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"Je vois l'avenir - Et bien des fois j'aimerais être aveugle" Calliope G. Dostoïevski

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MessageSujet: "Je vois l'avenir - Et bien des fois j'aimerais être aveugle" Calliope G. Dostoïevski Ven 14 Juin - 20:32

  Ton Identité

   

ϟ Prénom(s) : Calliope, Gaea
ϟ Nom : Dostoïevski
ϟ Age : 16 ans
ϟ Date et lieu de naissance : 25 Mars 1960, en Russie
ϟ Statut :  Sorcière
ϟ Sang : Pur
ϟ Particularité : Voyante - son don de voyance se manifeste sous plusieurs formes qu’elle ne maitrise pas encore totalement. De manière générale, elle voit l’avenir et le passé par le touché – il s’agit de voyance tactile qui concerne autant des objets que des personnes -  mais il lui arrive très souvent d’avoir des visions de l’avenir à travers ses rêves – on appelle ça l’Oniromancie. Elle peut également avoir des prémonitions, même si elles sont plus rares et plus rapides, souvent confuses, ce sont seulement des images. Certaines voyantes arrivent à pousser leur don jusqu’à la projection spirituelle, c’est-à-dire qu’elles se déplacent dans l’espace et le temps et acquièrent une position de spectateur, mais ça ne lui ait arrivé qu’une seule fois et l’expérience n’a pas été agréable et elle n’a rien fait pour la déclencher.
ϟ Baguette : 23 cm de bois de chêne et contient un cheveu de vélane.
ϟ Patronus : Gazelle
ϟ Epouvantard : Les poupées et pantins, marionnettes
ϟ Amortentia : L’odeur des sapins, de la pluie et de la neige.
ϟ Feat : Anya Summers




   
Ton Histoire




Part 1. Katyuska

Katyuska est le nom du bateau sur lequel ma mère adoptive a disparue – disparue voulant dire décédée, morte, emportée par les vagues, noyée et tant d’autres formulations que l’on ne donne pas aux enfants évidemment mais qui au moins ont le mérite d’être claires. C’était pendant l’année 1967, je n’avais pas encore sept ans puisque je suis née en mars – oui ce mois de l’année où en Russie, contrairement aux autres pays chanceux, l’on parvient difficilement à un 1°C. Ce n’est cependant pas la seule à être morte pendant cette traversée en bateau, il y avait aussi le couple Avdeïev, puissance sorcière incontestée dans notre pays. Comme quoi, quand on dit « se tuer au travail » ce n’est pas juste pour faire joli.
Et ça n’avait rien de joli effectivement. Des parents morts, des enfants presque à l’abandon et avec tout ça les vautours de journalistes qui se jettent sur l’affaire comme s’ils étaient affamés. Je n’ai jamais pu compter les Gazettes qu’ils ont sorties grâce à cette histoire, mais je suis certaine qu’à l’époque ils se sont bien rempli les poches. Au moins, quelqu’un en a profité.
On ne peut pas en dire autant de moi et des Avdeïev.
Sûrement le pire aspect dans cette tragédie se trouvait dans les souvenirs : ah, la mémoire… tellement pratique mais terriblement énervante. Elle continue sans cesse à vous montrer les signes et les avertissements que vous avez ignorés ou simplement loupés.
Les avertissements… ils ne durent pas longtemps mais vous vous dites que vous pouvez vous permettre de les ignorer parce qu’après tout, pourquoi seraient-ils vrais ? « Pourquoi les écouter ? Il vaut mieux foncer. »
Sauf qu’il y a toujours un problème avec ce genre de grossière erreur… A la fin, elle vient à chaque fois vous rappeler qu’elle en était une.  




5 mai 1967 – Russie, Moscou
Le bruit des couverts contre les assiettes résonnait toujours solennellement dans la pièce quand Calliope se décida à poser sa fourchette et à prendre la parole. Sa voix encore enfantine s’adressa à son père.
Calliope : Père, j’aimerais vous parler du voyage de demain.
Kolian Dostoïevski continua à manger tranquillement sans prendre la peine de lever les yeux vers sa fille, alors que sa femme, Rina, prêtait attention.
Kolian : Qu’y a-t-il à dire sur le sujet ?
Calliope : J’ai un mauvais pressentiment.
Kolian : Tiens donc ! Allons, soyons sérieux.
Calliope : Vraiment Père. J’ai vu ce qui allait se passer et ce voyage n’est pas sûr.
Son père avala sa dernière bouchée avec agacement, déposa ses couverts et s’essuya la bouche d’un mouvement rapide. D’ordinaire peu avenant, Kolian arrivait présentement au stade de l’irritation extrême. Ce n’était pas la première fois que ce genre de conversations venait troubler leur repas.
Kolian : Et que devrions-nous faire selon toi ?
Calliope : Eh bien… Père, Mère, je crois qu’il vaudrait mieux repousser ce voyage en mer… pour quelques jours au moins. Peut-être quand le temps sera meilleur ou que…
Kolian leva une main pour l’interrompre, ricanant sans même s’en cacher. C’était toujours ainsi avec lui : la parole était à vous jusqu’à ce qu’il décide que ce qui sortait de votre bouche n’avait aucun intérêt. Aussi, la jeune sorcière attendit qu’il parle. Il se leva, déposa sa serviette sur la table et se dirigea vers sa fille qui le suivit des yeux avec attention et méfiance. Prenant son menton de Calliope entre deux doigts, il mit fin à la conversation avec un sourire méprisant.
Kolian : Ton avis m’importe peu. Tout comme tes stupides rêves ou visions imaginaires. Tu dépasses les limites. Je me fiche de ton soi-disant don de voyance, il est clair que ta seule particularité est d’être plus irritante encore qu’un elfe de maison.
Calliope encaissa sans rien dire et ne bougea pas d’un pouce.
Kolian : Nous partirons demain. Point.

Evidemment, il ne fallait pas s’attendre à une quelconque intervention de la part de Rina. Fidèle et obéissante, elle bénissait chacune des paroles de Kolian et le suivait sans un mot. Une ombre rodant derrière lui, rien de plus. Pourtant, Rina avait été autrefois une bien belle femme avec un sourire éblouissant et un franc parler qui lui avait souvent valu l’admiration des hommes en Grèce, son pays d’origine. Voilà ce que les années avaient fait d’elle : une épouse soumise à la volonté de son mari.
Du plus loin qu’elle se souvienne, Calliope avait toujours connu Rina et Kolian ainsi. L’un impitoyable et l’autre silencieuse. Cette dynamique lui était devenue familière mais pas moins désagréable que trop souvent elle en payait le prix. Si Kolian prenait les décisions, il était clair que Rina ne pouvait s’y opposer une seule fois. Y pensait-elle seulement ?

