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"[...]dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne" [PV Rabastan]

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MessageSujet: "[...]dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne" [PV Rabastan] Dim 21 Avr - 10:33

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Dernière édition par Ludovic V. Andrews le Sam 15 Nov - 12:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: "[...]dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne" [PV Rabastan] Lun 22 Avr - 10:15

    Depuis la rencontre littéralement renversante qu'il avait faite avec l'espèce de chiot bâtard à Londres, Lestrange n'avait pas pu résister à le faire régulièrement transplaner au moyen de son elfe, en bordure de la Forêt Interdite, durant ces heures du matin où il n'y a plus personne : les fêtards sont allés se coucher, les lève-tôt ne sont pas encore levés. C'était une heure littéralement magique durant laquelle il semblait que le monde dormait pour de bon. Et cette sensation était accentuée par le brouillard ambiant, légèrement argenté par la lumière montante mais encore timide donnant aux alentours un air fantasmagorique : beau mais légèrement inquiétant. La vraie Magie est toujours sauvage. Parfois il se couchait tôt exprès pour se lever de même. Parfois, comme ce matin, il n'avait pas dormi du tout, prévu une sieste rapide dans la journée.
    Le bâtard à la gueule démesurée s'était très vite avéré un excellent chasseur. Oh il lui manquait encore quelques qualités : il manquait de patience et faisait encore beaucoup d'erreur de discrétion. Mais rien qui se s'améliorerait très vite. Bientôt, ils pourraient se rendre plus en profondeur dans la forêt, et chasser des gibiers plus imposants que les volatils et petits mammifères que le chien lui ramenait. Il avait entendu le gros hybride se plaindre d'avoir retrouvé des bêtes mortes. Il avait souri quand il avait entendu l'imbécile garde-chasse spécifier qu'il n'avait jamais vu de telles morsures. Hagrid était l'inutilité incarnée en plus d'une illustration dégoûtante de la perversité de certains sorciers : il n'était jamais là quand il fallait et aurait été bien incapable de réguler effectivement la chasse et le braconnage.
    Précisément, il n'était pas chez lui ce matin là, lorsque Rabastan et Jaw passèrent à côté de son immonde petite cabane.
    En revanche, se trouvait un autre jeune chien un peu plus grand, noir et la tête massive. Croquedur, c'était son nom. Le molosse gronda en les apercevant : ils étaient sur son territoire semblait-il et comptait bien les en chasser. Jaw s'hérissa dans la seconde, son poil brun gris dressé sur l'échine, et se mit à gronder à son tour, relevant les babines sur ses dents trop longues, ses oreilles courtes pointées en avant. Il obliqua sans hésitation vers son challenger, la démarche sans empressement mais mauvaise.

    Rabastan s'appuya de l'épaule à un arbre et s'alluma une cigarette dans l'ombre de la canopée, pour observer paisiblement le manège des deux jeunes chiens, à présent en train de se tourner autour l'un l'autre, ramassés et prêts à bondir à la première opportunité. Les grondements s'étaient faits plus profonds, roulant dans leurs cages thoraciques comme aucun des deux n'acceptait de se soumettre. L'autre avait peut-être l'air massif et dangereux, Lestrange n'avait pas le moindre doute pour autant : c'était son chien à lui qui l'emporterait. Croquedur, hein ? On allait voir s'il méritait son nom.
    Or le jeune chien du demi-géant commençait déjà de montrer des velléités à faire ses preuves face aux démonstrations de force du bâtard d'en face, tout grondant, frémissant nerveusement et surtout, exposant ses terribles attributs carnassiers, l'œil fou. Semblait qu'on ne voyait que ses dents. Rabastan savait ce que l'autre chien voyait : il l'avait vu lui-même, c'était même la première vue qu'il avait eue de Jaw. Des dents. Des crocs. Croquedur fit un pas en arrière. Un autre chien se serait satisfait de ce premier témoignage de reddition et n'aurait fait que gronder plus fort : Jaw le comprit comme Rabastan comprenait les humains. Un signe de faiblesse ! Le bâtard s'élança à l'assaut de l'autre chien. Croquedur n'était pas une bête particulièrement lâche : au début, force fut de lui reconnaître qu'il tenta de se défendre. Mais face au piège à loup qui faisait office de gueule en face, à l'excitation forcenée, et surtout, au regard meurtrier de l'autre chien, il fit ce que n'importe quel animal doué de bon sens aurait fait : il profita de la première ouverture pour fuir. Et pas en très bon état. Il souffrait déjà de griffures profondes et avait été mordu dans le gras de la cuisse. C'était une chance que Jaw fût encore si jeune et que personne ne lui ait appris à se battre efficacement. D'ailleurs si le bâtard semblait s'en soucier peu, lui aussi avait son lot d'ouvertures sanglante. Rabastan se fit la réflexion qu'il faudrait y pallier : il lui trouverait d'autres adversaires pour qu'il apprenne à combattre.
    Croquedur bondit sur un entassement précaire de cagettes à légumes, de boîtes et de brouettes qui s'écroulèrent sous son poids. Néanmoins, il eut ainsi l'opportunité de s'élancer vers une petite fenêtre à demi-ouverte. Griffant le mur de ses pattes arrière, le chien parvint à se hisser, passant la tête à l'intérieur, tandis que Jaw se débarrassait d'un panier qui lui était malencontreusement tombé sur la gueule. Puis Croquedur réussit à passer les pattes avant, puis l'abdomen puis... Puis plus rien. Il était coincé par le chambranle de la fenêtre trop petite : moitié dehors, moitié dedans.
    Les pattes arrière ne cessaient plus de s'agiter dans tout les sens, faisant voltiger quelques gouttelettes rouges au passage, tandis que la bête tentait vainement de faire entrer son arrière-train en se contorsionnant. Plus bas, Jaw s'évertuait à sauter de toutes les façons possibles – avec ou sans élan, en sautant d'abord sur le mur, en tentant de s'agripper de ses pattes avant,... - pour chercher à attraper l'une de ces maudites pattes qui le narguaient à s'agiter au-dessus de lui. Tout aussi vainement. Le bâtard à la gueule démesurée s’exaspérait en grognements frustrés, mais on les entendait à peine sous les couinements, les gémissements plaintifs et douloureux de .. "Croquedur".
    Ca ? Un chien ? C'était... Juste absolument ridicule. Rabastan ne put s'en empêcher : il éclata de rire. Un vrai rire, un qui le secoua de haut en bas. Au point de lui en tirer presque des larmes. Quelle jolie scène ! Comme piqué au vif par le rire de son maître, vexé, Jaw sembla alors redoubler d'effort pour atteindre l'autre chien, effleurant un instant une patte et provoquant de ce fait un hurlement terrifié de l'intérieur de la cabane.
    Néanmoins, le ciel était décidément bien clair désormais. Il était l'heure. Il aurait été dommage de se faire prendre après un spectacle aussi drôle.


