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Ludovic - « Tout enfant est en quelque façon un génie, et tout génie un enfant. » [Schopenhauer]

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6ème année ϟ Élève


ϟ Parchemins postés : 40
ϟ Date d'inscription : 03/04/2013
ϟ Points : 12

Feuille de personnage
ϟ Âge: 15 ans
ϟ Maison/Profession:
ϟ Relations:
MessageSujet: Ludovic - « Tout enfant est en quelque façon un génie, et tout génie un enfant. » [Schopenhauer] Mer 3 Avr - 14:38


Ton Identité


ϟ Prénom(s) : Ludovic Virgile -et tous les surnoms qui l'accompagnent depuis son enfance: Vic, Ludo, Super Einstein, Mini-Sherlock, Peter Pan
ϟ Nom : Andrews
ϟ Age : 15 ans (mais il est en sixième année)
ϟ Date et lieu de naissance : 12 juin 1961 à Londres
ϟ Statut : Sorcier / Moldu / Cracmol ... Sorcier
ϟ Sang : Né-moldu
ϟ Ancienne maison ; Profession : / / /
ϟ Particularités : Génie (il tourne autour des 200 de QI) - A perdu la vue de l'oeil droit depuis un attentat - Utilisation intuitive de la magie
ϟ Baguette : Acacia, plume de phénix, assez fine, plutôt rigide, 31,37cm
ϟ Patronus : Corbeau
ϟ Epouvantard : Le tintement du verre qui explose; des éclats de verre teintés de sang
ϟ Amortentia : Crumble aux pommes, chocolat chaud, odeur chaleureuse d'un bon feu de cheminéeϟ Feat :Ole Sorensen





Ton Histoire




Physique (10 lignes)

Inutile d’interroger Ludovic pour qu’il se décrive lui-même sur ce point. Il n’y prête que peu d’attention. Il est plutôt grand, sans pour autant atteindre des sommets. 1,76 m, préciserait-il si on lui posait la question. Pas 1m75, il tient à l’exactitude du chiffre, non pour paraître plus grand, mais parce que c’est ainsi, on ne trafique pas les nombres, surtout pas pour des raisons aussi banales qu’un arrondi…ça fausse tout ensuite. On vous épargne cependant son poids au gramme près, sachez simplement qu’il n’a pas une carrure de joueur de Quidditch. Il est plutôt mince, sans être maigre, bien proportionné –le régime alimentaire de Poudlard lui a fait du bien et a effacé en grande partie la maigreur de son enfance difficile. Joli garçon, pour résumer, il n’est pas le portrait craché de ces savants fous tout maigres ou de ces adolescents boutonneux qui semblent être les seules visions que le commun de la population ait des gens à l’intelligence un peu développée.

Mais la taille et le poids ne suffisent sans doute pas pour lui décerner l’adjectif de « joli », je vous l’accorde. Passons donc au reste. Le garçon a le teint plutôt pale des anglais, sans être livide pour autant. Ludovic possède des cheveux châtains légèrement ondulés, qu’il porte mi-longs, coiffés vers l’avant. Ils ont tendance à s’éclairci au soleil –ce qui est rare en Angleterre, avouons-le. Une mèche a tendance à retomber sur son œil droit, qu’il ne se donne jamais la peine de repousser puisque c’est le côté où il ne voit pas. Il a le visage assez fin, le nez droit, des lèvres plutôt épaisses, qui ajoutent à son charme. Ses yeux sont bleu-vert ; la couleur varie en fonction de la saison et de la lumière ; selon les moments, ils paraissent davantage bleus ou davantage verts. On ne remarque pas immédiatement qu’il est aveugle de l’œil droit : la blessure originelle a été correctement soignée, il reste seulement une légère marque en travers de l’iris, comme s’il avait été éraflé. L’œil est également un peu plus clair que l’autre, légèrement décoloré. Des détails qui intriguent quand on y prête assez attention, mais la curiosité ne va jamais beaucoup plus loin. Ludovic n’y voit pas non plus très bien de l’œil gauche, assez pour se déplacer sans problème et reconnaître les gens. En cours, il porte des lunettes pour pouvoir lire au tableau et prendre ses notes. Cependant, lorsqu’il est fatigué, le monde devient beaucoup plus flou, il ne discerne alors plus que les mouvements et les nuances de couleur, pas les détails des personnes qui lui font face. Les lunettes aident un peu à y remédier mais ne résolvent pas tout le problème. La magie n’a pas pu faire davantage ; une opération moldue pourrait peut-être améliorer les choses mais il n’en a pas les moyens. Le risque est cependant réel qu’un jour, il devienne définitivement aveugle. Détail peu réjouissant, mais c’est ainsi… Dans le même genre, le garçon a quelques cicatrices sur le dos et sur le côté, qui se sont pas mal estompées avec le temps, mais pas suffisamment pour cacher le fait que son père maniait habilement (et continue) le ceinturon.
Enfin, le garçon a des mains fines, des doigts de pianiste, et l’expression n’est pas usurpée puisqu’il a longtemps suivi des cours de piano, instrument pour lequel il est très doué. Cela fait cependant un moment qu’il n’en joue plus, faute d’instrument.

Au niveau vestimentaire, Ludovic s’habille de façon assez classique. Chemises ou polo, pantalon droit ou jeans, pull plus ou moins épais selon la saison. Le tout lui va bien, même si la qualité est très loin d’être au rendez-vous. À côté des vêtements sur mesure ou de l’allure luxueuse des habits des sans-purs, ou simplement de ceux qui ont de se vêtir correctement, ses propres tenues paraissent ternes. Tout est de seconde main, acheté d’occasion, par manque d’argent, et à cause de cela, ses habits ne sont pas toujours assortis. Il a parfois des vestes trop grandes pour lui : ce sont celles qui lui viennent de son frère aîné, plus large d’épaules que lui, et plus grand. Il ne porte pas de bijoux, ni de tatouages. Il transporte simplement avec lui une dame du jeu d’échecs, qui représente sa sœur.








Mental (10 lignes)

« -Ou c’est de la folie, ou c’est du génie.
-Le plus étonnant, c’est que ces deux qualités vont souvent ensemble… »

« Super Einstein » : Ludovic n’est pas vraiment fou, mais disons que son intelligence exceptionnelle le distingue des autres, et lui confère une aura d’étrangeté qui dérange. N’ayons pas peur des mots : c’est véritablement un génie, un enfant prodige au vrai sens du terme. À six mois, il savait parler. À trois ans, il parlait et lisait couramment l’anglais, le français, l’allemand et l’espagnol. À cinq ans, il commençait à s’affirmer comme un génie des mathématiques et des échecs. À dix ans, il fréquentait depuis deux ans l’université en auditeur libre. Et la magie ne l’a pas empêché de développer encore ses capacités. Mais nous y reviendrons plus tard. Ludovic apprend et retient aisément, est capable de mémoriser énormément de choses sur les sujets qui l’intéressent, et de les classer dans sa mémoire. Ce dont il juge bon de se souvenir, il y a peu de chances qu’il l’oublie un jour. Le reste ne retient guère son attention. Son intelligence prodigieuse étonne et effraie souvent, même dans le monde sorcier où pourtant, on n’est plus à une étrangeté près.

« Mini-Sherlock » : Ludovic possède de grandes capacités d’analyse et il est très observateur lorsque son attention se fixe sur quelque chose. Sa famille a souvent fait les frais de ses constatations, qui tombent juste dans la grande majorité des cas. Le ton de voix, le langage corporel, les vêtements : tout lui est utile pour faire ses déductions. L’inconvénient est qu’il reste dans le domaine de l’idée, du concept. Il analyse, mais au final, ne rattache pas ses conclusions à quelque chose d’émotionnel. Il voit qu’une personne est en colère, triste, heureuse : c’est un constat. Il ne ramène pas les choses à la réalité de la personne qui est triste. À moins qu’elle ne lui soit proche, il ne cherchera pas vraiment à la consoler. De même, il faut que quelqu’un qu’il apprécie soit en danger pour bien réagir.

Évidemment, ce génie ne va pas sans contrepartie. Ludovic peut faire preuve de la plus grande maladresse, tant dans ses paroles que dans ses actes, simplement parce qu’il vit un peu dans son monde et ne prête pas trop attention à la réalité physique des choses. Les coins de table ont l’air de se placer tout exprès sur son chemin, les objets ont tendance à lui sauter des mains pour s’étaler au sol sans qu’il ne l’ait voulu. Également distrait, il n’est pas toujours très ponctuel, sauf si là encore, c’est pour quelque chose qui lui tient à cœur. Il est capable de se concentrer des heures durant sur un sujet qui le passionne, que ce soit un problème mathématique ou échiquéen, au point d’oublier le monde alentour, les repas, le sommeil, parfois les cours (même s’il fait davantage attention maintenant).

Les relations sociales ne sont pas trop son fort non plus : le garçon ne sait pas toujours comment réagir face aux autres ou à leurs émotions. Avec le temps, il a fini par apprendre quelles étaient les réactions les plus appropriées, mais il manque parfois un peu de naturel ou peut être en décalage ou en léger retard par rapport à ce qui est attendu. Ce n’est pas une volonté de blesser, loin de là ; il a simplement très peu d’empathie naturelle. Les sentiments lui échappent souvent, sauf lorsqu’il s’agit de personnes très proches, qui lui sont chères. Envers elles, il se montre hypersensible, très attentionné. Il veut vraiment faire le bien, même s’il ne sait pas toujours s’y prendre et se montre maladroit.

« Peter Pan » : Enfin, dernière contrepartie, qui va de paire avec le reste, Ludovic a gardé une certaine forme d’innocence et de pureté enfantines. Non qu’il soit naïf, mais il ne se laisse pas atteindre ou blesser par le mal. Il ne le voit pas vraiment, en réalité, ne conçoit pas qu’on puisse être pleinement mauvais. Bien sûr, on s’est déjà moqué de lui par le passé, on l’a dénigré, son père et son frère l’ont maltraité… Il en souffre, ça le blesse, mais il ne se laisse pas miner par cela. La volonté des amis de son frère de le briser a toujours échoué ; ils lui ont fait beaucoup de mal sans jamais parvenir à le faire descendre à leur niveau, à le rendre mauvais. La rancune et la vengeance ne sont pas vraiment des sentiments qu’il connaît.

« Quiconque est parvenu à discerner le bien du mal a déjà perdu son innocence. » Very Happy’un autre côté, cette innocence peut le conduire à faire le mal dans certaines circonstances. Si quelqu’un à qui il désire faire plaisir lui demande quelque chose de mauvais, il le fera…parce qu’il est attaché à cette personne et veut la satisfaire. Son intelligence lui fera prendre du recul par rapport à la situation, l’amènera à la voir de façon conceptuelle, plutôt que morale. Ainsi, s’il s’agit d’un plan à concevoir lors de la préparation d’un mauvais coup, il ne verra que le côté intellectuel, le défi à relever. Pas le but final de ce qu’il fait. Bien sûr, on ne peut pas tout lui faire faire, mais il a du mal à voir certaines limites. De lui-même, il est fondamentalement bon.

De fait, ses problèmes relationnels le rendent facilement manipulable, car la méchanceté des autres lui est étrangère. L’ironie et l’humour lui passent très souvent au-dessus, même s’il sait les reconnaître au ton de la personne. Cet aspect analytique fait que les plaisanteries et les blagues marchent rarement sur lui. De même, il y a des choses évidentes pour tout le monde qui lui passent complètement au-dessus de la tête, et d’autres qui le sont pour lui mais dépassent le reste du monde. Son frère aîné a pour habitude de résumer la situation ainsi : « Si personne n’a jamais essayé de vous détailler une partie d’échecs entre champions, alors que vous petit-déjeunez en dormant à moitié, vous ne pouvez pas comprendre. »

Ludovic se passionne effectivement pour les échecs, en plus des mathématiques. Ce jeu peut l’amener à réfléchir pendant des heures sur des problèmes qui sont de la plus haute importance pour lui. Les Anciens disaient que ce jeu représentait le monde et Ludovic n’est pas loin de penser la même chose. Déplacer ses pièces, se rendre maître d’un plateau… Finalement, c’est aussi un moyen pour lui d’avoir une forme d’emprise sur sa vie, de pouvoir contrôler les choses. De plus, les échecs l’aident à fixer sa pensée quand il a tendance à trop dériver, à penser à quelque chose qui n’a rien à voir avec la situation présente. Les mathématiques lui sont également utiles pour cela, afin de canaliser son cerveau en ébullition permanente. La perfection des mathématiques lui apporte une certaine sérénité loin du chaos du monde.

Que dire d’autre… Il peut parfois paraître un peu maniaque, et obsédé par l’ordre, mais c’est davantage pour une raison pratique. Comme il y voit très mal, il n’a pas envie de passer des heures à chercher ses affaires –c’est le genre de chose qui peut l’agacer prodigieusement, il aime bien avoir rapidement sous la main ce dont il a besoin. Ses affaires sont donc rangées à des emplacements déterminés, et quiconque y touche est prié de les remettre à l’endroit exact où elles ont été trouvées. Il n’est pas non plus toujours très patient, avec les autres, lorsque des choses lui paraissent évidentes, et qu’il ne comprend pas pourquoi tout le monde ne les saisit pas.

Le garçon n’est pas complètement étranger au monde non plus ; sa situation familiale difficile le pousse à faire des efforts, à essayer de s’ouvrir, plutôt que de fuir la réalité, bien que ce soit sa tendance première. Cette volonté de lutter contre ses penchants témoigne d’une certaine force de caractère et d’une envie de s’adapter un peu plus au reste du monde, puisqu’il a pris conscience de ses différences. Mais il ne le fait pas pour lui-même, mais pour sa sœur jumelle, pour laquelle il est prêt à tout. Il prête davantage attention aux actions des autres maintenant, à ce qui les place du côté du bien ou du mal, même si certaines notions restent difficiles à appréhender.
Il n’est pas dépourvu de qualités. Pour ses amis et sa famille, il est d’une loyauté à toute épreuve, leur est vraiment attaché et est prêt à tout pour eux. Il manifeste la plus grande générosité envers eux, essaie de trouver ce qui pourrait leur faire plaisir : c’est la seule façon qu’il voit d’exprimer ses sentiments. En ce sens, il n’est absolument pas égoïste, même si son décalage constant avec le monde et ses idées absorbantes pourraient laisser entendre le contraire. Ainsi, s’il veut se sortir de sa vie actuelle, c’est avant tout pour sa sœur, non pour lui-même. Il veut pouvoir lui offrir une vie meilleure. De même, c’est aussi pour elle qu’il veut retrouver le Mangemort qui s’en est pris à eux.
D’une façon générale, Ludovic est incapable de se défendre lui-même. Il essaye de protéger les autres, d’intervenir en leur faveur quand il peut ou comprend qu’il leur arrive quelque chose, mais lorsque c’est lui qui est visé, il ne réagit jamais comme il faudrait, et a tendance à encaisser sans vraiment riposter.







