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« Nobody sait it was easy, no one ever said it would be this hard » [Lev Avdeïev]

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7ème année ϟ Élève


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MessageSujet: « Nobody sait it was easy, no one ever said it would be this hard » [Lev Avdeïev] Jeu 13 Sep - 10:21

Lev Avdeïev Ҩ Georgia Prince
« Nobody sait it was easy, no one ever said it would be this hard »


Il y a des jours avec, et des jours sans. C'était ce que se disait Georgia Prince, en sortant d'un cours d'Arithmancie qui lui avait semblé particulièrement long. D'habitude elle adorait cette matière, mais aujourd’hui elle n'avait pas le moral. On était en plein milieu de l'après-midi; il était quinze heures, et les cours étaient loin d'être terminés. Dehors, un temps maussade régnait. Le ciel était gris nuageux, comme toujours. Là, elle devait avoir deux heures de potions. Raison pour laquelle, du cinquième étage où elle se trouvait, elle descendait vers les cachots. Les couloirs étaient déserts, et Georgia marchait machinalement, son sac ouvert sur l'épaule, le regard triste, fixé au sol. Elle semblait complètement perdue, déconnectée de la réalité. A cet instant précis, elle n'en avait rien à foutre de rien. Elle se sentait vide, épuisée, et ne savait pas vraiment pourquoi. Enfin si, au fond elle le savait, mais c'était difficile de l'admettre. Elle n'était pas habituée à ça, ces émotions, ce ressenti, ce goût amer dans la bouche. Elle n'aimait pas que les autres aient des prises sur elle et soient capables de la faire souffrir. Mais les sentiments humains ne se contrôlent pas. Involontairement on souffre, et il n'y a pas de remède. Non, décidément, Georgia n'aimait pas ça. Il y avait des moments comme ça, où elle se sentait vulnérable, blessée. Et la faiblesse, elle détestait ça. Des faiblesses pourtant, évidemment qu’elle en avait, comme tout le monde, mais elle n'aimait pas les montrer. De toute manière, rares sont les gens qui aiment que les autres voient leurs points faibles, mais pour Georgia c'était pire que ça. L'esprit de compétition qu’elle possédait lui interdisait tout signe de fragilité. Elle refusait obstinément qu'on la croie faible, et qu'on la considère comme une petite fille fragile qu'il fallut protéger. Malgré une enfance difficile, elle s'en était toujours sortie toute seule, et ce n'était certainement pas maintenant que cela allait changer. Elle pleurait très rarement, même enfant. A vrai dire, elle s'était fait le serment que plus jamais un homme ne la ferait pleurer. Après le père qui l'avait trahie et délaissée pour se préoccuper de sa nouvelle femme, aucun autre homme ne devrait avoir un jour le pouvoir de l'atteindre, de briser la carapace qu’elle s'était forgée au fil du temps. Mais ça, c'était avant qu'elle rencontre Dimitri Novak.

Chamboulée, elle s'arrêta subitement, au beau milieu d'un couloir, tout aussi désert que les précédents. Elle était parvenue au quatrième étage. Elle avait l'impression d'avoir descendu des dizaines d'escaliers, alors qu'en réalité elle n'en avait descendu qu'un. Elle sentait ses yeux se remplir, et se mordait la lèvre pour s'empêcher de pleurer. Laisser les émotions l'emporter, c'était faire preuve de faiblesse. Elle ne voulait pas se montrer faible. Elle était forte, elle ne pleurerait pas. Non. Après quelques secondes de débat intérieur agité, n'y tenant plus, elle avisa brusquement une porte, s'y engouffra, lâcha lourdement son sac par terre, et se laissa tomber en sanglotant le long du mur des toilettes des filles.