    -Jaw !

    Pour le coup son appel à lui aurait pu être un aboiement. Le chien lui lança un regard de reproche, puis un regard vers les pattes tentatrices, puis un autre regard vers Rabastan.

    -Au pied.

    Jaw s'autorisa une dernière tentative avant de trotter vers le jeune homme qui s'accroupit lorsque la bête arriva à sa hauteur. Il saisit fermement la tête du chien entre ses mains, tira délicatement sur les babines pour découvrir la mâchoire puissante, les crocs trop grands, luisant. Ils étaient déjà plus grands que lorsqu'ils s'étaient rencontrés. Comment tout ça pouvait-il bien tenir dans une mâchoire... La vue lui tira de nouveau un sourire et il montra ses propres dents. Jaw gronda, Rabastan siffla tout aussi agressivement à travers ses dents serrées, puis relâcha le chien, lequel claqua sèchement des mâchoires avant de laisser échapper un jappement tout à fait ravi. Le Serpentard se permit quelques secondes de plus pour lui flatter le crâne avant d'appeler l'elfe pour qu'il ramène Jaw.


    C'était donc l'heure des sisymbres. Au milieu des langues de brouillard toujours plus basses, Rabastan longea un instant la Forêt noire puis coupa à travers le parc vers les serres, l'humeur légère, laissant derrière lui le pauvre Croquedur toujours piégé, toujours blessé et toujours gémissant. Ce serait la bonne surprise du jour pour Hagrid... Mais après l'exercice du chien, il était temps de s'occuper des plantes.
    Les sisymbres, ces petites fleurs tellement pratiques mais qui demandaient tellement d'attention que le professeur de botanique avait passé une heure pleine à les leur rappeler à tous, à insister même auprès de chacun que ce n'était pas du superflu. C'est que la sous-espèce magique des fleurs jaunes ne supportait pas d'être longtemps délaissée : elle se mettait à déprimer, ne fleurissait plus et finissait par émettre des particules nauséabondes qui avaient la fâcheuse propriété de déprimer les autres sisymbres alentour, puis les animaux et enfin même les humains. Il était arrivé parfois qu'on retrouve un pauvre hère, tout heureux la veille, mais en pleine dépression le lendemain, parce qu'il était passé au milieu d'un parterre de sisymbres déprimées. Si quelqu'un ne prenait pas assez soin du pot de sisymbre qui lui était affecté, toute la classe en verrait les conséquences.
    Chourave avait également précisé que les sisymbres nécessitaient une particulière "dé-li-ca-tesse". Et cette phrase avait été assortie d'un "N'est-ce-pas Monsieur Lestrange ?" qui avait fait fleurir son lot de sourires dans les serres. Y compris au premier intéressé qui s'était malgré tout efforcé de se donner l'air vaguement désolé. C'est que certains souvenirs étaient édifiants sur la question. Il n'était pas particulièrement mauvais en botanique. Il était un élève assez sérieux pour s'assurer des résultats au moins corrects. Tant que les plantes acceptaient de jouer le jeu. Dès qu'elles décidaient de jouer les capricieuses en revanche... Tout se corsait. Chaque année avait eu ses épisodes épiques. Par exemple en deuxième année, il avait miraculeusement trouvé le moyen de faire taire une jeune Mandragore : celle qui en avait fait les frais avait mordu la truelle avec laquelle il voulait la rempoter et refusait obstinément de lâcher malgré les secousses de plus en plus violentes avec lesquelles Rabastan avait tenté de dégager l'outil. Finalement il l'avait lâché lui-même, mais ça n'avait été que pour envoyer son poing dans la tête de la Mandragore. Celle-ci avait ouvert grand la bouche mais exceptionnellement aucun son n'en était sorti, elle avait eu l'air même franchement sonné. Et le jeune garçon avait repris son travail avec satisfaction – d'autant que la plante ne gigotait même plus, il avait pu la poser à côté du pot et travailler tranquillement les deux mains libres - avant de se voir de nouveau interrompre, cette fois par son professeur choqué. Mais en même temps : "C'est elle qui a commencé ! " Ou encore l'année passée : cette fois il s'était agi d'élaguer une espèce de résineux extrêmement mobile du nom de Fardafus. A part les trois exceptionnels botanistes de leur niveau, tout le monde avait haï ce cours : les Fardafus s'agitaient dans tous les sens pour s'éviter les coupes et projetaient des gouttes de résine malodorante tout autour d'elles. Furieux, Rabastan avait fini par sortir sa baguette et avait entrepris de lui brûler les aiguilles, ce qui avait eu pour résultat de voir son Fardafus se rétracter immédiatement, comme apeuré, et le Serpentard avait trouvé alors beaucoup plus simple de couper les branches qu'il voulait, le sécateur dans une main et la baguette brûlante de l'autre. Chourave de nouveau lui avait demandé des comptes mais en même temps : " Ça marche bien comme ça. C'est beaucoup plus simple." Sauf que son Fardafus n'avait plus jamais poussé correctement et était resté rabougri jusqu'à la fin de ses jours. D'ailleurs depuis l'épisode des Mandragores, Chourave restait toujours près de lui en cours pour s'assurer de limiter au maximum son manque de "dé-li-ca-tesse" en matière de botanique. Elle l'avait même dispensé de participer aux travaux pratiques sur les champignons Korriganus (parce que soit-disant ils ressemblaient à des Korrigans) : cette espèce rare était particulièrement sensible au stress et elle n'avait pas voulu prendre le moindre risque. Il s'était donc contenté de regarder faire ses camarades, un peu vexé qu'on ne l'imagine pas capable de manipuler les champignons avec autant de soins qu'eux.

