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Beauty Of the Dark [ Rabastan Lestrange ] Premier Jour

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6ème année ϟ Attrapeuse


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MessageSujet: Beauty Of the Dark [ Rabastan Lestrange ] Premier Jour Ven 31 Aoû - 17:04

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* CRAC *

Il apparut dans un bruit sec et sonore, qui ne retentit que l'espace d'un instant. Une demi-seconde à peine, et il était là. Juste devant moi, à travers la noirceur de la nuit, sa silhouette s'était dessinée et approchait lentement. Je n'avais pas bougé, les mains dans les poches de ma veste en cuir noire, les yeux rivés sur cette obscurité. Elle ne me gênait pas, mes yeux s'y étaient habitués depuis le temps que j'étais là, à attendre. Nous n'étions pas loin de l'auberge de jeunesse moldue ; j'étais passée par la fenêtre de la chambre qu'on m'avait assigné et était descendue jusqu'à la fenêtre voisine, pour enfin atterrir dans la rue, et j'avais filé sans faire de bruit. J'avais marché quelques mètres plus loin, assez pour que personne ne puisse ni nous entendre, ni nous voir. Puis, ayant repéré plus tôt dans la journée un petit cabanon abandonné, et délabré, je m'étais planquée juste derrière, à l'abri des regards.

- Personne ne sait que tu es là ? dit-il , sa voix ne fut qu'un murmure.

Il était arrivé à ma hauteur, et son visage me paraissait tranquille. A vrai dire, avec si peu d'éclairage, je n'aurais même pas pu voir si son visage avait été colorié de rouge et de vert. Je savais qu'il était tranquille, calme et froid, car il était toujours ainsi. Son visage demeurait inchangé, peu importait la situation. A se demander s'il était réellement vivant parfois tant son corps, son visage, et même ses cheveux restaient immobiles. Toujours habillé de noir, parfois il osait une chemise rouge, ou blanche, mais c'était rare : Viktor était sombre, sa voix était froide, sa peau blanche, ses yeux inexpressifs. Je m'étais souvent demandée s'il avait toujours été ainsi : je n'avais jamais obtenu de réponse cela dit.

- Non. Je suis passée par la fenêtre.. Dis-moi ce qu'il se passe Viktor, tu n'étais pas très loquace dans ta lettre.

Je n'avais pas traîné pour poser la question. J'avais déjà du attendre une demi heure avant qu'il ne pointe le bout de son nez. Ce voyage scolaire n'était déjà pas une partie de plaisir, mais si même ma famille s'y mettait pour ajouter son grain de sel pour me pourrir la vie...je me demandais bien la raison d'une telle démarche. Pourquoi se déplacer si vite ? Nous étions face à face, et nos respirations créaient des volutes de fumée dans l'air. Il faisait froid, tellement froid, surtout à cette heure-ci...Nous ne devions pas être loin des une heure du matin. Viktor ne parlait pas. Je savais qu'il cherchait ses mots, comme d'habitude. Il y avait toujours un temps d'attente entre la question et la réponse avec lui. Attendre, voilà une chose que je n'aimais pas. Mon pied tapait nerveusement contre le sol. Mes bottes noires étaient souillées de la boue de la pluie dernière, et je pouvais déjà sentir les quelques gouttes annonciatrices d'une prochaine avserse. Je détestais ça décidément.

- Bon on va pas y passer la nuit Viktor! T'accouches ou qu...

- Ta mère est morte.

J'ouvris la bouche pour réagir, mais rien ne sortit. Ca avait été bref, comme quand on arrache un pansement d'une plaie. Sauf que là, en l'occurrence, c'était plutôt le pansement qui causait la plaie. Crash ! Boum ! Bim ! Bam ! Et tout ce que vous voulez... La chute était la même, la douleur : vive, forte. Comme une décharge électrique qui frappait le sommet de ma tête, et qui se propageait rapidement jusqu'à mes orteils. L'incompréhension suivit la douleur, ne la fit pas disparaître pour autant.

- Comment ? soufflai-je.

J'aurais sans doute du m'animer , crier dans tous les sens, et demander "Pourquoi?", "Quand?", "Avait-elle souffert ?", "Où est-elle maintenant?", "Qu'allons-nous faire?". Mais je ne m'animais pas, je ne pleurais pas, à vrai dire, la douleur disparaissait déjà, se préparant à laisser la place à la colère, la rage vengeresse, et l'inquiétude.

- Une...mission concernant un certain département du Ministère, ils étaient censés s'introduire dans la soirée, le plan devait fonctionner... Les aurors ont soit disant débarquer de nulle part, trop soudainement. Le combat ne s'est pas bien passé : Perkins, un jeune auror, a combattu avec ta mère et tu te doutes de la suite. Les autres ont récupéré ce qu'ils étaient venus chercher, et sont partis. Ils ont du laisser le corps de ta mère là-bas. Pas le choix.

J'avais porté mes doigts à ma bouche sans m'en rendre compte : je me rongeai toujours les ongles lorsque la nervosité était trop grande, les nerfs trop à vifs. Je regardai dans le vide, concentrée. Perkins, ce nom me disait vaguement quelque chose. Perkins, Perkins, Perkins, Perkins... souviens-toi, souviens-toi... Rah ! Morgane toute puissante ! La mémoire me faisait défaut, la rage me chauffait les veines, réveillait le Démon qui rugissait dans mes entrailles, commençait à provoquer des picottements dans mes mains.

- Quand est-ce qu'on pourra récupérer le corps ? demandai-je abruptement.

Viktor fit la grimace, me prit par les épaules et planta son regard dans le mien.

- Je gère ça Gaël. Ce ne sera pas facile mais ta mère aura un enterrement décent. De plus, j'ai déjà un moyen de ne pas trop attirer l'attention sur nous trois. Jude, toi et moi devons être très prudents à partir de maintenant. Ils savent que ta mère faisait parti des Fidèles, alors ils nous auront tous à l'oeil. Jusqu'à nouvel ordre, tu n'acceptes de répondre à aucune question, pas un mot. Je te tiens au courant dès demain matin de la situation.

Comme je ne disais rien, il haussa un peu plus la voix.

- Tu as compris ?! s'agaça-t-il.

J'acquiesçai lentement. Tout allait trop vite. J'arrivai à peine à penser, ça se bousculait dans ma tête.

- Qui l'annonce à Jude ? soufflai-je à nouveau.

Je n'avais qu'un filet de voix.

- Toi.

* CRAC*

Et il avait disparu. En un claquement de doigts, la place qu'il occupait une seconde auparavant se retrouva vide. Il avait beaucoup à faire, beaucoup à prévoir, à calculer. Pas le temps de l'annoncer à Jude. Il me refilait la corvée. Ca n'allait pas être une partie de plaisir. Mon cerveau fonctionnait au ralentit. Je ne savais même pas si j'étais triste. Etais-je insensible au point de ne rien éprouver à la mort de ma mère ? La détestais-je autant ? Non. Non, bien sûr. Je l'avais aimé autrefois, à une époque où je croyais encore naïvement qu'elle n'éprouvait pas seulement de la jalousie et de la haine à mon égard, mais les choses changeaient. J'avais grandis. Et l'innocence, l'inconscience avaient laissé place à la compréhension : elle me haïssait. Mais m'avait-il seulement un jour aimé ? Juste un jour... Probablement pas. Ca n'avait rien d'une nouvelle, je le savais déjà depuis si longtemps que je ne me rappelais plus quand précisément je l'avais compris. Etait-ce à mes nombreux anniversaires où je n'avais eu aucun cadeau ? Ou encore, toutes ces fois où elle avait emmené Jude sortir alors que j'étais consignée au manoir ? C'était tellement évident : elle ne m'avait jamais prise dans ses bras, ne m'adressait jamais de mots gentils, ou même courtois. Tout n'était que haine : son regard, ses mots, ses gestes. Et tous ces fameux projets secrets qu'elle prévoyait pour elle et Jude ! Comment une mère pouvait-elle haïr son enfant aussi aisément ! Comment une mère pouvait jalouser sa fille à ce point ! Oh évidemment, elle vous en donnerait des raisons : je n'avais jamais été une enfant facile, toujours trop capricieuse, et insolente ! Trop ceci, et trop cela...pas assez comme ci, pas assez comme ça ! La trahison de mon père n'avait rien arrangé : oh! quelle joie pour elle de se débarrasser de son mari trop encombrant...! Traitre, ou pas traitre, comme elle aurait été heureuse de toute manière ! Heureuse, elle l'avait été... Un riche mari toujours en déplacement, un fils héritier qui la rendait si fière, une beauté époustouflante, un confort, une réputation ... et puis j'étais arrivée. La fin d'une époque, pour elle. Une fille : tout ce qu'elle détestait. Elle qui avait toujours aimé les hommes, vécu avec des hommes, avais appris à les charmer, les embrouiller, les empoissonner de son venin, et voilà qu'enfin alors qu'elle pensait avoir un deuxième fils à élever, elle se voyait affubler d'une fille ! Quelle grande menace pour elle...
Trop belle, trop rusée, trop manipulatrice...une menace pour son petit monde où elle s'était faite reine!
Mais la trahison de mon père avait eu au moins quelque chose de bénéfique : ma mère avait été discrédité auprès de tout le monde - nous avec, certes - mais comme il était doux de penser à la honte qu'elle avait éprouvé, elle qui avait tout fait pour être parmi les familles de sangs-purs les plus respectées. Son plan avait échoué , et rien que pour ça : je remerciais Morgane. Au moins, elle avait été malheureuse, honteuse, humiliée...comme moi. Comme elle m'avait fait sentir depuis ma naissance : de trop. Si honteuse qu'elle n'avait sûrement pas profité de la disparition de son stupide mari... Tant mieux !

J'expirai, désespérée. Me laissant glisser contre le cabanon délabré jusqu'à m'assoir sur le sol terreux, je pris ma tête dans mes mains, attrapant par la même occasion mes cheveux dans une poigne ferme, de chaque côté de ma tête. Les genoux repliés contre mon corps, mes bottes définitivement sales, et mon jean noire également, je ne m'en préoccupais même plus. Tout se bousculait trop vite, trop douloureusement. Je peinais à réfléchir normalement. Je n'y arrivais jamais lorsque les émotions parcouraient mes veines, trop vives, et trop ... persuasives. Cet auror, ce... Perkins. Il allait devoir payer. Payer cher, quand bien même il était question de la mère qui m'avait toujours persécuté. Elle restait ma mère, elle restait celle qui m'avait donné la vie. Je ne pouvais oublier cela - je ne le devais pas. J'avais besoin de faire sortir ces émotions hors de ma tête, de ce crâne embrouillé par les envies bestiales de vengeance, les souvenirs écrasants, les paroles encore fraiches... Je n'en pouvais plus. Il fallait que je fasse quelque chose. Il fallait que je fasse quelque chose. Vite.







Des volutes de fumée s'échappaient de la cigarette et s'envolaient dans l'air, se dissipant, et disparaissant totalement. J'avais la tête dans le vide, enfin...pas dans le vide, juste au bord de la rivière Serpentine, au dessus de l'eau. Mes cheveux trempaient dans l'eau glacée, mais je m'en fichais royalement. Je voyais la surface de la rivière à l'envers, regardais le couché de soleil , la fumée qui s'évaporait. J'inspirais, j'expirais, je fumais, j'inspirais, j'expirais, je fumais. C'était simple, et ça ne demandait pas d'effort de réflexion. J'étais calme. Trempée, puant probablement la cigarette, couverte de boue, glacée, et....j'oubliais quelque chose, non ? Ah oui, j'avais également une magnifique lèvre fendue, dont le sang n'avait même pas séché à cause de la pluie, un bleu à l'épaule et j'avais eu le poignet démis. Fantastique. Fort heureusement, je l'avais remis en place, souffrant le plus silencieusement possible. Bon, il était bleu tirant sur le violet maintenant, mais cette couleur revenait à la mode, alors pourquoi pas...

Bref, j'étais dans un sale état. J'avais annoncé à Jude la nouvelle, dès que le jour s'était levé. Évidemment, tout ne s'était pas bien passé. Pire même : il m'avait reproché la honte de notre mère, la trahison de notre père, et j'en passe et des meilleures... Incroyable ! Comme si j'y pouvais quelque chose... J'avais tenté de lui expliquer que ce n'était de la faute de personne : notre mère avait fait son choix, servir le Lord, comme nous plus tard, et elle avait péri en combattant pour ce qu'elle croyait. Elle avait au moins quelque chose d'honorable : enfin une qualité. Je n'avais pas dormi de la nuit, j'avais trouvé ce coin avec une petite rivière, de l'herbe et pas trop de boue. Un petit parc publique dont j'avais escaladé le portail pour m'y introduire. Là où j'étais, personne ne pouvait me voir. La rivière traversait le parc remplit de grands arbres et de buissons : la neige avait disparut depuis quelques jours, avec la pluie, et le peu de soleil qui l'avait fait fondre. Mais le froid était là : j'étais glacée de la tête aux pieds. Mes lèvres devaient êtres bleues, j'avais la chair de poule à cause du vent glacial, de la boue sur les mains et dans les cheveux... décidément, ce n'était pas mon apparence la plus désirable. Je jetai ma cigarette dans l'eau. Je me levai et regardai autour de moi. Personne. Le soleil se couchait , le parc était vide, et il n'y avait aucune surveillance. Du moins, pas dans le coin où j'étais, à l'abri des regards grâce aux feuillages épais des arbres. Je ne me fis pas prier pour prendre une décision : j'enlevai ma veste, mes bottes, mon jean, mon pull au décolleté plongeant, et restai en sous-vêtements. Je mis un pied dans l'eau : glacée ! J'étouffai un gémissement à ce contact. Morgane ! Ce qu'elle était froide ! Mais je ne pouvais pas rentrer avec cette tête là...j'étais pleine de boue. Au moins... pas besoin de glaçons sur mes douleurs...

Je mordis mon poing en entrant dans l'eau glacée. Je ne m'y attardais pas cependant : juste le temps de laver mes cheveux de la boue accumulée, mes bras, mon visage. Et en même temps, je me débarrassais de cette nuit-là, passée à ruminer, frapper des arbres inutilement pour calmer mes nerfs, donner des coups de pieds dans des oiseaux, jeter des cailloux sur des enfants moldus près du lac. Une journée loin de l'auberge, juste une journée : et encore, pas complète. J'étais allée parler à Jude le matin-même, l'isolant dans une pièce où personne ne pourrait entendre, et puis il était parti. Je ne savais pas ce qu'il avait fait, lui, mais moi j'avais sauté le déjeuner, et avait filé dès que possible jusqu'au parc où j'avais trouvé refuge dans la nuit. J'avais passée l'après-midi là. J'étais montée dans un arbre, d'où tous les branchages dans mes cheveux, et n'avait rien fait . J'avais fumé pendant des heures - faute d'avoir des cigarettes sur moi, je les avaient volé à un moldu - . Je ne savais même pas si j'avais reçu du courrier, mais je me fichais de savoir si Viktor avait pu récupérer son corps. Peu importait : elle était morte. Une tombe vide ou pleine, pour moi ça ne faisait aucune différence. Je me garderai bien évidemment de le préciser à Viktor, même s'il la haïssait presque autant que moi, ce n'était pas une raison pour manquer de respect à ma défunte mère devant lui. Je pouvais le penser - pas le dire. Et il allait bientôt falloir que je revienne faire face à tout ça , à la réalité : les journaux, les rumeurs, les regards de pitié, ou à l'inverse les moqueries et les " Bien fait!", et tout un tas de murmures sur mon dos. Oh, je m'en fichais pas mal ! Mais je sentais que je n'allais pas avoir la patience de les supporter...

Sans parler des explications qu'on allait me demander : qu'allais-je raconter ? Rien. Je ne devais rien dire. Même pas à Cissa, à Aiden, à Lev... à Rabastan. Nous étions en guerre, de toute façon. Bon sang ! J'étais épuisée ! Je ne voulais plus jouer, je ne voulais plus lancer des attaques contre lui, combattre sa volonté de me faire perdre. Devais-je être souple, et demander l'arrêt immédiat de cette dispute qui était encore plus fatigante et éprouvante que toutes les autres que nous avions pu avoir ? Je devrai. Sans doute. Je ne pouvais pas dire " J'ai perdu". Je ne pouvais pas abandonner. Quand bien même... au fond, avait-il été si utile de provoquer Rabastan ainsi ? Je l'avais mis dans un tel état de fureur, que je ne savais même plus si ça me faisait plaisir. Je voulais juste que ça s'arrête. J'avais compris mon erreur, même si j'estimais qu'il en avait commise également. Mais à quoi bon... Tout ce que je savais : c'était que là, alors que j'aurais bien au besoin de lui, et de son soutient..je ne pouvais pas aller vers lui. Je ne pouvais pas lui demander. J'étais censée faire quoi de toute façon, aller le voir et dire " Hey! J'ai perdu ma mère, tu me fais un calin ?". Ou " Je suis en deuil trésor. On fait le paix ?" . Débile... Pourtant, j'en aurais bien au besoin...de lui. Satané Lestrange! Satané moi aussi ! J'étais tellement trop fière que je ne pouvais même pas m'excuser, ou perdre la partie. Fantastique Gaël....

Je sortis de l'eau en grelotant, me recouvrant de mes bras. Je récupérai mon pull et l'enfilai. Je soupirai d'aise. Je fis de même avec mon jean, mes bottes, et ma veste. Mes vêtements étaient pas en très bon état, mais je pouvais me permettre ça au moins... Je pris le chemin de l'auberge, sans trop me presser. On avait du me chercher toute la journée, et j'allais me faire taper sur les doigts, c'était certain. Je me demandais si la carte de "j'ai perdu ma mère" pouvait m'éviter une sanction. J'escaladai le portail du parc, et atterris encore une fois sur les fesses. J'allais avoir des bleus partout demain matin, c'était sûr. Je me relevai en grimaçant, et commençai à me diriger vers l'auberge de jeunesse. Allez, plus que quelques mètres et j'y serai. C'est à peine si j'avais pleuré ma mère, en fait... avais-je versé des larmes ? Je ne m'en souvenais même plus. Je n'étais pas non plus certaine qu'elle méritait qu'on pleure pour elle. Elle ne méritait pas mes larmes en tout cas. Tout semblait tranquille au fur et à mesure que j'approchais du but. Il y avait de la lumière , et je pus déjà déceler des voix. Des élèves étaient dehors. Un petit groupe de filles qui fumaient derrière l'auberge. Je saisis quelques bribes de conversations...

- Merlin ! J'espère qu'on va vite retourner à Poudlard, je n'aime pas du tout cette auberge, elle est trop petite, et les lits sont tellements inconfortables...

Je fus tout de suite agacée par ces filles. Elles étaient quatre, et une blonde prit la parole. Elle me disait quelque chose, son visage ovale, et ses cheveux blonds et lisses, avec des mèches caramel. Poufsouffle...le nom de la maison me revint tout de suite en mémoire. Ma place de Reine de Serpentard exigeait que je connaisse le maximum d'élèves : et avec les années, j'avais appris à les reconnaître, les ranger dans des cases pour plus de faciliter.

- Je crois que je ne vais pas tarder à rentrer avec les autres les filles, j'attends un hibou de mon père, dit-elle.

- Ton père va bientôt rentrer de Sainte Mangouste, Jenna ? demanda une brunette à la voix particulièrement grinçante.

La dite Jenna acquiesça.

- Oui, il était pas gravement blessé alors il rentre demain normalement. Au moins, il l'a tué cette mangemorte...Mieux vaut que ce soit elle, que lui..

Et tout se mit soudainement en marche dans mon esprit. Comme si tout s'emboîtait, et s'accordait pour remettre un souvenir dans l'ordre. Jenna... Jenna à Poufsouffle. Jenna Perkins. Une sang de bourbe , un père auror, une mère moldue. Abomination. Son père était l'auror qui avait tué ma mère. Je m'arrêtai net. Plus un pas. J'arrêtai même de respirer pendant quelques minutes, et le reste se passa trop vite, si vite...








- Arrêtes ! Pitié ! Arrêtes !

