en train de lire, le regarda jeter sa cape sur ses épaules avant de lui demander où il allait. Simple curiosité, l'anglo-coréen savait bien que ça n'était pas lui qui allait lui dire de rester dans leur tour. Il lui lança un regard en coin et répondit avec un léger haussement d'épaules.

    - Va savoir... Passer le temps en tout cas, je vais finir par crever d'ennui si je reste ici!

    Son meilleur ami hocha la tête avec un vague sourire compréhensif avant de retourner à son livre, tandis que Dray quittait la pièce puis la salle commune, passant sans encombre par le trou que camouflait le tableau de la Grosse Dame. Celle-ci, encore réveillée, lui lança un regard réprobateur et presque légèrement vexé et hautain, auquel il répondit par un coup d’œil clairement moqueur et narquois. Il ne l'aimait pas, cette peinture idiote et bruyante, ce qui semblait d'ailleurs clairement réciproque. Son sourire s'agrandit lorsqu'il repensa à la fois où il lui avait lancé un silencio, ça avait été vraiment drôle, de la voir crier sans rien entendre! Pour une fois! Depuis elle semblait avoir étrangement une dent contre lui...

    Après avoir descendu les sept étages qui le séparaient du Hall, prenant garde à ne pas se faire voir ni par le concierge ni par des préfets, il sorti par la Grande porte de bois et se dirigea vers la tour de Serdaigle. Il avait plutôt prit son temps, décidant que ça obligerait Vladimir à faire preuve de patience et que ça ne pouvait pas lui faire de mal. Et puis ça n'était pas parce qu'il n'accordait pas plus d'intérêt ni de fierté à être dans la maison de Godric Gryffondor qu'il avait apprécié qu'il l'appelle Bouffondor. Il n'était pas un bouffon comme certains -ou la plupart selon lui- des autres élèves de sa maison, merci bien. Il repéra sans mal le Serpentard, assis sur une pierre, les jambes étalées devant lui et adossé à même la tour des Aigles, apparemment en train de fumer, ce qui lui donna presque immédiatement envie de griller une aussi. Le russe devait lui aussi l'avoir entendu puisque ça voix brisa le silence nocturne sans qu'il ne regarde dans sa direction. A moins que des yeux ne lui aient poussés derrière la tête, mais il doutait fort que soit seulement plausible, même avec la magie. Il n'avait pas apprécier attendre? Et bien... Dray se rapprocha encore, un sourire à la fois narquois et légèrement hautain sur les lèvres, sa voix se faisant faussement surprise, puis moqueuse.

    - Oh, je t'ai fait attendre? Quel dommage pour toi, Vladimir! Un peu plus et je serais désolé...

    Et comme pour prouver la véracité de ses dires et qu'il y croyait vraiment, Dray attrapa son paquet de clope dans sa poche, sortant avec soin l'un des cylindres blancs qu'il porta à ses lèvres et alluma d'un coup de baguette, et rangea à nouveau le paquet. Il prit une bouffée et en recracha lentement la fumée grisâtre, l'observant former des arabesques dans l'air glacé de l'hiver écossais avant qu'elles ne se dispersent dans l'air. Les yeux du Rouge et Or retombèrent ensuite sur le Serpentard, une lueur moqueuse accompagnant son regard. Il n'avait aucune raison de prendre la remarque pour lui, aussi joliment soit-elle tournée, et il n'en avait rien à faire que Vladimir ai du attendre. C'était plutôt le contraire d'ailleurs, rien que pour l'agacer un tant soit peu.

    Dray recula d'un pas, levant son regard vers la tour de Serdaigle qui les dominait de toute sa hauteur, pointant dans le ciel, haute et hautaine. Les fenêtres qui devaient donner sur la salle commune et les dortoirs des Aigles dispensaient toujours un peu de lumière, qui filtrait légèrement autour, éclairant la pierre à nu dans une espèce d'auréole pâle, presque blafarde. Pourquoi cet endroit plutôt qu'un autre, pourquoi cette tour plutôt qu'une autre? Voilà qui intriguait le jeune homme et qui l'amenait également au pourquoi de sa présence ici, en pleine nuit. Il reporta à nouveau son attention sur le Serpentard, haussant un sourcil, interrogatif, et lui lançant un regard à la fois calme et curieux.

    - Alors, la tour des Aiglons, hein? J'espère que tu as eu une idée brillante pour une fois, pour me déranger et me faire venir ici à cette heure!

    Sa voix s'était faite sèche, coupante, à la fin, mais la remarque était plus moqueuse que méchante. De la taquinerie, plutôt. Après tout, entre les défis et ses remarques désagréables, Vladimir pouvait être plutôt amusant et distrayant quand il le voulait. Mais pour l'heure, l'anglo-coréen était surtout curieux et impatient de savoir ce qu'avait prévu le russe. D'autant plus qu'il semblait avoir une idée plutôt précise, vu le sac qu'il avait emporté.

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MessageSujet: Re: Prendre de l'altitude ~ Faire face au vide [ Dray Garisson ] Lun 30 Juil - 19:48

Dray venait enfin d'apparaître à travers l'obscurité : la démarche désinvolte, le sourire moqueur. Vladimir tourna son regard clair vers lui, fumant toujours la cigarette qu'il avait entre les mains et qui dispersait des volutes de fumée au dessus de sa tête, sans qu'il ne s'en préoccupe. Il se leva, écrasa la cigarette sur les pierres de la tour de Serdaigle qui lui faisait face, et qui , de toute sa hauteur, le dominait. Il n'aimait guère se sentir aussi petit , et il avait trouvé un parfait remède contre ce sentiment. Ce qu'il avait prévu allait plaire au gryffondor, il en était persuadé. Ainsi, il n'écouta même pas la remarque déplaisante de Dray, ou juste d'une oreille, au moins pour savoir qu'il n'avait pas besoin de répondre à la petite provocation. C'était ainsi entre eux : taquineries et pics gratuites. Parfois méchantes, parfois juste moqueuses. Au moins, ils s'amusaient bien ensemble, surtout lorsqu'il s'agissait de se lancer des défis dangereux et pour la plupart idiots, mais comme deux inconscients - ou cascadeurs plutôt - ils les relevaient à chaque fois. Dray allumait une cigarette, tandis que Vladimir, lui, éteignait la sienne. Le serpentard n'eut aucun sourire, il était concentré. Il évaluait la hauteur, le regard levé vers le haut de la tour. Les pierres semblaient solides, bien que la tour devait être vieille. Dumbledore avait du penser à les consolider : du moins, il l'espérait. Et puis tant pis si ce n'était pas le cas, il y aurait un peu plus d'action.

Le gryffondor semblait avoir compris que l'idée de Vladimir concernait la tour de Serdaigle : la curiosité se lisait cependant sur son visage. C'est qu'il n'avait pas tout deviné encore. Tant mieux ! Le serpentard aimait bien faire des surprises. Dray lui lança un regard interrogatif. Vladimir ne croyait pas un seule seconde qu'il avait dérangé le gryffon, et pour cause s'il ne s'était pas ennuyé , Dray ne serait pas venu. Tous deux avaient cru mourir d'ennui et fort heureusement, Vladimir avait eu une idée grandiose. Comme toujours...Il prit le sac posé par terre, sorti deux cordes, deux couteaux, deux pics fait pour escalader, et deux piolets - servant d'habitude pour l'alpinisme - . Il jeta les outils aux pieds de Dray.

- Trois règles. Premièrement : interdiction formelle d'utiliser sa baguette durant la montée. Deuxièmement : C'est le premier qui touche le toit de la tour qui a gagné. Et dernièrement : on a seulement le droit d'utiliser les outils que je viens de te donner pour grimper. Pour démarrer, tu as le droit à un seul sort et tu dois le jeter sur un seul de tes outils : ce serait trop facile sinon. Pigé bouffon ?

Vladimir jeta le sac vide plus loin, et sorti sa baguette de la poche intérieur de sa veste marron. Il jeta un regard amusé à Dray.

- Alors ? Partant ? Ou tu as trop peur d'avoir le vertige ?

Une demi-heure plus tard....

Vladimir et Dray avaient bien avancé. Le premier était à peu près à la même hauteur que l'autre, et jusque-là tous deux en étaient au même point. Pour démarrer, Vladimir avait jeté un sort à la corde pour l'accrocher au pic de la tour de Serdaigle. Il avait noué à sa taille la dite corde, et plantait les piolets dans les fentes entre les pierres pour avancer. La fatigue était là, mais vite oubliée par l'amusement et le défi de cette nouvelle expérience.Il transpirait pas mal, malgré l'air frais de la soirée, mais un sourire qui lui valait souvent des moqueries. On lui disait souvent qu'il avait l'air d'un gamin le jour de Noël quand il était dans son élément : défi, combat, jeux, souffrances... un vrai petit garçon a qui on offre un nouveau jouet ! Il avait exactement la même tête lorsqu'il s'amusait avec ces petites victimes : ce large sourire amusé avec une délectation non-dissimulée , qu'on pouvait assimiler à un rictus, et ce regard...ces deux prunelles clairs pétillantes de plaisir. Il n'avait jamais douté que Dray accepte sa proposition : il était aussi cascou que Vladimir et puis...qui oserait refuser un tel défi ? Pas une personne que Vladimir fréquenterait en tout cas. Avec lui, mieux valait être prêt à dépasser ses limites, et à faire de nouvelles expériences : il pouvait vous emmener très loin, faire des acrobaties et jongler avec du feu. Quel homme n'aimait pas les surprises ? Pas Vladimir en tout cas. Son charme se trouvait surtout dans sa façon de toujours avoir des idées folles et nouvelles à proposer, de vous emmener faire des choses complètement inédites ...être surprenant, toujours. Le jeune sorcier aimait ça. Il n'avait jamais assez de distractions, jamais assez d'amusement. Ses parents ne lui avaient jamais fait prescrire un traitement, mais ils le soupçonnaient hyperactif. Un sérieux problème lorsque l'on a pas les moyens de s'occuper, mais les Dimitrov ont toujours su donner à leur fils de quoi se fatiguer. Sport, musique, art, apprentissage des langues, littérature, Magie Noire, économie, politique... Tout y passait. Avec le temps, Vladimir a gagné en maturité - pour certaines choses du moins...- et sait comment gérer son énergie. La boxe, le Quidditch lui permet de se défouler, d'évacuer ses tensions accumulées, et de pouvoir faire sortir la violence qui lui parcoures les veines sans cesse.
Aussi, il ne refuse jamais un défi et une nouvelle occasion de s'amuser.

