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Face à face nocturne dans les couloirs [PV Cian]

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MessageSujet: Face à face nocturne dans les couloirs [PV Cian] Ven 12 Oct - 9:24

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MessageSujet: Re: Face à face nocturne dans les couloirs [PV Cian] Lun 15 Oct - 14:34

L'ennui... Le plus total et le plus dévorant... Voici ce que ressentait Cian depuis quelques temps. Il voulait de l'action, son corps en réclamait ! L'impression de rouiller l'envahissait peu à peu, engourdissant graduellement ses membres. Ce triste constat, il l'avait fait régulièrement, depuis qu'il avait abandonné le poste d'Auror. Choix qui, sur le coup, lui avait paru judicieux, tant il ne supportait plus les regards persistants d'Eden pesé sur lui, après qu'il eut tué le sombre imbécile qui lui avait donné la vie... « Donner la vie... Tu parles d’un cadeau.... », songea-t-il en fronçant les sourcils, levant lentement la tête de son assiette, afin de regarder d’une lueur vague les élèves qui prenaient leur dîner dans la Grande Salle. Avec un soupir, il fit goutter la sauce de son ragoût, fixant avec un intérêt presque déprimant les gouttes tombées lentement, s’égrenant aussi doucement que son corps semblait sombrer dans une morne monotonie. Quelle folle impulsion l’avait amené à souhaiter devenir professeur d’Etude de Rune, lui qui était un homme d’action, qui ne vivait que lorsqu’il risquait sa vie, la défendait avec sa baguette, son inventivité et ses trippes... Une envie folle de retrouver le calme qu’il avait éprouvé lorsqu’il s’était retrouvé dans l’enceinte de Poudlard, en tant qu’élève. Sombre et imbécile rêve pour lui, qui n’avait plus rien à voir avec l’adolescent qu’il était. La vie l’avait à nouveau marqué au fer rouge, entre temps... « Ressaisis-toi, crétin, tu vires dépressif, t’es un McCawley, après tout... Et je t’interdis de songer : Oui, justement, ma mère aussi en est une... Tu n’es pas comme elle ! », se disputa-t-il. Portant une bouchée de ragoût à ses lèvres, il tâcha de se réconforter : ça n’était qu’une phase d’ennui parmi tant d’autre. Il avait passé tellement de temps à jouer avec son adrénaline lorsqu’il était Auror, que de devoir se contenter de la voir varier qu’en fonction des conn*ries proférées par ses élèves en cours, c’était forcément un changement un peu trop radical pour lui ! Changement extrême qui expliquait sans nul doute en partie sa décision d’accepter de rallier les Mangemorts, lorsqu’on le lui avait proposé. Quel meilleur moyen que de se sentir en vie, lorsqu’il la mettait ainsi en jeu, en l’ayant mise au service du plus puissant des sorciers qui soient ? Quel meilleur manière de faire revenir son adrénaline à son plus haut niveau lorsqu’il tâchait de se rendre utile de son mieux à son Maître, en arpentant l’établissement de sorcellerie dans lequel se trouvait le plus grand ennemi de celui-ci : Dumbledore ? Croiser son regard, parler avec lui, rire de temps à autre en sa compagnie, alors qu’il ne travaillait qu’à une chose : aider à briser le petit monde parfait que cet imbécile d’amoureux des Moldus tentait de créer ! « Tiens, en parlant de Dumbledore, souris-lui, il te fixe ! ». Il tourna la tête du côté du Directeur, qu’il avait vu, grâce à sa vision périphérique. Avec un petit sourire, il lui adressa un signe de tête amicale, jubilant intérieurement de le berner de la sorte. Souvent, il attendait avec une joie malsaine le jour où enfin, il pourrait révéler sa véritable identité et allégeance à ses collègues ! Quel plaisir il pourrait alors retirer de voir leurs visages se décomposer en découvrant qu’ils avaient passés de longues années à côtoyer un allié au Seigneur des Ténèbres, à manger en sa compagnie, à parler avec lui comme avec n’importe quelle autre personne ! Mais l’heure de cette révélation n’était pas au programme ! Son Maître avait encore besoin de lui ici, ce qui l’arrangeait également : plus il les bernerait longtemps, plus leur déconvenue serait jouissive ! Et plus il prendrait un malin plaisir à les affronter, lorsque l’heure serait venue ! Car même si pour l’heure, il entretenait de bons rapports avec eux, il ne faisait aucun doute que sa main ne tremblerait pas, qu’elle serrerait fortement sa baguette, lorsqu’il sera temps de leur faire rendre leur dernier souffle !

Rasséréné par ces pensées, l’Irlandais retrouva son appétit, reprenant même à deux reprises du gâteau au chocolat, sous les œillades désapprobatrices de McGonagall, qui ne semblait visiblement pas apprécié de voir l’un de ses comparses manger de la sorte. En contrepartie, Cian la fixa, amusé, un sourcil arqué, mettant au défi l’Ecossaise de lui faire une quelconque remarque sur sa gourmandise ! Après tout, il ne mangeait pas comme un vorace, ne s’empiffrant pas comme un troll ! Il avait tout de même un minimum de classe et d’élégance, provenant de l’éducation des plus strictes qu’il reçut de la part de ses grands-parents maternels. Education aussi rigide que l’enseignante de Métamorphose, c’est pour dire ! Tout en sirotant son verre, après avoir terminé sa dernière part de gâteau, le professeur balaya la salle du regard, observant les élèves, s’attardant plus longuement sur quelques têtes familières, surtout celles d’élèves prometteurs, soit parce qu’ils étaient tout simplement brillants, soit parce qu’ils feraient de bons futurs mangemorts... La seconde catégorie constituait la raison principale de son intérêt, aux yeux du Lord, et expliquait le fait que Cian restait ici, en dépit des multiples phases d’ennui qu’il traversait. Recruter de jeunes mangemorts, au nez et à la barbe même de Dumbledore, c’était vraiment le pied ! « Bon, alors maintenant, t’arrête de te plaindre, fillette ! », souffla-t-il mentalement, en quittant la salle en compagnie de certains de ses collègues, dont Slughorn, l’avide de pouvoir.... Déjà, à l’époque où Cian était élève ici, celui-ci l’agaçait... Le professeur de potion avait désiré attirer le jeune Serdaigle dans son club, à l’époque, dès qu’il avait remarqué les notes brillantes que Cian avait. Au début, l’Irlandais avait refusé, avant de changer d’avis, en se disant que cela pourrait être un autre moyen pour lui de faire enrager son demi-frère, qui n’avait jamais été convié par Slughorn, n’étant pas assez brillant pour attirer son attention, et ne faisant pas parti d’une famille suffisamment importante pour que son manque d’intelligence soit compensée... Et voir Kylian agacé de voir Cian apprécié par le directeur de la maison Serpentard avait adoucit pour Cian le fait de supporter l’enseignant pot-de-colle. Cian avait à maintes fois jouer sur cela face à Kylian, et à chaque fois, le Serpentard sortait de ses gonds ! Cian avait toujours été doué pour savoir comment mettre son demi-frère hors de lui, et gagner leurs joutes verbales ! « En même temps, il n’y a pas de quoi en être fier, c’était un véritable crétin ! » ; songea-t-il avec un petit sourire. A présent, il parvenait à tolérer le professeur de potions, toujours dans son désir de maintenir sa couverture de gentil enseignant en place ! Enseignant avec qui il passa une partie de la soirée, ainsi qu’avec d’autres professeurs, à parler de tout et rien, les adultes profitant simplement de pouvoir se retrouver entre eux quelques instants.

« Très chers collègues, je vous prie de m’excuser », déclara Cian quelques temps plus tard, lassé de la conversation, « j’ai des copies à rendre ! »

Sur un dernier signe de tête, il pris congé, retournant dans ses appartements, tout en s’étirant, et en se faisant la promesse de profiter d’un week-end pour se dérouiller un peu, sans doute sur un balai, à moins qu’il ne préfère courir un peu, son corps en avait vraiment besoin ! Il verrait bien, le moment voulu !

Une fois arrivé à destination, il s’attela à corriger quelques copies, poussant ça et là des soupirs lorsque ses élèves le décevaient ! L’Etude de Runes n’était pas une matière si complexe que cela, pourtant, qu’il sache... Il suffisait simplement de se concentrer et d’apprendre ses cours, le reste se faisait tout seul ! « Cian, arrête d’être si exigeant avec tout le monde ! ». Le Mangemort poussa un soupir lorsque, quelques heures plus tard, son ventre se mit à gargouiller. Faisant rouler sa nuque, il pris la décision d’aller faire un tour en cuisine, cherché de quoi combler son appétit qui venait de se réveiller. (Certes, il pouvait faire apparaitre à manger en provenance de la cuisine, mais cela lui ôterait tout plaisir de malmener les Elfes de maison, ce qui était fort dommage, il faut l’admettre !) Le château était désert, ce qui était on ne peut plus normal, étant donné l’heure tardive qu’il était. Cela arrangeait Cian, qui n’avait guère envie de croiser du monde, que ce soit des élèves ou des professeurs, par ailleurs ! Etre toujours entouré lui était difficile, lui qui affectionnait tout particulièrement les moments de solitude !

Sans surprise, une fois aux cuisines, il vit que les Elfes de maison travaillaient toujours, eux aussi. Avec maintes courbettes, ils accueillirent le sorcier, qui leur fit savoir d’une voix sèche et hautaine qu’il désirait à manger. Ce qu’il obtint bien vite, une Elfe lui apportant une part de tarte au citron meringuée, un autre lui tendant aussitôt une assiette remplit de cookies, et un dernier amenant aussitôt un plateau avec diverses viennoiseries.

« Est-ce que ça vous dérangerait donc tant que ça de tout me mettre sur une seule et même assiette », souffla-t-il, agacé de faire face à tant de stupidité et de manque d’organisation ! « C’est peut-être trop vous demander ! »

Les Elfes de maison se fondirent en excuses, tout en mettant tout sur une même assiette, que l’enseignant attrapa en levant les yeux au ciel, leur faisant remarquer qu’ils étaient bien trop longs à la réaction, même pour des Elfes ! Sans se soucier de la réaction que sa remarque avait engendrée, Cian quitta la pièce, commençant à manger. Avec lenteur, il revint sur ses pas. Quand il fut enfin arrivé au 4ème étage, il avait finit de dévorer tout ce qu’il avait pris en cuisine. A l’aide d’un sortilège informulé, il renvoya par ailleurs l’assiette en cuisine, ayant à présent la flemme de la ramener en personne ! De surcroît, cela aurait été ridicule : il était sorcier, après tout, se forcer à se déplacer, c’était se comporter en vulgaire moldu ! « Autant mourir que d’agir comme ces misérables déchets ! ». L’assiette venait de disparaître, lorsqu’il entendit un bruit suspect, surtout pour une heure aussi tardive ! S’arrêtant, il tendit l’oreille, aux aguets, désireux de savoir s’il s’agissait d’un tableau qui venait de bouger dans son sommeil, d’un fantôme qui errait dans les couloirs, d’un collègue qui n’arrivait pas à trouver le sommeil, ou d’un élève qui avait oublié l’interdiction de se balader à une telle heure... En entendant un bruit de poignée que l’on actionnait, le professeur mit en avant l’idée d’un élève en promenade interdite. Après tout, un professeur n’aurait pas essayé de se cacher, rien ne leur interdisait de se promener, eux ! Sa baguette toujours en main, il lança le sort Lumos, en informulé. La lueur qui en apparût lui permit de voir une silhouette, à quelques mètres de lui, qui lui tournait à moitié le dos, et qui tâchait de prendre la fuite. Attitude qui acheva de convaincre le brun qu’il s’agissait bel et bien d’un élève en train de commettre une infraction !

« Il serait préférable pour vous de vous arrêter immédiatement », déclara Cian d’une voix forte et froide, s’adossant contre le mur tout en éclairant l’inconnu, « sauf si vous voulez que je vous immobilise avec un sort ! »

Son ton montrait clairement qu’il n’hésiterait pas à le faire, même s’il ne ferait aucun mal à l’autre, ça n’était pas dans son intérêt d’agir ainsi ! Il tenait toujours sa baguette à la main, prêt à agir si nécessaire, même s’il ne bougeait toujours pas. Son regard était toujours fixé sur la silhouette, s’interrogeant pour tâcher de deviner de qui il s’agissait, même s’il savait pertinemment qu’il ne pourrait le faire, il y avait bien trop d’élèves pour cela !
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MessageSujet: Re: Face à face nocturne dans les couloirs [PV Cian] Mar 16 Oct - 10:24

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MessageSujet: Re: Face à face nocturne dans les couloirs [PV Cian] Mer 17 Oct - 23:45

Enfin un peu d'action ! De quoi Cian pouvait-il rêver de mieux ? Il venait de se régalé de diverses pâtisseries, et en rentrant dans ses appartements, il tombait nez à nez, (enfin, façon de parler), sur une personne qui désirait visiblement que sa balade ne soit pas découverte par quiconque ! Franchement, il devait y avoir quelqu'un de tout puissant, quelque part, qui avait entendu les suppliques silencieuses de Cian sur son désir d'action, suppliques qu'il lançait quasiment tous les jours, lorsque l'Emm*rdeuse (sa créature de l'ennui qui le dévorait avec véracité de temps à autre), s'amusait avec lui et ses nerfs. Toutefois, l'idée qu'il puisse y avoir une quelconque puissance qui dirige un tant soit peu la vie des êtres humains perturbait Cian, qui se sentait alors privé de sa liberté d'action, chose qu'il méprisait plus que tout ! De ce fait, il préféra aussitôt penser que ce soir, c'était non pas une quelconque intervention divine qui venait de se manifester, mais plutôt de la chance, tout simplement ! Parce que oui, Cian croyait en la chance, et en la malchance, même si, dans son cas précis, la malchance avait plus souvent guider ses pas que la chance, selon lui... Oui, que voulez-vous, le passé de l'Irlandais l'avait rendu pessimiste, il n'y pouvait rien, et ne désirait nullement changer : la Vie, pour lui, c'était une vaste fumisterie, qui privilégiait une petite portion d'individus, pour se jouer du reste, en les amenant de Charybde à Scilla , telles de vulgaires marionnettes qu'il était marrant de voir dans des situations de plus en plus pénibles, afin de les voir se débattre de toutes leurs forces, pour s'y extraire et se retrouver dans une autre situation, pire... Certes, sur le papier, ça semblait drôle à souhait, surtout pour quelqu'un qui, comme Cian, aimait embêter son monde, se jouer d'eux. Mais quand vous êtes régulièrement au coeur d'ennuis de la sorte, ça vous paraît nettement moins drôle, et ça vous donne bien plus l'envie d'emm*rder votre monde... Chose que Cian comptait bien faire ce soir ! Un élève qui sortait en douce ? Le parfait prétexte pour Cian pour asseoir une fois de plus sa position de professeur, et de se souvenir du goût que procurait le fait d'avoir un quelconque pouvoir sur quelqu'un d'autre. Ce goût si doux qu'il avait tant de fois connu en tant qu'Auror, lorsqu'il arrêtait des sorciers ou qu'il enquêtait sur eux. La peur dans leurs yeux en apprenant qu'il était Auror, la crainte qui suintait par tous les ports de leur peau lorsqu'ils voyaient que rien de ce qu'ils disaient ne pourrait le faire changer d'avis ni l'acheter, le respect immédiat de certains, inspirés par son statut d'Auror... Oui, tout ça lui manquait cruellement.... Il compensait, de par son statut de professeur, mais ça n'était pas pareil, les élèves n'étaient pas dangereux, sa vie n'était pas mise en danger à chaque fois que Cian les réprimait... L'adrénaline, sa meilleure amie, l'avait fuit, la bougresse....