Elle criait. Elle n'en finissait plus de crier, et de crier encore plus fort. Je mis une main sur sa bouche, coinçai un bout de tissu entre ses dents et le liai derrière sa tête. Je ne pensais plus. Je voyais rouge, aussi rouge que le sang qui s'échappait de ses lèvres, qui coulait de son nez, de ses joues, se mélangeait aux larmes qu'elle versait. Je ne retenais pas mes coups, en fait c'est à peine si je sentais la douleur sur mes phalanges, trop absorbée par le plaisir que j'en retenais. Mes mains revenaient sans cesse vers son visage, s'abattaient plus fort encore, et encore, et encore... sans arrêt. Je n'étais pas sur de pouvoir m'arrêter de toute façon. J'étais à califourchon sur elle, les jambes bloquant ses moindres mouvements, et mes mains qui s’affairaient toujours et encore plus fort sur elle. Je voyais trouble, mes pupilles étaient dilatées, mes cheveux toujours mouillés s’égouttaient au dessus d'elle, mes mains pleines de son sang à elle.. Elle ! Cette sale fille d'auror ! Cette sale sang-de-bourbe ! Abomination de la nature ! Et son père qui avait fait la terrible erreur de tuer un membre de ma famille. Traitre à son sang! Traitre ! Traitre ! Lui aussi allait payer, il payait déjà d'ailleurs! C'était sa fille, c'était son enfant, sa chair et son sang. Il allait voir s'il pouvait se vanter d'avoir tuer ma mère ! Ah, je ne lui laisserais pas ce plaisir ! Et elle..cette horreur ! Elle était heureuse ! Elle était contente que son cher petit pa-pa adoré ait tué ma mère ! Sale garce !

A ce moment-là, je me rendis compte que je l'insultais depuis tout à l'heure, à voix haute. Pas seulement en pensées. Je lui criais dessus sans interruption, employant des termes qui aurait fait vomir quelqu'un de bien élevé. Je déversai ma colère, oh oui...elle se déversait complètement. Le monstre était lâché, la bête féroce libérée... Elle grondait, mordait, cognait, griffait, rugissait comme le tonnerre. Rien ne pouvait l'arrêter dans son acharnement. Toujours plus de sang, toujours plus de crisé étouffés et de supplications. Et au fond, tout au fond, un ronronnement qui ne finissait plus. Imperceptible. Mais il était là, savourant tout le sang qui coulait, se délectant avec gourmandise. Une gourmandise folle. Insatiable. Je ne pouvais pas m'arrêter, oh non ! C'était trop bon ! J'aurais pu le faire toute la soirée ! Toute la nuit ! Et les jours qui auraient suivi, et encore, et encore ! Ca me rappelait la première fois que j'avais englouti des bonbons - comme si je ne pouvais pas m'en rassasier. Une drogue. Et j'en commençais une nouvelle.

Jenna tentait de se défaire de mon emprise, et elle nous fit rouler sur le côté. Je me retrouvai en dessous, et elle au dessus, mais j'inversai vite la tendance. Puis, me remis debout sur mes talons. Mes bottes pleines de boues vinrent trouver ses côtes. Et c'était reparti ! Un, deux, trois, quatre, cinq.... Elle se crispait, se tortillait de douleur, mais ma rage ne pouvait s'éteindre ou même s'atténuer. Elle me rendait aveugle - fiévreuse, et je n'étais pas consciente des conséquences que cela pourrait engendrer. J'étais comme dans un rêve où tout était flou, et où la douleur devenait plaisir. Comment en étais-je arrivée là ? Difficile à dire. Je m'arrêtai une seconde, essuyai le sang qui s'échappait de ma lèvre fendue dont la plaie s'était ré-ouverte, mais je ne réussis qu'à mettre plus de sang encore sur mon visage avec ma main. J'avais l'impression que de l'électricité parcourait mes veines, venait titiller et picoter le bout de mes doigts. De longs frissons de plaisir remontaient dans mon dos, me parcouraient l'échine. J'écartai les cheveux de mon visage. Il se remettait à pleuvoir, et je me rappelais que j'étais toujours dehors. Nous étions à quelques mètres du cabanon, derrière un large éventail de buissons. Comment avais-je mené Jenna jusqu'ici ? Je toussai, ma gorge me brûlait. Mes lèvres étaient devenues violettes. J'avais froid, très froid, et ma baignade dans l'eau de la rivière, plus la pluie et le vent glacial n'arrangeaient rien. J'avais à peine conscience des choses, trop enfiévrée par le plaisir. Mes pensées étaient trop rapides, trop vives, se concentrant au maximum sur les impressions, plutôt que sur la réflexion. Droguée, je l'étais. Droguée à la violence extrême des sensations. Je repris bien vite du service en ajustant mes coups de pieds dans le dos de Jenna, qui gémissait à peine maintenant tant elle était à demi-consciente, perdue dans sa douleur probablement. Tandis que moi, j'étais perdue dans mon plaisir. Au fur et à mesure, des flashs me revinrent en tête : je me souvenais avoir remis ma capuche noire, et m'être enfoncée dans l'obscurité des arbres sans perdre de vue Perkins. Je me revoyais l'attirer en appelant à l'aide, fausse victime que j'étais. Je me souvenais avoir vu ses copines partirent, et elle..approcher lentement. Jusqu'à s'enfoncer également dans les ténèbres...

Je l'avais bien reçu. Oh, ça oui. Je l'avais bien reçu...
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MessageSujet: Re: Beauty Of the Dark [ Rabastan Lestrange ] Premier Jour Ven 31 Aoû - 21:20

    Alors qu'il mangeait sans enthousiasme son petit déjeuner sur le pallier de l'auberge, c'est-à-dire loin de tout ce qui ressemblait à un jeune moldu, le hibou de son frère s'était posé à côté de lui, s’ébouriffant dans l'air glacé du matin avant de tendre sa patte avec dignité pour délivrer son message. Un passant jeta un œil perplexe à la scène avant de poursuivre sa route sous l'air bizarre que lui renvoya le jeune. L'accoutrement de l'adolescent déjà était étrange, il y avait un côté décalé dans la coupe du manteau, des bottes, presque d'une autre époque et en même temps pas tout à fait. De pas familier en tous cas. En revanche le regard qu'on lui lançait, le passant le connaissait, c'était le genre de regard qui disait : si tu ne baisses pas les yeux tout de suite et si tu ne te casses pas dans les trente secondes, je prendrai cela comme une déclaration de guerre. Le passant baissa la tête et poursuivit sa route : la journée de boulot allait être dure déjà, inutile d'en rajouter dès le matin. Chacun ses affaires. Chacun ses problèmes.

    Ce même jeune prit le temps d'attendre que le petit curieux ait tourné au coin de la rue, après un ultime regard, pour récupérer son message. Avant de tourner lui-même au coin de l'auberge pour trouver un endroit plus tranquille. Pas de baguette. Par le Sang pas de baguette ! C'était d'une frustration absolue et permanente. Enfin... Puisque pas de baguette, et Rodolphus le savait parfaitement, pas de sortilèges à lever par d'autres sortilèges, juste un sort un peu particulier. Rabastan sortit un couteau à tout faire et s'entailla le pouce : cette lettre là, il n'y avait que la famille qui pouvait la lire. Quelques gouttes tombèrent sur le parchemin qui révéla ses nouvelles. Grises les nouvelles : une mission réussie, mais un membre en moins. Dunkan... Il cligna des yeux sur le nom, relit. Amelia Dunkan était morte. Une grande et belle femme, mais mielleuse et fausse. Le souvenir qu'il en avait n'était absolument pas objectif, mais si les premiers échanges avaient été courtois, il avait rapidement senti l'agressivité lui chatouiller les veines à la façon qu'elle avait de se comporter et tout particulièrement avec sa fille.

    Mais elle était des leurs. Et rien que pour cela, c'était déjà une mauvaise nouvelle. Ce Perkins – d'ailleurs il avait dû aller cherché la gamine la veille, qui traînait à l'arrière pendant la visite du musée avec ses copines, une bande de greluches qui semblaient vouloir se perdre volontairement – paierait la note. Et la bande de pintades aussi : la copine de Perkins, Holloway, avait cru qu'elle pouvait se permettre d'être insolente puisqu'ils n'avaient pas le droit aux baguettes. Quelle cruche... Il l'avait ramené dans le groupe par le col, rapidement, au point qu'elle trébuchait et se faisait tirer la moitié du temps, ses copines jacassant d'affolement. Mais suivant le rythme. Tant pis pour elle si elle avait failli s'étrangler d'humiliation. Lui n'avait guère réagi à la remarque du professeur sur la brutalité du procédé employé.

    Bref ! De base, la situation n'était pas rose. Pour ne rien arranger... C'était la mère de Gaël. Sortant un briquet magique – jamais en panne, jamais enrayé, jamais rouillé, jamais vide, jamais à entretenir – il fit brûler la lettre les yeux dans le vide. Quelle marche à suivre ? Ils étaient en conflit certes, mais il faudrait sûrement lever le pied après ça. Ou pas ? Telle qu'il la connaissait, Gaël était capable de prendre mal qu'il prenne des gants avec elle. Du moins, cela dépendait de ce que les apparences avaient en commun avec la réalité : la mère et la fille n'avaient pas eu l'air de s'aimer vraiment. A la place de la jeune fille, Rabastan aurait été furieux et... furieux. C'était à peu près tout. Il aurait voulu faire payer à qui avait cru pouvoir s'en prendre à sa famille, rien de plus. C'était simple et net. Sauf que Gaël n'avait strictement rien de simple.
    Bah ! Tergiverser ne servait à rien et il n'avait rien d'un contemplatif. Il verrait sur place, au comportement qu'elle aurait ce matin si elle avait eu la nouvelle d'une façon ou d'une autre. Lestrange rejoignit l'intérieur de l'auberge sans plus d'enthousiasme que la veille.

    Mais de toute la journée... De toute la journée pas de Gaël. En revanche des questions, toute la journée, les adultes ne se lassaient visiblement pas d'en poser. Seul intérêt de la journée : les pintades n'avaient pas traîné cette fois-ci. Le problème : d'autres avaient joué au même jeu. Allez plus qu'une journée...

    Et où était passé Gaël ? Au fil du jour, sa patience s'était amenuisée jusqu'à atteindre un niveau dangereusement bas. Raison pour laquelle, dès qu'ils furent rentrés à l'auberge, il fit ce qu'il se serait gardé de faire autrement : aller jusqu'à l'étage des filles jusqu'à la chambre qu'il savait qu'elle partageait avec d'autres, pour vérifier si elle n'y était pas, ignorant les protestations des jeunes filles à l'aller comme au retour. A vrai dire il ne les entendait plus vraiment. Le tour des endroits où elle avait pu aller dans l'auberge fut vite effectué. Rien de rien.
    Il rejoignit de nouveau l'extérieur.
    "Eh ! … Eh Lestrange ! C'est pas encore quartier libre !""Ta gueule." Il n'avait même pas regardé de qui il s'agissait. Il n'avait pas de compte à rendre à aucun élève de toutes façons. Et leur quartier-libre était juste après, à quoi ça servait de rester à l'intérieur à faire semblant de préparer la soirée du siècle.

    Où est-ce qu'elle pouvait être allée ? Rabastan releva son col et mit ses mains dans ses poches : le vent tournait à l'humide façon rafraîchir-avant-d'arroser. De toutes manières le ciel n'était pas sombre que du soir qui tombait, les nuages bas ne laissaient pas vraiment d'espoir quant au temps pour la soirée. Une raison de plus de quitter l'auberge : ils allaient être trop nombreux à s'accumuler là-dedans pour échapper à la flotte. Il commença par faire le tour du musée désormais fermé. Il tenta vaguement une rue avec des magasins mais même elle, il avait du mal à l'imaginer aller faire du lèche-vitrine le lendemain de la mort de sa mère.
    Il avait commencé de pleuvoir, mais c'est tout juste s'il le remarqua. Il n'avait pas vraiment noté non plus l'allumage public : ses yeux ne s'intéressaient qu'aux silhouettes qui pouvaient éventuellement ressembler à Gaël. Restait le parc. A condition qu'elle ne soit pas allée plus loin encore. A cette heure-ci, il était fermé. Pas qu'il prenne vraiment ce genre de considérations en compte. Pas qu'elle était du style à en prendre non plus. Il fallait juste trouver un endroit discret et accessible pour faire le mur.

    Changement d'ambiance : de ce côté il faisait plus sombre, la lumière bougeait, la visibilité baissait très vite à mesure qu'on s'éloignait de l'éclairage. C'était son élément. Il aurait pu même trouver plaisir à se trouver là – une première depuis qu'ils étaient arrivés à Londres – s'il n'avait pas l'esprit tout occupé d'autre chose. Morgane.... Comment retrouver quoi que ce soit avec une visibilité pareille ? Mais il n'avait pas un molosse pour rien comme patronus : la ténacité, lorsqu'il cherchait quelque chose, ne cédait que lorsqu'il l'avait trouvé. Il restait lui-même soigneusement dans l'ombre des arbres malgré l'obscurité qui gagnait sur le peu de jour restant, malgré la pluie.
    Finalement ce ne fut pas la vue qui lui offrit ce qu'il cherchait. Mais l'ouïe. Averse ou pas, il aurait été difficile de ne pas entendre ces cris. Fureur, violence... Pas d'hésitation, plus de déviation, Rabastan partit directement dans leur direction.

    Il lui fallut un instant pour comprendre la scène sur laquelle il déboucha soudainement. Un autre pour réaliser ce qui risquait de se produire : oh il était parfaitement bien placé pour jauger ce genre de situations. Celui d'après il bondissait vers les deux filles.


    -Arrête ! Morgane ! Arrête, tu vas la tuer !

    Le jeune homme avait crié avant même d'être arrivé à leur hauteur pour de bon. Mais à croire que Gaël ne l'entendait pas. Pas le droit d'utiliser la baguette.... Pas le choix : il se saisit d'elle sans plus y réfléchir la ceinturant pour qu'elle ne puisse plus frapper sa victime, se cambrant brutalement pour la forcer à s'écarter. Rabastan mit toute sa force à presque la projeter plus loin, la forcer à s'éloigner, la lâchant par la même occasion. Circonspect, il ne la quittait pas des yeux alors qu'il s'agenouillait pour être à la hauteur de... ? Perkins....
    Il plaça deux doigts sur la carotide. Ca pulsait toujours. Le Serpentard décida de prendre le risque de lâcher Gaël du regard pour estimer les dégâts. La gamine était dans un sale état. Elle devait avoir des côtes cassées, au moins. Elle saignait de la tête aussi. Merde. Ca, ça ne se soignait pas comme ça ! Surtout sans baguette! N'importe qui, ils auraient pu le faire disparaître une bonne fois. Mais Perkins ! Vers qui se porteraient les soupçons ? Merlin pourrisse ! Il jeta à nouveau un regard alentours. Personne. Pour l'instant. La pluie les couvrait : la visibilité était nulle et il y avait peu de chance que quelqu'un ait envie de sortir. Et maintenant qu'il n'y avait plus de cri. Ca n'empêchait pas : il fallait trouver rapidement une solution... Ses amies allaient finir par s'inquiéter. Le jeune homme en avait la mâchoire crispée, se mordant la lèvre et les sourcils froncés de concentration. Il avait des pistes en tête. Il avait toujours des pistes en tête. Mais il fallait en faire plus. Il fallait trouver le moyen d'éviter que Gaël ne soit accusée de quoi que ce soit d'autre que d'avoir disparu toute la journée.Et menacer Perkins ne servirait à rien cette fois, pas dans cet état. Ce n'était pas la pluie qui lui dégoulinait dans les yeux qui le faisait frissonner : une nervosité animale.

    L'évidence commençait de se faire jour, il avait juste besoin de quelques secondes encore. Par le Sang, ce n'était pas une décision à prendre à la légère... Cherchant l'inspiration, il leva les yeux vers elle et à ce moment seulement il remarqua l'état dans lequel elle se trouvait. Il ne l'avait pas noté avant : l'obscurité, la pluie, l'urgence, l'action. Mais sous cet angle il la voyait mieux, ou autant que possible dans une lumière orangée et changeante au gré des mouvements des ombres d'un arbre projetées par un réverbère au loin. Du sang, de la boue, les vêtements en sale état. Alors un court moment il en oublia l'urgence de la situation :


    -Qu'est-ce qui t'es arrivé ?

    Peut-être que ce n'était pas la question la plus subtile à poser à quelqu'un qui venait de perdre sa mère et de tabasser la fille d'un Auror. Mais ce fut tout ce qui lui vint aux lèvres.
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MessageSujet: Re: Beauty Of the Dark [ Rabastan Lestrange ] Premier Jour Sam 1 Sep - 8:44

L'adrénaline circulait dans mes veines comme de l'électricité. Tout n'était que sensations : excitation, colère, violence. Je sentais l'odeur du sang, de la boue, de la pluie. Des frissons parcouraient mon corps, électriques, et une rage brûlante me dévorait de l'intérieur. Comme si j'étais devenue folle, ou seulement réduite à l'état primaire que connaissent tous les Hommes un jour... l'état animal, où toute la brutalité enfouie en soit sortait Je ne me contrôlais plus. J'avais juste besoin de ça...de voir le sang de Perkins couler, de l'entendre gémir, appeler vainement à l'aide, j'avais envie de la voir souffrir, de la faire souffrir. Et c'était un besoin possessif : ses cris étaient à moi, sa souffrance..mienne. C'était mon moment ... seulement mon moment à moi ! Où je pouvais enfin laisser tout ça éclater, sortir, se déverser comme des rafales de vents, comme des trombes d'eau. Le tonnerre, l'ouragan... ces mots étaient faibles pour décrire ce qu'il se passait en moi. Il y avait une bête qui grognait, vorace. Une bête qui venait tout juste de se réveiller, à qui on venait de donner sa première vraie part de viande. Carnivore...elle voulait plus. Je la sentais dans mon ventre, dans ma poitrine, dans mes mains et jusqu'au bout des mes ongles, transformés en griffes. Nous ne faisions qu'une.
Mais tout se termina trop vite. Non ! Je fus tirée en arrière, prise par la taille dans un étau de fer, et projetée plus loin par une plus grande force que la mienne. J'eus beau me débattre, surprise mais je tombai à terre, propulsée à côté. Mais même dans l'obscurité la plus totale, et à travers la pluie qui tombait toujours plus fort, je l'aurai reconnu.


- Rabastan...! m'écriai-je.

J'étais stupéfaite, mais furieuse. Non ! Je voulais terminer le travail ! Il fallait quelle meurt ! Maintenant ! Il le fallait... Ma vision se troublait, ma tête semblait bourdonner : la pluie, l'adrénaline, et le froid qui glaçait mes membres n'arrangeaient rien. Comme s'il y avait eu un court circuit, un fil coupé... plus d'électricité. Je me relevai, et m'appuyai contre ce qui me semblait être un arbre. Je reprenais peu à peu pieds dans la réalité. Tâche difficile. Ma respiration ne se calmait pas, et mon coeur s'emballait un peu trop pour que je puisse parler à nouveau. Je jetai un coup d'oeil sur Perkins...Oui, j'avais fait ça. Je suivis le geste de Rabastan des yeux... elle n'était pas morte : je le su à son regard à lui. Mais elle était dans un sale état : tant mieux! Et Merde ! Qu'avais-je fait ? ! En pleine ville, alors que personne ne m'avait vu de toute la journée... je serai suspectée directement! Je clignai des yeux, j'avais l'impression de voir des flashs lumineux, ce qui m'embrouillait totalement. Je pris ma tête entre mes mains. Ça bourdonnait, c'était insupportable! Comme si mon coeur battait dans mes oreilles, et que je pouvais entendre les battements, forts, irréguliers. Je mis une main sur ma poitrine, comme pour lui intimer de se calmer, et je ressentis une douleur fulgurante dans mon poignet. Celui que je m'étais démis plus tôt dans la journée. J'avais frappé Perkins avec cette main, et cela n'avait en rien arrangé mon cas. Je grimaçai, mais fis comme si de rien était. Rabastan ne devait pas savoir pour Jude. Je savais ce qu'il me restait à dire concernant mes blessures, mais pas maintenant...

La voix de Rabastan me sortit de mes réflexions. Je tournai mon regard vers lui. Il y avait comme un mélange ... d'inquiétude ? Et d'intense réflexion dans ses yeux. Pourquoi me demandait-il ça ? Il me fallu quelques secondes pour me le rappeler, remettre mes idées en ordre : j'étais dans un triste état. Boue, pluie, sang. Je portai mes doigts à ma bouche, ma lèvre fendue saignait et je sentis le goût du sang dans ma bouche. Mais en regardant ma main, je m’aperçus que ce n'était pas vraiment mon sang sur mes doigts, mais celui de Perkins. Mes ongles, mes doigts, mes phalanges étaient recouverts de sang. Je m'essuyai la bouche d'un revers de manche.

- Je vais bien.