Histoire (20 lignes)

Chapitre I : Engagement
« Le génie est pour les gens intelligents ce que la "folie" est pour les imbéciles, un état extrême dans lequel tout devient possible, dans lequel, miraculeusement, les règles normales ne s'appliquent plus. »

Il est des histoires dont on dit dès le début qu’elles se concluront par « Ils se marièrent, eurent beaucoup d’enfants, et vécurent heureux jusqu’à la fin de leurs jours…et même au-delà ». C’est sans compter le grain de sable qui peut se glisser dans le mécanisme et l’enrayer, au point que la fin heureuse disparaisse presque complètement de l’histoire. Pourtant, rien ne semblait destiner John Andrews et Aurore Martin à un avenir si funeste. Lui, issu d’une famille modeste d’artisans londoniens, travaillait comme ouvrier spécialisé dans une usine. Ce n’était pas le meilleur des métiers, mais le salaire était convenable, assez pour avoir une existence décente dans le Londres des années 1950 où tant de familles se partageaient de minuscules appartements. Les familles de certains ouvriers vivaient à sept ou huit dans des logements mansardés, insalubres, qui ne dépassaient pas les quinze mètres carrés. Aurore, de son côté, était l’enfant unique d’un marchand d’origine française, qui avait choisi d’aller s’établir en Angleterre quelques années après la naissance de sa fille. La jeune femme grandit donc entre les deux pays, maîtrisant parfaitement les deux langues, et si elle demeura dans le pays cher au cœur de son père, son amour pour sa nation natale ne s’estompa jamais.
John et Aurore se rencontrèrent par le plus grand des hasards ; lui rentrait de son travail, elle revenait d’une commission demandée par son père. Le destin voulut qu’une pluie torrentielle s’abatte sur Londres à ce moment et les deux jeunes gens trouvèrent refuge sous la même devanture. Ils discutèrent pour passer le temps, se quittèrent avec l’envie de se revoir, ce qui ne tarda pas. Ce qu’ils se dirent, l’histoire ne le précise pas, mais on le devine aisément. Les mots d’amour suivirent bientôt les conversations galantes et John demanda rapidement la main d’Aurore. Le père de celle-ci refusa, arguant que John était d’une condition trop basse, qu’il refusait de voir sa fille épouser un simple ouvrier. Il eut beau rugir, tempêter… La jeune femme ne désarma pas, et quitta sa famille avec armes et bagages, abandonnant derrière elle luxe et confort. Le seul objet qu’elle emporta (ou fit emporter, plutôt) fut son piano, dont elle aimait beaucoup jouer. Le mariage eut lieu en toute discrétion, en présence de quelques amis, dans l’église du quartier où demeurait John. Une union simple, heureuse, comme en témoignent les photos prises. Sur toutes, le jeune couple sourit à la vie. Et nul n’aurait pu alors penser qu’il n’en irait pas toujours de même.

Les premières années du mariage furent cependant très heureuses. Bien qu’elle souffrît profondément de l’attitude de ses parents, Aurore s’adapta sans trop de mal –en apparence– à des conditions de vie moindres que celles qu’elle avait connues jusqu’alors, et s’établit comme couturière et modiste. Ses mains d’artiste façonnaient chapeaux et robes, et elle se créa rapidement une réputation, au point qu’elle dut parfois refuser des commandes, ne pouvant tout faire elle-même. John obtint des promotions de son côté, devenant contremaître dans son usine, et le couple put s’établir dans une petite maison de la banlieue de Londres, en location. John, toujours aussi fou de son épouse, la gâtait par de nombreux présents. Bien sûr, ils ne menaient pas grand train, les fins de mois étaient parfois difficiles, mais ils ne s’en souciaient pas. Ils étaient heureux, ils ne demandaient rien de plus. C’est dans cette maison que naquit leur premier enfant, William, en 1955. Rien n’aurait pu rendre le couple plus heureux, si ce n’est l’annonce, six ans plus tard, en 1961 de la survenue des jumeaux Joyce et Ludovic. Ils étaient attendus avec impatience, quoiqu’avec une légère inquiétude : deux enfants de plus risquaient d’être trop pour leur modeste foyer. Cependant, leur naissance le 12 juin emplit de joie leurs parents. Aurore avait tenu à ce que l’un de ses enfants au moins ait un prénom pleinement français en souvenir de ses origines. Joyce et William étant purement anglais, cela donnait un certain consensus. La jeune femme ne tarda pas à remarquer les capacités de son benjamin, et son exceptionnelle précocité. Dès six mois, l’enfant savait parler correctement, se trouvait capable d’avoir une conversation à peu près normale –pas encore très développée, certes, mais son jeune âge pouvait l’excuser. John s’enthousiasma également devant les talents de son fils cadet. Sa mère lui apprit rapidement le français, qu’il maîtrisa en quelques mois, passa ensuite à l’espagnol par le biais d’un maître particulier (qui constituait pourtant un budget onéreux pour la famille, mais Aurore ne pouvait rien refuser à son fils) et à l’allemand grâce à l’un de leurs voisins originaire d’Allemagne, ce qui fit qu’à trois ans, l’enfant parlait couramment les quatre langues. La prodigieuse soif d’apprendre de Ludovic, la facilité avec laquelle il absorbait les connaissances, comme une éponge, et les restituait fascinait sa mère, au point qu’elle finit par demander s’il était possible de lui faire passer un test de QI. On lui répondit qu’il valait mieux attendre encore. Temps que Ludovic mit à profit en se plongeant dans les mathématiques, les langues et les échecs. Aurore n’eut de cesse de l’encourager, et il est sans doute heureux que dans la première partie de son enfance, il ait eu une mère cultivée, capable de déceler ses talents. Même si cela eut d’autres conséquences par la suite…

Cela n’empêcha pas Ludovic de développer une profonde complicité avec sa sœur, cette compréhension unique qu’ont les jumeaux entre eux. Bien sûr, Ludovic ne jouait pas tout à fait comme les autres enfants, et plusieurs fois, dès leur entrée à l’école maternelle où ses parents avaient tenu à l’envoyer malgré tout, afin qu’il ne reste pas toujours seul, Joyce eut à le défendre contre les moqueries des autres. C’est ainsi que s’établit leur relation pour les années suivantes. Le caractère combattif de Joyce lui permettait de défendre efficacement son frère, son « petit frère », comme elle l’appelait affectueusement, tandis que Ludovic élaborait des stratégies pour disperser leurs petits adversaires. Ce n’était que de simples divertissements pour lui, mais sa sœur l’y encourageait. William les protégeait également.
Leur existence était véritablement heureuse, paisible, malgré l’ennui profond que ressentait Ludovic à aller dans une école qui ne lui convenait pas, et il attendait avec impatience les cours prodigués par un ancien professeur à la retraite, recruté par sa mère. Joyce et lui partageaient beaucoup de choses, et notamment une passion infinie pour le crumble aux pommes, au point qu’Aurore se résolut bientôt, à chaque fête ou anniversaire, à préparer deux gâteaux : celui des jumeaux, et l’autre au profit du reste de la famille. Ce qui n’empêchait pas les deux enfants de manger à tous les râteliers.
Cependant, dès son plus jeune âge, Ludovic avait toujours été en décalage avec les autres. Témoin, ce jour de Noël où il avait involontairement brisé une partie des illusions de sa sœur, en faisant la démonstration que le Père Noël n’existait pas. Ce jour de Noël 1964, alors qu’il n’avait que trois ans et demi… La famille n’est pas prête de l’oublier. John s’était esquivé quelques instants avec William, tandis qu’Aurore entraînait les jumeaux dans la cuisine pour leur faire amener le dessert. Manœuvre subtile et commune à nombre de parents pour justifier le passage du Père Noël lors de leur absence. Ainsi, en revenant de la cuisine, Joyce et Ludovic trouvèrent leur père et leur frère en train de s’extasier devant les quelques paquets disposés au pied du sapin. Joyce se désola de ne pas avoir vu le Père Noël, allant jusqu’à ouvrir la porte d’entrée de la maison et à inspecter la cheminée pour s’assurer qu’il n’y en avait vraiment plus trace, pas plus que du traîneau. Ludovic s’était alors approché de son père, s’était planté debout devant lui, haut comme deux pommes, avant de lui demander avec assurance s’il croyait vraiment au Père Noël. Surpris, John ne sut que répondre sur l’instant, et Ludovic se lança dans sa démonstration, fondée sur le nombre d’enfants fêtant Noël, le nombre d’arrêts que le traîneau devrait faire, la durée de ces arrêts. Sans oublier le poids du traîneau estimé à partir d’un jouet standard, la vitesse des rennes, la nourriture qu’ils devraient avaler pour tenir le choc face à l’effort intense de la nuit, la résistance de l’air. Une démonstration efficace, imparable, aboutissant à la conclusion que le Père Noël n’existait pas, ne pouvait pas exister…et qui fit fondre Joyce en larmes. Aurore eut toutes les peines du monde à la calmer, Ludovic s’y efforça également avec sa maladresse habituelle (visiblement, Joyce ne jugeait pas valables les excuses sur le fait que les chiffres ne mentent pas et qu’il avait bien refait ses calculs même s’il était certain de ne pas se tromper) et finit par lui céder sa part de dessert. C’est sans doute la plus grosse dispute qu’il y ait eu entre les deux enfants. Le lendemain, lors du repas familial, qui réunissait la famille, avec les parents de John, ses frères et sœurs, ainsi que les cousins de la petite fratrie, l’anecdote fit sourire tous les adultes, tout en les étonnant.

D’étranges phénomènes n’avaient pas tardé à se manifester dans l’entourage du petit garçon, ajoutant encore à sa différence. Alors qu’ils avaient quatre ans, Joyce l’avait un jour trouvé plonger dans un livre de mathématiques avancées, fourni par un professeur dépassé par les compétences de son élève…et les chiffres, les lettres et les symboles dansaient autour de lui, s’agençant en de complexes formules, auxquelles la fillette, pas plus que son frère aîné appelé en urgence, ne comprenaient grand-chose. Sur l’instant, Joyce et William ne s’en effrayèrent pas ; ils avaient l’habitude du caractère de Ludovic, et se dirent que tout cela avait sans doute un lien avec ses autres talents. En effet, quand, à quatre ans, on se plonge dans des formules d’une complexité extraordinaire, pourquoi ne pourrait-on pas aussi animer les chiffres ? D’un commun accord, les trois enfants décidèrent de n’en parler à personne. Ce serait leur secret. D’autres fois, ce furent des peluches qui se mirent à parler avec Ludovic, en un étrange dialogue qui n’aurait pas déparé dans un colloque de mathématiques, ou à jouer aux échecs avec lui. Des assiettes qui lui avaient échappé des mains (maladresse, bonjour !) y revinrent d’elles-mêmes avant de toucher le sol.

L’année suivante, la question du test de QI revint, à l’initiative de John cette fois. Évidemment, quand la conversation du petit-déjeuner dominical commence par un compte-rendu d’une partie d’échecs jouée par des grands-maîtres, que le principal interlocuteur n’a pas encore tout à fait cinq ans, et que le reste de la tablée le regarde avec un air quelque peu vide…on peut se poser des questions. Contacté, l’ancien professeur de mathématiques, qui avait renoncé depuis plusieurs mois à enseigner à Ludovic par manque de compétence, leur donna une adresse. Les résultats du test se révélèrent improbables…mais bien réels. Il fallut bien se rendre à l’évidence au bout de la troisième fois.
200 de QI.
Et il ne s’agissait pas d’un test adapté pour les enfants. À dire vrai, la nouvelle ne perturba pas grandement le garçon. Cette affinité qu’il avait avec les mathématiques et les langues, ces connaissances…il n’avait pas de mots pour en parler tant cela lui semblait naturel. Il n’aurait su expliquer comment il arrivait à apprendre tout cela, comment il le restituait. Pour lui, le monde s’écrivait et se décrivait ainsi, en nuances mathématiques. C’était ainsi. Et c’était d’une telle évidence pour lui qu’il ne comprenait pas pourquoi les autres ne voyaient pas les choses de la même façon. Ses parents ne surent pas comment réagir devant une telle annonce, et décidèrent de laisser passer un peu de temps, tout en continuant à lui faire donner des cours, l’école maternelle n’apparaissant pas vraiment comme une bonne solution. Les enseignantes se révélaient complètement dépassées par cet enfant, qui s’ennuyait profondément pendant leurs leçons, leur expliquait avec calme et sérieux que leur enseignement était totalement inadapté et inefficace pour lui et leur demandait s’il pouvait à se livrer à d’autres activités qu’il jugeait plus intéressantes, pendant que ses camarades de classe poursuivaient à leur rythme. Nul mépris ou vantardise dans ces paroles, simplement un constat, établi sur des faits vérifiables et évidents. Et les maîtresses jetèrent définitivement l’éponge en le voyant se plonger dans des calculs différentiels, alors que les autres enfants en étaient encore à apprendre à écrire leur nom. Effectivement, la grande section de maternelle n’était pas pour Ludovic.
Malgré la réticence de John, qui voyait ces cours grever le budget de la famille déjà peu important, Aurore engagea un jeune professeur de physique ainsi qu’un maître de piano. Elle aurait été prête à beaucoup de choses pour son génie de fils qui la fascinait toujours autant. John céda, avant tout pour faire plaisir à sa femme. Ludovic n’eut aucun mal avec ces deux domaines, Joyce suivit également les leçons de piano, et bien qu’elle fût moins douée que son frère, tous deux prenaient plaisir à jouer ensemble sur l’instrument de leur mère.