Ce qu'il ignorait, c'est que ce soir-là, l'adrénaline n'allait certes pas revenir à lui, mais qu'il allait retrouver une autre sensation qu'il appréciait lorsqu'il était Auror : celle de la "traque". Le jeune contrevenant, en effet, semblait croire qu'il pourrait lui échapper ! A lui ! Un ancien Auror ! Parce que si Cian n'avait pu reconnaître l'élève, il y avait tout de même pas mal de chances pour que l'élève l'ait reconnu, par sa voix. Certes, il n'enseignait pas à tous les élèves de Poudlard, mais Cian n'était pas du genre à passer inaperçu, rien que de par son attitude blasé et hautaine, à râler ouvertement dès que quelque chose l'agaçait (ce qui arrivait souvent !), mais également parce qu'il était un ancien Auror, et des enseignants ayant fait une telle carrière autrefois, ça ne courrait pas les couloirs, à Poudlard ! Donc, à moins d'être tombé sur un élève faisant parti de la petite minorité qui ne l'avait jamais entendu parler, l'imbécile qui tâchait de le fuir devait l'avoir reconnu ! Tourner le dos à quelqu'un qui avait un instinct de chasseur comme Cian, c'était simplement stupide ! Voyons, c'est un ancien Auror, la traque, sous n'importe laquelle de ses formes, c'est son métier, sa passion, son héroïne ! C'est pourquoi en voyant l'inconnu commencer à courir, un immense sourire fendit le visage de l'Irlandais. Aussitôt, d'anciens gestes d'Auror lui revinrent à l'esprit, ses muscles se tendirent, sa poigne autour de sa baguette se fit plus forte, et le traqueur en lui se réveilla, poussant intérieurement un long rugissement bestial, comme un lion qui se libérait enfin. C'est d'ailleurs sous cette joie soudaine provenant de la fuite qu'il lança un franc :

« Non, en fait, t'as raison : Courir, c'est mille fois mieux ! » Son ton était empli de certitude, d'un côté animal, presque fauve, mais également d'amusement. Et ce curieux mélange était plutôt inquiétant, en fait... « Enfin, pour moi, pas pour toi! », ajouta-t-il à voix basse.

Cian venait de passer pour quelqu'un d'inquiétant ? Cian s'en moquait complètement ! L'élève songeait sérieusement qu'il pourrait s'enfuir ? Bien tenté ! Il aurait pu réussir, en fait, avec certains autres enseignants, sans doute. Mais pas avec un ancien Auror, qui avait plus d'un tour dans son sac ! Des sorts pour arrêter quelqu'un qui courrait, même s'il veillait à zizaguer pour éviter tous sorts nécessitant une proie plus statique. Et des sorts utiles dans de telles circonstances, il en connaissait des vingtaines ! Certains, toutefois, n'étaient même pas envisageables dans l'enceinte du château, même s'ils étaient fort divertissants. Et Cian avait vraiment besoin d'être divertit, en ce moment ! Cependant, s'ils étaient divertissants, ils avaient aussi pour mérite d'être dangereux pour la personne qui recevait le sort en question... Et il était tout bonnement hors de question que Cian envoi un élève à l'infirmerie, juste pour se divertir ! Certes, c'était un Mangemort, et pour beaucoup, de par ce simple statut, il devait être considéré comme étant quelqu'un de froid et de sans-coeur ! Mais il n'en était rien ! Cian savait veiller sur les gens qu'il avait à sa charge ! Et en tant que professeur, il se trouve qu'il avait sous sa garde des élèves. Elèves qui étaient parfois pénibles, comme tous adolescents, mais élèves qu'il appréciait, pour la plupart ! Et même ceux qu'il n'appréciait pas, tant qu'il serait prof, il en prendrait soin. Sauf si, bien entendu, le Lord lui ordonnait de les blesser, cela est logique ! Là, cependant, celui-ci ne lui avait pas donner de directives dans ce sens, mais plutôt dans le sens opposé, même ! Cian devait prendre soin de ses élèves, se conduire comme n'importe quel enseignant ! Chose que Cian s'amusait à faire, et à vrai dire, n'avait pas vraiment de difficulté à faire ! C'est la raison pour laquelle, alors qu'il s'était brusquement redressé après le départ de l'inconnu, il haussa les épaules, et opta pour un sort plus neutre.... Mais amusant également ! Enfin, le 1er sort était amusant, parce que le 2nd était juste fait par mesure de précaution, pour les raisons énoncées plus haut !

Juste par plaisir, il laissa l'élève courir quelques secondes, afin de goûter à la vaine illusion qu'il pourrait, avec un peu d'effort et d'intelligence, lui échapper. Rêver à retourner paisiblement dans son dortoir, en toute quiétude, ayant réussi à berner un enseignant, et à échapper à une punition. Croire qu'il pourrait en rire, demain, avec ses camarades ! Si l'élève l'avait reconnu, quel plaisir ça serait alors pour lui de dire à ses camarades qu'un simple élève comme lui avait réussi à prendre la fuite face à un ancien Auror ! Quelle douce illusion, qui remplissait Cian de joie à l'idée de la briser, de l'anéantir comme un enfant pourrait s'amuser à jouer de manière sadique avec une mouche qu'il priverait lentement de ses ailes... Oui, Cian était parfois, même bien souvent, sadique. Et il l'assumait pleinement, c'était d'ailleurs ce qui l'avait tant amusé en étant Auror : pouvoir utiliser des dizaines de sorts pour blesser les autres, juste sous prétexte de les arrêter. Tout ça au nom de la loi ! Là, ce soir, ce serait juste au nom du plaisir.... Savoir que le fuyard devait être paniqué, sur le qui-vive, et espérer la fuite victorieuse arracha un sourire sadique à Cian, qui décida de mettre un terme à cette petit traque qui n'avait de traque que le nom, du moins, dans l'esprit de l'adolescent. D'un geste souple de la main, il agita sa baguette, lançant un sort informulé (manie qu'il tenait de son passé d'Auror.) Du bout de sa baguette, un petit filet argenté naquit, filet qui toucha le sol, pour se répandre peu à peu, en longueur et en largeur. Une fois au sol, ce filet devint de la glace, qui s'étala. Alors que la glace s'avançait lentement et inexorablement vers l'élève, Cian lança un nouveau sortilège, avant que l'inconnu ne chute. Ce sort eut pour effet de ralentir la chute, Cian n'ayant vraiment pas envie d'avoir un blessé sur les bras ! A présent, dans un périmètre de vingt centimètres autour de l'élève se trouvait une véritable patinoire. Patinoire sur laquelle Cian veilla à ce qu'il atterrisse en douceur. Alors que l'élève était en train de chuter au ralenti, Cian s'approcha de lui. Lentement. Juste pour le plaisir, une fois de plus. Il prit même soin, au passage, de faire disparaître la glace, dans laquelle les rayons de lune se reflétaient pourtant si joliment. Il arriva vers l'inconnue encapuchonné lorsque celui-ci fut enfin au sol. Se penchant vers lui, Cian esquissa un sourire.

« Attrapé ! C'est toi le chat ! C'est pas ça que dise les moldus lors d'un jeu enfantin ? »

Sa voix était encore amusée, mais de manière moins inquiétante que précédemment, on retrouvait à présent Cian l'enseignant, qui savait se montrer agréable avec les autres, presque même gentil ! En fait, Cian n'avait que rarement été aussi joyeux que ça depuis son arrivée à Poudlard, cette petite rencontre l'avait fort amusé, et ça se sentait ! A présent, il avait hâte de savoir de qui il s'agissait. Toutefois, par jeu, il ne désirait pas ôter lui-même la capuche, ça ôterait tout son charme à cette rencontre. Non, il voulait que l'inconnu soit amener lui-même à dévoiler son identité, après avoir comprit qu'il ne pourrait lui échapper.... C'était bien plus plaisant, au goût de Cian, une manière d'asseoir sa supériorité à cet imbécile qui avait songer qu'il pourrait lui échapper... Une petite leçon de vie, en quelque sorte ! Avant une autre qui viendrait avec la punition ! Double joie pour l'Irlandais qui en jubilait d'avance !
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MessageSujet: Re: Face à face nocturne dans les couloirs [PV Cian] Jeu 18 Oct - 14:35

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Dernière édition par Leroy de Louvière le Mar 11 Nov - 21:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Face à face nocturne dans les couloirs [PV Cian] Ven 19 Oct - 21:33

Heureusement que Cian était poli, sinon, il y a fort à parier qu'il aurait pu éclater en rire en voyant l'élève partir en courant. Franchement, même lui, à l'époque où il était élève, ne se serait pas amusé à prendre ainsi la fuite, alors qu'il venait d'être découvert à se balader dans les couloirs en pleine nuit par un professeur. En effet, si jamais il s’était fait rattraper, il ne fait aucun doute que l’enseignant n’aurait guère été clément, au vu de la tentative de fuite... Non, décidément, cette décision de tourner les talons n’était pas très intelligente ! « Ouais, enfin, avoue quand même que t’aurais surtout évité de tenter de t’enfuir pour éviter d’ajouter une conn*ries à ta liste de bêtises en cours, vu tous les coups foireux que t’as pu faire contre Kylian... ». A cette pensée, l’Irlandais ne pût retenir un petit sourire moqueur. Il avait fait tellement de mauvais tours à son idiot de demi-frère que la plupart de ses camarades en étaient venus à se demander s’il n’aurait pas eu plus sa place dans la maison des Verts et Argents ! Ce que Cian n’avait jamais dit à personne, c’est que le Choixpeau avait songé à l’envoyer à Serpentard, mais il avait vigoureusement refusé, tant et si bien qu’il avait finalement été envoyé à Serdaigle. Inutile de dire que ça avait été le plus beau jour de sa vie : il avait évité la maison dans laquelle échouaient tous les membres de sa famille paternelle, et celle qui avait accueillit sa famille maternelle ! Fort heureusement, par ailleurs, parce qu’à Gryffondor, les McCawley n’auraient eu de cesse de tâcher de le contrôler de leur mieux, afin qu’il ne jette pas l’opprobre sur leur famille. Et à Serpentard, il aurait dû supporter en permanence la consternante stupidité de son demi-frère... « Ouais, mais y’aurait eu un certain intérêt : tu aurais pu lui mettre la honte en permanence, même en salle commune, et ça, ça aurait été des plus agréables, admets-le ! » Et bien qu’il soit sûr que cela aurait pu être amusant, il savait toutefois qu’il n’aurait pas supporté de fouler les mêmes salles communes que les gens de sa famille, qu’il n’avait eu de cesse de mépriser depuis son enfance. Même s’il s’agissait de pouvoir poursuivre les pas de sa mère, ça ne lui disait rien. Elle n’avait rien d’enviable, s’était montré toute sa vie faible, à croire qu’elle pouvait être destinée à quelqu’un qui ne se souciait vraisemblablement pas d’elle ! Quant aux autres McCawley, ils avaient passé leur vie à combler leur manque flagrant d’importance au sein de la société magique en occupait des postes importants au sein de la communauté moldue de leur ville... Ils s’étaient plus investit pour les moldus que pour les sorciers, ce que Cian trouvait complètement stupide : ça n’était pas en restant au sein de la société des moldus que leur position au sein des sorciers change... comme par magie... Au fond, ils avaient eu la même attitude débile que les Fitzpatrick ! Pour Cian, aucun membre de sa famille n’avait su se démarquer des autres, c’était tout bonnement un ramassis de sombre crétin dont il n’avait eu de cesse d’avoir honte, et de tâcher de se distinguer, de s’éloigner d’eux et de leur image de bons-à-rien... Ce qu’il avait réussit à faire, en devenant Auror, et un bon Auror, de plus...