Je ne répondais pas vraiment à sa question, ou plutôt d'une manière détournée. Ça avait été bref, mais clair. Un mensonge évidemment, enfin pas tellement...je n'étais pas à deux doigts de m'évanouir, et je n'étais pas vraiment blessée. Je devais avoir des bleus partout, mon poignet me faisait souffrir, et ma lèvre aussi, mais ça pouvait être pire. Du reste, je n'avais pas l'habitude de me plaindre. Et ce n'était pas la priorité. ... A bien y réfléchir...Si. Même si on trouvait une solution pour Perkins, comment expliquer que je ressemblais à une fille qui avait été battue et traînée dans la boue, et dans l'eau ? Je vins à côté d'eux, me laissant tomber sur les genoux pour être à leur hauteur. J'évitais son regard, à lui, parce que je n'aimais pas lui mentir, et que je n'aimais pas plus finalement qu'il s’inquiète pour moi. Même si en principe, et dans une autre situation, cela m'aurait sûrement fait plaisir. Là, non. Parce que tout était ma faute. Et que j'avais besoin de lui, chose plus qu'humiliante. Avoir besoin de quelqu'un pour se débrouiller... j'en grinçai des dents rien qu'à y penser.

- Elle va survivre ?

Je ne savais pas quoi dire, alors j'avais demandé ça. Je me fichais évidemment qu'elle vive ou qu'elle meurt. Ce n'était pas quelqu'un que j'estimais, et à part pour me venger de son père, elle ne me servait à strictement rien. Mais là, il s'agissait de moi. Je voulais savoir s'il était possible de trouver une solution. Et voilà que Rabastan était impliqué...Je me mordis la lèvres, mon regard restait sur le corps presque inerte de Perkins.

- Je voulais le faire souffrir...

Ma voix n'avait été qu'un petit murmure. Pas que j'avais besoin de me justifier...ou peut-être que si au fond ? Me justifier d'avoir été si imprudente. Si stupide. Je n'avais pas pensé aux conséquences, ça avait été si ... animal comme réaction. Je m'étais laissée guidée par mes instincts. Et quand je disais "le" c'était le père de Perkins évidemment...à travers sa fille, je voulais qu'il souffre. Elle aussi finalement, plus directement, car elle se réjouissait de la mort de ma mère. Un seul était revenu de ce combat, et ce n'était pas ma mère.
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MessageSujet: Re: Beauty Of the Dark [ Rabastan Lestrange ] Premier Jour Sam 1 Sep - 12:07

    Je vais bien... Comme s'il allait y croire. Quand on était couvert de bleus après s'être battus, on disait qu'on s'était battu. Quand on avait des coupures à vous zébrer la peau parce qu'on avait fait une mauvaise chute, on ronchonnait qu'on avait eu une mauvaise chute. Quand on était tombé sur plus fort que soi, on répondait qu'on allait bien. Je vais bien, c'est ce qu'il répondait systématiquement après les punitions de son oncle quand quelqu'un se montrait un peu trop curieux d'une lèvre fendue, d'un nez qui saignait ou d'yeux fiévreux. Je vais bien ça voulait dire "Mêle-toi de tes affaires, je survis très bien tout seul aux miennes". Il ne releva pas donc, ne dit rien, n'en pensant pas moins. Rabastan n'était pas près d'oublier : si ce n'était pas Perkins ni un accident qui l'avait mise dans cet état, alors quoi, qui ? Il trouverait la réponse plus tard.
    L'urgence était ailleurs et la question de Gaël le lui rappela efficacement, le faisant claquer la langue d'agacement. Au point où ils en étaient... Le jeune homme baissa un instant les yeux de nouveau sur Perkins, ses cheveux poisseux de sang, plus pour se donner quelques dernières secondes de réflexion qu'autre chose, pour être sûr qu'il n'y avait pas d'autres meilleures solutions dans l'immédiat. Il passa les doigts dans la chevelure blonde... Elle avait voulu "le" faire souffrir.... Gaël ne l'avait pas ratée... C'était trop tard pour faire comme si de rien n'était, on ne pouvait plus recoller les morceaux proprement maintenant.
    Bon. Que sera sera alors.


    -Hearingz.

    Il faisait beaucoup trop appel à l'elfe ces derniers temps et n'aimait pas ça : c'était le signe que la situation lui échappait trop souvent. Pourtant la créature qui apparut soudainement, elle, semblait ravie de montrer son utilité, plus perturbée par la pluie que par la jeune fille inconsciente sur le dos de laquelle elle venait de se matérialiser. Rabastan n'attendit même pas la courbette de son elfe :

    -Ramène la fille chez nous. Dis leur que c'est la fille de Perkins. Et dis-leur... dis-leur que j'ai besoin d'un alibi, et vite ! J'ai besoin qu'on voit un Mangemort près de l'auberge, quelque chose qui détourne les soupçons. J'ai besoin d'un autre coupable. Allez vas-y.

    Sensible au ton de son maître, l'elfe ne perdit pas une seconde et disparut avec la fille. Lestrange resta néanmoins un moment à fixer l'endroit où ils s'étaient trouvés. Il n'aimait pas impliquer sa famille dans des situations aussi dangereuses pour leur respectabilité. Et la situation était véritablement dangereuse : trop peu maîtrisée, tout allait trop vite, ils manquaient de temps, d'atouts, d'alibis. C'était dans ce genre de cas qu'on commettait des erreurs. Il ne pouvait s'empêcher d'y réfléchir de chercher la faille dans ce qu'il venait de faire, de demander. Mais il n'y avait pas eu vraiment d'autre choix, pas alors qu'il ne pouvait faire usage lui-même de la magie. Briser l'interdiction cette nuit, ce serait revenu à se désigner lui aussi comme coupable potentiel. Et tenter de rafistoler Perkins après un "oubliette" aurait été trop risqué dans l'état où elle se trouvait.

    Est-ce qu'il s'était posé à un moment la question de laisser Gaël se débrouiller seule ? Non. Pas plus qu'il n'avait réfléchi quand il s'était posé comme coupable auprès de son elfe, par extension auprès de sa famille. C'était évident qu'il n'aurait pas pu attendre d'eux la même réaction s'il avait dit la vérité.

    Pourtant il avait une confiance aveugle en l'efficacité que les siens mettraient en œuvre. Tout ce qui pouvait être fait serait fait. Et puis, même si les circonstances auraient pu être améliorées, ils ne pourraient qu'apprécier recevoir entre leurs mains, en leur pouvoir, la fille de celui qui venait de faire des dégâts dans leurs rangs. De là à espérer que son oncle n'y verrait rien à redire, en revanche, il ne fallait pas trop rêver.
    Quant à Jenna Perkins... Qu'elle vive ou qu'elle meurt devenait définitivement secondaire. Son sort était entre d'autres mains désormais et malheureusement pour elle, ces mains-là étaient nettement moins liées que celles d'adolescents trop surveillés.


    -Eh bien il va souffrir maintenant..., grinça-t-il entre ses dents serrées, à moitié pour lui-même, à moitié pour elle.

    Au moins une bonne chose. Et un message clair lancé à leurs opposants : s'en prendre à eux, c'était risquer la vie de leurs propres enfants. Sans compter que cela soulignerait à quel point ce voyage scolaire avait été d'une stupidité sans nom. Sans sécurité. Des jeunes laissés à eux-mêmes, sans baguette pour se défendre ! Avec un peu de chance, ils abandonneraient définitivement l'idée de recommencer à organiser une telle incongruité. Il aurait aimé pouvoir faire passer ce qui était arrivé à la jeune fille pour une agression par des Moldus. Mais il lui aurait fallu sa baguette. Avec quelques sortilèges, oui il aurait su mettre la chose en scène. Tant pis. Et plutôt que de ruminer, mieux valait passer à la suite. Ils s'étaient débarrassés de Jenna Perkins, mais Gaël était toujours dans un état... Le temps n'était pas de leur côté non plus : combien de minutes encore avant qu'on ne se mette à la recherche de la Poufsouffle ? Ce n'était pas comme si les professeurs pouvaient prendre cette disparition pour une excursion volontaire : ses copines s'inquiéteraient, en parleraient.
    Le problème ce n'était pas la boue sur les vêtements, ni même les déchirures. Les explications et excuses étaient faciles à trouver. Le problème n'était d'ailleurs même pas dans les bleus et entailles : ça se soignait. Le problème c'était le sang dont elle était maculée des pieds à la tête. Il allait falloir trouver un moyen de faire disparaître ça. Y songeant, le regard du Serpentard passait d'un tache à l'autre, presque rêveur pour le coup, une ombre de sourire aux lèvres. Seule la tension qui avait à peine baissé avec le départ de l'elfe l'empêchait vraiment d'apprécier la suavité d'un tel moment, d'avoir vu Gaël lâché la bride à tant de sauvagerie.

    Mais tension il y avait, comme une espèce d'instinct primaire qui poussait à ne pas s'arrêter, ne pas se reposer, chercher le moyen d'atteindre des eaux plus calmes et sûres. Rien à voir avec le plaisir de la chasse ou de l'interdit : là ils ne se trouvaient pas du tout sur leurs territoires et il y avait beaucoup trop de chance de se faire prendre. Il n'était pas question non plus de fuir d'ailleurs. Excitation nerveuse, danger, pas de temps à perdre. Déjà son regard recommençait à se porter autour d'eux, cherchant sans relâche la moindre trace d'un importun, la cervelle carburant pour trouver la solution idéale à la prochaine étape.


    -Va falloir trouver un moyen de te rendre plus présentable avant de rentrer, finit-il par lâcher d'un ton rendu neutre par l'attention soutenue qu'il portait aux alentours, se dirigeant vers le couvert des frondaisons des arbres pour échapper au gros de l'averse, fouillant dans une poche pour trouver le flacon de ditany qui ne le quittait jamais – on ne savait jamais quand on aurait l'opportunité de s'amuser avec quelqu'un ! D'ailleurs, à l'impression de légèreté que donnait la fiole, il ne semblait pas en rester beaucoup : ce ne serait certainement pas du luxe de remplir de nouveau les stocks.
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MessageSujet: Re: Beauty Of the Dark [ Rabastan Lestrange ] Premier Jour Sam 1 Sep - 21:27

Je ne savais pas s'il avait gobé mon demi-mensonge. A la lueur qui brilla l'espace d'un instant dans ses yeux, je craignais que non. J'aurais mieux fait de dire que c'était Perkins qui m'avait fait ça. Ça aurait été moins suspect, mais ce qui était fait était fait. Je ne pouvais pas changer ma réponse, et au moins j'avais été assez évasive pour trouver une solution plus tard pour éloigner ses soupçons de la vérité. Avouer n'était même pas envisageable : je n'étais pas masochiste au point de provoquer une dispute entre mon petit-ami et mon frère. Les sachant tous les deux si violents que l'idée même me faisait trembler. Je ne savais même pas pour lequel j'avais le plus peur : ils s'égalisaient finalement, Jude était meilleur au combat sans baguette, mais Rabastan excellait pour ce qui était des sortilèges, et de la Magie Noire. Qui soutenir en cas de confrontation ? La réponse me semblait déjà toute choisie, mais Jude était mon frère... mon seul frère, et bien qu'il agissait avec moi comme le pire des monstre, je ne pouvais m'empêcher de lui trouver des excuses. Et puis, il y avait l'influence de ma mère derrière qui avait joué un grand rôle. Elle avait transféré sa haine à son fils, le retournant contre moi, alors que déjà la jalousie avait réussi à pourrir notre relation. Mais j'aimais mon frère, malgré ses défauts. Sauf que Rabastan n'avait jamais levé la main sur moi, lui. Rabastan n'avait jamais fait tout le mal que Jude avait pu me faire : et encore aujourd'hui, alors que nous étions censés être en froid, il me venait en aide. Et même si Jude était ma famille, il ne méritait pas que je m'inquiètes pour lui. Non, mais je le faisais quand même...

Plongée dans mes réflexions, ce fut la voix de Rabastan prononçant le nom de son elfe de maison qui me réveilla. J'avais à peine cligné des yeux que déjà , devant nous, apparaîssait la créature repoussante que j'avais -hélas- déjà vu. Je fronçai les sourcils, pourquoi mêler son elfe à ça ? Mes yeux s'arrondirent au fur et à mesure qu'il donnait l'ordre à son elfe de prendre Perkins avec lui et de faire appel à sa famille. Je tournai mon regard vers Rabastan, oubliant l'elfe et la jeune fille inerte. De toute les solutions qu'il aurait pu trouver, c'était celle-ci qui me surprenait le plus. Mêler sa famille à ça, et se mettre à la place du coupable, à ma place. Comme si c'était lui qui avait fait cette erreur. Je ne voulais même pas savoir ce que son oncle en penserait... Je me relevai, tandis que Rabastan était resté quelques instants à fixer l'emplacement où Perkins venait de disparaitre, perdu dans ses pensées probablement. Je jetai un regard aux alentours, comme lui le fit juste après. Mon rythme cardiaque s'était calmé, mais il continuait à s'emballer. L'adrénaline, la peur d'avoir fait une erreur, que tout soit découvert... trop d'excitation pour un instant si bref. Si on avait eu droit à la magie, tout aurait été différent. J'aurais pu faire ça bien, je n'aurais même pas eu besoin de l'aide de Rabastan. Mais voilà, tout ne se passait pas pour le mieux des fois...surtout me concernant.

J'essuyai mes lèvres avec ma manche car le sang coulait toujours de ma lèvre, et la pluie les rendaient violettes. Le froid me glaçait les os, j'avais la chair de poule, et je commençai à claquer des dents. Le saut dans la rivière, bien que rapide, pour me débarbouiller n'avait vraiment pas été une bonne idée. Je touchai mon front....chaud. Je ne savais pas si c'était de la fièvre, ou juste mon sang qui bouillonnait à cause de l'excitation du moment, mais le lendemain allait être difficile. Rabastan nous emmena sous les arbres pour nous protéger un tant soit peu de la pluie. Il avait raison, il fallait que je sois présentable pour retourner à l'auberge.


- Y a juste besoin d'en mettre sur ma lèvre et mes mains, le reste c'est pas visible...Je m'en occuperai plus tard.

Je lui pris le flacon, l'ouvrit et en mis sur ma lèvre. Je grimaçai un instant, mais la plaie se referma d'elle-même. Comme neuve, ma lèvres avait seulement des traces de sang qui témoignaient d'un mauvais traitement J'en versai également un peu sur mes phalanges, qui avait souffert tant j'avais frappé Perkins avec force. En une demi-seconde, plus rien. Je vérifiai mes bras pour voir s'il n'y avait rien d'autre à cacher. Non. Pour mon poignet, je pouvais le cacher avec la manche de ma veste, et puis je ne voulais pas que Rabastan pose trop de questions sur cette blessure-là. Sachant qu'un bleu n'apparait pas en un claquement de doigt, je ne pouvais pas sortir l'excuse que c'était Perkins. Je lui rendis son flacon.

Je glissai ensuite ma main dans mon décolleté, sous le tissu de mon soutient-gorge, et en sorti un tout tout petit bout de tissu. Ce n'était pas du tissu en fait, c'était un sac mais vu sa taille il était difficile de dire ce que c'était vraiment, à savoir un sac miniature, qu'il fallait déplier pour lui faire reprendre sa taille normale. Je pris les coins, et les dépliai un par un. Le sac se matérialisait vraiment : blanc, avec une fermeture éclaire. Je tirai, et plongeai ma main à l'intérieur. Un sac avec un fond extensible à l'infini. Très pratique. Et j'avais toujours une tenue de rechange...je ne savais pas pourquoi je n'y avais pas pensé avant. A force de l'avoir toujours sur moi, et de ne jamais m'en servir sûrement... Une femme se devait pourtant d'avoir toujours du matériel sur elle. Question de principe : comme Rabastan, lui, avait de la ditany. Je sentis des livres, du maquillage, des chaussures bouger dans le sac et je réussi à retirer ce qui me semblait être une robe. Oh non...je n'allais pas porter une robe en hiver...surtout avec un temps pareil. Mais en cherchant encore, je constatai que je n'avais que ça. Je pestai entre mes dents. Evidemment, je n'avais pas pris d'affaires d'hiver dans ce maudit sac. Morgane! Je battais des records ce soir de stupidité ce soir... Je retirai la robe, blanche en plus avec la pluie tout allait être transparent...magnifique! Heureusement, j'avais des collants dans le sac...au moins ça de pris. Désemparée, je me tournai vers Rabastan.

- Maudit soit Merlin!...pestai-je. J'ai que ça à me mettre...

Je glissai une fois de plus ma main dans mon sac, et en sorti une paire de bottines noires, et un miroir. Je remis le sac à Rabastan.

- Tiens moi ça s'il te plait...

Je pris le miroir, et le reflet qu'il me renvoya ne me fit pas plaisir. Je sorti un mouchoir de ma poche, et nettoyai rapidement le sang sur mes lèvres et mes joues, puis sur mes mains. Pas besoin d'eau, la pluie tombait toute seule, bien que nous étions relativement épargnés à cet endroit-là. Une fois à peu près présentable, je donnai le miroir à Rabastan, et enlevai ma veste. Je comptais un peu sur lui pour qu'il fasse attention aux éventuels passants, mais c'était tellement mal éclairé que je ne m'en inquiétais pas vraiment. Je posai ma veste sur l'épaule du serpentard - pour le coup, il me servait un peu de porte-moi-tout-ça . Mais je n'avais pas vraiment le choix. J'enlevai mon haut, le jetai par terre, fis de même pour mon jean et pris la robe blanche voluptueuse. Je l'enfilai rapidement, ainsi que mes collants, essayant de me dépêcher au maximum et changeai également de chaussures. Les vêtements sales, les bottes noires, et le miroir allèrent directement dans le petit sac. Tant pis si ça salissait tout ce qu'il y avait d'autre dedans. Je fermai le sac, le pliai, et le remis dans mon soutient-gorge. Je repris ma veste en évitant le regard de Rabastan. Ce n'était pas le fait de m'être déshabillée devant lui qui me gênait, non...il m'avait vu nue tellement de fois que j'avais cessé de compter. Mais c'était surtout qu'il voit tous les bleus, pas seulement du au fait que j'étais montée dans un arbre, que j'étais tombée sur les fesses, et que j'avais tabassé une fille... mais les restes de mon altercation avec Jude surtout. Heureusement, il faisait sombre, je comptais un peu sur ça.

Je repris ensuite ma veste, vérifiant qu'il n'y avait pas de sang dessus, et elle paraissait être potable. Mes cheveux étaient trempés, mais au moins le sang était parti grâce à la pluie. Je pris soin de cacher mon poignet avec ma manche, discrètement. J'en entendrai parler de toute façon...mais si je pouvais mettre toutes les chances de mon côté pour m'éviter cette conversation...Je levai les yeux cette fois-ci vers Rabastan.

- Alors ? C'est si horrible que ça ?

Je devais être affreuse, et en plus j'étais gelée avec cette robe, mais quelles autres solutions avais-je à portée demain ? Aucune. Il fallait faire avec.
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MessageSujet: Re: Beauty Of the Dark [ Rabastan Lestrange ] Premier Jour Dim 2 Sep - 16:53

    Désir et fureur. De la voir se déshabiller ainsi... Et les ombres bleutées que cela révélait ça et là. Il se sentait frémir des pieds à la tête, progressivement bouillir, alors que ce n'était pourtant pas le moment. Mais le moyen d'y échapper ? Elle n'avait jamais eu la moindre difficulté à lui fouetter les sangs, mais la frustration des dernières semaines s'ajoutant là-dessus, la situation dans laquelle ils se trouvaient ne suffisait pas à lui passer l'envie d'elle. Au contraire, l'adrénaline semblait même l'alimenter. Même dans un état pareil, grelottante et la peau bleuie par endroit, elle lui était violemment désirable.
    Quant à la fureur... Il avait toujours eu absolument horreur qu'on touche à ce qui lui appartenait, plus encore qu'on s'y attaque. Non... C'était un pléonasme : qu'on s'en prenne à ce qui était à lui le rendait fou, littéralement. Il en prenait des risques qu'il n'aurait jamais envisagés autrement. Cela tenait presque du miracle qu'il ne s'y soit jamais grillé. Le Serpentard n'avait jamais été très tendre avec ceux qui prétendaient pouvoir s'amuser avec D'Angelo par exemple. C'est que le Gryffondor, c'était chasse gardée ! Et il y avait eu une fois où c'était allé particulièrement loin, lorsque d'autres Serpentards avaient voulu jouer avec Scrimson. Morgane... Ils savaient pourtant qu'ils n'avaient pas le droit de le toucher celui-là. La rage l'avait aveuglé, il avait perdu le contrôle, rattrapé la situation du bout des doigts et plus de par la peur qu'il avait généré qu'autre chose.
    Alors toucher à Gaël... Mais pour ça non plus ce n'était pas le moment.