Tout y passait. Ce n'était même pas la seule rupture avec Dimitri, c'était tout le reste. Le père qui l'ignorait, la mère qui était morte en la mettant au monde et dont elle aurait bien eu besoin aujourd'hui, le garçon génial qu'elle avait fait souffrir à cause de sa peur de s'attacher, les amis loyaux qu'elle avait rembarrés pour ne pas montrer ses faiblesses, ses notes en chute libre, l'impression d'être insignifiante aux yeux de tout le monde. Si son propre père n'était pas capable de l'aimer, qui le serait? Tout ce trop-plein d'émotions l'avait consumé pendant des mois, même des années, et à présent elle l'évacuait.
Les larmes brûlantes tombaient en cascade sur ses joues, tandis qu'elle repliait ses jambes contre elle. Recroquevillée sur elle-même telle une petite fille, elle enfouit son visage dans ses mains pour y pleurer tout son soûl. Maintenant qu’elle avait commencé, elle ne s'arrêtait plus. Quatre années entières de larmes refoulées, à présent elles étaient intarissables. La vanne était ouverte. Elle se fichait éperdument de devoir être en cours en ce moment même, de toute façon elle n'irait pas. Elle n'était pas en état, et bien que les professeurs désapprouveraient certainement cette décision au vu de ses notes, elle n'en avait rien à foutre. Elle craquait, enfin.

De ses yeux, les larmes coulaient sur ses mains qu'elle tenait toujours serrées sur son visage, puis sur les bras, sous la chemise blanche d'uniforme dont elle avait retroussé les manches. Elle se sentait étouffer. Elle enleva brusquement ses mains de son visage, déplia les jambes et d'un geste fébrile entreprit de desserrer la cravate rouge et or attachée à son cou. Elle tira dessus comme une forcenée, parvint enfin à s'en libérer. Elle s'attaqua ensuite aux boutons de sa chemise, et arracha les trois premiers. Elle pouvait déjà mieux respirer. La boule dans sa gorge était toujours présente, mais illusoirement elle l'avait diminuée. Elle inspira de grandes goulues d'air par la bouche pendant quelques secondes, souhaitant se calmer. Mais c'était peine perdue. Elle n'avait pas encore tout pleuré. Elle essayait de se retenir, mais c'était plus fort qu'elle. Les sanglots reprirent de plus belle, et elle se replia de nouveau sur elle-même, la tête entre les mains. Elle ne sentait même pas le froid glacial des dalles à travers sa jupe grise et ses collants en laine de la même couleur.

Tout occupée à sangloter qu’elle était, elle ne remarqua pas tout de suite les pas de quelqu'un se rapprochant d'elle. Lorsqu'à travers ses mains elle vit les chaussures masculines de l'uniforme, elle dégagea son visage et releva lentement ses yeux embués de larmes pour croiser le regard de Lev Avdeïev. Son pote de beuverie. Un élève de Durmstrang qu’elle avait rencontré au début de l'année, en soirée, et avec qui elle s'était tout de suite bien entendue. Un ami de Dim. La personne qu'elle s'attendait le moins à trouver ici. Incapable d'articuler un mot, elle baissa les yeux aussitôt après avoir rencontré les yeux verts, et contempla fixement les dalles du sol sur sa droite. Une dernière larme coulait, et elle souhaitait qu'aucune autre ne la suive. Elle n'avait pas la force de se relever d'un bond, de s'enfuir ou de faire comme si de rien n'était en trouvant une excuse pour s'extirper au plus vite de cette situation gênante. Lev connaissait la Georgia fêtarde, celle qui aimait s'amuser, boire, fumer, jouer avec les hommes; pas celle qui pleurait parce qu’elle avait le coeur brisé.

Elle ne dit rien, concentrant tous ses efforts pour ne pas pleurer encore. Sa lèvre inférieure tremblait; elle savait que c'était perdu d'avance.

fiche par century sex.


Dernière édition par Georgia E. Prince le Ven 14 Sep - 11:01, édité 1 fois
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7ème année ϟ Durmstrang


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MessageSujet: Re: « Nobody sait it was easy, no one ever said it would be this hard » [Lev Avdeïev] Ven 14 Sep - 9:58