Chapitre II : Partie remise ; chronique d’une déchéance ordinaire
« Le génie, c’est l’erreur dans le système. »

Envole-moi - Duo

La vie des Andrews aurait pu se poursuivre ainsi, tant bien que mal, avec l’entrée de William au collège, celle de Joyce au primaire, et Ludovic continuant à arpenter son monde. Pourquoi pas, après tout ? Même si les seuls amis de l’enfant se trouvaient être sa sœur et son frère, il ne s’en plaignait pas, s’en satisfaisait pleinement au contraire. Avec ses parents, ils étaient les seuls envers qui il se montrait réellement attentionné, soucieux. Il n’avait besoin de personne d’autre pour être heureux. Joyce partageait pleinement son affection, mais la situation était quelque peu différente pour William. Après avoir été pendant six ans l’enfant chéri de ses parents, il ne supportait pas la façon dont Aurore entourait son fils cadet et lui prodiguait toutes ses attentions. Et il éprouvait une jalousie maladive envers Ludovic, envers son intelligence, qu’il dissimulait autant que possible.
Oui, la situation aurait pu persister quelques années ainsi, mais la vie en décida autrement. C’est ainsi qu’un beau jour, John découvrit que son épouse le trompait avec le professeur de Ludovic. Il ne s’en serait pas rendu compte par lui-même, tant Aurore prenait ses précautions. Mais elle qui avait tant loué le génie de son fils avait oublié ses qualités d’observateur… Et c’est à son père que Ludovic est allé demander si sa mère avait changé de métier, parce qu’elle avait des horaires un peu différents, qu’elle avait parfois un parfum autre (à cet âge, il ne faisait pas franchement la différence entre les eaux de toilette pour homme et les parfums féminins). Elle rentrait parfois un peu plus tard, sans doute parce que son nouveau travail était plus loin, elle devait traverser un parc pour en revenir, au vu des traces de boue qui souillaient parfois ses chaussures et qu’elle prenait toujours grand soin de bien nettoyer. Il avait conclu en disant qu’elle se plaisait certainement beaucoup dans ce nouveau métier, parce qu’elle était plus heureuse et plus enjouée en rentrant, comme rajeunie. Tout cela mis bout à bout dessinait une autre histoire pour John, bien moins innocente que celle envisagée par Ludovic. Il savait surtout que le jeune professeur de physique habitait dans un quartier plus lointain, et que le chemin le plus court passait effectivement par un jardin public.
Mais pourquoi une telle trahison, une telle tromperie ? John aurait tout donné pour sa femme, il lui avait offert tout ce qu’il avait, avait accepté de nombreuses privations pour lui accorder ce qu’elle souhaitait, lui donner la meilleure vie possible. Mais il fallait se rendre à l’évidence. Malgré les sacrifices auxquels elle avait consenti dans le feu de sa jeunesse, Aurore n’avait jamais oublié l’argent de son père…l’argent et ce qu’il peut apporter. Les gâteries de John ne lui suffisaient plus, pas plus que le fait qu’il lui passât ses caprices à propos de Ludovic. Le professeur avait plus de moyens que leur famille, surtout avec les trois enfants à élever. Peut-être aussi qu’une certaine lassitude face à la tendresse permanente de John était intervenue. Peut-être qu’Aurore avait réalisé qu’elle avait épousé cet homme parce qu’il représentait une bonne partie des interdits de sa classe, parce qu’il n’était pas de son monde, parce qu’elle avait caressé un rêve d’aventure, de nouveauté, et qu’être rattrapée par la routine d’une petite vie de famille tranquille ne pouvait la satisfaire. Parce qu’être une mère épanouie n’était pas assez pour elle, elle avait besoin de davantage pour pimenter sa vie, et quoi de plus piquant qu’une liaison adultérine, secrète ? Nouvelle madame Bovary, Aurore voulait donner plus de feu à son existence.
Tout l’amour, l’adoration même que John vouait à sa femme, flamba dans une immense poussée de colère, qu’il contint au maximum, jusqu’au moment où, ayant suivi Aurore, il la prit sur le fait avec son amant.

La suite logique de l’affaire fut la séparation des deux époux. Aurore ne revint pas chez eux après la découverte de son mari, juste une fois pour récupérer ses affaires…mais John ne tenait plus à la voir passer le seuil de sa demeure. Le sort des trois enfants fut mis en question devant le juge, et malgré les protestations d’Aurore qui tenait surtout à récupérer Ludovic, leur garde fut accordée à John. En effet, dans les années 60, c’était encore au père que revenait la majeure partie de l’autorité parentale et de plus sa situation paraissait plus stable, plus assurée que celle de son épouse, d’autant qu’on pouvait considérer comme un abandon le fait qu’elle ait laissé ses enfants en revenant prendre ses affaires. Aurore eut beau menacer, demander, réclamer, la garde des enfants lui échappa pour de bon. Les trois enfants furent attristés du départ de leur mère, qu’ils ne revoyaient plus que lors de quelques occasions.
Le départ d’Aurore amorça la ruine des Andrews et leur malheur. William en voulut d’abord à son petit frère, qu’il rendit responsable, ce contre quoi Joyce s’insurgea violemment. John, également, en vint à considérer Ludovic comme étant le principal agent de la situation. Après tout, s’il n’y avait pas eu besoin de lui donner des cours particuliers, Aurore n’aurait jamais rencontré son amant. Et même, si Ludovic n’avait pas remarqué les quelques anomalies qu’il avait signalées à John, leur vie de famille aurait pu se poursuivre comme autrefois. Une vision un peu irrationnelle des choses, certes, mais John Andrews avait aimé sa femme à la folie, et brûler ce qu’on a adoré ne peut qu’avoir de lourdes conséquences.

Englouti dans son malheur et dans son désespoir, John ne tarda pas à boire plus que de raison. À boire et à oublier d’aller travailler. L’envie de vivre lui manquait, et il ne voyait pas la nécessité de se lever, puisque rien ne l’y obligeait vraiment. La boisson, le jeu…les pires démons le rattrapaient pour faire de sa vie un Enfer, et John n’essaya même pas de lutter pour ses enfants. William, Joyce et Ludovic observèrent leur père sombrer, s’adonner au jeu, perdre beaucoup plus d’argent qu’il n’en gagnait, parfois s’absenter des nuits entières pour rentrer à l’aube épuisé, s’effondrer en larmes devant ses enfants en jurant qu’il ne recommencerait plus, qu’il ne perdrait plus d’argent, qu’il allait en gagner autrement, mais les trois enfants comprirent vite que John était incapable de tenir la moindre de ses promesses. Bientôt, à peine prononcées, elles étaient oubliées, noyées dans l’alcool et les bouteilles. Conséquence de tout cela, John accumula de nombreuses dettes, finit par perdre sa place de contremaître dans son usine. Ils quittèrent la maison également, incapable qu’il était de payer le loyer. Il ne supportait de toute façon plus cette demeure charmante et coquette, qui avait abrité les plus belles années de sa vie. Les Andrews se retrouvèrent ainsi dans le quartier de Whitechapel, l’un des plus mal famés de Londres avec l’East End…tous deux partagent la même réputation sordide et accueillent les populations les plus pauvres de la capitale, les déshérités, les joueurs et les créatures de la nuit. Passer de la maison à un petit appartement fut un choc pour les enfants, mais ils ne s’attardèrent jamais longtemps au même endroit. Incapable de retrouver une place, ou de la conserver plus de quelques jours, John s’abrutissait de plus en plus dans ses vices. L’argent continuait de fondre dans le jeu et dans l’alcool, au point qu’ils devaient déménager souvent, vers des habitations de plus en plus petites, de plus en plus sordides. Au fil des changements, ils abandonnaient derrière eux de plus en plus d’objets de leur ancienne vie, John vendant les plus importants, jetant les autres, qui ne pouvaient entrer dans le nouveau logement. Joyce et Ludovic virent le monde de leur enfance se déliter irrémédiablement et inéluctablement ; ils étaient désormais loin les après-midis passés à jouer, la bonne odeur du crumble aux pommes que préparait leur mère, leur insouciance d’enfant. Ils finirent par échouer dans une mansarde, au dernier étage d’un immeuble insalubre, sale, inadapté pour de jeunes enfants, au vu de sa population interlope. L’appartement (si on pouvait vraiment lui donner ce nom) ne comportait que deux petites pièces, l’une qui faisait office de cuisine / salle à manger / salon / chambre des enfants librement modulable selon les besoins. D’une façon générale, les matelas des trois enfants étaient roulés à l’écart dans la journée et ils les dépliaient seulement pour la nuit. L’autre pièce était la demeure réservée de John. Les commodités et le coin toilette étaient communs aux derniers étages de l’immeuble. La mansarde ne comportait qu’une fenêtre, un vasistas qui ouvrait sur le ciel gris fumé de Londres…un décor à l’image du reste de l’habitation miteuse. Le papier sur le mur était jauni, déchiré par endroits et l’humidité s’était appropriée les lieux. On n’aurait rien pu trouver de plus éloigné de la petite maison coquette de la banlieue de Londres. Bien sûr, cette chute fut longue, s’étala sur plusieurs mois. Presque deux ans au total. John s’avérait incapable de remonter la pente, de reprendre sa vie en main ; il ne pouvait que s’enfoncer en entraînant ses enfants avec lui. Il leur promettait encore souvent de tout arranger, que leur vie prendrait un nouveau tournant, mais cela faisait bien longtemps que les trois enfants ne l’écoutaient plus. Ils savaient bien où passait le peu d’argent que ramenait de temps en temps John. Et celui-ci perdit également l’attitude paternelle bienveillante qu’il avait toujours eue. L’alcool et la misère aidant, perdant le contrôle, il lui arriva plusieurs fois de passer ses nerfs sur ses enfants. Ludovic se trouvait être sa cible préférée, puisqu’étant soi-disant le principal responsable de la situation.
John rejetait à présent l’intelligence de son fils, tâchait d’en faire abstraction, mais il lui vint finalement à l’idée qu’il pourrait l’utiliser pour gagner à nouveau de l’argent et se mettre en fonds. Après tout, le père de Mozart avait bien fait de même avec son fils. La combine pouvait toujours marcher ; les gens sont friands des enfants prodiges. Alors que Ludovic allait sur ses huit ans et que lui-même se trouvait à peu près sobre, il reprit contact avec l’ancien professeur à la retraite pour lui demander conseil. L’homme jugea rapidement la situation : il était évident que les conditions de vie de Ludovic n’étaient absolument pas les mêmes qu’autrefois. Il n’y avait qu’à voir la minceur de l’enfant, sa petite mine, ses vêtements usés, pour comprendre que la situation de la famille avait changé du tout au tout. Le professeur, Jonathan Herondale, décida de lui venir en aide autant que possible et annonça à John qu’il se chargeait de tout. Il fit des pieds et des mains pour obtenir une bourse d’études à Ludovic et l’inscrire ainsi à l’université en auditeur libre, se portant garant du jeune prodige auprès de ses anciens collègues.
Au mois de septembre suivant, à huit ans et deux mois, Ludovic faisait son entrée dans les cours supérieurs de l’université. L’argent de la bourse avait permis de lui acheter de nouveaux vêtements, et il en avait également fait profiter son frère et sa sœur, avant que son père ne s’arroge la gestion de l’argent…et dès lors, il n’en vit plus vraiment la couleur. Versée tous les mois, elle allait directement dans l’escarcelle de son père, qui l’utilisait pour ses propres besoins : jouer et s’approvisionner en bouteilles. Cependant, le petit garçon gagna une sorte de répit en allant à ses cours, qui lui permettaient de retrouver à nouveau le monde des mathématiques, plus ou moins délaissé au cours des derniers mois, et ainsi une certaine forme d’apaisement. Ses talents furent rapidement remarqués par ses professeurs, qui en parlèrent entre eux. Les étudiants acceptèrent plus ou moins bien cet enfant dans leurs rangs ; certains se moquèrent de lui au début ou le méprisèrent ; une minorité continua quand elle vit son intelligence, les autres l’acceptèrent comme l’un des leurs. Ludovic ne se fit pas vraiment d’amis parmi eux, mais appréciait discuter avec certains d’entre eux. Quelques fils de bonne famille, qui n’avaient rien d’autre à faire que dilapider l’argent de leurs parents, continuèrent de lui en vouloir, ne désirant pas qu’un « miséreux » suive les mêmes cours qu’eux. Les rumeurs à propos de son intelligence se répandirent, et Jonathan Herondale, son tuteur à l’université, fut même contacté par le MI6 et la NASA, qui cherchaient tous deux à recruter Ludovic, ou du moins à lui payer ses études, avant de lui offrir une carrière dans leurs services. Averti, le garçon décida de se donner un an ou deux pour mieux réfléchir et faire vraiment son choix. Travailler dans la cryptanalyse ou pour les Américains lui permettrait d’exercer son amour des chiffres, et lui offrirait des défis toujours nouveaux, mais pour l’instant, il préférait encore en apprendre autant que possible. Les services secrets anglais maintinrent quand même leur offre, en proposant de payer ses études, ce qu’Herondale l’obligea à accepter, en promettant de garder son argent de côté et de lui en donner au fur et à mesure selon ses besoins. Le professeur ne dit pas un mot de tout cela à John ; il ne savait que trop quelle aurait été sa réaction. Ludovic garda le silence également ; son père n’aurait que difficilement accepté qu’il fasse passer les études avant le travail. Au moment de ses premiers cours à l’université, John lui avait dit qu’il devrait tout savoir maintenant, puisqu’il apprenait depuis son enfance. Ludovic avait répondu que le langage des mathématiques nécessitait un approfondissement permanent. Andrews Senior avait très mal pris ce qu’il avait jugé être de l’insolence.

La situation dura ainsi deux ou trois mois, avant que Jonathan Herondale ne décédât brutalement d’une crise cardiaque. John découvrit alors l’argent conservé pour Ludovic, ce qui le mit dans une rage folle. Il récupéra tout, estimant que c’était à lui de gérer les biens de son fils. Le garçon fut sévèrement puni de lui avoir caché cela, ainsi que les propositions qui lui avaient été faites –Ludovic se contenta de lui dire que le MI6 payait ses études, pas qu’ils lui avaient déjà offert de travailler pour eux. Non par volonté de mentir sciemment, mais parce que telle était la situation lorsqu’il en parla. En échange de la possibilité de continuer à étudier à peu près sans contrainte à l’université, Ludovic dut accepter de donner tout l’argent à John, et de n’en rien garder pour lui, à part les quelques billets déjà donnés par Herondale et qu’il conserva précieusement hors de portée de son père.

Même si Ludovic pouvait à présent faire ce qu’il aimait, il n’était pas complètement tiré d’affaire pour autant. La situation chez lui était bien loin de s’améliorer. À commencer par ses relations avec son frère, William. Âgé de quatorze ans, celui-ci avait commencé à suivre une courbe descendante dès le premier déménagement. Rapidement déscolarisé, livré à lui-même, il n’avait pas tardé à se faire une bande d’amis dans la rue, et à plonger dans leurs affaires. Le travail ne manquait pas dans les bas-fonds de Londres, surtout dans le milieu de la drogue en pleine expansion à cette époque. Quoi de mieux qu’un jeune garçon capable de passer inaperçu pour délivrer la précieuse marchandise ? Il s’investit rapidement dans les entreprises de sa bande et commença à gagner de l’argent par le biais de ses livraisons, ce qui lui permettait également d’acheter de la drogue pour son propre usage. Mais ses activités ne se limitaient pas à cela ; il participait également à quelques cambriolages dans les quartiers aisés de Londres, et avait décidé pour cela de mettre son frère à profit, notamment pour préparer des plans de leurs opérations. Il s’en servait également pour transporter la drogue quand il le fallait, partant du principe qu’on remarquait encore moins un jeune garçon qui a l’air de rentrer de l’école. Il ne lui avait fallu que quelques phrases pour convaincre Ludovic : « Rends-toi utile ! C’est à cause de toi qu’on en est là, Super Einstein ! Tu n’avais qu’à le prévoir… ». Le jeune garçon n’avait pas réellement protesté ; après tout, William n’avait pas complètement tort, et il tenait à faire plaisir à son frère aîné, à l’aider pour réparer ses anciennes erreurs. Et de toute façon, il ne saisissait pas entièrement tout ce qu’impliquaient les actes de son frère ; il voyait surtout qu’il avait besoin de son aide, et il tenait à être à la hauteur. Alors, il jongla entre ses devoirs, les demandes de son frère, et bien sûr, sa sœur. Joyce. Son seul soutien, avec feu le vieux professeur.