    Le sang lui battant violemment aux tempes, Rabastan détourna donc le regard, mâchoires serrées : de toutes manières il fallait rester attentif à ce qui les entourait. Il se força à expirer par le nez silencieusement, profondément, pour calmer le trop-plein qui lui montait à la tête. Ses yeux fouillaient méthodiquement les alentours, scrutant les ombres, guettant un geste suspect, un bruit de pas, ne réagissant à rien d'autre, portant presque mécaniquement ce qu'elle lui donnait, les lui rendant de la même manière. Et ce ne fut que lorsqu'elle posa la question annonçant la fin de ses ajustements qu'il se tourna de nouveau vers elle. La robe n'était définitivement pas faite pour un temps pareil, ni même les collants. Et surtout, même sans la boue et le sang, il y avait quelque chose dans sa chevelure défaite, dans ses traits, la manière dont elle tremblait, la façon de dissimuler son poignet, qui lui donnait un air terriblement vulnérable. Ce qui ne lui semblait guère naturel à lui, du genre à sauter aux yeux de n'importe qui que quelque chose clochait. Mais on ne pouvait pas vraiment faire mieux.


    -Mets-ça., se contenta-t-il de répondre en lui tendant son propre manteau, et au ton n'attendant clairement pas de contradiction. Le froid l'avait saisi instantanément dès qu'il l'avait enlevé et malgré le fait qu'il portât des vêtements nettement plus adaptés que ceux de Gaël. Mais comme il le faisait de toutes les sensations désagréables, il n'en tint pas compte, frissonnant sans chercher à se frictionner les bras ni à rentrer la tête.

    Profitant du geste qu'il eut pour lui laisser le vêtement, il s'était rapproché suffisamment pour se saisir du bras de la jeune fille, ce qu'il vit lui fit grincer des dents une nouvelle fois, mais il ne fit aucun commentaire. On ne pouvait pas le laisser tel quel, c'était trop visible, même avec des manches longues : il aurait suffi d'un mauvais geste au mauvais moment devant les mauvaises personnes.


    -Je vais le soigner., se contenta-t-il de dire, les mâchoires toujours crispées de rage rentrée, l'air buté. Mais ça risque de faire mal.

    Sans doute aurait-il pu faire un effort de douceur dans ses intonations comme ses paroles, mais outre que la douceur ne lui était guère naturelle, Rabastan avait l'esprit trop pris par d'autres choses pour y avoir pensé. Il sortit de nouveau son couteau et après l'avoir déplié et soigneusement essuyé, jeter un coup d'œil à sa Sorcière pour vérifier qu'elle était prête à la suite, il dessina une longue entaille au centre de l'énorme bleu qui paraît le poignet de la jeune fille. Après quoi, il plaça la lame légèrement de biais de façon à ce qu'elle restât toujours en contact avec les lèvres de la plaie, tout en passant légèrement en dessous.

    -Tiens-le comme ça. Essaie de ne pas bouger.

    Précautionneusement, il entreprit alors de laisser tomber la ditany au goutte à goutte, ne lui laissant pas le temps de refermer l'entaille qu'il avait faite lui-même mais massant immédiatement de ses deux pouces la chair pour y faire pénétrer l'essence guérissante, la pousser à rejoindre les muscles et tendons meurtris. Etant donné la taille du bleu, il lui fallut du temps pour arriver à un résultat satisfaisant, et la luminosité de plus en plus nulle n'aidait pas. Rabastan y mettait au moins autant de concentration qu'il en avait mis à surveiller les environs ou à trouver une solution, encore que ce fût peut-être un peu aussi pour s'éviter de trop penser. Il y avait probablement des manières plus douces, plus rapides aussi, de soigner les contusions, mais celle-ci avait le mérite d'être efficace, de ne nécessiter ni baguette, ni sortilèges complexes, ni potions trop rares. Et elle lui avait toujours bien servi pour maquiller quelques-uns de ses propres méfaits. Pourtant, c'était bien sur lui-même qu'il avait tenté la chose, la première fois.

    Une dernière goutte sur l'entaille qui se referma et le jeune homme replia son couteau, rapidement rangé. Le temps que cela avait duré, le vent avait forcé et gelé, la nuit semblait être tombée définitivement et la pluie se faisait neigeuse. Leurs respirations laissaient échapper de petits nuages d'humidité. Une nouvelle fois il prit le temps de vérifier l'effet qu'elle pourrait faire, puis regarda sa montre. Avec un peu de chance, il n'y aurait pas beaucoup de monde à l'auberge et ils seraient tous sortis pour le quartier-libre. A moins que le temps ne les en ait dissuadés...

    Il aurait sans doute pu profiter de son elfe pour demander d'autres vêtements plus chauds, voire plus. Mais mentir aux siens avait déjà du mal à lui passer d'en travers de la gorge, il ne voulait pas en demander plus que le strict nécessaire. Il finirait sûrement par dire la vérité, au moins à son frère et sa tante, histoire de se soulager partiellement la conscience. Sans compter que s'ils s'en sortaient, il aurait droit aux explications en tête à tête avec son oncle. Et autant il aimait et respectait terriblement Decius, autant n'ayant rien d'un masochiste, il n'avait pas la moindre envie d'une … mise au point. Enfin. On verrait bien. Il balaya ces pensées au loin : ce n'était pas comme s'il manquait d'autres formes de pressions au présent.


    -On peut rentrer maintenant je pense.


    Il restait terriblement laconique. Lestrange n'était naturellement pas bavard, mais lorsque la tension s'ajoutait à cela... Et tensions il y avait.
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MessageSujet: Re: Beauty Of the Dark [ Rabastan Lestrange ] Premier Jour Lun 3 Sep - 13:32

En temps normal, mes lèvres se seraient étirées en un sourire malicieux, et même fier. Et même si j'en avais envie, je me retins. Je n'avais pas loupé le regard animal, rempli de désir et de fureur mêlés dont il m'avait gratifié alors que je commençais à me déshabiller. Ce n'était pas le moment, et il n'aurait pas été raisonnable de plus le tenter en cet instant où l'adrénaline courrait toujours dans mes veines, et probablement dans les siennes aussi, attisant les sensations fortes. Fière, oui je l'étais de lui faire autant d'effet alors même que je n'étais pas à mon avantage : le reflet que m'avait renvoyé le miroir un peu plus tôt me rendait perplexe sur la raison d'un tel désir envers cette personne trempée des pieds à la tête, grelotante et glacée que j'étais à présent. Si nous avions été dans une autre situation - mais peut-être n'y aurait-il pas eu cette même excitation, cette tension dans l'air ? - , j'aurais sûrement profité de son état pour le tenter, le faire craquer, et évacuer toute la frustration qui était la notre depuis des semaines maintenant. C'était à peine si nous nous étions parlés, sauf pour nous lancer des pics gratuits dans nos lettres, ou au détour d'un couloir, à table...alors, pouvoir être si proche de lui tout d'un coup, sans que nous n'ayons pu nous réconcilier auparavant me mettait dans un état proche du sien. Plus encore lorsque je voyais l'inquiétude, la fureur autant dans ses paroles que dans ses regards.

Ce ne fut cependant pas son désir qui me choqua en cet instant, mais la rage dans ses traits qu'il tentait pourtant de rendre impassibles. Même dans le noir, j'aurais pu voir la fureur, la tempête dans ses prunelles, et entendre le rugissement de la bête possessive et protectrice. Les questions viendraient ensuite, et je les imaginais tranchantes, entreprenantes. Mon cerveau fonctionnait en deux temps : le premier consistait à rester dans le présent, connecté aux gestes et aux paroles ; l'autre, cherchait déjà les bonnes excuses, les mots les plus irréprochables, le meilleur mensonge, l'air à adopter, le ton de la voix qui passerait le mieux, les gestes à éviter, la nervosité à cacher. Tous un tas de facteurs qui auraient pu me griller en un instant, car si Rabastan excellait en quelque chose , c'était bien pour mentir. Pour l'avoir souvent vu à l'oeuvre, je pouvais attester de ses talents en la matière, si bien que j'en aurais presque été jalouse, si moi-même je n'étais pas une excellente actrice. Mais ce soir était différent, et mon gros défaut était de laisser mes émotions prendre le dessus dans des moments trop intenses : faire attention, garder la tête froide. Autant d'avertissements que je me donnais à moi-même pour me sauver la mise. Ou plutôt, celle de Jude. Méritait-il un tel effort de ma part ? Non. Le ferai-je quand même parce qu'il est mon frère ? Oui. Sinon, autant le jeter aux lions, aux serpents, et aux vautours en même temps. Le donner en pâture à Rabastan n'était pas mieux.

Il ne se tourna vers moi qu'au moment où j'eus terminé ma transformation en quelque chose de plus...potable, dirons nous. Mais ce n'était toujours pas ça... Le fait est que j'étais sûrement l'une des élèves accordant le plus d'importance à mon apparence : je ne sortais jamais sans avoir calculé ma tenue dans les moindres détails, sans avoir une coiffure parfaite, des ongles identiques et entretenus, un maquillage étudié pour n'être ni trop vulgaire, lourd mais pas trop discret non plus. L'équilibre parfait, autrement dit. J'excellais à ça. Alors, dans cet état... je n'étais pas vraiment moi-même. Je ressemblais à une version plus sauvage, plus fragile et résistante à la fois - après tout, je ne m'étais pas effondrée une seule fois -, mais même avec tous les efforts du monde, mes traits restaient peu naturels pour l'image que je donnais d'habitude. Il ne répondit cependant rien, me donnant son manteau sans que je ne puisse refuser. Son ton ne permettait nullement de tergiverser sur le sujet. Au point où j'en étais, je me fichais éperdument d'avoir froid, de toute façon rien n'aurait pu me réchauffer tellement mes membres étaient glacés par la pluie et le vent glacial qui se levait. Mais je ne dis rien. Je n'en aurais pas eu le temps de toute manière car sa main empoigna vivement mon bras. Je grinçai des dents...grillé. J'avais espéré qu'il ne l'avait pas remarqué, mais ça avait été stupide de ma part. J'avais acquiesçai lorsqu'il avait dit vouloir le soigner. Il était tendu, je savais qu'il faisait son maximum pour se contenir. Je ne dis rien pendant un moment. La douleur m'était tellement familière qu'elle me faisait moins peur. La souffrance et moi, on se connaissait depuis longtemps...de vieilles amies si l'on peut dire. Je serrai tout de même les dents, la mâchoire crispée lorsqu'il entailla mon poignet à l'endroit où le bleu s'était étendu. Les lèvres pincées, Je fis ce qu'il dit, et tins le couteau de biais sur la plaie tandis qu'il versait la ditany. Il massa ensuite la peau : je ne desserrai pas la mâchoire. Quand la plaie se fut totalement refermée, et qu'il n'y eut plus aucune marque, Rabastan rangea son couteau et je respirais à nouveau normalement, me rendant compte que j'avais coupé ma respiration l'espace de quelques secondes.

Le temps était venu de rentrer à l'auberge, et je refermais les pans du manteau de Rabastan pour me tenir un peu plus chaud, plongeant mes mains dans les poches. Nous marchâmes jusqu'à l'auberge, silencieusement... Mes dents ne claquaient plus désormais, mais je sentais l'atmosphère encore plus se refroidir: en était-il de même pour la tension qui régnait chez Rabastan ? Je n'étais pas sûr de vouloir le savoir , il était pourtant évident que je n'allais pas y échapper. Il fallait un mensonge simple, un compromis avec la vérité pour que ce soit plausible. Finalement, je n'avais pas besoin de beaucoup mentir. Croire en son mensonge, c'était déjà mettre toutes les chances de son côté!

Nous fûmes vite arrivés devant l'auberge d'où s'échappait de la lumière par les fenêtres. Il ne semblait pas avoir grand monde. Lorsque nous entrâmes, le hall était désert. Le silence, pesant. Les chambres des filles étaient au premier étage, et je pris le chemin des escaliers. A mon arrivée, j'avais remarqué que toutes les chambres n'étaient pas prises. Certaines étaient vides, ce qui était stupide car j'aurais préféré être seule dans une chambre que me coltiner Kaylee et l'autre fille...son prénom m'échappait d'ailleurs. Une fille passa dans le couloir, et nous regarda avec un air outré, mais le regard que je lui lançai à cet instant la fit taire. Elle descendit sans s'arrêter. Je reportai mon attention sur les chambres...normalement, c'était la cinquième qui était inoccupée. Je l'ouvris, j'avais crocheté la serrure hier déjà, pour pouvoir être tranquille et m'éloigner de mes "charmantes camarades de chambre". Nous nous glissâmes à l'intérieur. Nous avions pu échapper aux accompagnateurs, c'était déjà un bon point. Le temps pour moi de reprendre une apparence "normale" après une bonne douche. Mais là, tout de suite, je savais que Rabastan ne tiendrait plus longtemps avant de poser des questions. La chambre était petite, sûrement était-ce pour ça qu'elle était inoccupée.Pas assez de place pour plusieurs élèves.


- Personne ne viendra nous déranger ici.

Ma voix était tendue, et même moi je pouvais l'entendre. Je tournai mon regard vers lui, et me rappelai que je portais toujours sa veste. Je l'enlevai et la lui tendit.

- Merci. Et pas seulement pour la veste. J'aurais préféré ne pas t'impliquer dans tout ça...


Ce n'était pas d'une voix douce, mais un peu brutal que je dis ces mots. Je m'étais retenue de le remercier dès l'instant où il avait pris les choses en mains, et maintenant que ça sortait, j'avais comme l'impression que je le disais de mauvaise grâce. La fierté sûrement, d'avoir été repêchée in extrémis de la noyade.

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MessageSujet: Re: Beauty Of the Dark [ Rabastan Lestrange ] Premier Jour Lun 3 Sep - 17:45

    Pour le coup ils avaient eu de la chance : ils n'avaient pas croisé âme qui vive sur le retour. Même pas arrivés à l'auberge de jeunesse, pas même dans le hall. Ca n'empêcherait pas : si ce n'était pas ce soir-là ce serait le lendemain, les questions étaient inévitables. Mais la mort d'Amelia Dunkan serait sûrement annoncé d'ici là. Cela simplifierait en partie les choses. Le jeune homme eut une pensée pour sa propre famille, se demandant s'ils avaient déjà réagi, déjà mis en place l'alibi qu'il avait demandé. Il claqua la langue d'agacement à se trouver encore une fois à réfléchir à des choses inutiles puisqu'il n'avait plus aucune prise dessus. Gaël montait déjà les escaliers. Rabastan l'avait suivie sans plus d'hésitation qu'il n'en avait mis près d'une heure plus tôt quand il avait commencé ses recherches. C'est à peine s'il accorda un regard à la fille qu'ils croisèrent. Ce n'était pas de la dernière sagesse, mais à ce moment-là, les apparences devraient se montrer moins lisses : il avait beaucoup d'autres préoccupations qui leur grillaient la priorité. Il ragréerait les failles et les fissures plus tard. Ce n'était pas un art qui lui était étranger de toutes manières.

    Une fois entré dans la pièce, il s'appuya à la porte, bras croisés, dans une attitude qui lui était familière. Le jeune se contenta d'un signe de tête en réponse aux premiers mots que Gaël prononça depuis qu'ils avaient entamé le chemin du retour. Et c'est tout aussi silencieusement qu'il récupéra son manteau qu'il plaça sous son bras. De tout ce temps, l'expression de son visage n'avait pas vraiment varié : fermée. Seuls les yeux devaient le trahir, comme lorsqu'il n'avait pu s'empêcher de la dévorer une fois encore des yeux alors qu'elle se retrouvait de nouveau uniquement affublée d'une robe humide. Avant de les baisser sur la moquette fatiguée de la petite chambre.
    Pourtant les paroles suivantes brisèrent complètement cet air, le prenant de court. Merci... Merci ? Quoi merci ? Pourquoi merci ? Préférer ne pas l'impliquer ? Comment ça ? Non Rabastan ne comprenait absolument pas le concept de ce qu'elle lui disait là. Il l'aurait saisi si elle s'était adressé à quelqu'un d'autre avec qui il fallait être hypocrite mais à lui, l'intérêt lui échappait. Il n'avait pas fait d'effort : c'était naturel que d'aider les siens quand ils étaient dans le besoin. Quoi ? Est-ce que c'était parce qu'ils étaient en conflit que Gaël s'imaginait qu'il avait pris sur lui avant de partir sur ses traces ? Merci c'était quand l'autre faisait plus qu'il ne devait. Là... A part le mensonge qu'il avait envoyé à sa famille... Non il n'y avait rien eu de plus que ce qui aurait dû être naturel pour tout le monde !
    Qu'est-ce qu'il aurait été censé faire ? Apprendre ce qui s'était passé et s'en laver les mains ? Ne pas se soucier de la disparition de Gaël ? Ou bêtement attendre à l'auberge ? A quoi s'était-elle attendue ? A ce qu'il la laisse gérer seule la situation dans laquelle elle s'était mise ? Au risque de se faire expulser, au mieux ? Ou alors c'était parce qu'il avait dit qu'il ne lui ferait pas de cadeau ? Mais il parlait de leur conflit alors, là ça n'avait plus rien à voir, c'était pourtant clair.

    Sérieusement... Il ne risquait pas de le lui dire dans un moment pareil, mais ce n'était pas trop tôt que sa mère disparaisse. Visiblement ses parents lui avaient donné une éducation lacunaire. Inexcusable pour des Sang-pur, à plus forte raison lorsqu'il s'agissait d'une Sorcière qui, comme Amelia Dunkan, prétendait respecter les règles du club. Concernant son père... venant des mous comme des traîtres, la déception avait souvent largement précédé ce genre de constatations.
    Il leva les yeux au ciel.
    Mais il ne dit rien bien sûr de tout ce qui venait provisoirement de lui agiter l'esprit. Au lieu de ça, il se contenta d'un :


    -Ça va, oublie-ça., haussant les épaules pour écarter définitivement le sujet.

    Lui c'était un autre sujet qui l'intéressait. Entre autres. Les questions lui brûlaient la langue, mais il avait pris sa décision sur le chemin du retour : pas tout de suite. C'était méchamment frustrant mais c'était la meilleure solution. En l'état, il était absolument incapable de choisir les bons mots pour extorquer la vérité qu'il voulait. Je vais bien... Ca, ça voulait dire qu'il n'aurait pas les réponses qu'il attendait facilement. Et il n'était pas question de la secouer elle comme il l'aurait fait de n'importe quel sous-Sorcier. D'un autre côté il était trop peu en contrôle de lui-même pour se sentir certain d'être capable de mener ce genre de conversations où il le voulait. Alors mieux valait attendre d'avoir la tête froide. Ce qui n'était pas pour tout de suite...

    Sans doute était-ce d'être assuré qu'ils ne risquaient plus d'être dérangés comme elle l'avait dit, une baisse de tension – au moins une.... -, en tous cas le Serpentard ne put s'empêcher de se masser un instant les tempes, machinalement, sans s'en rendre compte. Quoi de surprenant : la journée entière avait été tendue, et il n'avait pas pu dormir la nuit précédente. Rabastan avait beau être un familier des brusques poussées et descentes de tensions, comme des nuits très courtes - se contentant au quotidien de quatre heures qui lui paraissaient déjà trop longues étant donné tout ce qu'il avait à faire-, les derniers jours avaient été sans doute un peu trop demandeurs en énergie, en attention et en prise sur soi-même, pour trop peu de vapeur lâchée.

    Quoi qu'il en soit il n'en avait pas oublié le ton sur lequel elle avait présenté les remerciements qu'elle s'était cru obligée de donner. Ce dont il avait eu une interprétation toute personnelle. Mais puisqu'elle était en deuil... Il ferait un effort.


    -... Essaie de te reposer... Les autres risquent de te poser pas mal de questions quand tu les reverras. Enfin... Personne n'était au courant pour ta mère quand je suis parti te chercher. Au besoin, je resterai en bas. Au cas où. Besoin de rien ?

    Il n'avait pas eu envie la veille, il n'en avait pas envie ce soir-là non plus : sortir et prendre du plaisir à ce voyage était absolument inenvisageable. La situation l'aurait presque arrangé pour le coup. Presque. Il se contenterait donc de passer le temps dans le hall, miraculeusement désert.
    Rabastan s'était donc redressé, clairement prêt à vider les lieux sitôt qu'il serait certain qu'elle n'avait plus besoin de rien d'autre que de tranquillité, d'une douche et d'une longue nuit, la main sur la poignée de la porte. En fin de compte il irait probablement d'abord dehors fumer : l'air froid ne serait pas de trop pour lui rafraîchir les idées et les sangs. Il y faudrait même probablement plus qu'une seule cigarette : contrairement à la pipe, ces choses-là se fumaient définitivement trop vite !
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MessageSujet: Re: Beauty Of the Dark [ Rabastan Lestrange ] Premier Jour Lun 3 Sep - 19:47

- Attends...