C’est avec de telles pensées que Cian se mit en marche pour arrêter le fuyard. Et toujours avec de telles pensées qu’il alla le rejoindre, se demandant qui se cachait sous la capuche. Toutefois, Cian savait se montrer patient, qualité nécessaire pour un Auror. Agir sur un coup de tête, en pleine mission, était le meilleur moyen de finir à Ste-Mangouste, dans le meilleur des cas, du moins... Et Cian tenait bien trop à la vie pour cela, même s’il n’aimait rien de plus que la risquer, encore et encore. Un moyen comme un autre de lutter pour rester en vie, afin de prouver à toutes les personnes qui l’avaient méprisé lorsqu’il était plus jeune, qu’il méritait cette vie qu’on lui avait reproché d’avoir, qu’il n’était pas obligé de la gâcher comme ils l’avaient tous crût ! Après tout, il avait réussi là où ils avaient tous échoués : il était devenu quelqu’un, dans le monde de la magie ! D’abord Auror, ensuite professeur à Poudlard ! Il avait été bien plus haut que n’importe qui dans sa misérable famille ! Et ils l’avaient tous mal pris ! « Tant mieux, misérables crétins ! »

Cian se releva lentement, alors que l’élève en faisait de même. Ses bras étaient croisés sur sa poitrine, et sa baguette était toujours bien en vue, histoire de dissuader le jeune de toute tentative d’entourloupe... Après tout, ne sait-on jamais, parfois, les jeunes sont stupides, et celui-ci pouvait s’entêter à croire qu’il pourrait échapper à l’inévitable punition ! Ces jeunes, toujours rempli de rêves et d’illusion, c’était d’un lassant, par moment, pour le professeur ! L’inconnu leva sa main pour ôter la capuche, et ce simple moment, où la main était encore suspendue, fut très plaisant pour Cian, heureux de voir qu’il pouvait si facilement faire courber l’échine à des élèves récalcitrants ! Et même le fait que la capuche ait été ôtée avec fierté n’ôta rien au plaisir que Cian ressentit, bien au contraire : il avait visiblement quelqu’un de hautain en face de lui, et, de son goût, ça n’en était que plus plaisant ! Et encore plus lorsqu’il découvrit de qui il s’agissait : le jeune de Louvière ! Dès lors, toute la scène précédente s’illumina : ça ne pouvait être que lui pour s’être enfuit de la sorte ! Certes, d’autres élèves auraient pu en faire de même, mais peu se seraient entêtés de la sorte, et auraient pu conserver leur fierté jusqu’au bout ! Bien au contraire, la plupart auraient rechignés à ôter leur capuche, ou l’auraient alors fait d’un autre contrit ! De même, bien peu d’élèves se seraient permit une telle remarque, après s’être enfin découvert ! C’est sans nul doute la raison pour laquelle un immense sourire s’afficha sur le visage de l’Irlandais. Et son sourire s’accentua en entendant le mépris avec lequel Leroy l’avait appelé professeur. Oui, la soirée promettait d’être marrante !

« Et oui, Leroy », déclara-t-il en appuyant bien sur le prénom par lequel l’élève tenait à présent à se faire connaître, « figure-toi que nous n’avons pas tous la chance de ne grandir qu’avec des camarades sorciers ! Certains ont dû supporter des moldus durant leur enfance, grâce à leur charmante famille qui songeait qu’avoir de l’importance parmi les moldus, c’était mieux que rien ! »

Décroissant les bras, il haussa les épaules avec négligence, tout en rangeant sa baguette (il était sûr que Leroy ne tenterait plus de s’enfuir, à présent que son identité était révélée !) Cela appartenait à son passé maintenant, même si à l’époque, il n’avait pas apprécié la situation, loin de là même ! Il avait passé son enfance quasiment seul en permanence, les jeunes moldus le repoussant parce que leurs parents leur avaient monté la tête contre lui, parce qu’il était un enfant illégitime. Les jeux enfantins, il ne les avait connu que de loin... Seul, il l’avait toujours été, il le sera toujours. Il s’était fait un raison, depuis le temps, alors qu’à l’époque, ça l’agaçait et le blessait. Pourquoi devait-il payer pour les erreurs de son père ? Ne pouvait-on pas essayer d’apprendre à le connaître pour lui avant de le cataloguer et de le fuir ? Des amis qui vous réconfortent n’importe quand... Des sourires qu’on vous offre à tout moment... Des confidences enfantines échangées comme s’il s’agissait de secrets des plus importants... Tout ça, Cian n’y avait jamais eu droit, il en avait juste été le lointain témoin. Il s’était construit dans les livres, tant bien que mal, pour finalement donner ce qu’il était maintenant : un homme brisé, qui tentait de le dissimuler de son mieux sous son arrogance et sa haine... Le portrait est rapide, et peu fidèle, mais le plus gros est là : Cian est ainsi, et l’assume pleinement, sachant pertinemment que rien ni personne ne pourra le faire changer... Mais au moins, contrairement à des personnes qui avaient eu une bonne enfance, à présent, il s’estimait heureux et utile, et tout ça, depuis qu’il était mangemort. Et ça, il le devait au père de Leroy ! Comme la vie est parfois drôle, ne trouvez-vous pas ? Emmeran était son mentor parmi les mangemorts, et Cian avait Leroy comme élève ! Et un sacré élève, de plus, qui ne se laissait pas faire... Enfin, surtout pas par Cian... Tant mieux, ça rajoutait un peu de piment à tout ça, Cian détestait les élèves faibles, qui courbaient trop facilement l’échine devant lui ! D’ailleurs, ça n’était pas valable que pour les élèves, mais pour n’importe qui, en fait !

« Oh, je suis allé me prendre à manger en cuisines, avant d’aller écrire une lettre... A ton père... »

Son sourire moquer se fit alors plus cruel, alors qu’il venait de proférer ce mensonge. Cian sachait parfaitement quelle était la situation actuelle entre Leroy et son père. Après tout, comment ne pourrait-il pas le savoir, étant donné qu’il était un proche d’Emmeran ? Certes, pas au point de tout se dire, mais l’histoire de la dispute père/fils, Cian en avait vaguement entendu parler. Et vu le résultat sur le visage du Serdaigle... D’ailleurs, il estimait qu’Emmeran y était allé un peu fort, en dépit de tout le respect qu’il avait à l’égard du mangemort. Cian avait toujours des difficultés à accepter un comportement un peu « extrême » de la part d’un père... Toutefois, il n’en avait rien dit à son camarade, ne désirant nullement se mêler des histoires qui n’étaient pas les siennes, d’autant plus que le jeune sorcier avait en effet déçu beaucoup de monde en désirant changer, tant il avait beaucoup de capacités intéressantes pour un potentiel futur mangemort !

« Et toi, que faisais-tu donc dehors ? Cherchais-tu à te cacher des sang-purs ? A moins que tu n’aies décidé de faire plaisir à ton père, et que tu ne sois enfin revenu à la raison et aies décidé de pourrir la vie des sangs-mêlés ? »

Il aborda ce dernier point d’un ton peu convaincu, n’ayant que trop constater le désir profond du jeune sorcier de se détacher de tous les idéaux qui avaient baigné son enfance ! Cependant, Cian n’avait pas dit son dernier mot. Bien entendu, Emmeran lui avait laissé entendre qu’il était important qu’il fasse tout son possible pour faire entendre raison à son fils. Mais Cian en avait fait une affaire personnelle ! En un sens, il se retrouvait un peu en Leroy, tous deux ayant eu des rapports compliqués avec leurs pères... C’était sans nul doute pour cette raison que Cian parvenait à tolérer les insolences du jeune français à son égard, enfin, la plupart du temps, parce que la patience de Cian n’était pas sans limite !

« Pour quelqu’un qui tâche de prouver à tout le monde qu’il a changé, errer dans les couloirs à une telle heure n’est pas vraiment une bonne idée, je trouve ! »

Il avait lancé ça comme un conseil, comme si Leroy pouvait attacher une quelconque importance à ce qu’il pensait ! Remarquez, croire qu’il essayait vraiment de conseiller à Leroy de renier tout ce qu’il était, c’était bien mal comprendre Cian... Songer qu’on puisse vraiment s’intéresser aux moldus et les défendre, c’était... Impensable pour lui ! Aller droit dans le mur, en somme !
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MessageSujet: Re: Face à face nocturne dans les couloirs [PV Cian] Sam 20 Oct - 22:36

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MessageSujet: Re: Face à face nocturne dans les couloirs [PV Cian] Jeu 25 Oct - 17:01

Ca n'était peut-être pas flagrant comme ça, voire même pas du tout, à voir l'attitude de l'Irlandais, mais il respectait le jeune de Louvière. Celui-ci venait d'une bonne famille, et avait réussi à en faire la fierté, en dépit du père compliqué et exigeant qu'il avait. Son respect aurait certes pu être plus grand, si Leroy n'avait pas fui son père de la sorte, comme un lâche, tâchant au contraire de l'affronter. Même si une partie de l'enseignant pouvait comprendre ce qui avait poussé le français à la fuite, cependant, cette partie était bien faible comparée à l'autre, celle qui désirait la liberté, l'indépendance, la chance de faire respecter son opinion quoi qu'il en coûte. Surtout lorsque c'était pour tenir tête à son père. Mais un peu moins lorsqu'il s'agissait de clamer son affection pour les moldus. Qu'on parvienne à les tolérer afin d'éviter l'extinction des sorciers s'ils s'entêtaient à ne se marier qu'entre sang-purs, au mépris des risques génétiques que cela engendrait, et engendrerait, était une chose. Qu'on les adore au point de refuser d'admettre qu'ils sont inférieurs aux sorciers en était une autre ! Et c'était pour ce choix-là, cette erreur, au goût de Cian, qu'il ne respectait plus autant Leroy, comme il avait pu le respecter autrefois, lorsque le père et fils de Louvière étaient encore en « bons termes ». De surcroît, Emmeran avait confier à maintes reprises à Cian le fait que son fils se débrouillait plutôt bien en magie noire. Et Cian avait pu juger de lui-même l'intelligence qui caractérisait le garçon. Autant dire qu'il était évident que le jeune sorcier été une recrue parfaite pour les Mangemorts ! C'était la raison pour laquelle Cian tâchait bien souvent de faire entendre raison à Leroy, pas forcément de la meilleure manière qui soit, mais Cian faisait de son mieux, après tout, il n'avait appris la diplomatie que depuis quelques années, lorsqu'il était Auror, à vrai dire ! N'oublions pas, après tout, que le but premier de sa présence ici, en tant que serviteur du Lord, était de ramener à ses côtés le plus de recrues possibles ! Et pour mener cette mission à bien, Cian devrait se montrer convaincant, et user de toutes les stratégies possibles... La défaite ? Ce mot ne faisait même pas partie de son vocabulaire, à vrai dire, il n'en avait jamais fait partie ! Et ça n'était pas maintenant que l'Irlandais comptait l'intégrer à son vocabulaire ! Même avec une personne qui pouvait se montrer aussi pénible que Leroy, qui n'appréciait guère Cian.

« Oh, sache que tu n'as vu que la face émergée de mon enfance pourrie, tout comme je n'ai du voir que cette petite partie de la tienne ! », déclara-t-il songeur. Après tout, il était vrai qu'ainsi, croire que la seule chose compliquée de son enfance était le fait d'avoir été entouré de moldu était réducteur et pouvait faire passer l'enfance de Cian pour une enfance facile. Hors, il n'en était rien. A côté de tout cela, il y avait également le rejet violent de son père, dont il avait même été témoin. L'incapacité de sa mère à tourner la page de son histoire inexistante avec le Fitzpatrick. Le dégoût qu'il inspirait à ses grands-parents maternels, qui ne voyaient en Cian rien d'autre que la preuve vivante que leur fille avait échoué dans la vie toute tracée qu'ils avaient envisagés pour elle. L'impression constante de Cian qu'il ne ferait la fierté de personne, et ce, quoi qu'il fasse. Le sentiment dérangeant d'être seul au monde. L'angoisse sourde que cela ne changerait jamais, et ce, quoi qu'il fasse ! L'envie de hurler au monde qu'il était là, qu'il avait le droit à de la reconnaissance, d'insulter l'humanité entière pour sa pathétique existence, cracher à la face d'une quelconque divinité qui avait décidé de sauver sa mère le jour où elle avait essayé de se suicider ! Car oui, sa mère, dans sa stupidité, avait raconter à son fils que le jour de sa naissance, elle avait essayé de se tuer quelques heures plus tôt. Comment peut-on envisager seulement de voir son enfant s'épanouir le plus normalement du monde en sachant que son père le méprise de toute son âme, et que sa mère a essayer de se tuer, alors qu'elle était encore enceinte ? Cian en avait toujours eu conscience : il avait pris un mauvais départ dans la vie. Il avait tenté de modifier la donne, d'avoir accès à sa part de bonheur, à sa part de chance, en s'investissant dans ses études, en rejoignant les Aurors. Travailler a capturer les sorciers qui étaient néfastes au monde avait été un moyen pour Cian de se racheter, d'expier les erreurs dont il se croyait responsable : Sa naissance, qui avait en partie détruit sa mère, car celle-ci lui avait souvent dit avoir l'impression de se retrouver face à Adrian, Cian ayant hérité du physique de son père, ainsi que de certains traits de caractère. Son existence, qui rajoutait du sel dans la blessure sans arrêt à vif de sa famille quant à la déchéance qu'avait traversé la jolie Morgane McCawley. Son désir de détruire la vie des gens qu'il méprisait et qui avait fait de sa vie un Enfer, un enchaînement sans fin de questions à son sujet, en commençant par s'attaquer à celle de son père. Les multiples nuits passées à s'imaginer en train de tuer son père, de le torturer afin de lui faire comprendre ce qu'il avait fait subir à Cian, et à Morgane. Son souhait profond, viscéral, de vengeance qui avait envahi tout son être jusqu'à l'en étouffer lentement... Désir qu'une seule personne avait vraiment pu apercevoir un jour : Eden, le jour où il avait enfin tué son père... Ainsi, vu comme ça, Cian savait que rien n'était aisé dans la vie, que bien souvent, les apparences étaient trompeuses ! Jamais personne dans son entourage n'avait pu entrevoir sa douleur, sa rancune, ni leur profondeur. Les êtres sont doués pour dissimuler leurs blessures, Cian le savait. Tout comme il savait que le père de Leroy était quelqu'un d'exigeant, se doutant que Leroy n'avait pas du rigoler tous les jours...

« Concernant les moyens possibles de se remettre d’une enfance pourrie, je ne pense pas vraiment qu’on puisse en guérir complètement, et ce, quoi qu’on fasse ! »

Certes, parler pouvait aider. Suivre une thérapie aussi. Mais Cian en croyait pas vraiment en tout cela. Pour lui, à partir du moment où une partie de vous était brisée, rien ne pouvait vous réparer. Les êtres humains ne sont pas des objets. Il ne suffit pas de glue pour les guérir. Le temps peut aider, la vengeance aussi. Mais ça n'aide même pas vraiment. Ca atténue, ça camoufle un peu le malaise, mais ce dernier est toujours là, dissimuler sous une fausse impression d'aller mieux... Et pendant quelques temps, ça va mieux, jusqu'à ce que tout vous pète à la gueule, comme un vulgaire ballon de baudruche qu'on s'amuse à gonfler à fond... C'était du moins ainsi que Cian voyait les choses !