    Arrivant enfin aux serres, Rabastan eut la surprise de ne pas les trouver vides. Aussi tôt. Un dimanche. Même pour des sisymbres c'était curieux. Un peu moins une fois la personne identifiée. Son petit génie. Andrews ne suivait pas les mêmes horaires que tout le monde, il était trop dans son monde et pas assez dans celui des autres pour ça. Lestrange prit le temps d'analyser rapidement la scène avant d'ouvrir la bouche. Apparemment, le Serdaigle rassemblait ses outils. Probablement pour la énième fois si l'on se fiait à l'espèce de nervosité sensible dans la façon de bouger. Il aurait été plus utile de les ordonner, ces outils, les mettre dans l'ordre dont il aurait besoin mais le Serpentard avait pu observer les paradoxes constitutifs de ce drôle d'oiseau qu'était Ludovic Andrews : d'une intelligence fulgurante quand il s'agissait d'analyser des faits par exemple, mais d'une absence de logique confondante dès qu'on parlait relations humaines. Sans doute était-ce une sorte d'équilibre naturel ? Dans ce cas, la botanique se trouvait du mauvais côté de la balance. Ce n'était pas vraiment la matière favorite du Serdaigle d'après ce qu'il avait pu observer. Sans compter qu'il n'était pas simple d'être adroit lorsqu'on avait perdu l'usage d'un œil, pas vrai ?


    -Andrews.. Tu t'essayes tout seul à la botanique ?

    Curieux. Mais peut-être était-ce justement pour ça qu'il était là aussi tôt : pour s'éviter les regards de ses camarades. Sans la rendre particulièrement chaleureuse, le préfet s'était assuré de ne pas mettre la moindre agressivité dans sa question. C'était sans doute ce qui était le plus difficile lorsqu'il mentait ou jouait la comédie, effacer toute trace d'hostilité ou de violence. C'était si constitutif de sa personne qu'il fallait toujours y veiller soigneusement ; et il fallait y pallier deux fois plus depuis presque deux ans, depuis qu'il avait commencé de dépasser la plupart des autres garçons d'une bonne tête, parce que cette simple taille en elle-même pouvait s'avérer menaçante. Il était bien placé pour le savoir : il s'en servait suffisamment dans ce sens-là également.
    Se rapprochant du pot qui lui était dévolu, Rabastan n'attendit pas la réponse d'Andrews pour sortir sa baguette et lancer :


    -Accio radio.

    De l'autre côté de la serre, surgissant d'au-milieu d'une fougère ou ce qui y ressemblait – mieux valait ne pas demander comment il avait atterri là – un vieux poste crasseux et recouvert de lichen vola jusqu'à eux. Rabastan l'installa bien face à ses propres fleurs et exécuta le sort qui lança la musique. Le poste était réglé sur une station passant une mélodie si sirupeuse qu'elle lui tira une grimace. Le Serpentard fit jouer le tuning jusqu'à trouver ce qu'il voulait. Les Little Dev'. Il n'était pas particulièrement fan de cette musique dynamique mais très à la mode parmi ses condisciples, mais au moins c'était écoutable et les fleurs avaient comme frémi de plaisir aux premières notes. Il y eut quelques vagues tout autour : toutes les petites fleurs semblaient s'agiter en rythme et se tendre vers le poste de radio. Mais c'était les siennes les plus proches. Cela ne faisait pas partie des soins à apporter ce jour-là, mais puisqu'il fallait montrer de l'attention aux sisymbres...

    Se penchant vers les fleurs, il posa un coude sur la table à tréteau, apposa son menton dans son poing et passa l'autre main au-dessus des fleurs jaunes.


    -Salut chérie. J't'ai manqué ?

    Les petites fleurs s'agitèrent de plus belle, comme il les effleurait du bout des doigts. Avec "délicatesse". Leurs pétales passèrent du jaune vif à un jaune plus orangé : est-ce que c'était comme un... rougissement xanthophyllien ? Comme quoi les plantes, c'est aussi facile à manipuler que les humains : dans tous les cas, il ne suffit que de deux chose. La première c'est de savoir dire ce que les autres veulent entendre. Et la seconde c'est de savoir les briser quand la première solution ne marche pas.
    Ses lèvres s'étirèrent imperceptiblement en un sourire satisfait.
    Mais il n'avait pas encore eu de réponse à sa question, aussi Rabastan releva-t-il les yeux vers Ludovic.


    -Alors ?



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MessageSujet: Re: "[...]dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne" [PV Rabastan] Sam 27 Avr - 10:25

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Dernière édition par Ludovic V. Andrews le Sam 15 Nov - 12:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: "[...]dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne" [PV Rabastan] Mar 30 Avr - 18:53

    D'Angelo ? D'Angelo devait venir aux serres ce matin ? Lestrange eut le même mouvement que Ludovic, jetant un œil hors des serres. Mais pas de Gryffon à l'horizon. Dommage. Ils se voyaient bien peu en ce moment. Rabastan se trouvait trop occupé à d'autres affaires et Gabriel se trouvait toujours plus doué pour l'éviter. Néanmoins... Cela faisait trop longtemps. Il ne faut pas laisser les bonnes choses ne devenir que des souvenirs immatériels. Et puis il y avait des petites mises au point joyeuses sur le feu à cuisiner. Un Epouvantard. Et un certaine Elsa. Oh Elsa, gotta rock'it all tonight... Talala..
    Ainsi Ludovic avait de bonnes relations avec Gabriel ? C'était bon à savoir.