Je n'avais pas traîné pour le retenir, voyant la seule occasion de le retrouver pour de bon s'échapper soudainement. Pas question qu'il parte, ou en tout cas pas toute de suite. Sur le coup, j'avais caché mon étonnement, pour ne pas avoir l'air soulagé d'échapper aux questions - il les gardaient pour plus tard, évidemment - mais j'étais bel et bien surprise. Je m'étais attendue à au moins une allusion, quelque chose qui aurait déclenché ce sujet de conversation. Mais non. Il avait à peine réagit lorsque je lui avais dis merci, c'était contenté de hausser les épaules bien que son regard sembla s'assombrir, avant de me dire d'oublier ça. Oublier ça...comment aurais-je pu ? Il avait pris des risques pour me sauver la mise. Je lui en étais reconnaissante. Tout simplement. Sûrement n'aurais-je pas du être si étonnée de le voir ainsi m'aider... mais depuis toujours j'étais partie du principe que les autres agissaient uniquement par devoir ou pas égoïsme. On ne m'avait pas appris l'esprit d'équipe, l'unité, toutes ces valeurs qui étaient les miennes et que j'avais du adopter en fréquentant les gens de ma maison, mais si je m'étais cantonnée à l'éducation que j'avais reçu... Et puis d'ailleurs, quelle éducation ? A ce que je saches, je m'étais éduquée toute seule avec les reproches de ma mère et les coups de mon frère, l'absence de mon père. La honte, la douleur et l'égoïsme avaient été mes parents. Ma mère n'avait éduqué que mon frère, et j'avais saisis quelques petites leçons au passage, espionnant la vie de rêve que Jude vivait. Comme une ombre dans le manoir, alors que mon propre frère était en pleine lumière...remplit de fierté. Je m'étais construite, après m'être détruite, me façonnant à l'image de ce que je voulais être. Mais c'était tout...alors qu'on fasse des choses gratuitement pour moi...Ce n'était pas un concept naturel.

Enfin, il aurait pu le faire par devoir , mais étant donné notre conflit ça m'avait semblé étrange. Lui qui m'avait assuré qu'il ne me ferait aucun traitement de faveur. Cette soirée marquait probablement la fin de notre dispute. J'en fus soulagée. Ce conflit m'avait épuisé, et si nous pouvions oublier cela grâce à cette soirée, alors pourquoi ne pas en profiter ? Il semblait, de plus, tellement fatigué et à bout de nerfs que la solution me vint d'elle-même. Je me mordis la lèvre, et un sourire malicieux vint étirer les lèvres... si j'avais paru vulnérable auparavant, je semblais cependant reprendre soudainement mes bonnes habitudes...


- Serais-tu cruel au point de me laisser toute seule ce soir ?
,dis-je, avec des intonations suaves qui soudain réchauffaient la pièce. Glacée et grelottante, je risque fort d'attraper froid si tu n'interviens pas...

Levant un sourcil, mon sourire s'élargit prenant des airs presque diaboliques, malins...Mon index descendit lentement la bretelle de ma robe, dévoilant le haut d'un soutient-gorge noir en dentelle. L'autre bretelle subit le même sort. La robe tomba. Je portai mon petit doigt à ma bouche, et le mordillai comme une enfant ayant fait une bêtise. Me retrouver en lingerie fine devant lui aurait été impressionnant pour n'importe qui ... sauf que voilà, ça c'était mon terrain de jeu ! Et mon terrain favoris en plus! Celui où j'excellais le plus. Je du par contre descendre d'un étage, retirant mes pieds des bottines que j'avais enfilé plus tôt. Je n'aimais pas ça...d'ailleurs, il était le seul à Poudlard - avec Narcissa - à pouvoir se vanter de m'avoir vu sans talons. Pieds nus...j'étais horriblement petite. Trop petite. Et le fait que j'en sois complexée n'arrangeait rien à la vision que j'avais de ma taille. Je faisais juste 1m63, il y avait plus petit...mais par rapport à lui...je me sentais minuscule. Sauf que dans ce genre de situations, c'était moi qui avait l'avantage. Parce que j'étais quasiment nue devant lui, en sous-vêtements et en collants diablement sexy. Pour un peu, je le plaindrai...cette chambre prenait des allures de piège infernal... . Il ne pourrait pas résister. Il en avait envie, je le voyais au fond de ses prunelles sombres et profondes. C'était comme dire à la bête " Coucou...viens me dévorer toute crue!". J'aurais pu lui adresser un signe de la main, brandir un morceau de viande sous son nez que ça serait revenu au même... en l'occurrence, c'était moi le morceau de viande.

Je ne prétendais pas être une experte - bien que je n'en étais pas loin - mais je savais d'expérience ce que les hommes aimaient, ce à quoi ils ne pouvaient résister. Tout était dans l'attitude, la démarche, le ton de la voix, les gestes, sans parler du regard et des sourires. De fragile et silencieuse, j'étais passée à suave et joueuse. Malicieuse, comme toujours. Je lui offrais la tentation la plus délicieuse, et comme l'on dit souvent : la seule manière de résister à la Tentation, est d'y céder... Apprendre à la connaître, apprivoiser la Tentation, la rendre plus familière et peut être qu'un jour celle-ci ne sera plus une Tentation. Mais quel dommage, la dite chose est tellement changeante, prenant des formes, des aspects et des intonations différentes...elle évolue en se nourrissant des faiblesses, des désirs enfouis. Et désir il y avait. Autant chez lui que chez moi. Seulement voilà : c'était moi la Tentation. J'avais le pouvoir. Pour l'instant du moins, car la bête approchait, et elle ne tarderait pas à gronder.

Une fois débarrasse de mes bottines, je marchai jusqu'à la fenêtre où les rideaux rouges étaient ouverts. Féline, sensuelle, je mis tout mon talent à le tenter encore plus en me tournant pour fermer les rideaux. Je souris plus largement, comme à moi-même. Mais je me fichais qu'il puisse voir mon sourire dans un quelconque reflet. Il savait , pour s'être souvent laisser prendre, que ce soir...il ne résisterait pas. Je me retournai vers lui à nouveau.


- Il y a une clé sur la porte...Tu crois qu'il vaudrait mieux la tourner ?
demandai-je presque innocemment.

Bien sur qu'il le faudrait - je ne doutais pas une seule seconde qu'il puisse me dire non. Pourquoi l'aurait-il fait ? D'après la tension évidente de ses traits, il avait fort besoin d'un pur instant de détente. Et je n'étais sûrement pas celle qui lui refuserait ..
.
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MessageSujet: Re: Beauty Of the Dark [ Rabastan Lestrange ] Premier Jour Mar 4 Sep - 15:56

    De toutes évidences, il avait mal interprété son ton quelques minutes plus tôt.

    Et la revoilà, la nana à laquelle il était absolument incapable de résister et de tourner le dos. La jeune fille vulnérable semblait s'être fait avalée d'une bouchée. Dire que celle-là lui avait déjà fait de l'effet... Celui qu'eut la Gaël provocante qu'il connaissait réussit à lui ôter toute pensée cohérente de la tête, ses pupilles étrécies au maximum incapable de la lâcher du regard. Il avait pu le détourner dans le parc, la situation et le lieu aidant. Là ce n'était plus possible. Chaque geste, chaque parole qu'elle avait le faisait bouillir toujours un peu plus, à en sentir le sang lui fourmiller dans les veines. Ah et elle savait parfaitement ce qu'elle faisait, il le voyait dans son regard ! Elle le narguait ! Sûre d'elle et de son pouvoir de tentation. Elle n'avait visiblement pas la moindre hésitation quant au fait qu'il craquerait inévitablement ! Même pas l'ombre d'un doute dans ses yeux plein d'une malice qui lui enflammait l'imagination. Bon sang de nana !

    Pourtant il résistait, le regard flamboyant et utilisant toute sa concentration pour ne pas faire un mouvement, ne serait-ce que le sourire gourmand et avide qui lui venait spontanément aux lèvres. Ce n'était pas qu'il n'avait pas envie ou qu'il aurait préféré aller s'ennuyer dans le hall ou aller se coucher. Aberration. Ce n'était pas plus par esprit de contradiction, même si celui-ci était beaucoup trop développé chez Rabastan : en l'état c'était déjà un état d'esprit trop compliqué pour les sensations trop fortes qu'il ressentait. Ce n'était pas non plus qu'il ne brûlait pas de lui faire arrêter ce petit jeu-là pour commencer immédiatement la manche suivante. C'était juste sa nature : on ne rendait jamais les armes comme ça, sans résistance, question de principe, ça ne se faisait pas. On résistait jusqu'au bout... Même quand les chances de réussite s'amenuisaient drastiquement de seconde en seconde...

    ...Même quand on avait prévu de rendre les armes de toutes façons au bout du compte. De toutes manières, le conflit, et le début de soirée qu'ils venaient de passer, avait rempli son office : lui faire oublier l'origine du conflit justement. L'affrontement était décidément une des meilleures choses qui soient, réglant quantité de problèmes et d'une manière qui lui semblait parfaitement saine puisque nette.
    Un bruit ridiculement anodin et discret incarna la disparition totale des digues. Un clic alors qu'il tournait la clé dans sa serrure derrière lui, sans lui jeter un coup d'œil. En deux coups de talon-pointe débarrassé de ses propres bottes, et il ne s'embarrassa pas de faux-semblant. Pas de grand numéro romantique et tendre non plus. Pas de tentative de Tentation en retour. Non Rabastan avait juste sauté d'un bond souple par-dessus le lit qui le séparait de ce qu'il convoitait pour s'en emparer enfin.

    Ce qu'elle avait pu lui manquer... Et il y avait tant à dévorer d'ardeur... Trop : ses jambes et ses hanches, ses reins et son ventre, des courbes les plus généreuses jusqu'à ses lèvres. Trop pour se contenter d'une seule joute.

    Alors une fois pour noyer la frustration. Une autre pour profiter réellement, une façon aussi de presque se venger de la façon dont elle l'avait tenté avec autant d'aplomb et de culot. Une vengeance où personne n'aurait pu beaucoup plus se plaindre que de la-dite tentation. Une autre façon de faire rendre les armes. Refuser de tout donner jusqu'à ne plus pouvoir s'empêcher soi-même de vouloir tout prendre. Une façon aussi de se pousser à sa propre faim, d'atteindre ses limites et les repousser, refuser de se laisser emporter par les vagues. Encore, encore, encore...

    A un moment, après la tempête, il s'était laissé aller sur le dos, les yeux dans le vague. Morgane ce que c'était bon... A en perdre la notion du temps. Cette pensée vague n'avait visiblement pas l'intention de se contenter de passer gentiment comme les autres. Cette pensée-là était le genre d'emmerdeuse qui a décidé de se faire entendre. Et elle réussit malgré tout à lui tirer un peu plus d'attention que les autres, lui faisant jeter un coup d'œil à sa montre. Ce qu'il vit lui fit lever les yeux au plafond d'agacement. Et au bout de quelques secondes :


    -Il va vraiment falloir descendre. Moi au moins.

    C'était bel et bon de se réconcilier d'une manière aussi savoureuse, mais les circonstances ne se prêtaient pourtant pas à la légèreté. Que Gaël ait disparu une journée entière, cela pourrait s'expliquer par la mort de sa mère – encore qu'ils allaient tout de même devoir prévoir chacune de leurs réponses à l'avance -, mais Perkins avait disparu. Aussi, même si les soupçons se portaient ailleurs grâce à sa famille, il valait mieux éviter de tenter le Diable en accumulant les circonstances aggravantes. En évitant de disparaître trop longtemps lui aussi par exemple, et pile au même moment que la fille d'un Auror. En tâchant de ne pas trop entacher sa propre réputation qu'il avait quelque peu malmenée ces dernières heures, par manque de patience. En allant vérifier où en étaient les choses et faire ce qu'il fallait si elles n'allaient pas dans le bon sens. Bref, rester là à profiter des voluptés que lui offrait sa Sorcière aurait été une imbécillité. Une imbécillité délicieuse, et franchement tentante, mais une imbécillité quand même. Et ce genre de bêtises, il refusait mordicus d'en être l'un des représentants. La discipline c'était le nerf de la guerre, nettement plus que l'argent et quoi qu'on en dise. Et ça commençait par celle qu'on s'imposait à soi-même.

    Il suffisait d'une erreur, d'une seule, pour tout foutre en l'air.

    Tssss... Et pourtant il n'en avait vraiment pas envie. Mais justement, il connaissait ce genre de dispositions : s'il ne faisait au moins un geste rapidement, il ne bougerait jamais. Si bien qu'à contre-cœur Rabastan se redressa. Il n'était pas question de quitter la pièce dans la minute mais d'amorcer le mouvement néanmoins. Ses yeux en glissèrent sur le bleu qu'elle avait à l'épaule. Il les en avait oubliés un moment : ses dents en grincèrent de nouveau et d'autant plus.


    -Tu ne veux rien dire à ce sujet, c'est ton problème., lâcha-t-il d'un ton venimeux, sans pouvoir s'en empêcher. Mais d'une manière ou d'une autre je trouverai qui t'a fait ça. Et qui que ce soit, je te jure que je le ferai pleurer.
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MessageSujet: Re: Beauty Of the Dark [ Rabastan Lestrange ] Premier Jour Jeu 6 Sep - 19:49

Il avait résisté. Ou plutôt, essayé. Je l'avais vu à sa manière de me regarder, tandis qu'il tentait de ne faire aucun geste, de ne pas bouger. Il m'avait suivi des yeux, et son regard pesa sur moi aussi lourd qu'un sac de pierres sur mon dos. La bête était là, mais elle attendait, tapis dans le fond, les sens en alerte et les dents serrées. Il s'était retenu ... en vain. Ce ne fut que lorsque j'entendis la clé tourner dans la serrure que je su qu'il avait rendu les armes : il n'empêche, son esprit combatif m'avait fait sourire intérieurement. Pas assez résistant , il avait cédé à la tentation. A ma connaissance, c'était la meilleure manière de régler définitivement , et dans les règles une dispute qui avait duré trop longtemps. Certes, les évènements s'étaient déroulés de façon à ce que notre conflit prenne fin plus vite et plus soudainement que prévus, mais nous aurions pu choisir de continuer, de passer à l'attaque suivante. Je ne le voulais pas ; et s'il cédait, c'était que lui non plus ne souhaitait pas poursuivre notre conflit. Ainsi, j'accueillis la bête avec plaisir, ravie de son retour : comme de vieilles amies, nous nous connaissions par coeur, nous retrouvions avec ardeur.

Si j'étais persuadée de faire un grand effet à Rabastan, lui, s'assurait toujours de me le faire payer - oh évidemment, il le faisait de la manière la plus délicieuse possible, si bien que je n'en avais point à m'en plaindre, mais je savais qu'il se vengeait de ma façon d'être si sûr, avec tant d'arrogance et de provocation, qu'il ne pouvait faire autrement que me céder, s'abandonnant à ses pulsions qui faisaient écho aux miennes. Tant mieux : il n'y avait aucune raison de lui en vouloir. Son esprit combatif et vengeur faisait partie intégrante de ce qui était séduisant chez lui, avec son autorité de fer et l'aura de danger qui planait autour de lui : comment résister ? Je n'avais pas pu. D'une manière étrange et totalement paradoxale : il était le bâton, et la récompense à la fois. Protecteur et bourreau : homme à deux visages. Pour moi, du moins. Il en aurait été différent dans l'esprit des autres, d'ailleurs il représentait lui-même différents hommes selon la personne qui le voyait. Pour les sangs-impurs : il était le montre, à proprement dit ; pour les traitres : il était le coup de bâton, le bourreau ; pour ses alliés, et les personnes qu'il estimait êtres dignes de sa confiance ou de son affection : il était le protecteur, l'allié. Mais je savais bien que la dernière catégorie pouvait changer ... il s'en fallait de peu de perdre sa confiance ou son estime, si bien qu'on pouvait basculer dans une autre case très vite. Je connaissais ma chance : n'en profitait pas pour autant. Aussi, je ne faisais jamais appel à lui. Je ne lui demandais jamais de service, d'aide, ou de conseil : c'était trop peu familier pour moi, et cela me donnait toujours l'impression de supplier quelqu'un, et d'y être dépendant par l'aide qu'il pouvait fournir. Ca n'avait rien de méchant : je savais que je pouvais compter sur Rabastan. Mais les choses étaient ainsi : l'égoïsme m'étais bien trop coutumier pour que je m'habitue au fait que le soutien était parfois gratuit. Rabastant aurait sans doute voulu que je vois les choses différemment : que je vois plus une unité, une fratrie, un groupe fermé et trié sur le volet dont les membres devaient rester soudés. Mais cette image était trop floue encore. Le temps aiderait.

Pour l'heure, la réflexion était restée au placard. Je n'étais même plus sûr de m'appartenir : s'était-il totalement emparé de moi, au point où je ne distinguais plus la différence entre lui et moi, ses sens et les miens, mon corps et le sien ? Probablement. Et la tempête ne se prêtait pas à ce genre de considérations : je m'étais laissée emportée, abandonnée à la seule personne en qui avait toute ma confiance. Et finalement, nous fûmes terrassés, engloutis par les vagues, repoussés sur la plage chaude et dorée...

Il me fallu ajuster ma vision pour me souvenir que j'étais dans la chambre que nous avions trouvés. Allongée sur le dos, je fixai le plafond. Les pensées reprenaient leur cours, la raison se manifestait et les souvenirs recommençaient à hanter l'esprit. Etais-je une fille horrible au point de n'éprouver aucune tristesse au sujet de ma mère ? Mes préoccupations avaient été loin d'elle un moment, et je me sentais étrange rien qu'à l'idée de n'avoir ni pleurer, ni ressenti de peine immense autre que sur le moment où la nouvelle était tombée, brutale. Ce fut finalement Rabastan qui me ramena dans le présent.


- Oui, répondis-je sans le regarder, le regard toujours fixé sur le plafond. On devrait descendre. Je vais juste faire un détour dans ma chambre pour prendre une douche. Je te rejoindrai en bas.

Ma voix m'avait même semblé éteinte, sûrement assombrit par les sombres pensées qui m'avaient traversé l'esprit. Mais je me forçai à faire un sourire en tournant la tête vers Rabastan. Sourire qui s'évanouit dès l'instant où il fit allusion aux marques sur mon corps, preuves des violences dont je faisais l'expérience depuis ... toujours. Mais peu importait : mon frère était mon frère. C'était lui trouver des excuses que de dire qu'il avait été empoisonné par ma mère, et que ses poings étaient le seul moyen pour lui de s'exprimer : je ne pouvais m'en empêcher, il y avait une partie naïve de moi qui croyait toujours qu'il n'éprouvait pas seulement haine et jalousie envers moi. Stupide...

Aussi, dès qu'il eu fini de mettre ses intentions à plat, ou plutôt ses menaces , je cessai de sourire. J'avais senti son venin - et un peu de mépris ? - dans sa tirade. Il me reprochait de ne rien dire...tant pis. Je l'assumai entièrement. Et je me fichais de savoir si c'était la bonne ou mauvaise solution : je ne vendrai pas la mèche. C'était de mon frère qu'il s'agissait... je ne pouvais pas oublier ça, même si Jude ne s'encombrait pas de me considérer comme sa petite soeur. C'était un mélange de douleur et d'appréhension qui du se voir sur mon visage à cet instant - même en essayant de cacher mes émotions, je n'aurai pas réussi. Le sujet était bien trop sensible. Mais je me forçai à ne rien dire , me relevai, saisi ma robe qui avait été abandonnée par terre, et l'enfilai rapidement. Je ramassai mes autres affaires, et m'arrêtai devant un miroir qu'il y avait dans la chambre, accroché au mur. Je regardai mes contusions et autres marques sur mon épaule, mes bras. Dans le reflet, le visage tendu de Rabastan me fit me retourner.


- Pourquoi est-ce si important, puisque je vais bien ? soupirai-je. Ce ne sont que des bleus. Je m'en suis fais certains dans Hyde Park cette nuit et aujourd'hui. Pas de quoi en faire une histoire...


Le "certains" ne lui échappera pas, j'en étais certaine. De toute façon il ne servait à rien de mentir : il savait. Pas encore qui , mais il savait que quelqu'un m'avait frappé. Mentir n'aurait que l'énerver encore plus. Là, je disais la vérité. La plupart avait été fait en tombant du portail quand je l'avais escaladé, ou dans l'arbre que j'avais squatté une partie de la nuit. Je m'avançai vers lui, et mis mes deux mains sur ses épaules comme si mon geste allait faire rentrer mon opinion dans sa tête bien trop dure.