Vladimir tourna son regard vers Dray. Il se débrouillait bien lui aussi. Ca allait être serré...Le russe rigola légèrement.

- Hey, Garisson ! T'es sûr de pas vouloir faire une pause ? Je me moquerai pas promis... Je serai compatissant.

Il se moquait gentiment, mais bien évidemment, ses paroles furent prononcées avec l'habituelle rudesse qu'on lui connaissait. La corde lui enserrait la taille fortement, mais Vladimir oubliait vite la douleur :heureusement, il avait une grande résistance face à la souffrance. Sûrement cela l'aidait-il à prendre avec plus de légèreté ce genre de défis...le risque était bien là..Et s'ils tombaient ? Et s'ils n'arrivaient pas à sortir leur baguette dans leur chute ? Et s'ils s'écrasaient comme des crèpes par terre, ou qu'une pierre leur tombait dessus ? Tellement de possibilités dangereuses que Vladimir, et probablement Dray aussi, ignorèrent incroyablement...y avaient-ils seulement penser une seule seconde ?




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MessageSujet: Re: Prendre de l'altitude ~ Faire face au vide [ Dray Garisson ] Mer 22 Aoû - 18:15

    Dray regarda du coin de l'oeil, amusé, Vladimir jauger la tour de Serdaigle, un air plus sérieux sur le visage que celui qu'il avait habituellement. Il y avait aussi ce brin d'arrogance, presque, que le Gryffon crut déceler, comme s'il s'apprêtait à défier la tour qui osait les dominer de toute son écrasante hauteur. Après quelques bouffées de sa clope, l'anglo-coréen finit par lancer un regard interrogatif à Vladimir, accompagné d'une question déguisée en pique. Sa curiosité quant au défi du jour -ou plutôt de la nuit- n'était que trop forte, et encore sans réponse. Le Serpent attrapa le sac à ses pieds et en tira des objets, des outils, que Dray ne parvint pas à distinguer immédiatement dans la nuit, mais qui atterrirent à ses pieds en un bruit métallique. Il les observa de haut, poussant les objets du bout de sa chaussure. De la corde, des couteaux, et des piques. Voilà qui devenait intéressant, et les possibilités pour lesquelles ces outils pourraient servir commençaient déjà à se bousculer dans sa tête sans pourtant être assez claires pour être satisfaisantes. Son regard passa des objets à la tour, puis de la tour aux objets, et encore une fois, et alors qu'il commençait à comprendre ce que signifiait tout cela, la voix de Dimitrov le coupa directement dans ses pensées, les confirmant par la même occasion. Ils allaient partir à lassaut du nid des Aigles. Escalader la tour, sans utiliser de magie.

    - Compris, mais j'espère que t'as toi-aussi pigé tes propres règles, ça serait con que tu te disqualifie tout seul!

    Et encore une remarque, mais c'était habituel. Entre eux, une pique en entraînait une autre, parfois insolents, provocants, moqueurs, ou même simplement mauvais. C'était comme ça, et même si Dray avait parfois du mal à contenir son énervement et son irritation, cela faisait parti des jeux et des défis qu'ils se lançaient. Mais l'énervement ne viendrait pas ce soir, du côté du Gryffon, ou pas encore. Pour l'heure, il était simplement impatient, excité même, à l'idée de se lancer dans le défi certainement l'un des plus fous et les plus dangereux qu'il avait fait. Mais c'était cette idée, justement, qui le rendait si soudainement alerte et impatient. Plus les risques étaient grands, plus l'adrénaline était forte, c'était ce qu'il se disait, et il était bien trop attiré -fasciné même- par le danger, et aimait beaucoup trop sentir l'adrénaline couler dans ses veines, impétueuse pour renoncer. L'idée de refuser le défi ne lui était d'ailleurs même pas passé par la tête, n'avait même pas été seulement envisagée. Inconscient ? Peut-être oui, mais il ne pouvait y accorder moins d'importance, savait qu'il pouvait y arriver. Et puis, en plus de signifier qu'il aurait était certainement considéré comme un lâche par le Serpentard, cela aurait aussi voulut dire renoncer à une distraction, aux sensations fortes, au danger, et à la course dévastatrice de l'adrénaline. Autant dire qu'il n'avait strictement aucune raison de dire non. Inimaginable.

    Aussi, en réponse à Vladimir, il sorti à son tour sa baguette de sa poche, un air déterminé et impatient sur le visage, une lueur intense dans les yeux. Ah ça, il était prêt, plus que prêt, et n'attendait plus que de pouvoir conquérir la tour. En plus, l'altitude, il aimait ça, il connaissait aussi, jouant dans l'équipe de Quidditch de sa maison. Et gamin déjà, il avait eut la fâcheuse -pour les autres surtout- tendance à tout vouloir escalader : les arbres, les murs, les toits... Tout ce qui lui permettait d'être le plus haut possible, de pouvoir se sentir le plus grand. C'était d'ailleurs comme ça qu'il avait usé pour la première fois de sa magie, alors qu'un gamin d'amis de ses parents étaient tombé d'un arbre auquel il l'avait poussé -lui et un autre- à grimper. Bwarf, aucun mal, ni rien, c'était tout juste s'il se souvenait de l'événement. Mais être le plus haut possible, comme pour défier le ciel, la gravité, il adorait, enfant. Il adorait toujours. Dans des proportions plus drastiques d'ailleurs, la hauteur était d'un autre niveau. Et après, certains se demandaient ce qu'il faisait à Gryffondor... son côté casse-coup trop développé -et pas seulement pour l'altitude- était la réponse à tout cela.

    - Prêt à perdre alors ? La hauteur ne me fait pas peur!

    Certes, jamais encore il n'avait escaladé de tour, mais il fallait bien un début à tout! Et comme remède contre l'ennui, il était plus que certain que ça serait parfait. C'était risqué aussi, très, mais Dray s'en foutait autant que de sa première noise. C'est ce qui rendait la chose si fabuleusement excitante et amusante. Il réfléchit un instant au sort qu'il pourrait lancer à ses outils, et lorsqu'il se décida, Vladimir lançait déjà pratiquement le même que celui auquel il avait pensé. Attacher la corde au sommet de la tour, c'était d'ailleurs l'une des plus logique à faire et constituait un minimum de protection s'ils ne voulaient pas s'écraser au sol au premier faux mouvement. Ce qui arriverait, aucun doute à avoir, parce qu'en dépit de la solidité apparente -et réelle- de la tour, les appuis seraient pour la plupart assez petits et donc instables. Un peu de prudence dans leur folle entreprise était le minimum, si infime soit-elle. Dray jeta sa cigarette au sol, coupant le faible rougeoiement du mégot en l'écrasant nettement, et saisit à son tour sa corde. Lançant le sort qu'il avait choisit, il observa -sentit- la magie guider la corde vers le haut de la tour, serpentant paresseusement dans l'air, avant que le sort ne la fixe au sommet. Le sortilège restait légèrement différent de celui du Serpentard, une variante plutôt, qui consistait à raccourcir la corde à mesure de sa futur ascension, histoire qu'elle ne reste pas toujours trop longue et gênante. Inutile aussi. Il dégrafa sa cape, et attacha la corde à sa taille, serrant suffisamment pour être sûr qu'elle ne lâche pas. Enfin, il s'approcha de la tour jusqu'à toucher la pierre, et les deux casse-cous s'élancèrent dans leur course en altitude.


    Dray lança un regard vers le bas, cherchant un appuis pour son pied, en profitant pour jauger la distance qui le séparait du sol et du bas de la tour. Loin, déjà. Il enfonça un piolet un peu plus haut, tirant sur son bras sans trop d'effort pour se soulever à ce niveau, puis faisant de même avec le second piolet. Non loin de lui, à peu près à la même hauteur, il vit Vladimir faire de même. Chacun leur tour, ils prenaient un peu d'avance sur l'autre, avant de se faire dépasser à nouveau, pour finir par être toujours à peu près au même niveau. Ils devaient avoir parcourut environ le tier de la tour. Plus du quart, mais moins de la moitié en tout cas, et il leur restait encore un bon bout de chemin à faire. Le Gryffon trouva un autre appuis, et replanta ses piolets plus haut, sentant la corde se raccourcir sensiblement pour suivre son ascension. Ils escaladaient tous les deux sans effort apparent, bien que la fatigue commençait à faire son apparition, néanmoins pas assez forte pour être importante et une cause à soucis pour le moment. Heureusement d'ailleurs, sinon jamais ils n'atteindraient le sommet. Mais ''jamais'' n'entrait dans cette situation pas dans le vocabulaire de l'anglo-coréen, tout comme le concept de renoncer, et il savait qu'il devait en être de même pour le Serpent. Leur habitude à se défier lui avait appris ça.

    Une bourrasque souffla, et le Gryffon se colla aux pierres de la tour pour éviter au mieux d'être déséquilibré de la tour -ou même d'en tomber. Le vent passé, il continua comme si de rien était son ascension. Piolet après piolets, appuis après appuis, la distance avec le sommet se réduisait lentement, mais sûrement. Plus haut, il pouvait voir de la lumière filtrer par les fenêtre de ce qu'il devinait être la salle commune et les dortoirs des Serdaigles -quoi de plus normal après tout?- et la pensée que les Aigles seraient certainement très surpris de voir passer deux autres élèves devant leurs fenêtre apporta un sourire amusé sur les lèvre du jeune homme, retenant même un léger rire. Il se sentait bien, là, dans la nuit glaciale, à défier non seulement Vladimir, mais aussi la gravité et toutes les autres lois et la morale qui disait qu'escalader une tour n'était pas une bonne idée. Aucune importance pour lui, l'adrénaline coulait dans ses veines, le vent glacé soufflait contre sa peau légèrement moite, secouant ses cheveux blancs, et il ne pouvait se sentir plus libre à ce moment. Ses yeux -comme ceux du Serpentard qui lui lança un regard- brillaient intensément, d'une lueur de délice, et d'autres plus indescriptibles. Il se sentait vivre à ce moment, se délectant même du froid hivernal, même de la douleur provoquée par la corde à sa taille, par le métal glacé des piolets, par la pierre qui lui écorchait parfois les mains. Tout cela rendait juste leur défi fou plus réel encore.