« Ah, que veux-tu, Leroy », déclara Cian en souriant, après l'avoir entendu reprendre sa phrase pour l'appliquer à son propre passé, « les parents, ça craint ! Ils sont plus souvent doués pour prendre les mauvaises décisions que les bonnes pour leur marmaille ! »

C'était sans nul doute ce qui avait toujours fait craindre à Cian d'être un jour père. Il n'avait que trop peur de faire les mauvais choix pour ses enfants, de reproduire les erreurs de ses propres parents, pour finalement s'en faire détester... Qu'il se sache brisé était une chose, qu'il soit responsable des défaillances d'autres personnes en était une autre, surtout si ces personnes partagent son sang... Car, même si ça ne se voit pas comme ça, Cian attache une importance particulière au lien du sang, et ne voulait pas blesser les gens qu'il aimait. C'était sans nul doute la raison principale qui l'avait empêché de tout faire pour récupérer Eden, il ne voulait pas lui causer plus de peine que nécessaire. Après tout, elle avait déjà bien assez souffert en sachant qu'il avait tué son père, même s'ils n'en avaient jamais reparlé...

Le Mangemort avait pris un malin plaisir à prétendre écrire une lettre à Emmeran, et était content de voir l'incapacité de Leroy à déterminé s'il était sérieux ou non. Son sourire se fit alors plus grand avec la réplique du français. Cela serait fort drôle de parler de lui dans ses lettres. Ce qu'il faisait parfois, s'amusant à évoquer brièvement le fils de son ami lorsqu'il lui écrivait. Pas trop longuement, ne voulant pas s'interposer dans une histoire qui n'était pas la sienne. Il le faisait suffisamment pour donner des nouvelles de Leroy à Emmeran... Après tout, il n'avait guère l'intention que son ami ne décide de reporter sur Cian la responsabilité de la trahison de Leroy envers son sang, et son refus à revenir dans les rangs ! L'Irlandais faisait tout ce qu'il pouvait, quand il le pouvait !

« Compte sur moi, je n'y manquerais pas ! J'aime essayer de réconcilier des liens familiaux brisés ! Il sera heureux de l'apprendre ! »

Il s'était exprimer le plus sérieusement du monde, comme s'il aimait vraiment agir ainsi ! Il avait toujours détester qu'on se mêle de ses affaires, et par respect, il ne le faisait pas avec les autres... Et oui, Cian avait quand même quelques principes ! Lorsque l'on voit son parcours, on peut en douter, mais pourtant, c'est le cas... Il suffit juste d'essayer d'apprendre à le connaître, et non pas à se limiter de ce que l'on peut voir de lui, ni de ce qu'il nous laisse connaître à son sujet... Mais pour cela, il faut déjà qu'il vous laisse le connaître, le connaître vraiment, et ça, c'est souvent rare ! Même Emmeran, qui est pourtant l'une des personnes de qui Cian est actuellement le plus proche, ne le connaît pas réellement, c'est pour dire !

Décidant de parler d'autres choses, l'enseignant tâcha de deviner les raisons qui avaient poussés Leroy à quitter son lit. Apparemment, il avait tout faux, comme s'empressa de lui faire remarquer le Serdaigle. L'air innocent qu'il affichait eut pour effet de faire naître une grimace amusée sur le visage de Cian.

« Tu devrais pourtant te cacher des sang-purs, ils ne sont pas vraiment contents de toi, ces derniers temps, me semble-t-il ! », déclara-t-il, avant d'ajouter : « Ca serait dommage que ton comportement récent te cause de graves problèmes ! ». Il arqua un sourcil, laissant entendre le fait que pour lui, il était obligé que le jeune français ne tardera pas à revenir à la raison, et que prendre le risque que ses incartades actuelles lui causent des problèmes était dommage ! Parce que pour lui, il était inenvisageable de ne pas parvenir à récupérer Leroy, il en faisait presque une affaire personnelle !! « Et vois-tu, les seules raisons qui m'ont poussé à sortir, c'est que j'avais faim, et envie de prendre l'air, après avoir passé de longues minutes à corriger les stupidités de certains de tes camarades ! Quant à ma passion ou non pour les sang-impurs... Ca ne regarde que moi ! »

Un sourire amusé étira alors ses lèvres, alors que son regard était moqueur, même si son appartenance au rang du Lord flottait dans les airs, tant et si bien que sa marque le chatouillait presque agréablement. Cian était certes un mangemort, mais contrairement à bons nombres de ses camarades, il tolérait les sang-impurs, si ceux-ci étaient suffisamment intelligents, et de ce fait, utile. Le reste, il les méprisait, les considérait comme de vulgaires déchets dont il était urgent de se débarrasser. Il en allait de même pour les moldus, il pouvait les tolérer. Toutefois, s'il pouvait être sympathique avec un sang-impur, ou un né-moldu, il n'en allait pas de même avec les moldus ! Il ne faut pas en demander trop à Cian tout de même ! Et faire sans arrêt le mal autour de soi était fatiguant, et ennuyeux, au goût de Cian. Pour savourer le côté obscur, il ne faut en abuser qu'avec précaution, au risque d'en perdre toutes raisons, avec l'habitude d'être malfaisant... C'est ainsi qu'il parvenait à s'amuser de sa situation d'espion à Poudlard !

« Arrête donc de voir le mal partout, tu vas finir par devenir parano ! », conseilla-t-il alors comme s’il se souciait vraiment de l’état d’esprit de Leroy. Cian n’avait en effet pas l’habitude de laisser apercevoir ses émotions réelles, conservant sans arrêt un masque d’indifférence qu’il modelait au gré des besoins, autant pour manipuler les autres que pour s’en préserver...


Dernière édition par Cian M. McCawley le Mar 6 Nov - 17:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Face à face nocturne dans les couloirs [PV Cian] Dim 28 Oct - 16:04

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Dernière édition par Leroy de Louvière le Mar 11 Nov - 21:25, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Face à face nocturne dans les couloirs [PV Cian] Mer 7 Nov - 16:11

Il était drôle de se dire qu'il y a quelques années de cela, le Cian d'autrefois, et le Leroy d'aujourd'hui, auraient pu s'entendre. Cian aussi n’était pas vraiment un fervent admirateur des préceptes des sangs-purs, cela lui venant de son père et de la haine qu’il lui vouait. Estimer que quelqu’un pouvait donc être supérieur à une autre personne simplement à cause de son sang lui paraissait complètement improbable et totalement stupide, du moins, bien plus qu’à l’heure actuelle ! Qu’est-ce qui l’avait alors fait changer, le faisant basculer d’Auror convaincu d’avoir fait le bon choix, d’être le plus utile possible, pour devenir un Mangemort désireux de voir les sorciers au sommet, et les Moldus tout en bas de la pyramide ! Sans doute était-ce les horreurs qu’il avait vu au cours de sa carrière d’Auror ? Les sorciers n’étaient pas tendres entre eux, et leur violence, sans oublier celle qu’il avait dû employer pour les maîtriser, avait réveillé celle qui se terrait en lui, et qu’il avait museler avec soin durant des années. A moins que ça ne se soit simplement son désir profond qui s’était réveillé lorsqu’il avait tué son père ? On peut aussi se demander si sa rencontre avec Emmeran n’avait pas été le déclencheur de son changement ? Ca n’était sans nul doute qu’un mélange de tout ça, et peut-être même la seule voie que Cian pouvait emprunter, la seule qui lui convenait réellement, sans lui donner l’impression de se dissimuler sous des faux-semblants. Tout n’était peut-être au fond qu’une question de caractère, de destin, et de fréquentations. Qui sait, si Eden ne l’avait pas quittée du jour au lendemain, l’Irlandais serait sans nul doute toujours Auror, et sa vie serait peut-être radicalement différente. Probablement aurait-il finit par demander Eden en mariage, une fois que leur couple aura enfin réussit à se retrouver après la mort d’Adrian Fitzpatrick. Sans doute Eden aurait-elle réussit à donner à Cian la stabilité qui lui a toujours fait défaut. Il y a de fortes chances pour que l’enseignant soit aujourd’hui de l’autre côté de la barrière, parmi l’Ordre du Phénix. Mais la vie était ainsi faite, et Cian n’avait jamais été du genre à s’apitoyer sur son sort, sur les chemins que la vie lui avait fait emprunter. Tout ça n’était pour lui que la somme de ses choix et de ses actes, ce qui était le mieux pour lui, car il estimait n’avoir toujours agit que dans ses propres intérêts. C’est pourquoi il ne parvenait pas à regretter entièrement ce qui lui arrivait actuellement, même si parfois, il était nostalgique de certains aspects de son passé. Quel que soient ses aspects, Cian ne désirait pas s’étendre dessus, tout comme il n’avait nullement l’intention de parler sérieusement de son enfance avec Leroy. C’était une période qu’il n’avait jamais aimer évoquer longtemps, même avec Eden, alors avec un simple élève, c’est dire s’il ne comptait pas s’y attarder plus que nécessaire, même pour se jouer ainsi de l’élève en question, Cian aimant faire agacer les gens. Oui, certains adorent les faire rire, lui s’amusait autrement, que voulez-vous, ça n’est pas maintenant qu’on va le changer ! C’est pourquoi en entendant Leroy faire part de son désir d’arrêter de parler de leurs enfances respectives, Cian fit une grimace, comme s’il était déçu de ne pas pouvoir parler plus longtemps. Quel dommage que le jeune français soit autant sur la défensive lorsqu’il s’adressait à Cian, si méfiant, sans quoi, l’Irlandais aurait pu parler avec lui, tissant un lien de confiance, pour l’amener à revoir son avis sur les sangs-purs. Mais il y a fort à parier qu’alors, la situation aurait été jugée trop facile pour Cian, qui n’aurait alors pas prit autant de plaisir à tout faire pour amener Leroy à revenir à la raison. Et dès lors, Cian aurait abandonné, simplement parce que la facilité l’ennuyait à mourir, presque comme certains cours auxquels il avait dû assister lorsqu’il était élève à Poudlard...

« Loin de moi l’idée de ternir mon image de professeur respectable, tu le sais parfaitement », s’amusa à faire remarquer Cian, jouant sur son statut de mangemort travaillant à Poudlard, mangemort qui faisait tout pour qu’on l’apprécie, sans toutefois étouffer trop son caractère, afin de ne pas jouer un jeu trop faux et facile à comprendre ! « Et dire que je pensais que nous partagions un lien suffisant fort pour que l’on puisse se parler à cœur ouvert l’un à l’autre ! Quel dommage ! »

L’Irlandais soupira, faussement déçu. Même lorsque Leroy s’entendait bien avec Emmeran, Cian et lui n’avaient jamais été très proches, n’ayant jamais réellement parlé, sans nul doute parce que Cian passait beaucoup de temps avec Emmeran, et qu’il n’avait pas vraiment de temps à perdre avec un gamin. Ca n’était pas faute de ne pas le vouloir, ni même de le repousser, c’était tout simplement qu’il n’en avait jamais eu le temps, lorsqu’il voyait Emmeran chez lui, c’était toujours pour parler de ce qu’ils devaient accomplir pour le Lord. Sans oublier que Leroy ne paraissait pas porter le jeune mangemort vraiment dans son cœur, même à l’époque. Ce qui n’avait pas vraiment interpellé Cian sur le moment, étant donné qu’il avait mieux à faire. Cependant, aujourd’hui, il en venait presque à le regretter, car il ne savait vraiment rien du jeune homme, ce qui ne l’aidait pas vraiment à trouver un moyen « gentil » de le faire revenir à lui, même s’il refusait la facilité. Avoir une piste, c’est toujours utile... Non, là, il devait faire preuve d’imagination, multipliant les tentatives et les idées. L’avantage, toutefois, c’est que cela lui offrait une distraction, lui permettait de penser à autre chose qu’aux stupides copies qui l’attendaient, ainsi qu’aux élèves souvent idiots qu’il devait supporter dans sa salle de classe. Au moins, Leroy avait de la répartie, et de la suite dans les idées ! Il y a en effet fort à parier que bien peu d’élèves se seraient permit de demander à leur enseignant s’il avait été consulté un psy pour régler quelques problèmes liés à son enfance difficile ! C’est pourquoi Cian esquissa un sourire amusé, même s’il trouvait l’idée d’aller se confier à quelqu’un à propos de son passé complètement avilissant et humiliant. Le professeur d’études de runes estimait en effet que les soucis devaient être régler par la personne qui les avait, et non par quelqu’un d’extérieur. Et si on éprouvait le besoin d’en parler, autant le faire avec quelqu’un qui a pleinement gagner votre confiance, et non à un vulgaire inconnu que vous payez pour vous écouter, et vous lancer des sornettes de psy complètement tordues ! Cian faisait en effet partie de la catégorie de gens qui pensent qu’aller voir un psy est réservé aux fous. Sans oublier qu’il était persuadé que les psy parvenaient à quelques mots à retourner la tête à n’importe qui, comme des gourous... Hors, Cian détestait qu’on le manipule d’une quelconque façon que ça soit !

« Vois-tu, je n’ai que peu d’estime pour les psy, et confier tous mes soucis à un crétin qui estime déchiffrer les mystères de mon être rien qu’en me faisant parler, je trouve ça idiot ! Presque autant idiot que les gens qui seraient prêts à payer pour y aller ! », ajouta-t-il en grimaçant, montrant ainsi son mépris pour ceux qui étaient des habitués des divans de psy. « Concernant mon amitié avec ton père... Je trouverais ça particulièrement malsain de tenter de renouer avec mon père à travers celle-ci, pas toi ? », demanda-t-il en fronçant les sourcils, choqué par cette idée, même si, soyons honnête, c’était sans doute le cas, au fond de lui...