- Les blessures guérissent Rabastan... A ce que je saches, je ne suis ni en sucre, ni en verre, hm ? Il en faudrait beaucoup plus pour me briser.
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MessageSujet: Re: Beauty Of the Dark [ Rabastan Lestrange ] Premier Jour Ven 7 Sep - 18:39

    Fragile ? Elle ? Il ne serait jamais sortie avec une poupée de porcelaine. Ces filles-là ne l'intéressaient pas le moins du monde, à moins qu'il s'agisse de jouer ou de les briser. Ce qui pouvait revenir au même d'ailleurs parfois. Souvent. Et quand on ne pouvait faire ni l'un ni l'autre avec, ces filles-là il fallait toujours faire exagérément attention à tout tant un rien semblait suffire pour qu'elles se brisent, physiquement ou psychologiquement d'ailleurs. Est-ce qu'une fille fragile aurait soutenu les attaques qu'il avait lancées contre Gaël durant tout leur conflit ? Tss, même pas la première ! Certains lui auraient d'ailleurs dit qu'il y avait été fort : c'était une femme, quand même. Et alors ? Il fallait vraiment être aussi stupide que les Moldus pour les croire plus faibles que les hommes : chacun ses armes, voilà où se situait la différence. Et c'est de l'oublier qui avait posé tant de problèmes à Merlin face à Morgane. Non Gaël était nettement plus forte que l'apparence superficielle qu'elle donnait ne le laissait croire. Et si Rabastan devait avoir une mauvaise tendance au sujet de sa Sorcière, ça aurait été plutôt de la surestimer, sans doute. Mais comme elle ne laissait voir aucun signe de faiblesse, jamais, comment aurait-il pu penser le contraire ? Il lui savait des failles, mais n'avait jamais voulu jouer avec si bien qu'il en ignorait complètement la nature ou l'importance. Il avait confiance en elle et cela suffisait.

    Non le problème n'était pas là. D'ailleurs elle devait parfaitement le savoir, mais en bonne, en excellente manipulatrice qu'elle était, la jolie Vipère tentait juste de faire dériver le sujet. A d'autres !


    -Evite de me prendre pour un con..., répondit-il presque sur le même ton qu'elle. Le bleu sur ton poignet, c'était pas qu'un bleu. Et tu vas pas essayer de me la faire à moi ? Tu as failli tuer cette fille, rien qu'en la frappant... Ca commence comme... Morgane ! Je viens de te dire : tu veux pas en parler ? Parle-pas. Je te demande rien. Mais cherche pas à me faire changer d'avis.

    Non il ne tomberait pas dans le piège du débat comme il avait failli le faire ! Il n'y avait là rien à négocier. D'ailleurs il y mit un terme physique en se détournant pour revêtir sa courte tunique et achever ainsi un rhabillage complet. Il savait parfaitement que ses vêtements ne faisaient pas moldus, ne pouvaient tromper que de loin – le pantalon en cuir de dragon tanné, effilé, retissé aurait ainsi pu faire l'illusion d'un jean sombre -, pour avoir fréquenté une de leurs stupides écoles lorsqu'il était enfant. Et pour la même raison, il aurait pu faire meilleure illusion s'il l'avait voulu. Au lieu de ça, il avait préféré jouer à l'imbécile ignorant des usages des Moldus. Bonne grâce et bonne volonté n'avaient jamais été prévues pour ce voyage.

    Quant à la façon un peu brute avec laquelle il avait mis fin à la discussion... C'était sa façon de faire. Il ne lui demandait pas de comptes pour quoi que ce soit. La possible trahison de Regulus avait été une exception désagréable justifiée par la gravité de ce que cela aurait impliqué. Qu'elle fasse sa vie comme elle l'entendait, Rabastan la laissait faire. Jusqu'à des comportements qui l'insupportaient violemment. Mais il avait sa propre manière d'y répondre. Cherchait-elle à le provoquer en flirtant avec les mauvaises personnes, il répondait en flirtant à son tour. Si l'écho en miroir ne suffisait pas il optait pour ce qui saurait l'encolérer autant qu'il s'énervait lui-même. Le jeune homme ne voyait pas la chose comme une façon de faire plier : simplement comme sa façon d'équilibrer une colère, un agacement... Ce n'était pas
    ça faire plier quelqu'un. Non une soumission c'était comme une guerre : était-on le plus fort on la faisait vite sans laisser la moindre échappatoire, on privilégiait le coup fatal d'emblée, on écrasait l'ennemi définitivement ; était-on le plus faible on dressait ses pièges, on mutilait l'ennemi et on le laissait agonir en mettant toute sa propre énergie à garnir ses défenses et entretenir les chausses-trappes. C'était donc évident pour lui que ça n'avait strictement rien à voir avec sa façon d'être avec ses proches, Gaël la première.
    Là c'était pareil. Elle ne voulait pas parler. Ca sautait aux yeux. Et encore que cela ne fit qu'énerver plus encore Rabastan, il refusait une fois de plus de lui demander de rendre des comptes. Quelle que puisse être sa raison de vouloir se taire. Mais inversement, il ne supportait pas qu'elle tente de lui mettre des bâtons dans les roues. Elle ne voulait rien dire ? Il trouverait par lui-même. Elle ne voulait pas faire d'effort ? Il ne ferait pas d'effort non plus. Elle voulait qu'il fasse des efforts : qu'elle en fasse elle-même la première.
    Et il en ferait encore moins dans ces circonstances. La violence, c'était un jeu, un plaisir, une nature, une nécessité, un art ou une arme. Mais seulement et toujours dans un sens. Il était un peu comme ces pères paranoïaques qui éloignaient tout ce qui ressemblait à un mâle de leurs précieuses filles... en souvenir d'une jeunesse légère où ils n'hésitaient pas à abuser des femmes. Rabastan n'avait pas la moindre intention de voir Gaël se retrouver dans la situation d'une de ses propres et nombreuses victimes.

    Le jeune homme refusait le débat, mais il refusait aussi de retomber dans un énervement malsain pour la concentration dont il allait falloir probablement faire preuve dans les heures à venir. En revanche cette tentative-là ne fut pas sans raté.


    -Je veux pas qu'on te touche, point.

    Il n'avait pas prévu cette dernière phrase, mais c'était sorti tout seul sous le coup de l'ébullition. D'ailleurs c'est à peine s'il la releva lui-même tant le naturel était en train de revenir au grand galop.
    Soudainement, les réflexes s'imposaient ! Après l'importance du temps venait... Bon sang ! Il s'en serait tapé la tête contre un mur de n'y penser que maintenant, presque trop tard. Ca : ils auraient dû le régler sur le chemin du retour, le plus tôt possible. Certes la soirée ne s'était pas prêtée à la concentration consciencieuse, mais ce n'était pas une excuse. Rabastan s'exaspérait tout seul : il perdait beaucoup trop sa maîtrise de lui-même ces derniers temps. Il allait falloir se recadrer sérieusement et vite.
    Au moins ce problème-là pouvait être encore réglé.


    -On ne peut pas sortir comme ça. Il faut s'accorder sur nos versions avant.

    Ils n'avaient aucun moyen de deviner quand et surtout comment on leur demanderait de rendre des comptes. Il fallait être paré et à toutes les éventualités à l'avance. Parce que des comptes, on leur demanderait d'en rendre inévitablement : elle avait trop longtemps disparu, lui n'avait pas eu un comportement irréprochable non plus, la mère de Gaël était morte révélant du même coup son statut de Mangemort, et Perkins, la fille de l'Auror avait disparu dans la foulée. Même si les soupçons étaient détournés par une mise en scène de sa famille, cela ne suffirait pas. Surtout si la mise en scène tardait : auquel cas il faudrait tenir le temps nécessaire.
    Le temps n'était pas de leur côté, mais en l'occurrence, se presser risquait d'être plus contre-productif qu'autre chose. Répondre aux soupçons, aux accusations, aux interrogations, aux doutes : il s'en était fait tout un art depuis son plus jeune âge. Mais pour bien faire, il fallait penser à tous les détails, et c'était nettement plus compliqué quand quelqu'un d'autre était concerné.


    -Comment tu as su pour ta mère ? Est-ce que tu pourrais leur dire la vérité là-dessus ou bien... ? … Tu as déjà menti pour quelque chose d'aussi grave ?

    Curieusement, c'était pour la dernière question qu'il avait fait un réel effort de tact, dans le ton qu'il avait employé.



HRP : désolée c'est médiocre, mais moi et les transitions.... :/ Je ferai mieux au prochain coup !
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MessageSujet: Re: Beauty Of the Dark [ Rabastan Lestrange ] Premier Jour Lun 10 Sep - 20:26

Tentative de manipulation : Troll...Zéro. Rien! Nada! Niente!...

Evidemment qu'il n'avait pas mordu à l'hameçon, il s'agissait de Rabastan pas de n'importe qui, mais j'avais tenté malgré tout de faire dériver le sujet vers des contrées moins...périlleuses. Il se trouvait cependant que mon cher et tendre petit-ami n'était pas novice en manipulation, mensonge, et autres stratagèmes qui rendaient souvent bien service..Pire : il était certainement l'un des meilleurs. Mon talent pouvait marcher sur tout le monde, sauf lui. Du moins, pas comme ça, pas maintenant. Il était déjà arrivé que j'obtienne ce que je voulais en le manipulant : je savais toucher les points sensibles, allumer la flamme, me servir de mes propres armes pour endormir sa méfiance, faire en sorte de déclencher des réactions utiles pour moi... Je l'avouais : parfois, tout n'était pas calculé. Je ne pouvais pas tout prévoir, surtout lorsqu'il était question de Rabastan. Je ne comprenais souvent pas ses réactions, les trouvais même trop dures sur certains points que je jugeais moins importants, alors qu'à l'inverse, trop coulant sur des points qui, pour lui, passaient comme insignifiants. Un couple n'était pas toujours simple à gérer : avec des caractères aussi forts, aimant dominer, il était dur de d'apprivoiser l'autre surtout quand les différences étaient parfois trop présentes. Nous nous entendions sur les principes fondamentaux, mais cependant pas sur les méthodes... Enfin, chaque situation était différente, et au moins nous n'avions pas l'impression de nous regarder dans un miroir : quel ennui se serait! Apprivoiser l'autre était donc très difficile : encore lorsqu'on passait son temps à jouer avec le feu. Il suffisait de trouver ce qui était agaçant, ce qui énervait le plus et le tour était joué. Rabastan avait des tas de points sensibles qu'il ne fallait pas trop titiller si l'on ne voulait pas déclencher d'explosion. Sauf que moi, j'adorais les explosions. Dans tous les sens du termes : mon ridikkulus pouvait en témoigner. Mais ce genre d'explosions brûlantes, foudroyantes étaient terriblement amusantes. Au point où je ne pouvais plus m'en passer. C'est que....même si je ne l'avais jamais dit, Rabastan était certainement le plus bel homme qui puisse exister lorsqu'il était énervé : la fureur dans ses yeux, le venin au bord des lèvres, la tension dans ses muscles, ses mains, et tout son corps... Et puis sa voix, tranchante. Il n'y avait certainement que moi qui appréciait ce côté de sa personnalité : il n'y avait rien de plus délicieux... de plus délectable que ces moments de rage pure quand il déployait toute sa force, toute son autorité pour imposer sa volonté. Et je le poussais, encore et encore .... au risque de franchir certaines limites, comme la dernière fois...

Mais il n'était plus question de ça ; Rabastan n'avait pas marché dans mon piège, mais on ne pouvait pas m'en vouloir d'avoir essayé. Ce qu'il me dit me fit cependant grincer des dents. Le fait qu'il voulait à tout prix trouver le coupable me fouettait les sangs. Bon sang! Ne pouvait-il pas simplement laisser ça de côté ?! Ne pouvait-il pas faire l'impasse, et me laisser régler ça, puisque je lui disais que j'allais parfaitement bien ?! Je serrai les dents, et pinçai les lèvres. L'énervement était visible, mais je me retenais encore.

- Je vois pas le rapport entre moi et Perkins...sifflai-je. Je vais bien, je vois pas le drame là-dedans. Et t'as raison : je dirai rien.

C'est vrai quoi....Perkins était faible, elle s'était à peine défendue. Certes, face à Jude je ne faisais pas le poids, surtout que là...je n'avais pas eu ma baguette, et chez moi je n'avais pas le droit d'utiliser la magie. J'étais privée du seul avantage que j'avais contre lui : il était trop grand, trop fort physiquement. Oh, j'avais déjà réussi à lui faire mal : le mordre, lui donner des coups mais la douleur disparaissait trop vite pour me permettre de lui échapper. Et il y avait ce côté malsain sûrement, donc j'avais à moitié conscience : peut-être voulais-je me faire pardonner d'avoir eu l'attention de notre père, alors que Jude non? Lui qui avait tellement voulu qu'il soit fier...- avant sa trahison évidemment...-. Je ne m'étais jamais plainte à personne à propos de ça : c'était ainsi, j'avais toujours pris ça pour le seul moyen que Jude avait de me dire les choses. Me taper dessus équivalait à me dire à quel point il souffrait. Du moins, je l'imaginais ainsi dans ma tête. Tant pis si c'était faux : et je n'avais de toute façon pas l'habitude de réclamer une protection. J'étais peut-être en couple, mais pas dépendante de Rabastan. Je savais me débrouiller toute seule : ce soir avait été une exception qui ne se reproduirait plus. Et évidemment, il ne put s'empêcher de prononcer la phrase de trop. Les mots sortirent de ma bouche sur un ton plus haut encore, sans que je ne puisse m'en empêcher. C'était sorti tout seul : toujours, lorsque les émotions dépassaient la raison chez moi.

- Et moi je ne veux pas que tu t'en mêles! hurlai-je presque.

Trop de tensions : j'avais l'impression que ce petit accrochage avait fait remonter toutes les émotions ressenties ce soir-là, notamment avec Perkins. J'avais les mains qui tremblaient à cause de l'énervement.

- Obstines-toi si tu le souhaites , mais tu ne trouveras pas. Sois en sûr.

Ca sonnait comme une promesse, et tant pis s'il le prenait mal. J'allais m'employer à le tenir éloigner de Jude aussi longtemps que je le pourrais. Les conséquences seraient ce qu'elles seraient : c'était mon frère, et il était tout de même le peu de famille qu'il me restait. Connaissant Jude et Rabastan, une simple bagarre ne suffirait pas. Ca n'allait conduire qu'à une seule solution et c'était inadmissible. Fort heureusement, je pu me concentrer sur les dernières interrogations de Rabastan. Je m'assis sur le bord du lit, en soupirant. Je dégageai d'un geste les quelques mèches qui barraient mon front.

- Viktor est venu hier soir , très tard, pour me l'annoncer. Il m'avait envoyé une lettre pour me dire de le rejoindre pas loin. Je suis passée par la fenêtre et je suis sortie. Personne ne m'a vu...et...Oui. J'ai déjà menti pour une chose aussi grave, rassures-toi. Ce n'est pas comme si j'en étais à mon premier mensonge...sifflai-je, un peu trop acide. On a qu'à dire que....

Mais je fus interrompu par un bruit familier. Quelque chose frappait au carreau de la fenêtre. Je m'y précipitai : c'était le hibou que toute la famille utilisait, Hadès. Ma mère avait choisi le nom. Evidemment... J'ouvris la fenêtre, fit rentrer le volatile et dépliai la lettre sans plus tarder.

Gaël,

Enterrement demain. Je viens te chercher à 10h du matin, avec ton frère. Je l'ai prévenu. Le Ministère m'a donné du fil à retordre, mais je les ai finalement convaincu. Nous ne serons pas inquiétés à première vue, mais soi prudente. Dumbledore est au courant. Tu rentreras dans deux jours à Poudlard. Nous avons rendez-vous chez le notaire après-demain. Sois prête à l'heure demain matin.
Viktor Dunkan.

PS : Ne réponds pas.


Je soupirai, et laissai Hadès repartir par la fenêtre. Je refermai.

- L'enterrement a lieu demain. Viktor viendra me chercher moi et Jude à 10h. On reviendra à Poudlard dans deux jours, après vous. Le temps...de tout régler.


Je soupirai encore une fois, me frottant le front. Il y avait quelque chose d'étrange dans le ton de la lettre de Viktor. Quelque chose qui semblait ne rien présager de bon. Il avait presque été trop gentil : ce n'était pas bon avec lui.

- Pardon....on en était où ? repris-je.
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MessageSujet: Re: Beauty Of the Dark [ Rabastan Lestrange ] Premier Jour Mar 11 Sep - 19:10

    L'éclat de Gaël le surprit. Et ce fut bien la seule raison pour laquelle il ne laissa pas libre cours à la fureur qui lui fouetta les nerfs à se faire parler de cette façon. Une bonne chose puisque cela lui donna le recul nécessaire à l'analyse. De toutes évidences, la jeune fille ne cherchait pas à dissimuler par peur ou par honte. Elle cherchait à protéger et ça... En quelques secondes il fit la liste des possibilités. Amis ? Impossible, elle n'était pas le genre de femmes à accorder son amitié à qui était capable de la brutaliser. Amants ? Non il lui faisait confiance, l'idée ne lui traversa la tête que par rigueur réflexive. Restait la famille... Amelia.. Il l'aurait cru possible si celle-ci n'était pas morte la veille. Même en sachant qu'elle était dans l'impossibilité matérielle d'être la coupable, Rabastan eut un accès de rage agressive au souvenir du comportement de cette femme avec sa fille. Oh naturellement elle avait bien servi le Seigneur des Ténèbres, mais pour ce qui était de sa famille, aux yeux de Lestrange, elle avait perdu tous ses droits sur sa fille. Les droits ça va toujours avec les devoirs et Amelia semblait s'en laver les mains. Pire, elle n'avait cessé de dénigrer son propre enfant chaque fois qu'il s'était rendu chez eux, le rendant chaque fois plus désagréable : les insultes, joliment maquillées en sous-entendus et faux-semblant avaient couru bon train. Une personne qui non seulement ne prenait pas soin des siens, mais en plus les enfonçait, n'avait absolument aucun droit sur eux. Si elle s'était avérée celle qui avait frappé Gaël.... Mais ça n'était pas le cas. Et Jude ? Les relations n'étaient pas meilleures avec le fils qu'elles ne l'avaient été avec la mère et un instant, une seconde, Rabastan ressentit une bouffée malveillante, transférant la rage mauvaise qu'il avait ressentie pour Amelia sur son rejeton. Mais là non plus ce n'était pas possible. Cette fois en revanche ça ne s'étayait sur rien de concret : c'était simplement que pour Lestrange qui n'avait jamais connu qu'une relation d'une complicité sans faille avec son frère, et qui n'avait jamais entendu Gaël se plaindre en rien du sien, il était inimaginable que Jude ait pu maltraiter sa sœur à ce point. Ca aurait été... Pire qu'Amelia. Une traîtrise hideuse, celle du sang contre le sang, c'était absolument immonde.
    Ne restait donc plus qu'une seule possibilité : Viktor. L'oncle de Gaël. Et brutalement la tension retomba et il ressentit même une pointe de gène. Vite écartée : il n'aurait pas pu deviner immédiatement, il n'avait donc rien à se reprocher. Viktor était en fait le seul membre de la famille de Gaël dont il estimait qu'il se comportait dignement, de manière respectable. Sobrement peut-être, et sans éclat, mais dignement quand même. Son jugement était biaisé par la relation qu'il entretenait lui avec son propre oncle : Decius ne lésinait jamais lorsqu'il estimait qu'il y avait matière à recadrage et même si son neveu n'était pas toujours d'accord avec ses estimations, il n'aurait jamais admis que qui que ce soit mette son nez dans ce genre d'affaires. Alors même s'il ne put un instant s'empêcher de se demander si la punition avait été vraiment légitime -il ne l'avait vraiment pas loupée – Rabastan se retint de poser la question : ça l'exaspérait mais ça ne le regardait pas. Ce n'était pas à lui de juger de l'éducation dispensée par les autres. Aurait-ce été Amelia, les choses auraient été différentes, parce que la Sorcière ne méritait pas vraiment le statut de mère. Mais pour Viktor...
    Bien sûr que Gaël l'avait envoyé au Diable : c'était normal.


    -Tu m'aurais dit dès le départ que c'était affaire de famille, je t'aurais pas emmerdé avec ça., rétorqua-t-il finalement, presque boudeur.

    Il s'était rapproché avec l'arrivée du hibou, curieux. Mais quand le volatile fut parti ils étaient à peine plus avancés. Et elle avait l'air à bout. Normalement, dans ces cas-là, en tous cas quand il s'agissait de vraies personnes, Rabastan agissait comme si de rien n'était afin de ne pas leur faire l'insulte de montrer qu'il les avait vus en état de faiblesse. Ensuite, et s'il sentait un risque que cela dure, il cherchait un moyen de redresser la personne en question, toujours de façon à ne surtout pas souligner qu'elle n'était pas au mieux de sa forme. Qu'en tous cas personne n'avait rien remarqué. Inutile de préciser qu'il n'était pas un grand fan des bonnes claques dans le dos, des tapotements encourageants, des prises par l'épaule en soutien, des sourires neuneux censés vous rendre le moral...
    Sauf que là... Là les moyens qui lui semblaient efficaces pour rendre un peu de poil de la bête à Gaël n'étaient pas de ceux où l'on pouvait prétendre avoir agi pour une autre raison. Pas de faux-semblant. Il n'arrivait pas à savoir ce qu'il était censé faire. Déception ou vexation ? C'était les principaux risques. Elle semblait déjà méchamment sur les nerfs : ce n'était pas bon, d'abord juste pour elle, et ensuite pour tout ce qui viendrait plus tard.
    Eh bah, les risques il y en avait de toutes sortes, et ce n'était pas le principe qui allait le réduire à la tergiversation inutile. Et puis il ne supportait pas l'idée de ne pas avoir fait ce qui était nécessaire pour soutenir l'un des siens. Toutes ces réflexions pour... lui coller un baiser rapide sur la tempe.
    A lui ça avait semblé un bon compromis. Dans le pire des cas, elle le prendrait pour un crétin, mais c'était un moindre mal si ça la revigorait un peu. Sinon il trouverait autre chose.