    Vladimir rit légèrement, avant de lui proposer une pause... moqueur évidemment. Dray lui renvoya un regard mi-amusé mi-moqueur, pas dans l'humeur pour s'énerver. Il était même étrangement parfaitement de bonne humeur, ce qui était de l'ordre du 1 fois sur 10, comme le disaient certains.

    - Fais-en une de pause, si t'y tiens tellement... Mais compte pas sur moi pour t'attendre Dimitrov! T'as l'air tout blanc en plus, j'espère que t'es pas trop fatigué!

    Moqueur, faussement compatissant, la réponse qui correspondait à la question. Défiant encore, aucun des deux ne devait être prêt à faire une pause, et maintenant, ça serait certainement à celui qui tiendrait le plus longtemps. Encore un défi dans le défi, comme si leur jeu d'escalade n'était pas assez comme ça! Et encore une fois, comme pour affirmer encore sa réponse, le Gryffon planta ses piolets plus haut, continuant son chemin le long de la paroi de la tour des Aiglons.


Yaaa, trouvé un moyen pour poster sans wifi *o*

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MessageSujet: Re: Prendre de l'altitude ~ Faire face au vide [ Dray Garisson ] Dim 26 Aoû - 9:41

Le russe ne répondit même pas au Gryffondor lorsqu'il lui conseilla de faire également attention aux règles du jeu. Que croyait-il ? Que le Dimitrov allait tout bêtement oublier les règles qu'il avait instauré lui-même ?! Cela ne réussit qu'à le faire grincer des dents, et pourtant Vladimir ne répliqua nullement à sa provocation. Pourquoi déblatérer là-dessus des heures quand on pouvait le prouver par les actes ? Le russe préférait largement ce procédé à un autre. Aussi , il fut heureux que l'anglo-coréen accepte son défi, comme il le faisait toujours depuis qu'ils se connaissaient. Heureux, mais pas surpris. Dray Garisson n'était ne faisait peut-être pas parti de sa catégorie de sorciers préférés, mais il n'hésitait jamais à relever un défi, ou à risquer sa petite vie pour quelque amusement ou distraction que le russe lui proposait. Rien que pour l'audace et l'esprit combatif de Dray, Vladimir était capable d'oublier leurs différences. Oh, mais ça ne voulait pas dire que le gryffondor était dispensé de joutes verbales et de pics gratuits. Dès qu'ils en avaient l'occasion, les deux sorciers se taquinaient plus ou moins méchamment selon l'inspiration du moment : au moins, Vladimir n'avait pas à se montrer délicat, se dont il était pratiquement incapable. Oh il pouvait être bien élevé et respectueux, si son interlocuteur était honorable, mais il restait rare que Vladimir fasse quelques efforts pour paraître sympathique quand il n'en voyait aucun intérêt personnel. Si ça ne lui rapportait rien : autant être ce qu'il était. Alors, lorsque Garisson lui demanda s'il était prêt à perdre, Vladimir eut un sourire narquois.

- Non. Mais prêt à te voir perdre : ça oui.

Il avait répliqué en même temps qu'il nouait la corde autour de sa taille, et ne tarda pas à voir l'anglo-coréen faire de même, bien qu'avec une technique différente. C'était en effet la meilleure solution, car si les deux sorciers étaient imprudents et cascous, ils n'étaient pas stupides. Autant assurer un tant soit peu de sécurité. Après tout, Vladimir était le seul héritier Dimitrov, son père insistait déjà assez sur l'importance de sa survie pour que le jeune homme ne prenne des risques inconsidérés. Mieux valait prévoir un plan de secours si les choses tournaient mal, ce qui était fort possible. Leurs taquineries ne dissuadèrent nullement les deux sorciers de grimper sur la tour de Serdaigle. Au signal, ils s'élancèrent et grimpèrent aussi vite que possible, enfonçant les pics dans les fentes des pierres de la tour. Ce n'était pas une mince affaire, les espaces entre les pierres n'étaient pas fait pour ça, et il était difficile de trouver de bons appuis. Mais les deux ne se décourageaient pas, et il fallait que l'un dépasse l'autre , pour qu'à nouveau l'autre le dépasse, et ainsi de suite. Ce qui fait qu'au final, les deux étaient à peu près à la même hauteur. Ils s'égalisaient, et Vladimir commençait à s'impatienter de voir le gryffondor tenir bon. La fatigue se faisait sentir, mais pas question que le russe se soumette ou fasse une pause. Il préférait gagner, quitte à être crevé et lessivé après. Peu importait de se faire mal, tant que la victoire était là.

Le vent se levait, et Vladimir le sentit bien passer. Moins prudent que son adversaire de la soirée, Vladimir manqua de peu de lâcher son piolet , déséquilibré sur son appui à cause de la bourrasque de vent. Il serra la mâchoire et se cola à la tour pour reprendre son équilibre. Son pied avait failli déraper, et glisser. Mais juste à temps, il s'était retenu à son piolet et à la corde. Foutu vent ! Vladimir grogna et marmonna des insanités contre le vent d'Ecosse pendant une petite minute dans sa langue maternelle. Puis, levant les yeux sur le sommet de la tour, et un sourire étira ses lèvres. Sa mauvaise humeur s'envolait soudain à la vue du peu de distance qu'il restait entre eux et le sommet. Il lança une plaisanterie au gryffondor, et celui-ci répliqua avec autant de moquerie que Vladimir l'attendait. Il sourit plus largement encore à sa réponse.

- Je disais ça pour toi bouffondor. Et ma pâleur s'est inspirée de ta couleur de cheveux : d'ailleurs, faudra penser à en avoir des vrais un jour.

Mais le russe s'interrompit. Une idée venait de voir le jour dans son esprit : juste au dessus de leurs têtes, une fenêtre laissait échapper une faible lumière. Le Dimitrov s'en approcha en vitesse, et une fois arrivé au rebord de la fenêtre, il s'y cramponna.

- Hé ! Garisson ! Viens par là !

A travers les carreaux, Vladimir pouvait voir des silhouettes féminines bouger dans la chambre. Hm...le dortoir des filles. Décidément, le russe ne regrettait pas d'avoir eu cette idée. Avec un sourire de gosse dans une boutique de sucreries, il approcha discrètement sa tête des carreaux. Elles étaient toutes en petites tenues, chemisettes, culottes ou long t-shirt offrant une belle vue sur des cuisses galbées et tentatrices.

- Dis donc... vous avez ça en Corée vous ? fit Vladimir avec curiosité.

Curieux, mais moqueur. Le russe ne perdait pas une occasion de plaisanter et taquiner en présence du gryffondor, et si sa question était sérieuse, cela ne l'empêchait de garder son fameux sourire dont il avait le secret : autant capable de vous énerver que de vous attendrir, ou de vous faire rigoler. Maudite tête d'ange...
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MessageSujet: Re: Prendre de l'altitude ~ Faire face au vide [ Dray Garisson ] Lun 3 Sep - 1:13

A la remarque-retour de Vladimir, se fut au tour de Dray d'arborer un sourire narquois et fier, presque le même que celui qui était plaqué sur les lèvres du Serpent. C'était un échange, peu importe à quel genre on le comparait, de balles -comme au quidditch ou dans les incompréhensibles sports moldus- , de coups... Sauf que leurs expressions, leurs sourires narquois remplaçaient les balles, leurs mots et leurs remarques moqueuse ou acerbes, les coups. Même si pour l'instant rien n'était méchant, ça n'était que l'ouverture. Que l'échauffement. C'était un jeu aussi, au fond, sauf que les situations s'envenimaient parfois. Et les défis dans tout ça ? C'était simplement le Sport, le terrain de lutte et de bataille, là où ils se confrontaient plus ou moins dangereusement. Et le terrain de jeu ne serait autre que l'imposante tour de Serdaigle, ce soir-là. Répondant tout de même, à voix basse, presque inaudible, c'était encore la moquerie qui teintait ses mots.

- C'est cela, c'est cela... Tant que tu y crois...

Et puis, après que les deux casse-cous ensorcelés leur corde respective et pris les outils qui leurs seraient nécessaires pour escalader la tour, ils s'étaient tout deux lancés à l'assaut de celle-ci, bien décidé à être celui qui arriverait le premier au sommet. Enfonçant les piolets entre les vieilles pierres de la tour, les forçant à les y faire rentrer et tenir là, c'était un peu comme s'ils poignardaient légèrement l'édifice. Dray espérait simplement qu'ils ne fragilisaient pas trop la structure de la tour et que les pierres ne se mettraient pas trop à bouger. Voir à tomber, mais ça serait plus compliqué. Mais vu tous les enchantements qu'il pouvait percevoir, se mêlant, s'intriquant les uns dans les autres jusqu'à devenir méconnaissable, comme un seul sortilège géant de magie accumulée au fil des ans et des siècles, le jeune homme imaginait qu'il devait tout de même y avoir des sorts veillant à la solidité de tout ça. Ca aurait été le minimum pour la sécurité des élèves, surtout vu l'âge du château. Des centaines et des centaines d'année à tenir au même endroit.

Plus haut, peut-être alors qu'ils en étaient à la moitié de leur ascension, toujours à peu près au même niveau, le vent se joignit à la partie. Si Dray eu le réflexe de se rapprocher de la paroi, Vladimir ne fut pas aussi prudent sur le moment, et la bourrasque le déséquilibra. Le Gryffon le vit du coin de l'oeil manquer de glisser et se rattraper à sa corde et à son piolet, tandis qu'il prenait à nouveau un peu d'avance. Pas pour longtemps : les pierres de la tour se montrèrent récalcitrantes, et son pic refusa d'entrer dans la fente qu'il visait. Il le plaça un peu plus haut, força, et le piolet fini par s'enfoncer entre les pierres. Certainement étaient-elles plus serrées à cet endroit. Dans tous les cas, ce petit contre-temps avait suffit pour que Vladimir revienne à sa hauteur. Comme quoi les pierres n'étaient pas les seules à êtres serrées, l'écart entre eux l'était tout autant, voir plus encore.