Concernant la partie dans laquelle Leroy mettait en doute la capacité de son père à prendre de bonnes décisions, Cian la passa volontairement sous silence, montrant ainsi clairement son manque d’envie à prendre parti. De surcroît, une partie de lui approuvait les propos de Leroy. Emmeran avait sans nul doute agit trop fortement avec son fils, et il risquerait de s’en mordre les doigts dans un futur proche. Hors, Cian n’avait pas vraiment envie de faire savoir à Leroy qu’il était d’accord avec ce qu’il venait de dire. D’une part, parce que ça serait remettre en question une décision relevant du domaine de la vie privée d’un de ses amis, et il n’aimait pas s’amuser à le faire. D’autre part parce qu’il craignait que le Serdaigle ne se mette en tête que Cian n’était pas honnête, qu’il ne parlait que dans le but de le manipuler. C’était pourtant bel et bien le cas, néanmoins, Cian préférait avancer de manière plus subtile, peu désireux de briser les maigres chances qu’il avait de convaincre Leroy de revenir sur sa décision d’aller de l’autre côté... C’est pour ces mêmes raisons qu’il n’ajouta rien à la remarque du français sur l’aspect irrévocablement brisé du lien l’unissant à Emmeran. Après tout, n’était-il pas mal placé pour lui mentir en lui disant que les liens du sang sont toujours les plus forts, et que tôt ou tard, les choses s’arrangent, que l’amour familiale triomphe toujours ? C’est pourquoi il se contenta d’un simple hochement de tête, qui lui échappa, n’ayant pu s’empêcher de se reconnaître en Leroy. Leurs histoires étaient certes différentes, mais au fond, on trouvait des schémas similaires : des rapports tendus avec le père, et une mère qui n’avait pas vraiment assurée son rôle de mère... Réalisant que son corps avait échappé au contrôle de son esprit, Cian n’en laissa toutefois rien paraître, feignant une fois de plus l’indifférence.

« Puisque parler de ça semble te mettre mal à l’aise, on va arrêter d’en parler, même si je pense qu’il serait bon pour toi de te confier sur ce sujet qui t’es vraisemblablement douloureux ! N’aies craintes, je ne me la jouerais pas psy pour prétendre t’expliquer le pourquoi du comment tu préfères telle couleur à telle autre ! », déclara-t-il, aimablement. « Ou si tu ne veux pas me parler, parles-en au moins à quelqu’un d’autre ! »

Il haussa négligemment les épaules, sachant qu’il avait peut-être laissé passer sa chance de gagner la confiance du jeune sorcier. Mais il pariait aussi sur le fait que lui avoir témoigné un peu de sympathie pourrait le faire remonter dans son estime, même si ça n’était qu’un peu, et de manière quasi-invisible tant l’effet avait été moindre : c’était toujours ça de prit ! A moins que ça n’ait eu que l’effet contraire... Tant pis, de toute manière, Cian savait qu’il était en terrain miné avec Leroy, celui-ci avait toujours tendance à se méfier de lui, et ce, quoiqu’il fasse ! L’Irlandais pourrait bien sauver une petite vieille d’un incendie sous ses yeux, Leroy serait capable de se demander s’il n’avait pas agit pour obtenir quelque chose en retour ! Qu’il était triste de cataloguer aussi rapidement les gens, simplement parce que l’on sait qu’ils ont rejoint tel ou tel groupe !

Etrangement, en voyant Leroy ici à une telle heure, Cian ne put s’empêcher de se demander s’il ne se cachait pas des sang-purs. Ceux-ci devaient grandement désapprouver l’attitude du jeune de Louvière ces derniers temps. Certains ne devaient d’ailleurs pas se gêner pour le brimer dès qu’ils le pouvaient, afin de bien lui faire sentir qu’ils ne l’appréciaient guère. Sans oublier les autres, ceux qu’il tentait de convaincre qu’il avait changés et qu’ils pouvaient lui faire confiance : eux aussi ne devaient pas être tendre avec lui. Cian voyait bien les regards que certains élèves posaient sur Leroy : honte, méfiance, mépris, doute... Même lorsqu’il donnait ses cours, Cian gardait toujours un œil sur ses élèves, pas forcément pas curiosité, même si c’était souvent utile pour déceler les liens qui les unissaient. On pouvait en apprendre beaucoup sur les êtres, si tant est qu’on se donne la peine de les observer avec minutie, et de savoir décrypter les mimiques que l’on faisait. Cian n’était certes pas un expert, mais il se débrouillait pas mal en général. C’est la raison pour laquelle il fut ouvertement surprit d’entendre le Serdaigle prétendre qu’il ne se cachait pas. Un sourire amusé remplaça sa surprise lorsque Leroy lui souligna que son comportement était normal, et commun à beaucoup d’autres personnes.

« Je me doute bien que tu ne vas pas te faire un malin plaisir de te cacher », déclara-t-il avec amusement, « car certains peuvent être assez fourbes pour t’atteindre de manière détournée... Toutefois, un peu de prudence est parfois utile », dit-il, songeur, se perdant quelques instants dans son passé d’Auror, où la prudence lui avait parfois sauvé la vie... « Mais bon, fais comme il te semble ! Sans oublier que tu dois aussi te méfier de tes nouveaux amis, qui doivent bien se méfier de toi ! Et concernant mon comportement... Sache qu’être comme le commun des mortels est complètement ennuyeux, se démarquer de la majorité est bien plus plaisant ! »

Se montrer docile pour ne pas faire de vagues, Cian en avait assez souffert durant ses jeunes années. Tâcher de se fondre dans la masse pour ne pas attirer sur soi l’attention plus que nécessaire, Cian connaissait, et il en avait assez. Faire ce qu’il voulait, pour suivre ses croyances et son instinct, c’était bien plus simple. Il avait prit sur lui pour se contrôler durant des années durant, pour n’obtenir qu’une chose au final : être rejeter des autres, sa famille et Eden. Certains étaient destinés à être entourer en permanence, lui devait visiblement ne pas l’être... Il s’y était fait !

Lorsque Leroy lui demanda s’il trouvait reposant que l’on puisse agir normalement, Cian poussa un soupir pour toute réponse. A vrai dire, il ne reprit la parole que suite à la remarque de Leroy sur son habitude à parler des sang-impurs.

« Je ne fais qu’énoncer une vérité : dans notre monde de sorciers, ce sont des sang-impurs, qu’on le veuille ou non. Dire le contraire serait mentir ! Je peux les désigner comme étant des sang-mêlés, si tru préfères ! »

L’Irlandais se mit à faire quelques pas, en souriant. Pour certains, évoquer les sang-impurs en ces termes étaient une insulte, pour lui, c’était simplement la réalité. Il ne collait pas d’image négative derrière ce terme, l’employant à défaut de meilleur mot. Si certains en étaient alors vexés, c’était dommage pour eux... La paranoïa de Leroy fut ensuite abordée, Cian trouvant amusant de sentir Leroy sur ses gardes. Mais il trouva encore plus amusant la remarque du jeune sorcier...

« Ton raisonnement se tient, je dois dire ! », déclara-t-il avec sérieux, même si une pointe de regret se trouvait au fond de lui : si Leroy avait vraiment conscience de la noirceur qui hantait Cian, il serait sans doute moins calme... « Mais je suis vexé : à t’entendre, je suis le Mal incarné ! »

A cette perspective, il fit une petite moue, songeur. Le Mal Incarné. Ca devait être sympa, comme rôle ! Mais un peu trop fatiguant à la longue : faire le mal, mine de rien, ça demande d’avoir de tonnes d’idées, et c’est pas toujours évident... Si on se contente de répéter la même stratégie pour faire le mal, ça manque cruellement d’originalité ! Non, Cian savait qu’il n’était pas un bon samaritain, mais il n’était pas non plus la personne ayant le moins de cœur au monde.... Même si ça aussi, ça devait être cool ! Alors qu’il était perdu dans ses pensées, il entendit un petit bruit, comme un râle, une plainte. Arquant un sourcil, il tourna la tête en direction du bruit, pour voir un fantôme faire son apparition quelques secondes plus tard, en gémissant, avant de disparaître, traversant le mur. Il semblait tellement perdu dans ses pensées lugubre qu’il n’avait même pas remarqué les deux sorciers !

« Tu vois, Leroy, nous ne sommes pas les seuls à errer dans ce château, si tard... Et lui aussi », fit-il en se tournant à nouveau pour faire face à son interlocuteur, « tu crois qu’il rôde en quête de faire régner le mal à Poudlard ? »

Il désirait en effet grandement savoir où la paranoïa du Serdaigle s’arrêtait : pensait-il aussi que les fantômes étaient des être infâmes et dangereux ? Ou cela n’était réserver qu’aux Mangemorts ?
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MessageSujet: Re: Face à face nocturne dans les couloirs [PV Cian] Mer 9 Jan - 21:23

Il ne fait aucun doute que certains mangemorts auraient refusés de servir d’espion comme Cian le faisait. Etre ainsi, en immersion permanente, avec des ennemis, n’était pas facile. L’impression d’être toujours sur un fil, de devoir porter un masque en permanence, n’était pas chose aisée. C’était souvent déstabilisant, troublant même. L’impression de ne plus savoir qui on est, de ne plus être en mesure d’être soi-même a de quoi faire perdre le pied à beaucoup de monde. Mais Cian n’avait pas eu de doutes lorsque le Seigneur des Ténèbres lui avait proposé d’être son espion à Poudlard. Cela était sans doute aidé par le fait qu’il y avait déjà sa place, y travaillant depuis quelques temps. Mais Cian savait que ça n’expliquait pas : ça avait pimenté sa vie, lui donnant à nouveau l’impression d’être... utile... Et sans arrêt sur le qui-vive. Le stress et les situations de ce style, il y avait été habitué en tant qu’auror. Aussi parvenait-il à garder son calme, quoi qu’il advienne. Son masque était toujours en place. Il faut pourtant avouer qu’avec l’arrivée du jeune De Louvière dans l’enceinte de Poudlard, Cian avait craint que celui-ci ne le dénonce. Au vu de la relation que le jeune sorcier entretenait avec son père, Cian n’en aurait guère été surpris... Et non, étrangement, il n’avait rien dit. L’irlandais ne savait d’ailleurs pas pourquoi il gardait ce secret, se doutant toutefois qu’il allait sans doute essayer de s’en servir pour tirer avantage de la situation. Inutile de dire que Cian trouvait cela fort amusant. Cependant, ça n’était pas parce que Leroy était jeune que Cian avait l’intention de le sous-estimer, loin de là même ! Kylian, le demi-frère de l’Irlandais, avait fait l’erreur de sous-estimer Cian lorsqu’ils étaient tous deux à Poudlard. Sans doute s’attendait-il à avoir forcément l’avantage, du fait d’être le plus vieux des deux. Et Cian lui avait bien fait regretter cette stupide idée... L’avantage de cette situation était qu’elle avait également servi de leçon à Cian, qui prenait à présent au sérieux toutes personnes qui pouvaient s’avérer être ses ennemis. Aussi esquissa-t-il un sourire amusé en entendant Leroy évoqué le fait qu’il soit dommage que l’on découvre son véritable visage un beau jour...

« Ah bon, parce que tu penses que cela va se produire un jour. Voyons, Leroy, tu dois bien te douter que je ne fais jamais d’erreurs lorsque je suis en mission. Etre minutieux, c’est une qualité appréciée par les Aurors, vois-tu ! J’ai entendu certains de mes collègues murmurer que tu songeais à devenir Auror, tu devrais donc connaître les qualités requises pour l’emploi ! »

Cela avait été une manière comme une autre de tester la réaction de Leroy, sur la probabilité que l'on ne vienne à faire éclater la vérité à son sujet. La seule personne qui en soit réellement capable était le français, aussi le Mangemort voulait savoir s'il en était vraiment capable ! Une petite once de fierté avait été audible lorsqu’il avait évoqué son côté minutieux, qui lui avait permis de réussir toutes ses missions en tant qu’Auror. C’est d’ailleurs grâce à cela qu’il avait réussi à grimper les échelons avec une aisance presque déconcertante pour certains autres Aurors, plus vieux que lui. C’est ainsi qu’il avait réussi à se faire un nom dans l’univers des Aurors, ce qui, bien entendu, avait grandement flatté son égo. Cian, en dépit de son changement radical de carrière, avait conservé les qualités nécessaires de son ancien emploi. Ce qui avait sans nul doute aidé le Lord à vouloir qu’il rejoigne ses rangs de fidèles serviteurs... Cian était donc bien trop prudent pour que son masque glisse un beau jour, même légèrement. L’irlandais était suffisamment bon acteur pour tromper son monde, ayant développé ses dons d’acteur durant son enfance, lorsqu’il se jouait de ses grands-parents. Il avait même réussit à duper ses supérieurs, après avoir tué son père. Nul n’avait su qu’il l’avait en fait tué, et pourtant, en face de lui, il y avait tout de même eu les meilleurs Aurors qui soient, qui s’étaient penchés sur cette histoire. Son dossier avait été épluché avec attention, et il avait subi un long interrogatoire. Et rien n’avait réussi à faire perdre le sang-froid de Cian... Alors, une telle phrase lancée par Leroy n’allait pas le déstabiliser, au contraire même, cela l’amusait. C’est ainsi qu’il en avait profité pour mentionner la rumeur qui circulait chez certains enseignants, le jeune sorcier ayant sans doute parlé de son avenir avec l’un d’eux, à moins qu’ils ne l’aient compris au vue des bonnes notes qu’il avait dans les cours essentiels pour intégrer la formation d’Aurors.