    Autant il maîtrisait aisément ses expressions, ses gestes et ses intonations face à ses adversaires, ses proies, ses concurrents et pour te tout venant. Autant quand il s'agissait des personnes qui comptaient, les choses étaient un peu différentes. A la base il n'y avait que peu de raison de vouloir les manipuler naturellement : de là découlaient sans doute de mauvaises habitudes. Ou pas, selon le point de vue. En tous cas parce qu'il ne jouait plus la façade, il n'était plus maître absolu de ce qu'il laissait voir.
    Son expression un moment ne fut pas loin de celle d'un chat qui vient de passer le plus rapidement possible sous l'averse, mais qui se trouve plus mouillé qu'il n'aurait voulu : à faire semblant de rien donc.
    En attendant il y avait d'autres choses à régler. Il en avait repris son attitude habituelle, bras croisés, appuyé au mur.

    -Ca ne devrait pas être compliqué. Y a pas besoin de broder beaucoup, juste... omettre. Disons.. Je t'ai retrouvée.. alors que tu étais en train de rentrer. Dans un premier temps il faudrait éviter de parler du parc, je ne pense pas qu'on avait le droit d'y être. On leur dira que je t'ai trouvée du côté.. du côté.. de la cathédrale, tiens. Ca fait un repère visuel crédible. Et s'ils insistent vraiment.. on "avouera".

    C'était le principe du gros mensonge caché derrière les petits. Il ne prit même pas la peine de s'expliquer, il était certain qu'elle connaissait le principe : avouer une petite faute, une vraie mais une petite, pour en dissimuler une bien pire. Un peu comme les lézards qui abandonnaient leurs queues à leurs prédateurs. A ne faire que dans deux situations : pour baisser la pression quand vos interrogateurs semblaient visiblement persuadés que vous leur cachiez quelque chose, ou quand vous vous saviez sur le point de mentir sans alibi. Dans le deuxième cas, il suffisait de laisser échapper des signes de nervosité choisis, finalement lâcher le petit morceau quand votre accusateur finissait par vous "acculer", et le tour était joué. L'autre s'était ainsi persuadé tout seul d'être capable de savoir quand vous étiez en train de mentir ou de cacher quelque chose, d'être en mesure de vous faire passer aux aveux, et il vous suffisait dès lors de ne plus laisser échapper aucun signe révélateur, d'adopter une attitude nettement plus "franche" et "blasée" pour qu'il accepte vos explications les moins étayées par des preuves. C'était encore mieux si vous preniez l'air épuisé de celui qui a tout donné avec sa préalable révélation. Succès garanti.

    Dans leur situation, c'était encore le meilleur stratagème : si personne ne se montrait trop curieux, ils n'en auraient pas trop dit, s'en seraient tenus au minimum ce qui est toujours le mieux en matière de mensonge. Et si les questions allaient plus loin... Ni lui ni elle n'avait pu prévoir d'alibi ou de faux-témoins et se porter garant l'un pour l'autre ne marcherait pratiquement avec personne. C'était donc le meilleur moyen de sauver les meubles.
    Il ne se serait probablement pas permis la même chose au printemps : commettre quoi que ce soit dans un parc laisse des traces. Il aurait fallu user de plus gros moyens. Mais il neigeait. Tout serait bientôt recouvert, leurs empreintes comme le lieu où Perkins s'était faite assaisonnée. Personne ne pourrait vérifier leurs parcours.


    -Pour Perkins... On ne l'a pas vue. Et quand on est rentré... On a cherché s'il n'y avait pas une chambre libre pour que tu puisses être tranquille. Et celle-ci était ouverte et visiblement inoccupée.

    Ce qui voulait dire qu'il allait jeter la clé et laisser la porte ouverte après leur départ. Et si on leur demandait si ça les avait surpris, la réponse était facile à trouver : un peu si, mais c'était pratique alors... Et si vraiment on ne les croyait pas... Il suffirait une fois encore de jouer aux petits aveux. En tous cas là, ils avaient un témoin, la fille qu'ils avaient croisée. Ca pourrait s'avérer déterminant si jamais l'alibi conçu par sa famille avait eu lieu plus tard.
    Puisqu'elle lui affirmait avoir déjà menti pour quelque chose d'au moins aussi grave, il la croyait. Inutile de la vexer encore plus par des conseils.


    -Le seul moment où ça pourrait coincer... Tu ne sais pas comment ton oncle a su pour ta mère, aussi tôt je veux dire ? Est-ce que tu peux te permettre de leur dire que tu as disparu toute la journée pour ça ?

    Mieux valait éviter de griller Viktor en allant trop vite. Il était parfaitement possible qu'il l'ait su d'une manière absolument.. "légale". Mais il fallait en être sûr parce que si ce n'était pas le cas, ça compliquerait tout.
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MessageSujet: Re: Beauty Of the Dark [ Rabastan Lestrange ] Premier Jour Lun 17 Sep - 20:25

Je m'étais attendue à une explosion de rage et finalement....rien. La surprise me gagna alors. Une affaire de famille ? Qu'avait-il compris au juste ? Un léger silence suivit ses paroles, le temps pour moi de comprendre. Il ne savait pas qu'il s'agissait de Jude, mais il avait compris que c'était familial. A ma connaissance, la seule personne qui puisse se vanter d'avoir une quelconque autorité sur moi était Viktor, mais il n'était jamais allé jusque là... Les apparences étaient toujours trompeuses , et bien que mon oncle était froid et impassible, donnant une idée de lui-même assez rude et stricte, il ne l'était nullement dans les actes. Mais Rabastan avait déjà imaginé le scénario. Je ne voyais pas d'autre possibilité. S'il avait pensé à Jude, sa réaction aurait été tout autre. Là, il avait misé sur le mauvais cheval. Tant mieux. Je n'aurais pas à mentir, juste à oublier de souligner son erreur. Je préférais qu'il imagine ça, plutôt que l'odieuse vérité. Y avait-il seulement pensé ? Avait-il soupçonné Jude avant Viktor ? Sans doute, et j'aurais été curieuse de savoir ce qui l'avait dissuadé à rester sur cette idée. Mais pour l'heure, ce n'était pas la question. Plus, du moins. Si ses soupçons s'étaient éloignés de Jude, alors c'était parfait. Je n'aurai donc pas à lui mettre des batons dans les roues pour qu'il ne comprenne jamais, je devrais tout au plus être prudente si Jude recommençait. Et il recommencerait, c'était sûr. Jamais à Poudlard, évidemment. Il n'était pas stupide, mais dès qu'on passait les portes du manoir...c'était autre chose. Jamais non plus devant Viktor : il ne tolérait pas ce genre de comportements. Jude était toujours très discret, même s'il laissait des marques. Il veillait à ne jamais se faire prendre. Et jusqu'à aujourd'hui, ma mère l'y avait aidé, avait tranquillement regardé en s'en amusant. Quelques fois elle riait, en buvant une tasse de thé tandis que Jude déversait la colère qu'il avait sur moi. Mais je ne m'étais jamais plainte à personne. Et j'avais bien fait d'ailleurs : Rabastan aurait-il fini par comprendre si j'avais parlé de mon frère trop souvent ? Assurément. Et fort heureusement, ce n'était pas le cas. Je ne voulais même pas savoir ce qu'il en aurait pensé. C'était à fait le genre de pratiques qui n'entrait pas dans les valeurs familiales de Rabastan. Mais comment aurait-il pu comprendre...? Il avait été habitué au soutien, à la loyauté, au respect : sa famille connaissait peut-être des tensions de temps en temps, mais ils restaient tous soudés. J'étais née dans une famille tout à fait différente . Sûrement cela faisait-il notre grande différence : des valeurs communes, et pourtant certaines nous différenciaient totalement l'un de l'autre. Bonne ou mauvaise chose, je ne saurais dire. Je ne laissais cependant rien paraître de mes réflexions, et après un léger silence, je soupirai et fis un rapide sourire.

- Ce n'est rien.... Oublie ça.

Oui, vite Rabastan : oublie. Oublie les marques, les bleus, les griffures et les soupçons, même si à présent totalement écartés du vrai coupable. Oublie, pour que plus jamais ne n'en reparlions. C'était mon seul souhait pour le moment, et je comptais sur lui pour l'exaucer. Il n'avait pas l'habitude de mettre son nez dans mes affaires, surtout si elles concernaient la famille. C'était du domaine privé, quand bien même nous étions ensemble. La famille, c'était la famille. Rabastan le savait mieux que personne, et il ne me serait jamais venu à l'esprit moi-même de poser des questions indiscrètes sur sa propre famille. De toute façon, je ne posais jamais de questions à Rabastan : je partais du principe qu'il me parlait de ce dont il avait envie de me parler. Je ravalais ma curiosité la plupart du temps, mais ça valait bien le coup : au moins, il agissait de la même manière avec moi. Donnant-donnant.

Plongée dans mes réflexions après l'arrivée de la lettre de Viktor, je m'étais assise sur le rebord du lit, et avait eu un instant le regard dans le vague, pensive. Je revins au présent quand je sentis le rapide baiser de Rabastan sur ma tempe. Si lui ressemblait présentement à un chat qu'on aurait trempé dans une baignoire remplie d'eau glacée, moi...n'était clairement pas loin de cet état d'esprit. Il était clair et parfaitement logique lorsque l'on avait ne serait-ce qu'une heure fréquenté le Lestrange, qu'il n'était pas un habitué aux ...moments de romantisme dégoulinant, de tendresse ou même de consolation.... Alors le voir faire ce minuscule petit geste comme s'il était perdu en plein désert , sans baguette, sans eau, et sans personne d'autre à un rayon de 100km à la ronde..seul, désappointé...désespéré....et qu'en dernier recours il trouvait..ça! ...

Je le regardai avec de grands yeux ronds l'espace d'une demi-seconde, et puis je ne pus m'en empêcher : j'éclatai de rire. Evidemment, comme je ne riais comme personne d'autre ne pouvait rire , ça ne donnait pas un rire très élégant, sobre, ou même discret...Non! Ce serait trop facile! Et puis pourquoi faire dans la discrétion ? Aucun intérêt.... Nooon! Mon rire était une sorte de ... d'explosion de machiavélisme pur. Je ne passais déjà pas pour une innocente en général, mais avec un rire pareil...j'étais grillée à tous les niveaux. S'il y avait eu une compétition du rire le plus diabolique au monde : j'aurais certainement eu mes chances de remporter le premier prix. On se demandait d'ailleurs pourquoi j'évitais généralement de rire ainsi en public.... A bien y réfléchir, Rabastan n'avait pas du m'entendre rire bien souvent. Ce rire était un vrai handicap : impossible de me laisser aller à éclater ainsi devant les autres. Comme pour ma taille, j'éprouvais une certaine honte vis à vis de ce...handicap. Comment me faire passer pour une gentille jeune femme délicate , capricieuse certes, mais élégante et raffinée...avec ce rire ? Ca gâchait absolument tout...
Mais là, à le voir ainsi faire un effort qui devait lui paraître insurmontable...ça avait été trop pour me retenir. Je ne me moquai pas de lui, c'était juste que je n'étais pas habituée à assister à ce genre de choses venant de lui. M'arrêtant net cependant, je repris un peu de sérieux en me mordant la lèvre. Un peu coupable de lui rire au nez ainsi...


- C'est ta façon de...me ..consoler ? Ou quelque chose dans ce style... ? - je grimaçai, ayant du mal à me retenir de rire encore une fois - ... J'ai le droit de dire que de ta part, ça reste quand même un peu flippant ?


D'accord, je me moquai un peu. Mais voir Rabastan tenter de consoler quelqu'un, ou de faire un geste un peu tendre et ...gentil ? ...c'était...magique ? iréel ? du domaine du surnaturel ? à la limité du rêve/cauchemar - selon le point de vue - ? ... Inédit, à vrai dire.

- Hm...plus sérieusement...que veux-tu que je foutes à côté d'une cathédrale ? Restons crédibles : à côté des boutiques de luxe .... En plus, c'est pas vraiment un mensonge je suis passée devant hier et je me suis achetée...mais c'est pas la question, me coupai-je moi-même anticipant l'agacement de Rabastan à ce sujet, puis me remettant debout je fis quelques pas en réfléchissant - . Pour Viktor...je ne sais pas. Deux possibilités : soit par les relations qu'il a au Ministère, soit par un autre sang-pur... il n'a pas été très locace - j'avais évité de dire le mot mangemort ou fidèle, on était jamais assez prudent - . Mais je ne sais pas ce qu'à raconté Viktor au Ministère quand il a récupéré le corps de Mère, alors je n'aimerai pas le contredire... pour peu que quelqu'un vérifie. Le fait qu'il ait des relations au Ministère n'est pourtant pas un secret, vu qu'il y travail alors ce ne serait pas une sottise d'utiliser cette version....tout en restant vague, en disant qu'il ne s'est pas étalé sur le sujet.


Viktor ne voulait pas que je parle plus que de mesure à ce sujet, et surtout à concernant ma mère et les circonstances de sa mort. Les journaux s'empareraient de la nouvelle très vite, et les questions allaient fuser ... très bientôt.


[HRP : Vraiment désolé du retard, et le l'horreur que je viens d'écrire...je suis pas satisfaite et j'ai ré-écrit ma réponse une deuxième fois...x) Mais bon, je ferai mieux au prochain coup!]
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MessageSujet: Re: Beauty Of the Dark [ Rabastan Lestrange ] Premier Jour Jeu 7 Mar - 11:56

    Et Gaël éclata de rire.
    Il avait simplement compté lui apporter le soutien nécessaire à chasser une morosité et un épuisement mental qui n'avaient rien à faire chez elle. Mais à semer une bise, il récoltait une tempête : Rabastan ne s'était pas attendu à une réaction aussi forte.
    Comme le déluge, Il n'y avait plus qu'à attendre que ça passe : au moins l'objectif avait été atteint, la mélancolie s'était faite anéantir en beauté, noyée sous l'hilarité de la Sorcière. C'était un vrai rire, pas le genre d'excuses qu'on pouvait servir par fierté ou pour détourner l'attention. Le genre de rires qui fait fuir les Epouvantards. Tant mieux : le moyen avait été peu conventionnel, mais il avait fait son œuvre. Naturellement ça n'atténuait que très légèrement l'impression d'avoir fait quelque chose de ridicule et stupide, et Lestrange s'efforçait de garder l'air le moins concerné possible. On ne pouvait malheureusement pas toujours choisir quels types d'efforts faire pour ses proches. Parfois cela tombait pile dans vos cordes : c'était un véritable plaisir de rendre service. Et puis d'autres fois.... Heureusement ce n'était pas le genre d'efforts qu'il fallait fournir journellement : a priori, on ne perdait sa génitrice qu'une fois dans sa vie.
    Quant aux accents du rire en question... Rabastan ne l'avait probablement jamais entendu, ou si rarement que le souvenir s'en était perdu. Pourtant les notes diaboliques sonnaient comme absolument familières, si bien que ces fameux accents lui semblaient parfaitement naturels. Le genre de rire qui vous désignait une personne comme une Circée capable de transformer les voyageurs trop curieux en une ménagerie bouffonnante, juste pour le plaisir. Ménagerie vouée à servir très servilement, et à faire l'objet des jeux les plus inventifs et cruels, cela allait sans dire. Ménagerie dont on se repaissait très naturellement une fois qu'elle avait rempli son office. Eh ! C'était bien ce que faisait Gaël à sa manière et toutes proportions gardées.
    Comme si une fille comme elle pouvait avoir un rire de jeune biche effarouchée. Ah !
    Cela dit.... Peut-être que ça aurait été mieux si ça avait duré un tout petit peu moins de temps, qu'on eût éliminé ces quelques secondes de trop qui lui titillait un égo déjà tout hérissé.

    Flippant ? Ce qu'il venait de faire ? Ce n'était pas du tout le qualificatif auquel il pensait et Lestrange ne put s'empêcher de lever un sourcil surpris. Pourquoi flippant ?
    La perplexité ne dura qu'un instant. Celui d'après il semblait avoir retrouvé son air habituel, avec une ombre de sourire matois et satisfait. Dans le fond : elle n'avait rien dit qu'il puisse prendre mal. Ce n'était pas comme s'il avait essayé de manipuler une greluche : auquel cas la remarque aurait été vexante. Pas tant du fait de faire peur : à de très rares exceptions près, il s'en délectait ; mais plutôt de faire une fausse note dans un art qu'il appréciait fort.
    Et l'effort avait été payant. Comme si le nombre faisait la justification, qu'il se répétât aussi souvent intérieurement que ce qu'il avait fait avait été efficace, restait symptomatique : il n'était pas près de réitérer un tel geste.
    Sauf pour attraper de petites âmes. Ca n'aurait rien à voir. Tout était dans cette frontière rigide qui séparait les rares vraies personnes de tous les autres.

    Enfin, il n'était que temps que retourner aux détails à régler qui attendaient encore. Mais qu'elle annonce un "plus sérieusement" pour finalement se proposer un alibi du côté des boutiques... Quand on était en deuil ? Même elle justement -et Morgane savait qu'elle semblait en être sacrément mordue, ce qu'il n'avait naturellement jamais compris : un énième tiret dans une longue liste -, ce n'était pas là qu'il l'avait retrouvée. Il n'eut cependant même pas le temps de relever qu'elle digressait déjà. Pas le temps de lever les yeux au ciel pour autant non plus qu'elle revenait déjà au fond du problème. Il y avait trop de flou quant à la façon dont Viktor avait su pour la mort d'Amelia. En dire trop c'était prendre des risques inutiles. Dans le même temps, il fallait bien expliquer comment Gaël avait appris la mort de sa mère. Pour autant qu'il sache, au matin, un certain nombre de personnes devait déjà être courant et ce par des voies plus réglementaires que celles de son propre frère. Même s'il n'avait pas fait partie de leur camp, Viktor pouvait l'avoir su.
    Lestrange se donna le temps de la réflexion quelques secondes avant de répondre.


    -Tu n'auras qu'à t'en tenir au peu que tu sais et laisser ton oncle gérer s'il y a des questions. T'es pas censée en savoir plus de toute façon. En revanche pour le shopping.......... Sérieusement ? C'est même pas une question de crédibilité mais il y a foule d'éventuels témoins. Quelqu'un d'un peu consciencieux pourrait vérifier. Ne serait-ce que les vendeurs, surtout s'ils t'ont vue avant. Y a peu de chance, mais inutile de prendre des risques. Trop de questions pourraient être posées donc autant de mensonges pas forcément faciles à tenir. T'aimes pas la cathédrale, choisis autre chose. Faut juste... Un repère visuel vague.

    Il ne retint pas le bâillement qui exigeait de lui décrocher les mâchoires. Les réconciliations avaient évacué le trop plein de tensions, personne ne s'en plaindrait. Mais pour le repos, c'était raté. Joli pléonasme. Les galipettes avaient été gourmandes en énergie.
    Lestrange n'en tint pas compte : ce n'était pas la première fois qu'il fallait mettre la fatigue sous le talon, et ce ne serait certainement pas la dernière. Il fallait juste être conscient d'être fatigué, et donc naturellement plus irascible, moins patient et plus sujet à faire des erreurs. Il faudrait donc juste faire attention et éviter les imbéciles et les habitués des provocations stupides. A aucun moment il n'envisagea de poser les armes.
    Il reprit le fil de son raisonnement


    -L'idéal ce serait que personne ne pose trop de questions pour le moment. Du coup que tu croises le moins de gens possible d'ici ton départ demain... Et qu'ils n'aient pas envie ou l'occasion de jouer les fouineurs. Genre que tu te couches tôt, même si c'est chiant... Que tu prennes un air déprimé et bien déprimant devant tout le monde.