La Russie, son immensité recouverte de neige à perte de vue, le vaste château qui se dresse au milieu de nulle part, dirait-on, et là, dans l’étendue poudreuse, deux garçons qui s’amusent sous le regard de leurs parents. La différence d’âge s’est effacée devant le plaisir de la bataille de boules de neige. Lev se redresse, vise avec précision, avant de se baisser de nouveau derrière son rempart de neige. Alekseï évite le projectile et riposte sans tarder. Les rires des garçons s’élèvent dans l’air froid. Nikolaï, le père, s’approche discrètement ; d’un geste de sa baguette, il modèle deux bonnes boules qui trouveront sans faillir chacun des garçons, surpris de cette attaque inattendue, et les aspergeront de neige. À la suite de cette attaque, Lev et Alekseï scellent leur alliance et c’est au tour de leur père de se trouver bombardé. Qui croirait que le fier et froid Nikolaï Avdeïev, impitoyable dans ses affaires et avec ses hommes, se laisse ainsi à jouer avec ses fils ? Il est rarement là, ses occupations l’appellent souvent ailleurs, mais parfois, lui aussi abandonne le froid manteau des apparences. Natalia sourit en observant sa famille, les trois hommes de sa vie. Bientôt, ils rentreront, se retrouveront tous les quatre autour des chaudes flammes de la cheminée…Une famille unie, heureuse.

Disparue.
Perdus dans les souvenirs que lui seul peut voir, les yeux de Lev brillent légèrement tandis qu’il saisit son violon. Ce bonheur perdu, si fragile, si évanescent, qu’un rien le fait disparaître... L’archet frôle doucement les cordes et la mélodie s’élève, dans laquelle le jeune Russe place tout son cœur. Pour lui, le temps suspend son cours et il se jette à corps perdu dans la musique, fuyant vers le timbre irrésistible, qui fait renaître toute une époque disparue de chants, de joie, et de jeux. Le reste de l’univers a disparu. Oublié, Poudlard, les Anglais ; envolé, les soucis et la maladie. Le garçon fuit dans un autre monde où ne reste plus que la musique, la seule capable d’apaiser un tant soit peu son coeur.

La magie du violon opère comme à chaque fois. Au bout d’un long moment, rasséréné, apaisé, Lev repose doucement son instrument et se perd dans la contemplation de la neige, qui tombe derrière les hautes fenêtres. Il a besoin de ces moments de paix et de solitude, loin des autres, même de ses amis. Ce sont les seuls où il abandonne un peu l’attitude froide qu’il adopte envers ceux qu’il estime inférieur, où le garçon fêtard laisse transparaître ses sentiments, qui, partout ailleurs, apparaîtraient comme une faiblesse fort malvenue.

*

En temps normal, le garçon ne laissait jamais transparaître ses sentiments réels, encore moins tout ce qui pouvait s’apparenter à de la faiblesse. C’était essentiel. Il gardait son cœur verrouillé et rien ne le distinguait des autres de sa classe. Seuls ses plus proches amis, comme Vladmir, ou ceux avec qui il partageait une affinité particulière, comme Gaël, savait vraiment ce qu’il en était. Un vague coup d’œil à sa montre, plus machinal qu’autre chose, ramena Lev à la réalité. Le temps avait passé plus qu’il ne s’y attendait. Avec un soupir, il se redressa de la table contre laquelle il s’était appuyé, rangea son précieux violon dans son étui avec soin, après l’avoir épousseté. Puis il glissa l’étui dans un sac plus grand. Non que sa pratique du violon fût un réel secret, mais il ne tenait pas à ce que toute l’école le sût. Etrangement, après, les gens s’imaginaient qu’il était plus gentil que d’autres. C’était idiot.
D’un geste de la baguette, Lev leva le sort d’insonorisation qu’il avait utilisé sur la salle afin qu’on ne l’entendit pas de l’extérieur, ainsi que le sortilège de fermeture qu’il avait appliqué sur la porte. À tous ceux passant dehors, elle apparaîtrait comme verrouillée, et les élèves de Poudlard avaient trop l’habitude de croiser de telles salles désaffectées pour s’en soucier. Il sortit néanmoins de la pièce avec précaution ; inutile de s’attirer quelque réflexion sur le mauvais tour qu’il était en train de préparer ou toute autre élucubration du même genre. Une fois dans le couloir, il avait retrouvé sa froideur habituelle, qui dissuadait souvent les plus jeunes de l’approcher, et faisait des merveilles quand il s’agissait d’effrayer ceux avec lesquels il voulait s’amuser.