Malgré l’avertissement de sa fille, Kolian entreprit de finir les derniers préparatifs pour le voyage en mer à bord du Katyuska, en compagnie de leurs fidèles collègues et amis, les Avdeïev. Le voyage était en réalité pour des affaires – Calliope n’avait jamais su de quoi il s’agissait réellement – et semblait très important aux yeux des deux familles. Ils devaient embarquer à 6h au petit matin et la jeune sorcière de bientôt sept ans ne savait toujours pas comment faire pour convaincre son père. Il fallait qu’ils repoussent ce voyage, il le fallait… il le fallait…


A l’époque, je ne savais pas encore si ces visions étaient seulement le fruit de mon imagination ou si elles étaient réelles. Enfin, réelles… disons plutôt si elles allaient bel et bien se réaliser. Ce que je prenais pour des rêves étranges s’était petit à petit transformé en quelque chose de beaucoup plus concret après cet incident. « Incident » étant le terme non-approprié et légèrement enrobé de tact pour parler du naufrage du Katyuska, et par la même occasion de la mort de plusieurs personnes.
Malgré les avertissements lancés à mon très cher père, ce dernier continua à foncer tête baissée dans un mur de pierres. Et le mur n’avait pas bougé, ne s’était pas effacé comme par magie. Il était resté là, fièrement dressé au début, juste pour nous donner le temps de nous y cogner, puis… d’un seul coup, s’était écrasé sur nous dans un fracas assourdissant. Un retour de bâton pour mon père, si l’on prenait en compte ses moqueries et son ignorance. Mais à cet âge-là, le punir n’avait jamais été mon objectif, quand bien même il l’aurait mérité.
Pourtant, mon père m’avait toujours tenue comme seule responsable des évènements. J’étais dotée d’un don – un don qu’il avait je le rappel toujours méprisé et ridiculisé – qu’il prenait soudain assez en considération pour le considérer coupable de la mort de ma mère et des Avdeïev.
Peut-être n’aurais-je simplement pas dû le retenir, le laisser échapper au naufrage ? Je m’étais toujours posé cette question : étais-je intervenue dans son destin ? Avais-je modifié la voie qu’il était censé prendre ce jour-là ? Ou était-ce écrit quelque part que mon geste lui sauverait la vie ?
Je ne savais pas pour son destin…mais ma culpabilité était là malgré tout. Mon intervention avait été stupide, mon intervention lui avait valu de rester en vie sans sa femme, de rester avec moi et mon don meurtrier…
Oui, définitivement… je n’aurais pas dû le sauver. Il aurait dû mourir ce jour-là.



6 mai 1967 – Russie, Port de Saint-Pétersbourg

Calliope regardait attentivement les passants sur le quai. La plupart ne la remarquaient même pas mais elle, elle les voyait très bien. Ils étaient tous pressés, en train de courir, de crier ou de rire grassement à l’oreille des femmes habillées étrangement sur le port – Calliope s’était demandée pourquoi il manquait parfois des bouts de tissus à certains endroits.
La pression sur sa main droite la ramena à la réalité. Aussitôt, elle quitta des yeux une jeune femme rousse et un marin qui discutaient en se faisant des messes basses. La petite sorcière reporta donc son attention sur sa mère qui la tirait par la main – c’était une belle femme brune avec des yeux bleus très clairs et lumineux, un visage en forme de cœur et une silhouette élancée. Rina regardait sa fille avec cette même expression froide et neutre qu’elle arborait en toute occasion.
Rina : Tiens-toi droite Calliope et cesse de dévisager les gens.
Calliope : Je ne les dévisage pas Mère.
Un regard tranchant accueillit sa réplique mais Rina n’eut pas le temps de réprimander sa fille, Kolian s’approchait déjà d’elles.
Kolian : On va embarquer, les Avdeïev seront bientôt là. Dis à Toeïv de ramener Calliope au manoir.
Sa femme acquiesça et quand son mari disparut encore pour régler les derniers détails avec l’équipage, elle fit signe à Toeïv, l’elfe de maison, d’approcher. La petite créature se posta rapidement devant Rina et s’inclina avec respect.
Toeïv : Toeïv fera ce que sa maitresse demandera.
Rina : Tu ramèneras Calliope une fois que nous serons montés à bord. Tu la surveilleras bien durant notre absence et assures toi qu’elle apprenne ses leçons.
Toeïv : Bien madame.
Rina lâcha la main de sa fille en voyant son mari lui faire signe. Comme elle n’était pas affectueuse, il n’y eut ni embrassade, ni dernière recommandation pour sa fille, pas de mot tendre ou d’au revoir. Sa mère se contenta de lui lancer un dernier regard froid et mal à l’aise avant de se diriger vers Kolian. Calliope sera le tissu de sa petite robe bleue en les voyant marcher vers la passerelle. La jeune sorcière fit un pas en avant prête à les retenir mais une soudaine apparition des Avdeïev l’arrêta. Ils étaient venus sans leurs enfants, seulement à deux. En première ligne, Nikolaï Adveïev s’avançait d’un pas décidé vers le bateau, traversant la foule qui s’était réuni sur le quai et qui s’écartait peu à peu sur leur passage. Il faisait de grandes enjambées avec une démarche digne d’un imposant homme d’affaire prêt à diriger ses troupes – imposant par son charisme et sa grande autorité apparente. Le chef de famille dégageait cette noblesse, cette attitude de dirigeant qui était toujours impressionnante.
Derrière lui suivait sa femme, Natalia, d’une classe et d’un charme incroyables qui lui donnaient une apparence si élégante que Calliope rêva immédiatement de lui ressembler. Natalia était élancée et lumineuse, elle avait le profil d’une grande dame fière  mais douce. Tous deux étaient des aristocrates très respectés et admirés, et à cet instant précis c’est ce que fit Calliope. Elle les admira. Juste quelques secondes. Quelques secondes avant de s’enfuir en courant sous le regard paniqué de l’elfe de maison qui appela immédiatement ses maitres.
La petite sorcière courut jusqu’au premier bar qu’elle trouva sur le port. Elle avait traversé la foule et était entrée en se glissant comme une anguille. Sa petite taille l’aidait à être discrète et elle serra sa veste entre ses mains, intimidée de se retrouver au milieu d’un bar plein d’ivrognes à moitié endormi, et de marins avec la gueule de bois prêts à repartir en mer. Elle ne connaissait pas Saint-Pétersbourg et n’avait aucun repère ici. Mais Calliope ne se démonta pas et avança dans le bar silencieusement, guettant de tous les côtés pour surveiller les personnes qui circulaient dans le bar. Elle savait que ses parents débarqueraient à tout moment.
Alors, elle vint se cacher derrière le comptoir une fois sûre que le barman était parti à l’arrière. Calliope n’était pas stupide, elle savait qu’on la retrouverait dans peu de temps mais peut-être assez de temps pour que sa vision ne se réalise pas. Elle avait vu le navire couler, ballotté violemment par les vagues monstrueuses qui tentaient de l’engloutir en pleine mer, trop loin du rivage pour que les passagers puissent l’atteindre. La vision s’était arrêtée là, il ne s’était agi que du naufrage du bateau et non de la mort précise des personnes à bord, mais pour Calliope l’échéance ne faisait aucun doute. Il y aurait des morts. Beaucoup, sûrement.
Voilà en quoi disparaître abruptement pour amener ses parents à rater le départ du bateau lui avait semblé une bonne idée.