Entendre Leroy approuver ce qu’il venait de dire sur les psys engendra un léger sourire chez le Mangemort, à croire qu’il s’amusait de voir qu’en dépit de la situation, il pouvait trouver un sujet où ils partageaient la même opinion. Cian préférait voir cela comme un signe qu’il pouvait le faire revenir à la raison. Sans oublier le fait que le Serdaigle ait gardé son secret pour lui, et qu’il acceptait de lui parler. Après tout, il aurait très bien pu lui faire savoir que lui faire la conversation était inutile : il l’avait pris en faute, autant le punir dès maintenant au lieu de faire comme s’ils étaient proches. L’optimiste n’était pas une qualité essentielle chez Cian, bien au contraire, mais lorsqu’il s’agissait de son travail, il y parvenait. Et là, Leroy faisait clairement parti de son boulot. Emmeran serait heureux si son petit protégé parvenait à lui ramener son fils. Même si le retour à la maison ne serait pas sans séquelles pour le jeune français... Mais Cian préférait ne pas y penser, ça n’était pas ses affaires, il n’avait pas à s’occuper de ce qui se passait dans la maison de ses proches, une fois la porte d’entrée refermée derrière eux... Etrange de voir que c’était l’une de choses que Cian avait reproché aux voisins de son père, lorsqu’il était encore Auror. A l’époque, sa mère allait en effet souvent lui rendre visite, désespérément persuadée qu’ils étaient destinés l’un à l’autre. Et ses visites se terminaient bien souvent par une dispute, qui mettait l’homme hors de lui, tant et si bien qu’il en venait à lancer des sorts sur la sorcière, l’envoyant ainsi bien souvent à Ste Mangouste. A chaque fois que cela se produisait, Cian se rendait alors en furie chez son géniteur, pour lui faire savoir ce qu’il pensait de son attitude. Cian était certes violent, mais il ne tolérait pas pour autant qu’on s’en prenne à quelqu’un juste sous le coup de la colère, alors que l’autre n’a montré aucune animosité, de quelque nature que ce soit... Et encore moins lorsqu’il s’agit d’une femme... Encore plus lorsqu’elle n’avait fait preuve d’aucune animosité, car Cian avait parfois été obligé d’attaquer des femmes, à cause de son emploi d’Auror. Mais c’était pour mettre des criminels sous les verrous, et non juste pour calmer sa colère sur elle...

C’est sans doute la raison pour laquelle il grimaça en entendant Leroy parler de son père, et la relation malsaine qui les avait unit. Il était clair que Leroy n’avait pas conscience de la nature réelle des rapports que Cian avait eu avec son père. L’irlandais n’en parlait que rarement, et les conséquences désastreuses qu’avaient eu cet amour à sens unique de sa mère n’étaient connus que d’une très petite minorité. Les McCawley avaient pris un soin quasi-obsessionnel à cacher la triste réalité, usant souvent de leur richesse pour acheter le silence des personnes trop bavardes qui en étaient venues à découvrir cette vérité. Sans doute avaient-ils honte de l’état dans lequel était tombée leur fille, qui avait été leur fierté, et qui, en tombant enceinte hors mariage, avait été leur honte... Entendre que la relation de Cian avec son père ait été mise sur un pied d’égalité avec celle qui l’unissait avec Emmeran était assez drôle pour Cian. Son mentor avait tout son respect, ce que n’a jamais réussi à avoir Adrian. Et contrairement à ce que son statut de Mangemort peut laisser à penser, Cian n’a tué volontairement qu’une personne, son père. Au cours de ses missions en tant qu’Auror, il avait ôter la vie à des gens, mais ça avait toujours été par légitime défense, parce qu’il n’avait rien d’autre pour sauver sa propre vie. Certes, Cian se savait capable de tuer quelqu’un, de sang-froid, comme il l’avait fait avec Adrian, si, par exemple, sa couverture venait à être mise à mal, ou si le Lord le lui ordonnait. Mais pas juste pour le plaisir de tuer quelqu’un... Cian avait conscience de paraître un peu paradoxale, vu ainsi, mais il n’y pouvait rien... Tout cela pour en venir au fait suivant : il se voyait mal vouloir la mort de Mr De Louvière ! Après, il savait qu’on est jamais à l’abri d’une surprise, mais tuer ses amis n’était pas dans habitudes...

Pour l’heure, Cian ne chercha pas à comprendre ce que pouvait bien savoir Leroy, sur les circonstances de la mort de son père. Il faut dire aussi qu’il n’y avait que trois personnes au courant de la vérité : lui, Emmeran & Eden. Pour les autres, Cian n’avait agi ainsi que par légitime défense, parce que la visite chez Adrian s’était mal passée. L’irlandais avait pris tellement de précaution pour conserver ce secret qu’il ne pouvait envisager la probabilité qu’une autre personne soit au courant. Eden ne pouvait l’avoir trahi, même si elle avait été déçue par Cian, elle ne ferait jamais cela. Et Emmeran avait la confiance du professeur. Il était donc à mille lieux de s’imaginer que Leroy avait surpris ses aveux. C’est ainsi qu’il ne releva pas une quelconque mise en garde à ce propos... Du moins, pour cette fois, si jamais Leroy venait à reparler de cela, Cian se poserait sans doute des questions, il était certes sûr de lui, et de sa capacité à garder cet événement secret, mais pas stupide... De plus, il était un peu parano, de par son statut d’espion...

« C’est la raison pour laquelle je n’irai jamais voir de psy. Ne sais-tu donc pas qu’il est imprudent de confier tous ses secrets à une même personne ? Autant lui donner ta baguette et la supplier de t’achever ! Et pour que ma relation avec ton père se termine comme avec le mien, il faudrait encore que je reprenne mon ancien poste, que j’enquête sur ton père, et qu’au cours de la visite à son domicile, la situation dérive fortement... Alors, pas d’inquiétude, je ne te priverai pas de ton père ! »

Il avait énoncé cela comme s’il venait de donner un cadeau de Noël à Leroy, un précieux cadeau. Le sujet devenant visiblement sensible pour Leroy, Cian lui fit savoir qu’ils pouvaient passer à autre chose. En réponse au sourire du jeune sorcier, le regard de l’irlandais pétilla de malice, la malice se fit plus forte en entendant la vigueur avec laquelle il lui répondit. Le point sensible était toujours là, quoi que Leroy dise. On peut fanfaronner tant que l’on veut en prétendant ne plus être souffrant des séquelles de son passé, mais la blessure est toujours là, plus ou moins ouverte. Cian le savait d’expérience, il prétendait que sa mère ne lui manquait pas, mais il n’en était rien, il était profondément attaché à elle, même si elle était d’une stupidité qui n’avait de cesse de le mettre hors de lui. Parfois, Cian en venait à regretter de n’avoir personne à ses côtés, personne pour l’écouter. Autrefois, il avait eu Eden, à qui il avait fait l’erreur de se confier, plus qu’il ne l’avait jamais fait avec quiconque. A présent, ça lui avait servi de leçon. Même si ça lui manquait. Ca ne se voyait peut-être pas à première vue, mais la solitude lui pesait bien souvent. Non pas qu’il ait particulièrement envie de parler, plutôt qu’il avait le regret de n’avoir personne qui lui proposait une oreille attentive, même s’il n’en profiterait sans doute pas.

« Tu sais, parler, c’est parfois bien, ça soulage », dit-il, les yeux dans le vague de sa morne solitude qui se refermait de plus en plus autour de lui. « Surtout de sujets aussi... Sensibles que ça... C’est peut-être un truc de bonnes femmes, mais ça aide à éviter de perdre pied, dirais-je ! »

Fronçant les sourcils, Cian se ressaisit. Sans doute était-il vraiment temps pour lui d’arrêter de parler de la sorte, il risquait de faire partir le français, qui allait vraiment prendre peur, à croire qu’il tenait vraiment à le faire parler. Ca n’était pas son but premier, il voulait juste essayer de gagner sa confiance, de le faire douter. Et il y était visiblement parvenu, il avait décelé l’incertitude dans son regard, même si ça avait été bref, le français avait semblé dérouté. Il ne fallait pas trop en faire, toutefois, Cian le savait.

Lorsque Cian mit en garde Leroy, lui soulignant la nécessité de se montrer prudent, celui-ci lui fit savoir qu’il le savait pertinemment. Un hochement de tête fut la seule réponse de l’irlandais. Il ne savait que trop bien que Leroy ne devait pas faire partie de la catégorie de personne à se croire stupide à l’abri du danger. Il n’avait pas eu n’importe qui comme père, après tout, quel qu’aient été les torts de ce dernier, par ailleurs...

« Tu sais, tout a déjà été fait, donc, quoi que je puisse faire, il y a de très fortes chances pour que ça ait déjà été fait... Alors je dirai simplement que je me démarque en vivant ma vie comme je l’entends ! », déclara-t-il avant de marquer un léger temps de silence, qu’il interrompit en ajoutant : « Un peu comme toi, en somme ! »

Il jeta un regard malicieux à Leroy, content de lui faire ainsi savoir que l’ombre de son père qu’il fuyait le suivrait toujours, quoi qu’il fasse. Ca n’était pas tant dans le sens d’une menace, qu’il le lui disait, juste un rappel des choses. Leroy se méfiait de lui pour ce qu’il était, alors qu’il avait juste choisi de vivre sa vie comme il le voulait, et non comme on le voulait pour lui. Comme Leroy. Et oui, tout était bon pour tâcher de lui faire comprendre qu’ils avaient des points en communs, même s’il ne sous-entendait pas qu’il allait finir serviteur du Lord lui aussi...

« Je trouve également », avoua-t-il au sujet de la pureté du sang et de la soi-disant supériorité qui en découlait. Combien de fois avait-il été traité comme un moins que rien à causes de son statut de fils née hors mariage ? Ca n’était sans doute pas comparable aux remarques que les sang-mêlés devaient subir, mais ça lui permettait toutefois de les comprendre. Et de savoir que le sang ne faisait pas les valeurs d’une personne... « Mais je crois que la plupart des sorciers sont trop fiers d’eux pour s’en aperçevoir. Nous sommes trop traditionnalistes, que veux-tu ? »

Ca n’était en effet pas parce qu’il était plus compréhensif que certains de ses amis que Cian était prêt à être réellement proche d’un sang-mêlé. Mais il n’était pas prêt, plus, plutôt, d’être proche de quiconque, donc...

Cian changea sa jambe d’appui pour éviter la douleur qui allait s’en suivre immanquablement, alors qu’ils parlaient du Mal. Sous les « encouragements » du jeune homme, Cian esquissa un léger salut, tel un acteur à la fin d’une représentation de théâtre. Ca n’était pas réellement dans les projets de Cian de faire régner le mal autour de lui, non, il voulait juste se sentir libre. Et sa liberté passait par la possibilité de ne pas étouffer la créature qui vivait en lui, qu’il n’avait que trop bridé...

« Oh, mais je ne pense pas être en mesure de le surpasser, tu vois ! »

Il haussa les épaules, comme si ça ne lui faisait rien. Ce qui était le cas. Il ne voulait être que lui, et non meilleur que quiconque. Et encore moins supérieur à une personne capable de malmener son fils, l’être qu’il avait reconnu comme partageant son sang, et qu’il avait élevé. Cian ne savait pas s’il serait père un jour, mais il se voyait mal agir comme Emmeran envers Leroy, quelle que soit l’attitude de son enfant. Avoir souffert à cause de son père aide sans doute à savoir la direction que l’on ne veut jamais prendre, sous aucun prétexte... Bien entendu, cette franchise, Cian se la permettait, se disant que ça pourrait lui être utile pour donner envie à Leroy de baisser les armes face à lui. Gagner comme il le pouvait des points, voilà ce qu’il tâchait de faire pour l’heure. C’était un long travail, mais Cian était suffisamment patient pour cela. En même temps, il n’avait que ça à faire : il n’avait pas trop de mal à faire le programme pour ses cours (les runes ayant toujours été une matière dans laquelle il excellait), et les devoirs étant corrigés rapidement. Ce qui l’occupait réellement était accomplir sa mission pour le Lord. Et si parmi les Serpentards, les candidats pour rejoindre les fidèles au Mage Noir étaient nombreux, c’était pourtant ceux qui l’amusait le moins, car trop facile à convaincre. Non, ceux qui étaient le plus intéressant à « détourner » étaient les personnes qui s’y refusaient, ou qui, de prime abord, ne semblaient pas intéressées. Ses « victimes » préférées étaient donc Leroy et Dray, tous deux représentaient un défi, car auréolés de trop d’inconnus pour que Cian sache s’il allait réussir ou non.

L’interlude du fantôme fut l’occasion de voir si Leroy voyait le mal partout. Sa réponse le fit sourire. Imaginer qu’un fantôme puisse être blessé était assez drôle. Cian n’avait jamais eu beaucoup d’estime pour les fantômes, resté en « vie » sous une telle forme était tout simplement pathétique. Quel intérêt, de plus ? La vie en tant qu’humain était chiante (car compliquée), alors en tant que fantôme, ça devait être l’Enfer, tant ils ne peuvent pas faire grand-chose !

« Oh, non, je te rassure, je sais juste que le monde ne se définit pas par deux couleurs. L’idée même qu’il puisse être noir et blanc seulement est risible, je trouve. Ce fantôme, comme tu le dis, ne serait sans doute pas vexé d’entendre ce que j’ai dis à son sujet. Il a remarqué que le monde était plutôt... Gris... »

Et voilà qu’il parlait de philo, maintenant, de mieux en mieux.... L’enseignant fit quelques pas, plus pour se dégourdir que pour fuir cette conversation, qui, en dépit de la tournure étrange et sérieuse qu’elle prenait, l’amusait beaucoup. Ca lui permettait, mine de rien, d’en apprendre plus sur son élève. Il s’arrêta devant une statue qu’il fixa sans réel intérêt, bien plus concentré qu'il ne le paraissait sur son interlocuteur.
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MessageSujet: Re: Face à face nocturne dans les couloirs [PV Cian] Jeu 17 Jan - 0:36

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MessageSujet: Re: Face à face nocturne dans les couloirs [PV Cian] Mer 6 Mar - 22:35

Qu’il était drôle de laisser à croire que quelqu’un disposait de votre avenir, de votre vie même, entre ses mains. Qu’une simple parole de sa part pouvait amener à tout basculer, à tout faire voler en éclats. Ainsi, l’adversaire avait la stupide illusion d’avoir un coup d’avance sur vous. Alors qu’il n’en était rien. Mais lui laisser penser cela était très agréable, sans oublier que ça l’incitait à faire des erreurs. Lorsque l’on croit qu’on a toutes les cartes en main pour prendre le dessus sur l’autre, on est plus à même de faire des erreurs, d’agir dans la précipitation. Cian le savait. Et même s’il n’en donnait pas l’air, à le voir si nonchalant, il n’était pas imprudent, et désemparé. Bien au contraire. Sinon, comment aurait-il réussit à faire parti des aurors les plus brillants qui soit ? Comment aurait-il pu rester professeur à Poudlard, alors que sa loyauté n’appartenait qu’à une personne : le Lord ? L’irlandais savait garder ses secrets pour lui, et éviter que la situation ne tourne franchement en sa défaveur. Dans la mesure du possible, il essayait d’avoir toujours des coups en réserve, au cas où. Cependant, aimant faire croire à l’autre qu’il pouvait potentiellement se trouver acculé, il haussa les épaules en entendant son élève évoquer la probabilité qu’il aille dire tout ce qu’il savait à son sujet à Dumbledore. Au lieu d’avoir l’air paniqué, il affichait un calme olympien, presque dérangeant, de surcroît.