Joyce travaillait également beaucoup. Elle aidait William, autant qu’elle le pouvait, afin d’en préserver Ludovic. Elle cherchait toujours à le protéger autant qu’avant, elle s’estimait encore plus responsable de son frère qu’autrefois ; à huit ans, elle avait parfaitement saisi que Ludovic était d’une certaine façon plus fragile que les autres enfants. Les petits boulots qu’elle enchaînait dans la rue ou auprès de patrons pas très regardants lui permettaient de mettre un peu d’argent de côté ; en accumulant pièce après pièce dans la cachette qu’elle partageait avec Ludovic, elle espérait gagner assez pour pouvoir partir autre part. Pickpocket, cireuse de chaussures, vendeuse de journaux…la fillette faisait tout. Ludovic et elle s’entendaient toujours bien, et partageaient tout : leurs joies, leurs espoirs, leurs craintes… Battante et volontaire, elle protégeait son frère, et en échange, celui-ci lui faisait cours quand ils avaient le temps et qu’ils n’étaient pas pris ailleurs. Joyce voulait vraiment continuer d’apprendre ; l’école lui manquait, et elle savait qu’elle aurait besoin de toutes ces connaissances pour plus tard. Ludovic lui apprit donc ce qu’il savait, lui fit faire des exercices, en essayant de se mettre à sa hauteur. Il n’était pas le meilleur des pédagogues, peu doué pour les explications, pas plus qu’il ne savait très bien choisir ses sujets, qu’il sélectionnait en fonction de ses humeurs, de ses envies, de ce qu’il avait envie de faire partager à Joyce ce jour-là. Ce fut une éducation plutôt disparate qu’elle reçut : elle pouvait avoir une connaissance très pointue sur un sujet, et être complètement ignorante sur un autre. Par chance, Ludovic finit par réaliser le problème et tâcha de remédier à la situation. Comme William avait gardé certains de ses anciens cahiers de cours pour allumer le feu le soir, le garçon en récupéra une partie et s’en inspira pour Joyce. C’était quand même difficile pour lui, tout cela lui paraissant d’une simplicité enfantine, plus qu’évidente, mais il s’adapta bien à l’âge de Joyce. Il se montrait vraiment attentionné envers elle.
Les jumeaux aimaient particulièrement se blottir sous leur couverture le soir et observer le ciel de Londres par le vasistas sous lequel ils plaçaient leur matelas. On ne voyait quasiment jamais les étoiles, le ciel y était très souvent gris mais cela les aidait cependant à s’évader. Tous les deux, ils inventaient des histoires, ce qu’ils feraient quand ils seraient plus grands, les endroits qu’ils visiteraient. Ils souhaitaient vraiment s’en sortir, retrouver une meilleure vie, et surtout aider l’autre. Sous les fumées de Londres, ils s’inventaient un monde pour eux deux, un peu féérique, et Ludovic faisait bien attention à ne jamais mentionner l’irréalité d’un tel univers. Il n’avait pas oublié l’épisode du Père Noël. Ils se lisaient également des histoires à voix basse, en chuchotant par crainte de réveiller leur père, à la lueur d’une vieille lampe de poche achetée dans une brocante. En se promenant dans les rues, Joyce avait pu récupérer quelques vieux livres jetés par des habitants qui n’en avaient plus rien à faire ; ils avaient également conservé certains des ouvrages de leur ancienne maison, trop attaqués par l’humidité pour pouvoir être vendus. Les jumeaux égayaient ainsi leurs soirées, pour fuir la réalité de leur monde.

Cette situation dura pendant près de trois ans. Ludovic jonglait entre le monde de l’université et le monde de la nuit, dans lequel vivaient son père et son frère. L’appartement était toujours en aussi mauvais état ; la bourse de Ludovic se dissipait dans les jours suivant sa réception et il n’en restait jamais assez pour effectuer les réparations nécessaires. Tout ce que le jeune garçon parvenait à obtenir de son père était de quoi s’acheter des vêtements corrects pour ses cours…et il les partageait avec Joyce, tous deux ayant à peu près la même taille. La fillette avait adopté une coupe courte, coiffée de la même façon que son frère pour s’attirer moins d’ennuis dans la rue, et on les prenait souvent pour de vrais jumeaux. Ils grandissaient tant bien que mal dans l’univers sordide et misérable dans lequel les avait entraînés la déchéance de leur père.

Chapitre III : Nouveau départ
« Le chaos est rempli d’espoir parce qu’il annonce une renaissance. »

Le 12 juin 1971 resta gravé dans la mémoire de Ludovic, comme celui où sa vie prit un nouveau tournant, même s’il ignore encore si c’est pour le meilleur ou le pire. Il était exactement 11h13 et 47 secondes lorsqu’une lettre glissa sous le bois vermoulu de la porte. Les jumeaux étaient présents, ainsi que leur père, encore endormi. Ludovic ramassa l’enveloppe, pour constater immédiatement qu’il s’agissait d’un riche parchemin. L’adresse lui fit froncer les sourcils : « Ludovic Virgile Andrews, Dans la chambre/salon/cuisine, de la mansarde sous les toits, Immeuble décrépi du coin de la rue… ». La fin était plus conventionnelle. Joyce eut un léger rire étouffé en lisant l’adresse.
–Je crois qu’il n’y a pas d’erreur sur la personne…
Difficile en effet d’être plus précis. Ludovic retourna l’enveloppe, aperçut le sceau étrange qui la scellait, et ne ressemblait à aucune armoirie anglaise. De toute façon, qui aurait pu lui écrire ? Le garçon pressentait qu’il s’agissait d’une mauvaise plaisanterie, un bon tour de ses « amis » de l’université, qui avaient dû parvenir à découvrir son adresse malgré le soin qu’il mettait à la dissimuler, à la demande de son père et de sa soeur. Lui-même n’aurait vu aucun mal à la dévoiler ; c’était son adresse, point. Avec un soupir, il se résigna à ouvrir l’enveloppe. Deux lourdes feuilles de parchemin en tombèrent, l’une pour lui annoncer qu’il était désormais inscrit à l’école de magie et de sorcellerie Poudlard, et l’autre qui dévoilait une invraisemblable liste de fournitures magiques diverses, dans laquelle Joyce se plongea avec enthousiasme. Ludovic restait sur l’idée qu’il s’agissait d’une plaisanterie des autres étudiants –dans quel but, il l’ignorait complètement mais ce n’aurait pas été la première fois qu’ils s’en seraient pris à lui. Ils savaient très bien qu’il croyait facilement ce qu’on lui disait.
Les jumeaux n’eurent pas le temps de partager leur ressenti sur l’instant : leur père surgit, s’empara de la lettre qu’il lut en diagonale, avant de la jeter au feu en leur ordonnant de cesser de perdre leur temps. Chacun des enfants fila à ses occupations de la journée ; Ludovic observa ses camarades étudiants pour tenter de découvrir les auteurs de la plaisanterie mais ne décela rien de particulier.
Les jours suivants virent la même chose se reproduire. Des lettres arrivèrent en plus grand nombre, ce qui provoqua la colère de John, qui s’en prit à Ludovic, le rendant responsable de ce désordre puisque les lettres lui étaient destinées, sous le regard outré de Joyce et les ricanements mauvais de William. Le ceinturon était devenu son outil favori au fil des mois, et le dos du garçon garde encore les traces des punitions infligées dans son enfance. De son côté, Ludovic pensait de moins en moins à une plaisanterie –on lui avait dit que les blagues les plus courtes étaient les meilleures ; sans doute celui qui aurait voulu lui jouer un mauvais tour n’aurait pas continué ainsi. Simple supposition de sa part, puisque se livrer à un tel jeu ne lui serait même pas venu à l’idée. En outre, il avait eu le temps d’examiner le parchemin et l’écriture. Il s’agissait de vrai parchemin, pas d’une reproduction récente comme on pouvait en trouver dans les papeteries. Et les lettres étaient écrites à la plume, non au stylo ; on discernait les endroits où le mystérieux expéditeur avait à nouveau plongé la pointe dans l’encrier, les légers accrocs dans le papier. Qui se serait donné autant de mal pour un mauvais tour ?
La réponse à l’énigme vint finalement un peu plus tard, lorsqu’un beau matin, on frappa à la porte. Poussés par l’habitude, Joyce et Ludovic se ruèrent sur le battant pour éviter que le bruit ne réveille leur père. À leur grande surprise, un véritable géant se tenait sur le seuil, quasiment plié en deux et comprimé tant le palier était étroit. Son regard noir, aimable courut d’un jumeau à l’autre tandis qu’il interrogeait d’une voix profonde :
–Ludovic ?
Le garçon put enfin recevoir sa lettre de la part du dénommé Hagrid, gardien des lieux et des clefs à Poudlard, quoi que pût recouvrir un tel titre. Le temps pour les jumeaux d’enfiler leurs vieilles vestes, tous trois descendirent rapidement dans la rue pour discuter plus à l’aise. Et le géant leur confirma en tous point ce que disaient les lettres. Oui, Ludovic était un sorcier, un magicien, et se trouvait de fait inscrit à l’école de Poudlard, en Écosse. Non, Joyce n’en était pas une, sinon elle aurait aussi eu une lettre. Oui, les enfants de « moldus » pouvaient parfois avoir des pouvoirs. Hagrid se trouva enseveli sous une avalanche de questions, mêlant celles, pratiques, de Joyce et celles, plus conceptuelles, de Ludovic, qui s’interrogeait déjà sur l’origine et la nature de ses pouvoirs, la façon dont une baguette pouvait les mettre en œuvre, comment la magie pouvait influer sur le monde, quelles étaient ses possibilités exactes, ses limites, ses contraintes, la façon dont elle s’accordait avec les principes physiques et mathématiques du monde. Hagrid finit par prendre congé, le regard quelque peu vitreux ; il prit le temps de parler à John pour lui expliquer clairement la situation. Toute excitée, Joyce rappela les bizarreries qui avaient entouré toute l’enfance de Ludovic, et qui se trouvaient à présent expliquées. L’esprit cartésien du garçon eut cependant plus de mal à se faire à cette nouvelle réalité, mais son imagination galopante s’élançait déjà à l’assaut des possibilités offertes par la magie. D’une certaine façon, c’était le monde de leurs jeux qui prenait forme.
Ludovic faillit néanmoins refuser la proposition d’aller à Poudlard. La raison en était simple : il ne voulait pas abandonner Joyce ; ils s’étaient juré de s’en sortir ensemble, de partir quand ils seraient plus grands. Hors de question qu’il parte, lui, pour une autre vie, en laissant sa sœur derrière lui. Joyce dut déployer de multiples et nombreux arguments pour le convaincre. À ses yeux, c’était une grande chance pour son frère, peut-être la seule. Il faudrait encore de longues années avant qu’il ne soit majeur et ne puisse échapper à l’emprise de leur père. Les mauvais traitements infligés par John et William, jaloux des dons du garçon, n’allaient pas en diminuant, au contraire. Il leur fallait un souffre-douleur pour évacuer leur propre souffrance, et Ludovic en faisait parfaitement office. Jugement qui se trouva confirmé par la réaction de John devant la révélation des pouvoirs de son fils. De génie, celui-ci passait à quelque chose de plus monstrueux, de contre-nature, de diabolique presque. Aux yeux de John, la magie et la sorcellerie avaient toujours relevé du malin… Que son fils fût pourvu de tels dons ne faisait que confirmer le fait qu’il était bien à l’origine de tous leurs malheurs.
Après quelques jours d’hésitation, avec les encouragements de Joyce qui lui communiqua son enthousiasme, Ludovic finit par prendre la décision d’aller à Poudlard, même si cela signifiait abandonner ses chères études. Rien dans la liste de manuels fournis par l’école n’indiquait un quelconque enseignement des mathématiques…mais après tout, il pouvait emporter ses propres livres. Et découvrir les autres matières s’avèrerait sans doute passionnant. John prit vraiment mal ce choix ; il ne l’accepta pas, même. À la fois, son fils s’engageait dans une voie qui sentait le souffre et échappait aux projets d’avenir qu’il avait pour lui. Il lui en veut encore, des années après, d’avoir « trahi » et « abandonné » sa famille de cette façon, alors qu’il aurait pu les sauver en travaillant. Une accusation qu’il aurait mieux fait de reporter sur lui-même…

Joyce et Ludovic mirent les vacances à profit pour se rendre sur le Chemin de Traverse en suivant les indications données par Hagrid. Ludovic doutait encore un peu des assertions du géant, mais lorsqu’il vit l’arcade magique s’ouvrir devant eux, son incrédulité s’envola définitivement. Il n’y avait pas le moindre mécanisme dans le mur, rien qui présidât au déplacement des pierres et pourtant…elles bougeaient. Émerveillés, les deux enfants remontèrent toute l’allée main dans la main, étudièrent chaque vitrine et passèrent deux fois devant chaque magasin avant de se décider à entrer dans l’un d’eux, complètement fascinés. Joyce avait volé une partie de l’argent nécessaire, piqué le reste dans ce que gardait leur père à la maison, et vidé la majeure partie de sa tirelire commune avec Ludovic, malgré ses protestations. La vendeuse de la première boutique les aiguilla vers Gringotts afin qu’ils changent leur argent, Ludovic se plongea un instant dans les taux de conversion, puis liste en main, ils firent le tour des magasins, sans se limiter à ceux qui vendaient des fournitures scolaires. Le vendeur de balais, l’animalerie magique, ainsi que les autres, eurent également leur visite, même s’ils n’avaient évidemment pas les moyens de s’offrir quoi que ce fût. N’ayant pas eu assez d’argent pour tout acheter en une fois, ils revinrent à plusieurs reprises au cours de l’été pour compléter leurs achats et profiter encore des merveilles offertes par la petite allée magique.
Une fois les livres achetés, ils se plongèrent tous deux dans leur lecture le soir, à la lueur de la fidèle lampe de poche, découvrant ensemble l’histoire du monde de la magie, les sortilèges, la métamorphose, la botanique, les potions…toutes matières qui les faisaient rêver. Ludovic insista encore régulièrement pour que sa sœur vienne avec lui, mais celle-ci refusa en souriant, touchée malgré tout de l’affection de son frère.

