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N'enlèves pas ton masque [ Anton V. Anderson ]

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MessageSujet: N'enlèves pas ton masque [ Anton V. Anderson ] Mer 22 Aoû - 15:12

N’ENLÈVES PAS TON MASQUE






Le soleil se levait doucement à l'horizon, montrant ses premiers rayons derrière les grands arbres de la forêt interdite. Il se levait toujours à cet endroit, ses douces couleurs illuminant le ciel en un mélange de orange et de jaune. Ca allait être une magnifique journée. Ensoleillée, malgré le froid et la neige qui se mettrait peu être à fondre. Comme pour protester, une légère brise vint caresser mon visage. J'étais assise au bord de la fenêtre ouverte, les genoux repliés vers moi, et le regard rivé sur le paysage. J'aimais regarder l'astre du jour se lever. Et encore plus assister au doux réveil de la nature. Ainsi, je me levai, pris des vêtements dans mon armoire, à savoir un jean sombre et un pull bleu nuit qu'on m'avait offert - et que je trouvais trop moulant et trop décolleté pour moi. Le bleu était décidément ma couleur. Et pas parce qu'elle me mettait en valeur, moi et mon regard vert clair, non, parce que c'était une couleur qui renvoyait au ciel, à l'océan, à la beauté. Heureusement, j'avais ma veste et mon écharpe épaisse pour me protéger du froid. Après une rapide douche je me séchai les cheveux, les laissant retomber sur mes épaules en de longues boucles soyeuses, et m'habillai rapidement, ne voulant pas manquer mon rituel. Je mis ma baguette dans ma poche de jean, et sortis du dortoir, essayant de ne pas faire de bruit pour ne pas réveiller mes camarades de chambre. Lorsque je descendis les escaliers, je constatai que la salle commune était déserte. Silence complet. Il était encore trop tôt pour que les élèves daignent se lever. A part moi, évidemment. Mais encore là, je me démarquais. Je ne dormais jamais très longtemps, étant donné que mes cauchemars me sortaient généralement d'un sommeil profond, et ne pouvant pas me rendormir j'étais alors forcée - mais heureuse - d'attendre que le jour veuille bien se lever à son tour. Ainsi, je pouvais l'accueillir, et dans son levé il emportait tous mes rêves tortueux, balayant mes craintes et mes angoisses, et me montrant à nouveau que demain n'était pas encore écrit. Je voulais oublier le passé, et peu à peu, avec le temps, j'arrivais à faire abstraction des questions et des mystères qui me hantaient. A chaque fois, je faisais un pas vers la tranquillité. Hélas, chaque nuit, lorsque le soleil quittait le ciel et laissait place à la lune, mes bonnes résolutions vacillaient. La sphère argenté ne m'apportait que cauchemars, souvenirs douloureux et peurs, tout cela dans un tourbillon incessant qui gâchait mon repos bien mérité.

Je sortis de la salle commune des serdaigles, et traversai le château d'un pas pressé. Je ne voulais pas rater l'instant parfait, celui où les arbres, les animaux se réveillaient et chantaient en coeur. C'était idiot dit ainsi, mais c'était un moment...magique. Bien plus magique que deux trois sorts et une potion, là, c'était de la vraie magie. La beauté même de la vie. Près de la lisière des bois, se trouvait un tout petit endroit, caché par les buissons, une sorte de cercle entouré de feuillages et de fleurs, à l'ombre d'un grand saule. C'était mon endroit préféré. Un petit espace secret. Lorsque j'arrivai là bas, je me jetai dans la neige. J'inspirai longuement. C'était si beau. Fermant les yeux, je me concentrai sur les bruits alentours. J'entendais les oiseaux, le coulis de l'eau, la brise légère qui faisait danser les feuillages des arbres, les abeilles qui butinaient. Ca y est. Tout le monde était levé...Je restai un moment là, allongée dans la neige, sous le grand saule qui me dominait de toute sa hauteur. J'étais apaisée. Véritablement apaisée. Je perdis alors la notion du temps, et eu un sursaut en regardant l'heure qu'affichait ma montre. Le petit-déjeuner ! Je me levai et courus tout comme je l'avais fait pour venir. J'aimais bien courir dans la neige. Une vraie folle. D'ailleurs, c'était sûrement ainsi que certaines élèves me considéraient. Le rat de bibliothèque. La chouchoute de service. La folle dingue. La bizarroïde. Les élèves de Poudlard avaient une grande imagination quand il s'agissait de se moquer des autres, n'est-ce pas ? Qu'elle belle mentalité ! Une fois arrivée dans la cour, je ralentis le pas, et marchai jusqu'à la grande salle. Je m'assis à la table des serdaigles, et personne ne me demanda où j'étais, d'où je venais. Je n'avais pas beaucoup d'amis, pas vraiment d'ennemis non plus - quoique, cette année avait changé un peu les choses à ce niveau-là -. Je ne m'attachais pas généralement, jamais à vrai dire. Je préférais m'éviter ce genre de désagréments : toutes les histoires d'amitiés, d'amour, fraternité, ou que sais-je encore ?, se finissaient mal. Trahisons, morts, déceptions. Pourquoi m'infliger ça ? La distance : c'est bien ce qui me sauvait et ce qui, en même temps, me faisait du mal. Le petit-déjeuner se déroula sans encombres. Une fois encore, mon regard s'était attardé sur la table des serpentards : ignoble maison qui commençait à devenir bien trop influente à mon goût. Je chassai Lestrange, Dunkan, Avdeiv, et tant d'autres de mes pensées. Mais alors que je les chassais, une autre personne me vint à l'esprit. Et dans le même temps, mes yeux se posèrent sur la silhouette masculine assise derrière la table des professeurs. Le professeur Anderson était là depuis un moment à Poudlard, et pourtant cela ne faisait pas longtemps que je le connaissais - enfin, connaître était un bien grand mot. J'avais pris Astronomie cette année car la Divination ne me plaisait guère.