    Rabastan retourna à ses plantes. Plutôt que de se servir de l'arrosoir, il préféra utiliser un sort d'aguamenti : c'était plus facile de viser et de maîtriser le flux de l'eau.
    Avec la première goutte tomba la première question du Serdaigle. Comment avait-il su pour le poste. Le Serpentard ne retint pas le haussement de sourcil surpris que ça lui tira. Quoi ? Les Moldus ne savaient pas que les plantes étaient sensibles à la musique ? Comme n'importe quel être vivant ? Bien sûr certains l'étaient moins que d'autres, c'était vrai même au sein d'une même espèce. Par exemple lui, Lestrange, n'était pas vraiment sensible à la musique. Ou rarement. Alors qu'il suffisait de quelques notes d'un groupe connu pour faire hurler certaines filles comme des banshees. Les plantes c'était pareil. Les sisymbres étaient plus sensibles. Très, au vu des vagues vertes et jaunes qu'elles produisaient. Lestrange secoua la tête avec un léger sourire comme font les parents devant l'énième petite bêtise d'un petit enfant.
    De toute façon Ludovic et les plantes... Non pas que le préfet ait franchement de quoi se vanter en la matière, mais ses propres faiblesses et erreurs ne l'avaient jamais empêcher de voir encore plus celles des autres. D'ailleurs, c'était peut-être aussi pour ça qu'il ne prenait pas le Serdaigle de haut pour de bon sur ce sujet-là : les plantes.
    Enfin tout de même. Ne pas connaître l'influence de la musique sur les végétaux...

    Quelques secondes plus tard, alors qu'il estimait avoir donné ce qu'il fallait d'eau à ses sisymbres – pourquoi les autres n'arrêtaient-elles pas de se tendre vers lui ? Le poste était de l'autre côté ! - , le préfet finit par ouvrir la bouche pour répondre au Serdaigle. Après tout, il avait un rôle à jouer. Ce rôle ne répondait pas sur commande, Lestrange restait Lestrange, mais il répondait. Simplement il répondait en temps voulu. Ce temps-là, c'était maintenant. Et "maintenant" passa définitivement avec la maladresse de Ludovic, inondant une partie du plateau. Ce devait être à cause de son œil aveugle, personne ne visait aussi mal que ça naturellement. Ça avait dû être tellement fun pour Rodolphus... Rodolphus était libre, lui. Et pendant ce temps, Rabastan était coincé à Poudlard.
    Lestrange profita de ce que le Serdaigle ne le regardait pas pour lever les yeux au ciel lorsque celui-ci s'excusa auprès des plantes. Un jeune sang-pur, Rabastan lui aurait sans doute expliqué qu'on ne s'excusait jamais auprès des inférieurs, et naturellement une plante est un inférieur. Mais Andrews était un sang-de-bourbe, cet excellent conseil ne lui serait donc pas prodigué. Seulement c'était certain désormais : le Serdaigle pourrait toujours courir pour un peu de respect et de considération de la part de ses sisymbres, elles ne lui lâcheraient rien. C'était vraiment curieux comme Ludovic était naïf : parfois c'en était presque... magique. Non pas que le Serpentard cherchât à comprendre pourquoi, mais le génie d'Andrews le prenait parfois de court par ses fulgurances : parfois par sa perspicacité miraculeuse, et parfois par son aveuglement total.
    Toujours accoudé à la table, le préfet entreprit de vérifier si des élagages n'étaient pas nécessaires, cherchant les feuilles mortes. Délicatement d'abord, et puis un peu plus fermement ensuite. Tant mieux si ses propres sisymbres estimaient avoir toute l'attention dont elles avaient besoin, mais il se serait passé de leur enthousiasme agité. De celui des sisymbres d'à-côté également.

    –Elles ne sont sans doute pas les seules à qui tu as manqué. C’est bien que tu aies pu revenir à Poudlard finalement ; tu en es heureux, non ?

    Le Serpentard retrouva le regard de Ludovic, le sien légèrement torve. Heureux d'être revenu à Poudlard... La question était mal posée. Etait-il satisfait d'avoir échappé à un procès : oui. De retour à Poudlard : non. Il ne répondit pas du tout. De toute manière le Serdaigle en était au prologue : la vraie question allait bientôt tomber. Lestrange ne fit pas semblant d'en être dupe, serrant la mâchoire de mécontentement mal remâché. On allait lui demander des comptes. Encore.

    Et ça ne loupa pas.
    Les journalistes de la Gazette ne faisaient vraiment pas du bon travail. Oh bien sûr il fallait leur reconnaître de la bonne volonté : ils ne révélaient que ce qu'il fallait. Mais honnêtement, aurait-ce été trop leur demander que de faire preuve d'un peu plus de subtilité ? Que les zones d'ombre ne sautent pas aux yeux de n'importe quel lecteur, même le plus naïf ?
    Il ne comptait déjà plus le nombre de réflexions qu'il devait à cet article : agressifs, curieux, sceptiques enthousiastes, méfiants, ironiques... De toutes sortes. Il en avait les veines qui le chatouillaient d'un débit un peu trop accéléré. Était-ce de l'énervement ? Était-ce de l'agressivité ? Était-ce l'adrénaline ? Était-ce l'excitation de sentir les masques se fendre ?
    Mais qui posait ce genre de questions sérieusement ?

    Rabastan se redressa et s'assura d'avoir bien le regard de Ludovic avant de répondre. Ce n'était pas vraiment difficile d'avoir l'air exaspéré : il était nettement plus dur de ne pas l'être trop, mais le Serpentard n'en était plus à son premier coup d'essai en matière de masque, loin de là.

    -Tu crois sérieusement que le Département de la Justice m'aurait laissé repartir si j'avais quoi que ce soit à me reprocher ? S'il restait vraiment des zones d'ombre ? Y a pas les détails dans la Gazette parce que ça ne concerne pas nos petits juges en herbe de Poudlard. Et je me fiche de ce qu'ils pensent.

    Comme si cela mettait un point final et définitif au sujet de conversation, le jeune homme se détourna pour rejoindre la réserve d'engrais toute proche où il choisit le sac correspondant aux brassicacées. Le sac était lourd mais c'était précisément pour cette raison qu'il n'utilisa pas la magie pour le porter. Il fallait être stupide pour rechigner aux efforts physiques, puisque c'était eux qui vous garantissaient de n'être pas laissé sans arme même si vous vous trouviez malencontreusement privé de votre baguette. Revenu au niveau de ses sisymbres, il entreprit de les garnir d'engrais, soulevant délicatement les feuilles pour ne pas les noyer sous la substance terreuse ce qui n'était pas vraiment simple étant donné que ses petites fleurs, sans doute ravies par la façon dont il les avait saluées et dont il s'occupait d'elle, ne cessaient de se pencher vers lui en faisant froufrouter leurs feuilles. Ca aurait pu encore passer si, décidément, les autres fleurs, celles des pots adjacents, ne s'étaient pas mises à faire de même : où étaient leurs élèves responsables ? Visiblement ils ne leur donnaient pas l'attention nécessaire et désormais elles accaparaient la seule personne qui semblait bien vouloir prendre soin d'elles.
    C'était terriblement agaçant, mais là aussi, il s'agissait de tout garder soigneusement caché derrière le masque du moment. Et le masque du moment était une expression concentrée sur ses gestes, ne regardant ostensiblement que les fleurs alors qu'il reprenait la parole, nettement sur le ton de la confession faite de mauvaise grâce :