Le jour de la rentrée, ils se rendirent tous deux à King’s Cross. William était absent, de même que leur père, qui avait passé la nuit à jouer et à boire en maudissant sa sale engeance de fils. La voie 9 ¾ les amusa tous deux, puis vint le moment des au revoir, assez déchirant pour les jumeaux, séparés pour la première fois de leur vie. Tous deux se souhaitèrent mutuellement bonne chance en se promettant de s’écrire le plus souvent possible. Le voyage fut l’occasion pour Ludovic de découvrir un peu ses futurs condisciples, en observant tous les détails : les snobs aux riches vêtements, sentant l’argent et l’arrogance à plein nez, ceux plus modestes, ceux qui paraissaient plus intelligents ou plus sérieux que les autres…et tout ce que le détail des vêtements, des attitudes, des affaires peut donner à voir et à apprendre sur les autres. La découverte du château fut aussi un émerveillement pour le garçon, qui se laissait pourtant ordinairement peu toucher. La beauté du lieu émut sa sensibilité. Ludovic écrivit à Joyce dès son arrivée, une longue lettre qu’il mit une partie de la nuit à composer, pour lui décrire tout ce qu’il avait vu.

[La suite dans le post suivant ^^"]



Dernière édition par Ludovic V. Andrews le Dim 2 Juin - 18:12, édité 14 fois
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MessageSujet: Re: Ludovic - « Tout enfant est en quelque façon un génie, et tout génie un enfant. » [Schopenhauer] Mer 3 Avr - 14:57





Il découvrit la volière dès le lendemain matin, ainsi que les Scouthibou, les hiboux de l’école toujours prêts, et mis à la disposition des élèves qui n’avaient pas leur propre animal. Et c’était heureux, car jusqu’à présent, Ludovic ne s’était pas demandé comment il allait envoyer ses lettres à Joyce, croyant que les sorciers utilisaient la même poste que les non-sorciers.

La routine de l’école se mit bientôt en place, même si le garçon attira bientôt une partie des regards de ses camarades, attisant leur attention ou leur jalousie. Il avait d’excellentes prédispositions dans la majorité des matières, à l’exception du vol et de la botanique, où sa maladresse éclatait au grand jour. Était-ce sa faute si son balai s’obstinait à ne pas voler droit ou à foncer sur ceux des autres, si les pots de terre lui échappaient des mains ? En revanche, les potions, qui demandaient pourtant de la minutie, ne lui posaient aucun problème : il était doué en chimie, et le dosage des ingrédients magiques, la concentration qu’ils requéraient, tout cela n’avait rien de bien nouveau pour lui. L’apprentissage des sortilèges permit à Ludovic de se découvrir une nouvelle spécificité, sans doute due à son intelligence particulière. Lorsqu’un professeur employait un sort, le garçon le percevait en lui, en comprenait la structure, la puissance, la « forme ». Le fonctionnement, tout simplement. Il ne s’agissait pas vraiment de sensibilité, mais plutôt d’une sorte d’utilisation intuitive de la magie, comme si Ludovic ressentait les sorts, en saisissait le mécanisme profond, l’essence même. Dans le monde moldu, on aurait pu en partie associer cela à certaines caractéristiques des autistes, qui lient les émotions ou les mathématiques avec des couleurs, les décrivent ainsi. Ludovic agit un peu de la même façon en transformant les sorts en combinaisons mentales, qui les lui rendent beaucoup plus faciles à utiliser. En gros, il suffit d’utiliser un sort devant lui pour qu’il le réécrive dans son esprit et soit capable de le restituer en usant de cette combinaison. Il s’agit de la même intuition que celle qu’il a pour les mathématiques, qui les lui rendent évidentes. Ce don ne va évidemment pas sans contrepartie ; les nuances des sorts peuvent l’atteindre. Ainsi un sort trop puissant, ou lié à la magie noire, peut le rendre malade sur le moment. Si on reprend l’exemple des couleurs, ces sorts donnent à ses combinaisons des teintes trop violentes ou beaucoup trop sombres, presque malsaines, auxquelles le garçon est sensible. L’habitude d’utiliser de tels sorts peut le rendre moins malade, ainsi que le fait qu’il maîtrise mieux sa magie au fil des années. De même, cette intuition lui est utile lorsqu’il désire créer ou améliorer un sort : plutôt que de travailler la magie, il joue sur la combinaison jusqu’à obtenir exactement ce qu’il désire, ce qui rend l’exécution du nouveau sortilège beaucoup plus aisée.

La distraction de Ludovic lui a aussi joué des tours à Poudlard. Sa capacité à s’absorber dans ce qu’il fait lui a souvent fait oublier de se rendre en cours, ce qui lui a attiré des punitions et des retenues. Trop souvent plongé dans un livre passionnant qui lui permettait d’approfondir ses cours, il sautait les leçons, les repas parfois, et en omettait de dormir, ou rattrapait les heures de sommeil manquantes sur les horaires des leçons dont il estimait pouvoir se passer. Certains enseignants lui ont clairement fait comprendre qu’il devait faire attention et se concentrer davantage sur ses obligations d’étudiant. Un autre problème, qui a découlé de cela, a été le fait qu’il s’est souvent ennuyé en cours. Il ne refait jamais la même erreur ; aussi entendre les professeurs répéter plusieurs fois les mêmes choses, montrer encore et encore les mêmes sorts l’ennuyait profondément. Là encore, nulle vanité de sa part ; les choses étaient ainsi. De nouveau, il prenait de l’avance sur ses camarades, et mettait souvent à profit ses cours pour faire ses devoirs ou travailler sur autre chose, écrire à Joyce, reprendre ses chères mathématiques, ou se pencher sur un problème d’échecs.
Les jumeaux s’écrivaient de façon toujours assidue, Joyce en demandant toujours plus sur le monde de Poudlard, et Ludovic ne se privant pas de tout lui décrire, avec netteté et précision, au point que ses lettres avaient parfois l’allure de compte-rendu scientifiques. Même avec sa sœur, il ne parvenait pas vraiment à mettre ses émotions par écrit, ou rarement. En revanche, impossible de mettre en doute la fiabilité du moindre détail, tant la rigueur du garçon était visible. Les lettres prenaient aussi un caractère plus pédagogique : Ludovic continuait de donner des exercices à sa sœur, de compenser son absence de scolarité. Le garçon se sentait également coupable de la vie qu’il menait à Poudlard, dans l’immense confort du château : les grands lits à baldaquins, la vaisselle d’or, le feu tous les jours dans les cheminées, la place pour ranger ses affaires, les elfes de maison qui se chargeaient de toutes les corvées ménagères. Pour quelqu’un qui vivait depuis des années dans un logement qui ne dépassait pas les dix mètres carrés, dormait sur un vieux matelas avec une couverture trouée, en se gelant dès que la température baissait un peu, mangeait quand il pouvait en piochant une assiette dans la pile de vaisselle sale posée dans l’évier, et que chacun lavait quand bon lui semblait –les jumeaux s’en chargeaient la plupart du temps, d’ailleurs, car ils étaient ceux qui mangeaient le plus souvent à la maison, John et William étant souvent absents ou arrivant pour mettre les pieds sous la table–, et rangeait ses vêtements dans un petit coin de placard quand ils ne s’empilaient pas sur le sol, c’était le paradis. Ludovic aurait vraiment voulu en faire profiter Joyce, et culpabilisait de profiter à ce point du château, même si cela lui fut aussi salutaire en lui permettant de se nourrir décemment, de prendre un peu de poids, et de dormir normalement, sans craindre les hurlements de son père et les réveils en sursaut. Il trouva cependant rapidement le chemin des cuisines, et prit l’habitude d’y passer régulièrement pour y prendre des choses qui pouvaient se conserver et qu’il envoya à Joyce.

La vie n’était pourtant pas toute rose à l’école. Ludovic apprit vite les différences de sang entre les sorciers, les hiérarchies établies, et qui lui paraissaient complètement absurdes. Elles ne reposaient sur aucun fondement scientifique valable, et lui rappelait en outre une période récente de l’histoire moldue, encore fraîche dans de nombreux esprits. Au final, contrairement au monde moldu, ce n’était pas tant l’argent qui définissait les relations (même s’il y contribuait pas mal), mais la « pureté » du sang et la valeur qu’on lui accordait. Qu’on le considère comme un moins que rien ne le dérangeait pourtant pas, il avait vu pire dans les rues de Londres. Il subit cependant un certain nombre d’avanies de la part d’autres élèves, jaloux de son intelligence et de ses notes ou rejetant son sang « impur ». Ainsi, certains prenaient un malin plaisir à dissimuler ses affaires, à jouer avec elles. Deux histoires marquèrent le garçon : la première fut que des élèves lui piquèrent son précieux jeu d’échecs (précieux dans le sens sentimental ; le jeu était bien trop vieux et usé, ayant souffert de l’humidité, pour avoir une quelconque valeur marchande ; certaines pièces n’étaient même pas d’origine) pour le cacher quelque part dans le château. Ils lui proposèrent ensuite le défi suivant : Ludovic avait trois heures pour faire la preuve de son génie et retrouver le jeu dans l’école, sinon il pouvait lui dire définitivement adieu. Le garçon n’eut d’autre choix que de relever le gant. Et de remporter le défi : il connaissait un peu les élèves qui lui avaient posé l’ultimatum. Cela, ainsi que quelques indices, lui permirent de retrouver son échiquier à temps. Après cela, certains élèves se calmèrent tandis que les autres s’opposèrent encore plus violemment à lui. La seconde affaire fut qu’on trouva et vola une partie de sa correspondance avec Joyce, toujours très abondante, où il lui racontait la vie à Poudlard, et où celle-ci évoquait leurs conditions de vie ou le remerciait pour ses leçons. De larges extraits circulèrent dans tout le château, et les plaisanteries durèrent un moment sur les jumeaux miséreux et le « professeur » Ludovic. Le garçon en fut blessé, non pour lui-même, l’humiliation lui passa en partie au-dessus de la tête, mais pour Joyce, qui fut raillée par les autres étudiants, dont certains ne se privèrent pas de rappeler à Ludovic qu’il n’avait pas sa place à Poudlard et qu’il ferait mieux de retourner vivre dans son taudis. Ce fut l’une des premières fois que le garçon, touché dans sa sensibilité, s’énerva vraiment pour défendre sa sœur. Ce que les autres ne manquèrent pas de remarquer et utilisèrent par la suite contre lui.

Retourner chez lui pour les vacances de Noël fut une étrange expérience pour Ludovic. Il avait en partie oublié à quel point leur logement était misérable, malgré les lettres de Joyce. Il fut cependant profondément heureux de retrouver sa sœur, qui lui manquait toujours autant. Elle partagea sa joie, le remerciant encore de ce qu’il faisait pour elle, alors que le garçon aurait voulu en faire davantage. Tous deux passèrent une partie des vacances à se promener dans les rues enneigées de Londres, aussi loin que possible de John et de William, dont le comportement à l’égard de Ludovic n’avait guère changé, d’autant plus que la perte de la bourse du garçon n’arrangeait absolument pas les affaires de son père. En guise de cadeaux de Noël, les jumeaux s’offrirent mutuellement une part de crumble aux pommes, en souvenir de leur enfance, et des pulls, ornés de deux ailes blanches dans le dos, scellant de nouveau leur pacte : ils arriveraient à prendre leur envol ensemble et à changer de vie, en s’épaulant toujours. Ils prirent soin de les choisir bien trop grands pour eux, afin de les garder le plus longtemps possible. Ludovic confia également à Joyce l’un des cavaliers de son jeu d’échec, dont il avait légèrement modifié les traits pour qu’il lui ressemble un peu. « C’est celui qui me ressemble le plus…il n’avance pas en ligne droite, et il surprend les autres…et ce n’est pas la meilleure pièce ». En échange, il garda toujours sur lui la reine du jeu. Bien sûr, le lien créé entre les jumeaux n’était pas vraiment réel, n’avait rien de tangible…mais de cette façon, ce serait comme si Ludovic accompagnait Joyce partout et que celle-ci venait avec lui à Poudlard. Le garçon promit également à sa sœur de travailler à un moyen de faire communiquer les pièces entre elles, pour qu’ils puissent parler plus facilement, comme s’ils étaient l’un à côté de l’autre, plutôt que de passer sans cesse par l’intermédiaire des lettres.

La fin de l’année se déroula normalement et Ludovic réussit brillamment ses examens d’entrée en seconde année. Il y a peu de choses à dire sur la deuxième année, qui se déroula de la même façon que la précédente. La jalousie et la rancune de ses condisciples ne diminuèrent pas, au contraire. Aux yeux des sang-purs, il paraissait complètement aberrant qu’un simple né-moldu, pauvre de surcroît, fût le meilleur élève de l’école. Ludovic ne se souciait pas de leur avis, même s’il eut à subir encore les conséquences de leurs préjugés. La fin de la deuxième année lui permit de choisir ses options pour l’année suivante : il négligea la divination qui lui paraissait être du pur charlatanisme, même dans le monde des sorciers, ainsi que les soins aux créatures magiques, décision plutôt sage eu égard à sa maladresse habituelle. Il connaissait par ailleurs trop bien le monde moldu pour avoir envie de l’étudier, même du point de vue des sorciers. L’Arithmancie et l’Etude des Runes, propres à satisfaire son amour des mathématiques et des langues, retinrent son attention. Ludovic progressa aussi vite dans ces matières que dans les autres, acquérant rapidement de grandes connaissances, notamment grâce aux livres de la bibliothèque ; en deux mois, il délaissa les volumes de base, pour se plonger dans ceux d’un niveau beaucoup plus avancé. Il avançait vite, au point que Dumbledore finit par lui proposer, à l’issue de la 3ème année, de passer directement en 5ème année, seule solution à sa disposition pour occuper davantage Ludovic et le pousser à porter intérêt aux cours. Le garçon accepta immédiatement, peu conscient des jalousies supplémentaires que cela allait lui attirer, ou du fait qu’il allait se retrouver dans les cours de ceux-là mêmes qui ne l’appréciaient pas.
À mesure que les années passaient, il entendit également parler de la menace de plus en plus grande que faisait peser Voldemort sur le monde magique, mais aussi moldu. Ludovic ne tarda pas à comprendre que les gens comme lui seraient les premiers visés par les Mangemorts, ainsi que s’appelaient les sbires du mage noir.