C'était la première fois que je m'étais retrouvée dans sa classe, et alors que je pensais que comme d'habitude tout allait bien se passer... les choses furent différentes. Depuis le début de ma scolarité, je n'avais jamais été aussi peu apprécié d'un professeur ! Je n'arrivais pas à comprendre - toutes mes remarques étaient justes, elles n'étaient peut être pas les plus brillantes, mais elles n'étaient pas fausses pour autant, et il trouvait toujours quelque chose à redire. Une remarque désagréable à mon encontre. Il semblait pourtant sympathique avec tout le monde, autoritaire, élégant, mystérieux...mais juste, et gentille. Il y avait une douceur dans son regard, une tristesse qui m'empêchait de le détester comme j'aurais du le faire. Oui, j'aurais certainement du. Hélas, rien que penser à son regard sur moi, sa voix chaude et masculine, son charme remplit de mystères... tout était tellement attirant chez lui. Pas seulement physiquement : il n'était pas ce qu'on pouvait appeler un Donjuan qui se préoccupait seulement d'avoir des abdos en bétons pour impressionner les femmes. Non, il n'était pas bien gros, un peu trop mince, plus grand que moi, sans être immense, et il avait toujours cette barbe de trois jours qui lui donnait un certain charme. Mais il y avait cette chose chez lui... ce petit truc, ces yeux dans lesquels on pouvait aisément se perdre, cette façon de se tenir, son attitude, ... son autorité, son intelligence. Oui, il était brillant. Et pourtant, il ne semblait pas m'aimer comme tous les professeurs de Poudlard le faisaient. Qu'avais-je fait de mal ?

J'étais encore perdue dans mes pensées lorsque le petit-déjeuner se termina. Nous étions Vendredi, et je commençais mon premier cours dans deux heures. Largement le temps de faire sortir les élèves en silence, et sans incidents de la Grande Salle. Au passage, Laura, une Serdaigle qui avait cours d'Astronomie avec moi me rendit le dernier devoir que j'avais rendu au professeur Anderson. Hélas hier j'avais été obligée de rater son cours pour assister à une réunion avec le directeur. Laura avait heureusement récupéré ma copie. Je la remerciai en tachant de faire un sourire convenable. Mais mon sourire s'effaça aussitôt. P. Piètre, autrement dit. J'ouvris la bouche, outrée. Mon devoir était pourtant bien ! Il m'avait mis toutes sortes de remarques dans la marge et dans l'appréciation. Je roulai le parchemin d'un geste rageur, et me dirigeai vers la tour d'Astronomie. Il fallait que je parle avec le professeur Anderson. Je savais qu'il n'avait pas cours la première heure de la journée. Très bien ! Il voulait jouer ainsi, parfait ! Mais j'exigeais des explications !

Il ne me fallut pas longtemps pour atteindre la porte qui m'intéressait. J'inspirai profondément, et toquai trois fois. Je n'étais jamais allée dans son bureau, et une certaine curiosité me serrait le ventre, tandis que j'essayais de paraître la moins désagréable possible. Calme....pas la peine de s'énerver.


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MessageSujet: Re: N'enlèves pas ton masque [ Anton V. Anderson ] Lun 27 Aoû - 13:51

    Anton se servit un café noir d’un mouvement de baguette magique. Un elfe de maison lui en apportait tous les matins depuis huit ans, le début de sa carrière de professeur. Il aimait l’odeur du café le matin, il le buvait en regardant le soleil se lever. Le soleil est en quelque sorte un inconnu pour Anton, le professeur commence ses cours lorsque l’autre se couche et termine de travailler lorsqu’il se lève. Comme une connaissance lointaine dont on sait l’existence mais avec qui on ne partage rien, aucune intimité, aucuns souvenirs. Le jeune homme sirote sa tasse, toisant l’astre du jour, le défiant presque du regard. Lorsqu’il a finit, il se décide à aller prendre son petit déjeuner dans la grande salle. Il reboutonne sa chemise blanche, dont il déboutonne le haut machinalement chaque nuit, et enfile une robe de sorcier noire avant de descendre de la tour d’astronomie vers la Grande salle.
    Assis à la table des professeurs, Anton n’a qu’une envie : aller se recoucher. L’inconvénient quand on est professeur d’astronomie, c’est qu’on est passionné par les étoiles. Et qui dit étoiles, dit nuits blanches. En effet, Anton dort peu, passe des heures et des heures à regarder dehors. La nuit. Comme les inuits qui ont des dizaines de mots pour parler de la neige, Anton en a des dizaines pour décrire la nuit, des étoiles et des astres. Ils peuvent être timides, superbes, fidèles. Luisants ou ténébreux. Il les connait par cœur, comme de vieux amis qu’il retrouve à intervalles réguliers. Combien se sont moqué de lui lorsqu’il a avoué son désir d’enseigner l’astronomie ? Ils disaient que ce jeune homme gâchait son talent, son temps. Anton ne les a pas écoutés. Comment enseigner la beauté du ciel à des gens si fermés d’esprits ? Des gens qui sont aujourd’hui ses collègues, ses amis. Assis autour de lui à cette table, buvant le même jus de citrouille et partageant son repas. Des gens qui dorment paisiblement puisque ils sont fatigués par de longues journées de cours. Ils parlent de leurs classes, de tel ou tel élève qui leur pose problème ou au contraire se révélait brillant. Dans cette dernière catégorie, le nom de Perséphone O’Connel est prononcé. Machinalement, Anton porta son regard sur la jeune fille, assise à la table des Serdaigle. Elle semble le regarder aussi. Ou peut être pas. Enfin, son regard était porté sur la table des professeurs. Pas forcément lui. Pourquoi ce serait lui ? Par Merlin, il est incapable d’avoir les pensées claires quand il la regarde. Il faut dire qu’elle est franchement belle. Pas mignonne comme beaucoup d’adolescente prépubère dans ce château mais belle comme une femme. Malgré ses 17ans. Il n’arrive pas à détacher son regard d’elle. Et comme souvent, il en est troublé. Anton tente de rien laisser paraître et pour cela, la fatigue est un excellent alibi, pas besoin de discuter avec ses voisins, ni de se justifier. Tout le monde sait que les horaires d’un professeur d’astronomie sont loin d’être idylliques. Il quitte la table en même temps qu’un bon nombre de ses collègues, quelques dizaines de minutes avant la première heure de cours du matin.