    -On se connaissait depuis longtemps eux... les trois moldus.. et moi. Ce n'était pas juste une histoire d'alcool. Les vieilles histoires ont du mal à finir, du coup ça dérape. Et pour tes fleurs, traite-les comme si c'était.. ta frangine. Version chlorophylle. Elles comprennent rien à ce que tu dis, c'est juste des plantes. L'important, c'est le ton, l'intention. Pas vrai les filles ?

    Il avait failli dire "comme si c'était ta nana". Mais Andrews... S'il sortait avec quelqu'un un jour, ce serait parce qu'il se serait fait harponné par l'autre.
    Rien ne l'obligeait à donner ces précisions au Serdaigle mais cela faisait partie du jeu que Rabastan menait avec lui, lui laisser croire qu'il valait plus que les autres, aux yeux du Serpentard. Ce qui n'était pas tout à fait faux : c'était Son petit génie à lui, alors il valait effectivement mieux que les autres sang-de-bourbe. Mais là s'arrêtait le privilège. Cela dit, manipulation oblige, parfois cela voulait dire effectivement faire des efforts indubitables. Prétendre être de bonne volonté sur le sujet de ses démêlés judiciaires n'aurait pas été crédible : même par calculs, Lestrange ne jouait pas les sympathisants aux pro-moldus. Il aurait pu mais le mensonge n'aurait pas été tenable dans la durée : trop d'incohérences auraient fini par mettre la puce à l'oreille de Ludovic, même avec toute sa naïveté. Mieux valait un jeu plus subtil. C'est ainsi qu'il avait fini par lâcher ces quelques détails, comme s'il n'avait pas pu s'en empêcher, comme s'il estimait au fond qu'Andrews méritait au moins une petite explication. Mais que pour autant, il n'aimait pas le moins du monde parler de ça : d'où le changement inopiné de sujet vers les fleurs. Mais le fait était... Même si Ludovic avait été le sang-pur le plus respectable qui soit, non le préfet n'aurait pas plus aimé parler des détails qui avaient rendu sa version crédible. Il ne l'avait fait auprès de la Justice qu'une fois sûr de leur discrétion sur la question. Rien d'illégal à cacher pour le coup, mais c'était nettement plus pénible. Seulement tout pénible que ce soit, il comptait bien que le Serdaigle ne se satisfasse pas du peu qu'il avait entendu.

    Quant à la dernière phrase, elle s'adressait naturellement à ses fleurs tandis qu'il tendait de nouveau les doigts vers elles : le but étant cette fois de les attirer d'un côté pendant qu'il mettait l'engrais de l'autre. ... Ce fut uniquement parce qu'il avait l'habitude de dissimuler qu'il ne laissa pas échapper un claquement de langue agacé en voyant les autres fleurs se tendre vers lui elles aussi, mais il ne put maquiller un regard peu amène. Elles ne pouvaient pas gentiment attendre leurs propres jardiniers, non ? Elles auraient eu intérêt pourtant au lieu de lui taper sur les nerfs... Il augmenta le volume de la musique pour les détourner. Et preuve qu'il avait une image toute faussée de lui-même : les notes joyeuses qui commencèrent la nouvelle chanson, loin de le laisser indifférent, lui évoquèrent une délicieuse idée au sujet des sisymbres qui lui rendit une ombre de sourire. Peut-être bien... Plus tard... Quand il n'y aurait pas de témoins
    .
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MessageSujet: Re: "[...]dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne" [PV Rabastan] Mar 7 Mai - 12:02

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Dernière édition par Ludovic V. Andrews le Sam 15 Nov - 12:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: "[...]dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne" [PV Rabastan] Lun 20 Mai - 17:10

    Rabastan aurait pu parier gros sur le fait que Ludovic ne se satisferait pas de si peu, et surtout pas après une si jolie perche tendue. Les risques auraient été bien maigres. Naturellement le Serpentard était doué pour la manipulation et il avait toujours goûté les jeux de stratégie. Seulement c'était autant de raisons pour savoir qu'il ne fallait jamais compter sur une seule réaction quand on jouait au marionnettiste avec quelqu'un, mais qu'il fallait au moins penser à trois, voire plus, pour préparer ses coups à l'avance et n'être jamais pris au dépourvu. Seulement concernant Andrews.... les choses étaient un peu différentes. Lestrange savait parfaitement que le Serdaigle "l'étudiait" à sa drôle de façon. Mais c'était réciproque, et depuis longtemps. Cela faisait des années qu'il tissait le dessin des relations qu'il souhaitait, pour que Ludovic fasse ce qu'il attendait de lui. Un tel niveau de subtilité nécessitait de parfaitement connaître qui l'on avait en face, de raffiner chaque jour. On découvrait ainsi les différentes strates d'une personnalité, ses complexités.
    Mais en l'occurrence, ce sur quoi il avait compté n'était même pas caché : la Curiosité était l'un des grands moteurs d'Andrews. Dès que le Serdaigle voyait son intérêt éveillé par quelque chose, c'était alors comme s'il focalisait tous ses projecteurs sur un seul point. C'était dangereux, redoutable ; pour le point en question : l'esprit d'observation du garçon, de naturellement effilé se faisait franchement aiguisé. Ce n'était pas le moment de laisser échapper le moindre mauvais signe. Mais dans le même temps, toute cette belle concentration était perdue pour tout ce qui se trouvait autour. Et Rabastan en avait déjà profité.
    Non. Ca n'avait vraiment rien de surprenant, ni que Ludovic semblât avoir oublié complètement ses fleurs et que ses questions n'eussent plus rien à voir avec la botanique. Ca l'était tellement peu que le masque était parfaitement prêt et bien en place : non pas le sourire en coin un peu arrogant qui aurait sincèrement exprimé la satisfaction du Serpentard de voir les choses aller dans son sens, mais au contraire l'air fermé de qui n'aime pas se voir titillé. L'air fermé de quelqu'un dont les idées débattent, et qui n'a pas envie de laisser en échapper une miette tant qu'aucune n'a encore gagné, tant que la décision n'a pas été choisie. L'air fermé que son personnage ne pouvait qu'avoir : un sang pur un peu comme l'avait été son père, fidèle aux traditions mais avec la méchante tendance de se laisser avoir par des sympathies tolérantes. Qui se serait fait avoir par un né-Moldu plus intelligent que les autres et qui se trouverait bêtement coincé entre deux mondes. Entre deux chaises. Position inconfortable et gênante que l'on ne pouvait que vouloir dissimuler quand on n'avait pas l'intention d'abandonner son statut.