Kolian n’avait pas mis longtemps à réagir. Aussitôt qu’il fut averti de la disparition de sa fille adoptive, le sorcier demanda à sa femme de monter à bord du Katyuska et de l’attendre. En fulminant silencieusement, il traversa la foule de marins et de pêcheurs sur le quai, se rapprocha des commerces alentours et repéra le bar dans lequel Calliope était entrée. C’était le plus visible, avec sa devanture crasseuse et humide, sa porte grande ouverte et ses fenêtres aux rideaux tirés. Le Fidèle Matelot, semblait être une bonne cachette. Kolian s’avança d’un pas décidé vers le bar et lorsqu’il entra, personne ne remarqua sa présence. Déstabilisé d’aussi peu de considération – il n’y était guère habitué mais ne s’attendait à rien d’autre venant de moldus -, le sorcier s’approcha du comptoir alors que le barman revenait avec une caisse de bières entre les mains. Le crâne rasé, les yeux globuleux et un ventre proéminent, le barman était bien plus grand que Kolian mais semblait tout de même intimidé par l’air féroce du sorcier.
Kolian replaça par mécanisme ses gants sur ses mains, n’osant toucher un seul centimètre du comptoir douteux. Le barman le dévisagea.
Kolian : N’auriez-vous pas vu une petite fille de six ans, cheveux longs et blonds, des yeux très clairs, une robe bleue ?
Le barman : Ah désolé m’sieur ! Y a pas de ptite fille ici ! C’pas un endroit pour ça !
Tout chez cet homme était repoussant, de sa façon de parler à son apparence sale et laide, Kolian esquissa une grimace.
Kolian : Vous êtes sûr que personne ne l’a vu ?
Le moldu se tourna vers deux ivrognes à moitié endormis sur les tables.
Le barman : Hé ! Vous avez vu une gamine rentrer ?! Ah…voyez…ils ont rien vu. Pas d’gamine ici m’sieur ! Mais on a d’la bière !
Kolian ne prit pas la peine de répondre, agacé et dégoûté. Il se tourna en jetant un regard circulaire à la pièce sombre. A part des immondices, il n’y avait rien.

Ce fut toutefois en se dirigeant vers la sortie avec sa digne démarche que Kolian remarqua quelque chose à terre. Un ruban bleu était tombé…

Dehors, le Katyuska s’apprêtait à partir et sonnait déjà son départ. Mais le père de Calliope était bien loin de ces considérations, la colère venait de monter bien trop haut et bien trop rapidement pour qu’il puisse réfléchir correctement. Furieux, il serra le ruban bleu dans sa main gantée se souvenant très bien de l’avoir vu dans les cheveux de sa fille quelques instants plus tôt.
Il se retourna lentement, ses bottes de cuir foulant le sol du bar miteux tandis que sous le comptoir, Calliope demeurait cachée. Elle s’était mise juste en derrière une pile de cartons avec le nom d’une marque de bière russe, dissimulée seulement à moitié. Ses petits pieds dépassaient de la pile de cartons. Et il ne fallut pas longtemps à Kolian pour venir jusqu’à elle, le ruban rageusement serré dans sa main droite alors que d’un mouvement souple il attrapait de la gauche le pied de sa fille. Il tira jusqu’à la voir étalée sur le sol, surprise et effrayée.
Kolian : Lèves-toi immédiatement.
Calliope le fixa, elle n’eut pas besoin de lui lancer un regard de défi car son immobilité suffisait amplement. Kolian attendit quelques secondes avant de froncer les sourcils et de l’empoigner sans douceur alors que de son côté le barman ne savait pas où se mettre, à quelques mètres d’eux.
Le barman : J’vous jure m’sieur, j’l’avais pas vu la gamine moi !
Kolian : Fermez-la.
Il avait relevé la tête exceptionnellement pour lui ordonner de se taire et ce ne fut qu’après que le barman ait obéis que son attention se reporta sur Calliope.
Kolian : Par Morgane, qu’est-ce que tu voulais faire ? Hein ? ! Qu’est-ce que tu voulais faire ?!
Calliope le regarda dans les yeux, sans détourner un seul instant le regard et ne dit pas un mot. Elle savait, elle savait que rien ne l’empêcherait de lui en vouloir. Il ne pouvait pas comprendre. Il ne comprendrait jamais. Alors, il l’avait trainé en silence à l’extérieur du bar et s’était figé sur place.

Le Katyuska partait sans lui.

Si l’on regarde les faits, mon plan avait fonctionné. Mon père était resté à terre et le Katyuska n’avait fait périr qu’un seul de mes parents. Egoïstement, c’était la seule chose qui m’importait à ce moment-là. Les Avdeïev étaient morts, laissant leurs deux héritiers derrière eux mais j’avais toujours pensé qu’ils s’en sortiraient. Ce n’était pas un secret qu’ils étaient gâtés, entourés depuis leur naissance et que même si l’absence de leurs parents serait difficile à supporter, ils avaient toutes les clés en mains pour avoir un bel avenir – à cette époque-là, c’était une évidence. Mon cas était différent. Mon cas était inédit et compliqué.
Je ne me rappelle pas avoir pleuré quand l’annonce de la mort des passagers du Katyuska est tombée. Rina n’avait jamais été proche de moi, c’était toujours contentée du strict minimum me concernant et je ne l’avais jamais vraiment considérée comme ma mère.
Quant à mon père, sa réaction fut nettement plus explosive que ce à quoi je m’étais attendu…mais ça, autant garder le meilleur pour plus tard.

Intervenir dans le fil des évènements pour modifier une vision avait été une énorme erreur. Ma plus grosse erreur à vrai dire. Je n’avais pas tardé à le comprendre, mon rôle n’était ni d’intervenir, ni de prévenir lorsque l’on ne le demandait pas : j’avais le don de voyance. Mon rôle consistait à voir, interpréter les signes. Rien de plus. Bonjour la frustration ! Je ne pouvais donc pas intervenir sans payer le prix de mon action. Prix que mon père me fit joyeusement payer, soyez en sûrs.
Le pire dans tout ça : c’est que les signes ne m’y avaient pas préparé.

Il n’avait fallu à Kolian que peu de temps pour décider que la Russie n’était plus un endroit pour nous. Un mois après la mort de Rina et des Avdeïev – qui fit grand bruit à l’époque – il m’annonça que nous partions tous les deux pour Plymouth, en Angleterre.

Je me souviens être retournée vers la si grande demeure des Avdeïev après le naufrage. C’était une bâtisse impressionnante, avec un domaine tout autour qui m’avait toujours laissé rêveuse. Même le manoir de mes parents n’était pas aussi vaste et beau – il est clair que toutes les familles sangs-purs n’ont pas les mêmes fortunes. Le souvenir des nombreuses soirées chez les Avdeïev était remonté d’un seul coup. J’en étais arrivée à la conclusion que Lev et Alekseï Avdeïev m’en auraient sûrement voulue s’ils avaient su pour ma vision. Mais je ne me sentais pas coupable pour autant : leurs parents m’auraient-ils cru ? Auraient-ils pris au sérieux les rêves d’une petite fille de même pas sept ans ?
Sûrement que non, et c’est cette certitude qui m’avait toujours empêché de me sentir coupable. Je n’étais responsable de rien. Le Destin, la Vie, peu importait le nom, était le seul coupable. J’étais une petite fille qui n’arrivait pas encore à faire les bons choix, qui ne savait pas encore comment le monde pouvait fonctionner, et pourquoi mon geste avait été stupide. Encore à cette époque-là, j’étais persuadée d’avoir fait une bonne action. J’avais sauvé mon père. C’était la seule chose qui avait compté.
A ce moment-là du moins… Mon avis avait très vite changé.