    De retour dans son bureau, Anton fait disparaitre la tasse de café qu’il avait laissé trainer d’un tour de poignet puis il range sa baguette dans sa poche. Il se dirige vers son bureau, décidé à y mettre un peu d’ordre après la nuit qu’il vient de passer avant d’aller faire une sieste. Des tas de copies traînent pêle mêle, mélangées aux notes de cours et de devoirs. Il fait un tas d’un mouvement de baguette puis grâce à un sortilège informulé les sépare par sujet. A droite, ses cours . A gauche, les devoirs des élèves qu’il doit corriger. Il fait le tour et s’assoit à son bureau, corriger les copies allait lui permettre de trouver le sommeil. Il s’attaque à la première copie d’un élève de cinquième à Poufsouffle lorsque le bruit de quelqu’un toquant timidement à sa porte l’interrompt. Sans lever la tête de sa tâche – c’est certainement un collègue – il clame « Entrez » d’une voix neutre et détachée. Il relève mécaniquement la tête, sans arrêter de penser à ce qu’il est entrain de faire, pour voir qui entre dans son bureau. Il est surpris de découvrir Perséphone O’Connel. La dernière personne qu’il pensait voir ici, en dehors de ses cours. Il se demande ce qu’elle veut lorsqu’il remarque un parchemin roulé en boule dans sa main. On distingue assez nettement le P écrit à l’encre noir sur ce parchemin. C’est le devoir qu’elle lui a rendu. Une amie à elle l’avait récupéré auprès du professeur hier et vu la petite veine qui battait nerveusement près de la tempe de la jeune fille, elle venait de découvrir l’affreuse note. Affreuse ? Oui, il faut l’avouer. Piètre est une mauvaise note, elle signifie un échec dans la matière aux BUSE ou aux ASPIC. Une note à laquelle Perséphone ne doit pas être habituée. Perséphone, préfète en chef, élève à Serdaigle est une excellente élève, dans les autres matières. Sa réflexion n’est pas stupide, bien au contraire, elle rayonne d’intelligence et cela est d’autant plus dérangeant. Si elle avait été simplement belle, alors Anton serait simplement victime de ses hormones et de ses désirs biologiques. Or, la brillante intelligence et la remarquable curiosité de Perséphone ne l’aidait pas à la voir comme une simple élève.

    « Mademoiselle .. O’Connel ? Que faites-vous ici ? » Son ton est plus sec qu’il le voudrai. Il prend les copies qu’il était entrain de corriger et en fait un tas qu’il dépose à un coin du bureau car, de toutes évidences, il ne finirait pas de les corriger maintenant.
    Anton fronce les sourcils, il tente de se souvenir du devoir de son élève. Était-il si mauvais ? Hum.. la question n’est pas là de toute façon. Il désigne d’un signe de tête le parchemin qu’elle tient et, tout en rangeant sa plume d’une main, lui demande d’un air faussement désolé.

    « Je me doutais bien que le soin n’est pas votre qualité première, mais il n’était pas nécessaire de le rouler en boule. Ce devoir était déjà un torchon quand vous me l’aviez rendu. »

    Bon, ça c’est peut être pas tout à fait vrai, la partie rationnelle d’Anton tente lui faire savoir. Perséphone est une élève ... perturbante et ses devoirs méritent certainement la note qu’il leur donne –ou pas, mais c’est une autre histoire – cependant, c’est une élève appliquée. Simplement, cette remarque acerbe est sortie toute seule. Une riposte à sa simple présence dans cette salle. Il s’adosse complètement dans sa chaise et plonge son regard dans celui de la jeune femme. Ses yeux sont d’un vert émeraude flamboyant et, heureusement pour Anton, ils ne sont pas capables de l’assassiner sinon ils le feraient sans hésiter. Pourtant, il soutient son regard, persuadé que sa remarque acide ferait fuir l’élève in désirée. Ou plutôt, trop désirable. Mais elle ne semble pas vouloir s’en aller. Elle a plutôt l'air .. un peu nerveuse.
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MessageSujet: Re: N'enlèves pas ton masque [ Anton V. Anderson ] Mar 28 Aoû - 14:21

Je n'avais pas attendu longtemps. Il n'avait pas tardé à réagir, et sa voix s'était élevée pour me dire d'entrer. Son ton avait été détaché, mais je savais pas expérience - depuis le début de l'année...- que ça ne durerait pas en ma présence. Et pour preuve : son visage en disait long. Il paraissait surpris, mais pas dans le bon sens du terme, enfin c'était ce que j'en concluais. Le professeur Anderson était toujours ainsi avec moi, beaucoup trop sévère et pour des choses futiles. A croire que tout était un prétexte pour me faire des remarques acerbes et méchantes, souvent totalement injustifiées. Méchanceté gratuite. Sauf que je ne pouvais pas vraiment penser qu'il était méchant, au fond de lui. Peut-être se donnait-il ce genre là juste pour appuyer son autorité de professeur ? Beaucoup le faisaient. Mais je ne voyais pas l'intérêt pour lui : il avait déjà une grande facilité à se faire respecter, et puis il n'était pas ainsi avec d'autres élèves, du moins pas avec ceux qui ne le méritaient pas. Merlin ! Qu'avais-je fait de si horrible ? L'avais-je vexé à la rentrée ? Je n'étais pas arrivée en retard, n'avais pas bavardé, ou rien qui aurait pu être mal interprété, alors pourquoi avoir une dent contre moi ? C'était ridicule ! Et totalement inédit pour le coup. Je ne savais pas quoi faire, ou quoi dire. Surtout lorsqu'il posait un regard si profond et intense sur moi. Dès que j'étais entrée, j'avais sentis le poids de son regard, et mon calme précaire avait volé en éclat. Ce n'était pas lui qui m'énervait soudainement, c'était l'affreuse constatation : je ne pouvais pas détacher mes yeux des siens, et à présent tout mon corps en était troublé. Je tentai de prendre une attitude détendue. Au maximum. Sauf que rien n'y faisait : j'étais troublée, énervée, complètement chamboulée. Comme toujours lorsque j'étais dans la même pièce que lui. Lui et son charme, lui et son autorité plus que troublante, et sa façon toujours élégante de se déplacer, de parler. Mes pensées allaient un peu trop loin que pour je me le permette, alors je revins vite au présent. Le professeur Anderson m'avait parlé, et je fus gênée d'être restée plantée là, juste à l'entrée. Alors j'avançai d'un pas rapide vers lui, décidée.