    Air fermé donc, durant tout le temps que le préfet étudia Ludovic, comme si cela pouvait l'aider à choisir entre deux options.
    Ca ne manquait pas d'un côté pratique d'ailleurs, parce que Lestrange avait un léger étonnement à maquiller. "Si violent", lui ? Ludovic avait-il dépassé la barre que Rabastan avait placée ? Comment le Serdaigle pouvait-il être aussi surpris face à cette brutalité ? Ce n'était pas comme s'il n'y avait jamais goûtée lui-même, pourtant. Bien sûr que le préfet avait toujours pris garde à la mesurer et à la justifier. Mais il n'avait pas fait semblant d'être le genre de personnes à ne pas faire de mal à une mouche, pas auprès de Ludovic en tous cas. Peut-être qu'il avait sous-estimé la naïveté d'Andrews tout compte fait, et la hauteur du piédestal sur lequel on le mettrait. Et ce n'était pas bon signe. Oh à court terme, tant mieux, cela signifiait que sa vitrine était solide auprès du garçon. Mais à moyen et long termes.... Lestrange savait qu'une erreur de calcul se payait toujours. Il fallait donc la rectifier rapidement.

    Rabastan laissa claquer sa langue d'agacement en secouant la tête mais finit par lâcher :


    -Faut vraiment que tu saches tout sur tout... Dis'..

    Il n'y aurait pas de fin à cette phrase-là : la musique avait cessé et on venait tout juste d'annoncer que c'était...

    '… l'heure du flash info.
    La guerre civile n'en finit plus en Indonésie. La Communauté sorcière internationale appelle au cessez-le-feu. Le Ministère..."

    Le Serpentard leva une main pour s'assurer du silence de Ludovic, et de l'autre augmenta le volume. Cette fois il n'y avait vraiment plus personne pour s'occuper des sisymbres , lesquelles s'agitaient pourtant de plus belle comme pour attirer l'attention dont elles manquaient.

    " la nuit de vendredi à samedi. Pourtant, un nouveau massacre a été attesté au sein du village de Nandar. Les trois principaux partis s'en rejettent la responsabilité. Mais avec le rejet de l'arbitre international, on peut craindre que ce ne soit pas le dernier d'une liste déjà tristement longue. "

    Longue : c'était un pléonasme. La population sorcière là-bas fondait comme neige au soleil, écartelée par de trop nombreux partis incapables de faire la moindre alliance. Et le conflit durait depuis si longtemps que les rancœurs étaient devenues trop graves pour échapper aux bains de sang. C'était triste bien sûr, tout ce sang magique perdu. Et il y avait eu de très nombreuses erreurs commises. Pour Rabastan cependant, ce n'était pas une raison pour que tout le monde cherche à mettre son nez dans cette histoire. Certains étaient concernés : qu'ils donnent leur avis. Que les autres restent en retrait. Les origines du conflit venaient de loin : y mettre un terme maintenant, ce serait comme de refermer une plaie infectée. Ce n'était pas sain. Il ne prétendait pas que les choses étaient bien comme elles étaient : mais le problème ne se règlerait pas avec de jolis mots. Parfois le sang devait couler, parfois beaucoup. C'était le prix à payer pour repartir sur des bases neuves et solides, fertiles. Mais ce genre de discours était inaudible auprès des oreilles bien-pensantes de leurs propres actuels gouvernants. Les Sorciers européens semblaient gagnés par le même mal que les Moldus européens : l'assurance d'avoir la science infuse, de tout mieux savoir que tout le monde et surtout, d'être les maîtres d'une morale universelle. Ils n'admettaient pas la possibilité de voir des "biens" et des "maux" différents de ce qu'ils avaient édicté. Leur aune était la bonne et il était absolument inutile d'essayer d'en discuter avec eux tant cela ne tenait plus de la conviction mais de la foi aveugle. Dans Leur monde, il n'y avait pas la moindre place pour la différence : ou on était dans le moule, alors on était bon, ou on ne l'était pas et alors tout était fait pour vous nier, vous transformer ou vous annihiler. Ce qui était, aux yeux de Rabastan, bien plus grave que de tuer. Cela menait à une stagnation inévitable, un affaiblissement général, un nivellement complet. C'était bien plus grave qu'un ennemi normal. Et le pire, c'est que ça n'était pas assumé : ces gens étaient persuadés d'être tolérants. A vomir.

    "Angleterre maintenant. Une nouvelle disparition agite le Ministère puisqu'il ne s'agit rien de moins que du célèbre Faradus Folisson, le grand maître des runes qui occupait depuis quelques temps le rôle de consultant auprès du Département des Mystères. Le Ministère refuse de faire le moindre commentaire pour le moment, mais il semblerait que les circonstances de sa disparition soient passablement étranges.
    Aucune nouvelle d'ailleurs de la fille de l'Auror ayant mis fin aux agissements d'Amelia Dunkan. Rappelons qu'elle a été portée disparue depuis bientôt deux semaines. Les forces de l'ordre reconnaissent la forte probabilité de l'enlèvement de la jeune fille par des mages noirs qui auraient agi en représailles de la mort d'une des leurs. Mais une fois de plus, les agents du Ministère n'ont pas souhaité divulguer les détails de l'enquête. Les recherches se poursuivent dans l'espoir de la retrouver en vie.
    Rappelons que cet événement a eu lieu lors d'un voyage scolaire organisé par Pourdlard pour les deux dernières années. Certains parents d'élèves qui s'y étaient opposés, songent aujourd'hui à porter plainte pour mise en danger des étudiants."