En repassant devant chez eux, et parmi les souvenirs qui avaient resurgis, il en restait un qui m’avait marqué plus que les autres. Un qui allait être d’une importance énorme et qui avait semblé si dérisoire et même désagréable au début.



Eté 1966, Palais des Avdeïev à Moscou.

Whaou ! avait été la première chose que Calliope avait pensé en voyant le palais pour la toute première fois. C’était tellement vaste, lumineux et beau qu’elle en avait eu le souffle coupé. La petite fille avait toujours l’impression que le palais éclatait de toutes sortes de petites lumières dorés et argentés tant les lustres, les meubles, le sol et les escaliers – sans parler de la façade absolument incroyable – brillaient. Tout était illuminé, et c’était bien la seule chose qui plaisait à la sorcière, elle qui en général n’aimait guère les grandes maisons…
Rina : Quelle magnificence ! Quelle architecture !
Ce soir-là, comme toujours, elle s’était extasiée en entrant dans le hall.
Kolian : Tu dis ça à chaque fois qu’on vient…
Il avait soupiré, exaspéré. Les elfes de maison vinrent récupérer leurs vestes et leurs sacs en leur indiquant le chemin jusqu’à la grande salle de réception.
Rina : J’ai l’impression que chaque nouvelle visite est plus belle que la précédente.
A l’unisson, Kolian et Calliope levèrent les yeux au ciel. Ils se dirigèrent vers la grande salle, et Rina en profita une fois de plus pour remettre les cheveux de Calliope en ordre – elle avait ordonné à ses domestiques de faire des couettes avec des rubans, dans les cheveux de la petite fille d’à peine six ans. Grossière erreur évidemment. Calliope tirait sans cesse sur ses couettes pour les enlever et devait souffler sur les mèches rebelles pour les éloigner de ses yeux. Elle détestait les couettes au moins autant que les robes affreuses que sa mère l’obligeait à porter – ce soir, c’était une robe rose bouffante qui lui donnait un air de bonbon géant.

Quand ils arrivèrent dans la grande salle, le couple alla saluer leurs confrères et amis tandis que Calliope tombait dans l’ignorance totale. C’était toujours ainsi : ils se dispersaient dans leurs soirées mondaines et ne retrouvaient leur fille qu’à la fin en se souvenant sûrement par hasard qu’ils en avaient une.

Mais Calliope ne leur en voulait pas - elle savait comme ses parents regrettaient de l’avoir adoptée vu le dégoût et le mépris qu’elle leur inspirait à cause de son don. En avoir conscience l’aidait à trouver leur mépris idiot et inutile : sa faculté à voir l’avenir ne faisait pas d’elle un monstre, mais quelqu’un de différent. La situation aurait été plus difficile si elle avait ignoré la raison de cette constante froideur mais Calliope n’avait aucune illusion. Elle ne s’interrogeait que rarement sur l’affection  inexistante  de ses parents à son égard, se contentait de l’accepter sans broncher. Au moins, ils lui donnaient un toit sous lequel dormir, de la nourriture et des vêtements. Puis, elle bénéficiait de l’éducation stricte des sangs-purs. Un point non-négligeable chez les sorciers. Enfin, c’était ce que Calliope avait compris en observant le milieu dans lequel elle se trouvait depuis des années.
La pureté du sang, elle, elle n’y voyait pas vraiment d’intérêt. Elle savait qu’étant donné son rang social, elle se devait d’en être à la hauteur et de respecter un certain nombre de règles et de principes. Mais il aurait été inutile de lui demander ce qu’elle pensait vraiment des moldus, des sangs-impurs et de sa place à elle, en tant que sang-pur. Déjà à cette époque-là, elle témoignait d’une certaine neutralité sur la question. Elle s’en fichait, voilà tout.
Aussi, elle ne s’entendait que peu avec les autres enfants dans ces soirées. Ils avaient, comme elle, reçu des principes d’éducation prônant l’importance des traditions et de la noblesse de leur sang. Cependant, si d’autres étaient déjà plongés avec passion dans ces traditions, Calliope restait quant à elle en retrait. Elle avait essayé pourtant au début d’aller vers les autres, de se faire déjà des relations comme le souhaitait son père et sa mère, mais cela n’avait rien donné. Tous la trouvaient étrange, anormale, inintéressante.
Il ne lui avait pas fallu longtemps pour abandonner et se trouver des recoins du palais pour échapper au beau monde et vaquer à ses propres occupations. Seule, elle pouvait penser aux visions qui traversaient son esprit, restaient dans sa mémoire avec ténacité et lui donnait cet air bizarre que les autres enfants fuyaient en s’en moquant. Ce soir-là, Calliope avait choisi malgré toutes les pièces chaudes et accueillantes du palais, un coin du jardin français. Elle avait laissé sa veste à l’intérieur, s’était faufilée discrètement dehors et avait traversé le jardin jusqu’à un pont de marbre près d’un labyrinthe magique – Calliope ne s’y était pas risquée mais un jour elle s’était promis d’essayer.
La petite sorcière s’était penchée par-dessus le rebord de la rambarde pour voir l’eau en dessous et évaluer les risques de chute par la même occasion, restant en équilibre sur son ventre. Ses couettes tombaient de chaque côté de sa tête, légèrement relâchées, et laissant des petites mèches s’échapper sauvagement. Elle descendit et s’assit par terre, en tirant sur sa robe pour ne pas la froisser. Elle sortit de son petit sac rose ensorcelé – un autre cadeau de sa mère…- un carnet de dessins et un crayon.