- Navré de vous déranger professeur, mais je voulais vous parler en privé...de quelque chose..qui m'ennuie.

Il était devenu ou plutôt re-devenu l'homme sec et froid qu'il était avec moi. Oublié le ton détaché et neutre du début ! Bye-bye les sourires sympathiques ! Bonjour la froideur et la dureté de ses traits, la sècheresse de ses paroles, et la moquerie de ses répliques. Il le confirma juste ensuite soit dit en passant, mais cette fois-ci je ne voulais pas me laisser faire. Ah non ! Ça avait assez duré ! Et puis, tant pis s'il n'appréciait pas ! Il était peut-être professeur, et en l'occurrence mon professeur, mais il n'avait pas à se permettre ce genre de remarques! Vexée, et en colère je jetai sans douceur le devoir froissé sur son bureau.

- Oui, et bien vous allez devoir vous contenter de ça professeur. Car avec tout le respect que je vous dois, je ne mérites nullement cette note. J'ai passé des heures à faire ce devoir, je l'ai relu, re-relu, et je n'ai trouvé aucune incohérence qui justifie une telle note. Je ne dis pas que ça vaut un Optimal, mais ça vaut au moins un Acceptable ! Le devoir est soigné, organisé, et mes remarques sont toutes justifiées par des exemples que j'ai pu trouver dans des ouvrages que vous nous avez conseillé. Je ne comprends pas que vous me mettiez une note comme... Piètre ! fis-je en crachant le mot avec dégoût. Alors s'il vous plait, auriez-vous l'obligeance de relire mon devoir , ou au moins de me dire précisément ce qui ne correspondait pas à vos attentes ?

Au fond, je sentais que ça n'avait rien à voir avec mes compétences en la matière. Je n'étais pas une mauvaise élève en Astronomie ! J'adorais cette matière, les étoiles... comment aurais-je pu ne pas aimer les étoiles ? La nuit et moi entretenions une longue relation, souvent bouleversée par d'horribles cauchemars, mais combien de fois avais-je regardé les étoiles pendant des heures, ne trouvant point le sommeil ? Combien de fois m'étais-je amusée à reconnaître les différentes constellations dans le ciel sombre ? J'aimais l'Astronomie, ce n'est pas comme s'il s'agissait de Divination, ou même de sport - oui, j'étais une catastrophe sur un balais - alors avec toutes mes connaissances concernant les étoiles, je ne pouvais imaginer être aussi nulle ! Je m'étais appuyée sur mes cours, mes notes, mes livres pour faire ce devoir. Ça n'avait aucun sens ! Sauf si... Je croisai les bras, face à lui et nullement impressionnée, bien que le trouble que provoquait toute sa personne en moi était toujours bien là. Des flocons de neige retombaient toujours de mes cheveux, et de mon écharpe mais je ne m'en préoccupais pas.

- A moins que vous n'avez jamais eu l'intention de me donner une bonne note..., insinuai-je.

Il n'apprécierait pas, c'était certain. Je remettais son professionnalisme en cause, et sa manière de traiter les élèves en cours. Mais peu importait ! Je voulais des réponses, des preuves, et surtout une bonne explication
!
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MessageSujet: Re: N'enlèves pas ton masque [ Anton V. Anderson ] Jeu 30 Aoû - 20:59

    Perséphone franchit les quelques mètre qui la séparait du bureau d'un pas décidé, voire furieux. Elle jette sans ménagement son devoir sur le bureau. Déjà froissé, il finit sa course étalé sur le bois sombre, Anton ne bouge pas d'un pouce, les bras toujours croisé, bien adossé dans son fauteuil. Il suivit simplement l'envol du parchemin des yeux. Puis il reporte son attention sur son élève. Il reste muet pendant la tirade énervée de la jeune fille qui ne prend pas un instant pour respirer. A croire que si elle s'arrêtait, elle ne retrouverait jamais le courage de lui dire tout ça. Elle veut que le professeur relise son devoir, parce que selon elle, il l'a sous notée. Anton lève un sourcil peu convaincu. Relire son devoir ? L'aplomb de son élève le fait sourire. Intérieurement bien sur, parce que sa présence le rend crispé, il se force à être impassible tout en sachant que chaque mimique de son corps trahit ses pensées. Perséphone lui rappelle .. lui même à son âge. Brillant et persuadé que cela ouvre toutes les portes. Il ramasse le devoir de Perséphone et le remet en un tas droit, les feuilles alignées entre elles et d'un geste mécanique il tente d'aplatir en vain les coins cornés par le vol.

    « Vous avez beaucoup d'arrogance, Mademoiselle, pour prétendre que je suis incapable de noter correctement une copie. Si vous n'avez trouvé aucune incohérence, c'est ce qui fait la différence entre l'élève et le professeur. Je ne vous donnerais pas d'exercice à rendre si vous étiez capable d'en voir les pièges et de le corriger vous même. C'est mon travail de relever les erreurs. Et votre devoir en comportait un nombre conséquent. » Anton arrête de lisser le parchemin et croise à nouveaux ses bras. « Je dis souvent à mes élèves qu'ils ont la note qu'ils méritent. Vous avez travaillé dur, soit. » Il hoche la tête pour appuyer ses dires. «  Mais pas assez de toute évidence. Il ne suffit pas de lire un manuel pour comprendre les subtilités de la matière. L'astronomie ce n'est pas comme les sortilèges où il suffit d'apprendre des formules par coeur. Ici, on parle d'observation et d'attention. Des choses que l'on ne peut apprendre dans les livres. » Il marque encore une pause pour que son discours fasse son effet. Puis choisit de l'achever. « Et pour le soin, je ne reviendrai pas dessus, quatre fautes d'orthographe en six pages. Heureusement que vous ne visiez pas un Optimal parce que c'est inacceptable de ne pas savoir écrire correctement en septième année. »