    A aucun moment Gaël n'avait été évoquée, même pas à mots couverts. L'enquête semblait bien s'orienter vers les Mangemorts : cette manche-là était gagnée donc, les soupçons écartés loin de sa Sorcière sans que sa propre famille ne soit inquiétée. Même s'il y avait eu un prix à payer. Decius ne tolérait décidément aucun mauvais pas, aucune fausse note.

    "Sans transition, la fête que tout le monde attend depuis le Mercredi des Cendres est presque là : la Fête des Fontes ! Elle aura lieu comme tous les ans le 15 mars. La cérémonie principale aura lieu cette année à Chester ! Les organisateurs nous ont promis des surprises, je cite, "pétillantes". N'oubliez pas d'amener les cendres de votre Carnaval !"

    Une énième fête traditionnelle qu'on ne fêterait pas à Poudlard, pour ne rien changer aux mauvaises habitudes. Noël oui. Mais pour Lugnasad, Bealtain et les autres, on pouvait toujours rêver ! Et ces insupportables né-Moldus pleurnichaient encore et n'en avaient pas assez. Le monde sorcier vivait déjà à leur rythme mais cela ne leur suffisait pas. Restait encore toutes leurs règles et leur mode de vie à imposer.
    Les Fontes étaient pourtant un événement. La fin du cycle hivernal fêté, sans que le Printemps ne soit encore accueilli. Une façon d'entretenir ces différentes branches de la magie ancestrale, celle qui était en lien avec les bois, les pierres, les eaux, avec des cycles puissants.
    La Fête des Fontes. Mais elle, comme ses semblables, était en train de mourir : elles n'étaient plus fêtées partout, et dans les grandes villes elles étaient vidées de leur substance, devenant de simples occasions de s'amuser. Comme là : quel besoin de rajouter des "surprises pétillantes", franchement ? Un monde mourrait et Ils s'étonnaient qu'on le défende aussi férocement...


    "Météo pour finir ! Les températures continueront de grimper cette semaine mais ne dépasseront pas les dix degrés. Restez couverts ! Demain et mardi seront des journées grises et humides avec des giboulées prévus. A partir de mercredi, une éclaircie va gagner les territoires et vendredi il fera beau soleil. Profitez-en car le week-end prochain verra un re-gel.
    Sans plus attendre.. "

    La musique allait recommencer après une page de publicités et le Serpentard baissa le volume, prenant encore quelques secondes pour digérer les évocations que lui avaient tirées les informations, avant de relever de nouveau les yeux vers Ludovic, sans un regard pour les sisymbres.

    -Je te dis pourquoi les chose ont dérapé.... Si tu jures de ne jamais en parler à personne d'autre. Autrement tu gardes tes doutes si tu veux, pour ce que j'en ai à faire..

    Prenant une inspiration profonde, Rabastan secoua doucement la tête, se mordant à demi la lèvre, comme s'il se demandait pourquoi il prenait la peine de se justifier.
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MessageSujet: Re: "[...]dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne" [PV Rabastan] Jeu 15 Aoû - 17:15

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Dernière édition par Ludovic V. Andrews le Sam 15 Nov - 13:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: "[...]dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne" [PV Rabastan] Dim 22 Sep - 17:36


    Il se fichait comme d'une guigne que Ludovic jurât de ne rien dire ou pas. Comme si promettre à haute voix valait quoi que ce soit... N'importe qui pouvait prononcer ces quelques syllabes. Le faire, en soi, n'avait aucune implication. Le préfet préférait d'autres méthodes lorsqu'il souhaitait réellement s'assurer de la discrétion de quelqu'un, naturellement adaptées aux personnes en question. On ne s'assurait pas d'une ennemi comme d'une victime, d'un subalterne comme d'un allié. Exceptionnellement, et lorsqu'il s'agissait de gens partageant les mêmes valeurs que lui, ayant prouvé qu'ils étaient fiables, alors les mots pouvaient valoir autant que de véritables pactes magiques. Mais ce qui se jouait dans les serres de botaniques, ce n'était qu'une scène dans une vaste pièce. Et le Rabastan dont il jouait le rôle à Ludovic depuis cinq ans accordait de l'importance à ce genre de choses, assez pour acquiescer gravement au serment qui lui était fait.
    En fait, même si ça avait été sérieux, il aurait envisagé la possibilité de se fier partiellement à la parole de Ludovic. Naturellement il aurait pris des précautions puisqu'il ne lui serait jamais venu à l'esprit de faire confiance au Serdaigle. Ce n'était même pas une question de sang mais le jeune homme était définitivement trop naïf pour être vraiment fiable et par conséquent pouvait révéler sans s'en rendre compte des informations qu'il était censé protéger. Ce fait, en lui-même, rendait toute promesse absolument superflue. En revanche, on ne pouvait pas lui retirer sa loyauté à la parole donnée.  Ludovic ne faisait pas partie de ces pipelettes qui répètent le moindre secret avant même qu'on le leur demande. Il semblait suivre un certain code moral simple mais strict, finalement très en accord avec sa naïveté. Une telle innocence à cet âge-là et avec un tel parcours cela relevait d'ailleurs d'un petit miracle. Une telle vue du monde était si étrangère à Rabastan qu'il considérait intrinsèquement qu'en dépit des apparences, lui et le Serdaigle ne pouvaient pas faire partie de la même espèce. Dans ces conditions, il était probable que pour Ludovic trahir ce qu'on lui avait confié devait très certainement faire partie de ce qu'il considérait comme mauvais. Une raison de plus pour estimer que faire promettre le silence au garçon était inutile. Mais bah ! Ce n'était pas comme si leur relation était fondée sur la sincérité.