Elle se mit à dessiner avec une concentration attendrissante la vision qu’elle avait eue en venant chez les Avdeïev. Sur le chemin, Calliope avait vu un grand arbre de leur jardin prendre feu. C’était un arbre fruitier d’après les fruits calcinés aperçus dans sa vision, et il se trouvait juste à quelques mètres de l’entrée. Elle n’en savait pas plus sur les raisons de cet évènement, mais sa vision se déroulait la nuit apparemment. Ce soir, peut-être.
Sur le papier, Calliope avait déjà dessiné l’arbre en train de brûler, les flammes le dévorant en faisant voler quelques petites braises dans l’air. Lorsqu’elle voulut attaquer la fumée provoquée par l’incendie, la feuille lui fut retirée des mains brutalement. Elle sursauta et se releva immédiatement, faisant face au voleur arrivé sournoisement par derrière. Il était un peu plus grand qu’elle, des cheveux blonds comme les blés, et un visage encore enfantin tellement angélique qu’il était étrange d’y voir s’étendre un tel sourire… Malicieux et fier. Evidemment, elle aurait reconnu cette bouille et ces yeux verts entre milles : il s’agissait du plus jeune fils des Avdeïev. Lev.
Calliope : Rends-moi ça ! C’est mon dessin.
Lev : Tu appelles ça un dessin ?
Son air méprisant agaça rapidement la sorcière. Il s’était éloigné légèrement d’elle avec le dessin entre les mains, le regardant presque avec dégoût. Non, en fait, c’était bien du dégoût.
Lev : Personne ne voudrait de ça chez soi.
Il la narguait ouvertement. Comme quoi, sa bouille d’ange était la plus grande supercherie de ce vaste monde. La petite sorcière releva légèrement le menton.
Calliope : Qu’est-ce que tu y connais d’abord ?
Lev : Beaucoup plus que toi apparemment…
Calliope : Alors ça, j’y crois pas. Je suis sûre que tu sais même pas tenir un crayon.
Il renifla dédaigneusement.
Lev : Crois ce que tu veux, j’en ai rien à faire. Et je sais très bien tenir un crayon.
Calliope s’en irrita d’autant plus et amorça quelques pas vers lui en essayant de prendre un air menaçant, qui eut plutôt l’effet de faire sourire plus largement le garçon.
Calliope : Maintenant, rends le moi !
Lev : Non.
Calliope : Si. C’est mon dessin. Pas le tien. Et si tu ne l’apprécie pas, alors tu n’as qu’à le laisser tranquille.
Lev : Je l'ai pris, il est à moi maintenant. Vu ton peu de talent, il vaudrait mieux que je le déchire.
Il s’apprêtait à faire mine de le déchirer quand elle l’interrompit en se rapprochant encore un peu.
Calliope : NON ! Arrêtes ça ! C’est pas drôle. Et figures toi que j’ai du talent ! C’est l’ami de mon père qui me l’a dit !
En effet, le seul encouragement qu’elle avait reçu se trouvait être d’un ami de la famille venu passer quelques semaines chez eux et qui avait remarqué le talent naissant de la petite sorcière pour le dessin.
Lev ne retint pas son rire. Ses yeux pétillaient de malice. Un vrai diablotin.
Lev : Tu ferais mieux d’arrêter de dessiner. C’est un crime visuel ça.
Puis, mettant ses menaces à exécution il commença à la narguer en faisant semblant de déchirer le papier, imitant parfaitement le bruit de la déchirure. La sorcière s’avança jusqu’à lui cette fois-ci, énervée et angoissée de voir son dessin subir pareil traitement. Fier de susciter cette réaction, le sorcier leva bien haut la main qui tenait le papier pour que la –trop- petite sang-pur ne puisse l’attraper. Elle se mit à piailler.
Calliope : Ça suffit ! Donne-le-moi ! Donne-le-moi !
Le sourire du garçon faisait tout le tour de sa tête d’ange.
Lev : On se rebelle ? T’as une voix de moineau.
Calliope : Je vais le dire à tes parents !
Menace qui déclencha l’hilarité de Lev pendant quelques secondes où il en profita pour se déplacer vers la droite, suivi de Calliope cherchant toujours à récupérer son dessin en sautant sur ses pieds. Malheureusement pour elle, sa taille ne lui permettait pas d’atteindre son but. Lev, lui, fit un geste pour jeter le dessin par-dessus le rebord du pont, toujours en riant.
Calliope : Non ! Pas dans l’eau !
Elle s’accrocha à sa manche pour lui faire abaisser le bras mais il recula, bougea de droite à gauche pour qu’elle perdre l’équilibre et tombe, comme elle se tenait sur la pointe des pieds. Par terre, sur les fesses, avec un air ahuris sur le visage, Calliope releva les yeux vers le garçon bien trop satisfait de lui-même. Dans cette position, il la dominait de sa hauteur et la regarda de bas en haut avec mépris.
Lev : En fait, t’es un crime visuel à toi toute seule.
Cette fois-ci, s’en était trop pour elle. Elle se leva, le regard noir et les cheveux en bataille, ses couettes maintenant retombées encore plus bas et donna un violent coup de pied – avec toute sa petite force – dans le tibia du sorcier. Elle voulut profiter de cet instant pour récupérer le dessin mais Lev ne se laissa pas faire. Il tira avec la même violence les couettes de Calliope qui grimaça en protestant, tenant fermement le dessin hors de portée.
Natalia : Les enfants ?
Les deux se calmèrent immédiatement en entendant la voix de la maitresse de maison. La mère de Lev apparut à l’autre bout du pont. De sa démarche assurée et élégante, Natalia s’avança vers les deux petits sorciers et les regarda à tour de rôle, tentant sur chaque visage de déchiffrer leurs pensées. Elle ne semblait ni inquiète, ni réprobatrice. Elle semblait vouloir seulement contrôler la situation tant qu’il en était encore temps. Aussi, elle remarqua sans difficulté les vêtements débraillés, les cheveux en bataille et le dessin dans la main de Lev.
Calliope : Bonsoir Madame Avdeïev.
Natalia : Bonsoir Calliope. Tout va bien ? Que faites-vous ici tous les deux ?
Avant que Calliope ne puisse s’exprimer, Lev s’avançait d’un air décontracté mais respectueux.
Lev : Ah, maman ! Nous jouons tous les deux.
Natalia : Liova…
Natalia pencha légèrement la tête sur le côté, un sourcil relevé. La façade angélique du garçon ne fonctionnait pas sur elle si l’on prêtait attention à l’expression de son visage et au ton de sa voix. Calliope se pinça les lèvres quand la mère reporta son attention sur elle.
Calliope : Je dessinais. Et Lev est venu me voler mon dessin.
Natalia : Et il ne veut pas te le rendre…
Calliope : Non…
Les deux regardèrent le sorcier. Lui, fit une moue maussade et laissa tomber le dessin par terre sans s’en préoccuper – sûrement était-il vexé que sa mère l’ait empêché de poursuivre ses projets concernant le dessin.
Lev : C’était juste une plaisanterie, j’allais lui rendre.
Natalia : Bien sûr…
L’air dubitatif de sa mère le rendit encore plus boudeur et Calliope ramassa son dessin immédiatement, ne voulant pas subir une fois de plus l’humour du sorcier. Natalia posa une main sur l’épaule de son fils pour lui faire comprendre de s’éloigner vers le palais. Alors que Calliope rangeait son crayon et son carnet dans son sac ensorcelé, la mère lui glissa quelques mots.
Natalia : Ce n’est pas grave, il est parfois un peu turbulent.
La petite sorcière avait pensé qu’elle plaisantait, mais en réalité elle était vraiment sérieuse. Un peu turbulent ? Bah voyons… Puis, ce fut surtout l’air presque soulagé que Natalia avait eu qui avait surpris Calliope. Elle devait être habituée à pire venant de son fils.