    Le ton est sec mais pas méchant. Juste .. franc. Anton la fixe quelques instants, il s'attend à la voir tourner les talons, sortir de son bureau en pleurant. Ce genre de choses arrivent parfois. Mais Perséphone reste droite, face à lui. Elle lui ressemble bien plus qu'il ne le pensait. Il veut mettre fin à cet entretient. Il n'aime pas particulièrement être si rude avec ses élèves. Ce n'est pas le genre à les couver, à se préoccuper de tous leurs petits sentiments mais lorsqu'ils ont des problèmes, ils savent qu'Anton sera prêt à les aider. Il est franc et se fait très facilement respecter en cours, cependant, il est juste. Et ses élèves le respectent. Il n'a jamais besoin d'utiliser l'humiliation publique ou la méchanceté pour obtenir ce qu'il veut. Mais face à Perséphone, il n'arrive pas à réagir autrement. Pour lui signifier qu'il est temps pour elle de quitter ce bureau, il prononce la sentence irrévocable.

    « De toute façon, je ne relis jamais un devoir, je ne change jamais de note. Je vous ai mis Piètre et vous le garderez. »

    La jeune fille semble réfléchir, un blanc s'installe entre eux. Anton l'observe. De petits flocons de neiges volètent autour d'elle dans le halo de lumière que la fenêtre leur offre. Le soleil, fraîchement levé, baigne de lumière cette scène d'un romantisme digne d'une comédie romantique pour adolescente. A la tempe de Perséphone, sa veine s'agite témoignant de sa tension. Elle est énervée, furieuse contre lui pour cette note pitoyable. Lui, il n'est pas .. furieux. Il est tendu. Incroyablement tendu, tous les muscles de son corps contracté comme un animal sauvage qui s'enfuirait à la moindre menace. C'est elle qui rompt le silence. Et comme un défi, elle lui fait comprendre que dans tous les cas, il lui aurait mis une mauvaise note. Le regard du professeur s'assombrit. Pourquoi aurait il fait ça ? Parce qu'il n'a jamais traité cette élève comme tous les autres ? Parce qu'il n'arrive pas à ne pas lui en vouloir ? Alors qu'en réalité, à travers elle, c'est à lui qu'il en veut , il s'en veut d'être ainsi tenté par la jeunesse de Perséphone. Cependant, ce n'est pas pour cette histoire stupide de désir frustré qu'il irait jusqu'à mettre une note injustifiée à une élève. Sauf s'il cherchait à tout prix à faire fuir cette élève, loin de lui pour qu'elle sorte de ses pensées. Et encore une fois, au lieu de céder à la vérité, il continue dans son combat contre Perséphone. Il perd un peu de son calme légendaire et hausse la voix. Il ne se met pas non plus à hurler mais il n'est pas dur de comprendre qu'elle a touché un point sensible.

    « Quelle arrogance ! Qu'êtes vous entrain d'insinuer ? Que je ne sais pas faire mon travail ? Que vous êtes une élève telleeeement brillante que tout le monde devrait céder à vos caprices et vous inonder d'Optimal ? Vous n'êtes pas le centre du monde. Si certains de vos professeurs vous traitent avec plus d'égards que vous le méritez, je n'y suis pour rien. Je vous l'ai déjà dit, vous avez la note que vous méritez. » Il marque une pause et affiche un sourire forcé. «  Je n'en reviens pas, vous croyez que je n'ai que ça à faire ? Si vous vous sentez persécutée, allez vite voir l'infirmier, c'est une pathologie grave nommée la paranoïa, Mademoiselle. »

    Il se lève, tout en prenant appui avec ses poings sur le bureau. Il sent qu'il perd le contrôle, alors il prend le parchemin et lui tend. Le « P » griffonné à l'encre noir, source de cette conversation houleuse, semble les narguer tous les deux. Il respire profondément, à la recherche d'un peu de calme.

    « Maintenant, reprenez votre devoir et retournez en cours, sinon je vous donne deux heures de colles pendant lesquelles vous aurez tout le temps de me rendre une autre copie. Et à l'avenir, je vous prierais d'être moins insolente et de faire preuve d'humilité. »

    La jeune fille allait abandonner si facilement ? Anton ignore si la menace de deux heures de colles sera suffisante pour la faire sortir de ce bureau, mais s'il fallait qu'il aille jusque là pour qu'elle le déteste à tel point que l'idée de se retrouver encore une fois seule avec lui la terrifie, alors il n'hésitera pas une seule seconde.
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MessageSujet: Re: N'enlèves pas ton masque [ Anton V. Anderson ] Ven 31 Aoû - 10:06

La colère ne cessait de monter, et de monter encore plus. Finalement, le calme précaire qui avait été le mien quelques minutes plus tôt s'était vite envolé vers des contrées plus lointaines, où il n'y avait ni rage, ni incompréhension, ni atmosphère électrique dans l'air. Un endroit sans tension , désir, ou pensées refoulées. Car pour l'instant, dans cette même pièce, il était presque impossible de conserver son calme. Pourquoi en aurait-il été ainsi d'ailleurs ? Parce que c'est un membre du corps enseignant, et que je suis son élève...censée le respecter et lui parler comme s'il était un Dieu quelconque ? Non ! Je refusais ! Il ne faisait aucun effort avec moi, pourquoi en ferais-je avec lui ? Il ne méritait pas ce genre de traitement. Je voulais lui montrer qu'il n'était pas impartial, qu'il y avait quelque chose qui clochait lorsqu'il s'adressait à moi. Toujours, cette tension dans sa voix, dans ses yeux, et pourtant les traits de son visage restaient de marbre, mais je savais qu'il cachait ce qu'il ressentait. Que voulait-il donc ? Me forcer à abandonner son cours ? Car c'était tout ce qu'il y gagnerait à me traiter ainsi, comme une moins que rien ! Pour qui se prenait-il donc ? ! Il était professeur, certes, mais ça ne lui donnait pas ce droit ! Ah non !