Ils s'envoyèrent quelques répliques, passant de la moqueuse idée d'une pause à la pâleur de la peau du russe à la couleur tout aussi claire des cheveux de l'anglo-coréen. La pause aurait probablement été une bonne idée tout de même, même pour des casse-coups comme eux, la fatigue commençait à se faire sentir, sinueuse dans leurs veines, vipérine. Au lieu de s'en formaliser, Dray forçait encore dessus, comme si elle lui donnait paradoxalement plus d'énergie pour le moment. Et puis les deux sorciers étaient trop fiers pour s'admettre fatigué avant l'autre, une pause n'aurait simplement pas été envisageable, et l'idée de prendre cette réplique au sérieux n'était même pas passée par l'esprit du Gryffondor. Peut-être le regretterait-il plus tard, mais l'envie de gagner et le refus de montrer une faiblesse, aussi naturelle soit-elle, coopéraient pour le conforter dans l'idée de continuer. Toujours plus haut. Répondant à la pique sur ses cheveux sans lancer un regard au Dimitrov, un sourire moqueur -presque insolent- sur les lèvres, sa voix laissa tout de même transparaître une infime pointe offusquée sur sa dernière phrase.

- Comment veux-tu que ta peau prenne exemple sur mes cheveux, idiot! C'est pas possible! Et mes cheveux sont tout ce qu'il y a de plus vrais!

A peine avait-il fini de parler qu'il vit Vladimir lancer un regard vers les fenêtres éclairées, maintenant toutes proches au-dessus d'eux, et soudainement se dépêcher de grimper jusqu'au rebord de la fenêtre la plus proche. Il se cramponna au rebord de celle-ci, regardant à travers les carreaux avant de l’interpeller pour le rejoindre. Dray râla dans sa barbe -inexistante- ayant à changer sa trajectoire, et à nouveau à forcer pour que son piolet se plante entre les pierres récalcitrantes.

- Tu fais dans le voyeurisme en plus maintenant? lança-t-il, toujours sur le ton moqueur qui quittait rarement sa voix lorsqu'il parlait -si on pouvait utiliser ce mot- avec le russe.

Arrivant au niveau de la fenêtre, il planta l'un de ses piolets à côté de celle-ci, s'y cramponnant d'une main et s'accrochant au rebord de la fenêtre avec l'autre. Position un tant soit peu précaire tout de même, mais qui restait suffisamment stable pour ne pas qu'il tombe. Et au pire, la corde était là pour le rattraper. Regardant à son tour par la fenêtre, son regard tomba sur une la silhouette d'une jeune femme en nuisette. Il cligna des yeux, avant de remarquer qu'elle n'était pas seule à s'affairer dans la pièce, visiblement toutes prêtes à aller dormir. Un sourire apparut à nouveau sur ses lèvres, bien différent de celui moqueur qui revenait souvent depuis qu'il avait rejoins le russe dans le parc et écouté sa -brillante il devait l'avouer- idée. Le dortoir des filles. La vision aurait plu certainement à n'importe quel jeune homme, que ce soit à Poudlard ou ailleurs. Certes, il y avait quelques exceptions, mais Dray n'en était pas une pour le coup, même si briser l'intimité des gens -et des filles plus particulièrement- n'était pas dans ses habitudes. A la question de Vladimir, curieuse mais toujours moqueuse -à croire qu'aucun des deux ne parvenait à s'en départir- , Dray lui lança un regard amusé.

- Évidemment, il y a ça partout, qu'est ce que tu crois ! Par contre les espionner en sous-vêtements, c'est généralement plutôt très mal pris. Atteinte à la pudeur en gros, si tu c'est ce que c'est que la pudeur.

Bon, ici aussi, si l'une d'elles -ou quelqu'un d'autre- les surprenait à les regarder tranquillement, le Gryffon se doutait bien que ça serait tout aussi mal pris. Néanmoins, c'était généralement encore plus mal pris en Corée, on ne rigolait pas avec ça, là-bas! Après un moment, toujours occupé à observer attentivement les silhouettes se mouvoir derrière les carreaux, Dray se dit qu'il faudrait peut-être qu'ils se bougent s'ils ne voulaient pas mourir de froid sur place et ne préférant pas tenter leur chance plus longtemps -déjà qu'une des Serdaigles avait faillit les voir- il lança à nouveau un regard vers le Serpentard.

- Allez Dimitrov, assez rincé-l'oeil pour l'instant, on a une tour à finir d'escalader! lança-t-il, moqueur, s'écartant déjà de la fenêtre et reprenant ses appuis contre la façade de la tour.

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MessageSujet: Re: Prendre de l'altitude ~ Faire face au vide [ Dray Garisson ] Dim 23 Sep - 10:10

Le problème avec ce genre de jeu, c'était d'en deviner l'issue. Lorqu'il avait eu cette idée de grimper jusqu'au sommet de la tour de Serdaigle, Vladimir ne s'était même pas posé la question de : qui gagnerait ? Il était évident pour lui que le vainqueur ne pouvait être autre que lui-même. Malgré la résistance que le gryffondor allait représenter, le russe était d'une telle arrogance, d'une telle confiance, qu'il était persuadé de gagner quoi qu'il en coûte. Mais il n'y aurait pas vraiment d'enjeu si son adversaire était faible et impuissant : il comptait sur Garisson pour lui offrir un joli divertissement. Divertissement qui devenait encore plus intéressant avec les répliques bien senties du gryffondor. Heureusement que les deux avaient de la réparti, ça n'aurait pas été aussi amusant . Les deux élèves réduisaient de plus en plus la distance qui les séparait du sommet de la tour, apprenant à se méfier du vent et à bien s'accrocher à leur corde pour ne pas risquer de s'éclater le crâne quelques mètres plus bas. Ils avaient la magie de leur côté si un évènement de ce genre se produisait, mais ne sait-on jamais...c'était si vite arrivé. Vladimir se posa alors la question : "et si Garisson tombe, vais-je l'empêcher de s'écraser comme une pastèque aux pieds de la tour ?". Très bonne réflexion. Le gryffondor avait beau être son camarade dans des moments de folie, ils n'allaient pas non plus se sauver la vie! Arf! S'il n'était pas assez prudent pour prendre soin de sa propre vie, pourquoi Vladimir l'aiderait-il ? Tout ça, c'était une affaire qui ne regardait pas le russe après tout. Si Garisson tombait, il tombait. De même que Vladimir n'attendait pas de l'anglo-coréen une main trop généreuse pour lui éviter une mort brutale, ou des blessures graves. Chacun sa merde, comme on dit. Lui, il s'occupait seulement de ses affaires, comme toujours! Etait-ce si grave que le gryffondor s'écrase par terre ? Hm...c'est-à-dire que Vladimir serait impliqué là-dedans, et forcément sanctionné et même renvoyé de Poudlard pour avoir escaladé la tour. Impossible de mentir pour un tel accident, ou du moins là tout de suite il ne trouvait rien qui puisse remplacer la vérité et qui soit assez crédible pour des médicomages, infirmiers et professeurs trop suspicieux. Il y avait toujours la possibilité de se barrer, tout simplement, si Garisson finissait en bouillie, salement étalé quelques mètres plus bas. Mais s'il survivait, ou qu'il y avait des témoins...l'affaire serait délicate. Vladimir serait donc obligé de sauver l'anglo-coréen : boarf... tant pis, et tant mieux. Il garderait donc son camarade de jeux.

Le russe ne laissait pas voir le fil de ses réflexions évidemment, comme s'il allait disserter sur ses hypothèses de mort imminente au gryffondor ! Même s'ils s'envoyaient des pics de méchanceté gratuite, Vladimir tenait à rester correct tant que l'autre n'agirait pas mauvaisement dans son dos, ou même en face. Etre le premier à attaquer, ça n'avait rien de pratique car dès lors la faute revenait sur lui : alors que s'il était celui qui finissait, au lieu de commencer, les choses étaient différentes. Tant de possibilités de querelles... le russe n'en était pas partisan. Oh, il aimait les tensions, sans toutes les avoir testées, mais la plupart lui causait souvent trop de tort. Les tensions qu'il aimait lui...étaient d'un autre genre, et certainement pas praticable avec l'anglo-coréen. Le russe n'était pas de ce bord là voyons!

- Oh, je t'en prie ! Tes cheveux sont autant blonds que moi je suis délicat! rétorqua-t-il.

Evidemment, il n'était question que d'énerver le gryffondor. Vladimir s'en fichait pas mal de sa couleur de cheveux, il n'accordait pas vraiment d'importance au physique - des hommes, bien entendu - . Même si dans un monde tel que le leur, la beauté était toujours un bel avantage pour entrer dans un cercle privilégié. Garisson n'en avait pas besoin de beauté de toute façon, il n'avait pas de cercle dans lequel s'intégrer. Vladimir, lui, avait déjà son clan. Et la beauté en prime. La modestie, elle, était par contre restée sur le côté.
Bientôt, le russe vit une lueur qui lui confirma qu'ils étaient bientôt arrivés à la première fenêtre de la tour. Bien ! Il ne fallut que quelques minutes au Dimitrov pour la rejoindre, et regarder à travers les carreaux. Des filles...en petites tenues. Que demande le peuple ?! Un dortoir de jeunes et naïves jeunes femmes, plutôt mignonnes, tout cela concentré dans une même pièce. Vladimir voulut faire partager sa trouvaille avec son camarade, et celui-ci ne tarda pas à venir.

- Il n'y a pas de honte à aimer regarder les belles choses. On t'a déjà puni pour avoir regarder dans une vitrine d'un magasin ? Non. Bon, eh bien c'est exactement la même chose...


Objet et femme, étaient deux concepts proches pour le russe. Oh, il respectait les femmes oui ! En théorie... Il respectait disons celles qui avaient assez d'intelligence, de cran, d'atouts pour vivre dans un monde gouverné par les hommes. Celles-là, il les aimait! Mais les autres, si fragiles, romantiques, dégoulinantes de rêves et d'espoirs vains...eh bien, celles-là, il n'en faisait qu'une bouchée! Pourquoi en serait-il autrement ? Ainsi va le monde... les plus forts mangent les plus faibles. Vladimir n'avait pas à en rougir.

- Atteinte à la pudeur....Morgane! Qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre! ronchonna le russe.

Il allait poursuivre en développant sa propre idée de la pudeur tout en reprenant leur ascension mais le russe fut coupé dans son élan. Une voix en bas les interpella.

- Hé ! Vous deux! Vous êtes malades , descendez !

Vladimir baissa les yeux vers les pieds de la tour de Serdaigle, et ce qu'il vit le fit sourire. La préfète-en-chef, en personne! O'Connel... Tiens, en voilà un nom qui lui avait trop souvent rabattu les oreilles. Lestrange lui en avait parlé ... La jeune femme semblait ennuyeuse, et horriblement terre-à-terre. Bercée l'illusions probablement. Ah ! De la chaire fraîche! Vladimir savait qu'il devait se retenir, mais il avait les crocs. Il se tourna vers Garisson, un sourire aux lèvres.