Tandis que sa scolarité à Poudlard se déroulait à merveille, il n’en allait pas de même pour sa vie familiale, qu’il retrouvait à toutes les vacances. Certes, Ludovic aurait pu rester au château pendant l’année et ne rentrer que pour l’été, mais une fois de plus, il ne voulait pas abandonner Joyce, même si cela signifiait subir les colères de son père et de son frère. Au fil des années, William était devenu un adolescent et un jeune homme de plus en plus violent, plongé dans le vice et la dépravation, qui ne craignait pas de jouer du couteau pour imposer ses vues. Il avait quitté sa première bande pour fonder la sienne, et avait rassemblé autour de lui un groupe de jeunes souvent plus âgés, qui squattait dans les vieux appartements de l’East End, qu’ils avaient bien aménagé et qui leur servait de quartier général. Alliés à un cartel, trafic de drogue et vols constituaient leurs principales sources de revenus. William continuait d’employer Joyce : celle-ci avait développé ses talents de pickpocket ; de plus, elle restait petite et fine, très agile. L’idéal pour s’introduire dans les maisons, se faufiler dans toutes les rues et échapper ainsi aux policiers de Londres. Livraisons de drogue, repérage des maisons, guet : tous les rôles pouvaient lui échoir. Elle les remplissait aussi bien que possible, bien que ce ne fût pas de gaieté de cœur. Son seul soutien demeurait Ludovic : celui-ci était finalement parvenu à mettre au point son sortilège de communication en s’inspirant de ceux trouvés dans de vieux grimoires de Poudlard. En travaillant la façon dont il ressentait les sortilèges, il était parvenu à trouver la nuance exacte qu’il cherchait, quelque chose qui symbolisait vraiment sa volonté de rester proche de sa sœur, de lui parler. Ainsi, il suffisait à présent à Joyce de prendre sa figurine de cavalier, de prononcer le nom de son frère, et aussitôt la statuette s’animait, parlant avec la voix de son frère. Une sorte de téléphone mobile, avec des combinés un peu particuliers et sans numéro à composer. Ne manquait plus que l’image. Les jumeaux passèrent de longues soirées à se parler, à échanger encore sur leur vie, à faire des plans d’avenir.
William prenait Ludovic en charge pendant les vacances également. Sa bande avait monté un petit laboratoire clandestin dans les profondeurs du quartier, et avoir un chimiste supplémentaire, qu’il n’était pas nécessaire de payer cher, les avantageait. Le garçon accompagnait également Joyce dans ses distributions et aidait encore William à mettre au point le plan de ses opérations. On aurait pu penser que passer ses vacances à pratiquer de telles activités aurait fatalement entraîné le garçon dans la délinquance, et il est vrai que William faisait tout pour salir son frère, lui faire descendre la même pente que lui. Finalement, c’était une manifestation de ce besoin qu’éprouvent les mauvais à détruire les autres, à salir ce qui est encore bon pour l’entraîner dans leur propre déchéance. Une façon de prouver qu’ils ont raison et que les autres ont tort. La jalousie de William n’aurait pu souhaiter plus grande victoire que de voir sombrer son génie de frère dans le même monde obscur que lui. Manque de chance pour lui, même si Ludovic se pliait aux exigences de son frère, il gardait sa pureté d’âme, son innocence. Ses intentions étaient toujours de satisfaire William, jamais de faire le mal volontairement –et c’était un concept qui lui échappait en grande partie. Il manifestait un certain détachement envers ses actes, les effectuait parce qu’il n’avait pas le choix, mais n’y mettait rien de lui-même. D’une certaine façon, l’intelligence qu’il mettait dans ses mauvaises actions lui servait de protection.
John manifestait toujours la même colère à l’égard de son fils cadet. A mesure qu’il la nourrissait au fil des mois, la ruminait, elle ne cessait de devenir plus violente. Rien ne lui plaisait davantage que d’humilier Ludovic, de lui confisquer ses affaires, de lui donner toutes les corvées de la maison, de lui faire acheter ou servir son alcool quotidien. Là encore s’exprimait le même désir de nuire que celui de William, complètement injustifié, irrationnel, et rendu d’autant plus dangereux par cette absence de raison. Quoi de mieux que de rabaisser un génie pour se sentir mieux soi-même ?
Joyce protégeait Ludovic du mieux qu’elle pouvait et les jumeaux se débrouillaient pour passer le maximum de temps à l’extérieur, loin de leur famille. Ils se promenaient dans Londres, se réfugiaient dans des quartiers plus agréables malgré les regards appuyés que les passants jetaient sur leurs vêtements. Ils retournaient également souvent sur le Chemin de Traverse. À chaque fois, Ludovic revendait ses livres de l’année précédente pour pouvoir acheter les nouveaux, ainsi que d’autres uniformes lorsqu’il avait vraiment trop grandi. Demeurée plus petite, Joyce récupérait les autres. Le garçon aurait bien aimé conserver ses ouvrages, pour que sa sœur puisse mieux les lire, mais il savait bien que son père se serait empressé de s’en servir comme allume-feux.
Les retours à Poudlard étaient toujours une bénédiction pour Ludovic, même si certains de ses camarades s’interrogeaient sur son air malade à chaque fois qu’il revenait, plus pâle et plus mince, plus fatigué aussi. De fait, le manque de nourriture, l’insalubrité de leur logement sordide et les mauvais traitements marquaient le garçon.
Le château était vraiment la fuite et le salut de Ludovic. Ça le tuait de rester chez eux, dans ce monde pour lequel il n’était pas fait, cette ambiance délétère et malsaine, destructrice.

Chapitre IV : l’innocence est le dernier repas du vice
« Ecraser l'innocent qui résiste, c'est un moyen que les tyrans emploient pour se faire place en mainte circonstance. »

Le summum fut atteint à l’issue de la cinquième année de Ludovic à Poudlard, alors qu’il venait de fêter ses quinze ans. L’examen des BUSE ne lui avait pas vraiment posé de problème et il ne s’inquiétait pas particulièrement des résultats. Certes, il n’était pas certain d’obtenir une excellente note en Botanique, qui demeurait son point faible, ainsi que l’histoire de la magie, non parce qu’il était ignorant de cette dernière, mais parce que l’enseignement de Binns l’ennuyait profondément, et que la prise de note bête et méchante n’était pas vraiment faite pour lui. Pour autant, il s’en sortit à l’examen, par les livres qu’il avait lus à côté, sur les sujets qui l’intéressaient et recouvraient par chance l’essentiel du programme, même s’il ne put absolument pas répondre à certaines questions.
Le retour chez lui ne fut pas des plus joyeux. L’ambiance glauque de leur logement n’avait pas changé, même si Joyce l’égayait autant qu’elle pouvait. Les années l’avaient marquée, elle avait un peu moins d’entrain, portait le poids des privations. La rue avait imprimé sa marque sur elle, bien qu’elle conservât le même genre d’innocence que son frère, la même volonté de s’en sortir. Elle n’avait pas perdu ses qualités de battante, grâce au soutien de Ludovic depuis Poudlard. Les jumeaux étaient toujours aussi heureux de se retrouver. Malheureusement, le retour de Ludovic coïncida avec une période de déprime profonde de John, qu’il fallait sans doute attribuer au jeu ou à ses dettes. Retrouver son souffre-douleur préféré fut un soulagement pour lui. La situation se maintint tant bien que mal les premiers jours ; Ludovic retrouva également la bande de William, qui ne cessait de vouloir l’entraîner sur leur chemin. Alcool et drogues circulaient allègrement entre eux ; le garçon y touchait le moins possible. Un verre lui suffisait pour la soirée, tandis que les autres les enchaînaient ; les filles riaient, perdaient toute retenue, les garçons devenaient beaucoup plus entreprenants, et bientôt, des couples (rarement les mêmes d’une fois sur l’autre) s’esquivaient dans des pièces plus discrètes de l’appartement. Les surnoms fleurissaient parmi eux sur Ludovic ; ils l’embêtaient souvent, l’invitaient dans leurs jeux pas très innocents, lui faisaient de mauvaises blagues…en bref, s’amusaient à ses dépens sans que Ludovic comprenne vraiment leurs intentions. Ceux-là formaient le noyau dur de la bande de William, les plus dépravés. Il employait également de petites frappes, des jeunes voyous pour les affaires qu’il sous-traitait mais ces derniers ignoraient tout de lui. Le noyau connaissait bien Ludovic, même s’il ignorait tout de ses pouvoirs et de l’école pour gros cerveaux où il passait une bonne partie de l’année. Et il prenait plaisir à suivre le comportement de William, à essayer de le manipuler. C’était un simple jeu, pour eux, que de s’amuser aux dépens du petit génie, incapable de voir qu’on se moquait de lui.
De son côté, William était toujours le même. Ses trafics lui assuraient des revenus plutôt confortables, et il en donnait une partie à son père pour lui permettre de continuer à mener son existence. C’était plus du mépris que de la reconnaissance filiale, et c’était le moyen le plus sûr pour que John le laisse mener sa vie comme il l’entendait.

La situation commença de basculer un soir de juillet, alors que John s’énervait sur Ludovic, pour que celui-ci lui apportât sa bouteille de la soirée. Dans son empressement à le faire, le garçon heurta la table dans sa maladresse habituelle, la bouteille lui échappa des mains et alla exploser au sol de la plus belle façon. Le bruit du verre puis le léger glougloutement du liquide coulant sur le sol figea le garçon, tandis que le regard de John se faisait de plus en plus terrible, et que son visage changeait de couleur au point que l’on put craindre un instant qu’il ne fît une crise d’apoplexie. Les excuses de Ludovic furent tout à fait inutiles, et son père lui administra une belle correction, avant d’aller se chercher lui-même à boire, laissant le garçon éponger à genoux le désastre malgré la douleur de son dos.
Pour lui changer les idées, et se calmer elle-même, Joyce l’emmena le lendemain dans l’une de leurs promenades habituelles. La jeune fille ne décolérait pas contre leur père, tandis que Ludovic était plutôt de l’avis de laisser couler, cherchant des excuses à John. Après tout, c’était sa propre faute si ça avait fini ainsi, il avait été maladroit…c’était normal qu’il ait été puni. Mais Joyce refusait ses raisons, même si faire comprendre à Ludovic le problème de l’attitude de leur père était perdu d’avance. Tant que cela le touchait, le garçon prenait tout pour lui ; ses difficultés à saisir les relations sociales l’empêchaient de se révolter. Il ne le faisait que pour défendre Joyce. Tandis qu’ils discutaient, leur promenade les entraîna sur l’une des artères commerçantes de Londres. C’était une belle journée pour une fois, le ciel était dégagé, la température agréable, et le soleil brillait. Les jumeaux en profitaient pleinement, tout en observant les boutiques, rêvant de ce qu’ils aimeraient acheter, de ce qu’ils auraient pu s’offrir pour leur anniversaire, que tout le monde avait soigneusement passé sous silence.
Et c’est alors qu’ils parlaient sereinement que le monde se renversa.

–Tu as vu ces livres ? s’enthousiasma Joyce, en désignant la vitrine d’une librairie.
Ludovic s’approcha pour mieux les observer, sous le regard soupçonneux du libraire. Ils n’étaient pas habillés pour ce quartier, c’était visible, même si Ludovic ne comprenait pas la défiance des autres. Être pauvre ne lui avait jamais paru honteux, et il ne voyait pas la nécessité de le cacher. C’était un état comme un autre, dont il cherchait à sortir avec sa sœur. Les belles couvertures brillantes s’étalaient sous leurs yeux, aussi inaccessibles que si elles s’étaient trouvées dans le coffre-fort d’une banque : ils n’avaient pas les moyens de se les offrir. Les seules dépenses qu’ils acceptaient de faire étaient au moment de Noël, et pour les affaires de Ludovic. Tout le reste de l’argent, celui donné par William à Ludovic en échange de ses services de chimiste, celui gagné par Joyce, rejoignait leur petite cagnotte, qui grossissait petit à petit sans atteindre une somme mirobolante pour autant.
–J’aime bien celui-là…
Le garçon n’eut pas le temps de finir sa phrase. Une ombre dans la vitre attira son regard. Deux tourbillons de fumée noire jaillirent dans leur dos, semant cris et terreur sur leur chemin. Joyce se retourna, jetant un regard interrogateur à son frère. « Des sorciers ? ». Le garçon confirma d’un signe de tête, saisit sa sœur par la main pour l’entraîner dans la direction opposée, mais elle reprit rapidement l’initiative. Plus que des sorciers, des Mangemorts. Ludovic ne connaissait pas leur mode opératoire, mais eux seuls pouvaient agir de cette façon. Les tourbillons sombres descendirent la rue, puis la remontèrent dans l’autre sens, bloquant les extrémités. Les gens criaient autour d’eux, hurlaient, tandis que Joyce cherchait désespérément une issue de secours. Ludovic regretta de ne pas avoir sa baguette sur lui. L’éclat du soleil donnait un relief étrange à la situation. Le garçon se sentait étrangement détaché, incapable de réagir comme il l’aurait fallu. Les deux mondes entre lesquels il vivait n’auraient pas dû se rejoindre de cette façon. Le chaos régnait dans la rue ; des sortilèges jaillirent des baguettes des Mangemorts, frappant au hasard les passants affolés. Bientôt, les jumeaux se trouvèrent acculés par l’un des hommes. Ludovic se plaça devant sa sœur, prêt à la défendre, mais sans arme, il ne pouvait rien faire. À son attitude, à l’absence de surprise sur ses traits, le Mangemort déduisit sa nature de sorcier…et de sang-de-bourbe.
–Un sang-de-bourbe, quelle chance…Voilà qui promet de beaux amusements en perspective. Ainsi qu’avec ta sœur… Cela assainira à la fois les rues de cette ville et le monde des sorciers…
Une joie mauvaise, malsaine suintait de ses paroles, tandis qu’il poursuivait son laïus sur l’impureté des nés-moldus. Joyce fut la première à réagir, entraînant son frère derrière elle pour fuir vers l’autre bout de la rue. Ils n’eurent pas le temps d’aller bien loin. Le rire du Mangemort s’éleva derrière eux. Un premier sortilège jaillit, atteignant Joyce aux jambes et la faisant tomber. Ludovic se baissa, essaya de la relever mais la souffrance tordait les traits de sa sœur, qui lui souffla de partir. Le garçon refusa d’un signe de tête définitif. Il ne la laisserait pas. Un autre sortilège fusa à côté d’eux. Ludovic n’eut que le temps de penser « raté ! », avant de comprendre. Ce n’était pas eux que le sorcier avait visé. Mais la vitrine juste à côté. Le monde explosa, dans un tintement de verre, et un déluge de cristal s’abattit sur eux, sur lequel la lumière se reflétait étrangement. Plus proche de la vitre, Joyce cria. Ludovic aussi, sans doute, tandis que la douleur fulgurait au niveau de ses yeux, de son visage, de son corps aussi, comme une déchirure aiguë. Un liquide chaud coula sur son visage ; il se sentit tomber sur le sol au milieu des éclats de verre dont certains se teintaient de sang. Joyce était étendue juste à côté de lui… L’obscurité et la douleur l’engloutirent.