En avançant dans le couloir du 4ème étage, Lev eut l’impression d’entendre des pleurs, qui provenaient visiblement des toilettes des filles un peu plus loin. Un léger sourire lui vint. Une péronnelle pleurait-elle encore une douloureuse rupture, un ongle cassé, ou le fait que sa beauté ne surpassait pas celle de toutes ses camarades ? Si, en plus, son sang n’était pas aussi pur qu’il le fallait, il y aurait peut-être de quoi s’amuser un peu. Ou simplement l’effrayer. Après avoir joué, Lev n’était pas tellement d’humeur à jouer ainsi avec les autres mais cela faisait longtemps qu’il n’avait pas eu l’occasion de s’en prendre à une petite sang-de-bourbe. Machinalement, il se retrouva devant la porte des toilettes. Le bruit des sanglots retentissait toujours ; la fille avait l’air seule : aucune voix consolatrice ne se faisait entendre.

En s’assurant qu’il était toujours seul –se faire surprendre par un enseignant ou par le concierge dans cette situation serait assez gênant-, il poussa doucement la porte des toilettes et entra. Les glaces au-dessus des lavabos ne lui renvoyèrent que son reflet –silhouette mince et fine, cheveux blonds, regard vert– et il dut baisser les yeux pour apercevoir la jeune fille recroquevillée sur le carrelage. Elle ne l’aperçut pas tout d’abord mais Lev reconnut rapidement Georgia. La surprise lui fit marquer un temps d’arrêt sur le seuil. Que lui arrivait-il donc ? S’il y avait quelqu’un qu’il ne pensait pas trouver en train de pleurer, c’était bien elle. Il la connaissait depuis le début de l’année. Les soirées s’étaient enchaînées, ils s’entendaient bien, plus encore depuis qu’ils avaient constaté avec amusement que leur anniversaire tombait le même jour. Partenaires de fête et de beuverie. Lev avait toujours vu Georgia enthousiaste, entraînante, fumant, buvant jusque tard dans la nuit ou tôt le matin ; la voir dans un tel état le mettait mal à l’aise, le perturbait. Il ne s’agissait pas que d’une petite crise de larme passagère. Elle avait ouvert sa chemise et défait légèrement sa cravate pour pouvoir mieux respirer et le garçon était lui-même suffisamment passé par ce genre de situation pour comprendre qu’elle craquait.

Lev hésita. Ne valait-il pas mieux la laisser se calmer d’elle-même ? Mais il s’y refusait. Une remarque de sa mère lui revint en mémoire : « Toutes les filles sont des princesses ; c’est notre privilège », avait dit Natalia. Frappé par la formule, le petit garçon qu’il était alors ne l’avait jamais oubliée et s’était toujours efforcé de respecter les demoiselles. Bien sûr, en parlant ainsi, sa mère ne faisait référence qu’aux sang-pur. De quoi aurait-il l’air maintenant, s’il abandonnait Georgia alors qu’elle avait visiblement besoin d’aide ? Ils étaient amis, il ne pouvait pas la laisser. Le garçon s’approcha et ce ne fut qu’à ce moment que Georgia l’aperçut. Elle releva brièvement les yeux ; leurs regards se croisèrent, avant qu’elle ne regarde fixement le sol. Elle faisait des efforts pour se retenir de pleurer.

Lev lui sourit doucement, posa son sac contre le mur, et s’assit à côté de Georgia, sans prêter attention au froid du sol ou à l’incongruité de la situation, lui offrant une épaule compatissante si elle souhaitait étancher ses larmes. La position de la jeune fille, dos au mur, ne lui permettait pas de glisser un bras derrière ses épaules, mais il lui offrait le soutien de sa présence. Sans savoir ce qui lui était arrivé, il ne pouvait pas se contenter d’un petit « ça va aller, ne t’en fais pas », qui aurait été insultant pour eux deux.

Si tu veux me dire ce qui t’est arrivé…je suis là.

C’était une simple invitation. Il ne la forcerait pas à se confier si elle ne le voulait pas ; même si elle choisissait de se taire, il ne la laisserait pas. Seulement, il pensait qu’avouer ce qui la faisait pleurer ainsi pourrait l’aider à se remettre. Après, peut-être n’était-il pas la personne qu’elle souhaitait voir, surtout si ses soucis avaient un lien avec Dimitri Novak. Lev entretenait une légère amitié avec son condisciple, mais leurs rapports n’allaient pas plus loin ; pourtant, cela pouvait paraître bien assez pour Georgia.
Quoi qu’il en fût, il était prêt à lui apporter tout le soutien dont elle avait besoin et à l’écouter.

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