Tous les trois revinrent vers la grande demeure en silence. Un Lev frustré d’un côté, une Calliope irritée mais rassurée de l’autre. Au milieu marchait la noble Natalia Avdeïev.
La soirée se déroula après cet incident plutôt normalement, mais ce fut vers minuit et demi que la petite sorcière eut un sourire satisfait et suffisant. Un invité ayant trop bu avait malencontreusement lancé un sort à l’extérieur et fait brûler l’arbre majestueux.
Tout comme dans sa vision…





Part 2. Sous terre


Notre départ de Russie ne se fit pas en douceur. J’avais supplié mon père pour qu’il change d’avis, implorant sa clémence et essayant de lui montrer que partir n’était pas la solution qu’il recherchait. Mais évidemment, rien ne lui avait fait plus plaisir que d’anéantir mes derniers espoirs.
Plymouth était donc notre nouvelle destination, que je sois d’accord ou non. Cela n’avait jamais importé pour lui. J’avais vite découvert que lorsque l’on sait qu’une période importante se termine, notre mémoire a tendance à ne retenir que les bons moments  et à n’effacer que les mauvais.
Mon souvenir des Avdeïev faisait exception. Lev et ses moqueries restèrent ancrées dans mon esprit encore très longtemps, jusqu’à aujourd’hui. Ça n’avait duré que quelques minutes mais si cela n’avait eu que peu d’importance pour lui, j’y avais accordé une toute autre signification. Ces moqueries, son mépris autant à l’égard de toute forme de talent chez moi que pour mon entière personne avaient laissé une trace sur moi. En quelque sorte…
C’était le signe ou la moquerie de trop, me prouvant qu’il était grand temps de leur prouver à tous que je valais autant qu’eux. Malgré mon adoption, mon don et mon apparence fragile, j’étais capable de faire les mêmes choses qu’eux. J’avais de la valeur, comme chaque sang-pur, comme chaque sorcier dans le Monde Magique.
Oui, à l’époque c’était encore ce que je pensais…Mon avis changea avec le temps, et mes espoirs – ainsi que ma volonté – se firent plus minces au fur et à mesure que les déceptions surgirent pour me montrer la voie que finalement je finis par emprunter – mais nous n’en sommes pas encore là.

Nous avions déménagés sans dire au revoir à personne. Juste une lettre pour que les autres familles comprennent que nous ne fuyions pas vers l’Angleterre à cause du drame mais que mon père avait reçu une proposition plus intéressante là-bas qui représentait bien plus d’opportunités.
Bien sûr, c’était la version officielle. En réalité, il avait décidé de partir sur un coup de tête. A ce moment-là, je n’avais jamais pensé qu’il prévoyait de telles choses me concernant. Non, j’avais seulement imaginé que le poids de cette tragédie était trop lourd à porter en Russie et que les souvenirs seraient moins présents à Plymouth.
Mes visions n’avaient pas voulu m’épargner ces peines-là et leur aide me manqua alors. Je m’étais surprise un instant en découvrant les projets de mon père, à choisir mon don à la place de l’ignorance. L’ignorance pouvait être dangereuse : j’en avais eu la preuve formelle.

En arrivant en Angleterre, mon père n’avait manifesté aucun signe qui aurait pu me mettre sur la voie. A cette époque-là du moins, je n’aurais sans doute jamais pu deviner. Maintenant, je voyais les signes : c’était ce silence, cette tension électrique dans l’air qui aurait pu me le faire comprendre, entrevoir seulement. La tempête n’avait pas encore éclatée, mais elle se préparait dans l’ombre. Sournoise...


Fin mai 1967 – Plymouth, Angleterre.

La maison se trouvait au bord de la mer, juste  côté d’un immense phare qui le soir éclairait la côte. C’était un manoir plus modeste que celui de Russie ; à Moscou, Calliope avait été habituée au confort qui allait avec la fortune de ses parents adoptifs. Les lits aux draps fraichement lavé, les tapis très chers aux couleurs variées, les tapisseries incroyables, les armoires contenant autant de vêtements et de jouets qu’il était possible d’en vouloir, les livres, les carnets à dessin, les deux de cheminée…les repas chauds. Elle n’avait jamais eu de quoi se plaindre. Aussi, lorsqu’elle arriva dans le hall d’entrée de leur nouvelle demeure, elle ne fut pas surprise d’y retrouver la même qualité, bien que les lieux fussent plus petits.
Calliope : C’est parfait Père.
Elle préférait largement un plus petit foyer et donc moins d’espaces vides que son imagination s’empresserait de transformer en tanières de monstres la nuit. Kolian se tenait, lui, juste à ses côtés et admirait d’un œil sombre les nouveaux lieux. Il examina silencieusement l’escalier central montant au premier étage. Cette fois-ci lorsqu’il se tourna vers sa fille, son regard pétillait.
Kolian : Allons voir les chambres.
Calliope ne se fit pas prier. Elle monta les escaliers quatre par quatre, son carnet à dessin toujours dans la main . La sorcière ne se souciait guère de la suite des évènements, ni de l’attitude étrange de son père. Cela importait sur le moment pour elle. Tout ce à quoi elle pensait était qu’il s’agissait là d’un nouveau départ, pour elle…pour lui. Une nouvelle vie loin des reproches et des moqueries. Un nouveau départ, en quelque sorte, qui leur donnerait à eux deux la force d’avancer et de tirer un trait sur le passé. Et si la sorcière pensait cela, c’était qu’à force de se concentrer sur l’avenir elle en oubliait que le passé avait une importance ; c’était comme ne voir qu’une ligne d’arrivée sans se souvenir du point de départ. Le voyage ne servait strictement à rien alors si personne ne pensait au long chemin parcouru depuis le début.
Sa naïveté l’aveuglait.

Les escaliers étaient interminables ; il semblait à Calliope qu’elle n’arriverait jamais jusqu’au premier étage. Ils tournaient et tournaient encore jusqu’à finalement déboucher sur un palier. Enfin, la petite sorcière put satisfaire sa curiosité et son impatiente, ouvrit la première porte qui se dressa devant elle. Mais elle fut bien déçue car elle n’y trouva qu’un petit salon-bibliothèque avec une grande cheminée et quelques meubles poussiéreux. Elle referma alors que derrière elle Kolian se faisait encore plus silencieux et discret, comme une ombre flottant derrière Calliope sans même fouler le sol. Pas un seul son, mais son sourire ne trompait personne. Il attendait le moment de se délecter, comme s’il écoutait une bonne blague en attendant la chute de plus en plus évidente. Elle venait…elle venait.
Kolian : Essaye l’autre porte.
La petite fille acquiesça et poursuivit sa quête. Elle ouvrit une, deux, trois, quatre portes pour finalement s’impatienter réellement. Pas de chambres à cet étage. Et Kolian souriait.
Calliope : Il faut encore monter Père.
Kolian : Effectivement.
Alors ils montèrent. Le deuxième étage ne différait pas vraiment du premier, exception faite des pièces qui cette fois-ci étaient bel et bien des chambres. Trois grandes chambres de couleurs et d’agencements variés, si bien que chacune était unique et élégamment décorée. Évidemment, la couche de poussière sur chaque meuble, la légère crasse sur les carreaux des fenêtres et l’odeur de renfermé qui y flottait prouvaient qu’elle n’avait pas été habitée depuis un long moment.  Mais Calliope savait qu’après quelques sorts jetés à l’ensemble de la maison, sans parler de l’entretien constant des elfes qui prendrait effet dès aujourd’hui, la maison serait comme neuve.
En montant encore au prochain étage, la sorcière imaginait déjà à quoi ressemblerait sa chambre. Elle la voulait de toutes les couleurs : bleu, orange, jaune, rouge, verte… Elle se sentait incapable d’en choisir une seule, et puisque c’était leur nouvelle demeure il était logique qu’elle puisse choisir elle-même la décoration de sa chambre.
Calliope : Pourrais-je avoir un grand lit Père, avec rideaux et des énormes coussins ?
Kolian : Oh un lit, certainement. J’en ai préparé un rien que pour toi.
Calliope : C’est vrai ?
Sa demande enjouée fut confirmée par un élargissement mécanique des lèvres de son père. Ce n’était pas un sourire, c’était plutôt une sorte de rictus – aussi tendu qu’un élastique tiré par deux côtés. Rien de chaleureux donc. Pourtant, elle s’en accommoda. Elle s’en accommodait toujours…