- Grillés ! ricana-t-il.

En bas, la jeune préfète ne cessait de les sommer de descendre de cette tour, s'énervant toute seule en s'épuisant à la tâche.

- Dray ! J'ai reconnu tes maudits cheveux ! Descends bon sang! Tu vas finir par tomber! cria-t-elle.

Cette fois-ci, Vladimir ne pu s'empêcher d'éclater de rire. Il continua à monter un peu en passant devant Dray.

- Change de couleur de cheveux, ça vaut mieux pour toi ! railla-t-il.

Le russe s'en fichait bien de se faire prendre ou non. Il y aurait toujours moyen de soudoyer la préfète, ou d'inventer quelques raisons valables. Et puisque Garisson semblait la connaître bien, Vladimir était tranquille. Il ne l'entendait déjà plus leur crier de descendre. Mais alors qu'il avait déjà parcouru un mètre de plus, un jet de lumière orange vint presque l'effleurer. Jurant en russe quelques insultes à la préfète, il s'accrocha à la corde pour éviter de tomber. Pour un peu, il s'en était trouvé déséquilibré, pris par surprise.

- Garisson, c'est une amie à toi n'est-ce pas ? Arranges donc ça avec elle, avant que je ne brise notre règle de ne pas utiliser de sort ! Morgane! ...quelle plaie cette fille!

Arrêtés tous les deux à peu près à la même hauteur, Vladimir repris son équilibre et planta un piolet dans une pierre qui lui paraissait solide : juste le temps de reprendre ses esprits tant la surprise lui avait fait monter le sang à la tête. Ah! Maudite préfète!

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MessageSujet: Re: Prendre de l'altitude ~ Faire face au vide [ Dray Garisson ] Sam 1 Déc - 0:27

- Oh, au moins tu avoues que tu es une brute, c'est bien ça, Dimitrov ! Mais j'ai dit que mes cheveux étaient vrais, pas que la couleur l'était !, lança Dray à son rival du moment, moqueusement arrogant.

Le sourire moqueur de l'anglo-coréen s'intensifia encore à la réplique du Serpent sur ses cheveux, se faisant cette fois clairement insolent. Sujet sensible ? Pas vraiment, mais Dray était plutôt fier de ses petites expériences capillaires. Un peu d'exubérance, qui contrastait avec son air souvent trop blasé. Un peu étrange, voir paradoxal, certes, mais il n'en avait strictement rien à faire de ce que les autres en pensaient : ça n'était pas leur problème, ni leurs cheveux, et si ça les gênait... et bien temps pis pour eux ! En fait, c'était même certainement une manière inconsciente de prouver tout cela, en plus de s'affirmer, d'affirmer ses différences par rapport aux autres. Plus nombreuses qu'elles en avaient l'air, ces différences ! Son caractère déjà, ses origines, sa manière d'être, d'agir,... Et puis son don, son secret. Même les gens, il les percevait autrement, d'une manière que les autres ne pourraient jamais vraiment comprendre, alors que pour lui, c'était simplement... naturel. Normal. Habituel. Même s'il savait pertinemment que ça ne l'était pas. De toute façon, le Gryffon ne comptait pas essayer de le faire comprendre à qui que ce soit : c'était son don et encore une fois, ça ne concernait personne d'autre que lui. Qu'ils restent dans l'ignorance à ce sujet, tous autant qu'ils étaient, cela valait bien mieux pour tous. Pas dit que ce soit bien accepté d'ailleurs, si ça venait à se savoir. Les mentalités changeraient certainement toutes d'une manière ou d'une autre. Alors Dray gardait cela très précieusement, rien que pour lui. Les seuls à être au courant étaient son père et son frère -et même s'ils n'en parlaient jamais, le rouge et or se serait tout aussi bien passé qu'eux le sachent- , et Brian -qui avait découvert le plus gros tout seul, son meilleur ami était bien plus intelligent et observateur qu'il n'y paraissait. Et l'anglo-coréen comptait bien ne rien changer à cela : trois personnes au courant en plus de lui, c'était largement suffisant.

Mais là n'était pas le sujet de la discussion actuelle avec le Serpentard, encore moins dans la position où ils étaient. C'est-à-dire accrochés à des cordes, s'agrippant à des piolets enfoncés dans la pierre, presque suspendus dans le vide, à au moins une trentaine de mètres du sol. Peut-être un peu plus, peut-être un peu moins, allez savoir, il n'avait pas un altimètre intégré non plus ! Et puis, savoir la distance précise au centimètre près qu'ils avaient escaladée n'allait pas les aider à grimper plus vite, ne les avanceraient à rien. N'enlèverait pas non plus le vent qui soufflait par bourrasque, adversaire invisible, fourbe et vicieux, qui faisait tout pour leur faire perdre l'équilibre. Étrangement, Dray parvenait même encore à apprécier le vent en cette situation où il était plus dangereux qu'autre chose. Il gardait son attention sur la tour, faisait courir l'adrénaline plus vite dans ses veines, donnait un coup de boost. Rendait l'escalade incroyable de la tour plus concrète, plus réelle, plus vraie. Le froid mordant contre sa peau vivifiant. He felt alive.

Et puis, bien vite, Vladimir fut à une fenêtre, à laquelle Dray fini par le rejoindre pour voir ce qu'il avait découvert. Et c'est ainsi qu'ils se retrouvèrent tout deux à regarder, à contempler, tout un dortoir de Serdaigles, de jeunes femmes quelque peu dévêtues. Juste assez de tissu pour laisser l'imagination faire le reste du travail, mettre l'eau à la bouche. Néanmoins, même si la vue était plutôt agréable, rester planté là n'était pas forcément la meilleure chose à faire : leur escalade n'était pas finie, leur position encore plus précaire qu'avant, et l'anglo-coréen ne tenait pas spécialement à ce qu'on les surprenne là devant. Quant aux répliques de Vladimir à ce qu'il lui avait répondu, Dray se contenta de répondre sans lui adresser un regard, préférant observer encore un peu les jeunes femmes.

- Jamais dit qu'il y avait une honte à ça, Dimitrov ! Par contre je suis pas sûr qu'elles apprécie que tu les appelle des choses, même belles, rétorqua-t-il moqueur, amusé. [

Il laissa passer l'autre phrase du Serpent sans rien dire, se contentant d'ajouter un peu après qu'ils feraient mieux de reprendre l'ascension de la tour. Et autant prendre un peu d'avance, Vladimir était un adversaire coriace, très coriace -et heureusement, ce serait d'un ennui sinon!- et Dray comptait bien gagner leur petit défi. Fier, il l'était, clairement. Un peu trop parfois, mais il n'était pas seul dans ce cas. Un nombre impressionnant de Gryffons et même de Serpentards l'étaient tout autant. Sur ce point, ils se rejoignaient. Leurs réactions par rapport à la fierté restaient cependant bien souvent parfaitement différentes. Quoique celle de l'anglo-coréen devaient se situer un peu entre les deux maisons, mais ça, c'était bien le moindre de ses soucis. Ça n'avait même strictement aucune importance, ne soulevait pas la moindre petite, et infime question.

Et puis, alors que Dray se dégageait de sa position et s'élançait vers les derniers mètres de la tour à escalader, précédant juste d'une très courte longueur le Serpent, une voix, un cri, facilement reconnaissable pour le Rouge et Or les interpella. Tout comme son partenaire de jeux dangereux, de défi, il lança un regard vers le bas de la tour, contemplant par la même occasion le vide en dessous d'eux, la hauteur qu'ils avaient déjà parcourue. Il n'avait pas le vertige, vraiment pas, mais il ne pu s'empêcher de penser que mieux valait qu'ils ne tombent pas s'ils ne voulaient pas finir avec le crâne éclaté et le reste des os en morceau. En bas, Persephone les regardait, et Dray imaginait sans mal un air mi-affolé mi-énervé sur son visage fin. Il l'a connaissait bien, maintenant, la Serdaigle, avec toutes les conneries qu'il faisait ! Le briseur de règles et la préfète en chef sensée faire respecter les règles, qui aurait cru qu'ils puissent bien s'entendre, finalement ?! Certes, au début, ils avaient été loin de s'entendre, mais finalement tout s'était arrangé. Pas vraiment besoin de parler et d'en faire des tas pour se comprendre, c'était bien plus simple. A quelques mètres à côté de lui, Dimitrov l'avait rattrapé, et lança un simple Grillés! tout en ricanant. Dray ne pu empêcher un demi-sourire férocement amusé de soulever la commissure de ses lèvres. Encore un peu plus de défi dans la situation, que demander de plus ?! Au lieu de s'inquiéter de ce qui se passerait si un professeur les surprenait ou si la Serdaigle les dénonçait, il ignora les cris de la jeune femme et enfonça son piolet plus haut sur la tour. Recommença l'opération avec l'autre et se hissa plus haut sur la tour. Encore, encore, plus haut, toujours. Plus loin du sol, plus proche du ciel.

Et puis finalement, l'aiglonne s'écria quelque chose comme quoi elle l'avait reconnu. Dray ne pu s'empêcher de d'abord lever les yeux vers ses mèches platines qui s'arrêtaient juste au dessus de ses sourcils avant de lancer un regard agacé vers le bas. Ses cheveux n'étaient pas maudits ! Qu'est-ce qu'ils avaient tous, aujourd'hui, avec sa couleur ?! Il ignora Vladimir alors qu'il prenait la tête en éclatant de rire. Non, il ne comptait pas changer de couleur simplement pour ça ! Et s'il le faisait, ça serait uniquement parce qu'il en avait envie et que le platine le lassait. Il lui restait tout un tas de couleurs à essayer, après tout ! Aussi, tout en continuer à s'agripper fortement à ses piolets pour ne pas tomber, Dray se pencha un peu en arrière, faisant se tendre la corde accrochée autour de sa taille, et lança encore un regard à la Serdaigle, haussant un sourcil même si elle ne devait pas le voir à cette distance.

- Descendre serait encore plus long et tout aussi 'dangereux', tu sais ? Et laisse mes cheveux hors de ça Sephy!