Ludovic se réveilla à Sainte Mangouste, sans aucun souvenir de la scène. La première pensée qui lui vint fut de s’étonner de se trouver ainsi dans le noir complet, une drôle d’obscurité, beaucoup plus profonde que celle à laquelle il était habitué, presque douloureuse, pesant sur ses yeux. La seconde fut pour Joyce tandis que l’inquiétude l’envahissait ; en essayant de se rappeler ce qui s’était passé, Ludovic ne voyait que deux choses : des éclats de verre brillants, étincelants au soleil, puis tachés de sang, qui le rendaient nauséeux, et qu’accompagnait un rire qu’il ne connaissait pas. Joyce n’apparaissait pas dans tout cela, et il ne sentait pas sa présence à côté de lui, dans cette obscurité qui lui rendait le monde étranger.
Ce furent les guérisseurs de l’hôpital, alertés, qui vinrent lui expliquer la situation avec calme et douceur. L’attaque des Mangemorts avait été mise en déroute par les Aurors, mais ils avaient eu le temps de faire de nombreux dégâts. Les autres victimes mises à part, Joyce et Ludovic avaient été les plus touchés par l’explosion de la vitrine… Le garçon coupa court à leurs propos pour avoir des nouvelles de sa sœur, le cœur battant la chamade. Les guérisseurs lui annoncèrent qu’elle s’en était plutôt bien sortie ; comme elle était placée parallèlement à la vitrine, et non en face comme lui, elle avait été moins touchée. Il n’y avait rien que la magie ne pût réparer. En revanche, plus inquiétant était le sort de sa jambe atteinte par le maléfice. Les guérisseurs avaient tout fait pour le circonscrire, mais ils ne disposaient pas du contre-sort adéquat. Au mieux, Joyce boiterait toute sa vie. Soulagé, Ludovic ne put cependant s’empêcher d’en voir une partie des conséquences immédiates : ainsi blessée, Joyce serait d’une moindre utilité à leur frère.
Ce n’est que lorsqu’il pensa à demander aux guérisseurs pourquoi ils restaient ainsi dans l’obscurité qu’il s’intéressa à son propre cas. Le silence gêné du personnel de l’hôpital l’étonna, avant que l’un d’eux ne prît la parole. Lui n’avait pas eu autant de chance que Joyce. Il était tourné vers sa sœur, juste en face de la vitrine, et avait reçu les éclats de plein fouet. Il avait perdu beaucoup de sang, le temps que les secours arrivent, mais la magie avait arrangé l’essentiel. Il ne garderait pas de cicatrices…Mais là encore, la magie montrait ses limites. Ludovic avait été atteint aux yeux ; les guérisseurs avaient fait ce qu’ils pouvaient, mais ils n’avaient pas pu sauver la vue de son œil droit. C’était déjà une chance qu’il ait pu conserver l’œil originel, mais il n’y verrait plus jamais de ce côté. Le gauche était touché également, dans une moindre mesure. Il faudrait attendre quelque temps et faire des examens complémentaires pour connaître les conséquences exactes. D’où cette obscurité dans laquelle le garçon était plongé, comme il le constata en portant la main à son visage. Le poids sur ses yeux s’expliquait par les bandages.

Le garçon passa quelques jours à l’hôpital, surveillé par les médicomages. Ni John ni William ne vinrent le voir. Il n’y eut que Joyce, remise la première, pour s’assoir à côté de lui et lui parler, apaiser son angoisse à l’idée de finir aveugle. Ce serait tout son univers qui lui échapperait si c’était le cas. Comment voir les formules mathématiques, être capable de lancer un sort ? Et il serait un fardeau pour Joyce… Il s’inquiéta également pour elle, même si elle s’efforça de le rassurer au maximum sur son avenir. Des cauchemars commencèrent à hanter les nuits du garçon, dans lesquels il ne cessait de revoir les éclats de verre teintés de sang et d’entendre le rire du Mangemort, auquel se mêlait également les cris de son père…tout ce dont il se souvenait.
Les guérisseurs enlevèrent bientôt ses bandages ; de nouveau, Joyce fut la seule présente à ce moment. L’obscurité demeura du côté droit, comme on le lui avait annoncé. La glace lui renvoyait étrangement son reflet. L’iris avait pâli, le bleu/vert était plus clair que de l’autre côté et une légère éraflure le traversait. De petits changements qui signifiaient tout. A gauche…rien de particulier en apparence, mais Ludovic ne tarda pas à se rendre compte qu’il y voyait moins également. Les examens de Ste Mangouste confirmèrent son impression. La vue de son œil gauche avait bien baissé, ce qui l’obligerait à porter des lunettes en cours, ou pour voir de loin. Une autre conséquence ne tarda pas à devenir visible lorsque Ludovic eut passé un moment à lire dans sa chambre en compagnie de sa sœur. Tout se troubla d’un coup, au point qu’il ne distinguait plus que vaguement les formes et les couleurs. Joyce était devenue une silhouette à peine identifiable, le livre une tache d’un blanc légèrement différent, plus jaune, de celui des draps, tandis que les lignes d’écriture n’étaient que de minces traits noirs, à peine visibles, et qui ondulaient. Alerté, l’ophtalmologiste de l’hôpital affina son diagnostic : cela se produirait dès que Ludovic lirait trop longtemps, se concentrerait trop sur quelque chose, ou qu’il serait fatigué. Les lunettes ne permettraient pas de résoudre le problème, juste de l’atténuer un peu. Joyce protesta violemment contre le médecin et la magie, affirmant qu’avec ses pouvoirs, il devrait bien arriver à quelque chose, mais le guérisseur lui rappela que la magie ne pouvait pas tout, et qu’ils avaient encore des progrès à faire. En attendant, Ludovic devait se montrer prudent, à moins de courir le risque de devenir totalement aveugle. Le garçon accepta son sort avec fatalité, cachant au fond de lui à quel point cela le touchait. Il eut vite un aperçu des conséquences que la perte d’un œil entraînait. En plus de la disparition évidente d’une partie de son champ visuel, il avait également du mal avec les reliefs et les distances, qu’il ne parvenait plus à évaluer clairement. De simples gestes du quotidien prenaient une nouvelle dimension : reboucher un stylo, verser de l’eau correctement dans un verre demandaient une attention particulière. C’était également très gênant pour lui lorsque quelqu’un se présentait par sa droite ; il ne voyait pas la personne ni ses gestes, ne pouvait que sentir sa présence. Le guérisseur l’avait aussi prévenu des risques qu’il y avait à sortir dans le brouillard : celui-ci gommait encore plus toutes les formes et les distances. Dans le fog londonien, le garçon serait totalement aveugle.
Les jumeaux sortirent ensemble de l’hôpital. Joyce portait une légère attelle à la cheville, qu’elle ne devrait plus quitter, et s’aidait encore d’une paire de béquilles qui disparaîtrait dans les jours suivants. Ludovic n’avait pas pensé jusqu’alors à la réaction de leur père face à leur accident. L’hôpital l’avait sans nul doute prévenu de ce qui s’était passé, mais il n’avait pas réagi, et le garçon avait bien perçu la tonalité compatissante des guérisseurs…ainsi qu’il savait qu’ils l’avaient vu torse nu, et qu’ils n’avaient pu ignorer les marques, anciennes ou plus récentes, laissées par les corrections de son père. Le garçon n’avait rien dit sur le sujet, pas plus qu’il n’avait répondu aux questions détournées des médicomages. Mais cela demeurait au rang de ses préoccupations secondaires. Ce qui l’inquiéta surtout, en sortant de l’établissement, c’était l’ordonnance pour ses lunettes. Ils n’avaient pas les moyens de s’offrir de tels verres. Il lui faudrait demander une avance à William…en espérant qu’il accepte.
À leur retour, Joyce tenta d’expliquer calmement la situation à leur père, mais celui-ci, soûl comme à son habitude, retint surtout que tout était arrivé à cause de sorciers. Joyce lui était utile, par l’argent qu’elle rapportait à la maison et dont il s’appropriait une majeure partie. Avec sa blessure, c’était une bonne part de ses revenus qui s’envolaient. Par la faute de Ludovic, une fois de plus. Le garçon ne comprit pas en quoi il était responsable de l’attaque des Mangemorts, mais son père s’en prit violemment aux sorciers, à cette engeance maudite, avant de cibler ses attaques contre lui. Sans que Ludovic n’eût le temps de réagir ou de protester, John déversa sur lui toute sa colère, puis s’en prit à ses affaires de sorcier. Le garçon voulut le retenir lorsque son père s’empara de sa baguette, mais il fut violemment repoussé, et l’homme brisa le fin morceau de bois sur son genou, en lui criant qu’il ne retournerait jamais dans son école de monstres et d’erreurs de la nature. Hébété, le garçon ne put qu’assister à la démonstration de haine de son père.

Il se retrouva il ne sut comment chez William, avec Joyce en train de lui résumer la situation. L’aîné compatit à la situation de ses cadets, et fut d’accord pour les héberger quelque temps, en échange de leurs services. Il accepta également de prendre en charge les lunettes de son frère, à condition que celui-ci consacre une partie de ses journées à travailler pour lui afin de le rembourser. Sa soudaine générosité n’était pas franchement surprenante ; avoir Ludovic à domicile lui permettrait de continuer ce qu’il avait entrepris avec lui. Son désir de nuisance était plus sournois, plus malsain que celui de John.
Joyce retourna chez leur père en compagnie de William pour récupérer le reste des affaires de Ludovic, ainsi que son propre argent. Ce qui ne leur posa guère de problème : sa rage aveugle écoulée, John s’était effondré dans un fauteuil et cuvait. Ludovic leur en fut pleinement reconnaissant.
Les jours suivants furent plutôt tranquilles. Les amis de William le laissèrent en paix, assez longtemps pour qu’il puisse se croire en sécurité, assez peu pour qu’il n’ait pas complètement le temps de se remettre du choc de l’attentat et de la colère de John. Facilement manipulable, démoralisé, fatigué, le garçon se laissa bientôt prendre par les paroles des autres, qui se montraient compatissants, l’encourageant à boire ou à se détendre afin de mieux se ressaisir. Ludovic commença à les suivre, à « profiter » un peu plus des soirées. Son état de choc lui avait fait perdre encore plus ses repères, et il tomba sous l’emprise des amis de son frère, sans vraiment s’en rendre compte. L’une des filles, surtout, obéissant en cela aux ordres de William, se montra particulièrement compatissante et attentionnée, plaignit le garçon pour sa blessure et pour le comportement de son père. Âgée d’environ vingt-six ans, elle était la petite amie attitrée du second de William et se prénommait Alison.
Ce fut au début du mois d’août que la situation dérapa de nouveau.
Ludovic était rentré plus tard que prévu du laboratoire de son frère, et lorsqu’il arriva à l’appartement, les amis de William, ainsi que d’autres de leurs connaissances, avaient déjà bien entamé la soirée. Des cadavres de bouteilles avaient roulé sur le sol, l’odeur des cigarettes régnait partout, ainsi que celle, plus amère, d’herbes moins légales. Garçons et filles riaient dans la pénombre, prunelles élargies par les substances ingurgitées. L’alcool leur donnait le teint blême et luisant, et des sourires lubriques fleurissaient un peu partout, tandis que certains s’esquivaient déjà. Ludovic avait à peine fait trois pas dans la pièce, qu’on lui mettait un verre dans la main. Le garçon le but machinalement, en cherchant sa sœur dans la foule, mais c’était perdu d’avance. Il y avait trop de monde, pas assez de lumière…il n’y voyait plus assez pour espérer la trouver, et il savait aussi qu’elle avait tendance à fuir ce genre d’occasions. Bientôt, Alison l’appela d’un geste de la main pour le faire venir dans son groupe ; le garçon s’y joignit tout en disant qu’il était fatigué, qu’il ne tarderait pas à aller se coucher.
Une heure plus tard, il se trouvait encore parmi eux, un autre verre à la main. Il ignorait si c’était le premier ou le troisième ou davantage ; ses pensées étaient troubles, vagues, impossibles à fixer. Des rires continuaient de fuser autour de lui, lui vrillaient la tête.
–Eh Andrews, t’es pas un peu vert ? Quand on ne tient pas l’alcool, on s’abstient !
La voix venait de sa droite. Impossible pour lui de distinguer la personne. Une main douce et fraîche se posa sur sa joue. Ludovic releva le regard, fiévreux. Alison se tenait devant lui, un sourire gentil aux lèvres.
–Laisse-les dire… Ils ne savent pas ce que tu vaux. Viens avec moi, on va trouver un meilleur endroit…
Le garçon se leva, aspirant à un peu d’air frais. Ses pensées étaient toujours aussi vacillantes ; Alison le guida hors de la pièce principale, le conduisit un peu plus loin, dans une salle dont il mit un instant à reconnaître la nature. Une chambre.
–Alison…
D’un sourire, la jeune femme le fit taire ; elle s’approcha de lui, charmante comme elle l’avait été ces derniers temps avec lui. Ludovic l’appréciait bien…mais le regard vert d’Alison avait quelque chose de troublant ce soir-là. Elle posa la main sur son épaule. Ludovic frissonna en la sentant à travers le fin tissu de sa chemise. Alison s’était encore approchée. Le garçon eut un geste pour reculer, sentant que la situation n’était pas tout à fait normale, mais elle le retint. L’instant d’après, elle posait ses lèvres sur les siennes, en un long baiser, à la fois doux et sauvage. Ludovic se surprit à lui répondre, avant d’en prendre conscience. Ce n’était pas désagréable en soi… La voix de la jeune femme se fit tendre, ferme aussi. Il lui répondit, sans être très sûr de ce qu’il disait. Une sensation de fraîcheur envoya un frisson le long de sa colonne vertébrale ; Alison avait glissé une main sous sa chemise, et lui caressait doucement le dos. L’instant d’après, le vêtement béait et la jeune femme l’embrassait dans le cou, en haut de la poitrine… Sous l’emprise de l’alcool et des sensations qui parcouraient son corps, Ludovic se laissa entraîner vers le lit, où ils s’allongèrent tous deux, Alison l’embrassant toujours. Sa main trouva le haut de la jeune femme, le fit doucement glisser, tandis qu’elle le caressait. Ses doigts glissèrent dans la longue chevelure, et ils s’enlacèrent. Leurs peaux nues se touchèrent.