La petite comédie dura encore environ dix minutes. Dix minutes où Calliope chercha sa chambre avec toujours autant d’enthousiasme, sillonnant les cinq étages en prenant soin de demander à chaque fois pour toutes les pièces qu’elle trouvait s’il s’agissait bien de sa chambre « Non. Pas celle-ci », « Pas celle-là non plus », « Oh non, sûrement pas ! », « Encore raté » répondait toujours Kolian. Au fur et à mesure, l’attitude du sorcier se transformait ; il déployait ses ailes comme un faucon se préparant à fondre sur sa nouvelle proie avec un esprit de chasseur qui lui donnait alors tout loisir de se délecter de l’instant. Bientôt, bientôt…Dans sa tête, cette promesse tournait en boucle.
Arrivés au cinquième étage, Calliope se tourna vers son père alors qu’ils se trouvaient sur le palier après avoir examiné les dernières pièces. Sa petite frimousse affichait une expression perplexe, léger froncement de sourcils et retroussement du nez significatifs.
Calliope : Mais…je ne comprends pas. Où se trouve ma chambre si elle n’est ni ici, ni plus bas ?
Kolian se pencha vers sa petite sorcière, les mains sur ses genoux pliés. L’élastique s’étira à nouveau de chaque côté.
Kolian : Eh bien, c’est que nous n’avons pas regardé encore plus bas.
Cette fois-ci, l’incompréhension évolua rapidement en inquiétude.
Calliope : Alors, c’est au rez-de-chaussée ?
Kolian : Non.
Calliope : Il y a des chambres en dessous ?
Kolian : Non. Pas vraiment.
Calliope : Mais…
Kolian : Tu verras.
Il l’avait coupé un peu plus sèchement. L’impatience se faisait sentir des deux côtés. La sorcière car elle avait hâte de découvrir ce qui se tramait dans la tête de son père, attendant une surprise comme elle les aimait : peut-être était-ce une chambre encore plus belle que dans ses rêves ? Elle imaginait des tapis d’une beauté rare et indescriptible, des beaux meubles anciens, un lit à baldaquin avec des rideaux encore plus légers et doux qu’elle ne l’avait souhaité, des draps et des coussins qui pourraient l’envelopper comme dans un cocon…
Les pensées de Kolian, elles, étaient loin de ces rêves-là. C’était une autre surprise qui se préparait, se jouait dans sa tête avec une satisfaction terrible.

Ils descendirent donc du cinquième étage au rez-de-chaussée, revenant alors sur leurs traces et se retrouvant dans le même hall où ils étaient entrés pour la première fois. Calliope regardait tout autour d’elle pour tenter de trouver un indice, une porte dérobée, quelque chose qui la mette sur la voie.
Son père alors avança jusqu’au grand salon ; le plus frappant sûrement dans cette pièce était l’aspect ancien et sombre des tapis, des chaises, de la grande table qui trônait fièrement au milieu, des rideaux aux fenêtres, des tableaux décrivant des scènes effrayantes. Calliope se sentit alors toute petite parmi ces grands meubles et ces grandes chaises autour de cette immense table ; elle se rapprocha de son père, son épaule frottant contre sa hanche. Kolian ne réagit pas à ce geste, mais cette fois-ci se fut un véritable élargissement des lèvres où les dents se découvrirent, affreusement luisantes.
Et elles luisirent jusqu’à ce que Kolian soit arrivé à la cuisine qu’il traversa d’un pas décidé, Calliope sur ses talons. Elle ne prêta même pas attention à l’état des lieux, mais ils n’étaient pas brillants. Ainsi, plus ils se rapprochaient du but de la petite visite guidée, plus la sorcière perdait de son enthousiasme. A chaque pas, son sourire se fanait un peu plus.
Kolian ouvrit une porte au fond de la cuisine qui se révéla être une sorte de garde-manger poussiéreux. Il s’arrêta devant un mur de vieilles briques grisâtres et cassées par endroit. Le visage concentré, il pointa sa baguette sur les briques qui commencèrent à bouger. Calliope se rappela du Chemin de Traverse de la veille, où son père l’avait emmené en arrivant d’abord à Londres. C’était un peu le même système, en plus simple sûrement. Elle ne fut donc pas surprise en voyant les briques s’écarter de chaque côté pour laisser se dessiner devant eux un passage sombre et humide. En l’apercevant, Kolian se tourna vers sa fille avec un frétillement d’épaules et un sourire des plus éclatants.
La petite naïve prit cela pour un bon signe et sourit en retour.
Ils continuèrent donc, Kolian toujours en première ligne et sa fille derrière.

La traversée d’un long corridor acheva de dissiper la joie de la petite sorcière. Etait-ce une cave ? Un sous-sol sinistre ? Une caverne peut-être même ? Tout ce qu’elle voyait l’effrayait : des parois humides et sales, au sol recouvert d’une couche de poussière et jonché de ce qui semblait être des petits cailloux.
Calliope : Père…je suis sûr qu’une chambre à l’étage serait bien mieux.
Elle avait parlé d’une voix à moitié étranglée par la peur, l’angoisse terrible qui survient lorsqu’inconsciemment ou non, l’on sent le danger arriver à grands pas…de plus en plus près.
Aucune réponse de la part de son père, mais il la saisit par l’épaule pour la pousser à avancer un peu plus vite. Calliope serra par réflexe les plis de sa robe, ses doigts s’y agrippant comme pour se protéger d’un quelconque mal.
Enfin, ils arrivèrent. Du moins, Calliope le comprit à l’arrêt soudain du sorcier qui sourit plus largement à la vision d’une porte en bois sombre et abîmé. Cela ressemblait à la porte d’une prison à vrai dire, avec une fente plus bas pour faire passer de la nourriture, et des barreaux un peu plus haut.
Kolian ouvrit la porte, la faisant théâtralement grincer ce qui eut le don de faire grimacer la sorcière. Son visage était tendu par la compréhension lente et douloureuse qui se développait dans son esprit innocent. Son père lui, la poussa à l’intérieur alors qu’elle s’agrippait à son pantalon.
Calliope : S’il vous plait, non… Je ne veux pas y aller.
Kolian : Mais, il s’agit bien là de ta chambre enfin ! Tu la voulais tant ! N’est-ce pas ? Aurais-tu changé d’avis ma petite fleur ?
Calliope : Père… s’il vous plait…
Kolian : Quoi « s’il vous plait » ?! Ne veux-tu pas ta chambre ? Ne veux-tu pas ton fameux lit et tes tapis ? Les voici petite fleur ! Regarde comme ils sont beaux… !
Il la força à se tourner alors que déjà les larmes coulaient sur les joues rebondies de la gamine, et elle n’eut devant elle qu’une serviette crasseuse étalée sur le sol pour seule vision. Kolian se pencha à son oreille, s’accroupissant presque pour être à sa hauteur. Il se délectait, oh oui…
Kolian : C’est deux-en-un tu vois, lit ET tapis ! J’ai joins le luxe au pratique ma petite fleur. Tu aimes ?
Calliope continua à pleurer sans se maitriser. Il la retourna brusquement en serrant de ses deux mains les petits bras de la sorcière. Son visage se retrouva à quelques centimètres du sien, et la figure de son père prenait des expressions diaboliques, déformée par un mélange de rage et de plaisir dont il semblait se réjouir pleinement.
Il répéta.
Kolian : Tu aimes ?
Toujours aucune réponse, mais plus de larmes.
Kolian : J’ai dit TU AIMES ?
Son cri avait fait sursauter Calliope, si bien qu’à travers l’eau salée de ses yeux elle ne vit que le regard effrayant de son père. Elle acquiesça doucement, retenant les gémissements et les sanglots qui lui venaient.
Kolian : Je n’entends rien…
Calliope : Ou…Oui…
Kolian : Bien…parce que j’ai l’immense plaisir de t’annoncer que ceci sera ta chambre pour un long…très…long…moment.