Dangereux, tss. Pourquoi croyait-elle qu'il faisait ça ? C'était uniquement pour le danger, pour l'adrénaline qui courrait dans les veines quand on le défiait, qu'il escaladait la tour ! Et aussi parce qu'il s'ennuyait et n'avait rien de mieux à faire, certes, mais ce n'étaient que les raisons secondaires. Dray cru la voir chercher quelque chose dans sa poche, et le brandir vers eux. Sa baguette, certainement. Oserait-elle leur lancer un sort ? Allez savoir, la préfète en chef pleine de zèle était parfois surprenante dans ses réactions pour faire respecter l'autorité. Reprenant son ascension sans plus jeter un regard vers le bas, mais restant concentré sur ses sens, il ne tarda pas à avoir la réponse à sa question. Une décharge d'énergie, de magie, passa non loin de là, et du coin de l'oeil, il vit un rayon orangé frôler Vladimir. Ah ben si, elle avait osé. Tant pis pour lui ! Dray sourit maniaquement, et se relança dans la course pour profiter du déséquilibre du Dimitrov. Alors qu'il le dépassait légèrement, le gryffon lui lança un sourire moqueur. Encore.

- Arranges-toi tout seul avec elle, c'est pas mon problème ! Et si tu brise la règle, tant pis pour toi, t'auras perdu c'est tout. rétorqua-t-il, narquois, railleur.

Et il continua son ascension comme si de rien était, et sans se soucier du Serpent. Le vent se levait à nouveau, envoyant des bourrasques parfois violentes, mieux valait être prudent. Malgré tout, l'une d'elle faillit lui faire lâcher prise. Le cœur qui bat plus vite, plus fort, dans sa poitrine, alors qu'il raffermissait tant bien que mal sa prise sur le piolet, et déjà il continuait à escalader la tour. Plus haut, et décentré de sa trajectoire initiale. Plus vers celle de Vladimir. Était-ce pour cela qu'il sentit un sort fuser droit vers lui ? A cause de son trop soudain changement de trajectoire ? Rapidement, l'anglo-coréen se déplaça violemment sur la droite manquant à nouveau presque de perdre ses appuis, son épaule rencontrant durement les pierres gelée. Juste à temps. Le sort le manqua de peu sa position initiale, et il marqua une pause pour reprendre son équilibre, se collant à la tour pour ne pas perdre encore plus ses appuis, alors qu'il lançait un regard énervé vers le bas de la tour, à qui voulait bien l'entendre.

- Eviter de nous faire tomber pourrait éventuellement être une bonne idée!, s'exclama-t-il.

Un regard vers le haut de la tour, plus proche de minutes en minutes, puis à Vladimir qui avait prit un peu d'avance, et se remit à grimper. Ca n'était pas tout, toutes ces bêtises, mais il avait un défi à gagner et une tour de Piafs à dominer !


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MessageSujet: Re: Prendre de l'altitude ~ Faire face au vide [ Dray Garisson ] Jeu 14 Mar - 21:28

« J’aurais du mal à me faire passer pour un tendre » ricana-t-il.

Les moqueries s’intensifiaient, se calmaient, repartaient de plus belle, changeaient d’orientation mais ne s’arrêtaient jamais. Un peu comme eux à vrai dire, ils ressemblaient à ces piles électriques moldues, mais version sorcier. Ils ne s’arrêtaient sous aucun prétexte et partageaient une énergie incroyable en plus d’un goût prononcé pour le danger. Sans oublier leur adoration du règlement de Poudlard : ils lui rendaient hommage tous les jours, tels de grands fans. D’ailleurs, ils leur arrivaient souvent de rédiger de longs devoirs enflammés sur leur amour inconditionnel pour le personnel et les règles de l’école – à moins que l’on appelle ça des punitions ? – durant des heures de cours supplémentaires – aussi appelées retenues. Mais malgré leur point commun – qui les emmenait souvent sur des pentes glissantes ou vertigineuses – ils reconnaissaient avoir d’énormes différences. Ce n’était pas tant qu’elles viennent se mettre entre eux puisque les sujets n’étaient pas vraiment abordés, plutôt passés volontairement sous silence, car après tout ils n’étaient là que pour s’amuser. Les seules formes de conflit pouvaient naître des moqueries qu’ils échangeaient depuis le début de leur « défi ». Mais ils étaient assez intelligents pour savoir que ce n’était qu’un « jeu », une habitude entre camarades de se lancer des piques plus ou moins méchantes. Non, ces différences étaient bien là, pouvaient même prendre des formes diverses et variées mais les deux sorciers ne se souciaient guère de celles-ci. Oh, évidemment il y aurait toujours un mur entre eux, quelque chose pour leur rappeler qu’ils n’étaient pas vraiment du même monde et que jamais ils ne seraient réellement proches – mais était-ce gênant puisqu’aucun d’eux ne souhaitait l’être ?

Leurs différences tenaient plus de leur éducation, de leurs principes, fréquentations ou encore de leurs goûts. Il y avait les origines également qui pesaient dans la balance. Mais au fond, leur différence pouvait être résumée en un problème : Dray était à Gryffondor, et Vladimir à Serpentard. Ainsi, l’on pouvait aisément deviner ce qui les séparait : leurs valeurs. Bien que certaines auraient pu être discutées. Mais ça, Vladimir évitait d’en parler. Certes, Dray était un rouge et or et sa maison était ennemie de celle qu’avait intégré le russe en début d’année mais Vladimir reconnaissait certaines similitudes chez son camarade qui pour lui, valait plus que tout le reste. L’excellence avant tout, et cela comprenait le talent, l’intelligence, l’audace, la ruse et l’ambition. Même si Vladimir était persuadé que les capacités de Dray pourraient être employées dans un sens différent de celui que l’anglo-coréen semblait avoir choisi. Avec un peu de persuasion, d’expérience dans le domaine, il ne serait pas si difficile de le faire changer d’avis, non ? Le russe s’était souvent posé la question, sans jamais oser aborder ce sujet-là. Mieux valait garder une distance respectueuse, et profiter de leurs moments de folie privilégiés.

« Je ne comprendrais jamais comment un homme peut accepter de se colorer les cheveux… »
grogna Vladimir.

Il continua à grimper, ne s’étant arrêté que quelques secondes et ce fut près d’une fenêtre qu’ils s’arrêtèrent une fois de plus. Une fenêtre qui leur livrait un glorieux spectacle : de nombreuses jeunes filles de Serdaigle en sous-vêtements, petites nuisettes et autres étoffes transparentes et légères. Que demande le peuple ? ! Vladimir ne rechignait jamais sur quelques cuisses à la peau veloutée, des chevelures soyeuses ou des formes généreuses. Il avait beau être hanté par une seule femme, il restait un homme malgré tout. Un sorcier frustré, grognon et furieux de ne pas avoir ce qu’il veut … il n’empêche, charmer les demoiselles était de venu une activité amusante – bien que parfois lassante – qui lui permettait de se vider la tête, et d’avoir de la compagnie. Une charmante compagnie. Aussi, il ne put s’empêcher de faire quelques commentaires. Dray, lui, n’envisageait pas les choses de la même manière.

Le russe s’étonna, lui lança un regard amusé.

« Pourquoi ? C’est un compliment ! De « belles » choses. Tu vois, c’est le « belle » qui fait toute la différence. De toute façon, ce genre de filles-filles à leurs papas ne font pas attention aux détails, tant qu’elles se sentent flattées. C’est pas comme si ces rats de bibliothèque se faisaient souvent draguer… »

Le romantisme, selon Vladimir Dimitrov. Ou comment-être-un-parfait-goujat. A bien y réfléchir, Dray ne devait sûrement pas avoir besoin de ce genre d’enseignement ou de conseils. Le russe pouvait tout aussi bien lui apprendre beaucoup de techniques de combat, de torture, de manipulation - quoique, pas sûr encore qu’il en ait besoin – et autres. Mais les relations amoureuses – ou même amicales – restaient un mystère pour le Dimitrov. Les femmes tombaient rapidement dans son lit, mais cela tenait plus à son physique et à son charme russe qu’à ses techniques de drague. Oh, il pouvait les baratiner facilement, mais les filles se rendaient vite compte de l’étendue du problème. Le respect des femmes, bien sûr ! Vladimir aimait se penser respectueux de la gente féminine, mais il fallait nuancer ce principe-là. Le respect ne se donnant qu’aux personnes méritantes, le russe ne trouvait pas beaucoup de femmes capables de gagner son admiration tant il y en avait peu à être à la hauteur de ses exigences. Il y avait bien des exceptions – pour ne pas citer la plus évidente - : Bellatrix était une très bonne représentation du type de femme que Vladimir pouvait respecter, ou encore Sasha, Ivana et d’autres appartenant à leur milieu social. Mais le reste ? Des gamines, des poupées en porcelaine toutes fragiles, des guimauves dégoulinantes… Morgane ! Elles faisaient honte à leur genre : une femme se devait d’être belle, élégante, brillante, ouverte-d’esprit là où les hommes eux sont butés ; elle devait être manipulatrice, rusée, avoir de la finesse, de l’esprit ! du charme ! Et si en plus elle pouvait exceller dans des domaines masculins, alors c’était d’autant plus impressionnant ! Voilà le style de femme que Vladimir pouvait respecter. Les autres : à la poubelle. Alors, si le mot « chose » ne collait pas, il pouvait aisément en trouver d’autre à la hauteur de cette pensée.

Ils continuèrent bien vite leur montée vers le sommet de la tour. Le russe n’oubliait tout de même pas pourquoi ils étaient ici. Lui, il était venu pour gagner. Il ne savait pas trop pour quelle raison était venu Dray : sûrement pour perdre tiens ! Ah, ça l’arrangeait bien de le penser. Ca le fit sourire un instant. Le vent n’aidait en rien cependant, car à plusieurs reprises il vint les déstabiliser, les titiller pour les faire tomber. Vladimir jura plusieurs fois, grogna de mécontentement, mais il tint bon. Dray aussi, et le russe devait admettre qu’il se débrouillait drôlement bien. Enfin, ça n’avait rien d’étonnant, après tout il ne choisissait pas des adversaires faciles.