Lorsque Ludovic reprit conscience de la réalité, l’obscurité et le silence régnaient dans l’appartement. Il se sentait nauséeux, malade. La migraine jouait des percussions sous ses cheveux, tambourinant dans sa boîte crânienne, et il avait mal au cœur. La pénombre l’empêchait de distinguer l’endroit où il se trouvait, mais un léger mouvement à côté de lui le fit sursauter. La chevelure blonde d’Alison coula à côté de lui. Le cœur du garçon rata un battement, tandis que les souvenirs de la soirée remontaient lentement à la surface, franchissant les remparts de la migraine. La honte envahit Ludovic, et il dut lutter plus fortement contre la nausée. Aussi silencieusement que possible, il se leva, cherchant à tâtons ses vêtements dans la pénombre de la chambre. Ses idées étaient encore floues, mais il se rappelait sa fatigue, la façon dont les autres l’avaient fait boire, la douceur d’Alison… Ce qui avait suivi. Comment était-ce possible ? Comment avait-il pu perdre le contrôle à ce point ? Comment avait-il pu accepter de se donner ainsi à une fille qui lui était quasiment inconnue ? Elle avait onze ans de plus que lui ! Il n’était même pas majeur… Qu’est-ce qui s’était passé ?
Tremblant, incapable de comprendre ce qui lui était arrivé, effrayé, le garçon mit son pantalon, trouva sa chemise… Il n’avait qu’une envie, fuir cette pièce, se réfugier dans un endroit où on le laisserait tranquille pour de bon. Il enfilait sa chemise, lorsque la porte de la chambre s’ouvrit dans son dos. Une large silhouette se découpa dans l’encadrement. Ludovic se figea un instant avant de pivoter pour distinguer la personne qui entrait.
–Aly ? On m’a dit que…
Toby. Le second de William et petit ami jaloux d’Alison. Leurs regards se croisèrent. Du moins, l’œil valide de Ludovic rencontra l’éclat furieux de l’autre, avant qu’il ne s’ébranle. Une seconde plus tard, le garçon reculait sous le coup qu’on lui portait au visage, se trouvait crocheté par le col de sa chemise encore ouverte, et plaqué violemment contre le mur, le bras de l’autre appuyant sur son cou.
–Petite ordure, souffla l’autre, tu profites que j’ai le dos tourné… Pas parce que t’es le frère de Will que t’es tout permis…
Suffoquant, Ludovic tenta de protester mais Toby ne lui en laissa pas le temps. Tout en relâchant sa prise sur son cou, l’homme cueillit le garçon au ventre d’un coup de poing qui le plia en deux, et le précipita à genoux sur le sol, en crachant une partie de l’alcool avalé au cours de la soirée. Ludovic leva la main mais l’autre ne s’arrêta pas. Gémissant, le garçon se retrouva au sol, tâchant de se protéger. Le bruit finit par réveiller Alyson qui alluma la lumière et découvrit la scène.
–Toby, arrête !
Ludovic resta au sol, recroquevillé, tandis que les deux autres s’expliquaient, et qu’il comprenait peu à peu qu’Alison l’avait manœuvré pour l’amener à dormir avec elle. « Ce n’était qu’un jeu, qu’un divertissement… Toi aussi, tu m’as bien trompée… Jeune et beau… le faire venir avec nous…Juste une façon de passer du bon temps, tu sais que je suis avec toi. » Le dialogue ne lui parvint pas entièrement, il se sentait trop mal pour se concentrer dessus, mais les bribes qu’il entendait étaient édifiantes. Les commentaires de la jeune femme lui étaient autant destinés qu’à Toby, le déclarant maintenant prêt à aller avec les autres filles. Il n’avait été qu’un jouet entre les mains d’Alison, qui avait surtout voulu profiter de sa jeunesse…et rendre aussi service à Will en brisant son innocence, en le blessant au point qu’il n’ait d’autre solution que de se laisser happer par leur univers à son tour.

Ce fut Joyce qui le sauva. Elle soigna les blessures infligées par le passage à tabac de Toby avec douceur, s’inquiéta pour son œil gauche, qui avait viré au noir, craignant que sa vue ne baisse encore. Ludovic se réfugia auprès d’elle ; elle lui prodigua tout le réconfort dont elle était capable, en maudissant allégrement William et les autres, lui fit passer des livres de mathématiques qu’elle était parvenue à se procurer, sachant que Ludovic en avait besoin pour sa tranquillité d’esprit. La perfection du monde des chiffres l’aidait à prendre du recul par rapport au reste. Le garçon tomba cependant malade quelque temps, envisagea un moment de céder, de plonger, d’autant que les autres lui tournaient toujours autour, lui proposant sans cesse de les suivre, de retrouver la fièvre de leurs soirées. Alison exprimait beaucoup de choses dans les quelques œillades qu’elle lui lançait, et le garçon détournait à chaque fois la tête. Cela le rendait malade, au point qu’il avait du mal maintenant à supporter un contact, et qu’il avait du mal à manger normalement. Vraiment, il ne comprenait pas le besoin de William et des autres de s’en prendre à lui de cette façon. Son décalage perpétuel avec le monde entier ne semblait pas s’atténuer malgré ses efforts.
William comprit rapidement aussi que son frère lui échappait. Bien que profondément blessé, atteint dans son cœur, se sentant sali par la façon dont les autres l’avaient manipulé, Ludovic gardait sa puissance, son innocence qui dérangeait tant dans leur univers. La laideur le touchait, lui faisait mal, mais ne parvenait pas à le détruire comme les autres l’auraient voulu. Suite à cela, Joyce alla clairement parler à William pour mettre les points sur les i. Il était hors de question qu’il s’en prenne de nouveau à Ludovic de cette façon, qu’il essaie encore de le briser. Le coup d’Alison était déjà de trop après ce qui s’était passé au cours de l’été, et elle ne l’acceptait pas. Que Will, leur père, ou même elle, restent là où ils étaient tombés, elle le concevait parfaitement, mais Ludovic méritait bien mieux. Elle alla jusqu’à menacer de livrer une partie des activités de Will aux autorités, ce qui fit céder son frère sur l’instant. Et par crainte des représailles, elle prit ses précautions pour qu’effectivement la police soit mise au courant s’il lui arrivait quoi que ce soit.
Ludovic passa tant bien que mal les dernières semaines de l’été à tenter de se remettre correctement pour la rentrée. Dumbledore avait été informé de l’attentat commis par les Mangemorts, et avait également alerté les professeurs des conséquences pour lui, afin qu’ils ne soient pas surpris à la rentrée. Le garçon se doutait que l’information allait rapidement circuler parmi les élèves. Ce serait sans doute mieux, ils comprendraient plus facilement certaines de ses réactions…mais cela l’inquiétait également, conscient que certains pourraient essayer d’en profiter.

En partant pour l’école, il jura à Joyce qu’il ferait tout pour qu’ils partent ensemble le plus tôt possible, loin du monde de fous de William. En arrivant, il avait encore plus mauvaise mine que les autres années : l’épisode avec Alison lui avait coupé une bonne part de son appétit, et il peinait à se remettre. De plus, le fait qu’il n’y voyait plus vraiment ne lui facilitait pas les choses. C’est là qu’il prit l’habitude de ranger parfaitement ses affaires, de leur attribuer une place précise pour mieux les retrouver ensuite…ce que voyant, certains élèves ne tardèrent pas à les déplacer ou à les cacher par un malin plaisir. Le garçon prit également l’habitude de s’assoir toujours du côté droit du pupitre lors des cours, pour pouvoir distinguer son voisin.
L’annonce de la venue de Beauxbâtons et Durmstrang fut néanmoins un léger motif de réconfort. En effet, à propos de l’Académie française, ce serait l’occasion de pratiquer de nouveau le français, et d’en apprendre davantage sur le pays d’origine de sa mère, sur lequel il n’avait que des connaissances encyclopédiques. Et savoir la taille, le nombre d’habitants, les monuments principaux ainsi qu’une bonne partie de l’histoire du pays en question n’était pas vraiment le connaître aux yeux de Ludovic. Il tenait à rencontrer des Français, à ce qu’ils lui parlent de la France telle qu’ils la vivaient pour de bon. Quant à l’Institut…Ludovic le voyait comme une occasion d’apprendre le russe, qu’il n’avait jamais pratiqué, et de découvrir une nouvelle forme de magie, puisque les élèves du nord s’exerçaient à la magie noire. Non que Ludovic voulût l’apprendre pour lui-même, mais il lui paraissait nécessaire d’en savoir plus sur cette matière pour lutter contre les Mangemorts. Il ne voulait plus qu’une scène comme celle de l’été précédant puisse de nouveau avoir lieu.




Ta Réalité



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ϟ Comment avez-vous découvert le forum ? Par moi-même
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Encore désolée pour la longueur de la fiche ^^"


Dernière édition par Ludovic V. Andrews le Jeu 11 Avr - 10:43, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Ludovic - « Tout enfant est en quelque façon un génie, et tout génie un enfant. » [Schopenhauer] Mer 3 Avr - 16:04

Bienvenuuuuuuuuuuue
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MessageSujet: Re: Ludovic - « Tout enfant est en quelque façon un génie, et tout génie un enfant. » [Schopenhauer] Mer 3 Avr - 16:29

Welcome in !
(manque de garçons... ? Sûrement certaines filles qui font peur à la gente masculine.. sifflote )

Bonne inspi pour la suite de la fiche ! Very Happy
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6ème année ϟ Attrapeuse


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MessageSujet: Re: Ludovic - « Tout enfant est en quelque façon un génie, et tout génie un enfant. » [Schopenhauer] Mer 3 Avr - 16:37

Personne ne fait peur à personne
Et puis, personnellement je trouve qu'on manque de garçons c'est vrai Razz ( je dis pas non à une nouvelle occasion de mettre mon adorable chaton en rogne :3)

On va se trouver un lien du tonnerre Ludovic ! Et en plus un génie! Ahaha parfait :3
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MessageSujet: Re: Ludovic - « Tout enfant est en quelque façon un génie, et tout génie un enfant. » [Schopenhauer] Mer 3 Avr - 21:30

[DC de Zéphyr]

Ouais, cruellement en manque Rolling Eyes Et je suis plutôt d'accord avec la théorie de Rabastan, pour une fois Razz

J'aime pas la conception de la vie de Schopenhauer, mais j'aime bien ta citation *o*

______________________
Georgiado
« They didn’t agree on much. In fact, they didn’t agree on anything. They fought all the time and challenged each other ever day. But despite their differences, they had one important thing in common. They were crazy about each other. »
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MessageSujet: Re: Ludovic - « Tout enfant est en quelque façon un génie, et tout génie un enfant. » [Schopenhauer] Jeu 4 Avr - 9:36

Bienvenue à toi et bon courage pour ta fiche !

Et n'écoute pas Rab ou Ado, les filles ici sont adorables, c'est plutôt les garçons qui sont cruels ! Rolling Eyes Razz
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MessageSujet: Re: Ludovic - « Tout enfant est en quelque façon un génie, et tout génie un enfant. » [Schopenhauer] Jeu 4 Avr - 12:34

Merci à tous =D

On a l'impression de se retrouver dans une arène quand on voit les rapports qu'ont l'air d'entretenir les filles et les garçons xD Puisse le sort vous être favorable...

Gaël: j'ai hâte de voir ce qu'on va pouvoir faire pour le lien!

Adonis: je n'ai pas assez étudié Schopenhauer pour connaître sa conception de la vie...mais c'est pas lui qui a mis au point la théorie du hérisson/porc-épic pour décrire les relations humaines?

[Et j'ai changé de nom, parce que j'avais zappé le fait que le nom de famille était déjà pris par un membre du forum *jesuisunboulet*]
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MessageSujet: Re: Ludovic - « Tout enfant est en quelque façon un génie, et tout génie un enfant. » [Schopenhauer] Jeu 4 Avr - 23:39

Bienvenue ! Very Happy

Oh, je ne sais pas pourquoi, je me sens irrémédiablement attirée par vous jeune homme ! Vous avez quelque chose, un je-ne-sais-quoi qui me donne envie d'aller vers vous, comme si nous nous étions déjà rencontrés dans une autre vie (a) ♥️

Il va nous falloir un méga-super lien ! Very Happy

Bon courage pour la suite de la fiche ! ♥️

Et Oleeeeee, bien sûr
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MessageSujet: Re: Ludovic - « Tout enfant est en quelque façon un génie, et tout génie un enfant. » [Schopenhauer] Jeu 4 Avr - 23:55

Je veux et j'exige d'exquises excuses des liens trop méga mortels avec mes 3 crétins !

Hâte de lire ta présentation, pour voir le loustique !
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MessageSujet: Re: Ludovic - « Tout enfant est en quelque façon un génie, et tout génie un enfant. » [Schopenhauer] Ven 5 Avr - 12:02

Pénélope: Voilà qui est bien surprenant! J'ai également l'impression de vous connaître, ou du moins d'avoir entendu parler de vous... Je connais un garçon qui est assez loquace à propos d'une jeune fille blonde, aux yeux vert d'eau, qui est l'élue de son coeur et à laquelle il pense sans cesse. Nous nous ressemblons un peu physiquement...

Oui pour le lien ♥️

Cian: pourquoi des excuses? :O Bien sûr pour les liens ♥️ Ca va donner!

Merci pour la fiche, je la finis dès que possible! (c'est-à-dire pas ce we, parce que je ne suis pas là x) )
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MessageSujet: Re: Ludovic - « Tout enfant est en quelque façon un génie, et tout génie un enfant. » [Schopenhauer] Dim 7 Avr - 15:11

Bienvenue à Poudlard!
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MessageSujet: Re: Ludovic - « Tout enfant est en quelque façon un génie, et tout génie un enfant. » [Schopenhauer] Jeu 11 Avr - 10:46

Merci Lily =)

Voilà, la fiche est entièrement postée; avec toutes mes excuses pour la longueur, qui n'était absolument pas prévue. J'en ferai un condensé pour ceux qui ont la flemme de lire x)

Ado, j'ai pris quelques libertés, notamment en faisant sauter une année scolaire à Ludovic. Tu me diras si ça ne te semble pas possible, j'éditerai les dates =)
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MessageSujet: Re: Ludovic - « Tout enfant est en quelque façon un génie, et tout génie un enfant. » [Schopenhauer] Dim 14 Avr - 13:18

    « Je crois que cette fois-ci, mes mots auront vraiment un sens : une curiosité sans limite, une soif d'apprendre sans finalité, vous êtes érudit, cultivé, logique, monsieur Andrews. Vous êtes aussi courageux, et terriblement innocent, et loyal. Une maison saura vous accueillir, et c'est celle de Rowena. Bienvenue à SERDAIGLE ! »



Re-re bienvenue sur le forum ! Ta fiche est réellement magnifique, DAMNED *o*
Pense à aller te référencer ici ainsi qu'à aller voir si un poste ne t'intéresserait pas ici et n'oublie pas de générer ta fiche de personnage dans ton profil. . De plus, tu peux aller par ici voir si une des intrigues ne t’intéresserait pas !
Bon jeu sur le forum **
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MessageSujet: Re: Ludovic - « Tout enfant est en quelque façon un génie, et tout génie un enfant. » [Schopenhauer]

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Ludovic - « Tout enfant est en quelque façon un génie, et tout génie un enfant. » [Schopenhauer]

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