« Fais comme il te plaira, très cher. », dit-il alors doucement, ne pouvant pas s’empêcher de se demander si Dumbledore prêterait foi aux propos du jeune français, ou si, au contraire, il pourrait être berner par les mots de Cian. L’enseignant pouvait se montrer convaincant lorsqu’il le devait, et ne manquait pas d’imagination pour cela. Il avait appris, par son grand-père maternel, l’art d’être un bon orateur. N’oublions pas que dans son village natal, les McCawley tenaient une position importante dans la politique, depuis des décennies. Les mots n’arrangeaient pas tout, mais si on savait les mettre bout à bout soigneusement, comme s’il s’agissait de perles délicates que l’on enfile pour en faire un beau collier, on pouvait aisément s’en sortir. Il suffisait juste d’ajuster précautionneusement son discours, en fonction de son public. Et sous ses airs d’ours grognon, Cian se débrouillait vraiment bien. « Le bien... Voyons, le monde n’est pas diviser en deux, avec d’un côté, les gentils, et de l’autre, les méchants... Crois-tu réellement que c’est bien d’enfermer des gens à Azkaban ? De les condamner à vivre, ou plutôt survivre tant bien que mal, dans une telle atmosphère ? Que sommes-nous pour juger qui mérite un tel châtiment ? Nous ne sommes pas des dieux, n’est-ce pas ? Le monde est pourrit, et il craint... Faut faire avec, c’est tout. Même les aurors ne sont pas aussi parfaits que tu te plais à le croire ! », ajouta alors Cian, avec un léger sourire en coin. « Je pourrai te raconter pas mal d’histoires peur reluisantes sur certains aurors que tu admirerais en temps normal ! Ca te montrerait que la notion de bien n’est justement qu’une notion pour beaucoup, et qu’elle varie, d’une personne à une autre... » Sur ce, il se tût, préférant ne pas s’étaler plus en détail sur ce qu’il avait vu ou entendu venant de certains de ses collègues. Au lieu de cela, il préféra regarder avec attention une fissure du vieux mur, comme s’il contenait toutes les vérités sur le monde. Il trouvait ça particulièrement drôle que l’on puisse croire qu’il existait encore des personnes pour qui les valeurs du bien et du mal étaient vraiment séparés, sans empiéter le territoire de l’autre à un moment où à un autre ! Les aurors étaient souvent considérés comme des héros, alors que pour certains, ce sentiment leur avait complètement tourné la tête, leur faisant perdre pied, et attraper des chevilles immenses, les rendant exécrables ; à force d’être considérés comme l’élite... Cependant, le plus ironique dans l’histoire, c’était que les valeurs énoncés par Leroy, Cian les avait eu, à une époque, aussi étonnant que cela puisse paraître, lorsqu’on sait comment il a tourné par la suite. Mais pour être honnête, il ne savait pas où il les avait perdu en cours de route, à quel moment précis. S’il n’avait pas réagit par rapport à la morale, c’était parce qu’il n’avait aucun problème de ce côté-là, de son point de vue, du moins. Il faisait ce en quoi il croyait : défendre la cause des sorciers, trouvant justement immorale qu’ils soient contraints de se cacher aux yeux des moldus. Eux aussi avaient le droit à la liberté, non ? Même si, pour être honnête, Cian ne savait même pas comment il réagirait si un jour les sorciers venaient à être libre d’utiliser leur pouvoir en pleine rue, sans craindre de trahir un quelconque secret qu’il trouvait stupide, estimant qu’il faisait croire qu’un sorcier devait avoir honte de sa nature de sorcier... Contrairement à bons nombres de sang-purs, il avait douloureusement conscience qu’ils avaient besoin des moldus pour survire, s’ils ne voulaient pas finir tous complètement stupides... Non seulement, faire disparaître le secret permettrait aux sorciers d’asseoir leur supériorité sur les moldus, mais permettrait de les voir au courant de ce qui existait, non loin d’eux....

Secouant la tête, Cian dissipa ses pensées pour songer à nouveau à la moralité. On l’avait souvent taxé d’être bizarre, au vu de ses idées un peu étrange sur les sang-mêlés et né-moldus. Mais lui assumait, même si, s’il devait choisir entre un sang-pur et un sang-impur, il trancherait rapidement pour le sang-pur... Et, après tout, il avait été élevé pour être le plus intelligent possible, de ce fait, il estimait tout à fait logique d’être en mesure d’apprécier l’intelligence, peu importe qui en était dotée... Mais bien évidemment, il n’allait pas en parler à n’importe qui, pour le remarquer, il fallait l’observer, l’enseignant étant trop prudent pour s’ouvrir réellement à quiconque, comme il l’avait dit à Leroy. Estimant que tout avait été dit à ce sujet, il n’ajouta rien de plus, préférant se concentrer sur ce que son élève avait ajouté par la suite, non sans ironie.

« Sache que j’ai déjà réussis pas mal d’enquêtes, et que redevenir auror ne me dit vraiment rien pour l’instant », admit-il, songeant immanquablement à une certaine rouquine. Il n’avait clairement pas la force de retravailler un jour avec une certaine rouquine qui était loin, mais très loin, de le laisser indifférent... Sans oublier qu’il estimait que pour risquer sa vie, ainsi, jour après jour, en tant qu’auror, il fallait vraiment croire en ce qu’il accomplissait. Et, pour l’heure, il n’y croyait plus vraiment, étant bien trop envahit par les ténèbres qui l’assaillaient depuis des années... Mais, allez savoir, il pouvait sans doute en sortir, si on lui montrait le chemin (et par « on », nous avons tous conscience que seule Eden pouvait réaliser ce miracle...) « Concernant ton père, je n’en attendais pas moins, le contraire aurait été surprenant... Et stupide de ta part, à vrai dire ! ». Cela pouvait sembler cruel de le déclarer d’une voix si froide, mais c’était plutôt un compliment pour Cian. Il ne savait que trop bien à quel point cela été difficile de se détacher de quelqu’un que l’on appréciait, même si on savait qu’il s’agissait d’une personne qui pouvait s’avérer néfaste pour soi ! Et quand bien même on en avait conscience, il n’était pas aisé de couper réellement les ponts avec l’autre, il y avait toujours quelque chose, qui, au final, finissait par nous y ramener, que ce soit en pensées, ou en action.... Cian ne l’avait que trop constater avec son père, il avait beau l’avoir repoussé tout au cours de sa vie, il n’avait pu empêcher ses pensées d’aller s’égarer à ses côtés, se demandant tantôt ce qu’il avait bien pu faire pour mériter qu’il le déteste autant, lorsqu’il était enfin, pour finalement se dire avec vigueur qu’il était mieux sans un lâche et un crétin comme lui ! Il traversait la même chose en ce moment avec sa mère, qui ne voulait plus lui parler depuis que Mc Fitzpatrick était mort... Cian avait passé toute sa vie à adorer sa mère, et à la mépriser dans le même temps. L’adorer parce qu’elle était sa mère, et qu’elle avait toujours tout fait pour lui, mais la mépriser aussi parce qu’elle n’avait eu de cesse de voir en lui le fantôme de l’homme qu’elle aimait, et qu’elle avait passé sa vie à se bercer d’illusions concernant le père de Cian, et un quelconque avenir possible avec lui ! Et c’était sans doute pour éviter de finir comme elle que Cian avait préféré couper les ponts avec Eden, peu désireux de maintenir un quelconque contact avec elle, qui ne serait que trop douloureux pour lui, et qui ne manquerait pas de raviver en lui le désir de la reconquérir. Désir qui, il le savait, était toujours tapi, en lui. Il ne l’avait que trop remarqué, lorsqu’il mettait un terme à ses brèves relations, parce qu’aucune des femmes qui passaient dans son lit n’avaient la prestance de la rouquine, ni même un éclat similaire dans son sourire, et encore moins son côté mordant et doux à la fois...

Tâchant de se rapprocher de Leroy, Cian souligna l’importance de se confier, le pensant réellement, ayant l’impression de se retrouver chez le français. Ils avaient des fêlures semblables, ce qui lui faisait croire que, s’ils prenaient la peine de se parler afin de se connaître mieux, ils pourraient s’entendre, vraiment. Et c’était sur ça que Cian pariait, pour essayer de ramener Leroy là où était sa place : parmi les mangemorts. Le français semblait indubitablement prometteur, aussi l’enseignant était prêt à tout pour le faire changer d’avis sur les sang-pur traditionnalistes. Même à l’amener à haïr définitivement Emmeran, s’il le fallait. Car de toute façon, seul le résultat comptait ! C’est d’ailleurs pour ça qu’il lâcha un petit sourire en entendant Leroy prétendre qu’ils étaient différents. Ils avaient peut-être des parcours différents pour l’heure, mais rien n’était encore terminés. A l’âge de Leroy, nul n’aurait pu dire que Cian allait finir mangemort. Ni même qu’il aurait le sang de son père sur les mains. Mais c’était le cas. Et, après y avoir longuement réfléchit, l’irlandais avait réalisé que sa vie l’y avait menée, l’avait modelé pour arriver à ça, les événements s’étaient enchaînés, accumulant en lui une rage qui n’avait qu’un choix : sortir. Elle aurait pu sortir de 3 façons différentes : le pousser à tuer son père comme il l’avait fait, l’amener à la contenir au risque d’en devenir fou et incontrôlable, ou alors le pousser au suicide. De ces trois voies, il avait rapidement fait son choix, et était à présent tellement avancé dans le chemin choisit qu’il doutait qu’il puisse avoir un quelconque retour en arrière possible pour lui. Et, à vrai dire, pour cela, encore fallait-il qu’il désire un retour en arrière....

« Tu peux te dire ça si ça te rassure, mais... Crois-moi, à ton âge, j’étais comme toi, et j’étais loin de me douter de la direction qu’allait prendre ma vie... », déclara-t-il avec un petit sourire désabusé.

En fait, il était convaincu que s’il avait autant de mal à savoir comment s’y prendre réellement avec Leroy, à savoir quelle stratégie adoptée pour l’amener à rallier les rangs du Lord, c’était du fait des ressemblances entre eux. Certes, ils n’étaient pas des clones parfaits, mais avaient quelques similitudes déroutantes, qui faisaient que l’irlandais avait l’impression de se retrouver chez Leroy, autant qu’il avait l’impression d’y voir un parfait inconnu. Sentiment étrange qu’il ne saurait décrire réellement, à vrai dire. Même la manière de percevoir leurs comparses au sang-pur était semblables !

« C’est pour cela qu’il serait bon de les inciter au changement. Cesser de se cacher des moldus. Accepter que sans eux, nous sommes voués à disparaître. Ou a devenir tous plus abrutis les uns que les autres. Et essayer de prôner les valeurs de l’esprit et du mérite, plutôt que celle du sang ! »

Etrange, Cian venait d’expliquer, en quelques mots, ses opinions en tant que sang-pur. Etrange, pour la simple et bonne raison qu’il le faisait rarement, du moins, ouvertement. Tentative pour lui de se faire bien voir de Leroy ? Bien évidement, même s’il l’avait dit le plus naturellement possible, comme s’il était en train de converser avec une personne de confiance, voire même avec un égal. Car oui, Cian estimait qu’il devait montrer à Leroy que, bien qu’il était prof, et lui élève, il avait de l’estime pour lui, et pouvait parler avec d’adulte à adulte. Toujours dans un désir de se rapprocher de Leroy, pour parvenir à le manipuler au final. Et oui, même s’il n’en avait pas l’air, étant vraisemblablement plongé dans une banale conversation, Cian ne perdait pas de vue son objectif. En fait, il ne le perdait jamais, même quand il faisait cours, et tâchait d’évaluer quels élèves pourraient être utiles au Seigneur des Ténèbres !

Entendant qu’il avait encore des efforts à faire pour égaler Emmeran, dans son aspect « maléfique ». Cian paru ouvertement soulagé de savoir qu’il était en mesure de l’égaler, s’il se donnait du mal (sans mauvais jeu de mots ! XD). Alors qu’en réalité, il n’en avait que faire. Il n’avait pas dans l’intention d’imiter qui que ce soit. Se contenter d’être soi-même, c’était déjà tout un boulot ! Et, n’être qu’une pâle copie de quelqu’un, c’était pas vraiment flatteur. Aussi Cian s’en moqua-t-il, sachant très bien que s’il voulait être cruel et sadique, il pouvait l’être, sans conteste... Dans son genre... Et ça lui convenait parfaitement !

« Je t’appellerai le jour où j’ai réussit à égaler ton cher père, alors ! Tu pourras juger de toi-même de mes progrès ! »

Sa petite phrase avait été prononcée avec une once d’ironie. La conversation continua, alors que le professeur fit quelques pas, pour se dégourdir les jambes. Etant donné que le sujet se faisait de plus en plus sérieux, il aurait trouvé ça dommage d’y mettre un terme maintenant. Essayer de troubler Leroy en conversant avec lui de la sorte était plutôt agréable. Même s’il n’oubliait pas qu’en tant que professeur, il ne pourrait pas le laisser partir sans le punir pour s’être balader en pleine nuit dans les couloirs du château. Mais, pour l’heure, autant ne pas songer dès maintenant aux sujets de conversation désagréables !