- Moi ? Arrogante ?! fis-je, outrée. Ne me prêtez pas ce genre de défauts Monsieur, vous ne me connaissez nullement pour me juger arrogante. Je suis réaliste, ce devoir était mieux que certains autres de la classe. J'ai bien travaillé, et je ne dis pas qu'il est parfait. Je n'ai jamais exigé un Optimal, mais ça valait un Acceptable, au moins! Piètre n'est définitivement pas la note que ce devoir vaut! Je ne prétends pas non plus être mieux placé que vous pour le savoir, mais j'ai fourni un travail considérable sur cette leçon, et je n'ai jamais manqué un seul de vos cours. J'ai passé des soirées à examiner cette leçon, à essayer de comprendre, et je n'ai pas tout lu dans des manuels! Je suis allée à la tour exprès pour regarder les étoiles, observer ces phénomènes! - j'avais un peu haussé la voix, alors je pris une respiration avant de continuer, plus calmement, mais aussi plus froidement - Quant au soin de ma copie, je suis navré mais j'ai fait six pages alors qu'il n'était prévu d'en faire que cinq. Bizarrement, tout ce que vous en retenez est que j'ai fait quatre malheureuses fautes...

Mais il n'en resta pas là. Bien au contraire, ces paroles furent le signal d'alarme qui me disait qu'il était temps d'arrêter là et de sortir de ce maudit bureau. Sauf que voilà, je n'écoutais jamais. J'étais trop butée pour ça, et je sentais que j'avais mis le doigt sur quelque chose. La vérité, peut-être. Je pris un air plus doux, contenant ma colère.

- Vous pourriez faire un effort pour cette fois-là, dis-je en grinçant presque des dents.

La situation me rendait furieuse. Pourtant, Merlin savait à quel point il m'était peu habituel de parler ainsi à un professeur ! Mais...ce n'était pas juste un professeur. C'était celui dont je rêvais chaque nuit depuis le début de cette année scolaire, dont mes pensées étaient hantées en permanence. Je ne comprenais pas ce qui m'attirait tellement chez lui - à part des qualités physiques évidentes - , étant donné qu'il agissait avec moi de manière si désagréable.. mais il n'empêche que j'étais bel et bien attirée par lui. Mon professeur d'Astronomie....avait-on déjà vu cela arriver ? Certainement. Ce n'était pas la première fois qu'une élève fantasmait sur un de ses professeurs, mais il fallait bien dire que celui-ci était spécial. Ce n'était pas un jeune homme naïf, encore en pleine puberté, et ne pensant qu'à sa petite personne ou à sa côte de popularité : c'était un homme, un vrai, et bien plus âgé que moi. Il avait vécu des choses, avait une vie à lui, une autorité inébranlable... comme j'étais stupide! Il devait être marié, fiancé, et même sûrement avoir des enfants... Je n'étais rien moi. Juste une élève comme les autres. Alors pourquoi ne me traitait-il pas comme les autres ? Pourquoi être si désagréable et injuste ?

Et la suite fut pire. Après l'insinuation que je venais de lui faire, il était rapidement monté sur ses grands chevaux, et j'avais failli reculer tellement sa colère me prenait à la gorge, aux tripes. Je devais avouer que le voir s'énerver était toujours impressionnant - je ne l'avais vu qu'une seule fois se mettre en colère, contre un élève turbulent - et mon coeur eu un raté. Sa voix résonnait presque en moi tant je me heurtais de face à son autorité de professeur. Et il se leva, appuyant ses poings sur son bureau, légèrement penché. Il n'y avait même pas un mètre qui nous séparait, et j'étais sûrement folle de penser cela à ce moment précis, mais...Merlin ce qu'il était beau dans cet état de rage. Il a du mal à garder son calme en tout cas, car sa respiration n'arrive pas à se stabiliser, je le sens, je l'entends. La mienne en est au même point. Trop de tension d'un coup. Il me tend ma copie, et je la saisi d'un geste vif, touchant ses doigts, sa peau. Ça ne dure qu'une demi-seconde, mais je ressentis automatiquement des picotements au bout des doigts. Le regard dur, je ne lâche pas l'affaire.

- Si je suis arrogante, vous vous êtes injuste! Je ne vous dis pas comment faire votre travail, mais vous pourriez au moins vous remettre en question de temps en temps. Il se peut que vous ayez fait une erreur : mon devoir n'est pas le meilleur, d'accord, je l'acceptes volontiers. Mais s'il vous plait - tentative de politesse, qui avec ce ton là ne servait à rien - prenez en compte ce que je vous ai dit. Je sais comment ça fonctionne, vous êtes fatigué, une tonne de copies à corriger, et bizarrement celle qui est toujours en dernier trinque! Relisez-la au moins une fois professeur.

Fronçant les sourcils, je m'avançai un peu plus, pliai en deux mon devoir et le reposai sur son bureau. Je me penchai un peu plus vers lui, et même si dans la position qu'il avait adopté il me dominait, je tentais d'y remédier en m'appuyant également sur le rebord de son bureau. Je le regardai droit dans les yeux pour lui montrer que je ne renoncerai pas si facilement.

- Si vous le relisez j'oublierai que vous êtes désagréable avec moi depuis le début de cette année. Car de toute évidence, j'ai fait quelque chose qui vous a donné envie de me détester... le truc c'est que je n'arrive pas à comprendre quoi. Et si me mettre des heures de colles vous fait tant plaisir, grand bien vous fasse! J'avais presque oublié qu'il y avait tant d'intérêts à être professeur ... comme mettre des heures de retenues à une élève qu'on ne supporte pas....