Mais alors que leur course poursuite en hauteur continuait férocement, chacun avançant avec aplomb, leur jeu pris soudain une tournure moins…agréable. Vous savez ce qu’on dit sur les imprévus… ils surviennent toujours au moment où on les attend le moins. C’est ce qui les rend si surprenant, et souvent désagréables. Le mot « imprévu » faisait lui-même grincer des dents. Et Vladimir n’avait pas fini de râler !
Perséphone, alias la plus ennuyeuse Préfète-en-Chef, vint interrompre – ou tenta du moins – leur escalade. Ce n’était pas tant que sa présence gênait le sorcier, car après il avait pris l’habitude de désobéir aux lois de ce château, mais l’affaire se compliquait simplement par l’attitude de la préfète. Bon sang de serdaigle qui ne pouvait pas se mêler de ses affaires ! Pourquoi ne passait-elle pas son chemin ? Elle était assez intelligente pour savoir qu’aucun d’eux ne descendrait avant d’avoir atteint le sommet de la tour. Pourquoi tant d’obstination ? Dray lui lança quelques réflexions, mais la serdaigle s’entêtait toujours. Elle avait reconnu le gryffondor, mais l’identité de Vladimir était toujours sauve. En bas de la tour, Perséphone perdit patience alors que les deux sorcier, eux, ne se trouvaient pas plus déstabiliser par elle qu’un animal par une brindille. Elle tenta de les persuader en les avertissant ; rien n’y faisait.

Vladimir ria de bon cœur cette fois quand Dray cria à la préfète de laisser ses cheveux tranquilles. Mais son rire s’arrêta bien vite. Le premier sort avait été lancé, accueilli immédiatement par les remontrances du russe tandis qu’il essayait de se remettre en place sur la façade de la tour. Il ne restait plus que quelques mètres et cette maudite idiote n’allait pas lui enlever cette victoire ! Dray ne s’en était pas formalisé, alors Vladimir lui aussi continua son ascension, rattrapant son camarade en ignorant les cris de Perséphone. Le vent rendait le jeu plus difficile, pénible parfois, mais tellement plus amusant – sans oublier qu’ignorer la serdaigle était toujours un plaisir !

« Bande d’idiots ! Redescendez ! » s’époumona-t-elle.

Celle-ci en effet n’aimait guère qu’on l’ignore de cette manière, surtout lorsqu’elle voulait qu’on lui obéisse. Sephy fit ce que lui dicta sa raison. Il fallait les faire descendre de force puisqu’ils ne voulaient pas le faire volontairement. Ils n’allaient tout de même pas aller jusqu’en haut ! Alors, elle jeta un autre sort. Elle réussit presque à toucher Dray, mais celui-ci s’était esquivé à temps. Vladimir vit le rayon de lumière frapper la place initiale de l’anglo-coréen. Il leva un sourcil étonné. Dray avait-il juste des réflexes surdéveloppés ou possédait-il des yeux derrière la tête ? Son étonnement se dissipa rapidement, il savait que le temps manquait à la réflexion cette fois-ci. Il fallait faire vite avant que le gryffondor ne puisse prendre de l’avance.

« Bons réflexes Garisson ! » félicita Vladimir.

Mais était-ce vraiment grâce à eux ? Le russe avait un doute, il avait vu Dray bouger bien avant que le sort ne puisse être détecté, que ce soit par l’ouïe ou la vision. Comment avait-il fait ? En étant de dos comme il l’était précédemment, il n’avait pu voir le sort arriver. Tout ça avait vraiment fait tiquer le russe, si bien qu’il se posait à présent des tonnes de questions. Il se repassait la scène plusieurs fois pour comprendre comment le gryffondor avait bien pu éviter ce sortilège. Mais Perséphone la voix de Perséphone l’arracha à ses pensées.
Elle répondait à la réflexion de Dray.

« Vous ne me laissez pas le choix ! » cria –t-elle.

Pas le choix ? Comment ça ? Elle l’avait le choix. Elle pouvait partir, les laisser tranquillement terminer leur jeu et revenir – si c’était vraiment nécessaire – les emmerder plus tard. Mais ça, apparemment la Serdaigle n’y pensait guère. Elle semblait déterminée à les empêcher de s’amuser jusqu’au bout. Alors qu’ils étaient presque arrivés au sommet, Vladimir se sentit soudainement tiré en arrière par une force puissante. Ca ne le touchait pas seulement lui, mais Garisson également. Ainsi, tous deux furent alors emportés par un nouveau sortilège qui les engloba sans aucune chance d’y échapper. Les piolets et cordes tombèrent par terre. Et soudain, le sommet ne devint plus qu’un petit point au loin… Vladimir et Dray avaient été ramenés à terre, en bas de cette maudite tour qu’ils s’étaient fatigués à monter tout ça pour…rien. La chute n’avait pas été tendre soit dit en passant, et le russe avait atterri sur le dos violemment. Il grimaça, frustré et maintenant très énervé après la Serdaigle. Il se releva vivement, furieux, et s’avança vers elle d’une démarche menaçante. Perséphone attendait, les bras croisés et la baguette toujours en main, l’air buté.

« Idiote ! T’as pas entendu quand je t’ai dit de dégager ?! »
tonna-t-il.

Perséphone darda son regard sur lui de façon méprisante, mais au fond son cœur fit un bond devant Vladimir. Elle affronta malgré sa peur la colère du russe.

« J’ai très bien entendu. » répondit-elle calmement.


Vladimir perdait patience, la préfète commençait sérieusement à lui taper sur le système – et par commencer, il fallait plutôt dire finir. Il coinça sa baguette sous le menton de la préfète, ses prunelles aussi noires que la nuit. Etait-ce le vent qui sifflait ainsi ou le russe ? Sephy baissa les yeux en regardant la baguette pointée sur elle, touchant sa peau pour s’y enfoncer légèrement, puis les releva.

« Je crois que tu vas devenir la distraction numéro deux de la soirée » dit le russe, acide.


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MessageSujet: Re: Prendre de l'altitude ~ Faire face au vide [ Dray Garisson ] Ven 3 Jan - 17:30



« Un compliment ? » Dray ricane, lançant un coup d'oeil moqueur à Vladimir. « Peut-être qu'elles font effectivement pas la différence, mais dans le doute, la prochaine fois que tu le fais je tiens à être là : je voudrais pas rater le moment où ta 'victime' tentera de te foutre une baffe. »

Et tout en continuant leur petit échange de piques bien sympathique, Dray poursuit son ascension vers le haut de la tour de plus en plus proche, ce qui renouvelle la vigueur avec laquelle il plante les piolet et se hisse et grimpe de plus en plus haut le long de la paroi de pierres froides. Quant au vent glacé qui continue de souffler de plus en plus fort à mesure de leur ascension, il a beau réussir à les déstabiliser plus d'une fois, l'un comme l'autre, les deux adversaires s'accrochent et n'abandonnent pas. Clairement pas décidé à laisser l'autre gagné, chacun la veut, sa victoire, fière et glorieuse, chacun le veux, vaincre l'autre, prouver sa supériorité sur l'autre. En tout cas pour ce défi là, parce qu'entre eux, ceux-ci ne manquent pas ; parfois, le Serpent l'emporte, parfois, le Gyffon. Et à chaque fois que l'un perd, l'autre se hâte de trouver un nouveau défi à se lancer, afin de reprendre la victoire. Aucun des deux n'aime perdre, n'aime la défaite ; affaire de fierté pas forcément toujours bien placée, mais de fierté tout de même. La victoire.. c'est tout ce qui importe. Et le sommet de la tour, la ligne d'arrivée qui décidera du gagnant de leur dangereuse et exaltante course en altitude, est maintenant toute proche. Bientôt, ils sauront... Et les derniers mètres seront, sans aucun doute possible, les plus acharnés et empressés, même malgré la fatigue qui commence à se faire ressentir. Merci l'adrénaline que le duel et le danger font couler !

Manque de chance pour les deux téméraires grimpeur, un nouvel élément perturbateur décida de se rajouter à la partie. Perséphone O'Connel, Préfète en Chef de Serdaigle, de son titre. A vrai dire, Dray avait finit par la supporter, à force de se faire prendre en flagrant délit d'infraction, qu'elle passe parfois sous silence, et donc par l'apprécier dans une certaine mesure. Mais cette fois, cette nuit là, son interruption l'agace et l'embête plus qu'autre chose. Non ! Pourquoi faut-il qu'elle débarque alors qu'ils arrivent presque au sommet de l'imposante et haute tour de Serdaigle ?! Les trois sorciers s'échangent quelques répliques, criées afin de couvrir la distance et le bruit du vent, et, lorsque la préfète en chef ''s'attaque'' à ses cheveux teints et que Vladimir éclate de rire face à cet échange particulier, Dray lui lance un regard noir, passablement irrité à présent. Aish ! Pas besoin de critiquer ses choix capillaires, même s'ils l'ont quelque peu trahit à la Serdaigle, il aime ses cheveux comme ça ! Sauf que la préfète, déterminée à les faire descendre par quelque moyen que ce soit, obstinée même pourrait-on dire, ne s'arrête pas là. Et à présent, à la place des quelques répliques et piques, ce sont les sortilèges qui fusent. Les forçant à faire d'autant plus attention pour continuer leur ascension. Le premier étant destiné à Vladimir, Dray ne s'en formalise pas, ne s'en soucie pas le moins du monde. Non, il préfère profiter de la courte avance que ça lui confère, gagnant quelques centimètres sur son adversaire alors que le sommet est presque à porté de main. Il ne la gardera pas longtemps cependant : une bourrasque violente le déstabilise clairement, il sent un sort fuser droit sur lui. Sur le coup, il ne se pose pas la moindre question, ne se dit pas que réagir sans avoir vu le sortilège pourrait paraître louche si un des deux autres sorcier s'en aperçoit, non. Il ne se dit rien de tout ça, suit seulement ce que son instinct lui crie, se jette brutalement sur la droite alors que le sort frappe la pierre presque l'endroit où il se trouvait l'instant d'avant. Son cœur s'affole dans sa poitrine, il peut sentir son sang battre à ses tempes avec fracas, alors qu'une goutte de sueur glacée descend tout le long de sa colonne vertébrale, lui arrachant un violent frisson. Son épaule et ses côtes le lancent d'avoir heurté aussi durement la pierre de la tour, ses doigts de serrer le piolet glacé de toute ses forces alors que ses paumes se font moites. Mais ce n'est pas tant la douleur, ni même le fait qu'il se soit retrouvé à moitié pendu dans le vide, durant quelques instant, qu'il ait faillit tomber, qui fait battre ainsi son palpitant – même si elles tiennent tout de même une petite part. Non. C'est le fait d'avoir réagit ainsi, spontanément, bien trop vite pour quelqu'un sans son don. Non, s'il n'avait pas son sixième sens, comme plus de 99,9999% des sorciers, il n'aurait jamais pu sentir le sort aussi tôt, il ne l'aurait pas vu venir avant qu'il ne soit trop tard, peut-être même qu'il ne l'atteigne. Mais sur le coup, il n'a simplement plus pensé à ça, a simplement laissé son instinct et ses réflexes prendre le dessus, et éviter le sortilège en catastrophe, de très juste justesses. Et le problème est qu'il n'est pas seul... Bon, Sephy n'aura sans doute rien remarqué, vu la distance, ce qui vaut peut-être mieux vu son intelligence, nul doute qu'elle aurait sûrement rapidement compris -même s'il aurait sans doute pu lui faire garder le secret sans trop de difficulté- mais, Vladimir... ? Le russe était -est toujours- tout près de lui... a peine à quelques dizaines de centimètres... impossible qu'il n'ait rien remarqué. Mais peut-être y a-t-il une chance -infime- que si, ou qu'en tout cas, il ne creuse pas plus le sujet et ne se pose pas plus de questions ? Dray n'y croit pas vraiment. Et c'est de toute façon loupé pour le premier choix des deux -celui qu'il aurait préféré...- , puisque le Serpentard le ''félicite'' justement sur ses réflexes, juste après que le Gryffon ait lancé une remarque pleine de reproches à la Préfète en chef.