« Je n’aurai pas mieux dis ! Et, quoi que tu penses de moi, c’est ce que je tente d’inculquer aux autres, en leur faisant part de mon point de vue sur les sang-purs dont je t’ai fais part tout à l’heure ! », fit-il tout en marchant, avant de s’adosser contre le mur en face de son élève. « Et c’est aussi ce que tu tentes de faire, en te rebellant. », ajouta-t-il, non sans sourire, l’air de dire Tu vois, on est pareils !. L’irlandais devait l’admettre : pour l’instant, il était plutôt content de la soirée, lentement, en parlant avec Leroy, il sentait qu’il pouvait l’amener à douter de ce qu’il pensait de lui, et par la suite, de ce qu’il pensait des idéaux du Lord... Comme dirait un célèbre écrivain moldu : « Tout vient à point à qui sait attendre ! ». C’était bien ce que comptait faire Cian, opérer doucement. Volontairement, Cian n'ajouta rien, dans un désir manifeste de laisser à Leroy le temps de réfléchir à leur conversation, et à ce qu'elle pourrait lui apprendre à leurs sujets...
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MessageSujet: Re: Face à face nocturne dans les couloirs [PV Cian] Ven 19 Avr - 16:00

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MessageSujet: Re: Face à face nocturne dans les couloirs [PV Cian] Mar 9 Juil - 15:13

L’enseignant haussa un sourcil quand Leroy s’amusa à le remercier. Oh, qu’il aille dire à Dumbledore tout ce qu’il savait de lui. Pour l’heure, Cian préférait se dire que l’élève ne se sentait pas prêt de le faire. Et il se décida même à évoquer les raisons du calme qui l’habitait. Pour ce faire, il s’approcha de Leroy, un grand sourire aux lèvres, pour se retrouver face à lui, et poser une main sur son épaule. Il s’amusait à singer l’attitude d’un grand frère s’apprêtant à donner un conseil, plein de sagesse, à son cadet. Il prit alors la parole, d’une voix neutre, à croire qu’il parlait d’un sujet banal tel la pluie qui affectionne tant l’Angleterre : « Dénonce-moi si tu en as le cran, Leroy », dit-il dans un murmure qu’il souffla à quelques centimètres de l’oreille de son élève, « mais n’oublies pas une chose : ton père saura d’où ça vient. Ainsi que les autres. Tu es le seul à connaître mon secret. Et je suis bien trop prudent pour que quiconque l’ait noté sans que toi tu n’aies eu un rôle là-dedans ! Alors... Si je finis à Azkaban, je pense que certains de mes amis viendront te demander des comptes, tôt ou tard... On n’aime pas du tout les traîtres, tu le sais ! » Il tapota l’épaule du jeune homme, comme s’il s’agissait d’un geste affectif, et non d’une manière pour lui de bien faire rentrer dans le crâne de Leroy qu’il devait vraiment réfléchir avant de se décider à aller trouver le directeur pour lui parler de l’enseignant d’Etude de Runes. Il finit par épousseter l’épaule de l’adolescent, geste qui pouvait, une fois de plus, rappeler l’attention qu’un grand frère pouvait témoigner à l’égard de son petit frère. Cian protecteur : c’est pas mignon ? Ca le devient nettement moins lorsqu’on prend note du petit côté sadique de son petit sourire en coin.  « Je ne pense pas qu’il soit intelligent pour toi d’attirer encore plus l’attention sur ta petite personne. Surtout pas leur attention ! », lança-t-il tout en reculant de quelques pas, mettant ses mains dans ses poches, sans pour autant perdre le jeune homme du regard. Rien ne garantissant que voir Cian emprisonner motiverait ses alliés mangemorts à s’en prendre à Leroy, après tout, ils n’était pas des plus solidaires. Mais il y avait tout de même de grandes chances que ce soit le cas, du moins, pour certains. Ne serait-ce que Candice. Etant donné la possessivité qu’elle manifestait à l’égard de l’irlandais, celui-ci ne doutait pas une seule seconde qu’elle pourrirait la vie de quiconque le mettrait derrière les barreaux... Quand bien même le coupable n’était qu’un gamin : Candice ne s’embarrassait pas de ce genre de détails stupides ! Elle avait horreur qu’on la prive trop longtemps du lit de l’irlandais... C’est pourquoi Cian ajouta, avec un petit sourire en coin, une lueur sadique dans le regard : « De surcroît, n’oublie jamais : s’ils ne peuvent pas te mettre la main dessus, ils n’hésiteront pas à s’en prendre à qui que ce soit revêtant une quelconque importance pour toi... ». Oh, ça, c’était bas. Ou pas... N’oublions pas qui était en train de parler, après tout : Cian donne sans doute l’effet d’être un prof BCBG pour les autres enseignants et certains de ses élèves, mais il ne faut pas oublier la noirceur qui l’habite et qu’il n’a de cesse de dissimuler. Ne vous fiez jamais aux sourires charmeurs de Cian, si vous n’êtes pas réellement son allié : il n’aura aucun scrupule à vous poignarder dans le dos et à vous laisser vous vider, lentement de préférence, de votre sang, histoire de mourir dans d’atroces souffrances et dans une longue agonie ! C’est assez distrayant à regarder, comme mise à mort.... Presque comme les corridas... D’ailleurs, Cian devrait en faire une, un jour, avec une proie humaine à la place du bétail, bien entendu ! Mais l’heure n’était pas à la planification de telles festivités, aussi intéressantes et plaisantes soient-elles, mais plutôt à une petite conversation fort distrayante avec un élève qui n’avait pas froid aux yeux... Peut-être pas assez, d’ailleurs, pour son propre bien : il était donc du devoir de Cian de lui rappeler contre qui il voulait se mesurer ainsi.

D'un air intéressé, Cian écouta Leroy donner son point de vue sur la nécessité d'envoyer certaines personnes en prison. Point de vue somme toute intéressant, bien que trop simpliste au goût du mangemort. « Vois-tu, j'ai compris une chose quand j'étais Auror : La plupart des personnes qu'on envoie en prison auraient pu être sauvé, si on avait réussi à les rattraper à temps. Avant qu'ils ne s'enfoncent peu à peu dans ce qu'on appelle communément le Mal. Rares sont les personnes à naître complètement sadiques. Toi plus que quiconque devrait savoir que c'est les événements qui les poussent à être ainsi... Alors... Azkaban, franchement : est-ce la solution ? Ne sont-ils pas... Des victimes, eux aussi, en un sens ? » Et oui, surprenant : après avoir imaginé faire une corrida (avec les images bien sanglantes qui en découlaient), Cian philosophait avec un air de maître d'école. Comme si c'était normal de passer d'une pensée sadique à une pensée plus intellectuelle, en l'espace d'un simple claquement de doigt ! Et pour les petits tordus qui s'imaginent que Cian parlait en quelques sortes de lui, vous n'y êtes pas du tout... Ou peut-être que si, c'est même très probable en fait, mais l'irlandais ne l'avouera jamais. Et puis, au fond, il se doutait que quiconque ait réellement pu le sauver un jour. Retarder l'échéance, oui, c'était ce qu'avait fait Eden au moment de leur idylle. Et si la romance s'était prolongée, il ne fait aucun doute que Cian aurait trouvé un autre moyen pour la saborder. Même si le meurtre de son père était une solution très efficace, lui permettant d'une part de se détacher de sa meilleure part de lui (Eden, pour les personnes dotés d'un cerveau avec un processeur d'escargot), et de mettre un terme à l'un de ses plus anciens problèmes (son père. Oui, Cian avait toujours considéré son paternel comme un problème, un insecte, nuisible, et gênant sur le long terme, qu'il était nécessaire d'éliminer avec un bon insecticide ! Inutile de dire que l'insecticide qu'il avait utilisé avait été pour le moins radical, et qu'il avait pris un grand plaisir à s'en servir !) Comme pour continuer à semer le trouble dans l'esprit de l'adolescent, Cian laissa à entendre que les Aurors n'étaient pas des sains, contrairement à ce qu'on pourrait croire à leur propos. La réaction de Leroy l'amusa : c'était drôle, après tout, de voir le jeune sorcier persuadé que les Aurors étaient des êtres bien, de véritables modèles. Si Cian n'avait conscience du besoin de Leroy à trouver chez les Aurors les repères qui lui avaient tant fait défauts dans son enfance, il se doutait bien qu'il les idéalisait un peu trop, très probablement dans un désir de marquer son détachement par rapport à son père et son ancien monde. Mais l'heure n'était pas à la psychanalyse (même s'ils parlaient de sujets plutôt sérieux depuis plusieurs minutes à présent !). Trop de sérieux tue le sérieux, après tout ! Revenons-en à nos moutons, même si là, en l’occurrence, ils ne bêlaient pas, et pour cause : il s’agissait d’aurors. Pas toujours sain d’esprit, de par le pouvoir qu’on leur donnait, ou les horreurs qu’ils étaient parfois amené à voir ! « Si ça te fais du bien de croire ça, je ne vais pas te contredire ! Je m'en voudrais de briser tes illusions ! ». Le petit sourire qui trônait sur son visage sous-entendait le contraire, étrangement... Nul doute : Cian avait beaucoup changé au cours des années ! Autrefois, il aurait été content de voir un jeune croire autant que les Aurors avaient une moralité fiable. Mais la vie change parfois les gens, lentement, au point qu'ils ne se reconnaissent même plus, au final, ignorant où et quand la pente a commencé à être emprunté. Lui aussi, à l’époque, l’avait sérieusement pensé, comme si une partie de lui voulait croire que le monde n’était pas aussi gris qu’il le songeait depuis toujours...

L'irlandais accueillit l'ironie de son élève d'un haussement d'épaule. Il assumait ce qu'il était. Certes, pas de manière officiel, mais là était son rôle : il était en quelque sorte un espion pour le Lord à Poudlard, alors le clamer à tue-tête serait stupide ! Il ne travaillait pas pour la gloire, de toute façon, juste pour ce en quoi il croyait. Qu'il soit récompenser ou non par la suite, il s'en moquait complètement. Contrairement à bons nombres d'autres mangemorts, il n'idolâtrait pas Voldemort, ne croyant nullement qu'il occuperait une place particulière dans le nouveau régime que le mage noir allait mettre en place. Et ça ne le dérangeait pas : lorsque le pouvoir est trop flagrant, il attire trop l'attention à vous... Cian lâcha un petit rire amusé en entendant Leroy prétendre qu'il ne changerait pas de route à présent. Comme si quiconque pouvait vraiment savoir de quoi demain serait fait ! Il suffisait parfois d'un rien pour que votre vie prenne un tournage à 180°. Du moins, c'était ainsi que Cian voyait les choses.... Le jeu de manipulation se poursuivit lorsqu'ils évoquèrent le point de vue des sang-purs sur le reste de l'humanité. L'irlandais se montra franc, ayant conscience que Leroy pouvait cependant répéter ses propos un jour où l'autre à un mangemort. Mais ça avait bien pu de chance de se produire : Leroy ne prendrait sans nul doute pas le risque de converser avec un sbire du Lord en sachant pertinemment que cela risquait de le faire ramener directement à son père... L'enseignant fit rouler ses yeux dans ses orbites, l'air peu convaincu, en entendant Leroy évoquer la possibilité que le secret magique pouvait être maintenu, sans pour autant que les choses ne changent pas, entre les sorciers et les moldus. L'adolescent en vient ensuite à interroger Cian, sur le fait qu'il soit bien à l'opposé de l'opinion qui était normalement celle des mangemorts ! « Ils n'apprécieraient pas, certes, mais ils ne le sauront jamais ! », fit-il en dardant son regard sur Leroy, un soupçon de malice dans la voix, et un brin de mise en garde dans le regard. « Et quant à ce qui me plaît chez eux, c'est simple : eux ne veulent plus se cacher aux moldus ! On est obligé de cohabiter tous ensemble, alors autant le faire librement, n'est-ce pas ? Sans oublier que devoir cacher ses pouvoirs pour ne pas rompre le secret magique, c'est pénible : on est des sorciers, soyons-en fiers ! ». On était en droit de s'interroger sur la situation de Cian, dans un monde où le Ministère de la Magie ne voulait plus garder le secret sur le monde en place. Toutefois, une chose était certaine : au fond, il ferait toujours un « tri » parmi les moldus (et même au sein des sorciers), niveau intellectuel. Alors certes, il avait en apparence l'air un brin plus ouvert que la plupart des sang-purs, mais ça n'était pas réellement le cas.... Ca venait peut-être de son enfance pourri, allez savoir ? Mais Cian n'avait guère envie d'en chercher la raison, cette nuit, avec Leroy.

Ce fut sans surprise que Cian entendit Leroy prétexter qu’ils n’étaient pas aussi semblables qu’ils venaient à le laisser entendre. « Nos choix différent pour l’heure, mais qui sait si ça durera tout le temps ? Et les autres n’ont pas à savoir mon opinion. Sauf si tu as l’intention de leur dire clairement... ». Bon, OK, il jouait peut-être avec le feu là, en provocant Leroy. Le jeune sorcier pouvait sans mal adresser une lettre anonyme à son père, après tout. Mais il n’était même pas sûr qu’Emmeran le croit. Leroy pouvait bien parler ouvertement à un mangemort, mais comme évoquer précédemment, l’adolescent ne prendrait sans doute pas le risque de se trouver nez-à-nez avec l’un d’eux. Oui, Cian est parfois trop sûr de lui. Peut-être que ça le mènera à sa perte, allez savoir ! « Mais avant de réfléchir sur la probabilité que tu fasses une telle connerie, il faudrait peut-être se concentrer sur le moment présent : ta punition ! », dit-il en haussant un sourcil. Oui, pour l’instant, c’était lui qui avait, officiellement du moins, le pouvoir. Et il tenait à appliquer le règlement comme un prof sérieux.... Diverses idées se bousculèrent dans son esprit : des points en moins ? des heures de colle ? Etrangement, l’une des solutions lui plaisait plus que l’autre...
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MessageSujet: Re: Face à face nocturne dans les couloirs [PV Cian] Mer 18 Sep - 10:01

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MessageSujet: Re: Face à face nocturne dans les couloirs [PV Cian]

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Face à face nocturne dans les couloirs [PV Cian]

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