Pour le coup, c'était un vrai risque. Une question aussi : " Pourquoi ?". Je voulais savoir, il le fallait sinon je risquais probablement de devenir folle...
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MessageSujet: Re: N'enlèves pas ton masque [ Anton V. Anderson ] Dim 2 Sep - 15:24

    Bien qu'il ne l'admettrait jamais, Anton est étonné de l'envie, de la motivation que Perséphone a mis dans son devoir. Venir à la tour, en pleine nuit, pour regarder les étoiles, tout ça pour un stupide devoir. Parce qu'il faut le dire, peu d'élèves s'investissent autant dans sa matière. Il arrive à leur donner le goût de l'astronomie pendant le cours, la plupart des élèves sont attentifs, même intéressés par ce qu'il raconte. Mais aucun n'est passionné. Et aucun n'aurait sacrifié quelques heures de sommeil pour rester immobile à observer le mouvement des astres. Bien sûr, il sait que Perséphone est une bonne élève, sa réputation, sa maison, ses interventions, tout ces choses l'avaient prévenu. Cependant, il ne pensait pas un seul instant qu'elle accordait autant de crédit à sa matière. Il en fut flatté et agréablement surpris. Bien qu'en cet instant, il ne montre rien. La discussion avait tourné à la joute verbale, chacun hausse la voix pour parler plus fort que l'autre. De sorte que bientôt, on les entendrait depuis la lisière de la forêt interdite.

    La jeune fille campe sur ses positions et, son professeur aussi. Lorsqu'elle lui demanda de faire un effort, il sut qu'il ne le ferait définitivement pas. Céder, maintenant, au moment où cette discussion avait tourné au combat de coq, ce serait admettre sa défaite. En tant que professeur, il s'était toujours assuré de ne pas perdre la face devant ses élèves. Il a appris en s'occupant de ses jeunes soeurs que l'autorité se gagne chaque secondes et n'est jamais acquise. Il faut sans cesse la conquérir. Et ne pas laisser une élève avoir le dernier mot est une façon de la garder. Anton a aussi sa petite fierté, revenir sur ses principes parce qu'une élève lui demande, ce serait accepter d'avoir tort. Et même si l'élève en question est Perséphone O'Connel, il ne faut pas que ça change quoi que ce soit. Son comportement, ses pensées ne doivent pas être perturbées par sa présence. Sa douce présence. La jeune fille récupère son devoir et leurs mains se frôlent, contact éphémère qui lui délivre un frisson électrique remontant le long de son dos. La distance qui les sépare est si mince qu'il voit ses sourcils se froncer imperceptiblement, il ne la quitte pas des yeux, il voit sa poitrine se soulever par saccades irrégulières à cause de la rage qui l'occupe. Elle est vraiment décidée. Cette histoire a l'air de lui tenir vraiment à coeur. Quant à Anton, bien qu'énervé, tente de se contrôler. Il baisse d'un ton, mais son ton est toujours sec et, il le voudrait, sans appel. Cependant, il ne bouge pas d'un pouce, ainsi en position de force et assez intimidant.

    « Pour la dernière fois, je ne remets pas en cause votre travail. Mais le résultat. Pourquoi vous ne voulez pas simplement accepter d'avoir rendu un très mauvais devoir ? Pourquoi chercher le mal là où il n'est pas ? Je ne relirais pas cette copie. C'est un principe et vos jérémiades n'y changeront rien. C'est mon dernier mot, Mademoiselle O'Connel. Je me fiche bien de vos considérations et de votre avis, je n'y jetterais même pas un oeil et je maintiens que votre arrogance n'a d'égal que votre insolence. »

    Elle adopte la même position que lui, face à face, les yeux dans les yeux, mais il la dépasse toujours de quelques centimètres,ce qui est étrange c'est qu'il ne semble pas l'intimider plus que ça. Oh bien sûr, elle ne semble pas très à l'aise, mais elle arrive à soutenir son regard. Son élève n'est décidément pas à abandonner. Et après, elle le croit pas quand il dit qu'elle est arrogante ! N'importe quel autre aurait déjà fait demi-tour, aurait reconnu sa défaite et n'aurait osé défier encore un peu plus le professeur Anderson. Définitivement , Perséphone n'est pas n'importe quel autre. Et, même si tout de suite, elle l'insupporte au plus haut point à remettre en cause la moindre de ses paroles, décidée à se battre jusqu'à son dernier souffle, Anton doit reconnaître que cela lui plait et que la détermination la rend plus attirante encore. Pour la faire taire une bonne fois pour toute, il doit employer la manière forte. Les menaces ne marchent pas et l'insolence de la jeune fille grandissait de minutes en minutes. Il faut frapper fort et vite. En un éclair, il fouilla sa mémoire et se souvint ce qu'il aurait détesté entendre, lorsqu'il avait l'âge de Perséphone – Merlin ! Ça date ! Elle est si jeune.. - et puisqu'elle lui ressemble, il suffit de répéter ce qu'il n'aurait jamais supporté d'entendre. Il ne se doute pas un instant que si pour lui, le pire qu'il pouvait entendre était d'être ordinaire, ses paroles allait toucher Perséphone pour une autre raison. Il ne se doute pas un seul instant ce qui se passe dans la tête de Perséphone, de cette attirance qu'elle tente, elle aussi, de refouler. D'un ton dédaigneux et presque méchant, le but étant de la vexer, il lui réponds très calmement.

    « Vous pensez que j'accorde une quelconque importance à votre jugement ? Pour détester quelqu'un, il faut lui accorder de l'importance. Je suis désolé de vous apprendre que vous n'êtes qu'une élève parmi tant d'autres, je n'ai aucune raison de vous détester, je corrige vos devoirs, je tente de vous apprendre cette matière – au combien difficile – que l'on nomme astronomie en vue de vos ASPIC. Rien de plus. Cessez de croire que le monde tourne autour de votre petite personne, reprenez votre devoir, votre sac et retournez dans votre salle commune. » Il marque une pause, reprenant son souffle. « Et comme promis, vous viendrez mardi soir en retenue, je ne tolère pas l'insolence. Rappelez vous que je suis le professeur et vous l'élève. Et effectivement, il y a des avantages à être de mon côté du bureau. Vous aurez ainsi, tout le loisir de me rendre un autre devoir que je noterai. »

    Anton se traite intérieurement de tous les noms. Il aurait pu relire ce devoir, lui accorder cet acceptable qu'elle mérite certainement et s'attirer ainsi son amitié. Et de fil en aiguille, ils auraient sympathisé et lorsqu'elle aurait quitté Poudlard … On peut toujours rêver hein ? Les contes de fée c'est bon pour les enfants. Anton le sait, il l'a toujours su. Ce n'est pas un homme qui court après le Grand Amour. Il fait partie de ces gens qui font une brillante carrière et meurent seuls. La façon dont elle le regarde, cette étincelle dans ses yeux, cette veine qui bat trop rapidement à ses tempes. Elle le déteste. Comment pourrait elle l'apprécier ? Il se comporte comme un con avec elle. Et c'est plus fort que lui. Si son ton est moins méchant, il est toujours sec et froid.