Puis, il la poussa violemment par terre et referma la porte. Calliope fut ainsi laissée dans le noir, la crasse et le froid.



Pouvait-on être plus naïve, plus stupide et plus innocente encore que moi ? Non.
Ce simple souvenir me couvre de honte et de désespoir quand à mon attitude passée. Mais que voulez-vous, ma jeunesse et l’attente d’une quelconque affection parentale m’avaient aveuglée. J’avais été stupide, et j’avais payé le prix de cet aveuglement. Pour une voyante…c’était le comble.
Evidemment, il s’agissait seulement du commencement d’une longue et pénible souffrance. Ou plutôt, de longues et pénibles souffrances… Kolian avait toujours été un maitre lorsqu’il était question d’infliger la peine à tout être vivant. Animaux, ou hommes… mais finalement, où était la différence ?
Un animal, voilà ce que j’avais été pendant quelques années. Emprisonnée dans ce qui fut une prison obscure dans laquelle aucune lumière n’était jamais venue m’apporter un quelconque espoir, j’avais vécu telle une bête nourrie seulement de morceaux de pain et d’eau. Une bête sale et immonde dont la laideur n’était amplifiée que par la souffrance et la solitude. L’hiver, enveloppée dans cette serviette si puante qu’elle m’avait plusieurs fois fait vomir ; l’été, collée aux parois de ma cellule pour avoir un peu de fraicheur contre ma peau grâce à l’humidité. J’avais découvert finalement que les cailloux sur le sol tombaient en réalité des parois et du plafond qui tremblaient à chaque fois que quelqu’un marchait en haut. Une pluie de poussière s’éparpillait partout et je ne tardais pas à devenir presque grise, puis noire. Cette maison était instable, pourtant…rien ne s’était jamais écroulé.
Plusieurs fois, je me surpris à rêver à un écroulement soudain qui mettrait fin à ma vie.
Et si une grosse pierre écrasait mon crâne d’un seul coup ? Et si une des parois me tombait dessus ? Et si… ? Et si … ?

Avec le temps, ma prison devint ma maison. Ce sordide petit espace sans lumière m’était devenu familier. Les bruits aussi… comme je dormais peu, j’avais pleinement le temps d’écouter le silence presque complet des lieux. Nous étions très proches de la mer, alors je n’avais aucun mal à entendre les vagues qui s’écrasaient contre les rochers. Au début, j’arrivais à apprécier ces bruits. Ils me rassuraient. Ils me donnaient l’impression de n’être pas complètement seule dans ce noir si intense qu’il me brulait les yeux. Aussi, je préférais la plupart du temps les fermer très fort, paupières closes dans une crispation douloureuse alors que des milliers de questions se posaient dans mon esprit.
« Pourquoi ? » était celle qui revenait le plus souvent. Je me doutais qu’il faisait cela pour me punir de l’avoir retenu à terre alors que le bateau partait, de l’avoir déçu dans ses attentes de père et de manière plus générale de ne pas être le fils qu’il avait attendu de sa femme qui s’était révélée stérile en définitive. Mais je n’avais jamais imaginé un seul instant qu’il puisse préparer ce genre de choses, les planifier avec autant de plaisir et de sadisme.
Je le découvris le premier jour où il revint me voir.











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Dernière édition par Calliope G. Dostoïevski le Ven 23 Aoû - 18:58, édité 27 fois
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MessageSujet: Re: "Je vois l'avenir - Et bien des fois j'aimerais être aveugle" Calliope G. Dostoïevski Ven 14 Juin - 20:40

Re-bienvenue Very Happy
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MessageSujet: Re: "Je vois l'avenir - Et bien des fois j'aimerais être aveugle" Calliope G. Dostoïevski Ven 14 Juin - 20:48

Re-bienvenue !
J'ai hâte de voir ce que tu vas faire de ce perso qui semble intéressant !
Et Vick est contente d’accueillir une future cousine par alliance (enfin, je me comprends quoi ! XD)
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MessageSujet: Re: "Je vois l'avenir - Et bien des fois j'aimerais être aveugle" Calliope G. Dostoïevski Ven 14 Juin - 23:24

Roooooooooooh, tu m'avais pas dit que tu avais posté la fiche, Lev voulait être le premier à passer dessus!

Tant pis, il boude 

[non, mais au fond, très loin sous les couches de glace et d'amabilité (a), il est comme ça: câlin]
[et la joueuse est comme ça: ♥ ]

Bref, re-re-re-re-bienvenuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuue Very Happy
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MessageSujet: Re: "Je vois l'avenir - Et bien des fois j'aimerais être aveugle" Calliope G. Dostoïevski Sam 15 Juin - 8:42

Re-Bienvenue
Si t'as des questions tu connais le chemin, mais comme t'es une pro
que tu connais tout bien tu en auras pas trop besoin je pense.

______________________



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MessageSujet: Re: "Je vois l'avenir - Et bien des fois j'aimerais être aveugle" Calliope G. Dostoïevski Sam 15 Juin - 10:54

Re-bienvenue ! Very Happy
Hâte de lire cette fiche !
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7ème année ϟ Beauxbâtons


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MessageSujet: Re: "Je vois l'avenir - Et bien des fois j'aimerais être aveugle" Calliope G. Dostoïevski Sam 15 Juin - 11:43

Re bienvenue petit amour ♥

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MessageSujet: Re: "Je vois l'avenir - Et bien des fois j'aimerais être aveugle" Calliope G. Dostoïevski Sam 15 Juin - 13:29

Merci à tous
Vous êtes adorables Razz( diaboliquement adorables pour certains sifflote)

EDIT : Oops, mauvais compte Razz
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MessageSujet: Re: "Je vois l'avenir - Et bien des fois j'aimerais être aveugle" Calliope G. Dostoïevski Lun 17 Juin - 6:40

Re-Bienvenue =D
Espèce de folle du MC 
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MessageSujet: Re: "Je vois l'avenir - Et bien des fois j'aimerais être aveugle" Calliope G. Dostoïevski Lun 17 Juin - 8:03

Re bienvenue =)
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MessageSujet: Re: "Je vois l'avenir - Et bien des fois j'aimerais être aveugle" Calliope G. Dostoïevski

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"Je vois l'avenir - Et bien des fois j'aimerais être aveugle" Calliope G. Dostoïevski

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