    Inutile de préciser qu'il fallait que ça reste dans les limites de la crédibilité : elle était excellente actrice, elle saurait doser toute seule. Si elle avait l'air triste et épuisé, leurs professeurs en tous cas choisiraient sans doute de ne pas trop insister une fois qu'ils la sauraient rentrée et que les excuses les plus simples et vagues auraient été données. Ils étaient tellement.... tendres ! Ça ne devrait pas paraître trop louche : il y avait un tas de gens qui pleurnichaient devant n'importe qui dès qu'il perdait quelqu'un d'un peu proche, même parmi ceux qui se donnaient de grands airs habituellement. En fait, il y avait même un tas de gens qui pleurnichaient pour moins que ça, et on ne pouvait plus rien en faire à moins de savoir les secouer vigoureusement. Une douleur en chasse une autre c'est bien connu...
    Gaël ne faisait certainement pas partie de cette espèce de poupées de porcelaine, fragiles et qu'on oubliait sur les étagères, n'avaient d'intérêt qu'à servir d'appât ou à être brisées. Mais qui le savait ? Ils ne pouvaient pas deviner à quel point elle était plus forte que...
    ça. Elle et son image de reine superficielle et capricieuse : ça pouvait coller.
    Les détails seraient demandés plus tard, si toutefois ils n'oubliaient pas d'ici là. Une chance sur deux, mais ça en valait la peine. Et puis si elle se donnait l'air fragile, cela rendrait nettement moins crédibles les soupçons dont elle pourrait faire l'objet au sujet de la disparition de Perkins. En tous cas ça lui donnerait des armes pour nier.
    Il n'y avait plus aucune trace de lutte et il n'y avait pas eu usage de magie. Ne restait plus que l'écran de fumée qu'il espérait de sa propre famille, et alors les possibilités qu'elle soit jamais réellement inquiétée pour cette affaire deviendraient négligeables.
    Et ils auraient Perkins en prime...... Ttttt, inutile de rêver trop vite à ce qu'il pourrait en faire. Vu l'état dans lequel il l'avait envoyée à sa famille, la gamine pouvait aussi bien être devenue un légume. On pouvait certes en faire quelque chose, mais l'amusement était réduit, on entrait plus dans l'utilitaire. Ou bien peut-être serait-elle intégrée à d'autres plans. Les Mangemorts pouvaient en tirer parti. La fille d'un Auror.......... N'importe qui pouvait voir l'intérêt. Alors il y avait peu de chance qu'il puisse mettre la main dessus avant longtemps. Dommage.


    -Le maquillage... Ça peut servir aussi à se donner une sale mine, non ? Pas à la Rompecorazon, mais de façon subtile ?

    Il avait effectivement le souvenir en tête d'une sorcière espagnole qui fréquentait assez souvent le même cercle que les Lestrange, quelques années plus tôt. Une amie de sa tante. Les Dunkan l'avaient peut-être connue aussi. En tous cas ils avaient dû en entendre parler. Le visage de cette Sorcière était tellement couvert de poudres et de crèmes, qu'il était absolument impossible de dire à quoi elle pouvait bien ressembler dessous. Ce qu'il y avait à voir n'était d'ailleurs pas attractif : elle faisait peur à la majorité des enfants, et à quelques adultes aussi. Luna Rompecorazon. Rarement femme avait eu face à ce point inhumaine. Parce que ce n'était même pas les traits de la laideur. La laideur, ça fait partie de l'humain. Ce n'était pas non plus que le maquillage était mal fait. Non là c'était autre chose. Il y en avait juste trop. Pas un gramme de peau n'échappait aux fards. Comme un monstre qui aurait peiné à se donner l'air humain. Avoir un visage comme celui-là aurait suffi à condamner pas mal de gens à une timidité maladive. Pourtant elle affichait une assurance de déesse guerrière. C'est à dire... La seule raison pour laquelle on pouvait s'entêter à garder un tel maquillage, a priori, c'était que ce serait pire sans. Mais cela posait cette question diaboliquement fascinante : pouvait-ce vraiment être pire encore dessous ? Petit, il avait passé un repas entier où, face à elle, il avait dû se concentrer très sérieusement pour ne pas lui jeter la carafe d'eau au visage afin de vérifier. Ce qui avait été de plus en plus difficile à mesure qu'elle lui avait jeté des regards d'une malice trouble qui semblait lui dire qu'elle savait parfaitement à quoi il pensait et qu'à la frustration de ne pas savoir, s'était ajoutée la colère de se voir provoquer. Une amie d'Oriana : il n'avait rien pu faire.
    Le mystère était resté entier depuis. La frustration aussi.
    C'est bien connu : la fatigue fait digresser.

[HRP : désolée c'est pas fameux, mais c'est le premier post depuis longtemps, je voulais pas trop tarder pour me remettre dans le bain. Cela dit, faut que je reprenne le pli. ^^]
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MessageSujet: Re: Beauty Of the Dark [ Rabastan Lestrange ] Premier Jour Mer 1 Mai - 18:53

Rire n’avait pas été le meilleur moyen de le remercier pour son geste. Mais que faire d’autre ? Entre le silence gêné, l’incompréhension ou l’hilarité, la dernière option m’avait semblé être la meilleure. Ce n’était pas comme s’il m’avait habitué à … ça.
Je n’avais jamais recherché la tendresse chez lui. Pour la simple et bonne raison qu’il n’y en avait pas. Rien de dérangeant en soi, puisque je n’étais pas non plus très affectueuse. Pour quelqu’un comme Rabastan il était tellement peu naturel de prendre ce genre d’initiative, j’avais été prise de court. Ce qui rendait l’histoire d’un comique ahurissant : lui, l’impitoyable Lestrange, celui qui faisait trembler la majorité des élèves de Poudlard…celui-là même venait de m’embrasser la tempe avec gêne, juste pour me consoler. C’était trop surprenant pour que je ne réagisse pas immédiatement. Alors j’avais ris. Rien de méchant bien sûr, il y aurait eu d’autres façons de me moquer de lui si j’avais voulu le faire. A son air, il n’avait pas compris ce qui était effrayant dans cette soudaine tendresse. Imaginez un peu… Un grand mec, taillé comme un colosse, avec un sourire de crocodile sur le visage et une réputation à vous faire perdre toute couleur définitivement, tout à coup se transformant en un adolescent maladroit et perdu dans une situation jusque-là inédite. Un geste désespéré pour tenter d’aider quelqu’un. Etais-je la seule à trouver le contraste choquant ?

Rabastan ne s’en offensa pas, c’était déjà ça. Avec lui, je n’étais jamais à l’abri d’une mauvaise réaction. J’avais déjà échappé à la tempête précédemment – il s’en était fallu de peu qu’il se mette à chercher qui m’avait frappé cette nuit – et je m’estimais donc heureuse que mon sorcier ne ressorte pas sa mauvaise humeur. Cela dit, je remerciais grandement la rapidité de ses déductions, même si dans ce cas-là elles étaient fausses concernant l’identité de mon bourreau. Sa réaction aurait été toute autre s’il avait découvert la vérité. Mais ça entrait parfaitement dans la logique de Rabastan : c’était du domaine familial, alors il n’avait pas vraiment le droit de dire quelque chose. De plus, si chez lui Decius représentait l’autorité pure et dure, il devait s’imaginer que chez moi Viktor avait le même rôle. Sauf que Viktor n’avait jamais levé la main sur moi, ou sur Jude. Il n’était pas de ce genre d’autorité, et même si certains lui attribuaient les qualificatifs de mou et de tendre, je savais qu’il n’était aucun des deux. Plus manipulateur, il ne prenait pas vraiment plaisir dans la douleur des autres, mais plutôt dans le contrôle de leurs petits esprits. Certainement était-ce un point que nous partagions : nous aimions manipuler pour avoir plus de pouvoir, d’emprise sur les autres. Une activité plus que commune dans notre milieu, c’était pour ainsi dire notre façon de nous nourrir. C’était vital pour survivre. Pourtant, peu à peu j’avais appris à me délecter des souffrances des autres : ce soir était un début intéressant. Je m’étais toujours demandée si je possédais les capacités pour ces choses-là, et cette question était restée sans réponse jusque-là. Perkins avait été une explosion de rage, une détonation. Je m’étais sentie vibrer. Il y avait même eu un moment où ma vengeance m’était sortie de la tête, où la colère s’était transformée en du plaisir. Ça n’avait plus été pour redonner son équilibre au monde. Pourtant, l’idée de prendre une vie de l’autre côté de la barrière avait été le but. Une vie prise dans chaque camp. Ce n’était pas celle de l’auror, mais il souffrirait et regretterait son geste. Il se demanderait chaque jour s’il aurait dû s’abstenir, si la vie de sa précieuse fille aurait été épargnée s’il n’avait pas tué ma mère. Ça allait le hanter, jour et nuit. Et cette idée avait été très forte au début. J’avais été surprise de la voir s’en aller alors que la sauvagerie m’avait prise en otage pendant ce délectable moment d’abandon. Plus de manipulation désormais. Je m’étais laissée engloutir par le plaisir, par la férocité des gestes et des émotions. Ce n’était que lorsque Rabastan m’avait éloigné de ma victime que la raison m’était revenue, tout comme la satisfaction.

Mais c’était bien connu : il fallait toujours nettoyer derrière soi, prendre ses responsabilités. Je n’étais pas très douée pour ça, sûrement car je débutais à peine dans ce domaine. Rabastan était déjà rôdé : il avait su garder son calme, gérer la situation et rattraper mon manque de discrétion. Ce n’était vraiment pas mon point fort, trop d’impulsivité dans mes démarches probablement. Il n’empêche que malgré notre conflit à propos d’Azraël, il était venu me chercher. Heureusement. Je m’en étonnais pourtant. Il avait dit ne pas me faire de cadeau, il avait été tellement en colère cette fois… Sûrement était-ce simplement que je n’étais pas habituée à ce qu’on fasse ça pour moi ?
Rabastan était habitué à recevoir le soutien de sa famille, de son clan. Il défendait ces valeurs d’union et de force ; mais moi ? Y croyais-je vraiment ?
Il arrivait à me convaincre de plus en plus, c’était certain.

Et pour cause, il m’aidait encore présentement à trouver une histoire qui tienne debout, à régler les détails de notre version des faits. Je souris légèrement et levai les yeux au ciel.

- Très bien. Strict minimum pour les détails. Et va pour ta cathédrale toute moche. Je dirais que je suis allée prier pour ma mère, plaisantai-je.

Prier… c’était bien un truc de moldu.
Rabastan bailla à s’en décrocher la mâchoire. J’aurais presque pu compatir si je n’étais pas tout aussi fatiguée – et qui plus est, très fière de nos précédentes réconciliations. La fatigue était un bon signe. Il continua alors, m’expliquant de quelle manière je devrais agir. Comme si c’était nécessaire de me le rappeler. Je savais tout de même jouer la comédie autant que lui !
J’eus un sourire malicieux, et vint me coller à lui dans ma petite robe. Mes mains trouvèrent l’arrière de son cou, mes ongles frottant doucement contre la peau de sa nuque. Je me mordis la lèvre, et pris un air de petite fille qui voulait faire une bêtise.

- Promis chef, je me coucherai tôt, je soignerai les détails niveau maquillage… et… j’aurais sûrement besoin d’un grand réconfort… de quelqu’un pour me bercer avant de dormir… je me sens tellement… déprimée, soufflai-je avec une moue qui se voulait innocente mais qui prenait des airs diaboliques.

Non, je n’oserais jamais profiter de la mort de ma mère. Disons seulement que…dans certaines situations…il n’est jamais impossible de trouver de quoi se faire plaisir en usant de techniques tout à fait légales et morales.
Puis, c’était la dernière couche à ajouter pour s’assurer qu’il ne se rappelle pas que quelques jours plus tôt nous étions en plein conflit. Du reste, c’était l’occasion d’oublier l’offense qu’il me faisait en me donnant des conseils beauté : hors de question que je ressemble à Rompecorazon au passage - cette femme avait définitivement su garder son secret jusque dans la tombe.
Je n’avais pas non plus besoin de prendre des cours de comédie. Comme si j’étais une débutante… Mais je préférais ne pas m’étendre sur le sujet. Ce n’était d’ailleurs pas par hasard que le mot « chef » avait été employé : c’est fou ce que les hommes aimaient avoir le pouvoir sur les femmes, ça leur donnait sûrement une impression de grandeur. Ça ne me gênait pas, j’en jouais pas mal même. L’autorité était une qualité chez un homme, et celle de Rabastan était…grisante.
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MessageSujet: Re: Beauty Of the Dark [ Rabastan Lestrange ] Premier Jour Mar 7 Mai - 19:30

    Sa cathédrale ? Prier ? Rabastan secoua la tête d'un air résigné mais garda pour lui ses réflexions. Il était déjà certain que ce n'était pas la dernière fois qu'il entendrait parler de l'un comme de l'autre, sa Sorcière ayant la terrible mauvaise habitude de régulièrement vous renvoyer à la tête ce qu'elle avait pu vous dégotter de ridicule. C'était inutile de donner à Gaël plus de grain à moudre qu'elle n'en avait déjà.
    Et dire qu'il n'avait lancé la cathédrale que comme un malheureux exemple au hasard.

    La suite fut cependant nettement plus plaisante. Tandis qu'elle se collait de nouveau à lui, avec cette robe si légère qu'elle aurait pu aussi bien ne pas exister, Rabastan se fit vaguement la réflexion qu'il ne se lasserait jamais de ce corps-là. Malicieuse, elle jouait un rôle d'officier obéissant que personne n'aurait trouvé crédible. Aussi, naturellement, il joua un rôle sans plus de crédibilité : le naïf, levant des sourcils surpris et jouant les regards vides d'incompréhension. Quelques secondes seulement.
    La suivante il lui saisissait le menton pour le lever vers lui, fit mine de se laisser tenter, puis au dernier moment d'y réfléchir – ce n'était qu'un petit acompte pris sur toutes les prochaines fois où il entendrait parler de cathédrales. Relevant la tête, il se mordit la lèvre pour retenir le sourire gourmand qui lui venait, puis leva les yeux au plafond comme s'il réfléchissait, comme si cela pouvait rendre la tentation moins palpable, ce qui était absolument impossible dans cette proximité. Mais ce n'était qu'un jeu.
    La pression qui régnait une heure plus tôt avait disparu, mais il l'embrassa quand même avec la même ferveur. Pour commencer Lestrange n'était pas adepte des demi-mesures. Ensuite c'était une façon de la flatter. Et pour une fois, ce n'était pas par manipulation.
    La différence avec la situation précédente, c'est qu'il y mit un terme bien vite et qu'il n'y aurait pas de suite. Il y avait des choses sérieuses qui méritaient quelques efforts, et cela faisait un peu trop longtemps qu'ils les négligeaient. Le monde ne s'attendrit jamais sur votre sort, c'était une chose à savoir. Il continue de tourner et tant pis pour ceux qui y perdent tout. A vous de savoir suivre son rythme
    Le jeune homme se redressa donc, et avec une ombre de sourire frustré :


    -Ca me désole de manquer à ce point d'humanité, surtout envers toi. Mais je crois que vu la situation, pour le reste de la nuit je vais tâcher d'être irréprochable.

    Il s'éloigna d'elle sans enthousiasme et rejoignit l'entrée de la chambre, sans vérifier si elle le suivait. Elle avait une douche à prendre, avant. Ouvrant la porte, Rabastan ne put s'empêcher de froncer les sourcils alors qu'il jetait un dernier regard à la pièce.

    -Tu devrais ordonner à ton elfe de remettre la chambre en ordre pendant ta douche.

    Lestrange aurait pu faire appel au sien. Mais il y répugnait. D'abord parce que la dernière fois était encore trop proche et avait impliqué sa famille. Ensuite justement à cause de l'implication de sa famille : il pouvait compter sur leur prudence pour ne pas avoir envoyer de message tant que la situation ne se tassait pas un peu et qu'ils ignoraient s'il était entouré ou non. Mais s'il appelait l'elfe, ils pourraient estimer le moment propice puisque cela voudrait dire qu'il n'y avait pas de témoins gênants à proximité. Or la teneur du prochain message de Decius, Rabastan le connaissait déjà et n'éprouvait pas le moindre empressement d'en découvrir les détails.

    Il leva les yeux une dernière fois vers Gaël, comme une façon de s'assurer une dernière fois qu'elle allait bien, comme une façon de préciser qu'il l'attendrait bien en bas, comme une façon de rappeler qu'elle pouvait compter sur lui. Et aussi de se souvenir lui de ce à quoi il renonçait pour la nuit.
    Avant de refermer la porte.

    Le jeune homme n'avait pas fait trois pas qu'il tomba nez à nez avec une Septième année de Serdaigle, une Française. Une grande perche, presque aussi grande que lui, et ça ne se jouait vraiment pas à grand chose. Le visage très dessiné, presque osseux, aurait pu avoir un charme hiératique s'il n'avait été orné d'un nez aquilin qui accentuait son air pincé, outré, les cheveux auburns trop tirés par sa queue de cheval. L'élégance française, hein ? Encore des réputations fondées sur du vent..


    -Hey ! C'est l'étage des filles ici !

    Lestrange lui jeta un regard blanc de haut en bas puis de bas en haut.

    -Ah oui ? Alors qu'est-ce que tu fais là ?

    Le visage de la fille passa du rose au blanc et du blanc au rouge mais de sa bouche bée ne sortit aucun mot. Irascible vraiment : ce n'était pas forcément très malin de réagir ainsi alors qu'il était dans son tort. Mais la patience qui lui restait, il la gardait pour le numéro qu'il faudrait jouer ce soir-là et se faire interpeler de cette manière par ce genre de dindes sans réagir dépassait les seuils.
    Cela dit, inutile de rester là. Rabastan dépassa la fille et poursuivit son chemin jusqu'aux escaliers. A ce moment-là elle sembla retrouver la parole :

    -Ah franchement ! Vraiment ! Très spirituel Lestrange ! Bravo !

    Il semblait bien qu'elle eût vraiment cru qu'il allait, lui, lui rendre des comptes à elle. Pouvait-on être cruche à ce point-là ? Sans se retourner, le Serpentard lui adressa un signe méprisant de la main, signifiant sans le moindre doute possible l'intérêt qu'il accordait à la personne de la Serdaigle.
    Peut-être qu'il y avait tout de même un peu de cette cervelle dont les bleu-argent se targuaient tant dans la tête de cette fille, parce que lorsqu'il fut interpelé d'un nouveau "hey", alors qu'il s'apprêtait à descendre les escaliers, il la vit qui se trouvait exactement devant la porte de la chambre qu'il avait quittée. Au sourire méprisant et satisfait qu'elle lui lançait, elle était apparemment persuadée de tenir sa revanche. Pauvre sotte.


    -Qu'est-ce qu'il y a dans cette chambre ?
    -T'as qu'à ouvrir. A tes risques et périls.


    Elle fronça les sourcils : apparemment elle n'avait pas prévu cette réponse-là dans ses statistiques. Un ange passa.

    -Alors quoi ? Qu'est-ce t'attends ? Ouvre.

    Il avait pris le ton le plus doucereux possible, comme s'il voulait la tenter. Et bien sûr elle s'en défia. Les yeux de la fille faisaient des allers-retours entre lui et la poignée de la porte, méfiante. Et concentrée, trop concentrée. Elle regarda la poignée, releva les yeux vers lui, avança la main vers la poignée, le regarda de nouveau, posa la main sur la poignée, le regarda, regarda la poignée.

    -Bouh !

    Ca avait été grave, soudain, net, brusque, brutal et guttural.

    Le cri qu'elle poussa en sursautant était à la hauteur de son visage. Avec ça, toutes les occupantes des chambres autour avaient dû entendre. Absolument toutes. Lestrange, lui, affichait un sourire de chat au soleil. Ce n'était qu'une toute petite frayeur, mais elle était tout de même bonne à prendre.

    -Aha ! Très drôle !
    -Décidément quel répondant. J'te laisse gamberger, froggy. Passe pas la nuit devant la porte : c'est l'étage des filles ici.


    Il ne s'en faisait pas pour Gaël. Il était absolument certain qu'elle avait au moins entendu le cri de la Serdaigle et savait donc que quelqu'un se trouvait juste derrière la porte de la chambre. Elle saurait quoi faire si la stupide Française décidait d'ouvrir la porte. Si elle décidait d'ouvrir la porte. Pas sûr, vu le peu d'ardeur qu'il avait mis à l'en dissuader. Mais dans le fond, quoi qu'il arrive, les risques étaient minimes. Découvrir une chambre en désordre : wow, le scoop du siècle...
    Rabastan amorça la descente des escaliers.


    -Hey !

    Jamais deux sans trois, comme on dit. Il avait été relativement sympa les deux premières fois. Mais cette fois :

    -Me les brise pas, tronche de goule.

    Et sur ces paroles d'une élégance aussi folle que celle de la personne à qui elles étaient adressées, Rabastan descendit rejoindre le hall.



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Beauty Of the Dark [ Rabastan Lestrange ] Premier Jour

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