« Merci » grommelle-t-il simplement, les sourcils froncés de mécontentement alors qu'intérieurement, il se force à ne rien laisser paraître de son alarme.

Pourvu qu'il ne se doute de rien et ne décide pas de mener une enquête sur le pourquoi de ses ''bons réflexes'', ne peut-il s'empêcher d'espérer, de tout son cœur, alors qu'il sent une nouvelle de ces désagréable et glaçantes goutte de sueur froide partir du haut de sa nuque et rouler sur sa peau tout le long de sa colonne. Un frisson le secoue encore, mais, les sourcils toujours froncés, il tâche de se reprendre rapidement, ignorant ses mains moites sur les piolets métalliques, se remettant à grimper d'abord un peu doucement, puis le plus rapidement possible pour essayer de rattraper le russe. Et, alors qu'il commence tout juste à le remonter et que la Serdaigle s'écrie qu'elle n'a ''pas le choix'' -comme si ! On a toujours le choix, surtout dans ces cas là ! Elle pourrait très bien les ignorer et les laisser finir leur petite course plutôt que de se mêler de leur défi qui ne la regarde absolument pas!- Dray, bien plus alerte que quelques instants avant, sent un nouveau sortilège foncer sur eux. Que faire ? S'il se met dès maintenant à bouger rapidement pour être sûr de ne pas être touché, il n'y aurait plus aucune chance que Vladimir ne se doute de rien quant à ses soit disant ''réflexes surdéveloppés''. Mais quoi, alors ? Mieux ne vaut-il pas perdre ce foutu défi que de risquer de mettre un Serpentard, faisant parti de leur soit-disant ''élite'' qui plus est, sur la voie de son secret, et de le faire se douter qu'il a quelque chose de spécial, de plus que tous les autres ? Sans doute pas non... Mais même ainsi, Dray n'aime pas perdre, et ne compte pas abandonner maintenant, pas alors qu'ils sont presque au sommet ! Alors, dès qu'il sent le sort de Perséphone quitter sa baguette, il s'arrange pour changer un peu sa trajectoire en s'éloignant de Vladimir, plantant son piolet un peu plus sur le côté qu'il ne l'aurait fait normalement, pas assez pour que ça ne se voit de trop. Il fronce légèrement les sourcils, cependant, se forçant à faire comme si de rien n'était, comme s'il ne savait pas qu'un sort leur fonce droit dessus : il y a quelque chose d'étrange, malgré tout... De ce qu'il sent, le sortilège ne toucherait aucun d'eux en particulier, mais la paroi, quelque part entre eux deux... Simple et nouvelle tentative d'intimidation, mal visé, ou est-ce autre chose ? …

L'hypersensible à la magie n'a pas plus le temps de se poser la question. A peine une fraction de seconde plus tard que le sort frappe la tour et... commence à se rependre autour, s'avançant vers Vladimir comme vers lui, les englobant même... Et les voilà qu'ils se retrouvent inexorablement attiré en arrière, sans le moindre espoir d'échapper au sortilège. Dray pousse un grognement de frustration et d'énervement, presque un cri, alors que malgré ses vains et inutiles efforts pour essayer de se raccrocher à ses piolets, il se retrouve presque arraché à la paroi, suspendu dans le vide, à voir le sommet de la tour -si proche!- , s'éloigner de plus en plus. NON ! Il a beau au départ tendre le bras vers celui-ci, puis remuer deux trois fois ses jambes dans le vide comme si ça pourrait le libérer du sortilège qui le fait retourner au sol, rien ni fait. Pourquoi, mais POURQUOI a-t-il fallut que Perséphone passe par là ce soir là, Pourquoi a-t-il fallut qu'elle décide de se mêler de leurs affaires, de les empêcher d'atteindre le sommet de cette fichue tour alors qu'ils y étaient presque ! Encore quelques petites minutes, peut-être même pas, et il l'aurait atteint ce foutu sommet !!

La chute est rude. Tant parce qu'il atterrit brusquement sur le dos, violemment au point que ses poumons se vident presque totalement de leur air sous le coup, que quelques courtes secondes s'écoulent même avant qu'il ne parvienne à nouveau à les emplir d'oxygène, qu'à cause de l'amertume qui se diffuse dans sa bouche comme dans son esprit et son cœur alors que la frustration et un très fort énervement se diffusent en lui. Comment a-t-elle osée ?! Encore un petit instant, il reste au sol, prenant une inspiration profonde pour essayer de ne pas céder à la fureur qui monte de plus en plus. Pas grand effet, cependant. Jurant intérieurement, grognant à mi-voix d'autres mots peu reluisant en coréen alors qu'il se relève d'un geste vif traduisant clairement son énervement, Dray se tourne vers Perséphone déjà engagée dans un petit échange houleux avec le russe, lui lançant un regard particulièrement noir, comme il ne lui a certainement encore jamais envoyé. Lançant même de clairs éclaires de rage. BORDEL ! Il hurle intérieurement en carrant la mâchoire pour se retenir de crier aussi en vrai, faisant quelque peu grincer ses dents alors qu'il se rapproche des deux autres sorciers en deux-trois enjambées sèches et énervées. S'il n'appréciait pas Perséphone, même un peu, si elle ne lui avait pas sauvé la mise à l'une ou l'autre occasion, nul doute que ses gestes auraient été tout aussi menaçant que ceux du russe. Que ce soit sa baguette coincée sous son menton, ou sa main qui aurait durement saisit son col tandis que l'autre auraient été prête à frapper. Fort. Mais les choses sont comme elles sont, alors il n'en fait rien, arrête l'avancée de son bras avant qu'il ne soit trop tard, se contentant de lancer un impétueux et furieux regard noir et menaçant à la préfète en chef, le menton légèrement relevé pour le regarder de haut. Menaçant et énerver, ça se voit sans mal, mais il est presque aussi méprisant à ce moment également. Et quand le russe lui lance d'un ton acide, qu'elle risque fort de devenir la seconde ''distraction'' de la soirée, il ne fait d'abord rien, se contentant de continuer à la foudroyer de ce même regard, tâchant intérieurement de se contrôler. Plus dur qu'il n'y parait, sa fureur est toujours aussi impitoyable, sa frustration toujours aussi insoutenable, son amertume toujours aussi présente. Mais, après quelques seconde, le Gryffon se décide à réagir. Du dos de la main, il vire le bout de la baguette du Serpentard de sous le menton de l'Aiglonne après avoir fait un pas en avant, mais, plutôt que de prendre sa défense ou quoique ce soit d'autre, il l'attrape par le col, serrant le tissu du devant du haut de la préfète, directement sous les clavicules -se forçant à ne pas serrer-, l'obligeant à s'approcher un peu plus pour planter ses prunelles orageuses et emplies de colère dans les siennes, grognant alors d'une voix menaçante, presque un peu tremblante de rage -de façon infime- sans la lâcher du regard :

« Tu dépasse les bornes, Sephy... Ne te mêle plus jamais de mes affaires, ne m'interromps plus jamais. C'est mon premier et seul avertissement. Si jamais tu recommence, je te jure tu le regretteras. Amèrement ! »

Et sur ces paroles, peut-être calme en apparence, mais bien loin de l'être tant son ton est furieux et menaçant -peut-être plus qu'il ne l'aurait voulu, mais il n'a jamais su contrôler sa colère- Dray la relâche brusquement, la poussant même légèrement, mais toujours aussi brusque, en arrière. Un dernier regard noir d'énervement, empli d'avertissements, et il fait soudainement volte face. Crache une fois par terre comme si ça pourrait faire disparaître une partie de son énervement, avant de fourrer ses mains dans ses poches et de s'éloigner à grandes enjambées presque brutales en direction du château. Il a besoin d'une clope et de faire disparaître la cause de son énervement de devant ses yeux. Tout de suite. Alors il ne s'attarde pas, et, dès qu'il est à l'intérieur, ne ralentit pas le moins du monde alors qu'il commence à grimper les marches des escaliers, emprunter quelques passages secrets et autres raccourcis afin de déboucher tout en haut de la tour d'Astronomie -ascension bien différente que celle forte en sensation et avortée au pire moment, trop proche de l'arrivée, de la tour de Serdaigle. Une grande inspiration d'air pur qu'il lui glace presque les poumons alors qu'il sort son paquet de sa poche, une clope de son paquet qu'il allume d'un coup de baguette, et c'est la première bouffée salvatrice. Une clope, deux clopes. Après ça, ça commence à aller un peu mieux, la nicotine dans son sang parvenant légèrement à calmer sa colère. Il reste encore un moment là, accoudé à un mur en observant au dehors pour tenter de finir de se calmer avant de rentrer à son dortoir. Peut-être que Brian serait encore réveillé ? Si c'est le cas, ils pourront encore discuter avant de dormir, et peut-être réussira-t-il à faire oublier l'énervement de Dray, qui risque encore fort -et très très probablement- d'accentuer ces insomnies pour cette nuit dans le cas contraire !

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Prendre de l'altitude ~ Faire face au vide [ Dray Garisson ]

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