    « J'ai une question pour vous, pourquoi est-ce si important de changer cette note ? Et de savoir pourquoi je suis .. » Il baisse les yeux, cherche ses mots et relève la tête, replongeant ses yeux dans le regard de Perséphone. « Soit disant, si désagréable envers vous ? »[/color] Il insiste bien sur le « soit disant », cependant assez curieux de la réponse et essayant de détourner la conversation du terrain où elle s'enlisait puisqu'il ne relira pas son devoir.
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MessageSujet: Re: N'enlèves pas ton masque [ Anton V. Anderson ] Dim 2 Sep - 22:56

Il ne cillait pas, restait de marbre comme un rocher en pleine tempête : immobile et stable. Comme s'il se fichait du vent, de la pluie et du tonnerre. Anton était pareil, et outre le fait que son ton à lui aussi montait, il restait sur ses positions depuis le début. Il n'était pas prêt de changer d'avis, et je le savais. Après tout, je n'allais pas en changer non plus alors pourquoi en serait-il différent pour lui ? Nous étions deux têtes de mules apparemment, aussi butées l'une que l'autre. Sauf que l'autre, était un professeur et moi...une élève qui lui devait respect et obéissance. Tout le contraire de ce que j'étais en train de faire, autrement dit. Je n'avais jamais manqué de respect à un membre du corps enseignant, mais avec le professeur Anderson, c'était un cas tout à fait inédit. Je me sentais mal à l'aise, autant que furieuse. Trop d'émotions se bousculaient dans ma tête sans que je ne puisse les en empêcher. Aurais-je mieux fait de ne pas venir me confronter à lui au sujet de ce devoir ? Probablement. Mais je ne le regrettais pas. Il fallait que je saches, et pour cela il n'y avait pas trente-six mille solutions. Sauf qu'il ne lâchait rien : pas une seule petite information qui m'aurait renseigné sur le pourquoi du comment. Et s'il continuait à dire que j'étais d'une insolence et d'une arrogance exceptionnelles, c'était surtout pour éviter de se remettre, lui, en question. Ce n'était pas moi l'arrogante ! Mais bien lui! Comment un professeur pouvait enseigner de la meilleure manière qui soit, s'il ne savait pas remettre ses méthodes de travail en question, en changer et voire même admettre qu'il avait fait une erreur ?! Il était humain, non ? Il commettait des erreurs. Tout comme moi , sauf que je ne prétendais pas être parfaite. Il comprenait tout de travers ! Je voulais qu'il relise mon devoir, et c'était seulement du au fait que je sentais bien depuis le début de cette année qu'il y avait une chose étrange, anormale, dans son comportement envers moi. Je ne supportais pas l'injustice, et pour une personne qui semblait juste et droite...le professeur Anderson semblait avoir fait une exception me concernant. Du moins, c'est ce que je pensais. Mais je me gardais bien de le dire clairement et à voix haute. Je l'avais assez énervé pour la journée.

Aussi, lorsqu'il me fit savoir qu'il ne relierai pas ma copie et qu'il se fichait de mon avis et de mes considérations, je ne dis mot. J'encaissai sans rien dire, et la suite fut bien pire. Alors que j'étais penchée sur son bureau, proche de lui et pourtant les idées à un million de kilomètres des siennes... il abattit ses dernières cartes maitresses. Autrement dit, il venait de détruire l'espoir stupide et naïf qui s'était installé dans mon esprit l'espace de quelques instants. Rien que le mépris, le dédain dans sa voix avait réussi à me blesser plus profondément que je n'aurais bien voulu l'admettre. Et il blessait là où ça faisait le plus mal : l'orgueil. La méchanceté dont il faisait preuve dans ses paroles me prit aux tripes, me retourna l'estomac et je déglutis. Il ne mentait pas, j'en étais sûr.Il avait raison finalement, j'avais été arrogante de croire qu'il pouvait m'accorder assez d'importance pour me détester. Je n'étais rien à ses yeux, juste une élève, il avait été assez clair sur le sujet. Je me reculai, enlevant mes mains de son bureau et lui lançai un regard sans expression, froid...

- Très bien. A Mardi dans ce cas professeur Anderson.

Je n'avais rien su dire d'autre, et ma voix était ...éteinte. J'avais déjà du mal à retenir les larmes qui risquaient fort de me monter aux yeux, trop fière pour pleurer ou même admettre le fait de pleurer pour une chose si stupide. De toute façon, il ne représentait rien pour moi. Pas plus qu'un professeur. J'avais juste une légère attirance, certes...pas réciproque, certes.. et pour une personne qui semblait être plus méchante que je ne l'aurais deviné. Ce que je voyais du professeur ne me plaisait guère, alors pourquoi continuais-je à être troublée par lui, attirée même lorsqu'il me repoussait le plus ouvertement du monde, moi et ma stupide copie ? Quelle naïve je faisais...quelle cruche. Je pris ma copie, la pliai soigneusement, et commençai à tourner les talons et à me diriger vers la porte quand la voix du professeur me fit me retourner. La main sur la poignée, je me stoppai net, et tournai mon regard vers lui.

- Sûrement une vaine tentative de ma part de vous laisser être un bon professeur : je vous mets un Piètre Monsieur. Mais vous mériteriez un Troll. Bonne journée.

Comme dans un dernier effort, j'avais voulu le blesser. Autant qu'il me blessait. De toute manière j'étais déjà collée, alors je pouvais bien me le permettre. Moi...collée. Je n'en revenais pas : mon coeur battait à cent à l'heure, mes mains tremblaient. Je n'avais jamais osé parler à un professeur de cette manière. Je claquai la porte en sortant. La retenue allait être salée...



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N'enlèves pas ton masque [ Anton V. Anderson ]

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