    Quoi qu'il en soit, une promesse avait été faite, le discours intérieurement bien rôdé.... Ca n'empêchait pas qu'il allait falloir se jeter à l'eau, en l'occurrence glacée, sale et boueuse. Inutile de chercher de l'enthousiasme. Le Serpentard expira profondément par les narines et commença :

    -Très bien.... Tu vois... Ces types, j'ai été à l'école avec eux, avant Poudlard. Dans la même classe. Plusieurs années. Et ... Y a pas que les Sorciers qui font de la ségrégation, parce que le souvenir que j'ai de cette école, c'est qu'il y faisait pas bon être différent de la petite bande de macaques à la morve au nez dont ces deux-là jouaient les chefs. Je dois avouer.. Ça fait longtemps que je rêvais de faire payer à Frames. J'lai pas cherché pour autant, mais lui est venu me trouver. Sur mes terres. Et en se prenant pour le roi. Tu trouves que ce que j'ai fait est moche pas vrai ? J'vais pas faire pleurer dans les chaumières, et j't'épargne les détails, mais je peux te garantir que c'était plus que mérité et qu'à mon avis, s'ils le savaient, y a un paquet d'anciens élèves qui seraient ravis d'apprendre ce qui lui est arrivé. Lui et son con de pote...

    Un paquet ? Il exagérait très largement. Il y en avait bien sûr qui seraient heureux d'apprendre la nouvelle, ceux qui avaient eu à subir les moqueries, les frappes gratuites, la discrimination cruelle du groupe, les blagues humiliantes... Mais ils n'étaient pas si nombreux. Frames avait été pénible et odieux parfois, mais finalement ça n'avait été que des histoires de gosses, mises à part ses têtes de turc qui avaient réellement souffert au quotidien, les anciens élèves devaient avoir de plutôt bons souvenirs de lui. Il ressemblait un peu au groupe de Black, populaire et intenable, se prenant pour des icônes et ayant le comportement égotiste qui allait avec. Ça vous créait un sacré bon public. Et également des victimes collatérales. Dont Rabastan n'avait jamais fait partie. Frames n'avait pas été si stupide. Il avait testé les limites et d'une manière ou d'une autre jugé que ça ne valait pas la peine d'insister, se contentant de faire comme si Lestrange n'existait pas dans son monde. Par dégoût viscéral, Rabastan n'avait pas cherché à s'approcher non plus de celui qu'il estimait n'être qu'à peine plus qu'un singe. Autant dire qu'avant l'épisode de la plage, en réalité, les deux garçons n'avaient jamais vraiment échangé, et pourtant se connaissaient curieusement bien. L'éloignement donne de l'objectivité à l'observation, paraît-il : ceci explique peut-être cela.

    -Mais c'est pas le genre de trucs que j'vais raconter aux journaux..., conclut-il sur le ton de l'évidence agressive.

    Une histoire pareille, vraie ou fausse, il faudrait un enjeu extraordinaire et d'ordre majeur pour qu'il pût envisager de la faire connaître à un public non restreint. Des relations avérées et quotidiennes avec des moldus, aux soi-disant brimades et difficultés, il n'y avait que des choses à cacher. Même pour une excellente cause, Rabastan ne serait pas passé à côté d'une sensation d'humiliation assez intense pour le rendre inévitablement rageur, comme si on avait soudainement augmenté la température sous la cocotte minute. Heureusement, il n'y avait que Ludovic comme interlocuteur, lequel n'irait probablement pas répandre au petit bonheur ce qu'on lui avait raconté. Pourtant même comme ça, son expression s'était instinctivement fermée, les mâchoires serrées, l'œil allumé comme prêt à saisir le moindre signe de provocation quelconque. Le fait qu'il ne s'agissait que d'un demi-mensonge n'arrangeait pas les choses. Il n'avait jamais craint Frames, mais il avait bien été dans une écœurante école de moldus pendant plusieurs années. Comment son père avait-il pu oser leur infliger ça....
    Quelque chose attira son regard vers le bas. Dans la lumière matinale qui passait les vitres des serres, les sisymbres avaient jusqu'alors tranché par leur couleur vive. Mais d'un coup, les couleurs semblaient s'être un peu éteintes.
    L'ambiance avait changé chez les fleurs. Les plus éloignées frémissaient toujours vers lui ou la radio. Mais les plus proches avaient un peu pâli et commençaient de se balancer plutôt de l'autre côté. Le Serpentard fronça à demi les sourcils d'agacement, se demandant comment un simple ton légèrement exaspéré avait bien pu produire un tel effet, d'autant qu'il ne s'adressait clairement pas aux plantes. Ou peut-être était ce la façon dont il avait sèchement frappé la table du plat de la main pour ponctuer le "con de pote" ? Quelles chochottes... Il aurait sans doute fallu les rassurer immédiatement et les chouchouter pour leur faire oublier cet épisode malheureux, mais il ne s'en sentait plus guère l'humeur. En tous cas pas tout de suite. Et puis, il n'y avait pas que les fleurs de son côté qui paraissaient à la peine soudainement. Comme ses yeux tombaient sur les plantes de l'autre côté, il leva un sourcil sceptique. Bien que dans un style différent, celles du côté de Ludovic n'avaient pas l'air au mieux face au désintérêt écrasant auquel elles devaient faire face.
    Quelque part au milieu de toutes ses pensées, Rabastan se demanda si elles déprimeraient et mourraient de la même manière si lui et le Serdaigle poursuivaient sur cette pente. Il était sûr que rien n'était écrit dans les livres sur le sujet. Et qui sait, peut-être que la façon dont elles mourraient pouvait avoir une influence sur les propriétés des sisymbres ?  Ça aurait été une expérience plus intéressante que de les entretenir, c'était certain, ne serait-ce que parce que ça aurait répondu à des questions encore jamais posées.
    Rabastan plaça le poste radio entre lui et son pot de sisymbre et augmenta le son de la musique, à défaut de les rassurer d'une autre manière, il espérait faire ainsi écran entre les plantes et sa mauvaise humeur.

    -Maintenant tu peux continuer à estimer que c'est mal, que j'aurais pas dû aller aussi loin, Andrews, reprit Rabastan en haussant les épaules. Mais je suis pas du genre bon samaritain à tendre l'autre joue. Et je fais pas les choses simplement parce que d'autres les ont décrétées bonnes ou mauvaises. Je te ferai pas non plus d'excuse pour être comme je suis. Tu voulais savoir, tu sais. Voilà.



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MessageSujet: Re: "[...]dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne" [PV Rabastan] Sam 22 Fév - 15:43

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MessageSujet: Re: "[...]dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne" [PV Rabastan]

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"[...]dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne" [PV Rabastan]

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